Coucou tout le monde. Me voilà partie pour une nouvelle traduction. Ne vous en faite pas, je n'abandonne pas Midnight Sun Continued. J'avais juste envie de vous donner une extrait de Edward's Eclipse. Je veux que vous me disiez ce que vous en pensez. Je veux savoir si vous voulez que je continue. Comme je continue la traduction de Midnight Sun, plus j'aurais de review pour cette fic, plus je posterais rapidement. Alors a vous de décider… Maintenant place à la lecture.

Je tiens à remercier Coclicot qui a fait la traque aux fautes jusqu'au chapitre 7. Parce que oui, malgré deux relectures, j'en avais oublié quelques unes…

Disclamer 1 : Tous les personnages appartiennent à SM

Disclamer 2 : L'auteur de cette fiction est ForksVampireGirl. D'ailleurs, je tiens à préciser qu'elle m'a donné son autorisation pour la traduire.


CHAPITRE 1 – ULTIMATUM

Elle n'est pas prête pour ça. Elle ne comprend pas ce à quoi elle renonce et je suis à court de temps.

Comme pendant la plupart des soirées ces derniers temps, je me promenais autour de ma maison en pensant à toute les choses auxquelles je ne voulais pas penser. J'attendais que Charlie approuve les heures de visite. Déprimé, je tentai de mettre l'accent sur ce que faisait Bella en ce moment, dans l'espoir que ça apaise momentanément mon anxiété. Je me la représentai, dans la cuisine en train de cuisiner pour Charlie, discutant de leur journée. S'inquiétant pour Jacob…

Super! Déjà que j'étais obligé de gérer un moment de solitude et m'inquiéter pour sa mortalité et où mes pensées m'amenait? Les loups-garous. Mon esprit était incapable de laisser tomber. Il ne lui avait pas adressé la parole, ni fait aucune tentative pour la contacter ou la voir. Pourquoi ne pourrions-nous pas simplement oublier le cabot et reprendre où nous étions rendus?

C'était surprenant, mais la plupart du temps depuis l'Italie, notre vie était relativement normale. En dehors du fait que Bella veuille s'assurer que Jacob allait bien, elle semblait plus ou moins la même qu'avant. Avant que j'aie commis la pire erreur de ma très longue vie.

Si je voulais être honnête avec moi-même, je n'avais pas encore réussi à accepter le pardon de Bella, même si elle me l'avait complètement donné. Je savais qu'elle minimisait la douleur que je lui avais causé lorsque j'étais parti. Elle m'assurait sur une base quotidienne que ça n'avait aucune importance parce que maintenant, nous étions ensemble. Elle me faisait confiance – avec son cœur, avec sa vie même –, mais je ne pouvais pas être de son avis.

C'était peut-être parce que j'étais sans cesse appelé à voir à travers les pensées des autres à quel point Bella avait été malheureuse. Bien que l'esprit de Bella soit capable de me protéger de la réalité que j'avais causée, j'étais constamment agressé par les pensées des autres. Lorsque j'étais retourné au lycée, tous les amis de Bella s'étaient rappelés à quel point elle avait été acide avec eux et ils m'avaient tous pointé du doigt. Ils ressentaient divers degrés de haine, selon la relation qu'ils entretenaient avec Bella, mais il y avait une chose qui était constante chez chacun d'eux.

J'avais causé une énorme douleur à Bella. Aucun être humain ne devrait avoir à vivre ça.

En vérité, ils ne connaissaient pas la moitié de ce qui s'était vraiment passé. Alors que toute la population de Forks semblait avoir été témoin de sa dépression, moi et ma famille savions qu'elle était venue à mon secours. Je pensais savoir ce que c'était que d'avoir peur, mais rien n'aurait pu me préparer à voir ma Bella, si fragile, debout, devant le plus puissant de tous les vampires. Je n'avais jamais connu une terreur aussi puissante jusqu'à ce que j'écoute les pensées des Volturi. Ils avaient envisagés des moyens pour détruire la personne que j'aimais plus que toute autre chose dans le monde.

La nuit où Bella et moi étions revenus d'Italie avait été à la fois la meilleure et la pire de mon existence. J'avais été reconnaissant que les étoiles s'alignent finalement pour nous, et que les Volturi nous libèrent miraculeusement et nous autorisent à rentrer à la maison. Le fait que Bella connaisse l'existence des vampires avait été pardonné avec l'assurance d'Alice qu'elle serait bientôt l'une d'entre nous. L'enthousiasme et la détermination de Bella à devenir un vampire étaient précisément les choses qui faisaient que j'étais incapable d'arrêter d'arpenter la salle de séjour.

« Tu devrais arrêter d'essayer de prendre des décisions pour elle. »

La voix de Carlisle me sortit brusquement de mes pensées. Je levai les yeux vers lui avec scepticisme en secouant la tête. Je n'avais pas envie d'entendre ses arguments.

Carlisle était un peu plus que persistant depuis la petite escapade de Bella la nuit de notre retour pour faire voter ma famille. Il m'était difficile de dissoudre le sentiment de trahison de ma famille. À l'exception de Rosalie, chaque membre s'était assis autour de la table pour donner son accord à mettre fin à la vie humaine de Bella. Et lorsque la seule à ne pas être contre vous était Rose, cela signifiait que les choses allaient mal.

« Le moment venu, si Bella veut toujours que je la transforme, tu sais que je vais tenir ma parole », dit-il solennellement.

« Je sais », dis-je en serrant les dents.

« Je ne veux pas qu'il y ait de l'animosité entre nous Edward. »

« Comment peut-il en être autrement? Tu sais que je ne suis pas d'accord avec son choix et pourtant tu veux toujours aller jusqu'au bout. »

« Oui, je le ferai. Parce que c'est son choix », soupira-t-il. Puis il ajouta beaucoup plus doucement : « Tu sais que ce n'est pas la seule raison. »

Je fermai mes yeux en essayant désespérément de bloquer ses pensées. Je savais ce qu'il voulait me dire. Pourquoi me donner des images aussi claires?

Carlisle avait réalisé depuis longtemps. Longtemps avant l'Italie. Cependant, la nuit du vote, après que Bella fut rentré chez elle, il avait tenté d'apaiser ma colère contre lui en m'expliquant qu'il aimait Bella et qu'il désirait vraiment qu'elle fasse partie de notre famille, mais que la principale raison pour laquelle il a accepté de la transformé, c'était moi.

Lorsqu'il avait attendu de savoir si j'avais été oui ou non détruit par les Volturi, était quelque chose qu'il n'était pas disposé à refaire.

Que ce soit consciemment ou non, si Bella devait mourir – son esprit énumérait toutes les possibilités de mort possible – il savait que si quelque chose devait lui arriver, je voudrais terminer ce que j'avais commencé ce jour là. Seulement, cette fois, Bella ne serait pas là pour me sauver.

« Je dois y aller », dis-je abruptement. J'étais désireux d'avoir Bella à côté de moi. Elle trouvait toujours un moyen de tasser mes craintes et de me concentrer sur le présent.

« Reviendras-tu ce soir? », me demanda-t-il.

Chaque nuit, après que Charlie m'ait chassé, je laissais passer quelques minutes avant de rejoindre Bella en passant pas la fenêtre de sa chambre. Certaines nuits, je rentrais à la maison tandis que d'autre j'attendais tout simplement à l'extérieur. À l'occasion, j'allais dans sa chambre tandis qu'elle terminait ses tâches ménagères. Je ne pouvais pas m'en empêcher, parce que parfois, j'avais juste besoin de voir son visage sourire quand elle me trouvait allongé sur son lit, l'attendant.

« Je n'en suis pas sûr. Ça dépend si elle a besoin de mon aide avec les formulaires d'université. » Et par aide je voulais dire – elle avait obstinément refusé d'en remplir – que j'allais finir par remplir la plupart d'entre eux pour elle.

« Ne met pas trop de pression sur elle », m'exhorta Carlisle. « Si tu te détends et que tu te réjouis à l'idée d'aller à la fac avec elle, peut-être qu'elle pourrait décider de l'essayer pendant un certain temps. »

Je souris, heureux du fait qu'il ne soit pas aussi impatient de transformer Bella qu'elle l'était. Je n'espérais pas la faire changer d'avis. Tout ce que je pouvais espérer, c'était un peu de temps.

Lorsque j'arrivai près de chez elle, je m'arrêtai pour écouter à la porte. Je devrais me sentir coupable pour toutes les fois où j'écoutais ses conversations avec Charlie le soir. Il était si difficile pour moi de ne pas entendre ses pensées, que je saisissais chaque occasion pour en apprendre un peu plus. Ce soir, ils parlaient de l'université. Charlie était fier et heureux qu'elle ait reçu sa première acceptation. Cependant, il était moins ravi que cette université soit très éloignée. Bien que je n'aie jamais donné l'indication que je puisse quitter l'État pour l'université, une partie de lui pensait que nous avions l'intention de s'enfuir ensemble. Il me blâmait pour son empressement à quitter Forks. Si seulement je pouvais lui dire que j'étais de son côté. Je voulais que Bella reste près de Charlie. Il était celui qu'elle allait avoir le plus de difficulté à quitter. Je me mentirais si n'admettais pas que je pensais l'utiliser pour acheter plus de temps.

« Je… je me demandais juste quels étaient les plans d'Edward pour l'année prochaine », demanda nerveusement Charlie. Bella bégaya.

Je frappai à la porte avec un petit sourire sur mon visage, anticipant déjà son expression soulagée. « J'arrive », dit-elle.

« Va t'en », murmura Charlie et j'étouffai un rire.

Bella ouvrit la porte avec son magnifique sourire. Si mon cœur battait encore, il martèlerait tandis qu'elle promenait ses yeux sur mon visage pour ensuite se verrouiller dans mon regard. Son souffle démarra et s'arrêta. L'étrange expression qui s'était momentanément emparée d'elle me fit froncer des sourcils. Quoi qu'il en soit, elle partit aussi vite qu'elle était apparue. Elle entrelaça ses doigts avec les miens et j'eus l'impression d'être de retour à la maison.

« Salut! », dit-elle en souriant paresseusement.

Je levai nos mains avec l'intention de l'embrasser, mais je pris conscience que Charlie nous observait. Alors, au lieu de cela, je laissai ma main caresser sa joue, savourant la chaleur de sa peau.

« Comment était ton après-midi », lui demandai-je.

« Lent. »

« Le mien aussi. » Chaque instant que je passais loin d'elle me paraissait très long.

Impossible de résister à l'envie d'être plus près d'elle, je levai nos mains toujours entrelacées vers mon nez, le frottant contre sa peau pour laisser son exquise odeur emplir tout mes sens. Je fermai les yeux devant cette perfection. Je sentais son pouls sur son poignet et lorsque je poussai un soupir, son cœur se mit à battre plus vite. La poussée d'adrénaline qui coulait dans ses veines rendait son odeur tellement plus puissante, mais ma volonté ne faiblit pas une seconde.

Je ne pensais pas qu'elle comprenait à quel point tout était différent maintenant. Je savais qu'elle trouvait que j'étais plus détendu lorsque j'étais près d'elle – nous passions assez de nuit recroquevillés ensemble pour le prouver. Mais je doutais qu'elle ait compris l'importance de ce que m'était passé par la tête lorsque j'avais cru l'avoir perdu. J'en avais tellement souffert physiquement. À ce moment là, j'avais pensé que plus rien n'allait la blesser. Jamais. Surtout moi. Je savais que je devais encore faire attention lorsque j'étais près d'elle, mais l'envie de la protéger était maintenant instinctive et beaucoup plus forte que mon besoin fondamental. Son sang chanterait toujours pour moi, mais je savais que le son de son cœur allait toujours m'empêcher de répondre à cet l'appel.

Les pensées frénétiques et réprobatrices de Charlie interrompirent ce moment de rêverie et j'ouvris les yeux juste à temps pour le voir se diriger vers moi.

« Bonsoir, Charlie », dis-je poliment, déterminé à garder mes bonnes manières. Même avec son visage rempli de haine.

Il laissa échapper un grognement sans bouger de sa position de protection. Il était impossible d'être fâché contre lui. Il est clair qu'il aimait Bella très fort et sa résistance envers moi était simplement le produit du fait que je l'avais blessée par le passé. Je ne pourrais jamais lui reprocher de tout faire ce qu'il y avait en son pouvoir pour s'assurer qu'elle ne revive jamais ce genre de douleur.

« Je t'ai apporté de nouvelles demandes d'inscription », dis-je à Bella. Je les lui présentai avec ma main qui n'était pas dans la sienne. Elle gémit en remarquant les timbres enroulés autour de mon doigt. Je savais qu'elle espérait que nous ayons épuisé nos options. J'avais cru que la faire appliquer partout la rendrait heureuse. Il devait y avoir quelque chose là-bas qu'elle trouverait assez excitant pour au moins y aller quelque temps. Histoire d'avoir un avant goût de l'université. Je me blâmais personnellement d'avoir été absent et de lui avoir fait manquer la plupart des échéances. Je ne me sentais pas le moins du monde coupable d'utiliser le nom des Cullen – sans parler de nos ressources monétaires – pour m'assurer que Bella ait un nombre infini de possibilités.

« Les inscriptions ne sont pas toutes closes », lui assurai-je en ajoutant un sourire. « Et puis, certaines facs font des exceptions. »

Je sentis son emprise se resserrer sur ma main. Ça me fit rire, mais j'espérais qu'elle ne soit pas trop fâchée contre moi pour mon insistance.

« On y va? », demandai-je en l'amenant dans la cuisine avec un Charlie mécontent derrière nous.

J'arrangeai les applications par ordre de pertinence. Tandis qu'elle desservait la table, je remarquai qu'elle attrapa son exemplaire très abîmé Les Hauts de Hurlevent. Je lui jetai un regard septique en me demandant comment pouvait-elle le relire de si nombreuses fois. Pour quelqu'un qui adorait les histoires d'amour, je ne pouvais pas comprendre sa fascination pour une histoire de haine. Quelle joie pouvait-elle ressentir à lire une histoire donc les personnages étaient si cruels?

« À propos de candidature, Edward », me demanda Charlie, m'empêchant de faire un commentaire sur le livre préféré de Bella que j'aurais probablement regretté. « Bella et moi parlions justement de l'année prochaine. As-tu décidé de l'endroit où tu poursuivrais tes études? »

L'esprit de Charlie n'avait jamais été aussi clair quant ce moment. Il voulait que j'aille loin, très loin dans un climat misérable où il serait certain que Bella ne veuille pas aller. Bien sûr il ne pouvait pas savoir que les plans de Bella étaient centrés sur un endroit où il y avait presque toujours du mauvais temps et l'isolement de la civilisation.

« Pas encore », répondis-je en essayant de me distraire de cette ligne de pensée. « J'ai été accepté dans plusieurs facs. J'hésite encore. »

« Où as-tu été admis? »

« Syracuse, Harvard, Dartmouth. Sans compter l'université d'Alaska, dont j'ai reçu l'accord hier », ajoutai-je en faisant un clin d'œil à Bella.

« Harvard?, Dartmouth? », demanda Charlie avec la bouche ouverte. « Eh bien, c'est… quelque chose. Bien sûr, l'Alaska ne saurait rivaliser avec les établissements de l'Ivy League. Ton père souhaiterait sûrement que tu… » (N/T : Ivy League : Regroupement des universités américaines les plus prestigieuses.)

« Carlisle se range toujours à mes décisions, quelles qu'elles soient », dis-je calmement. D'ailleurs, je n'avais pas de casquette ni de blouson de l'université d'Alaska pour l'instant. Il serait peut-être temps d'élargir ma collection.

J'ignorai le grognement d'irritation de Charlie tandis que le visage de Bella se fendit dans un magnifique sourire.

« Devine un peu Edward? »

« Qu'y a-t-il Bella? »

« Moi aussi, je suis prise à l'université d'Alaska. »

« Félicitations! Quelle coïncidence! »

Nous en profitions un peu trop et je me sentis presque coupable lorsque Charlie marmonna : « Bon, je vais regarder le match. Vingt et un heures trente Bella. »

« Papa? », dit-elle avec prudence. « Tu n'as pas oublié notre petite conversation sur ma liberté…? »

« Tu as raison », soupira-t-il. « Vingt-deux heures trente, alors. Nous sommes en semaine, tu vas au lycée demain. »

« Bella n'est plus punie? », demandai-je excité à l'idée de passer du temps avec elle ailleurs que dans sa maison. De plus, ma famille lui manquait. Alice était la seule qu'elle pouvait voir n'importe quand et c'était seulement à cause de l'effet qu'elle avait sur Charlie. Elle m'avait juré que ce n'était pas intentionnel, mais j'entendais ses pensées lorsqu'elle était autorisée à rester avec Bella, même quand les heures de visite étaient dépassées.

« Sous certaines conditions », grommela Charlie. « En quoi ça te concerne d'ailleurs? »

« Je suis content de l'apprendre, rien de plus. Alice trépigne depuis qu'elle n'a plus de partenaire de shopping. Je suis sûr que Bella adorerait respirer un peu l'air de la grande ville. »

Je souris à Bella en pensant aux endroits où j'allais pouvoir l'emmener pour célébrer sa liberté retrouvée. Ça faisait si longtemps qu'elle n'était pas sortie des quatre murs de sa maison, excepté pour aller au lycée. J'allais l'emmener avec moi pour passer une extravagante soirée en ville. Malheureusement, mes pensées furent arrêtées dans leurs élans.

« Pas question » cria Charlie. Nous nous retournâmes tous les deux, les yeux écarquillés.

« Voyons papa, où est le problème? », demanda Bella avec inquiétude. Son rythme cardiaque commença à s'accélérer.

« Je t'interdis d'aller à Seattle en ce moment. »

« Pardon? »

« Je t'ai parlé de cette affaire de meurtres. C'est dans le journal. Seattle est en proie à une espèce de guerre des gangs, alors tu évites de t'y rendre. Compris? »

Activités de gang… Les humains étaient toujours prompts à blâmer les gangs ou les tueurs en série lorsqu'ils ne comprenaient pas ce qui se passait réellement, peu importe ce que racontaient les journaux. Je suppose que dans un sens, nous devrions être reconnaissants qu'ils fabriquent des excuses pour les atrocités qui avaient eu lieu là-bas. Si quelqu'un connaissait la vérité, nous aurions une autre série de problèmes à gérer.

« Papa », dit Bella en prenant une inspiration, visiblement gênée par l'élan de surprotection de Charlie. « J'ai plus de chances d'être frappée par la foudre que de… »

« Vous avec raison Charlie », dis-je pour apaiser ses inquiétudes. Je voulais qu'il comprenne que j'étais préoccupé par la sécurité de Bella autant que lui. En vérité, il était certain que je n'emmènerais jamais Bella près de Seattle, même si n'avait rien à voir avec des activités de gang. « Et je ne pensais pas à Seattle. Plutôt à Portland. Moi non plus, je ne tiens pas à ce que Bella aille là-bas. Cela va de soi. »

Je jetai un rapide regard vers le journal, me demandant à quel point ce serait mauvais d'intervenir avant que quelqu'un d'autre s'en charge. Rien que l'idée que ces atrocités allaient continuer, me dégoûtait. Pourquoi les Volturi existaient-ils si c'était pour ne pas intervenir lorsque cela était nécessaire? Et maintenant, c'était plus que nécessaire.

« Parfait », murmura Charlie tandis qu'il quittait la cuisine, mais mon esprit était ailleurs. Les choses étaient encore pires que ce que je pensais.

« Qu'est-ce que… », commença Bella, mais je savais que l'attention de Charlie n'était pas encore entièrement fixé sur le match.

« Un instant », dis-je en lui passant des formulaires. « Tu devrais pouvoir réutiliser ta lettre de motivation pour celui-là ». Elle prit les feuilles à contre cœur en soupirant.

Il m'était difficile de regarder par la fenêtre tandis que je pensai à ce qui se passait à Seattle. Au début, Carlisle avait supposé qu'il s'agissait d'un seul vampire, ou d'un très petit groupe, qui était tout simplement moins prudent qu'à l'habitude. Mais leur nombre avait augmenté. Il était très rare que des nomades séjournent longtemps dans une ville. Trop de morts dans une même ville pouvaient donner lieu à des soupçons. Puis, lorsque les titres avaient commencé à paraître et les meurtres à continuer, nous avions compris que nous avions affaire à quelque chose qui sortait de l'ordinaire.

Je ne savais pas depuis combien de temps j'étais silencieux, mais tout d'un coup Bella fit un son de désapprobation en poussant les formulaires sur la table vers moi.

« Bella? »

« Dartmouth, Edward? Sois sérieux! »

Doucement, je replaçai les formulaires en face d'elle. Je refusais qu'elle se laisse influencer par ses propres doutes. Si elle avait envie d'aller à Dartmouth, je pouvais m'assurer qu'elle soit acceptée.

« Je crois que le New Hampshire te plaira. Ils proposent des cours du soir qui me conviendront et les forêts recèlent plein de promesses pour les marcheurs de mon genre. La faune y est fabuleuse », dis-je avec un sourire. Après tout ce temps, je n'étais plus choqué par son acceptation de mon mode de vie, et j'appréciais même de m'en amuser. Elle continuait à me dévisager, inébranlable alors j'ajoutai : « Je t'autoriserai à me rembourser tes études si ça doit te rendre heureuse. J'irai même jusqu'à te compter des intérêts. »

« Comme s'ils allaient m'accepter sans un énorme pot-de-vin! », se moqua-t-elle. « Ou étais-je comprise dans la promesse de don? Une nouvelle aile Cullen pour la bibliothèque? C'est dégoûtant. Pourquoi faut-il que nous revenions sur ce sujet? »

Je savais ce qu'elle voulait dire ensuite, mais elle ne pouvait pas le dire à haute voix, de peur de se faire surprendre par Charlie. Instinctivement, mes poings se serrèrent en voyant la détermination qui brillait dans ses yeux.

« S'il te plaît, Bella, contente-toi de remplir ces documents. Demander ne coûte rien, non? »

« Tu sais quoi. Il n'en est pas question », dit-elle obstinément en commençant à rassembler les formulaires. Je les lui arrachai rapidement pour les placer en sécurité loin d'elle. Je m'attendais à ça. Rien, pas même la résistance de Bella, allait m'empêcher de lui donner des choix. Le moment venu, elle choisira.

« À quoi joues-tu? », me demanda-t-elle, irritée.

« J'imite très bien ta signature. Et tu as déjà rédigé ta lettre de motivation. » Je souris tandis que la voix de Bella s'éteignit dans un murmure. « Je n'ai nul besoin de postuler ailleurs, j'ai été admise en Alaska. Là-bas, j'ai presque de quoi régler mon premier semestre. C'est un alibi aussi bon qu'un autre, Inutile de jeter l'argent par les fenêtres, que ce soit le tien ou le mien. »

Je sentais une douloureuse angoisse s'installer en moi. Même si c'était ça le plan, l'entendre le dire tout haut le rendait beaucoup plus réel. Pour elle, c'était beaucoup plus qu'une histoire de couverture. Pour elle ça n'avait pas d'importance le nombre d'université dans lesquelles elle était acceptée ou bien, où elles étaient situées ou ce qu'elles avaient à lui offrir. Tant qu'elles lui offraient une excuse valable pour s'éloigner, pour disparaître et pour finalement lui permettre d'obtenir ce qu'elle désirait le plus.

« Bella… », commençai-je.

« Ne recommence pas. J'ai accepté de jouer le jeu pour donner le change à Charlie, mais nous savons très bien toi et moi que je ne serai pas en état de suivre des études à l'automne prochain. Et qu'un éloignement sera indispensable. »

« Je croyais que nous n'avions pas encore arrêté la date », dis-je en restant sur mon dernier espoir. J'avais besoin de plus de temps. Elle avait besoin de plus de temps. « Tu apprécieras peut-être de passer un ou deux semestres à la fac. Il y a beaucoup d'expériences humaines que tu n'as pas encore vécues. »

« Je les vivrai après. »

« Elles ne seront plus humaines, alors. Tu n'auras pas de deuxième chance, Bella. »

Bien que je ne veuille pas l'admettre à voix haute, une énorme partie de moi se sentait coupable qu'elle prenne à la légère l'idée de devenir un vampire. Elle nous voyait, moi et ma famille, mener une vie plus ou moins normale. Carlisle travaillait, Alice faisait du shopping et nous allions encore au lycée. Nous passions beaucoup de temps entourés d'humain, mais nous avions eu des décennies pour réfréner notre soif et paraître normal. C'était un choix nécessaire que nous avions fait lorsque nous avions décidé de ne pas vivre comme des nomades. Nous voulions une vie, ou du moins quelque chose lui ressemblant. Bella n'était pas au courant du combat auquel nous allions être confrontés au début. Ni de la lutte quotidienne à laquelle nous devions tous faire face.

J'avais toujours essayé de protéger Bella des aspects les plus horribles de notre existence. Je lui avais donné une vague idée, mais je n'étais pas entré dans les détails de mes années rebelles et des meurtres auxquels j'étais responsable. Si ça n'avait pas été de Carlisle, je serais probablement encore comme ça. Je ne lui avais jamais permis de nous voir chasser et lorsqu'elle plaisantait au sujet de nos habitudes alimentaires, je n'étais pas convaincu qu'elle ait une idée très claire de ce à quoi elle devra faire face.

« Sois raisonnable », dit-elle en rompant le fil de mes pensées. « Il est trop dangereux de reculer l'échéance. »

« Nous avons du temps devant nous », dis-je. Je détestais l'entendre parler de sa transformation comme si c'était le seul moyen de la sauver. Moi et ma famille pouvions la garder en sécurité. Je refusais que la peur soit un facteur de sa décision.

Elle me regardait avec une expression incrédule sur le visage. C'était vrai, je ne prétendais pas que sa vie n'avait pas été en danger à plusieurs reprises. Chaque jour, je me maudissais d'avoir laissé tout ça se produire. Je regardai son visage tandis qu'elle se remémorait tout ce qu'elle avait vécu depuis mon apparition dans sa vie. Je voyais la peur dans ses yeux et même si je ne pouvais pas entendre ses pensées, j'avais une image très claire de ce qui se passait dans son esprit. Je le savais, parce que j'essayais d'éloigner ce genre de pensées, mais elles revenaient toujours. J'imaginais toutes sortes de choses – d'un accident, à une attaque de vampires ou simplement la vieillesse.

« Bella », dis-je doucement essayant de la rassurer et de calmer mes soucis. « Il n'y a pas d'urgence. Je ne laisserai personne te faire du mal. Tu peux prendre tout le temps que tu veux. »

« Je suis pressée », dit-elle rapidement en essayant d'effacer tout les signes d'inquiétude sur son visage. Elle força un sourire avant de me dire : « Moi aussi, j'ai envie d'être un monstre. »


Alors avez-vous aimé. Voulez-vous que je continue la traduction en même temps que Midnight Sun. À vous de décider. J'attends vos review avec impatience.

Bisous xoxo

Votre dévoué traductrice qui a besoin de sa dose d'Edward à tous les jours – j'exagère presque pas lol – Miss Lunatik