ORGUEIL ET PREJUGES : LA SUITE

Traduction. Une histoire originale de Jo Darcy

Retrouvons notre couple favori (Elizabeth et Darcy, bien sûr… Qui d'autre ?) après leur mariage. Humour ou drame, passion ou haine, tendresse ou jalousie… Du rire aux larmes, ils ne vivent pas que d'amour et d'eau fraîche !

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Je ne suis PAS l'auteur de cette fanfic, simplement la traductrice. Je me contente de traduire cette histoire de l'espagnol au français, sans rien enlever ni ajouter au texte original (exception faite des inévitables petites modifications propres au travail de traduction). Les personnages et les évènements de l'histoire ne m'appartiennent donc pas, de même que l'œuvre de Jane Austen.

Je signale également que, bien que mes préférences personnelles aillent vers la version de la BBC de 1995 (avec Jennifer Ehle et Colin Firth), cette histoire se base sur la version 2005 de Joe Wright (avec Keira Knightley et Matthew MacFadyen dans les rôles titres).

Bonne lecture…

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CHAPITRE I

La chambre était décorée en tons clairs de beige et de bleu. Elizabeth se regardait dans l'antique miroir de la coiffeuse tandis que sa femme de chambre défaisait sa coiffure. Une des nombreuses servantes de Pemberley arrangeait les bûches du foyer, tandis qu'une autre mouchait quelques bougies.

« Ce sera tout, - dit Elizabeth aux domestiques.

- Bonne nuit, Mrs Darcy, » répondirent-elles avec une révérence.

Mrs Darcy. Ces mots résonnèrent à son oreille, provoquant un léger sourire. Elle se regarda dans le miroir : elle portait sa chemise de nuit, et les cheveux défaits. Elle commença à peigner sa longue chevelure, tâchant d'assimiler que désormais, elle était Mrs Darcy, maîtresse de Pemberley. Subitement, une vague de frayeur l'envahit. Elle se sentait encore n'être qu'Elizabeth Bennet, et Mrs Darcy était un titre impliquant tant de responsabilités qu'elle craignait ne pas pouvoir remplir. Mais sa plus grande peur était de décevoir son époux. Ses pensées s'en furent immédiatement vers lui et ses craintes s'évanouirent.

Elle l'aimait comme jamais elle ne l'aurait cru possible. Ce matin, le voyant à l'église debout près de l'autel, si sérieux, avec ces yeux profondément bleus dans lesquels elle croyait pouvoir se perdre, Elizabeth sut que c'était le plus heureux jour de sa vie. Après tant de hauts et de bas dans leur relation, désormais ils seraient mari et femme. « Mari et femme, » pensa-t-elle, et son estomac se noua en prenant conscience qu'à tout moment son époux viendrait la rejoindre dans sa chambre. Elle se précipita sur le lit, entoura ses jambes de ses bras et appuya sa tête sur ses genoux. Jetant un regard vers la fenêtre, elle s'aperçut qu'il commençait à neiger, mais son esprit ne pouvait profiter de ce spectacle.

Sa mère les avait entretenues, elle et sa sœur Jane, de leurs "obligations maritales", et elle en savait un peu plus des conversations avec ses amies mariées, notamment Charlotte. Elizabeth ne savait qu'en penser. On le lui avait fait voir comme une chose obligatoire, un devoir qu'en tant qu'épouse elle devrait supporter. Mais ce qu'elle avait ressenti était très différent, lors des rares occasions où Darcy et elle s'étaient embrassés. D'y songer, le rouge lui monta aux joues et son cœur se mit à battre plus vite.

Un coup frappé à la porte qui communiquait avec la chambre de son époux la fit sursauter, l'obligeant à abandonner le fil de ses pensées. « Entrez, » réussit-elle à dire, tandis que son cœur semblait vouloir jaillir de sa poitrine.

La silhouette de son époux, éclairé par la douce lumière de la bougie, vêtu d'une robe de chambre bleue et la regardant avec une certaine gêne, l'amena à songer combien elle le trouvait attirant. « Le bleu lui va si bien, » se dit-elle. Elle lui sourit.

« Bonsoir, - dit Darcy. - J'espère que vous trouvez vos appartements confortables.

- Très, ils sont magnifiques. Je n'avais jamais rien vu de pareil auparavant, et encore moins imaginé pouvoir en disposer un jour.

- J'aurais sans doute dû envoyer une domestique demander si vous étiez prête.

- Tout va bien, je les ai renvoyées il y a un moment et j'étais seule, à réfléchir.

- Une activité dangereuse de votre part ! » commenta-t-il d'un ton moqueur, en souriant.

Elizabeth réprima le désir subit de l'embrasser. Plutôt, elle dit :

« Vous devriez le faire plus souvent, Mr Darcy.

- Quoi donc ? - demanda-t-il intéressé.

- Sourire, - répondit Elizabeth avec malice.

- Et puis-je savoir ce qui occupait vos pensées ? - s'enquit-il, gêné par la situation.

- Bien sûr, mais je peux choisir de ne pas vous répondre, » rétorqua-t-elle en rougissant intensément, comme si elle croyait possible que son époux devine quelles avaient été ses pensées.

Darcy s'approcha du lit où Elizabeth était assise. Il lui prit les mains et les embrassa. Il la regarda dans les yeux, ces yeux sombres qui l'avaient envoûté ce jour-là à Netherfield, quand elle était arrivée avec ses cheveux défaits, ses joues enflammées et sa robe couverte de boue.

« Mrs Darcy, j'espère que dans notre mariage il n'y aura pas de secrets, » déclara-t-il tandis que ses yeux révélaient un sens de l'humour qu'Elizabeth ne connaissait pas jusqu'alors. Il s'assit à ses côtés. La proximité de son corps l'empêcha de respirer durant quelques secondes. « Respire, Elizabeth, respire, » se rappela-t-elle. Elle étouffa un rire et, jouant avec une mèche de ses cheveux, elle tenta de lui répondre d'un ton solennel.

« En ce cas, je ne souhaite pas porter préjudice à notre mariage aussi tôt, et je me risquerai à flatter votre ego en vous disant que mes pensées étaient dirigées vers vous.

- Alors nos pensées étaient identiques.

- Vous songiez aussi à vous-même ? - demanda-t-elle, moqueuse.

- Elizabeth, mon amour, je voulais dire que je pensais à vous. » Et disant cela, il s'inclina vers elle et embrassa doucement ses lèvres. Ce ne fut pas différent de ces précédents baisers, doux, tendres et chauds. Quand il fit mine de s'écarter, Elizabeth attrapa le bord de sa robe de chambre pour l'attirer à elle. Cette fois, leur baiser fut différent, très intense, un genre de baiser qu'elle n'avait jamais expérimenté. Sentant la langue de Darcy la caresser, s'unissant à la sienne, elle crut fondre dans ses bras, comme la neige au soleil. Elle sentit ses mains tièdes saisir son visage pour l'embrasser plus profondément encore. Toutes ses peurs s'évanouirent au contact de la chaleur de sa peau. Elle ne pensa plus à ce qui était correct ou incorrect, décida de répondre à ce qu'elle ressentait, et se laissa emporter par la passion que son époux éveillait en elle. Quand il la relâcha, sans trop s'écarter de son visage, elle put voir que lui aussi avait les joues rougies et les yeux brillants.

« Ma douce Lizzie, - murmura-t-il en la caressant, - tu m'as rendu l'homme le plus heureux du monde. »

Elizabeth dut à nouveau se rappeler de respirer. Qu'il l'appelle Lizzie – et de cette façon ! – avait accéléré le rythme effréné de son cœur. Il avait tant d'allure, se montrait si attentif et vulnérable, comme jamais elle ne l'avait vu auparavant. Elle approcha lentement son visage du sien, les yeux dans les yeux. Leurs lèvres s'unirent à nouveau, le contact avec sa langue éveillait des sensations étranges et inconnues. Un million d'étincelles parcouraient son corps. Elle tentait encore d'assimiler cette sensation quand son époux délaissa sa bouche pour descendre lentement le long de son cou, ses épaules, puis remonter vers son oreille. Sa respiration se troubla et elle s'entendit gémir. Au même moment, une forte rougeur de honte lui couvrit le visage. Mais Darcy n'y prêta pas attention, l'entendre gémir était la réponse qu'il espérait pour pouvoir continuer.

« Allonge-toi, » lui souffla-t-il à l'oreille, sans cesser de la parcourir avec ses lèvres. Elizabeth obéit, sa nervosité commençant à prendre le dessus. Elle n'en savait pas beaucoup, mais elle pouvait à peu près imaginer ce qui bientôt arriverait. Elle sentit le poids du corps de son époux sur le sien : jamais elle n'avait été aussi près de lui. Darcy la regarda dans les yeux et écarta quelques mèches de son visage, appuyé sur les avant-bras.

« Tu es bien ? » lui demanda-t-il. Elizabeth hocha seulement la tête, tandis que ses mains parcouraient ses bras jusqu'à sa nuque. Darcy commença à caresser son corps et sa bouche descendit jusqu'à la partie découverte de sa poitrine. Elizabeth se sentit prise de vertige par tant de sensations, elle ferma les yeux et se mordit la lèvre pour éviter qu'un gémissement ne lui échappe à nouveau.

Voyant que son mari défaisait sa chemise de nuit pour s'emparer de ses seins nus, la gêne la saisit et instinctivement elle tenta de se couvrir de ses mains. Il la regarda dans les yeux, et elle jura avoir vu l'ébauche d'un sourire moqueur.

« Fitzwilliam… - balbutia-t-elle.

- Shhh, » murmura-t-il de façon à peine audible, en saisissant ses mains pour les retirer de ce qu'il considérait désormais comme sa propriété. Elle cessa de lutter et s'abandonna au plaisir que lui procurait le contact de ses lèvres avec sa peau nue. Très vite, elle se surprit à désirer qu'il la fasse sienne et elle s'emporta, contre elle et contre toutes les femmes qui lui avaient dit que cela n'était pas plaisant. Elle n'essaya plus d'étouffer ses gémissements. Elle sentait qu'elle ne pouvait contrôler son corps, qu'il avait une vie propre, qu'il ne répondait plus à sa volonté. Alors, il se plaça sur elle, ses yeux la fixèrent avec envie et il caressa ses douces joues.

« Je t'aime, ma Lizzie. » Sans attendre de réponse, il l'embrassa longuement et profondément, un baiser dans lequel Elizabeth crut se noyer, avant qu'elle ne s'agrippe à son dos. Peu après, elle se rendit compte que ce baiser était une diversion, sentant que, lentement, il entrait en elle. Un petit cri lui échappa, son corps se tendit sous la douleur, l'air lui manqua.

« Lizzie, regarde-moi, » lui dit son époux. A ce moment, elle réalisa qu'elle serrait les paupières à s'en faire mal. Elle obéit et le regarda. Son regard, clair et paisible, la tranquillisa. « Essaie de te détendre, cela te fera moins mal, » lui dit-il, la respiration agitée. Il avait raison, la douleur diminua peu après, laissant place à des sensations différentes et totalement nouvelles.

La honte avait complètement disparu et ce qui était convenable lui importait peu. Elle s'était toujours targuée d'être une grande observatrice, et de fait découvrit rapidement qu'il trouvait aussi du plaisir à ce qu'elle l'embrasse dans le cou et le caresse. Mais jamais elle n'aurait pu être prête pour ce qui survint ensuite. Pour un moment, son esprit se vida, son corps se cambra, et elle sentit ses mains saisir avec force ses épaules. Il semblait mieux savoir ce qui se passait et ses gémissements s'unirent aux siens. Elle l'écouta lui parler à l'oreille, sans retenir ses paroles. Peu après, Darcy se laissa retomber d'un côté du lit, haletant. Se tournant pour le regarder, Elizabeth put voir sur son visage une franche expression de bonheur.

« Approche, » lui enjoignit-il. Elizabeth se rapprocha de lui, appuyant la tête sur son bras. « Tu vas… bien ? - demanda-t-il, révélant une certaine préoccupation.

- Oui, » répondit-elle en s'approchant un peu plus. Elle se demandait s'il avait remarqué ce qu'elle venait de sentir et tenta de dissimuler la rougeur qui revenait à son visage.

« Tu sais que… que je… n'ai pas voulu te faire mal ? » demanda-t-il, penaud. La couleur du visage d'Elizabeth s'intensifia.

« Je sais. On m'avait prévenue, - répondit-elle en cachant son visage dans sa poitrine.

- Je ne veux pas t'embarrasser mais, tu sais que c'est seulement comme ça la première fois ? Cela ira mieux avec le temps.

- Cela s'améliorera ? » s'étonna-t-elle, surprise, et regrettant aussitôt que ses paroles trahissent son ingénuité.

Bien qu'elle ne visse pas son visage, en sentant sa poitrine se secouer elle comprit que ce commentaire l'avait fait rire. Elizabeth aurait voulu que la terre l'engloutisse.

« Lizzie, regarde-moi, » la pria-t-il doucement. Elle leva la tête pour le regarder, remplie de gêne.

« Je t'aime, » lui dit-il de nouveau, avant de l'embrasser. Elizabeth sourit. « Je t'aime, » dit-il une dernière fois, en l'embrassant profondément.