Note d'auteur : Un chapitre qui a bien tardé à arriver ( 7 mois ), et qui a été dur à écrire, plusieurs passages sensés être courts ayant pris de l'ampleur. Mais il est enfin là ! Même si j'ai du le diviser en deux, la seconde partie étant fusionnée avec ce que j'avais prévu pour le prochain chapitre qui arrivera plus vite, promis ! En attendant joyeux noël à tous et profitez de ce chapitre ( n'oubliez pas que pour noël j'ai demandé beaucoup de review pour toutes mes fic au Père-Noël ).


Chapitre 7 : Premières épreuves part 1 ( des découvertes en tous genres )

1993, samedi 19 décembre château de Poudlard, ( Nouvelle ligne temporelle ).

Le samedi matin du dernier week-end du trimestre, juste avant les vacances de Noël une seconde visite à Pré-au-lard fut accordée pour le plus grand plaisir de tous les élèves ayant atteint ou dépassé leur troisième année d'étude à Poudlard, la célèbre école de sorcellerie, et qui avait l'autorisation de visiter le seul village de Grande-Bretagne exclusivement réservé aux sorciers.

Cette visite était une source d'excitation et de joie pour tout le monde … sauf pour le jeune Harry Potter, le célèbre Survivant, dont les gardiens officiels, sa tante et son oncle : les Dursley, détestaient la magie et le surnaturel sous toutes leurs formes et par association leur neveu. Par mesquinerie ils avaient refusé dans un premier temps de signer la permission nécessaire à Harry pour visiter Pré-au-lard, le jeune sorcier avait tout de même réussi à négocier avec son oncle un accord concernant son attitude durant la visite de la sœur de Vernon Dursley : Marge, dont l'enjeu était la signature du formulaire de permission.
Hélas la visite de la tante Marge avait mal fini, très mal fini et Harry avait du quitter la maison de son oncle en trombe sans obtenir la permission requise pour la visite du village.

Malgré sa demande auprès du professeur McGonagal Harry s'était vu refuser le droit d'accompagner ses amis à Pré-au-lard et alors que tout le monde se préparait pour cette nouvelle sortie lui se résignait à être le seul élève de troisième année à ne pas y participer. Même ses amis, Ron et Hermione, étaient très excités par cette occasion.

« On va pouvoir acheter tous nos cadeaux de Noël là-bas ! » avait déclaré Hermione avec enthousiasme. « Mes parents seront enchantés que je leur envoie des fils dentaires à la menthe de chez Honeydukes ! »

Hermione était heureuse de pouvoir enfin faire profiter ses parents dentistes d'un des produits du monde des sorciers où elle faisait ses études. Ron quand à lui était plus qu'heureux de passer la journée loin de l'école, et surtout loin de ses devoirs à faire et cours à réviser.

Hermione avait tout de même eu le tact de restreindre sa joie quand elle se rendit compte qu'Harry ne pourrait pas, une fois de plus, les accompagner et allait devoir passer la journée seul, contrairement à un Ron inconscient quant au fait qu'il ne cessait de parler de cette visite de Pré-au-lard à un Harry qui, lui, ne pourrait pas y aller.

Résigné à être le seul élève de troisième année qui ne participerait pas à cette sortie, Harry emprunta à Dubois un exemplaire de « Quel balai choisir ? », bien décidé à passer la journée à se renseigner sur les différents modèles de balai pour trouver un remplacement à la hauteur de son fidèle Nimbus pour le prochain match de Quidditch et cela malgré l'insistance d'Oric sur le fait qu'une telle recherche était inutile même si le Miroir se refusait à dire pourquoi.

Le Samedi matin après avoir dit au revoir à Ron et Hermione, emmitouflés dans leur capes et écharpes, Harry retourna vers la tour de Gryffondor en se demandant si il ne devrait pas profiter de l'absence de ses amis pour rendre visite au professeur Dumbledore pour l'entretien que le directeur de Poudlard souhaitait avoir avec lui, mais le flot de ses pensées s'interrompit quand on l'interpella soudainement.

_ Hé ! Harry ! (1)

Fred et Georges Weasley, les jumeaux terribles, se tenaient devant lui avec de grands sourires qui annonçaient généralement qu'ils préparaient un mauvais coup.

_ Qu'est-ce que vous faites là ? S'étonna Harry qui était surpris que les jumeaux ne soient pas partis avec les autres pour Pré-au-Lard.

Quelques semaines auparavant Harry se serait contenté de cette simple question mais son entraînement avec Oric le poussait désormais à analyser les choses plus en profondeur, à réfléchir davantage et à se poser plus de questions quand il faisait face à une situation inhabituelle ou à quelque chose qui lui semblait suspect ou étrange. Sans même s'en apercevoir il se mit aussitôt à spéculer et à analyser tous les indices disponibles pour comprendre pourquoi les jumeaux étaient ici, visiblement pour lui parler, et non en train de s'amuser à Pré-au-Lard, surtout que la veille il les avait entendu parler de leur projets pour cette sortie.
Vu leurs mines espiègles, le fait qu'en l'absence de la majorité des élèves ils pouvaient agir « librement » et, si ils ne se faisaient pas voir, l'excellent alibi que représentait cette sortie pour prouver qu'ils étaient « innocents » car absents du château pour la majorité de la journée, ils préparaient visiblement encore une de leurs blagues, pas contre lui car les membres de l'équipe de Quidditch étaient « hors limite ». Mais si ils s'adressaient à lui cela signifiait qu'ils avaient besoin de son aide ou qu'il était concerné d'une manière ou d'une autre.

_ Vous préparez encore une de vos blagues ? Interrogea Harry.

_ Humm, perspicace ! Disons que c'est le bon moment pour se livrer à quelques préparatifs pour égayer le repas de ce soir ... Commença Fred.

_ … et pour …heu … « améliorer » les affaires de quelques uns de nos plus lugubres condisciples pour les rendre le moment venu … moins lugubres. Et tout ça sans qu'on nous soupçonne, puisque nous ne sommes pas là, vu qu'on a quitté le château avec tout le monde tout à l'heure. Continua George avec malice.

_ Et vous avez besoin de moi pourquoi ? Demanda Harry avec un soupçon d'appréhension.

_ Ho ! Pas besoin de t'inquiéter. Nous n'avons pas besoin d'aide pour exercer notre art. Ce n'est pas pour ça qu'on voulait te parler. Déclara Georges.

_ On voulait te donner quelque chose d'amusant avant notre petit périple dans Poudlard. Lui dit Fred avec un clin d'œil mystérieux. « Viens voir … »

Il montra d'un signe de la tête une salle de classe vide à l'intérieur de laquelle Harry suivit Fred et Georges avec un zeste de méfiance. Georges referma la porte sans bruit puis se tourna vers Harry avec un sourire rayonnant.

_ On a un cadeau de Noël pour toi avec un peu d'avance. Dit-il.

D'un geste majestueux, Fred tira quelque chose de sa cape et le posa sur une table. C'était un grand morceau de parchemin carré, très abîmé, qui ne portait aucune inscription. Harry soupçonnait les jumeaux de finalement lui faire une de ces farces dont ils avaient le secret alors qu'il regardait l'objet d'un air perplexe. Toutefois Oric l'avait maintes fois mis en garde de ne pas se fier à la seule apparence quand la magie était concernait, une chose dont Harry avait déjà maintes fois fait l'expérience : de sa première visite au Chemin de Traverse qui se cachait derrière un mur de bric enchanté d'aspect banal, puis il y avait eu le Choixpeau qui derrière son apparence de vieux chapeau un peu miteux se révélait être un artefact des fondateurs doués d'intelligence, enfin il y avait également eu plus récemment le journal intime de Jédusor qui derrière son air innocent était une arme maléfique de Voldemort et bien sûr le Miroir d'Orichalque qui se trouvait actuellement dans une de ses poches.

Harry regretta qu'Oric ne lui ait pas encore appris à déterminer si un objet était enchanté ou non et nota dans un coin de sa tête de le lui demander lors de leur prochaine leçon.

_ Cela viendra Harry, mais ce n'est pas encore pour tout de suite. Mais en attendant tu n'as qu'à demander et je te répondrais pour ce genre de question. Et pour cet objet tu as vu juste il est puissamment enchanté, en fait il faudra que nous ayons une conversation en ce qui le concerne. Susurra le Miroir dans l'esprit du jeune sorcier.

Avec cette nouvelle information en tête Harry modifia la première question qui lui était venue : « c'est quoi, ça ? » pour demander à la place : « Qu'est-ce que c'est que cet objet et qu'est-ce qu'il peut faire ? »

_ Très perspicace. Murmura Georges avant de continuer plus fort : « Ceci : c'est le secret de notre succès. » Tout en tapotant le parchemin avec affection.

_ On a du mal à s'en séparer. Ajouta Fred. « Mais on s'est dit que tu en avais plus besoin que nous. »

_ De toute façon, on le connaît par cœur. Dit Georges. « Et on a décidé de te le léguer. Il ne nous sert plus à grand-chose, maintenant. »

_ Mais qu'est ce que c'est exactement que ce vieux bout de parchemin et en quoi il peut m'être utile ? Demanda harry.

_ Ce vieux bout de parchemin ? S'exclama Fred avec une grimace, comme si Harry venait de l'offenser gravement. « Expliques lui, Georges. »

Georges lui conta alors, avec plusieurs remarques de la part de Fred, l'histoire de la découverte de cet objet. Comment, quand les jumeaux étaient en première année, ils s'étaient faits pincer par Rusard, le concierge crackmol de l'école, et qu'une fois arrivés dans son bureau ils avaient remarqué la présence d'un tiroir où il était écrit : Objets dangereux confisqués, et que grâce à une diversion ils avaient réussi à en retirer le fameux bout de parchemin. Un objet très précieux dont Rusard n'avait jamais su se servir selon eux.

_ Et vous, vous savez comment ça marche ? Demanda Harry.

_ Oh, oui. Répondit Fred avec un sourire goguenard. « Cette petite merveille nous a appris plus que tous les professeurs de l'école réunis. »

Devant le regard fixe d'Harry qui attendait visiblement la démonstration des capacités de l'objet en question, Fred sortit sa baguette magique et effleura le parchemin en récitant : « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. »

Aussitôt, de petits traits d'encre se répandirent sur le parchemin en dessinant comme une toile d'araignée. Les traits se joignirent, se croisèrent, s'étendirent aux quatre coins du parchemin. Puis des mots tracés d'une grande écriture ronde à l'encre verte apparurent en haut du document :

Messieurs Lunard, Queudever, Patmol et Cornedrue, spécialistes en assistance aux Maniganceurs de Mauvais Coups sont fiers de vous présenter : LA CARTE DU MARAUDEUR

Sur le coup le nom de Maraudeur fit réagir Harry quand il réalisa qu'il s'agissait du groupe de farceurs dont son père avait été soupçonné de faire partie, et il se demanda brièvement si son père pouvait se cacher sous un de ces pseudonymes. Pourtant très vite son attention fut monopolisée par la carte.

Le parchemin représentait à présent un plan détaillé du château et du parc environnant. Mais plus remarquable encore, c'étaient les points minuscules qu'on voyait bouger ici et là, chacun accompagnés d'un nom écrit en lettres minuscules. Même si il s'attendait à ce que le parchemin fasse quelque chose de spécial, et que depuis sa rencontre avec le Miroir d'Orichalque il avait vu nombre de choses surprenantes, et surtout Oric lui-même, Harry fut tout de même ébahi, d'autant plus quand en se penchant sur la carte il remarqua un petit point dans le coin supérieur gauche qui indiquait que le professeur Dumbledore se trouvait dans son bureau où il faisait les cent pas.
Un autre point représentait Miss Teigne, la chatte du concierge, qui rôdait au premier étage alors que Peeves, l'esprit frappeur, arpentait en long et en large la salle des trophées. Mais Harry remarqua soudain autre chose.

Cette carte montrait plusieurs passages secrets qu'il ne connaissait pas et plusieurs d'entre eux menaient …

_ A Pré-au-Lard. Indiqua Fred qui avait remarqué ce que Harry était en train de fixer du regard, avant de suivre l'un d'eux du bout de l'index. « Il y en a sept en tout. Rusard connaît ces quatre-là. » Continua-t-il en pointant successivement quatre passages. « Mais on est sûrs d'être les seuls à connaître ceux-ci. Ne t'occupes de celui qui se trouve derrière le miroir au quatrième étage. On l'a emprunté jusqu'à l'hiver dernier mais, il y a eu un éboulement et il est devenu impraticable. Celui-la, personne n'a dû l'utiliser vu que le saule cogneur est planté juste au-dessus de l'entrée. Mais celui-ci mène dans la cave de Honeydukes. On l'a pris très souvent. Et tu remarqueras que l'entrée est située à l'endroit précis où se trouve la statue de la sorcière borgne.

_ Lunard, Queudever, Patmol et Cornedrue, nous vous devons beaucoup. Soupira George en tapotant la carte.

_ C'étaient des hommes pleins de noblesse qui ont travaillé sans compter pour aider une nouvelle génération à violer les règlements. Dit Fred d'un ton solennel.

_ Exact ! Approuva George. « N'oublies pas d'effacer la carte après chaque usage … »

_ Sinon tout le monde pourra la lire. Avertit Fred.

_ Il suffit de donner un coup de baguette magique tout en prononçant la formule : « Méfait accompli ! » et le parchemin redeviendra vierge.

_ A tout à l'heure chez Honeydukes …

Fred et Georges quittèrent alors la salle avec un sourire satisfait.

Harry resta seul à regarder la carte miraculeuse.

Tout en regardant sur la carte la chatte de Rusard il se rendit compte que si il était vrai que le concierge ne connaissait pas le passage indiqué par les jumeaux, il pourrait sortir de l'enceinte de l'école sans passer par les Détraqueurs …

Mais une phrase prononcée par Mr Weasley lui revint soudain en mémoire : « Ne te fis jamais à quelque chose capable d'agir et de penser tout seul si tu ne vois pas où se cache son cerveau. » Une chose qu'il prenait d'autant plus au sérieux depuis sa rencontre avec le Miroir d'Orichalque.

La carte qu'il avait sous ses yeux était précisément l'un de ces objets magiques dangereux contre lesquels Mr Weasley avait prononcé cette mise en garde et contrairement à Oric il ne pouvait pas s'entretenir avec elle pour essayer d'apprendre ses intentions.

Sans compter la description donnée avec le nom de la carte : … Assistance aux Maniganceurs de Mauvais Coups… « D'un autre côté » se dit Harry. « Je veux simplement l'utiliser pour aller à Prés-au-Lard et pas pour voler quelque chose ou tuer quelqu'un … et puis George et Fred l'ont utilisé pendant des années sans qu'il leur arrive rien de fâcheux … »

Harry suivit du doigt le passage qui menait chez Honeydukes. Et brusquement, comme si il obéissait à un ordre impérieux il roula le parchemin et le rangea dans sa poche. (1)

Sur le point de quitter la salle pour satisfaire son désir de rejoindre ses amis à Prés-au-Lard quitte à violer quelques règles il s'arrêta net, prenant le temps de réfléchir un peu plus à la situation et au meilleur choix à faire et pas seulement à ce qu'il voulait faire. Une chose qu'Oric n'avait cessé de marteler et de l'encourager à faire durant leurs « leçons ».

Oui, il était injuste qu'il ne puisse pas aller à Prés-au-Lard comme les autres à cause de la mesquinerie des Dursley. Oui, le professeur McGonagall aurait du lui donner la permission. Et oui, il mourrait d'envie d'y aller.

Mais était-ce sage ? Etait-ce vraiment dans son intérêt ? Devait il le faire et sinon pouvait il du moins le faire sans risques ou conséquences ?

En réfléchissant à tout cela il en revint à penser au fait que Sirius Black était là, quelque part au dehors, espérant mettre la main sur lui.

Hésitant quant à la décision à prendre Harry maudit intérieurement le Miroir pour avoir commencer à l'habituer à penser autant plutôt qu'à suivre sa première impulsion. Et en parlant du Miroir …

_ Dis moi Oric, qu'est ce que je dois faire à ton avis ?

_ C'est à toi de voir Harry, c'est ta vie … tes aventures. Ajouta le Miroir avec un ton amusé en s'extrayant de la robe du jeune sorcier où il se dissimulait pour se mettre à flotter dans les airs en face de lui.

_ Je ne suis pas là pour te tenir la main en continu, je suis là pour t'éduquer, te préparer et voir si tu es digne de devenir mon partenaire. Ajouta Oric d'un ton plus sérieux avant de continuer. « Cela étant dit j'ai accepté de te guider et de te conseiller pour t'aider à améliorer ton futur par rapport à ce qu'il aurait du être et donc je pense pouvoir t'aider à prendre ta décision et te donner … quelques conseils. »

Harry sourit intérieurement. Durant les dernières semaines il avait pris l'habitude de ce genre de discours. Le Miroir se plaisait à lui rappeler les « règles » de leur relation et le fait qu'Harry devait faire « une part du boulot » surtout pour l'instant où il s'agissait pour Oric de le « tester » pour voir si il était capable d'être un bon allié tout en lui faisant bénéficier de certains des avantages qu'il avait promis d'offrir à Harry.
Mais une chose était vite devenue clair pour le Survivant, Oric, tout comme Hermione, était visiblement fier de son savoir et de son intelligence et dès que son aide était sollicitée il ne pouvait pas s'empêcher d'en faire la démonstration.

Harry appréciait ce trait car le voir partager le même « défaut » qu'Hermione rendait le Miroir plus … humain.

L'esprit froid et analytique du Miroir, lui, suivait un tout autre raisonnement. Il était … content, autant qu'il puisse l'être, de voir le jeune sorcier rechercher de plus en plus ses conseils. Car en ce faisant son influence sur Harry Potter lentement, mais sûrement, grandissait.

_ D'abord quelques informations sur cette carte que tu viens de recevoir. Commença le Miroir. « En fait il est juste que tu en hérites car elle te revient de droit. »

_ Comment cela ? Demanda Harry perplexe.

_ Parce que elle a été créée par ton père et ses trois amis les plus proches. Expliqua Oric en confirmant les soupçons qu'avait eu Harry plus tôt.

_ Vraiment !Répondit le jeune sorcier en portant la main à sa poche où se trouvait la carte, à la fois surpris et heureux d'être en possession d'un objet qui, comme sa cape d'invisibilité, le reliait à son père.

_ Oui, ton père, sous le pseudonyme de Cornedrue, faisait partie des « Maraudeurs » un groupe de farceurs qui semblaient avoir comme ambition de briser la plupart des règles de Poudlard. Si tu veux en savoir plus sur eux demandes aux professeurs, ils leurs ont laissé une impression … durable. Tout comme pour Rogue qui lui en a certainement une opinion très négative étant souvent la « victime » des farces des Maraudeurs.

_ C'est pour ça qu'il haïssaitautant mon père ? Parce qu'ils lui ont joué des farces et l'ont ridiculisé devant l'école ? Ça et ce que le professeur Dumbledore m'a raconté : le fait qu'à une occasion que mon père lui ait sauvé la vie. Comprit Harry.

_ En partie mais ce n'est pas la seule raison. Confirma Oric

_ Alors la carte est sans danger. Réalisa Harry en revenant sur le sujet de la discussion.

_ Plus ou moins. Cela dépend de qui l'utilise et pourquoi. Mais en elle-même ? Non elle n'est pas dangereuse à une petite exception près.

_ Une exception ? Releva le jeune sorcier.

_ Oui il y a un léger sort de compulsion lié à la carte qui « encourage » à violer le règlement de Poudlard. Mais il est très faible et ne sert que de « coup de pouce » pour ceux qui veulent déjà désobéir mais manque de confiance en eux, tu y as d'ailleurs résisté et des personnes comme Hermione ou Percy qui ne veulent pas briser de règle si ils peuvent faire autrement y seraient complètement insensibles.

Harry se rendit compte que cela devait correspondre à la sensation qu'il avait éprouvé avant de ranger la carte. Et en effet si cela avait renforcé son impulsion du moment il avait facilement pu s'en défaire dès qu'il avait pris le temps d'y penser.

Finalement cette habitude à prendre sur laquelle Oric insistait si souvent se montrait utile.

_ Et souviens toi Harry si cette carte ne montre pas forcément « tout », elle est imparfaite car il y des choses que même les Maraudeurs n'ont pas découvert sur Poudlard. Cependant ce qu'elle montre est toujours exact. Insista lourdement le Miroir, ce qui fit penser à Harry que cela devait être important même si il ne voyait pas pourquoi maintenant. Mais c'était là la façon d'opérer d'Oric de lui donner des indices qu'il devait par la suite lier pour trouver certaines choses par lui-même.

_ Maintenant, pour savoir si tu dois ou non utiliser la carte pour aller à Près-au-Lard, comment analyses-tu la situation. Questionna Oric.

_ J'ai envie d'y aller. Commença Harry. Ce … ce n'est pas juste que je sois le seul à ne pas pouvoir m'y rendre.

_ C'est bien d'avoir des désirs, mais la vie est injuste. Fit remarquer le Miroir.

_ Je … ce n'est pas parce qu'elle est injuste que je dois me résigner sans rien dire. Une chose qu'Oric lui avait souvent rappelé.

_ Bonne attitude. Mais est-ce prudent ? Est-ce sage ? Et surtout peux tu le faire sans te faire prendre et sans conséquences néfastes ? Interrogea Oric.

_ Prudent ? Il n'y a pas vraiment de danger à aller à Près-au-lard, sinon on n'autoriserait pas les autres élèves à y aller. Mais … c'est vrai qu'il y a les Détraqueurs … mais ils sont autour de l'école, pas dans le village, et avec le passage qui mène à Honeydukes ils ne devraient pas être un problème. Il y a aussi Sirius Black. Réalisa Harry. « Mais si il a été assez intelligent pour ne pas se faire capturer depuis son évasion il ne se montrera pas en pleine journée à Près-au-Lard … je pense. »

_ Sans compter que tout le monde s'attend à ce que Dumbledore te garde sous clés ici, à Poudlard. Ajouta le Miroir.

Harry réalisa alors que c'était certainement pour cela que McGonagall avait refusé de le laisser aller au village et que même si il avait eu son autorisation signée par les Dursley on lui aurait certainement interdit d'y aller « pour sa sécurité ». Cela rendit plus facile sa déclaration suivante.

_ Ce n'est peut être pas sage, c'est vrai, et ça revient à violer le règlement de l'école. Mais ce n'est pas comme si je commettais un crime et franchement toutes les règles ne sont pas forcément bonnes à suivre. Sans compter qu'elles ne visent que le cas général sans prendre en compte les situations particulières comme la mienne. Se justifia Harry. « C'est aux professeurs de savoir adapter les règles de l'école aux cas exceptionnels et comme tu me l'as fait remarquer plusieurs fois, dans mon cas leurs décisions sont souvent biaisées à mon encontre. » Acheva Harry avec une légère note d'amertume dans la voix.

Comme le Miroir lui avait fait remarquer : alors qu'il faisait tout pour être « normal », ne pas se faire remarquer et éviter autant que possible les effets de son statut de « Survivant », les professeurs, eux, et même si certains faisaient plus d'efforts que d'autres, ne le traitaient pas comme n'importe quel élève.
Pire ils avaient plus tendance, à l'exception du professeur Dumbledore, à se montrer plus sévères, voir carrément hostiles dans le cas de Rogue, envers lui ou à ne pas agir comme durant l'année précédente quand presque tout le monde s'était retourné contre lui en pensant qu'il était l'héritier de Serpentard ou quand il était la cible des élèves de la Maison Serpentards et particulièrement de Malfoy et de son gang. Comme si ils avaient peur que ce soit perçu comme du favoritisme.

Et même dans le cas de Dumbledore, c'était à cause du vieux directeur de Poudlard qu'il devait vivre chez les Dursley, pour sa « sécurité », et qu'il avait été privé de tout contact avec le monde des sorciers jusqu' à ses 11 ans. Et tout cela sans que le professeur ne se donne visiblement la peine de vérifier, ne serait-ce qu'une fois, qu'il allait bien.

Et puis il y avait aussi le fait que durant ses deux années à Poudlard, sensé être le lieu le plus sûr au monde, il avait du empêcher Voldemort de s'emparer de la pierre Philosophale, tuer le monstre de la Chambre des Secrets et échapper à la mort plusieurs fois, et cela sans véritable aide de la part des professeurs.

Après tout ça Harry se sentait justifié d'avoir le droit d'agir un peu pour lui, même si il devait un peu violer le règlement.

Restait à savoir si il pouvait le faire sans être pris, mais il avait déjà la solution pour ça.

_ Avec ma cape d'invisibilité je devrais pouvoir y aller sans que personne ne s'en aperçoive, surtout si je suis prudent et que je rentre bien avant tout le monde. Fit remarquer Harry. « Et même si je me fais prendre je ne risque au plus que de perdre quelques points et d'avoir une retenue, et franchement ça en vaut le coup. »

_ Et bien il semble que tu ais pris ta décision. Conclut Oric. « La même décision que tu aurais prise dans le-futur-qui-ne-sera-plus. Aussi laisses moi te donner une petite mise en garde. Ne crois pas tout ce que tu entends, les apparences peuvent être trompeuses et ce que croient les gens n'est pas forcément la vérité. » Acheva le Miroir avant de retomber dans le silence.

Harry se demanda un instant si il devait essayer d'interroger plus en avant le Miroir sur cette « mise en garde » avant d'y renoncer car il commençait à suffisamment connaître Oric pour savoir qu'il n'en dirait pas plus.

Au lieu de cela, et même si les dernières paroles d'Oric le rendaient un peu … hésitant, il sortit de la pièce, toujours décidé à se rendre à Près-au-Lard et se dirigea vers la statue de la sorcière borgne et son passage secret qui était sans qu'il le sache le premier point sur le périple de sa journée.

XXXXXXXXXXXXXXXXXX

Cela commença … assez bien.

La carte se révéla aussi utile que précise, conduisant Harry à la statue de la sorcière borgne sans problème et lui fournissant le mot de passe pour ouvrir le passage secret. Un toboggan conduisit Harry à un long passage étroit et après dix minutes de marche assez pénibles dans le froid et l'obscurité il arriva à un escalier de pierre menant à une trappe qui donnait sur une cave remplie de caisses et de cageots.

Entendant des voix il sortit sa cape d'invisibilité et s'en recouvrit, profitant qu'un employé venait chercher des produits il remonta silencieusement les escaliers et découvrit qu'il était bien arrivé à Honeydukes.

Il y avait pas mal d'élèves dans le magasin et Harry dut faire attention à ce que personne ne le heurte. Sortant sa baguette il murmura une incantation qu'Oric lui avait récemment apprise : un sort de compulsion qui incitait de manière inconsciente les gens autour de lui à ne pas le percuter même si ils ne le voyaient pas, ce qui lui rendait la tâche bien plus facile.

Harry put étudier avec plaisir toutes les différentes sortes de confiseries et friandises se trouvant sur les étagères. Après avoir passé quelques minutes devant la collection de bonbons à « effets spéciaux » où l'on trouvait des choses comme des Bulles baveuses qui produisaient des bulles mauves qui n'éclataient pas avant plusieurs jours, des Gnomes au poivres qui permettaient de « cracher des flammes » ou encore des Souris glacées qui faisaient couiner les dents, Harry aperçut Ron et Hermione qui débattaient devant le coin « Goûts bizarres » sur ce qui pourrait lui plaire. Le jeune sorcier en profita pour les surprendre, obtenant d'une voix aiguë un : « Harry ! Ce …c'est toi ? Qu'est ce que tu fais là ? Comment … comment as-tu … ? Je … le professeur Dumbledore a pourtant dit qu'une cape d'invisibilité ne tromperait pas les Détraqueurs ! » de la part d' Hermione et un : « Tu as appris à transplaner ? » admiratif de la part de Ron.

Harry leur raconta alors sa rencontre avec les jumeaux et l'histoire de la carte des Maraudeurs se contentant d'omettre sa discussion avec le Miroir.

Ron était scandalisé que ses frères ne lui aient pas donné la carte à lui, alors qu'Hermione présuma qu'Harry n'allait pas garder la carte et la donner au professeur Mcgonagall à la grande horreur de Ron. Mais Harry la détrompa immédiatement justifiant sa décision de garder la carte en pointant qu'il lui faudrait révéler sa provenance et donc impliquer Fred et George mais surtout en révélant que l'un des créateurs de la carte était son père, qui selon les professeurs était membre des Maraudeurs, ce qui faisait de la carte un des rares objets le liant à ses parents.

Cette révélation stoppa Hermione et fit oublier sa jalousie à Ron. Mais la jeune Gryffondor remarqua tout de même que les passages secrets de la carte représentaient une voie d'accès à Poudlard et donc un danger à cause de Sirius Black. Harry la rassura en indiquant que plusieurs passages étaient connus de Rusard et que pour ceux qui ne l'étaient pas un débouchait sous le Saule cogneur, le rendant impraticable et qu'il fallait connaître celui d'Honeydukes pour le trouver, de plus Ron pointa une affiche du ministère qui indiquait que les rues du villages étaient patrouillées durant la nuit par des Détraqueurs.

A court d'argument Hermione se rabattit sur le fait qu'Harry était là sans autorisation et qu'il allait s'attirer des ennuis si on s'en apercevait sans compter le risque qu'il prenait si Black apparaissait maintenant. Mais Harry fit valoir que tant qu'il restait sous sa cape d'invisibilité et qu'il faisait attention, personne, pas même Sirius Black, ne se rendrait compte qu'il était là à part elle et Ron. Il ne risquait donc rien sauf si elle décidait de le dénoncer ce à quoi Hermione se dépêcha de répondre qu'elle ne ferait jamais ça juste avant que Ron détourne la conversation sur le sujet des friandises qu'ils allaient acheter.

Après quelques emplettes ils se retrouvèrent tous les trois à arpenter le village, Ron et Hermione faisant faire à Harry la visite guidée, indiquant à tour de rôle les lieux les plus importants de Près-au-Lard. Mais avec le blizzard qui soufflait et le froid terrible la visite tourna court, surtout quand Ron en claquant des dents proposa d'aller s'abriter aux Trois Balais pour y boire une Bièrauberre.

Ce qui, à posteriori, ne fut pas sa meilleure idée car c'est là que les choses commencèrent à mal tourner.

Dans l'auberge ils s'attablèrent dans un coin reculé près du sapin de noël et Ron alla chercher leur commande après avoir désigné la barmaid, une jolie femme aux courbes généreuses, comme la fameuse « Madame Rosemerta », la propriétaire de l'établissement. Si Harry apprécia la boisson que Ron avait ramenée du bar, buvant tranquillement sous sa cape, sa dégustation fut brutalement interrompue par l'arrivée de nouveaux clients : les professeurs McGonagall, Flitwick et Hagrid, accompagnés par Cornélius Fudge, le Ministre de la Magie.

Harry paniqua un instant avant de se calmer quand il se souvint qu'il était toujours sous sa cape et donc que personne ne pouvait s'apercevoir de sa présence. Ron et surtout Hermione étaient plus agités et Harry dut leur rappeler qu'il était inutile de paniquer.

_ Du calme ! Murmura le jeune sorcier juste assez fort pour se faire entendre de ses amis. « Il ne peuvent pas me voir, restez calme et n'attirez pas l'attention et tout ira bien. »

Hermione prit quand même la précaution d'utiliser « Mobiliarbus » pour déplacer un peu le sapin de noël et les dissimuler à la vue de la plupart des gens présents.

Les quatre nouveaux venus s'installèrent à une table toute proche, de l'autre côté de l'arbre, où les trois Gryffondors pouvaient les apercevoir à travers les branches du sapin mais surtout où ils pouvaient facilement les entendre.

C'est Madame Rosemerta elle-même qui apporta aux professeurs et au Ministre leurs commandes, avant d'être invitée à les rejoindre (2).

Harry s'aperçut que vu leur position, ni Ron, ni Hermione, ni même lui malgré sa cape ne pouvait partir discrètement sans risquer de se faire repérer. Ils étaient obligés de se faire discret et d'attendre que les professeurs s'en aillent en premier.

La conversation que les trois Gryffondors épiaient sans le vouloir se porta rapidement sur Sirius Black et les évènements d'Halloween, ce qui poussa Madame Rosemerta à se plaindre de la présence des Détraqueurs qui faisaient peur à ses clients alors que Fudge insistait sur le fait que leur présence était nécessaire.

Le sujet de la conversation retourna sur Sirius Black, Fudge révéla que le public ne connaissait pas tous les faits sur ce sujet tandis que Rosemerta, McGonagall et Flitwick divulguèrent que Sirius Black avait été le meilleur ami de James Potter, le père d'Harry, membre de la même petite bande, sans doute les Maraudeurs réalisa Harry, et pire encore : Sirius Black après avoir était le témoin de son père lors de son mariage était devenu le parrain d'Harry.

Durant ces révélations Harry fut si choqué qu'il en laissa tomber sa chope qui atterrit au sol avec un bruit sonore mais heureusement n'attira pas l'attention sur lui.

Puis vint le coup de grâce : l'annonce que ses parents avaient été spécifiquement ciblés par Voldemort, le fait qu'ils s'étaient cachés grâce à un puissant enchantement, l'explication à propos du sortilège de Fidelitas, comment Black était devenu le Gardien du Secret de ses parents alors même que Dumbledore soupçonnait l'existence d'un traître dans l'entourage de sa famille et comment une semaine plus tard le Seigneur des Ténèbres avait attaqué, tuant ses parents et lui laissant sa cicatrice en forme d'éclair.

A ce point de l'histoire Hagrid explosa, insultant Black avant de raconter sa rencontre avec lui dans les ruines de la maison des Potter, juste après la mort des parents d'Harry. C'est Hagrid qui, sous les ordres de Dumbledore, avait récupéré Harry juste après les terribles évènements qui avaient eut lieu durant cette nuit d'Halloween, et c'est là qu'il avait rencontré Black pour la dernière fois. Black, pâle et tremblant, avait tenté de persuader Hagrid de lui confier son filleul, mais Hagrid avait refusé ayant reçu comme instruction d'emmener Harry chez sa tante, le traître lui avait alors laissé sa moto volante avant de disparaître. Le demi-géant s'en voulait d'avoir essayé de consoler Black pensant qu'il était bouleversé par la mort de James et Lily et non par la chute de Voldemort.

Fudge conclut l'histoire en racontant comment le lendemain Peter Pettigrow, qui avait également été un ami de James Potter et Sirius Black, avait traqué Black avant de le confronter dans une rue de Londres pleine de moldus, mais Peter n'avait malheureusement pas le talent de Black. Selon le témoignage des moldus présents, avant qu'on ne leur efface la mémoire, ainsi que ce que Fudge avait vu en arrivant sur place, étant à l'époque le directeur du Département des Catastrophes Magiques, Peter avait accusé Black du meurtre des parents d'Harry avant de sortir sa baguette mais Black avait été plus rapide causant une terrible explosion qui dévasta la rue, tua douze moldus et détruisit littéralement Pettigrow ne laissant de lui qu'une robe de sorcier ensanglantée et des fragments dont le plus gros était un de ses doigts.
Black était alors resté là, riant aux éclats, avant d'être appréhendé sans résistance par les sorciers de la brigade magique et d'être envoyé à Azkaban où il était resté jusqu'à récemment alors que Pettigrow avait reçu l'ordre de Merlin, à titre posthume.

Finalement interrogé sur la santé mentale de Black Fudge admit à contre cœur que si la défaite de Voldemort avait fait perdre la tête à Black pendant un temps il avait été frappé, durant ses visites d'inspection à Azkaban et particulièrement la dernière en date, de constater à quel point Black avait l'air … normal, surtout comparé à la majorité des prisonniers qui habituellement perdaient rapidement la raison. Black avait même été jusqu'à demander au Ministre de lui donner son journal si il avait fini de le lire.

Visiblement les Détraqueurs ne semblaient avoir que peu d'effet sur Black.

Juste avant de partir le petit groupe spécula sur les projets de Black et notamment le risque qu'il tente de retrouver « Vous-savez-qui ».

Après leur départ Ron et Hermione se tournèrent vers Harry en silence, incapables de prononcer un mot, ne sachant que faire pour aider leur ami face à ces révélations fracassantes.

Finalement le jeune sorcier, toujours enveloppé dans sa cape d'invisibilité, quitta sa chaise.

_ Harry ? Demanda Hermione avec inquiétude.

Mais il ne lui répondit pas, en proie à de puissantes émotions et encore en état de choc suite à ce qu'il venait d'apprendre il s'éloigna sans un mot, quittant les Trois Balais pour disparaître dans la tempête de neige soufflant à l'extérieur (2).

XXXXXXXXXXXXXXXXXX

C'est en autopilote, sans trop se rendre compte de ce qu'il faisait ou de ce qui l'entourait, qu'Harry retourna au passage d'Honeyduke et reprit machinalement le tunnel vers Poudlard. Son esprit était bien trop occupé, presque obsédé, à rejouer encore et encore la conversation qu'il avait entendue au Trois Balais tentant difficilement d'assimiler les révélations fracassantes qui en ressortaient et de faire le tri dans le flot d'émotions qui en résultait.

La colère, essentiellement, mais aussi la frustration et la déception étaient les sentiments qui dominaient Harry. Apprendre que Sirius Black, sensé être le meilleur ami de son père, avait trahi ses parents et était en bonne partie responsable de leur mort le faisait bouillonner de colère et d'envie de vengeance, bien plus encore que le fait qu'il en ait maintenant après lui, mais ce n'était pas la seule chose qui le mettait en colère.

Encore une fois la vérité sur des événements passés, de son passé, lui avait été volontairement dissimulée. Tout le monde lui avait menti, ou du moins s'était bien gardé de lui dire la vérité à propos de Sirius Black. Qu'il s'agisse de Mr Weasley, du Ministre Cornélius Fudge, d'Hagrid, des professeurs de Poudlard, ou même du professeur Dumbledore, personne ne lui avait jamais rien dit sur Black, pas même quand il avait fait l'effort d'aller voir les professeurs McGonagall et Flitwick pour leur demander de lui parler de ses parents. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir trahi, frustré et déçu que personne ne lui ait rien dit.

Que croyaient–ils tous ? Qu'il ne serait pas capable de faire face à cette nouvelle ? Qu'il quitterait stupidement Poudlard pour tenter de retrouver Black tout seul ? Ou bien qu'il serait terrifié en apprenant la vérité ? Tous continuaient à le traiter comme un gamin malgré ce qu'il avait accompli au cours des deux dernières années, et le pire c'est qu'ils étaient certainement tous persuadés de faire ça « pour son bien » comme si ils pouvaient savoir mieux que lui-même ce qui était bien ou non pour lui.

Mais il y avait quelque chose de plus dans tout ça réalisa Harry en repensant à la façon dont Draco avait lâché railleries et sous-entendus à propos de Black.

Malfoy savait !

Et ça ne lui ressemblait pas de se contenter de vagues sous entendus, et de « si j'étais à ta place … » (3) et de ne pas en profiter pour faire son malin et être celui qui révélerait une nouvelle si pénible et douloureuse pour lui. La seule explication logique était qu'on lui avait interdit de lui dire, et Harry doutait que cela vienne de Rogue qui avait une dent contre lui à cause de son père. Non ! Cela ne pouvait venir que de Dumbledore.
Un élan de paranoïa poussa même Harry à se demander pendant un instant si Hermione était au courant et si elle aussi lui avait caché ces informations. Après tout elle avait lu une tonne de livres d'histoire qui parlaient du « Survivant », sûrement que dans l'un d'eux il devait être fait mention de Black et de son rôle dans la mort de ses parents.

Arrivé à Poudlard, Harry décida de ne pas retourner tout de suite à la tour des Gryffondors, il avait besoin de réfléchir au calme et il commença à arpenter au hasard les couloirs du château.

Harry ne savait plus trop à qui se fier, tout le monde semblait être partie prenante dans cette espèce de conspiration pour le maintenir dans l'ignorance, à commencer par les professeurs de Poudlard, même le professeur Lupin qui avait admis avoir connu ses parents et avoir été leur ami. Si c'était vrai, il ne pouvait ignoré la vérité à propos de Black ou du moins le fait qu'il avait été le meilleur ami de son père et il avait pris soin de garder le silence sur ce point.

Et puis il y avait Dumbledore, le professeur était au courant de tout et ne lui avait rien dit. « Encore une des choses qu'il ne veut pas me révéler » comprit Harry qui se sentait de retour en première année se rappelant de la discussion qu'il avait eu avec le directeur de Poudlard à l'infirmerie après avoir stoppé Quirrell. Encore que ? Dumbledore lui avait demandé de venir le voir, alors peut-être qu'il s'était enfin décidé à lui dire la vérité concernant Black.
« Mais il y aura mis le temps, et c'est certainement parce qu'il n'a plus le choix maintenant que Black rôde autour de l'école » réalisa Harry, la chape de silence dont Dumbledore semblait être le responsable ne tenait plus qu'à un fil et tôt ou tard quelqu'un aurait laissé échapper la vérité sur Black même si il n'était pas tombé dessus par accident comme c'était le cas.

Harry se rendit compte qu'il n'était pas en état, et n'avait aucune envie, de voir Dumbledore aujourd'hui comme il l'avait prévu. Il verrait cela demain quand il serait plus calme car pour l'instant il était trop en colère contre le vieux professeur qui semblait agir dans cette histoire comme une sorte de manipulateur même si ses intentions étaient sans doute bonnes à la base, et tout cela ramenait en mémoire à Harry les sous-entendus et les subtils mises en garde du Miroir contre le directeur de Poudlard.

Soudain Harry s'arrêta net.

Le Miroir ! Oric ! Lui aussi devait savoir tout ça avec sa connaissance du futur ! Et lui aussi ne lui avait rien dit !

Mais avant qu'il demande une explication à Oric la mise en garde du Miroir lors de leur conversation plus tôt lui revint brutalement en mémoire, les paroles du Miroir résonnant dans sa tête sans qu'il fasse le moindre effort pour s'en souvenir : « Ne crois pas tout ce que tu entends, les apparences peuvent être trompeuses et ce que croient les gens n'est pas forcément la vérité. » Lui avait dit Oric.

« Tu savais ! Tu savais ce qu'il allait se passer ! » Accusa mentalement Harry en se remettant machinalement à marcher.

« Bien sûr que je savais ! Au moment où tu as décidé de rejoindre tes amis à Près-au-Lard tu as repris la même route que dans le futur-qui-ne-sera-plus et les mêmes événements se sont reproduits vu qu'aucun changement majeur n'est encore intervenu. »

« Alors … Pourquoi ? » Voulut savoir Harry. « Pourquoi ne pas m'avoir prévenu ? »

« Cela aurait-il fait une différence ? Cela aurait-il changé ce que tu éprouves maintenant ? »

« … Non. » Admit le Survivant à contre cœur.

« La seule différence c'est la façon dont tu vas agir maintenant. Car c'est à toi, à toi seul, de décider de ce que tu vas faire avec ce que tu as appris. Je ne te donnerai pas plus d'informations ou de conseils sur ce sujet que je ne l'ai déjà fait. Cela fait partie de tes épreuves. » Conclut le Miroir avant de retomber dans le silence.

Harry fut tenté d'insister mais il y renonça devinant qu'Oric allait se murer dans le silence sur ce point. De plus Harry était loin d'être stupide et grâce à l'enseignement d'Oric il faisait plus attention aux détails et prenait plus le temps de réfléchir, aussi il avait bien pris note du « plus … que je ne l'ai déjà fait» qui renvoyait à la mise en garde du Miroir sur le fait de ne pas prêter une foi aveugle à ce qu'on pouvait entendre.

Harry prit une grande inspiration et expira profondément pour se calmer.

Si la mise en garde d'Oric concernait bien la conversation sur Black au Trois Balais alors cela voulait dire que tout n'était pas forcément vrai. Et cela était … troublant, quant aux implications …. Des choses à propos de Black seraient fausses ? Mais quelles choses ? Qu'est ce qui était vrai et qu'est ce qui ne l'était pas ? Que Black était l'ami de son père ? Qu'il était celui qui avait trahi ses parents ?

Le Miroir venait de faire passer Black de l'état d'ennemi haï à celui de puzzle à résoudre.

« L'histoire de Fudge ne couvre que les grandes lignes sans rentrer dans les détails, il faut que j'en sache plus que je vois si il n'y a pas des choses qui se contredisent, après tout madame Rosemerta semblait très surprise que Black ait rejoint le camp de Voldemort. Il va falloir que j'en parle à Hermione. » Décida Harry sachant que son amie était la meilleure quand il s'agissait de faire des recherches et de savoir comment trouver des informations sur un sujet.

Mais les réflexions d'Harry s'interrompirent quand approchant d'une intersection avec un autre couloir il entendit des voix, des voix chargées de moqueries et de venin.

_ Alors la Timbrée où elles sont tes créatures maintenant ? Hun ?

_ Ouais ! Ouais ! Tes bestioles imaginaires sont pas là pour te protéger !

_ Oui ! Et on n'en a marre de t'entendre délirer à leur propos ! Alors maintenant tu vas la fermer !

_ Bah ! De toute façon avec ou sans ça Loufoca restera toujours une débile mentale. Regardez un peu ça : elle organise ses devoirs n'importe comment ! Je suis sûre que c'est bourré de ses théories stupides. Fit une voix féminine avant qu'un bruit de papier déchiré se fasse entendre.

Toujours sous sa cape d'invisibilité, Harry s'approcha et jeta un coup d'œil sur le couloir adjacent pour voir ce qui se passait. La scène qu'il découvrit ne lui plu pas, pas du tout.

Une jeune fille aux longs cheveux blonds, qui appartenait à la maison Serdaigle d'après son écusson, se trouvait plaquée contre le mur, tremblante, ses affaires d'école éparpillées à ses pieds. Elle était visiblement au bord des larmes mais elle faisait des efforts pour se retenir de pleurer et pour dissimuler sa peur.
Autour d'elle se tenaient plusieurs autres élèves en arc de cercle, lui coupant toute voie pour s'échapper, comme une bande de prédateurs. Il y avait trois Serdaigles : un garçon et deux filles, dont une qui tenait un parchemin déchiré dans les mains, avec eux se trouvaient deux Serpentards, un garçon et une fille, de leur âge et un autre garçon de la même maison mais indéniablement plus âgé qui se tenait en retrait.

Ils s'amusaient visiblement à tourmenter la jeune Serdaigle qui, la tête basse, ne pouvait que supporter leurs railleries tout en retenant ses larmes et en murmurant à voix basse des réponses à leur provocations qu'Harry ne pouvait pas entendre.

Harry ne connaissait pas la plupart de ces élèves, qui semblaient plus jeune que lui, même si la Serdaigle sur qui ils s'acharnaient lui semblait vaguement familière. Mais en revanche il reconnut le Serpentard plus âgé. Il s'agissait de Miles Bletchley le gardien de l'équipe de Quidditch de Serpentard qui était maintenant en 6ième année. Et d'ailleurs l'autre garçon de Serpentard lui ressemblait vaguement, peut être un frère plus jeune ou un cousin.

Harry n'aimait pas ce qu'il voyait, il avait était suffisamment souvent la victime de harcèlement de la part de Dudley et de son gang pour ressentir une forte antipathie à l'encontre de ceux qui se comportaient de cette manière. Cela s'accompagnait d'un profond désir d'aider les victimes qui étaient soumises à ce type de violence, comme il aurait souhaité que quelqu'un lui vienne en aide quand il en avait été lui aussi la victime.
Toutefois son désir de s'intégrer, d'être accepté ainsi que les leçons qu'il avait apprises chez les Dursley : ne pas se faire remarquer et ne pas faire de vagues car cela lui attirait toujours des problèmes, tempéraient habituellement son désir d'intervenir dans ce genre de situation.

En temps normal ses amis auraient été avec lui, Hermione, outrée, serait intervenu prenant la défense de la Serdaigle et menaçant de tout raconter à un professeur et Ron, lui, voyant des Serpentard n'aurait même pas réfléchi et aurait foncé pour les confronter en parfait Gryffondor. Harry n'aurait pas eu alors à se poser de question, ni à réfléchir et aurait suivi ses amis dans la mêlée.

Mais dans les circonstances présentes les choses étaient moins simples, il était tiraillé entre son désir d'intervenir, ce que Hermione aurait sans doute appelé « une tendance à vouloir sauver les gens »(4) et ce qu'il avait « appris » de force au contact des Dursley. C'était même assez curieux et ironique réalisa-t-il qu'il ait été prêt à braver un troll pour sauver Hermione, le monstre de Serpentard pour secourir Ginny ou même qu'il ait osé affronter Quirrell pour l'empêcher de dérober la pierre philosophale mais que face à d'autres élèves, comme par exemple Malfoy, il hésitait à agir et ne se décidait finalement que quand les choses allaient trop loin ou sous l'impulsion de ses amis.

Néanmoins ses « sessions de psychothérapie » avec Oric avaient commencé à éroder les schémas comportementaux qu'il avait acquis chez les Dursley, sous l'influence du Miroir, lentement mais sûrement, Harry relevait la tête et commençait à mettre ses désirs personnels plus en avant.

Et aujourd'hui non seulement il était trop en colère pour se soucier des conséquences mais il avait aussi besoin de passer ses nerfs sur quelqu'un, et cette clique voulant jouer les gros durs et s'acharnant sur une petite fille seule lui donnait une occasion en or de faire cela.

Harry sortit sa baguette et la dissimula en partie dans la large manche de sa robe d'école avant de retirer sa cape d'invisibilité et de s'avancer vers la scène.

De plus près il reconnut la Serdaigle en mauvaise posture comme une seconde année qu'il avait déjà aperçue à plusieurs reprises en train de discuter amicalement avec Ginny, la sœur de Ron, ce qui renforça d'autant plus sa motivation. Ceux qui s'en prenaient à elle semblaient être de la même année à l'exception de Bletchley mais il remarqua également que si Bletchley était content de laisser les autres s'attaquer à la Serdaigle il s'amusait nonchalamment avec une baguette dans sa main gauche alors qu'il en avait une autre dans la main droite. Il était évident que le Serpentard avait pris la baguette de la jeune Serdaigle la laissant sans défense contre ses tourmenteurs.

Railleries et menaces continuaient à pleuvoir sur la Serdaigle et le jeune Serpentard qui ressemblait un peu à Bletchley la bouscula même, forçant la jeune sorcière à se plaquer encore plus contre le mur du couloir quand une voix chargée de colère retentit.

_ Laissez la tranquille !

Le groupe se retourna pour faire face à un Harry visiblement furieux qui les foudroyait du regard et plusieurs d'entre eux firent un pas en arrière soudain hésitants.

_ Dégages Potter, ça ne te regarde pas ! Lâcha Bletchley clairement mécontent.

_ C'est vraiment courageux de votre part de vous en prendre à 6 contre 1 contre une petite fille toute seule. Mais maintenant la fête est finie alors vous la laissez tranquille et vous dégagez. Ordonna Harry.

Le petit groupe de seconde année semblait indécis mais le Serpentard plus âgé qui les accompagnait ne se laissa pas démonter.

_ Je t'ai dit de ne pas te mêler de ça, ce ne sont pas tes affaires. Les secondes années règlent un problème entre eux alors fous nous la paix et va jouer au héros ailleurs. Rétorqua Bletchley.

_ Pas de chance pour toi Miles parce que j'ai décidé d'en faire « mon affaire », et si c'était vraiment un problème entre secondes années tu ne serais pas entrain de jouer avec cette baguette qui ne t'appartient pas ! Déclara Harry en s'approchant un peu plus se retrouvant à moins de trois mètres de Bletchley et son groupe. « Les coup bas et se mettre à plusieurs contre un c'est bien le style de l'équipe de Serpentard. »

_ On n'est pas sur un terrain de Quidditch, Harry, et tes petits amis ne sont pas là pour t'aider alors passes ton chemin si tu ne veux pas avoir des problèmes. Fit Miles en bombant le torse et en jetant un regard mauvais au Gryffonfor pour l'intimider.

Mais contre Harry, qui avait fait face à des choses bien plus dangereuses et intimidantes, ce genre de tactique était loin d'être efficace.

_ Je te le dis une dernière fois Bletchley, vous la laissez tranquille ou vous allez avoir des problèmes.

_ Ma parole tu te prends vraiment aux sérieux ? Malfoy a raison de t'appeler St Potter « défenseur des Sang-de-Bourbe et des Crackmol » et maintenant on pourra rajouter « d'une débile mentale à moitié folle ». Mais tu fais une grosse erreur, ici ce n'est pas Draco que tu as en face de toi. Contrairement à lui qui parle plus qu'il n'agit et qui se cache au moindre problème derrière son père, moi je n'aurai aucun problème à te remettre à ta place. Si tu crois que tu as la moindre chance contre un 6ième année comme moi tu te berces d'illusion sans compter que je ne suis pas seul. Même si ils ne sont que des secondes années mes petits camarades ici présents sont, ensemble, plus que capables de te donner une leçon. On est 6 contre l, alors montres toi intelligent et casses toi d'ici. Qu'est-ce que tu en penses Harry ? Finit le Serpentard sur un ton venimeux.

Il était clair que Bletchley ne reculerait pas, c'était une question de ne pas perdre la face contre un 3ième année devant sa petite bande de « minions ? », « sbires ? ». Et faire reculer « Harry Potter » lui vaudrait une sacrée réputation auprès de sa maison comprit Harry. De plus son petit discours semblait avoir remis du cœur au ventre aux secondes années, les garçons se tenant aux côtés de leur aîné et les filles légèrement en retrait. Les Serpentard semblaient presque enthousiastes à l'idée d'une confrontation même si les Serdaigles semblaient plus nerveux.

« Ok, donc je n'ai pas d'autre option que d'abandonner le petite Serdaigle ou de me battre. Tu ne me laisses donc pas le choix Miles. » Songea Harry.

Brièvement Harry se remémora les sorts qu'il avait récemment appris, ainsi que les conseils et les quelques stratégies que lui avait donnés le Miroir lors de leurs leçons. Il n'en était encore qu'au début de son apprentissage et en matière de combat il n'en était encore qu'aux bases mais Oric, qui n'était jamais avare de conseils pendant leurs séances, l'avait déjà préparé pour ce genre de situation mettant en avant les réactions à avoir et les réflexes à acquérir pour augmenter les chances de victoire.

Harry n'était pas toujours sûr que les « habitudes » que le Miroir tentait de lui inculquer étaient toutes bonnes à prendre car Oric était assez … impitoyable … dans sa manière de présenter les choses et dans les méthodes qu'il voulait voir Harry acquérir.

Mais en cette occasion s=ce furent les conseils du Miroir qui guidèrent et inspirèrent Harry qui devait reconnaître qu'à 6 contre 1 dont notamment un élève bien plus âgé ses chances n'étaient pas vraiment bonnes, en tout cas pas dans un combat loyal.

_ Tu veux savoir ce que j'en pense, Miles ? Commença Harry.

Mais il ne termina pas sa phrase ni ne laissa le temps à Bletchley de répondre. Au lieu de cela il dévoila sa baguette et dans le même geste lança son premier sort sans aucun avertissement alors que les leçons d'Oric lui revenaient en mémoire.

« Si un combat est inévitable frappe le premier car celui qui lance le premier sort a un avantage certain »

_ Obstupefio !

La baguette d'Harry produisit aussitôt un cône de lumière rouge pâle de presque trois mètres de long pour deux mètres de large à son extrémité centré sur Bletchley et avec lequel il balaya la plupart de ses adversaires.

Ce n'était pas dans les habitudes d'Harry d'être celui qui attaque en premier ou qui attaque par surprise mais le Survivant dut admettre que c'était très efficace !

Les trois Serpentards et l'une des Serdaigles se mirent à tituber, incapables de faire quoi que ce soit, complètement étourdis par le sort, alors que la jeune Serdaigle à qui ils s'en prenaient se recroquevilla au sol pour échapper à l'échange de sorts.

« Lancer des sorts en se déplaçant et viser juste est difficile, c'est une compétence qui s'acquiert avec la pratique et l'expérience. Par contre se déplacer d'un pas ou deux entre chaque sort, surtout au tout début du combat, est très efficace pour diminuer la précision des sorts adverses de plus il vaut toujours mieux avoir un bouclier contre les sorts de « zone » et ceux qui ciblent l'adversaire quelque soit ses tentatives pour esquiver. »

Harry fit aussitôt un pas chassé vers sa gauche tout en créant un bouclier magique, pas encore aussi solide qu'il le souhaitait, avec protego. Avec cette manœuvre il esquiva ainsi un sort de désarmement et friguttio, un maléfice mineur de bégaiement, lancés par réflexe avec des cris quasi hystériques par les deux Serdaigles qui avaient échappé au sort d'Harry.

« Face à un groupe d'ennemis, et surtout si ils se tiennent groupés, n'hésites pas à employer les sorts de zone de ton répertoire, même si ils ne font que les gêner ou les déconcentrer. »

Le jeune Gryffondor répondit aussitôt en utilisant glisseo, rendant le sol sous les pieds de ses ennemis extrêmement glissant. La plupart de ses adversaires qui étaient étourdis et avaient du mal à ne serait ce que tenir sur leurs jambes dérapèrent et se retrouvèrent au sol, deux des secondes années lâchant même leurs baguettes. Quant aux deux assaillants qui tentaient de faire feu sur lui, avec la panoplie de maléfices mineurs que la majorité des élèves de Poudlard de première et seconde année maîtrisaient, la fille faisant un pas de côté pour mieux le viser glissa et se retrouva sur les fesses, alors que le garçon, bien que conservant de justesse son équilibre, rata sa cible, son sort allant frapper le plafond.

« Les sortilèges sont … une base de travail, une matrice standardisée à qui l'on donne forme en utilisant notamment une incantation et des mouvements de baguette pour obtenir un résultat prédéfini et spécifique mais ces matrices sont formées par la volonté et l'esprit du sorcier et elles ont une certaine élasticité. Et donc avec de l'expérience et de la pratique et selon la puissance que l'on investit on peut exercer un certain contrôle sur un sort pour lui faire faire plus que ce qu'il est sensé accomplir. Bien sur certains sorts sont plus … malléables … que d'autres.»

_ Expelliarmus ! Cria Harry qui avait travaillé ce sort d'arrache pied au cours des dernières semaines.

Le sort de désarmement faisait partie de ces sorts qui étaient, selon Oric, assez malléables. Conçu à la base pour simplement arracher la baguette des doigts d'un sorcier on pouvait avec un peu d'entraînement non seulement priver un sorcier de sa baguette mais en plus faire en sorte que cette baguette vole jusqu'à l'utilisateur du sort de désarmement. On pouvait également en le « surchargeant », en utilisant bien plus de puissance magique que n'en demandait le sort, repousser brutalement la victime du sort en même temps qu'on lui arrachait sa baguette. Enfin on pouvait également altérer ce sort pour qu'il « attire » toutes les baguettes sur une courte zone.

Harry s'était entraîné pour pouvoir varier les effets d'expelliarmus de cette façon, il était encore loin d'y arriver parfaitement mais il avait déjà obtenu certains résultats. Son sort imparfait frappa l'ensemble des baguettes de ses ennemis et les attira à lui, même si c'était avec bien moins de force que si il l'avait employé de manière régulière contre une seule personne.
Les baguettes de ceux qui les avaient lâchées roulèrent d'elle-même jusqu'aux pieds d'Harry, la Serdaigle qui venait de tomber sur les fesses, prise par surprise, vit sa baguette lui échapper et les rejoindre tout comme celles de ceux qui étaient encore étourdis à l'exception de celle de Bletchley. Si la baguette qu'il avait prise à la Serdaigle lui échappa, il conserva sa propre baguette en resserrant machinalement sa prise dessus.
Harry n'avait touché le Serpentard avec son sortilège d'étourdissement que pendant un très court instant pour pouvoir atteindre le maximum de cibles, et si les secondes années avaient été pleinement affectés l'étudiant de 6ième année se montrait plus résistant, surtout avec une exposition aussi courte à ses effets, et il commençait déjà à se remettre.

Seul Bletchley et le garçon de Serdaigle étaient encore debout, une chose qu'Harry comptait bien changer.

« Un combat n'est terminé que lorsque tous tes adversaires sont non seulement privés de leurs baguettes mais également neutralisés et réduits à l'impuissance, d'une façon ou d'une autre. Même sans baguette un ennemi reste toujours un danger. »

_ Tarentallegra ! Locomotor Mortis ! Expelliarmus ! Expelliarmus ! Incanta coup sur coup le jeune Gryffondor.

Bletchley touché par le maléfice mineur vit ses jambes s'agiter de manière incontrôlable, en temps normal il aurait déjà été dur de rester debout mais sur une surface affectée par glisseo … Le Serpentard chuta lourdement mais il réussit en tombant à lancer au dernier moment un protego qui le protégea du sort de désarmement qui suivit. Le Serdaigle n'eut pas la même chance, ses jambes brusquement paralysées il fut touché par le sort suivant d'Harry et fut privé de sa baguette alors qu'il tentait de lancer petrificus totalus, et ne pouvant conserver son équilibre il se retrouva également au sol.

Le temps qu'Harry neutralise le dernier Serdaigle, Bletchley avait mis fin au maléfice des jambes folles dansantes dont il était victime et à l'abri de son bouclier il commençait à se relever.

_ Tu m'as pris par surprise et tu as eu de la chance Potter mais c'est terminé. Maintenant que je suis sur mes gardes il n'y a aucune chance que tu puis … Commença Bletchley avec colère mais il n'eut jamais la chance de finir ce qu'il avait commencé à dire.

« Ne parles pas durant un combat : attaques, car sinon tu offres une ouverture à ton adversaire. Si ton adversaire veut parler et t'offrir une opportunité c'est son choix, laisses le commencer et dès qu'il n'est plus totalement concentré sur le combat : attaques. »

_ Stupéfix ! Expelliarmus ! Petrificus totalus ! Enchaîna Harry.

Son sort de stupéfixion fut stoppé par le bouclier de Miles, mais déjà affaibli par le sort de désarmement qu'il avait déjà bloqué auparavant, et pas très bien lancé à la base, il céda. Le sort de désarmement suivant déroba sa baguette au Serpentard, l'envoyant tout droit vers la main libre d'Harry qui s'en saisit tout en repoussant suffisamment Bletchley pour qu'il glisse et tombe à la renverse. C'est rallongé sur le dos et sans défense que le maléfice de paralysie le toucha, bloquant ses jambes, plaquant ses bras contre son corps et l'empêchant de bouger ou de parler, le réduisant littéralement à l'impuissance.

Par acquis de conscience Harry lança plusieurs locomotor mortis, pour s'assurer qu'aucun de ses adversaires, y compris ceux pour qui les effets du son premier sort commençaient à s'estomper, ne puissent se relever ou tenter quoique ce soit.

Non qu'aucun des secondes années ait envie de prolonger ce duel, ils étaient tous estomaqués, même les Serpentard, de la facilité avec laquelle Harry les avait tous battu, y compris Bletchley. Les Serdaigles étaient tremblants et les Serpentard n'étaient guère mieux.

Le jeune Gryffondor se sentit assez fier d'avoir ainsi gagner sans trop de difficultés contre un aussi grand nombre d'adversaires et un élève bien plus âgé que lui, d'autant plus que le Miroir susurra dans son esprit : « Bien joué Harry. »

Harry se baissa alors et récupéra la baguette de la Serdaigle qu'il avait défendu et qui commençait à se redresser doucement. La regardant de plus près Harry se rendit compte qu'elle avait une allure un peu …bizarre. Elle portait des boucles d'oreilles en plastique en forme de radis ainsi qu'un collier fait de bouchons de bouteilles de Bièraubeurre, elle avait de grands yeux d'un bleu profond, légèrement globuleux, qui lui donnaient un air un peu halluciné et de longs cheveux blond. De plus il se dégageait d'elle comme un léger sentiment de folie douce.

« L'inspection » d'Harry, fut interrompue quand une des Serdaigles à terre l'interpella.

_ Que … Qu'est ce que tu veux Potter ? Laisses nous partir !

_ Oui laisses nous tranquille ou le professeur Rogue te fera récurer ses chaudrons jusqu'à la fin de l'année. Tenta de menacer le seconde année Serpentard.

_ Pas de problème si vous voulez qu'on parle de tout ça aux professeurs, je serai heureux d'expliquer au directeur Dumbledore comment vous vous acharniez tous les six sur une fille toute seule.

Cela provoqua des hoquets de surprise et de crainte, particulièrement chez les trois Serdaigles, visiblement aucun d'entre eux n'avait envie de faire face à Dumbledore après ce qu'ils avaient fait.

_ Maintenant fermez là ! Conclut Harry avec un regard noir qui fit se recroqueviller les secondes années.

_ Je suppose que ça t'appartient ? Demanda-t-il en tendant la baguette qu'il avait récupérée à l'étrange Serdaigle.

_ Ou-oui. Répondit elle timidement avant d'ajouter : « Tu … tu es Harry Potter ! » comme si il s'agissait d'une vérité absolue.

_ Heu … oui. Répondit Harry un peu surpris avant de demander : « Et toi ? Comment t'appelles tu ? »

_ Je suis Luna, Luna Lovegood mais comme tout le monde m'appelle Loufoca je suppose que tu peux aussi m'appeler comme ça si tu veux.

_ Heu … ce n'est pas vraiment gentil de t'appeler comme ça, non ? Je préfère t'appeler Luna … c'est bien plus joli. Expliqua Harry qui se sentait obligé de se justifier face au regard fixe, sans aucun battement de paupière que lui lançait l'étrange Serdaigle.

_ Oui, moi aussi je préfère Luna, c'est le nom que mon papa préfère me donner. Et les Nargles aussi aiment beaucoup ce nom.

_ D'aaaccord. Fit Harry en se demandant ce qu'étaient les « Nargles », visiblement Luna était un peu … excentrique. Mais ça ne justifiait en rien la façon dont le petit groupe en face de lui l'avait traitée.

Et d'ailleurs en ce qui concernait la petite bande de voyous …

Si le cas de Bletchley était un peu problématique pour la suite si il ne faisait pas attention il devait pouvoir régler facilement la situation avec les secondes années vu comment ils semblaient maintenant être sinon effrayés du moins fortement intimidés par lui.

_ Bon à nous maintenant. Dit il au groupe de secondes années. Je vais être clair, je n'aime pas ceux qui harcèlent et tyrannisent les autres comme vous l'avez fait ici, et je me moque de vos raisons. Ajouta-t-il quand une des Serdaigles ouvrit la bouche pour tenter de se justifier. « Luna ici présente est désormais sous ma protection, alors à l'avenir vous la laissez tranquille. Si un seul d'entre vous s'en prend encore à elle je serai bien moins gentil qu'aujourd'hui. Je vais vous libérer un à un et vous rendre vos baguettes, vous allez vous excuser faire demi-tour et partir, et sans rien tenter si vous êtes intelligent. Et toi ! » Indiqua-t-il en pointant de sa baguette la Serdaigle qui avait déchiré l'un des parchemins de Luna. « Tu vas ramasser les affaires de Luna que vous avez renversé à terre, les remettre dans son sac et le lui rendre. »

La jeune fille n'était pas vraiment contente mais face au regard dur d'Harry elle déglutit et acquiesça d'un signe de la tête.

Les secondes années obéirent sans faire d'histoire et avec une succession de finite incantatem, suivie par des « désolé » et des « excuse-moi » sans grande conviction les secondes années évacuèrent le couloir. Le dernier à partir, le garçon de Serpentard demanda : « Et pour Miles ? »

_ Moi et Miles on va avoir une petite discussion avant qu'il ne reparte. Répondit Harry.

Une fois seul avec Luna Harry lui demanda : « Est ce que ça va aller maintenant ? »

_ Oui, je vais aller rejoindre Ginny, elle doit m'attendre.

_ Tu es une amie de la sœur de Ron ?

_ Ho oui ! J'habite près du même village qu'elle et nous sommes amies d'enfance même si on s'était un peu perdu de vue après la mort de ma maman et qu'elle ne voulait pas être mon amie l'année dernière. Expliqua Luna. « Mais maintenant Ginny est mon amie, ma seule amie à vrai dire, les gens ici ne sont pas très gentils mais je suis persuadé que c'est à cause du conflit entre les Nargles, même si certains disent Nargole, et les Warckspurt, qu'on appelle aussi les Joncheruine. »

_ Heu … c'est possible ? Mais tout le monde n'est pas comme ça. Répondit Harry qui n'avait jamais entendu parlé de ces créatures. « En tout cas fais attention à Ginny elle a eu une dure période l'année dernière et je suis certain qu'elle a bien besoin d'une amie à qui parler. » Ajouta Harry en repensant aux terribles évènements de l'année précédente et en se promettant de vérifier comment allait Ginny et d'en parler à Hermione.

_ Est ce que … est ce que je pourrais te reparler … à l'occasion. Demanda timidement Luna.

_ Heu … Bien sûr. Pourquoi ?

_ Tu es gentil. Répondit simplement Luna. « Et à part Ginny je n'ai pas d'ami à qui parler, sauf les Nargles, mais ils ne veulent pas toujours me répondre. »

Harry trouva cela assez triste, Luna était peut être un peu excentrique mais elle ne méritait pas d'être isolée comme elle semblait l'être et pendant un instant il se vit à la place de Luna, elle semblait être dans la même situation que quand il était la victime de Dudley et de son gang.

_ Tu devrais essayer de te faire des amis dans les autres maisons, voir avec des élèves d'autres années. Conseilla finalement Harry pour tenter de l'aider.

_ Mais qui voudrait être ami avec « Loufoca » ? Demanda tristement Luna.

_ Heu … et bien … moi ? Avança Harry avant d'ajouter très rapidement. « Par exemple. »

_ C'est vrai ? Demanda Luna soudain pleine d'espoir.

_ Heu … oui ? Répondit Harry sans trop savoir dans quoi il s'engageait, mais du moins Luna semblait être une gentille fille alors pourquoi ne pas lui donner une chance de devenir ami ? Surtout avec la façon dont le Miroir le poussait à être plus sociable et les résultats positifs que cela avait donné jusque là avec Neville, Parvati et Lavande.

_ On peut passer un peu de temps ensemble … à l'occasion. Et voir si on s'apprécie et si on veut être ami.

_ Ho oui ! Ce serait vraiment bien ! Et j'espère vraiment qu'on deviendra ami ! Il faut que je rejoigne Ginny maintenant alors j'espère qu'on se reverra bientôt et merci pour tout Harry Potter. Déclara Luna avec un grand sourire avant de s'en aller à son tour, laissant Harry seul avec Bletchley.

Harry se retourna vers le Serpentard toujours paralysé, posant un pied sur sa poitrine il se pencha vers lui avec un sourire qui n'annonçait rien de bon.

_ Miles, Miles, Miles … il faut qu'on parle sérieusement. En fait je vais parler et toi tu vas écouter.

XXXXXXXXXXXXXXXXXX

C'est un Harry beaucoup plus détendu qui continua d'arpenter les couloirs de Poudlard alors que la fin d'après-midi approchait.

La petite altercation avec Bletchley et sa bande avait donné à Harry non seulement l'occasion de relâcher un peu de pression mais aussi de tester les résultats de son entraînement avec Oric. Et il était clair que l'instruction du Miroir était … efficace, car Harry doutait qu'il aurait pu atteindre, dans des circonstances identiques, un tel résultat avant sa rencontre avec Oric. En fait il doutait qu'il aurait pu sortir vainqueur d'une telle confrontation ou du moins pas sans une grosse dose de chance, mais ici c'est l'entraînement et les compétences qu'il commençait à acquérir qui avaient fait toute la différence.

Voir que les leçons d'Oric, et les efforts qu'il avait investis dedans, étaient payants avait booster le moral du jeune sorcier, ça plus l'excitation du combat avait détourné ses pensées du problème posé par Black. De plus il ne pouvait s'empêcher de sourire en repensant à la façon dont il avait réglé le problème posé par Bletchley.

Car Harry était déjà bien trop occupé entre ses cours, l'entraînement de Quiditch, le problème posé par les Détraqueurs, le danger posé par Black sans compter l'énigme qu'il était en train de devenir, et puis il y avait aussi tout ce qui concernait Oric. Le jeune Gryffondor n'avait vraiment pas le temps de surveiller constamment ses arrières contre des tentatives de revanche d'un Serpentard vindicatif plus âgé.

Et c'était bien ce que Miles Bletchley était. Et il ne faisait aucun doute vu son ego qu'il prenne très mal sa défaite face à Harry, surtout avec une bande de secondes années comme témoins, et ne cherche pas à se venger. Et franchement Harry n'avait pas besoin de ça cette année, avoir Malfoy pour lui casser les pieds était déjà largement suffisant, pas besoin de rajouter un autre Serpentard, plus vieux et certainement plus compétant que Draco.

Pour étouffer tout futur conflit il fit appel à son côté « Serpentard », ce mélange d'instinct de survie et de ruse qu'il n'employait que lorsqu'il n'avait pas d'autre choix et qui, comme l'avait pressenti le Choixpeau, se serait développé au sein de la maison Serpentard pour le guider vers la grandeur. C'était une chose qu'Harry avait volontairement troquée contre des amis et une vie « plus facile » dans la maison Gryffondor où il n'avait pas besoin de l'employer. Mais maintenant sous l'influence subtile du Miroir Harry réapprenait à l'utiliser.

Pour s'assurer que Bletchley les laisserait tranquille, lui et Luna, il avait eu recourt à un mélange de menace et de chantage.

Pointant que Miles faisait la même erreur que Draco : sous-estimer Harry, il avait jeté un doute dans l'esprit du Serpentard sur ses capacités à battre Harry, de plus il avait comparé Miles au monstre de la Chambre des Secrets et à Quirrell indiquant que le Serpentard faisait pâle figure face à ce qu'il avait déjà affronté et vaincu par le passé tout en suggérant qu'il s'était retenu face à Bletchley et pouvait se montrer bien plus dangereux.

Après ça il avait ajouté que quand tout le monde saurait ce qui s'était passé Bletchley serait la risée de l'école. Sur les conseils du Miroir qui indiqua que chez les Serpentards la position sociale, la « popularité », était très importante et dépendait en bonne partie des apparences, il ajouta que cela lui ferait aussi perdre tout prestige au sein de sa maison.

Profitant que Bletchley était à la fois incertain sur le fait d'être capable de prendre sa revanche sur Harry sans prendre de gros risques et préoccupé par le désastre potentiel pour sa position chez les Serpentards, y compris sa position dans l'équipe de Quidditch, que représentait sa défaite face au Gryffondor si cela venait à se savoir, Harry lui offrit une porte de sortie accompagnée d'une mise en garde.

… … …

_ … mais tu as de la chance Miles, je suis franchement débordé cette année et je n'ai pas de temps à perdre pour une autre vendetta, surtout avec Malfoy qui s'obstine à vouloir que je l'humilie et le remette à sa place régulièrement. Pointa Harry tout en lisant dans le regard de Bletchley et le léger crispement sur son visage que celui-ci repensait à la façon dont Harry avait ridiculisé Draco quelques jours plus tôt lui faisant à nouveau perdre son standing chez les Serpentards. « Alors tu vois je vais être sympa avec toi, si tu laisses Luna tranquille à l'avenir, et je le vérifierai, et que tu ne croises plus mon chemin à l'avenir, sauf sur le terrain de Quidditch, il n'y a pas de raison que notre petite « rencontre » ici ne reste pas entre nous. »

Voyant que Bletchley avait quelque chose à dire Harry leva le sort de paralysie tout en se reculant mais il conserva la baguette du Serpentard. Celui-ci se releva avec un regard mauvais mais étant à la merci du Gryffondor il ne tenta rien.

_ Ça ne marchera pas, ce genre de chose ne reste jamais secret à Poudlard.

_ En temps normal ? Peut être. Mais dès demain la majorité des élèves quitte le château pour les vacances et d'ici à ce qu'ils rentrent … Ho il y aura peut être des rumeurs, mais il n'y aura pas de scandale, pas si tu arrives à convaincre ta petite « bande » de juniors de ne rien dire. Et d'ici la rentrée ce sera de l'histoire ancienne … sauf si j'en parle ou que je confirme que c'est bien arrivé.

_ Lovegood ne se gênera pas pour tout balancer. Rétorqua Bletchley.

_ Ce soir ? Ça n'aura pas le temps de circuler et après les vacances ? Tu en connais beaucoup qui vont la croire surtout si je ne confirme rien ? Indiqua Harry. « Sans compter que tant que toi tu ne fais rien tout le monde pensera que ce n'est qu'une fausse rumeur mais si tu essayes quelque chose contre moi ou Luna ça reviendra à avouer que ces éventuelles rumeurs sont vraies. »

Bletchley semblait indécis aussi Harry ajouta : « Tu as le choix, tu peux te montrer intelligent, mettre ça derrière toi et éviter de te faire humilier et tout ce que tu auras à faire c'est nous ignorer, Luna et moi, ou tu peux tenter ta chance mais je te garantis que m'avoir comme ennemi est une mauvaise idée, une très mauvaise idée. »

_ D'accord. Accepta finalement le Serpentard.

Harry lui lança sa baguette et lança une dernière menace pour s'assurer que Bletchley n'ait pas de seconde idée sur ce petit arrangement.

_ Hey ! Bletchley ! Si il arrive quoi que se soit à Luna ou que tu tentes de me poignarder dans le dos. Je te promets qu'on aura un re-match mais cette fois je ne prendrai pas de gants et je m'assurerai que ça se passera devant toute l'école. Compris ?

Le Serpentard eut un reniflement méprisant mais on pouvait voir du doute et de l'appréhension dans ses yeux et il finit par hocher la tête avant de faire demi-tour et de quitter le couloir.

… … …

Encore une fois le Miroir l'avait congratulé pour s'être débarrassé aussi adroitement de ce qui aurait pu devenir un problème.

Bien sûr à aucun moment Harry ne se rendit compte du minuscule fragment de métal presque invisible dans la nuque de Bletchley, un fragment de métal qui provenait du Miroir et qui se trouvait là depuis l'arrivée d'Oric à cette époque. Le Miroir avait profité du Gryffondor qu'il avait possédé en arrivant pour « préparer les choses ». Bletchley comme plus d'une vingtaine d'autres élèves étaient sans le savoir devenus des pions qu'il pouvait assez aisément manipuler insérant des ordres et des directives dans leur esprit à leur insu. La plupart ne servaient que de vaisseaux pour transporter les fragments du Miroir vers leurs véritables cibles, ce qui se produirait dans la majorité des cas durant les vacances, mais quelques un, comme Bletchley, pouvait être employé ici, à Poudlard.
Car ce n'est pas par hasard qu'Harry était arrivé à ce moment précis pour trouver la jeune Luna en train de se faire harceler, même si Oric n'était pas à l'origine du harcèlement de Luna, ou de la participation de Bletchley, il s'était arrangé pour qu'une des attaques contre Luna se déroule à ce moment précis. De même qu'il avait guidé inconsciemment les pas du Gryffondor, il avait utilisé Bletchley comme une marionnette non seulement pour arriver à ce résultat mais aussi pour tester Harry.

La première partie du plan d'Oric s'était parfaitement déroulée et il était à peu près certain que ces évènements allaient attirer la jeune Luna dans le cercle d'Harry, lui permettant indirectement d'influencer la Serdaigle pour qui il avait des projets tout comme pour d'autres relations, présentes et futures, du jeune Harry (5).

Quand à la seconde partie du plan elle allait débuter sous peu.

Harry sortit de ses souvenirs pour se rendre compte que ses pas l'avaient conduit sans qu'il s'en rende compte dans une partie du château qu'il ne connaissait pas du tout. Il suivait pour l'instant un escalier en colimaçon qui s'enfonçait profondément dans les profondeurs de Poudlard.

Le jeune Gryffondor hésita en ressentant d'étranges et indescriptibles sensations, peut être était il temps de faire demi tour se demanda-t-il.

« Non, Harry. Tu devrais au contraire continuer. » Intervint mentalement Oric.

_ Pourquoi ? Tu sais où on est ? Voulut savoir le Survivant en se remettant à descendre lentement les escaliers.

« J'en ai une assez bonne idée. » Commença le Miroir. « Si tu te souviens de notre première rencontre je t'ai parlé des salles des Fondateurs pour décider d'un lieu où avoir notre « conversation ». J'ai également mentionné qu'une de ces salles était protégée par de puissants enchantements et ne se dévoilait qu'à ceux qu'elle choisissait, et que si je pouvais y accéder cela me prendrait un peu de temps. »

_ Tu veux dire que … ?

« Oui. Il semble que « le Nid d'Aigle » de Rowena Serdaigle ait décidé de nous ouvrir ses portes sans qu'il est besoin de les forcer. » Conclut le Miroir tout en omettant soigneusement le fait qu'il avait forcé ces portes avant sa rencontre avec Harry pour y laisser à l'avance quelques « présents » qui serviraient à tester et étudier les réactions du jeune Gryffondor face au pouvoir sans que ces « épreuves » ne semblent provenir du Miroir.

Harry arriva en bas de l'escalier et se retrouva face à de lourdes portes de métal qui étaient gravées du blason de Serdaigle : un aigle de bronze.

Il y avait également une inscription sur ces portes : « Si tu es prêt à payer le prix de la connaissance et à donner autant que recevoir le savoir, alors entres. »

« On doit être à la base de la tour secrète de Rowena Serdaigle qui est maintenue indétectable et invisible. » Estima Oric. « On dirait que le Nid d'Aigle t'a estimé digne d'accéder à la bibliothèque caché de Serdaigle. »

_ Et ça implique quoi ? Parce que d'après ces portes ça n'a pas vraiment l'air gratuit. Indiqua Harry un peu anxieux.

_ Déjà que tu as le choix d'y entrer ou non. Répondit Oric « à voix haute ». « Ensuite si ce que j'en sais est correct, si tu entres dans le Nid d'Aigle tu passes un contrat magique, tu auras accès à certains livres de la bibliothèque mais en échange tu devras en ajouter au moins un qui ne s'y trouve pas déjà avant de quitter Poudlard. C'est un moyen pour la bibliothèque de se maintenir « à jour ». Cela ne pose pas un gros problème et la bibliothèque te laisse le choix sur ce que tu y ajoutes comptant que tu feras de ton mieux. Il faudra en demander plus au professeur Flitwick, comme tous les directeurs de Serdaigle il en sait plus sur la Chambre de Rowena. En fait il doit y avoir d'obscures références dans : « l'Histoire de Poudlard » que je suis certain que ton amie Hermione arrivera à localiser. Si tu choisis de ne pas y entrer par contre il est probable que tu n'en retrouves jamais l'entrée. »

_ Et pour « le prix de la connaissance » ? Questionna Harry.

_ Le risque d'apprendre des choses que tu aurais préférer ignorer. Par contre il y a un avantage, les charmes autour du Nid d'Aigle sont sensés te « scanner » et déterminer un ou plusieurs livres qui recèlent les connaissances qui te seront les plus utiles. Bien sur ce sera ce que la bibliothèque estime qu'il serait bon pour ton futur de savoir et pas forcement ce que tu veux savoir. A toi de voir si ça t'intéresse.

Les étranges sensations qu'il avait ressenti devait être ce fameux « scan » réalisa qu'un peu hésitant il se décida à entrer, après tout ça n'avait pas l'air bien méchant, et puis il était assez curieux de voir la salle secrète de Serdaigle. Sans compter que ses leçons avec Oric avaient aiguisé sa soif de savoir et que Hermione le tuerait certainement si elle apprenait qu'il avait eu cette opportunité d'accéder à des livres qui devaient être rares et anciens, datant peut être même du temps des Fondateurs, et qu'il ne l'avait pas saisie.

Les portes s'ouvrirent sans problèmes et se refermèrent derrière lui alors qu'une multitude de gemmes lumineuses commencèrent à émettre de la lumière révélant qu'il était dans une tour, sans doute un peu moins large que celle des Gryfondors, avec un escalier en colimaçon en son centre qui semblait mener vers de nombreux étages. Les murs étaient recouvert d'étagères pleines de livres avec des thèmes gravés sur les étagères ou certains de leur rayons et si les autres étages étaient comme le rez-de-chaussée il devait certainement y en avoir bien plus que dans la bibliothèque de l'école. Il n'y avait pour tout mobilier que trois bureaux et deux canapés.

Sur l'un des bureaux il y avait un immense livre ouvert et en s'approchant Harry constata que son nom était inscrit en haut d'une page vierge accompagné de la date du jour suivie de la référence : 5ième étage, étagère D, troisième rayon.

_ Ça a l'air d'un registre magique. Je pense que tu es sensé monter au 5ième étage, Harry.

Harry traversa les étages qui semblaient être des copies conformes du rez-de-chaussée, arrivé à destination il s'approcha de l'étagère avec un grand D gravé tout en haut quand un livre épais et à l'apparence assez ancien se retira soudainement du troisième rayon avant de voler doucement vers lui et d'atterrir entre ses mains.

_ Heu … c'est tout ? Demanda Harry.

_ On dirait bien. Confirma Oric. « La bibliothèque de Serdaigle semble vouloir te prêter ce livre et je pense qu'il vaut mieux s'en contenter pour l'instant. Il est très, très, rare que des étudiants n'ayant pas déjà eu leur BUSE ou en train de les préparer y accède. Si le Nid d'Aigle souhaite ou estime que tu peux avoir accès à d'autres connaissances soit sûr que tu en retrouveras le chemin sans problème. »

Le conseil d'Oric semblait assez sage et Harry décida de le suivre, vu l'épaisseur de livre il lui faudrait de toute façon au moins plusieurs semaines pour le lire alors pour l'instant c'était largement suffisant … et puis l'heure du repas du soir approchait et les émotions de la journée y compris cette mystérieuse découverte lui avaient creusé l'appétit.

Juste avant de quitter le Nid d'Aigle Harry prit le temps de lire le titre du livre qui venait de lui être confié.

Sur la couverture il était inscrit : Le Grimoire des Ombres mineures.

XXXXXXXXXXXXXXXXXX

Hermione Granger était inquiète, très inquiète.

Elle avait passé une bonne partie de l'après midi à chercher son meilleur ami, Harry Potter, qui avait plus tôt dans la journée appris que Sirius Black, le tristement célèbre prisonnier d'Azkaban en fuite, qui était vraisemblablement à la recherche d'Harry pour le tuer, était non seulement son parrain mais aussi le traître qui avait livré les parents d'Harry au Seigneur des Ténèbres entraînant leur mort.

Hermione n'avait aucun doute que cette nouvelle avait fortement ébranlé Harry. Il avait quitté les Trois Balais sans un mot et elle ne l'avait pas revu depuis. Quand il était parti dissimulé par sa cape d'invisibilité il avait été impossible de le retrouver surtout avec la tempête de neige qui soufflait à l'extérieur. Hermione avait toute de suite voulu retourner au château mais son autre ami, Ron Weasley, l'avait convaincu d'attendre.

_ Tu connais Harry. Avait-il dit. « Dans ce genre de situation il préfère être seul. Laissons lui un peu de temps pour se calmer, il doit avoir regagné le dortoir. Avec ce qu'il vient d'apprendre il doit être furax pour l'instant et dans quelques heures il va certainement commencer à broyer du noir, c'est là qu'il aura besoin qu'on soit là. »

Les paroles de Ron avaient semblées assez logiques excepté qu'Harry n'était pas rentré à la tour des Gryffondors.

Hermione l'avait cherché ensuite partout dans le château pendant plus d'une heure sans le trouver et avait du finalement abandonner. La jeune sorcière avait appris récemment que quand Harry voulait être seul il était impossible de le trouver. Avec sa cape d'invisibilité c'était sans doute assez normal.

Après que Black ait pénétré dans le château à Halloween, Harry avait, pendant une bonne semaine, souvent disparu et il avait également été d'une humeur morose et sinistre. Son moral avait ensuite remonté après le match de Quidditch contre Poufsoufle malgré le résultat désastreux du à l'intervention des Détraqueurs, il était même allé jusqu'à fréquenter un peu plus d'autres Gryffondors comme Neville, Parvati et Lavande même si il lui arrivait encore de s'isoler une heure par ci par là, une chose qu'elle avait eu du mal à surveiller vu son emploi du temps chaotique et son usage régulier d'un retourneur de temps.
Mais Hermione avait été assez contente dans l'ensemble bien qu'un peu curieuse, car quoique Harry fasse pendant le temps où il disparaissait il en revenait généralement plus relaxé ou du moins plus calme et cela avait coïncidé avec un intérêt plus marqué pour son travail scolaire et une attitude plus sociale surtout pour lui qui avait du mal à s'ouvrir aux autres. La jeune Gryffondor n'allait certainement pas s'en plaindre surtout que cela lui avait permis à elle aussi d'apprendre à connaître plus d'autres membres de leur maison et de s'entendre mieux avec ses camarades de chambre.

Maintenant Hermione espérait que son ami n'allait pas rechuter dans la même humeur sombre qu'après Halloween et recommencer à s'isoler. Le pire c'est que si intellectuellement elle comprenait à quel point la découverte de la vérité au sujet de Black avait du blesser Harry elle n'avait aucun moyen de se mettre à sa place pour comprendre ce qu'il devait ressentir. Hermione avait toujours eu une famille heureuse et aimante autour d'elle, on ne lui avait pas arraché ses parents et elle n'avait pas eu à traverser toutes les épreuves qu'avaient connu Harry. Et donc elle ne savait pas comment faire pour l'aider et apaiser sa peine à part être là pour lui, ce qui n'était pas vraiment possible si Harry s'enfermait dans la solitude.

Alors qu'elle et Ron arrivaient à la Grande Salle pour le souper elle fut tirée de ses réflexions quand Ron lui dit : « Regarde il est là ! Je t'avais bien dit qu'il ne fallait pas s'inquiéter. »

En effet Harry était déjà installé à la table des Gryffondor occupé à feuilleter un livre assez épais … ce qui était quelque peu bizarre car c'était là un comportement inhabituel chez Harry en fait c'était plus le genre de chose qu'on se serait attendu à voir Hermione faire.

Les deux Gryffondors se dépêchèrent de rejoindre leur ami mais la présence de Percy assis non loin d'eux les empêchèrent de parler de ce qui s'était passé aux Trois Balais de peur d'attirer des problèmes à Harry. Sans compter que ni Ron ni Hermione ne savaient exactement comment aborder le sujet ou même quoi dire.

Hermione essaya quand même après que Ron ait mis les pieds dans le plat avec son tact habituel en lâchant : « Hey, mon pote ! Où est ce que tu étais passé ? On t'a cherché partout en rentrant de Près-au-Lard. »

_ Harry ! Est-ce que ça va ? Ajouta la jeune sorcière.

_ … J'ai connu mieux. Admit Harry après un moment d'hésitation. « Mais ça peut aller, j'ai exploré le château pour me détendre et j'ai … trouvé de quoi me changer les idées. Il y a aussi certaines … choses … dont j'aimerais vous parler et certains trucs pour lesquels j'aurais besoin de ton aide mais ça attendra demain parce que maintenant j'ai franchement besoin de me vider la tête. » Expliqua le Gryffondor avant de replonger dans son livre.

Hermione acquiesça aussitôt, soulagée qu'Harry semble prendre tout cela bien mieux qu'elle le craignait, ou du moins qu'il soit enclin à en parler avec elle, même si elle se demandait à quel sujet il avait besoin de son aide et surtout et plus important qu'est-ce que c'était que ce livre dans lequel il s'était déjà replongé et qui semblait si passionnant.

Le Grimoire des Ombres mineures avait en effet capté l'attention d'Harry et il était content de le parcourir car cela l'occupait et l'empêchait de repenser à Black et à la mort de ses parents.

Ce livre de magie était différent de tous ceux qu'Harry avait vus jusqu'à présent.

Déjà il ne portait pas sur un seul thème mais semblait être un mixte portant sur plusieurs sujets complètements différents, il abordait de plus des types de magies, des pratiques mystiques et des sorts dont Harry n'avait jamais entendu parler auparavant sauf pour quelques références qu'Oric avait faites.
En plus du fait que ce livre était clair et précis, donnant des informations générales sur un sujet, puis des renseignements plus spécifiques liés à des sous thèmes et un « mode d'emploi » détaillé des sorts, potions et autres pratiques magiques qui s'y trouvaient, il contenait également différentes sections sur une multitude d'actes magiques.
Ainsi il y avait un passage détaillant différents sorts à portée générale, un autre sur des charmes, des enchantements et une section sur des maléfices et des sorts de combat, puis on passait aux potions, suivi de pratiques magiques exotiques parmi lesquelles Harry reconnut le processus de transformation animagus. Ensuite il y avait des compétences mystiques qu'on pouvait acquérir avec de l'entraînement dont notamment l'occlumencie dont Oric lui avait déjà parlé, et après cela le grimoire continuait sur la magie rituellique qu'Harry ne connaissait pas du tout.
D'autres sujets suivaient encore dont un bestiaire qui évoquait des créatures magiques particulièrement rares parmi lesquelles Harry trouva les fameux Nargles ou Nargole dont Luna avait parlé.

Le repas se déroula heureusement sans incident bien qu'en silence pour le trio de Gryffondor.

Ron se concentra presque farouchement sur son assiette. Le Gryffondor était heureux qu'Harry semble aller « bien », même si le voir plongé dans un vieux tome poussiéreux était bizarre et pas exactement le genre de réactions habituelles d'Harry. Mais surtout il appréciait qu'il n'ait pas à devoir discuter de Black, ce qu'ils avaient appris aujourd'hui était non seulement troublant mais cela mettait Ron particulièrement mal à l'aise, d'autant plus qu'il ne savait vraiment pas quoi dire à son ami à ce sujet alors qu'il se doutait que cela avait du blesser Harry.

Hermione, elle, était un peu plus calme quelque peu rassurée sur l'état d'Harry même si tout cela et particulièrement ce mystérieux livre provoquaient chez elle une intense curiosité. Mais même si ses mains la démangeaient de mettre le main sur ce livre elle était contente de voir Harry s'occuper de manière constructive, après tout pour Hermione lire un livre ne pouvait qu'être constructif, plutôt que de broyer du noir dans son coin.

Harry occupé à survoler le Grimoire en sa possession tout en prenant une bouchée de temps en temps ne vit pas passer le repas même si il se rendit compte avec un certain amusement des regards en coin pleins de curiosité et avec même une pointe de jalousie que lançait Hermione à son livre.

De retour dans la salle commune des Gryffondors le trio n'eut pas l'occasion de discuter car les jumeaux Weasley avaient fait exploser une demi-douzaine de Bombabouses pour « saluer la fin du trimestre ». Ils durent se réfugier dans leur dortoir pour échapper à l'odeur mais juste avant, ayant pitié de son amie, Harry lui tendit le Grimoire avant de se préparer à suivre Ron dans leur chambre.

Les yeux d'Hermione s'agrandirent en lisant le titre de la couverture et quand elle tenta de l'ouvrir le livre resta obstinément fermé, pire, quand elle insista plus fort elle reçut une sorte de décharge électrique qui lui fit lâcher le Grimoire qui vola aussitôt jusqu'aux mains d'un Harry tout aussi étonné et surpris qu'elle, qui avait regardé la scène depuis la porte du dortoir des garçons.

_ Harry ! Qu'est-ce que c'est que ce livre ? Où l'as-tu trouvé ? Interrogea Hermione d'un ton choqué.

_ Heu … Commença le jeune sorcier peu désireux de faire face à Hermione en mode « inquisitrice » et de devoir lui parler du Nid d'Aigle maintenant, ce qui prendrait certainement une bonne partie de la nuit avant que la curiosité de la Gryffondor ne soit rassasiée. « Je t'expliquerai ça … demain ! Promis ! » Répondit Harry avant de bravement prendre la fuite pour se réfugier dans sa chambre poursuivi par les échos de la voix d'Hermione qui exigeait des réponses immédiates : « Ho non ! Restes là ! Tu n'as pas le droit de me laisser sans … »

_ Ça va Harry ? Demanda Ron depuis son lit quand il entra dans leur chambre.

_ Oui, oui, ce n'est rien. Juste Hermione qui voulait savoir un truc. Répondit le Survivant.

Arrivé devant son lit Harry regarda son coffre et fut tenté d'en sortir l'album photo que lui avait donné Hagrid. Là quelque part se trouverait certainement Sirius Black, le responsable de la mort de ses parents, rendant tout ce qu'il avait entendu encore plus réel et renforçant la colère qu'il éprouvait contre Black mais … Jusqu'à présent Oric avait toujours eu raison et il suggérait lourdement que tout ce qu'Harry avait entendu aujourd'hui n'était pas forcement vrai.

Finalement Harry préféra se coucher, il était inutile de se torturer sur ça maintenant, la journée avait déjà était suffisamment longue et riche en émotions. Demain il se mettrait en quête de la vérité, et si il découvrait que Black était bien un traître, et bien … le fait que Black voulait mettre la main sur lui deviendrait une bonne chose car avec l'aide d'Oric il ferait en sorte de rendre justice à ses parents décida Harry en plaçant le Miroir sous son oreiller pour la nuit comme à son habitude.

Et alors que le Miroir d'Orichalque se mettait à luire faiblement sans que quiconque ne puisse le voir, satisfait des évènements de la journée, Harry Potter s'endormit dans un paisible sommeil sans rêve (6).

A suivre …


Note de l'auteur : N'hésitez pas à poster vos commentaires/critiques/appréciations et idées ils sont les bienvenus, pour chaque chapitre, afin de m'aider, me donner des idées et m'encourager à poursuivre mon histoire. Pour les nouveaux lecteurs de cette histoire des reviews pour les chapitres précédents sont aussi les bienvenus.

NB : review in English are ok because I can read it easily.

1 : le lecteur reconnaîtra ici un passage repris du chap 10 « la carte du maraudeur » d'Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, avec quelques altérations mineures : la présence du Miroir cause un effet papillon mais pour l'instant cela commence tout juste à se faire sentir.

2 : ce passage résume la discussion qui couvre la fin du chap 10 « la carte du maraudeur » d'Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, pour plus de détails retournez lire ce livre que vous possédez sans doute déjà.

3 : référence au chap 7 « un épouvantard dans la penderie » de HP et le prisonnier d'Azkaban.

4 : Et elle l'a fait dans HP et l'Ordre du Phénix

5 : Mouwahahahahaha !

6 : contrairement au cauchemar éveillé rejouant l'histoire de Fudge à propos de Black et de sa trahison que l'on trouve dans le canon au début du chap 11 « l'éclair de feu ».

OoOXylionOoO : ce chap a été long à arriver mais j'espère que tu trouveras que ça en valait la peine et puis le prochain chap arrivera bien plus vite ( de toute façon ce sera dur de faire plus long ). Première rencontre avec Luna ( j'espère que tu aimes mon interprétation d'une Luna plus jeune en seconde année car c'est un personnage assez dur à écrire ), mais loin d'être la dernière même si c'est à partir de la 4ième année qu'elle sera plus présente.

ronald92, barkhan, alia00, Necromant70, canvan, Spike, luffynette et benji251 : merci pour la review, continuez à en laisser et n'hésitez pas à mettre des commentaires.

sheltan : ça va mener … assez loin, mais chut c'est un secret. Malfoy tentera quelque chose ( après tout il tente toujours quelque chose ) mais pas tout de suite car il doit d'abord rétablir sa position chez les Serpentards après son humiliation en public par Harry. Mais comme on le voit il n'est pas le seul Serpentard qui peut causer des problèmes ( même si Miles était un peu beaucoup manipulé ).

med : Si Harry va devenir plus puissant ce ne sera certainement pas de manière instantanée mais plutôt du style : « lente montée en puissance », même si Oric fait son possible pour speeder le processus. Quant à l'Archimage même moi je ne suis pas sur de son identité ( j'ai plusieurs possibilités selon la fin que je donnerai à ma fic ) alors n'hésites pas à spéculer et à donner ton avis sur son identité ( j'ai glissé plusieurs indices qui mènent à plusieurs possibilités ). Pour l'inspiration j'ai dans les grandes lignes la trame de mon histoire jusqu'au début de la 5ième année d'Harry alors ne t'inquiètes pas , il peut certes m'arriver de mettre longtemps pour écrire un chap ( surtout que j'alterne plusieurs histoires ) mais comme je déteste en tant que lecteur de voir un auteur lâcher en cours de route une histoire que j'aime c'est une chose que je suis bien décidé à ne pas faire.

Kapuis : Merci de remarquer mes efforts pour caractériser Dumbledore de manière réaliste sans en faire un saint ou un méchant ( après tout c'est ce qu'on découvre dans le canon : c'était un grand homme mais avec des défauts et qui a fait pas mal d'erreurs dans sa vie ). La relation entre Harry et Oric est complexe et doit se tisser petit à petit. Pour Lucrétia : oh oui, elle va avoir des « interactions » avec sa famille et ce sera plutôt houleux. Quand à Draco il est mauvais car c'est un enfant pourri gâté avec un ego démesuré persuadé qu'il a le droit de tout faire sans en subir de conséquences ( du moins si il ne se fait pas prendre ) et que tout le monde lui est inférieur, si il « s'amende » durant « les reliques de la mort » c'est qu'il a du faire face à une dose massive de réalité ( notamment ce que servir Voldemort signifie réellement ) qui a ébranlé ses convictions, ça et il a peut être aussi commencé à mûrir un peu et se rendre compte qu'il y a certaines lignes à ne pas dépasser si on veut continuer à se regarder dans un miroir (^_-). Pour le couple yuri ( du moins celui qui est pour l'instant certain ) il y a bien sur Lucrétia et … ( relis le chap 2 « le futur qui ne sera plus »). Je n'ai pas encore décidé d'un pairing pour Harry ( mais comme Oric verra d'un mauvais œil qu'une fille ait trop d'influence sur Harry il l'encouragera certainement à … expérimenter … plusieurs filles avant de se trouver une vraie petite amie ). J'espère que mon interprétation de Luna te plait ( prends en compte qu'elle est plus jeune que lorsqu'elle apparaît dans le canon ) pour l'instant. Changer le monde … on n'y est pas encore, laisses déjà le Miroir changer Harry. J'espère recevoir de toi une review pour ce chap ( et pour ma fanfic Buffy si tu l'as finalement lue car elle manque cruellement de review ).

Petit-dragon50 : comme tu peux le voir si Oric aide visiblement Harry il est aussi assez … manipulateur, et ne se gênera pas pour lui compliquer l'existence afin de le « tester ».

mortbleue : Merci pour la review ( j'espère que tu m'en laisseras d'autres ) et ne t'inquiètes pas je ne suis pas prêt d'abandonner ( et je déteste également quand un auteur arrête une bonne fic en cours de route ). J'ai tendance à détailler beaucoup je sais c'est même un peu un problème MAIS la plupart du temps c'est pour donner des éléments qui doivent apparaître ( au moins une fois dans l'histoire ), et j'ai beaucoup de mise en place à faire. Heureusement après la seconde part de ce chap les choses devraient accélérer un peu ( en fait je prévois entre quatre et six chap pour finir l'année ). Quand à ta théorie sur l'identité de l'Archimage : n'en sois pas si sûr, il y a … d'autres possibilités.

Enfin pour tous mes chers lecteurs une question qui pourrait devenir mon premier « polls » : Qui est l'Archimage ? Je me suis laissé plusieurs possibilités et selon son identité les fins possibles de cette fic sont radicalement différentes ( tout comme les plans du Miroir pour Harry ).

J'encourage aussi tous ceux qui ont apprécié cette histoire à lire mes autres fanfics : Impérium Aeternus ( qui a enfin été updaté ), ma nouvelle fanfic HP : Moi ! … Gilderoy Lockhart ? et surtout Buffy contre les vampires et la voie du Berserker ( qui a bien besoin d'une review, Buffy serait elle tombé en désuétude ? Mais croyez moi je pense que cette histoire vaut le détour car j'en suis assez fier ).

Merci d'avance à tous ceux qui me laisseront des reviews.