Bonjour à toutes et à tous !

Déjà presque trois semaines depuis la fin de Bienvenue à Phoenix High School. Avec l'emploi du temps que j'ai eu depuis, j'ai l'impression que ça fait trois mois !

Mes examens sont enfin terminés et me voilà en vacances. J'ai tout juste commencé à écrire Maybe Baby et je pense que je commencerai à la publier un peu plus tard que prévu …

Pour vous faire patienter, j'ai décidé de développer une autre idée. Ça ne sera pas une fiction du gabarit de BPHS. Le principe c'est que je mettrai le plus souvent possible de courts passages (environ 1000 mots).
J'espère que ça vous plaira et que vous pardonnerez mon retard !

Je vous présente donc Mademoiselle Swan et son premier « chapitre ».


Twilight et ses personnages appartiennent à Stephenie Meyer. Cette histoire et les modifications apportées au sujet d'origine sont entièrement miennes.

- Chapitre 1 -

- Docteur Cullen -

Octobre 1944 …

Depuis le débarquement, je ne sais que penser.

Ma vie a tout de même était bien chamboulée, peut-être plus que celle de n'importe qui d'autre d'ailleurs. Mais qui suis-je pour m'apitoyer sur mon sort plus que sur celui de mon prochain ?

Vivre dans un petit village de Normandie a été pour moi à la fois un malheur et une bénédiction.

Le débarquement des alliés annonçait la libération, la promesse d'un retour à la paix, à une vie normale.

Ils ont débarqué. Il y a eu des combats. Beaucoup de combats.

Jamais je n'oublierai la couleur rougeâtre du ciel et les bruits des coups de feu et des bombes. Toute la nuit durant ….

Jamais je n'oublierai le regard effrayé de ma mère à chaque fois qu'une voiture passait sur la route à proximité de la maison.

Jamais je n'oublierai ces sifflements à la fois discrets et assourdissant ; les cris de mes parents qui me poussaient vers la cave.

Jamais je n'oublierai l'explosion, assourdissante, soufflante, puissante, qui m'a envoyée voler contre les étagères presque vides de la réserve.

Jamais je n'oublierai la vision du corps de mes parents, totalement mutilés.

Eux n'ont pas eu le temps de se mettre à l'abris. Eux n'ont pas survécu à cette guerre. Le débarquement des alliés leur a apporté la liberté oui, mais sous la forme de la mort.

Mais encore une fois qui suis-je pour me plaindre ? Moi j'ai survécu, moi j'ai un avenir.

J'ai quitté ce qu'il restait de mon village et je me suis rendue là où on a bien voulu de moi.

A dix-huit ans, presque dix-neuf, en pleine guerre, une fille pas mariée et sans famille, je n'avais pas beaucoup de choix. C'est comme ça que je me suis retrouvée là où je suis aujourd'hui, comme infirmière à l'hôpital militaire.

Les blessés sont nombreux mais il n'y a plus tellement d'agitation. Tout c'est passé avant mon arrivée. Je ne suis là que pour changer les pansements des soldats et les aider à se remettre sur pied.

Au début la tâche fut rude pour moi qui n'ai jamais pu vider un poulet sans tourner de l'œil à la vue de son sang, mais avec l'habitude je m'en sors de mieux en mieux, et ce sont d'autres infirmières qui gèrent les grosses hémorragies. Elles et les médecins.

Et je risque de ne plus avoir à affronter beaucoup d'hémorragies avec le nombre de médecins qui nous arrivent aujourd'hui. Des Anglais et des Américains envoyés chez nous pour réceptionner les blessés qui seront envoyés à l'arrière des lignes.

Ils ont tous l'air si imposants et sérieux … et Anglais … Ils me rappellent un peu mon père.

« Infirmière ! »

La voix puissante du docteur Vauchel me sorti de mes rêveries. Rougissante, je m'approchai du groupe de médecins d'un pas hésitant.

« Hmm, oui docteur ? » Demandai-je timidement.

« Ayez l'amabilité d'accompagner ces messieurs pour un tour du propriétaire. Montrez-leur tout ce que contient cet hôpital de la cave au grenier. » Ordonna-t-il avant de commencer à s'éloigner vers les salles de soin. « Oh et indiquez son lit au docteur Grant, celui du docteur Martel, les autres seront dans le dortoir C. » Ajouta-t-il avant de me laisser seule.

Enfin … seule … j'étais toujours entourée de huit médecins qui semblaient attendre un quelconque miracle de ma part. Tous me fixaient avec attention, et c'est en rougissant de nouveau que je leur demandai - en bégayant - de me suivre.

Au rez-de chaussée, je leur montrai la première salle de soin, celle où les blessés étaient amenés à leur arrivée avant d'être déplacés dans différentes zones selon leurs blessures. Je passai ensuite à la petite pièce qui regroupait les fournitures médicales, leur indiquant que c'était normalement le rôle des infirmières d'aller leur chercher ici ce dont eux, médecins, avaient besoin. Je pointai du doigt le bureau du docteur Vauchel et les cuisines avant d'emprunter les escaliers.

Sur notre passage, les infirmières curieuses se tournaient afin d'observer un peu plus longtemps ces médecins étrangers. Les autres médecins de l'hôpital, eux, saluaient leurs collègues d'un signe de tête.

Au premier étage, j'indiquai les deux grandes salles qui pouvaient accueillir jusqu'à cinquante hommes chacune, puis les pièces plus petites destinées à la mise en quarantaine de ceux qui contractaient des maladies contagieuses.

Enfin nous arrivâmes au second et dernier étage du bâtiment. Je dirigeai le docteur Grant - un grand rouquin maigre à faire peur, ses lunettes lui glissant constamment sur le nez - vers le dortoir A où un des lits avait été libéré par le départ de son ancien occupant, le docteur Martel.

Après ça, je me rendis au dortoir C, le reste des médecins sur mes talons, afin de leur « assigner » leurs couchage.

« Voici le dortoir C. C'est ici que vous pourrez vous installer pendant votre … séjour. » Dis-je par faute d'un autre terme. « Les lits qui ne sont pas faits sont libres, installez-vous à votre guise. » Leur indiquai-je de ma voix timide.

Je les laissai s'installer, gigotant nerveusement dans le couloir. Je ne savais pas vraiment ce que je devais faire maintenant. Mon assignement était de leur montrer l'hôpital et de leur indiquer leurs chambres, mais que devaient-ils faire après ça ? Avaient-ils encore besoin de moi ou devais-je retourner auprès des blessés pour changer leurs pansements ?

Plusieurs médecins ressortirent de la chambret et passèrent à côté de moi comme si je n'étais qu'un simple meuble, répondant ainsi à mes questions. Il n'avaient plus besoin de moi.

Je me mis en route vers l'escalier pour rejoindre la salle de soins lorsqu'un des médecins m'interpella. Je me stoppai immédiatement et me tournai vers lui.

« Il y a un problème docteur … »

« Cullen. » Compléta-t-il dans un français parfait, son accent anglais à peine perceptible. « Mon frère et moi ne résidons pas à l'hôpital. Savez-vous où nous pouvons poser nos sacs en attendant la fin de notre garde ? » S'enquit-il.

« Je pense que le docteur Vauchel ne verra pas d'objection à ce que vous les laissiez dans son bureau. » Répondis-je.

« Je vous remercie mademoiselle. » Me salua-t-il avant de retourner vers le dortoir que je venais d'indiquer à ces collègues.

Moi, je repris mon chemin vers la salle de soins.