Pour la scène finale, je vous conseille d'écouter Avril Lavigne "I'm with you" ça met super bien dans l'ambiance :)

CHAPITRE 3 : Les Cullen, les Bennett et Jacob au pays des Merveilles

Lorsqu'ils arrivèrent devant la maison, Bella n'était plus là, sans doute rentrée à l'intérieur.

- On ferait mieux de rentrer pour attendre les autres, conseilla Jefferson en s'avançant dans l'allée.

Jacob marcha juste à côté de lui, Edward derrière. Jefferson sentait quelquefois le regard du loup-garou pesant sur lui, et il se demanda ce que celui-ci pouvait bien avoir en tête. Les sentiments qu'il avait ressenti durant le pseudo-baiser avaient disparues et il n'osait regarder son allié dans les yeux, de peur de voir ressurgir ces émotions. Dans ce cas, il ne pourrait pas se contrôler et lui sauterait dessus pour l'embrasser. Il n'avait pas remarqué tout à l'heure à quel point Jacob dégageait de la chaleur, il marchait à côté d'un radiateur.

Lorsqu'ils entrèrent, ils virent Bella, assise sur le canapé avec Evan. Elle avait l'air plutôt gêné car il devait lui poser des questions un peu trop personnelles. Jefferson intervint :

- Bella, Papa ! Vous discutiez à ce que je vois. Nous revenons de l'entrainement.

- Si tôt ? s'étonna son père.

- Oui..., hésita Jefferson, nous avons eu un... accroc.

Bella se redressa et regarda Edward. Elle marcha vers lui, et l'enlaça. Elle lui murmura quelque chose que Jefferson n'entendit pas car il reprit la parole :

- Où sont les autres ? demanda-t-il à son père.

- Les Cullen s'entraînent à l'endroit où ils jouent au baseball. Ta mère, tes frères s'entrainent dans la forêt.

Il ne demanda pas quel était l'accroc que nous avions eu. Nous nous assîmes et attendirent les autres. Evan parla du Pays des Merveilles à Bella qui était curieuse d'en savoir plus. Il lui raconta la première fois qu'il y était entré : à quel point ce pays lui avait semblé déroutant, fou et illogique. Il lui parla de la Reine Rouge et de sa grande armée qui avait déjà vaincu de nombreuses fois à travers le Pays des Merveilles.

Les Cullen et le reste de la famille Bennett arrivèrent.

- C'est bon. Nous sommes tous prêts, annonça Carlisle.

- Nous aussi, compléta Jackson.

- Bien, dit Edward en se levant, nous allons donc y aller. Quelqu'un doit rester avec Bella.

- Edward ! protesta celle-ci. Je veux venir avec vous !

- Tu n'imagines pas le danger qu'il y a là-bas, répliqua-t-il.

- Mais...

- Tu n'iras pas, Bella, poursuit-il sur un ton strict et froid à glacer le sang, si je dois t'attacher, je le ferais.

Elle le regarda dans les yeux. Vu le ton qu'avait appris Edward, elle savait qu'elle ne pourrait pas le faire changer d'avis. Elle baissa alors la tête, triste. Il l'embrassa sur le front.

- Nous serons de retour dans la minute qui suit. Et ce n'est pas un euphémisme. Le temps là-bas n'est pas du tout le même, il est déréglé. Tu nous verras traverser le miroir tous ensemble, et nous en reviendrons quelques minutes après.

Bella l'embrassa, se sentant un peu plus rassurée.

- Le clébard, continua-t-il à l'adresse de Jacob, tu restes ici et tu la protèges.

Jacob sursauta comme s'il avait pris une douche froide. Il ne pouvait pas rester ici avec Bella, il voulait aller là où serait Jefferson. Même s'il désirait que Bella soit en sécurité, il ne pouvait pas. Il était prêt à riposter lorsque Jackson prit la parole :

- Moi, je veux bien rester, ses pouvoirs de loup-garou vous seront plus utiles que les miens.

Edward fronça les sourcils en le regardant, essayant de lui faire comprendre qu'il ne voulait pas de Jacob comme allié au Pays. Mais Jackson fit semblant de ne pas avoir remarqué. Edward se résigna alors, préférant quand même laisser Bella avec Jackson, en qui il avait confiance, plutôt qu'avec Jacob, même s'il savait que ce dernier la protégerait aussi bien.

- Très bien, souffla-t-il. Merci, Jackson.

Dana souleva le miroir et le posa à plat sur le sol, prenant bien garde de choisir une zone de la pièce où il y avait un assez large périmètre vide. Elle sortit comme une petite bourse de la poche intérieure de sa veste. Elle l'ouvrit et prit une pincée de ce qui ressemblait à du sel pailleté. Elle la versa sur le miroir puis ferma les yeux et prononça une incantation. Il y eut comme des vagues à la surface du verre ; en vérité c'était le verre qui s'était transformé en vagues. La moulure commençait à s'agrandir, tirant sur les vagues qui se faisaient de moins en moins hautes. Enfin, le miroir atteignit une certaine largeur qui leur permettait de tous passer en même temps, les vagues n'étaient plus que les remous d'un fluide blanchâtre.

Ils se réunirent tous alignés devant le miroir. Edward donna un baiser passionné à Bella, ils restèrent un moment front contre front, puis il alla rejoindre les autres. Bella et Jackson les regardèrent sauter dans le miroir, Bella plus rongée par l'inquiétude que jamais.

Comme c'était bizarre de passer à travers le miroir ! Jefferson eut l'impression de plonger dans une piscine à température tiède, et de la traverser. Il regarda ses vêtements, une fois l'avoir traversé complètement mais ceux-ci étaient totalement secs. Jacob tombait avec lui dans un précipice. Et quel étrange gouffre : la gravité leur y sembla nulle, c'était comme flotter sur la Lune, mais ils tombaient comme s'ils faisaient une chute sur la Terre, excepté qu'ils ne ressentaient aucune sensation. Des meubles flottaient autour d'eux, Jefferson dut même utiliser son pouvoir pour déplacer un meuble, sur lequel il allait s'écraser. Il se rendit compte que les autres avaient le même problème, il fit constamment marcher son don pour écarter les objets de leur passage. Grâce à ses entrainements intensifs dans sa chambre pendant des heures, il pouvait tenir assez longtemps. Ils leur semblèrent qu'un quart d'heure s'était écoulé lorsqu'ils aperçurent le fond du gouffre au loin. Jefferson commençait à éprouver de grandes difficultés à garder sa concentration et fut soulagé de voir que son calvaire serait bientôt terminé. Ils se préparèrent à la chute, mais le sol arriva plus vite à leurs pieds plus vite que prévu, comme si on avait augmenté leur vitesse tout à coup. La chute ne fut pas brutale, ce qui les surprit. Ils n'atterrirent pas non plus en douceur mais presque. Ils se relevèrent et observèrent la pièce dans laquelle il se trouvaient. Le gouffre avait disparu quand Jefferson regarda au plafond qui était d'ailleurs assez haut. Ils étaient à présent dans une pièce à la tapisserie en damier noir et blanc. Au milieu de cette pièce, se trouvait une table sur laquelle un flacon avait été posé (ou était apparu).

- Fiou ! J'ai cru que ce tunnel n'aurait jamais de fin, soupira Emerson.

Déjà Edward s'approchait de la table, voulant examiner le flacon de plus près.

- Non ! cria Emerson à l'adresse d'Edward.

- Qu'y a-t-il, Emerson ? demanda Edward, stoppant son geste vers le flacon.

- On ne sait jamais, on va d'abord savoir ce que ce flacon a à nous dire.

Le pouvoir d'Emerson consistait en l'animation des objets. Il pouvait donner vie à n'importe quoi qui ne vivait pas. Il tendit la main vers le flacon. Soudain, ce dernier se mit à tortiller et à se courber dans tous les sens, rendant sa matière molle. Une bouche se dessina juste en-dessous du bouchon.

- Qu'est-ce que vous me voulez donc ? gémit le flacon, dans une voix criarde.

- Nous voulions juste vérifier que tu n'es pas dangereux, lui répondit Edward.

- Moi dangereux ? Je suis une fiole. Mais pas de poison, voyons. Celui qui me boira verra sa taille grandir... ou diminuer.

- Et pourquoi voudrions-nous te boire ?

- Parce que sans moi, vous ne pourrez pas passer la porte.

- La porte ? s'étonna-t-il, en fronçant les sourcils.

Tout le monde chercha des yeux une porte et ne la trouvèrent pas. Seul Jefferson eut l'idée de regarder vers le sol. Il vit une petite porte, à peine plus haute que vingt centimètres, avec une poignée en or.

- Regardez, s'écria Jefferson, en leur indiquant la porte du doigt.

- Ah, d'accord, commenta Evan. Elle est vraiment petite.

- Et comment savoir si vous me rétrécirez au lieu de me grandir ? demanda Edward à la fiole.

- Eh bien, vous avez une chance sur deux, lui répondit-elle Alors, buvez-moi et ne m'importunez plus, ajouta-t-elle sur un ton plus sec.

- Bien. Je me lance, annonça Edward. Cette fiole n'a pas l'air dangereuse., ajouta-t-il en voyant l'inquiétude de ses alliés.

Personne n'objecta. Jefferson avait déjà essayé de faire voler la porte en éclats mais elle était apparemment protégé contre sa magie. Edward prit donc le flacon en main. Il la déboucha et sembla attendre qu'un nuage de fumée s'en échappe, mais il n'en fut rien. Il porta le flacon à sa bouche et but une très petite gorgée. Il reposa la fiole sur la table et attendit. Jefferson eut d'abord l'impression que lui-même rapetissait mais au contraire : Edward grandissait à très grande vitesse. Sa croissance s'arrêta lorsque sa tête toucha le plafond, il faisait à présent au moins quatre mètres de haut !

- Qu'est-ce que je fais maintenant ? demanda-t-il en essayant de masquer le semblant de panique qu'il y avait dans sa voix.

- Eh bien, il y a un assez gros gâteau qui vient d'apparaître sur la table, à mon avis tu dois le manger, conseilla Alice.

- Evan, Dana, vous ne pouvez pas le faire rapetisser grâce à la magie ? proposa Carlisle.

- J'ai déjà essayé, Carlisle, mais c'est comme la porte, nous ne pouvons pas user de notre magie sur certaines choses dans cette pièce.

- Lévite le gâteau jusqu'à moi, s'il te plaît Jefferson, dit Edward.

Jefferson se concentra. Il le souleva à la hauteur de sa tête et regarda où se situait la tête d'Edward, il propulsa ensuite le gâteau en ligne verticale. Edward l'attrapa et prit une petite bouchée qu'on pourrait comparer avec la petite gorgée. Il rapetissa très vite et retrouva sa taille initiale.

- Il faut manger une miette chacun, dit Carlisle.

Jefferson prit une miette du gâteau et l'avala. Il rapetissa jusqu'à avoir la taille pour accéder à la porte. Lorsque Carlisle parla de nouveau, il l'entendit très fort et dut presque se boucher les oreilles :

- Emportons la bouteille avec nous, conseilla Carlisle, nous reprendrons ainsi notre taille normale après avoir passé cette porte.

Il posa la fiole à côté de Jefferson. Celui-ci faisait deux fois la taille de la fiole. Les autres avalèrent leur miette et rapetissèrent à la même taille que Jefferson. Jacob se rapprocha de lui.

- Tu veux que je porte la fiole ou tu peux la faire léviter ? demanda-t-il, regardant Jefferson dans le fond des yeux, comme d'habitude.

- Je préférerais que tu la portes, j'ai de plus en plus de mal à me concentrer à cause de l'exercice du gouffre.

A peine Jefferson lui avait demanda s'il voulait bien prendre le flacon que Jacob s'exécuta, comme s'il était sous ses ordres. Les autres ne le remarquèrent pas. Jacob fit un léger clin d'œil à son aimant humain et attrapa le flacon là où le périmètre était le plus petit. Ils avancèrent vers la porte et Emmett tourna la poignée. La porte s'ouvrit normalement, sans bizarrerie. Ils s'empressèrent de passer de l'autre côté. Une fois tous passés, Emerson ferma la porte et s'empressa de rejoindre les autres autour du flacon. Ils ne s'étaient pas encore donné la peine de regarder ce qui les entourait. Il burent tour à tour une petite gorgée de la fiole qu'ils soulevèrent sans problème grâce à leur force surhumaine. Une fois qu'ils eurent retrouvé leur taille initiale, Jefferson s'aperçut qu'ils se trouvaient au milieu d'une sorte de désert au sable roux. Un peu plus loin, un dodo était assis sur un rocher de la même couleur que le sable et fumait une pipe. Lorsqu'ils s'approchèrent de lui, le dodo sursauta au son de leurs pas, tourna la tête et eut une expression de surprise sur le visage.

- Il y a bien longtemps que des étrangers ne se sont aventurés en ces lieues ! s'exclama le dodo, d'une voix nasillarde.

- Bonjour Monsieur Dodo, salua Evan, pourriez-vous nous indiquer le chemin pour nous rendre chez la Reine Rouge ?

- La Reine Rouge ? s'esclaffa le dodo. Vous désirez vous rendre au château de la Reine Rouge ?? A mon avis, vous ne serez pas très bien reçus...

- Contentez-vous de nous indiquer le chemin, je vous prie, coupa Edward.

Le dodo regarda Edward d'un air dédaigneux. Il sauta de son rocher et s'appuya sur sa canne pour marcher. Il s'avança vers un pilier en roches qu'il tapota avec sa canne. Une porte s'ouvrit alors dans le vide, là où on voyait toute l'étendue du désert auparavant.

- Merci, monsieur Dodo, remercia Carlisle. Si vous le voulez, vous pourriez nous accompagner pour ne plus vous ennuyer, seul dans ce désert.

Le Dodo réfléchit un instant.

- Ma foi, c'est vrai. Les étrangers pourront très bien taper à la porte pour l'ouvrir.

Ce que dit le Dodo parut insensé à Jefferson. Il n'y avait pas de support dur où taper, uniquement de l'air et le désert. Mais il se rappela qu'il était au Pays des Merveilles...

Il passèrent la porte. Une fois passés, le Dodo referma derrière lui et la porte disparut. Il se trouvaient à présent dans une forêt très dense. Elle était très belle avec des arbres de toutes les couleurs avec une dominance pour les verts. La forêt semblait avoir poussé sur une colline, la pente n'était pas très raide. Mais elle était très longue.

- Nous devons franchir cette colline, les informa le Dodo, de l'autre côté devrait se trouver le château de la Reine Rouge. Je vous préviens, les deux obstacles majeurs que vous allez avoir à affronter sont la fatigue et les créatures. Moi je ne ressens pas la fatigue, par contre je vous serais gré de bien vouloir assurer ma protection, je ne possède pas d'arme particulière, j'ai juste le pouvoir d'allumer un feu de camp.

- Et qu'est-ce qu'il y a comme genre de créatures ? demanda Emmett. J'espère qu'il y a des ours !

- Je ne connais pas telle créature. Sur cette colline, il y aura des lapins géants, je crois que le Chapelier Fou vient y faire un tour de temps en temps – on a un peu levé sa malédiction de l'heure du thé, il peut désormais se balader comme bon lui semble mais doit revenir avant quatre heures, bien entendu il est toujours en retard car la pendule indique toujours quatre heures, une situation assez ambigüe pour notre chapelier – pour cueillir quelques plantes. Le champignon de la Chenille a peur poussé ici aussi, il se peut que vous la rencontreriez. Le chat de Cheshire, quant à lui, traîne n'importe où à travers le Pays, il fera donc plusieurs apparitions, je suis même étonné qu'il ne se soit pas encore montré, curieux et amusé par les touristes comme il est. Ah oui ! J'allais oublié, des créatures hautes de quatre mètres semblables à des arbres sur pattes, appelées les Dracos, se baladent un peu partout, et elles ne sont pas très hospitalières, mais si vous leur offrez un goûter elle vous pardonneront sans doute d'avoir troublé leur sommeil. Si vous croisez le Chapelier à ce moment, il vous sera d'un grand secours !

- Leur sommeil ? s'étonna Jacob. Elle ne se baladent pas alors ?

- Si, c'est exactement ce que j'ai dit.

- Ne cherche pas, ils sont tous illogiques ici, lui chuchota Jefferson.

Jacob frissonna lorsqu'il sentit le souffle de Jefferson contre son oreille. Ce dernier eut également du mal à ne pas rester collé à son aimant humain. Il reprit sa position à côté de lui à contrecœur.

- Bien, ne perdons pas de temps, et commençons la... randonnée, dit Evan.

Ils commencèrent à marcher. Aucun d'entre eux ne souffrirait de la fatigue, puisque tous avaient une plus grande endurance qu'un humain normal. Jefferson savait cependant qu'ils ne pourraient plus marcher lorsque la nuit tomberait, de plus celle-ci arrivait à n'importe quelle heure, sa durée était irrégulière et il pouvait y avoir plusieurs nuits sur une courte période. Et lorsque la nuit tombait sur le Pays, on ne voyait plus rien du tout. Ils suivait un petit chemin tracé parmi les arbres et ne rencontraient pas encore de créatures. Trois ou quatre fois, ils crurent entendre un hurlement. Le dodo les informait alors qu'un Draco se réveillait

Ils n'avaient pas marché une heure, que déjà une nuit tomba.

- Il faut s'arrêter, le noir est total durant la nuit, au Pays des Merveilles, les informa Evan.

Jefferson aperçut une petite grotte au loin.

- Là-bas ! Regardez ! Une grotte ! s'exclama-t-il.

Ils le suivirent jusqu'à la caverne.

- Rassurez-moi, monsieur Dodo, dit Evan, une fois arrivés devant l'entrée, il n'y a pas de créature bizarre là-dedans ?

- Non, je ne pense pas mais je vais quand même y aller faire un tour en premier, proposa-t-il aimablement. Toutes les créatures m'aiment bien, en général !

Il s'engouffra dans la grotte. Tout le monde retint son souffle, guettant le moindre bruit suspect. Une minute plus tard, Dodo réapparut.

- Il n'y a absolument rien là-dedans, annonça-t-il.

Tout le monde déstressa. Ils entrèrent en file indienne, Jacob et Jefferson en derniers. Emerson utilisa son pouvoir : il alluma une boule de feu dans sa main. Elle éclairait très loin et ils purent voir le fond de la grotte – la grotte faisait une vingtaine de mètres de long, un mètre de largeur pour l'entrée et conduisait après à une petite « pièce » circulaire. Le plafond montait au fur et à mesure qu'ils avançaient. Ils commencèrent à arriver dans la petite salle circulaire. Lorsque Jacob et Jefferson voulurent entrer à leur tour, une barrière invisible d'abord se forma, puis la barrière se rendit visible : elle ressemblait au fluide du miroir dans lequel ils avaient sauté pour pénétrer dans le Pays.

- Euh, il y a, comme qui dirait, un léger problème ici, dit Jefferson.

- Mince ! s'écria Evan. Que se passe-t-il, monsieur Dodo ?

- Je ne sais pas. Vous semblez bien surpris. Ah, c'est vrai, votre monde est si illogique et plat ! Il n'y a jamais rien d'inattendu qui s'y passe ! Traversez ce passage, messieurs, vous nous rejoindrez plus tard, ce n'est pas bien grave.

- Papa, je dois le traverser selon toi ?

- Nous pouvons faire confiance à monsieur Dodo, intervint Carlisle. Il connaît mieux que nous son monde.

- Oui, ils ont raison, Jeff, affirma Evan. Traverse, sois prudent, je ne pense pas qu'il y ait quelque chose de vraiment dangereux derrière. Nous essaierons tous ensemble de te joindre par télépathie.

Jefferson acquiesça et toucha une fois de plus le fluide, et cette fois-ci pouvait le traverser. Il passa alors de l'autre côté, suivi de près par Jacob. Le passage disparut une fois que Jacob l'eût traversé. Ils se trouvaient sur une espèce de plate-forme ronde, tout autour d'eux n'était que ténèbres. Jefferson essaya de regarder s'il y avait de la matière ou du vide en-dessous d'eux mais n'arriva pas à deviner d'un simple regard. Leur plate-forme semblait éclairée comme par magie. Un peu plus loin, il y avait une autre plate-forme où était planté un panneau avec une flèche indiquant « Sortie ». Le tout était de savoir comment rejoindre cette autre plate-forme. Jacob essaya de poser un pied dans les ténèbres devant lui en espérant que ce serait encore le sol mais il s'aperçut très vite que ce n'était que du vide.

- Comment pourrait-on traverser ? demanda Jefferson.

- Tu pourrais peut-être léviter ce sur quoi nous sommes posés ?

- Possible. C'est vrai que je ne vois pas d'autre solution.

- Je vais essayer. Cependant, avec nos deux poids, ça ne va pas être évident.

Il imagina alors la plate-forme bouger. Elle s'exécuta lentement. Il n'y avait plus que cinq mètres de distance avec l'autre plate-forme.

- Tu peux t'arrêter là, dit Jacob.

Jefferson décrocha.

- Pourquoi ?

- Regarde.

Il se transforma alors en loup. Jefferson comprit alors. Il monta sur son dos. Jacob émit un petit grognement lorsque Jefferson monta sur son dos. Sans doute de contentement. Il prit le plus d'élan possible, étant proche de la limite entre le vide et la plate-forme, puis s'élança. Il courut très vite et sauta. Il atterrit au milieu de l'autre plate-forme. Jefferson descendit de son dos et son aimant humain reprit la forme qu'il désirait tant. Le voir devant lui, attendant qu'il parle, lui fit beaucoup d'effet. Jacob mesurait la même taille que lui, ce qui le surprit d'ailleurs. Il était certain que Jacob était plus grand que lui la première fois qu'ils s'étaient rencontrés.

- Tu n'as pas l'impression que tu as rapetissé, Jake ?

- Oui, j'ai également ce sentiment, confirma-t-il après avoir frissonné en entendant son surnom sortir de la bouche de Jefferson.

Peut-être que Jefferson voulait tellement le voir arriver à sa taille à lui pour pouvoir l'observer dans les yeux et voir ses lèvres devant lui que ses pouvoirs avaient agi sur Jacob et l'avaient fait rapetissé. Il s'approcha de Jefferson. Leurs visages n'étaient qu'à quelques centimètres et déjà leurs peaux avaient la chair de poule, ainsi leur peau formaient des petites pointes en direction de l'autre comme si elles montraient l'objet de leur désir. Jacob résista à l'envie de l'embrasser.

- On y va ? demanda-t-il en montrant le panneau « Sortie »

- Oui, i...il vaudrait mieux, bredouilla-t-il.

Avec un effort considérable, il tourna le dos à Jacob et marcha vers le panneau de sortie. Une porte aux contours gris apparut devant eux et ils se baissèrent pour la franchir. Tout devint noir pendant une seconde, et un paysage aux couleurs vertes s'imposa à eux, les faisant plisser les yeux sous la lumière vive du soleil. Soudain, il entendit quelque chose dans sa tête qui n'était pas une de ses pensées.

- Jefferson ? murmurait la voix de son père.

- Oui, papa ? répondit-il par une pensée.

- Ah, dieu merci ! Tu vas bien. Où es-tu exactement ?

- Il fait jour ici et le paysage ressemble à s'y méprendre au vôtre.

- Bien. Tu es donc toujours sur la colline ?

- Oui.

- D'accord, comme il fait jour, continue d'avancer.

Lorsqu'il prononça le mot jour, la nuit commença à arriver. Elle tombait très vite, même.

- Ah, non ! Elle commence à tomber, continua-t-il.

- Cherche un abri alors. Passe-y la nuit, aussi courte qu'elle soit. Essaie de me contacter par télépathie quand le jour reviendra. Si je ne te contacte pas, continue à avancer vers le château.

- D'accord, à plus tard, Papa.

- Fais attention à toi.

- Ne t'inquiète pas, je suis avec Jacob, on est forts ensemble.

Son père ne répondit pas une nouvelle fois, il avait rompu la communication télépathique.

- Je parie que ton père te contactait par télépathie ? demanda Jacob.

- Oui. Viens, la nuit tombe, il faut chercher un abri.

Il ne cherchèrent pas longtemps. Un peu plus haut, une grotte semblable à la précédente, un peu plus petite se présentait à eux. Jefferson prononça une incantation destinée à créer une petite boule de lumière vivante. Ils y entrèrent, espérant que le fluide ne réapparaîtrait pas. Ils eurent de la chance. Ils suivirent la petite boule de lumière qui s'agitait dans tous les sens et arrivèrent dans la petite pièce, comme pour l'autre grotte. Jefferson avait dans sa poche des couchettes magiques qui ressemblaient à des petits pois. Il les claqua à terre et ceux-ci s'ouvrirent, se transformant en sacs de couchage.

- Pratique, lui sourit Jacob.

Jefferson prononça une autre incantation pour calmer la boule de lumière qui n'arrêtait pas de gigoter. Elle alla se placer au-dessus de leurs têtes, éclairant à peu près la totalité de la pièce. Les deux alliés rentrèrent dans leur sac de couchage respectif. Les deux sacs étaient éloignés d'un mètre l'un de l'autre. Jefferson laissa la lumière allumée durant une bonne heure. Pendant cette heure, il se demandait comment il pourrait dormir à côté de son aimant humain, l'attraction était si forte, il ne savait pas comment il faisait pour rester tranquillement dans son sac de couchage car qu'il était là. Sans personne pour les déranger. Sa cogitation fut perturbée par des mouvements à côté de lui.

Apparemment, Jacob ouvrait la fermeture de son sac de couchage. Il s'approcha de Jefferson. Il se pencha sur lui, le regarda dans le fond des yeux. Jefferson le contemplait également, silencieux. Il aimait regarder le beau visage de Jacob. Le visage parfait de Jacob, selon lui. De son côté, Jacob pensait exactement la même chose. Ils voulaient savourer ce moment de contemplation. Cela ne semblait pas bizarre pour Jefferson de contempler ainsi et d'éprouver des sentiments pour un autre garçon : il avait toujours eu une personnalité spéciale. Lorsqu'on lui posait des questions sur sa sexualité, il répondait tout simplement qu'il aimait les humains. Il ne faisait pas véritablement de différences entre les sexes, pour lui un garçon était un humain et une fille également. Il aimait les humains. En ce qui concerne Jacob, c'était différent, il n'avait pas cette personnalité à part. Il s'était juste imprégné de Jefferson. Oui, et il trouvait ça normal. Peut-être parce qu'il était sous son charme. Peut-être que s'il ne s'était pas imprégné de lui, il aurait pensé différemment, il aurait tourné son choix vers une fille, il en était presque sûr.

Ils étaient tous les deux perdus dans le regard de l'autre. Jacob sentait l'attraction entre leurs lèvres. Il se dit que le fait de se rapprocher de son vis-à-vis ne l'arracherait pas de sa contemplation. Il réduisit alors la distance entre leur visage. Jefferson le sentit s'approcher et ressentit encore plus le désir de ses lèvres contre les siennes. Plus que quelques millimètres... Leur peau avait plus que jamais la chair de poule, comme si elles savaient qu'elles allaient bientôt se toucher. Enfin, la bouche de Jacob pressa celle de Jefferson. Rien que ce contact arracha aux deux amoureux un frisson de plaisir. Jacob prit Jefferson par la nuque et le redressa. Il garda sa main à cet endroit et embrassa avec ferveur les lèvres de Jefferson. Ils avaient commencé à consumer la passion qui les dévorait. Ils étaient tous deux sur un petit nuage, loin de tous ces problèmes de Pays des Merveilles et d'armée de Victoria. Jefferson prit Jacob dans ses bras et ce dernier porta alors son autre main dans le dos de son amoureux. Jacob passa sa langue sur les lèvres de son vis-à-vis, voulant la faire entrer dans la bouche de Jefferson. Les lèvres de celui-ci s'écartèrent et Jacob eut alors libre accès à sa langue à lui. Leurs langues se touchèrent, remuèrent, dansèrent comme dans un ballet. Ils resserrèrent leur étreinte dans les bras de l'autre. Ils se désiraient plus que jamais.

Soudain, Jacob aperçut une vive lueur dans le dos de son amoureux. La lumière qui les séparerait. La lumière du jour. Il savait à présent qu'ils devaient se remettre en route. Mais il ne voulait pas quitter les lèvres si douces de Jeff. Il eut l'impression qu'on lui arrachait son cœur lorsque les lèvres de son vis-à-vis quittèrent les siennes. Il en voulait plus, il ne pouvait pas s'arrêter maintenant.

Apparemment, Jeff était contacté télépathiquement par son père...


Reviews, svp !! :)

J'espère que ce chapitre vous a plu, le prochain sera encore meilleur ! Ils poursuiveront encore leur route vers le château, il y aura plus d'action dans les deux sens : pour Jeff et Jake et aussi de l'action d'ensemble (combats, pouvoirs...)