Note de l'auteure : comme toujours, le plaisir que j'ai à mettre des répliques dans la bouche des personnages de Twilight, je le dois à Stephenie Meyer, leur créatrice bien aimée.

Je vous remercie encore, mon cher lectorat, pour vos commentaires que je suis extrêmement contente de lire et auxquels j'essaye de répondre lorsque je le peux.

Je m'excuse de ne pas avoir publié ce chapitre plus tôt, mais c'est qu'en ce moment je suis complètement absorbée par la lecture de la fanfic Master of the Universe. Merci à Fleur50 de me l'avoir recommandée. C'est de loin l'histoire la plus captivante que j'ai eu l'occasion de lire sur ce site, et je regrette sincèrement qu'elle n'existe qu'en anglais.

Sur ce, bonne lecture.

Dernier chapitre.

Sur le moment, je n'étais pas certaine de ce que j'avais entendu. Un coup de tonnerre? La foudre qui venait de s'abattre à quelques mètres de l'endroit où je m'étais assommée? Se pouvait-il, même, que ce bruit percutant ne fût que le fruit de mon imagination? Peu importait, au fond. La détonation assourdissante m'avait ramenée à mes sens, je pouvais continuer mon périple, et c'était tout ce qui comptait.

Je me redressai de ma position allongée en une demi seconde, propulsée sans doute par une montée d'adrénaline subite. Ce que je vis alors me fit pousser un cri de terreur qui résonna en échos partout autour de moi avant de se perdre dans le lointain et d'être remplacé par des grognements sourds.

Une bête énorme, un lion des montagnes selon toute vraisemblance, se dirigeait vers moi d'une démarche lente mais assurée, la gueule grande ouverte sur des crocs pointus et menaçants.

Au même moment où je voyais l'animal se rapprocher de moi inéluctablement, je compris que je venais d'être sortie de mon état d'inconscience par la décharge d'une carabine.

Celui qui avait tiré n'était nul autre qu'Edward Masen, immobile à mi-chemin entre le haut de la pente que j'avais dévalée à toute raideur plus tôt et le fond de la dépression où je me trouvais maintenant et où j'allais rencontrer ma mort parce que j'étais incapable de faire un geste, paralysée par la peur.

Mon cerveau engourdi avait du mal à analyser la situation clairement. Pourquoi le puma était-il toujours vivant si Edward avait tenté de le tuer?

Bon Dieu, Bella! Tu vois bien qu'Edward Masen veut tester tes limites. Il doit prendre plaisir à te voir ainsi, vulnérable et terrorisée par un félin dangereux.

Ou alors il était un très mauvais tireur et j'allais finir mes jours telle une biche effarouchée, achevée par la morsure de cette bête sauvage bien plantée dans ma jugulaire.

Je n'eus pas le temps d'aller plus loin dans mes conjectures, qu'Edward rechargeait son arme de chasse et tirait à nouveau en direction du cougar. Bon, je l'avais mal jugé. Il devait savoir tirer car le projectile alla frapper le chat sauvage en pleine tête, et ce dernier s'écroula au sol, à deux mètres du sapin sous lequel je faisais mentalement mes adieux à mon père Charlie et à ma mère Renée.

Je n'y avais pas porté attention avant le moment où le félin fut neutralisé, mais tout mon corps tremblait vivement et je n'arrivais pas à contrôler les spasmes. J'avais aussi l'impression que le cri poussé la minute précédente avait emporté mes cordes vocales avec lui, car je n'arrivais plus à émettre le moindre son. Ma vue était, dans l'instant, le seul sens dont je pouvais me servir pour garder un contact avec la réalité, tout ce que j'entendais se limitant à un bourdonnement dans les oreilles.

Je vis Edward se diriger vers moi, l'air de mener un appel conférence sur son BlackBerry. Il me regardait intensément et ses lèvres remuaient comme dans un film muet. Merde alors, et si j'étais prise avec ce chuintement de manière définitive et que jamais plus je n'entendais le son de sa voix si veloutée? Je voulais pleurer…

Tu dérailles, Bella, tu t'es blessée à la tête plus sérieusement que tu croyais…

Oui, il y avait définitivement de quoi pleurer dans toute cette affaire. Je m'étais enfuie du spa pour ne plus avoir à affronter Edward Masen, et voilà que je me mettais à regretter sa voix chaude et rassurante. Pas de doute, cet homme m'avait rendue folle…

Il avait rangé son portable et se déchargeait à présent d'un sac à dos de randonneur chevronné. Il en sortit une couverture thermale, une bouteille de Gatorade et une trousse de premiers soins. Toujours incapable de la moindre action sauf cligner des yeux, je laissai Edward mettre la couverture autour de mes épaules agitées par les convulsions qui n'arrêtaient pas. Tout à coup, je sentis un sifflement dans mes oreilles, et les bruits extérieurs entrèrent en collision avec mes tympans. Je poussai une exclamation de surprise.

« Tut tut, n'aie pas peur, Bella. C'est fini maintenant, il n'y a plus de danger, » murmura Edward en ajustant la couverte pour que je sois bien emmitouflée.

Il m'avait appelée Bella. Je sentis mon cœur se gonfler dans ma poitrine et j'aurais voulu y planter un poignard pour qu'il cesse de se comporter à l'opposée de ma raison. Je détestais l'homme qui venait de se porter à mon secours. Il m'avait avilie de la plus basse des façons, me faisant passer pour un objet sexuel dont il pouvait user à sa guise et sans scrupules. Comme si je n'avais pas de sentiments et que je n'étais, finalement, bonne qu'à peloter.

Mais puisque pour le moment j'étais à moitié morte de faim et de soif, j'acceptai sans dire un mot le Gatorade et les barres énergétiques qu'il me tendait. Je remarquai également que mes tremblements étaient beaucoup moins prononcés depuis qu'il m'avait enveloppée dans la couverte. Je bus à grandes gorgées le breuvage désaltérant et croquai dans une tablette nutritive, consciente du regard d'Edward posé sur moi dans l'expectative. J'ignorais ce qu'il attendait que je lui dise, mais je n'avais pas l'intention de le remercier de m'avoir sauvé la vie, même si la simple politesse me dictait de le faire. J'avais juste envie de l'envoyer au diable. J'avais juste envie de l'étrangler pour m'avoir mise dans cet état d'agonie morale, émotive et physique.

Car sa simple présence à mes côtés était en train d'avoir raison de mes entrailles tiraillées par le désir comme jamais elles ne l'avaient été depuis que j'avais une vie sexuelle active. Aucun de mes anciens amants ne m'avait jamais fait sentir comme je me sentais en présence d'Edward, ou même comme je me sentais juste à l'évoquer dans mes fantasmes. C'était malsain et irrationnel.

« Je pense que tu avais un début d'hypothermie, Bella, » dit-il tranquillement.

Cela expliquait pourquoi mes tremblements avaient beaucoup diminué grâce à la couverture thermale. Je n'avais plus froid maintenant. Je commençais même à avoir des bouffées de chaleur, et je savais très bien pourquoi.

« Il faudrait que tu me laisses examiner tes blessures…, » continua-t-il.

« Tu m'as appelée Bella, » le coupai-je d'une voix faible.

« Enfin un commentaire! J'allais finir par croire que cet ignoble chat sauvage t'avait fait perdre la voix pour de bon, » ironisa-t-il.

« Tu m'as appelée Bella, » répétai-je plus fermement.

« N'est-ce pas le diminutif que tu préfères? » Demanda-t-il faussement étonné.

« Je suis seulement Bella pour mes proches, » me justifiai-je.

« Ah, je vois…et je suppose que je n'ai pas été assez proche de toi, » répondit-il avec son foutu sourire en coin qui était capable à lui seul de me faire avoir une crise d'apoplexie.

Sa réplique à double sens me renvoya à nos activités de la veille. J'étais certaine qu'il me l'avait lancée exprès, le salaud. Mais il poursuivit dans une autre direction « Très bien alors, Isabella. Comme je te le disais, il faudrait que je jette un coup d'œil à tes blessures. Ensuite on pourra reprendre le chemin du retour. On en a bien pour deux heures, peut-être plus, vu ta condition… »

Je n'avais même pas noté que mes mains étaient ensanglantées avant qu'il ne prononce le mot blessure. Il s'en empara sans mon accord et les approcha de son visage. Mon cœur s'emballa.

Tu es pire qu'une collégienne, Bella. Tu n'as pas honte de devenir toute fébrile juste à l'idée qu'Edward joue au docteur avec toi?

Edward venait de dire qu'il nous faudrait deux heures pour revenir au spa. Quelle heure était-il en ce moment? Combien de temps avais-je passé dans les limbes de l'inconscience? Et que serait-il arrivé s'il ne m'avait pas retrouvée au moment où il l'avait fait?

Tu sais très bien ce qui serait arrivé, idiote de Bella. Edward t'a sauvé la vie, et toi tu ne songes qu'à lui crever les yeux. Qu'est-ce qui ne va pas chez toi?

« Et quelle heure est-il au juste? » Demandai-je pour meubler la conversation.

« On approche de midi, » dit-il en continuant à s'affairer sur mes mains.

Il les nettoya avec des serviettes aseptisées, en retira la rocaille avec des pinces et les banda avec de la gaze. On aurait dit que je venais de me brûler au troisième degré avec mes mains emmaillotées comme ça.

« Estime-toi chanceuse que ces blessures soient superficielles, Isabella, parce que je ne suis pas sûr que tu aimerais ma méthode pour refermer les plaies… »

Il appuyait intentionnellement sur mon nom, semblant vouloir me faire sentir coupable de quelque chose. Et comme s'il lisait dans mes pensées, il poursuivit « Je me demande comment Charlie Swan, le chef de police de la ville de Forks, aurait pris la nouvelle de sa fille décédée des suites d'une rencontre avec un puma…Oh! Attends, il y a du sang dans tes cheveux aussi… »

La seconde d'après, Edward était tout à côté de moi, son visage frôlant le creux derrière mon oreille droite, et ses mains relevant les mèches de cheveux qui lui cachaient la vue de la bosse que je sentais depuis que j'étais revenue à moi.

« Ces putains de plaies au cuir chevelu, elles font saigner comme c'est pas possible, » fit-il remarquer sur un ton que je ne lui reconnaissais pas, en passant doucement ses doigts sur la bosse en question et en provoquant une onde électrique dans tout le reste de ma personne, « mais elles sont rarement sérieuses. »

S'il n'arrêtait pas son petit manège à l'endroit le plus sensible de mon anatomie en dehors de mes zones érogènes, j'allais m'évanouir pour une énième fois et il serait obligé de me ramener en travers de son dos. Ma foi, c'était peut-être son but. Il craignait peut-être que je m'évade de son emprise s'il me laissait un peu trop de chaîne…

Pauvre Bella, Edward Masen ignore totalement l'emprise qu'il a sur toi…

« Bon Dieu de merde, pourquoi ne pas avoir emmené le bon docteur Carlisle Cullen avec toi, tant qu'à y être? J'en ai assez de me faire tripoter par un pervers! » Ne pus-je m'empêcher de protester au bout d'un moment à me laisser envahir par la sensation de bien-être.

De toute évidence, Edward ne réalisait pas qu'il exacerbait mes sens et que mes jambes ne pourraient pas me soutenir s'il continuait à me rendre euphorique comme ça. Je n'étais même pas certaine de pouvoir me relever dans mon état actuel. Il arrêta enfin de faire courir ses doigts experts dans mon cuir chevelu, mais il fit descendre sa main dans mon cou, expérimentant un autre genre de caresse, un autre genre de tourment. Mon cœur se mit à palpiter comme un fou. Je méritais assurément de crever sur place pour ce que je venais de dire à mon sauveur, et il devait avoir décidé de m'achever lui-même…

« Je vais passer l'éponge pour cette fois-ci encore, Bella, mais tu devrais vraiment arrêter de vouloir ternir ma réputation…, » chuchota-t-il d'une voix rauque dans mon oreille.

Je vins pour répliquer quelque chose, mais je n'en eus pas le loisir, car dans un geste auquel je ne m'attendais pas, mais pas du tout, Edward me fit pivoter dans sa direction pour que je sois face à lui, prit mon visage entre ses mains, et entreprit de m'embrasser fougueusement. Le feu qui couvait dans mes veines en profita pour s'échapper et venir brûler mes lèvres sous le contact de celles d'Edward. Sa langue força son entrée dans ma bouche et vint provoquer la mienne en duel. Ma volonté s'effondra sur le champ et je répondis à son étreinte en entremêlant ma langue à la sienne pendant que mes bras s'accrochaient à sa nuque. Mais il me lâcha aussi subitement qu'il s'était emparé de moi, et je restai figée sur place, mes entrailles presque douloureuses de désir inassouvi.

« Je viens définitivement de m'octroyer le droit de t'appeler Bella, » dit-il sur un ton suffisant, mais légèrement à bout de souffle.

Je demeurai par terre, muette de frustration et encore sous le choc du baiser qu'il venait de me voler. Edward s'était relevé après m'avoir libérée de sa poigne de fer, mais il se pencha à nouveau pour m'offrir sa main.

« Te sens-tu la force de marcher, Bella, ou devrais-je te porter comme un sac de pommes de terre? » Demanda-t-il avec une lueur de malice dans son regard pénétrant.

« Je suis plus lourde qu'un sac de pommes de terre, » répliquai-je en saisissant la main tendue par l'homme d'affaire.

« À peine, sérieusement, » poursuivit-il avec un demi sourire en m'aidant à me mettre debout.

Les arbres se mirent à tourner et le sol m'attira comme un aimant. Edward retint ma chute. Je fermai les yeux pour ne pas affronter les deux émeraudes qui me fixaient intensément.

« Décidément, Bella, tu ne pourras jamais faire le trajet pour retourner au spa sur tes pieds, » soupira-t-il. « Il faudra peut-être faire examiner ta tête par le bon docteur Carlisle Cullen après tout. »

En prononçant ces mots, il m'attrapa comme si je pesais une plume et m'installa dans son dos comme un père l'aurait fait avec son gamin de cinq ans. Je fus forcée de me pendre à son cou, mais ça ne devait pas le déranger car il ne protesta pas. J'étais à la fois pétrifiée d'embarras et aussi excitée qu'une petite fille devant un manège forain.

« Et le sac à dos? » Interrogeai-je. Ma couverture était tombée mais je n'avais plus froid, serrée tout contre le dos d'Edward.

« Il va falloir le laisser ici, et c'est bien embêtant que je ne puisse pas faire de même avec cette foutue carabine, » répondit-il en ramassant l'arme de chasse avant de se mettre en route.

Je ne dis plus rien, de peur de mettre Edward en colère. Les premières minutes de la randonnée furent les plus difficiles car il fallut remonter la bute que j'avais dévalée, mais par la suite il suffit qu'Edward ne trébuche pas dans les racines, les branches mortes et les cailloux. Il progressait lentement à cause de moi, mais il avait l'air de savoir où il allait.

« Comment fais-tu pour t'orienter, Edward? » Finis-je par demander, curieuse.

« Tu ne crois tout de même pas qu'on peut courir les bois sans système de navigation, Bella? » dit-il sur un ton sermonneur. « Ah non j'oubliais! C'est exactement ce que tu as fait, et en pleine nuit avec ça! »

Touché. En plus Edward était lancé à présent, à cause de ma stupide question.

« Si tu te sens apte à tenir une conversation, Bella, raconte-moi donc plutôt ce qui t'a poussée à quitter la retraite pendant que tout le monde dormait au lieu d'attendre la clarté et demander à quelqu'un de te reconduire dans le monde civilisé. »

C'est ça, Bella, raconte donc à Edward que tu t'es enfuie pour ne plus être tentée de lui sauter dessus.

Répondre à une question par une autre question. La meilleure défense.

« Et toi, Edward, pourquoi m'as-tu embrassée tout à l'heure? » Murmurai-je à son oreille toute proche de mes lèvres.

« Isabella Marie Swan, » dit-il en utilisant mon nom au complet.

Mon nom dans la bouche d'Edward sonnait comme une berceuse un peu mélancolique, et j'en eus un pincement au cœur. Je voulais tellement pouvoir goûter à cette bouche plus profondément et plus longuement.

« Isabella Marie Swan, j'ai voulu t'embrasser dès la seconde où je t'ai remarquée la première fois dans ce restaurant de Tribeca. Carlisle a dû me retenir ce soir là pour que je ne te prenne pas moi-même en filature jusque chez toi, » admit-il d'une voix rauque.

Cette déclaration fit bondir mon cœur encore plus fort dans ma poitrine.

« J'ai répondu à ta question, Bella. Je m'attends à ce que tu répondes à la mienne, maintenant, » dit-il, catégorique.

Je ne savais plus quoi dire.

« Ne m'oblige pas à te faire un autre coup bas, Bella, » ajouta-t-il, faussement menaçant.

Un autre mauvais tour, en plein milieu de nulle part? Il devait sûrement plaisanter. Je décidai de le tester.

« Qu'est-ce que tu pourrais bien comploter sans l'aide de ton précieux collaborateur, hein? De toute façon, mon orgueil est déjà au troisième sous-sol à cause de la façon dont vous vous êtes joués de moi tous les deux. »

Après tout, quel orgueil pouvait-il rester à une femme qui était prête à faire confiance à un homme rencontré pour la première fois la veille, lui faire confiance au point de le laisser abuser de son corps sans même tenter de se venger par la suite?

Tu n'es qu' une carpette, Bella, tu te laisses manquer de respect sans même réagir…

Mais j'avais aussi reçu une overdose de plaisir par les soins particuliers d'Edward, alors comment concilier le salopard et le roi de l'orgasme? Comment concilier le gentleman qui était allé à ma recherche et l'homme arrogant qu'il ne fallait pas défier?

Comment peux-tu avoir craqué pour un type pareil, Bella?

« Tu as raison, Bella, j'ai été dégueulasse envers toi, et dès que nous serons sortis de ce bourbier dans lequel tu t'es mise, je suis près à faire regrimper ton orgueil d'au moins quinze niveaux, » affirma-t-il. « Mais seulement si tu m'expliques enfin la raison de ta fuite dans les bois. »

Je me suis enfuie dans les bois parce que tu es plus brillant et plus brûlant que le soleil, Edward, et sans doute aussi inaccessible…

« Edward, je suis partie parce que je ne voulais plus avoir à te croiser, je suis trop faible et je suis en train de devenir dingue à cause de toi. En fait je suis en train de devenir dingue de toi, » expliquai-je en brisant ma voix.

« Je ne comprends pas, » dit-il simplement.

« Ne m'oblige pas à répéter, Edward, » répondis-je laconiquement.

« Je ne comprends pas où est le problème, Bella, » martela-t-il.

Il devait faire exprès pour me rendre à bout. Je venais juste de lui avouer que j'étais en train de tomber amoureuse de lui et il ne voyait pas le problème? Il couchait avec cinquante femmes différentes chaque année et il ne voyait pas le problème? Il ne voyait pas de problème à me faire souffrir, donc? Ce séminaire de merde lui serait sans doute plus profitable qu'à ses amis, en fin de compte, si je pouvais arriver à lui faire voir qu'on ne pouvait pas jouer avec les sentiments d'une femme comme il s'était amusé à le faire depuis son arrivée.

« Je ne peux pas coucher avec toi, Edward, et j'ai préféré m'éclipser pour me soustraire à la tentation, voilà, » élaborai-je, à moitié cramoisie.

« Pourquoi ne peux-tu pas coucher avec moi, Bella? Alors que je sais que tu en rêves, autant que je rêve de te déposer par terre ici et de te prendre sur le champ, » questionna-t-il, partagé entre la confusion et la déception.

Comment pouvait-il soutenir cette conversation et continuer à enjamber les troncs d'arbres et les flaques boueuses?

« Entre autres parce que ça ne m'intéresse absolument pas d'être la cinq centième femme à être passée dans ton lit, ce qui ferait d'ailleurs descendre mon orgueil encore plus bas, et non grimper, je te signale, » conclus-je, un peu irritée.

« Tiens donc, mademoiselle Swan la prof de littérature lit les journaux à potins. Je ne m'en serais jamais douté. Intéressant, » reprit-il.

Je ne pouvais pas voir son visage, mais j'étais sûre qu'il souriait triomphalement en disant ça.

« Ce n'est pas moi qui lis la presse people, » me défendis-je, offusquée. « C'est ma co-locataire Jessica Stanley. »

« Peu importe Bella. Tu es assez intelligente pour savoir qu'il ne faut pas croire tout ce qui s'écrit dans ce genre de torchons, n'est-ce pas? » Interrogea-t-il, tout miel.

« La condescendance ne vous mènera jamais nulle part avec moi, monsieur Masen, » répliquai-je placidement.

« Je ne voulais pas t'offenser, Bella. Toutes mes excuses, » continua-t-il. « Alors si j'ai bien compris, tu refuses de passer du bon temps avec moi parce que tu ne veux pas être un numéro sur mon tableau de chasse? »

« J'ai déjà passé du bon temps avec toi, Edward. Et pour le reste, tu dois avoir un circuit déficient dans ta mémoire à court terme ou alors tu ne m'écoutais pas quand je te parlais, » dis-je encore, sur le bord de perdre patience.

Je serais très bientôt à court d'arguments. Et je sentais la fatigue me gagner. Bordel, et si jamais je m'endormais dans le dos d'Edward et qu'il en profitait lâchement pour assouvir son désir de moi, réalisant que je ne serais jamais coopérative? Sa remarque suivante me sortit de ma torpeur.

« Tu sais que tes amies pensent justement le contraire, Bella? Elles pensent que tu es partie parce que tu étais jalouse du plaisir qu'elles avaient eu avec leurs partenaires pendant que tu n'arrivais pas à prendre ton pied. C'est très généreux de ta part de vouloir me blanchir de la sorte, Bella, surtout après le coup que je t'ai porté, mais c'est tout à fait contreproductif. Tes amies ne vont plus te plaindre d'être tombée sur un mauvais amant, mais elles vont te harceler pour que tu ailles voir un spécialiste… »

Je n'entendis pas la dernière phrase d'Edward, j'étais restée accrochée au mot amant sorti quelque part dans son discours.

« Tu ne comprends donc pas que le problème repose exactement là, dans le mot amant, Edward? » L'interrompis-je. « Tu n'es pas mon amant, et tu disparaîtras hors de ma vie demain ou après demain. Pourquoi m'investirais-je dans une partie de jambes en l'air sans lendemain, hein? Qu'est-ce que j'y gagnerais? Je suis en train de tomber pour toi, Edward, et je suis déjà en lambeaux, émotionnellement. Ne me demande pas d'aller plus loin avec toi, ce serait la pire des tortures à m'infliger… »

Edward s'arrêta un instant. Je crus que c'était pour reprendre son souffle - il me transportait dans son dos depuis plus d'une heure - mais il me fit gentiment descendre et me mit devant lui pour pouvoir contempler mon visage. Il m'observa pendant de longues secondes avant de parler à nouveau.

« Bella, j'ai déjà de la difficulté, dans notre situation actuelle, à te laisser faire un pas hors de ma vue. Pourquoi t'imagines-tu que je voudrais marcher hors de ta vie? » Demanda-t-il, fiévreux.

Je devais avoir mal compris sa question, car elle me renvoyait l'image d'un couple. Qu'est-ce qu'il avait dit, déjà, à ce sujet? « …ce jouet a dû briser bien des couples, mais puisque nous ne sommes pas un couple, je peux en user autant que je veux avec toi… »

« Edward, tu me connais à peine, comment peux-tu me balancer des choses pareilles? » M'effrayai-je.

« Parce que je suis amoureux de toi, Bella. Mais bien entendu je ne pouvais pas t'avouer ça hier matin dans ma chambre sans risquer de te voir te sauver en courant. Si j'avais su que tu allais vouloir partir malgré tout quelques heures plus tard, je me serais déclaré tout de suite, » avoua-t-il.

Edward Masen amoureux de moi? Non, c'était impossible. Je devais toujours me trouver sous le sapin, en train de rêver qu'il m'avait secourue, et lorsque je me réveillerais, si je me réveillais, j'aurais froid, j'aurais faim, et il ferait noir à nouveau.

« Je t'en prie, Bella, dis-moi quelque chose, » me supplia-t-il.

Mais si j'étais dans un rêve, Edward n'attendrait pas une réponse de moi, n'est-ce pas?

« Je me suis sauvée parce que je ne voulais pas que tu saches ce que je ressentais vraiment pour toi, Edward, parce que je ne croyais pas que ça pouvait être réciproque. J'ai encore de la difficulté à y croire, d'ailleurs, » finis-je par admettre.

« Est-ce que tu penses que tu peux faire le reste du chemin sur tes jambes, belle amazone inconsciente de ses charmes? » Demanda-t-il avec son sourire en coin.

« Probablement, pourquoi? » m'enquis-je à mon tour, déconcertée et hypnotisée par ce sourire ravageur.

« Parce que je veux me garder des forces pour ce soir et cette nuit, Bella de mon cœur, pour te prouver que tu n'es pas en train de rêver, » expliqua-t-il avec un regard entendu.

Mon cœur à moi se mit à flotter dans les nuages à l'évocation de cette nuit que je passerais avec Edward. Je mis ma main dans la sienne, et nous reprîmes la route côte à côte.

ooooooooo

C'était le milieu de l'après-midi quand je réintégrai les lieux du séminaire avec Edward. Il m'avait dit qu'il annulerait sa participation sous prétexte qu'il devait s'occuper de moi et me distraire, étant donné mes 'limitations'. Mes amies accoururent vers moi aussitôt que j'eus franchi le seuil.

« Bella, espèce d'écervelée, ne nous refais jamais plus un coup pareil! » Me gronda Esme.

Je voyais qu'elle avait été très inquiète pour moi, et je m'en voulus atrocement de lui avoir causé du stress sans raison valable.

« Heureusement qu'on a su assez vite qu'il ne t'était rien arrivé de grave, » ajouta Alice.

Rien de grave? Sacrebleu, je venais d'éviter de justesse de me faire dévorer par un chat sauvage! Et d'abord qui les avait prévenues?

« Blackberry, » murmura Edward dans mon oreille. Il poursuivit, à l'intention d'Esme et Alice « Bella a eu une rude journée et elle a besoin de se reposer, si ça ne vous dérange pas trop. »

« Nous allions rejoindre Rosalie au boudoir pour le prochain exercice, de toute manière. Va prendre une douche, Bella, tu es crottée de la tête aux pieds, » m'ordonna Esme.

Chère Esme, parfois elle pouvait être plus dirigeante que ma mère…

« Pouvez-vous faire le message à Garrett que je vais rester avec Bella? Si vous n'y voyez pas d'objection, bien entendu, » les pria Edward.

« Non, non, pas du tout, Edward, » le rassura Esme. « C'est très gentil de t'offrir pour distraire Bella. »

« Esme a raison, » renchérit Alice. « Bella est sur le bord de la dépression à force de nous voir profiter autant de notre captivité ici et d'être en reste. »

Alice parlait en toute innocence et comme si je n'étais pas présente dans la pièce. Je ne savais pas si je devais renforcer son commentaire à propos de ma santé mentale en jouant les martyres - ça me donnait la nausée rien que d'y songer - ou lui avouer mon mensonge afin qu'elle change de rengaine. Et je comprenais aussi, à la lumière de ce qu'elle venait de dire, qu'il avait dû se passer quelque chose entre elle et Jasper Whitlock. Elle avait raison sur un point, alors. J'étais la seule qui n'avait pas encore profité des attributs de mon partenaire. Mais plus pour longtemps, maintenant que mes hormones n'étaient plus en conflit avec mes neurones…

« Je suis navré si votre séjour dans ce spa vous a laissées avec l'impression que vous êtes nos prisonnières, mesdemoiselles, » s'excusa Edward. « Vous êtes libres de quitter cet endroit immédiatement si tel est votre souhait. »

Alice et Esme échangèrent un regard entre elles comme si Edward venait de proférer la pire des insultes.

« C'est bien ce que je pensais… » Conclut-il en retournant toute son attention sur moi. « Allez, Bella, Esme a raison, tu as effectivement besoin d'une douche. Et tu dois être morte de fatigue. »

Il me fit un clin d'œil et m'entraîna vers la salle d'eau pendant que j'entendais mes amies remarquer « Tu as pigé ça, Esme? Edward ne l'appelle plus Isabella et il est devenu presque aussi familier que nous avec elle… »

« C'est un chic type, au fond. Il veut compenser pour ce qu'il ne peut pas lui offrir. Dommage quand même pour Bella. Un pareil spécimen d'homme, ça ne court pas les rues… » Soupira Esme.

Elles s'éloignèrent en direction de la salle de détente et je ne pus saisir la suite de leur conversation.

« Tes copines vont vouloir te trucider quand elles vont apprendre la vérité, Bella, » commenta Edward avec un air de connivence.

Il n'avait rien perdu de leur échange.

« Je sais, » me contentai-je de répondre.

Nous étions devant la porte de la salle d'eau à présent. Edward l'ouvrit, m'attira à l'intérieur et verrouilla derrière lui. Déjà vu.

« Laissons-les dans la noirceur pour quelques heures encore, » chuchota-t-il à mon oreille.

Mon cœur se mit à battre la chamade et je sentis une bouffée de chaleur m'envahir. Edward me plaqua contre le mur de tuiles et commença à couvrir mon visage de baisers. Mes jambes ramollirent et j'eus l'impression de tenir debout seulement par sa poigne solide. Je fermai les yeux. Sa bouche gourmande alla explorer chaque trait de ma figure maculée, déclanchant des chocs de volupté sur son passage.

« Edward, pour l'amour du ciel, je suis pleine de boue, » protestai-je faiblement.

Mais il ne semblait pas s'en formaliser.

« Laisse-toi faire, »murmura-t-il d'une voix rauque dans mon oreille.

Il continua de promener ses lèvres aux contours si bien tracés le long de ma mâchoire, et jusque derrière le lobe, revint vers mon menton pour aller de l'autre côté, avant de descendre dans mon cou et sur mes clavicules à moitié dénudées. Chaque endroit où il effleurait ma peau s'enflammait à son contact. J'aurais voulu qu'il me possède dans la minute même. Mais Edward Masen aimait faire durer le plaisir, comme je l'avais appris bien vite.

« Je suis tombé amoureux de toi avant même de vraiment te connaître, Bella Swan, » dit-il encore, d'une voix transformée par l'émoi, entre deux baisers sur ma gorge. « Mais depuis que j'ai eu accès à tes richesses cachées, je suis également devenu fou de désir pour toi, comme jamais auparavant… »

« Embrassez-moi, monsieur Masen, » le coupai-je entre deux respirations haletantes.

À cet instant précis, je me foutais d'être la femme de sa vie ou un autre trophée de chasse, je voulais juste qu'il profite enfin de ce qu'il méritait depuis la veille. Pour son bénéfice d'abord, et pour le mien accessoirement. Mais il devait décidément être en mesure de lire dans mes pensées, car il répliqua dans un souffle « C'est ton plaisir qui passe en premier, Bella, pas le mien. »

« Alors fais ce que je te demande et embrasse moi, Edward! » Le suppliai-je presque.

Sa bouche s'empara instantanément de mes lèvres, avec encore plus de fougue que durant la matinée, ses dents les mordant légèrement pour que je permette à sa langue experte d'aller explorer plus en profondeur, et je crus que j'allais m'effondrer sur le carrelage. Sa langue alla tout de suite s'entremêler à la mienne, avec une douceur destinée à faire monter lentement mon excitation. Ses mains commencèrent à me débarrasser de mes vêtements souillés pendant qu'il continuait à élever le niveau de mon désir avec son baiser qui n'en finissait plus et qui était en train d'avoir raison de moi. J'entendais les battements précipités de mon cœur jusque dans ma tête, et je sentis l'humidité envahir mon entrejambe.

Lorsque je fus complètement nue, Edward abandonna mes lèvres et me prit dans ses bras en disant « Je goûterais bien ta bouche exquise pendant des heures, Bella chérie, mais mon expertise manque à chaque fois de te faire tomber dans les pommes, et je n'ai pas envie d'être forcé de m'arrêter en si bon chemin comme hier. »

Il me porta jusqu'à une immense cabine de douche, me déposa au milieu et ajusta le débit et la température de l'eau. Il entreprit ensuite de se dévêtir à son tour, à toute vitesse, contrairement à la veille dans la cuisine, et me rejoignit sous les multiples jets d'eau qui fusaient de trois murs de céramique. Son corps de statue était tout simplement renversant de beauté. Je sentis que mes entrailles allaient se déchirer tellement la vue d'Edward nu et de son phallus en érection tout près de moi m'excitait. Putain de foutu bordel, et si j'étais pour venir juste à frôler cet adonis qui se disait éperdument amoureux de moi?

Et puis merde, Bella! Tant pis pour lui si tu viens dans les prochaines secondes. Il n'avait qu'à rester en dehors de la douche…

Edward fit un autre pas dans ma direction, et passa gentiment sa main entre mes jambes. Mon cœur manqua un battement.

« Tu es adorable, Bella, lorsque tu ne peux pas dissimuler l'envie qui te dévore, » dit-il d'une voix sourde.

« Prends-moi, Edward, avant que je ne m'enflamme devant toi, » le menaçai-je.

« Tu ne ferais pas ça, dis-moi? » Gronda-t-il.

« Je n'ai pas ton contrôle, Edward, et je t'ai fait assez attendre de toute façon, » me justifiai-je.

« Pas si vite, Bella, » dit-il d'une voix de plus en plus rauque. « Je veux te nettoyer avant… »

Mon Dieu, s'il faisait ça il allait m'achever… Mon anticipation des caresses qui m'attendaient me fit mouiller de plus belle. Edward débuta avec mes cheveux. Il me fit placer directement sous un des jets pour humidifier ma tête, et y appliqua ensuite un shampoing aux agrumes qui sortait d'un distributeur mural. Il massa vigoureusement mon cuir chevelu pendant plus longtemps que nécessaire, vraiment, et en évitant la région où j'avais une enflure, puis rinça mes cheveux avec une extension qu'il pouvait diriger à sa guise. J'essayai de ne pas penser à l'endroit où j'avais désespérément besoin d'être soulagée. Je me sentais vaguement honteuse d'être si sensuelle. Trop sensuelle.

« Bella, chérie, je ne veux pas que tu te sentes coupable de quoi que ce soit si tu viens avant moi. Je sais que tu es une petite créature extrêmement sensuelle, mais je peux très bien m'en accommoder, » me rassura Edward.

Il devait s'être rendu compte que j'étais au bord du précipice de l'extase et que je risquais d'y plonger à tout moment. Il m'avait si bien étudiée le jour précédent. Il mit du gel moussant sur un gant de toilette et commença à savonner ma nuque, avant de s'aventurer dans mon dos. Je sentis un courant électrique me traverser et je poussai un gémissement de plaisir. Bordel que c'était bon! Et il ne s'était même pas encore attaqué à mes zones érogènes. Dieu du ciel, j'allais sûrement m'évanouir avant d'être sortie d'ici.

Edward continua sa descente inexorable le long de ma colonne vertébrale, et je priai silencieusement pour qu'il remonte au plus vite avant que je ne puisse plus me retenir. Excitée comme je l'étais, je n'étais même plus certaine que mon cœur allait tenir le coup. Arrivé à mes fesses, au lieu de continuer plus bas, il revint devant moi pour savonner le devant de mon tronc. Finalement, je n'étais plus aussi convaincue que c'était le meilleur circuit à emprunter s'il voulait éviter de me voir plonger tête première dans le gouffre du plaisir. Mais c'était peut-être voulu. M'accorder un orgasme pour faire tomber la tension. Alors je me laissai faire sans protester. Edward promena le gant sur mon ventre, sur mon estomac, provoquant des ondes de volupté de plus en plus rapprochées et de plus en plus fortes à mesure qu'il progressait vers ma poitrine. Quand la main qui me massait si divinement arriva à mes seins, je sentis l'autre main d'Edward sur ma chatte et vis deux de ses doigts s'introduire à l'intérieur. Mon clitoris céda sous l'assaut et j'explosai soudainement en milliers de fragments de jouissance, en même temps que je tentais de limiter le volume de mon cri de libération.

« C'est trop injuste pour toi, Edward, tes petites manigances lubriques, » fis-je remarquer à bout de souffle.

J'aperçus un rebord dans un des coins de la cabine, et j'allai m'y asseoir pour récupérer un rythme cardiaque plus normal. Mes mains emballées à outrance devaient me donner une allure ridicule.

« Je ne pourrai même pas te satisfaire manuellement, en plus. C'est bien ta veine, Edward, » ironisai-je.

« Tu pourra me faire un tas d'autres choses, Bella, si tu veux, mais pour le moment j'aimerais juste sentir ton corps de déesse tout contre moi, » répondit-il en me transperçant de son regard émeraude voilé par son désir en suspens.

Sans me soucier de sa désapprobation, je défis les bandages de gaze qui m'empêchaient de me servir adéquatement de mes mains. J'observai celles-ci attentivement, et jugeai qu'elles pourraient survivre au plan que j'avais en tête. Je revins vers Edward et lui arrachai le gant de toilette de la main. J'allais accéder à sa demande, mais pas avant de lui avoir procuré son moment de félicitée. J'en avais plus qu'assez de recevoir et de ne rien donner en retour. Ça commençait à en être dérisoire.

J'entrepris donc de faire moi aussi un savonnage en règle du dieu grecque qui se tenait debout devant moi dans l'expectative. Comme il l'avait fait avec moi, je lui lavai d'abord les cheveux, en profitant pour passer ma main encore et encore dans sa chevelure de bronze si soyeuse. Edward se laissait faire sans résister et je l'entendais respirer plus fort sous l'effet de mes caresses déguisées. Je le rinçai en le poussant gentiment sous le jet d'eau, et je commençai à le masser avec le gant de toilette savonneux. Mais au lieu de procéder avec son dos, je m'appliquai à frotter délicatement son torse moyennement pileux. Je sentis mon désir revenir à la charge dans mon bas-ventre. Mon excitation se faisait voir jusqu'à mes mamelons qui pointaient maintenant hardiment sous le regard lascif d'Edward. Il attrapa un sein dans chacune de ses mains et se mit à les masser en synchronisme avec les mouvements circulaires que je prodiguais moi-même à sa poitrine. Mon rythme cardiaque se remit à augmenter sous les caresses, et je dus faire un effort immense pour ne pas quitter la terre encore une fois.

« Edward, s'il te plaît, lâche-moi ou alors je vais encore m'évanouir… » Dis-je avant de ne plus être en mesure d'articuler un mot. J'étais déjà tellement euphorique…

« Bella, espèce de diablesse, tu es en train de me rendre fou dingue avec tes petits seins arrogants, » s'excusa-t-il, mais avec un rictus espiègle qui lui enlevait dix ans d'âge.

Je pus enfin me concentrer sur son propre plaisir. Je fis dévier le gant très lentement vers son pubis, et quand j'eus atteint ma cible, en l'occurrence la poche sous le phallus d'Edward, j'entrepris un autre genre de caresse avec mes doigts pour le titiller encore plus avant de lui administrer le coup de grâce. Edward se mit à émettre des bruits sourds sous mes palpations. Au bout d'un moment à m'émerveiller du plaisir dont je semblais authentiquement le gratifier, je m'attaquai à son membre viril à l'aide du gant de toilette. Je l'enserrai aussi fort que je pus pour mettre son gland à découvert, et j'appliquai une pression de haut en bas et de bas en haut tout en continuant de m'amuser avec ses testicules. Edward poussa une plainte plus prononcée. Éventuellement, entre deux respirations saccadées, il finit par dire « Je n'en peux plus, Bella, laisse-moi te prendre maintenant. »

Je n'eus pas le temps de prononcer un mot qu'il me retournait prestement pour que je sois dos à lui, et m'attirait contre sa poitrine. Ses mains m'encerclèrent et je le sentis me pénétrer par derrière. Je croyais qu'il allait se décharger illico, mais à la place il recula et s'appuya sur le rebord, ce qui eut pour effet d'enfoncer son sexe encore plus profondément en moi. Ce faisant, il s'était remit à caresser ma poitrine, provoquant une autre vague de plaisir intense. J'étais au comble de l'extase et sur le point de perdre le contact avec la réalité. Je laissai échapper un gémissement en sentant son mouvement de va et viens former une onde orgasmique qui monta et monta encore avec chaque poussée de ses hanches pour me pénétrer toujours plus loin. Au cinquième coup je fus incapable de me retenir plus longtemps et je climaxai autour du membre d'Edward que je sentis éjaculer presqu'en même temps, se contractant au moment du paroxysme de sa jouissance.

Edward glissa doucement le long du rebord en m'entraînant avec lui. Je pouvais sentir les pulsations rapides de son cœur dans mon dos. Nous restâmes de longues minutes sans prononcer une parole, assis en cuillère dans le fond de la cabine de douche dont les jets d'eau fonctionnaient toujours. Le bruit incessant me conduisit tout droit au pays des rêves.

ooooooo

Lorsque j'ouvris les yeux, j'étais dans le lit d'Edward, enveloppée dans une énorme serviette en tissu éponge. La nuit était tombée et j'étais affamée. La porte de la chambre s'ouvrit et Edward apparut avec un plateau de nourriture.

« Les autres sont convaincus que tu dors depuis que tu as remis les pieds ici, Bella, » dit-il en déposant le plateau à côté de moi.

Il se retenait pour ne pas éclater de rire.

« Alice, Rosalie et Esme me prennent déjà pour une marmotte, Edward. Les apparences sont sauves, » répondis-je en mettant la main sur un bout de baguette de pain tartinée de pâté de foie.

Edward vint s'asseoir dans le lit et se prit une pointe de quiche florentine. Si je voulais continuer à profiter de l'Apollon qui partageait mon repas, et lui de moi, il nous fallait reprendre des forces. Je mangeai donc avec appétit.

Et je réfléchis pendant que j'avais la bouche pleine.

À cause de cette rencontre improbable avec Edward Masen, p.d.g. d'une multinationale dont j'entendais parler tous les jours dans les bulletins d'informations, ma vie venait de prendre un virage à cent quatre-vingts degrés. Et je ne savais pas quoi faire de ce constat. Si vraiment Edward était sérieux à propos de ses sentiments envers moi, il voudrait continuer à me fréquenter sur une base régulière. J'étais extatique rien que de penser que je pourrais devenir sa compagne, peut-être même plus…Mais Edward avait son domicile fixe à Chicago, et j'habitais un petit logement à côté du jardin botanique de Brooklyn, New York. Notre relation était vouée à l'échec dès le départ, m'attristai-je.

« Ça ne pourra jamais marcher toi et moi, Edward, » déclarai-je après un moment.

« Je trouve au contraire que ça marche très bien jusqu'à maintenant, » répliqua-t-il, tout sourire.

Ah!ah! Très drôle…

« Tu demeures à Chicago, et moi à Brooklyn. Les amours à distance n'ont jamais été ma tasse de thé, Edward, » expliquai-je.

« Qui te parle d'une relation à distance, Bella chérie? Je passe plus de temps à voyager pour m'occuper de mes affaires que je n'en passe au siège social. J'étais justement à Manhattan pour finaliser une restructuration quand je t'ai vue pour la première fois. Je possède un condo sur Central Park Est, à cinq minutes du MOMA, » dit-t-il posément.

« Je déteste l'art moderne… » Admis-je pour voir sa réaction.

« Je voulais te donner l'heure juste, Bella, pour que tu comprennes à quel point je suis sérieux, » dit-il, un peu irrité.

« Edward, j'enseigne la littérature à des jeunes dans un quartier défavorisé. Tu possèdes ta propre entreprise. Nous n'avons rien en commun, » tentai-je de le raisonner.

« Je t'aime, Bella, et tu m'as avoué que c'était réciproque. Alors je ne te laisserai certainement pas ruiner cette soirée avec des arguments aussi peu recevables, » conclut-il.

Il poussa le plateau, qui tomba par terre, et se rua sur moi. Il s'empara du rebord de ma serviette et me chuchota à l'oreille « Je t'ai laissée te reposer plusieurs heures, Bella, mais je pense qu'il est temps qu'on reprenne là où on avait arrêté. »

La seconde d'après, Edward tirait sur ma serviette, et je me retrouvai nue dans ses bras. Il m'allongea et ne me quitta pas des yeux pendant qu'il entreprenait d'enlever ses vêtements. Je ne voulais pas le laisser se dévêtir seul. C'était à mon tour de lui faire sa fête. Je bondis sur lui et déchirai littéralement le t-shirt qu'il portait, avant de m'affairer à lui retirer le pantalon qui sculptait si admirablement ses jambes. Quand il fut dans sa tenue d'Adam, j'enfouis ma tête dans sa pilosité, comme je l'avais fait la veille en pensant que c'était lui qui se trouvait devant moi. Son odeur était enivrante. Je ne pourrais plus jamais m'en passer…

Edward me remit gentiment en position allongée et m'écarta les jambes.

« J'ai cru que j'allais rendre l'âme hier, Bella, quand tu t'es offerte ainsi à ma vue, » dit-il d'une voix rauque de désir.

« Je sais, » avouai-je. « Mais je n'y suis pour rien, Edward. Je ne faisais qu'obéir à tes commandes. »

« Touché, mademoiselle Swan, » admit-il, le regard en feu.

« Venge-toi quand même, » le défiai-je, déjà chaude et humide.

« Tu l'auras voulu…, » fit-il malicieusement avec son sourire en coin.

Oh oui je le voulais, bordel d'enfer…

Il s'avança entre mes cuisses, bandé comme dans mes fantasmes, et s'introduisit en moi en trois poussées qui suffirent à m'amener au bord de l'abîme.

« Bella, mon ange tombée du ciel…, » articula-t-il entre deux va et viens qui altéraient sa respiration.

« Oui, mon prince qui roule en Volvo? » Demandai-je, de plus en plus fiévreuse.

« Tu es plus chaude qu'une nuit d'été. Je suis si bien en toi, que j'y passerais ma vie…, » confessa-t-il à bout de souffle.

Mon pouls accéléra et je commençai à onduler mes hanches en cadence avec les mouvements d'Edward, pour amplifier la sensation grisante qui s'était emparée de moi quand il m'avait pénétrée. Son visage était juste au dessus du mien, ses bras de chaque côté de mes épaules. Il se pencha et couvrit encore une fois mon visage de ses baisers brûlants. J'avais les mains libres. Je lui pris la figure doucement et attirai ses lèvres vers les miennes. Il m'embrassa passionnément pendant que mon excitation grimpait en flèche. Puis il remonta mes bras au dessus de ma tête avec une de ses mains, sans lâcher ma bouche, et entreprit de me masser les seins avec sa main vacante. Il venait de m'envoyer en orbite, et sans doute le savait-il, car il me regarda plus intensément à cet instant précis. J'enroulai mes jambes autour de sa taille et me jetai à la rencontre de ses poussées qui pouvaient à présent aller jusqu'au fond de mon col. Edward donna un dernier coup de hanche et je le sentis atteindre son climax en même temps que j'éclatais en un orgasme si puissant que je ne pus m'empêcher de hurler, même si j'étais à bout de souffle et saturée de volupté, « Edward, doux Jésus, qu'est-ce que tu viens de me faire? »

La porte de la chambre s'ouvrit brusquement, et j'aperçus Emmett et Rosalie dans l'embrasure. Ils nous observèrent avec, tous les deux, le même air complètement stupéfait. Finalement, Rosalie se retourna et je l'entendis crier, à l'intention de ceux qui étaient en dehors de la chambre :

« Esme, Alice, vous ne devinerez jamais! Edward vient de procurer son premier orgasme à Bella! »

***** Fin *****

More than one chapter : checked.

Lemons : checked.

Edward POV : checked.

Hunting : checked. (didn't Edward kill a mountain lion?)

Edward fucking Bella over and over again : checked.

Good night and sweet dreams everyone…