A/N: la saga Twilight est l'œuvre de l'irremplaçable Stephenie Meyer, et je ne fais que m'amuser – pour une dernière fois en ce qui a trait à cette histoire – avec ses personnages.

Je vous livre ici la conclusion d'Indomptable esclave, une fiction érotico historique totalement disjonctée qui m'a amenée dans des coins très reculés de mon imagination, pour votre plus grand plaisir je l'espère.

Je tiens à vous remercier, fidèles amies lectrices qui m'avez suivie dans cette aventure chapitre après chapitre, et qui avez posté des reviews pour me faire savoir votre présence, et je me dois de souligner en particulier l'appui de Fleur50, erika shoval, Evelyne-raconte et Louise Malone qui m'ont encouragée dans les moments où j'en avais le plus besoin.

Au moment où j'entreprends l'écriture de ce dernier chapitre, j'ignore combien de pages il me faudra pour boucler la boucle, mais j'ai choisi de l'écrire à la troisième personne, sans quoi il m'aurait fallu entrer dans la tête de beaucoup de personnages, et honnêtement je ne m'en sens plus la force… Mais si vous avez commencé la lecture de ma traduction Des gens comme nous, vous savez à quoi ressemble ce style de narration. Je vais tenter de faire une Sebastien Robichaud (The Ice Queen and Mister McCarty, The University of Edward Masen) de moi-même avec ce dernier lever de rideau, en hommage à son incroyable talent d'écrivain...

Bonne lecture.

Chapitre vingt-septième: Épilogue.

Un mois plus tard…

Le Maître de l'Univers tanguait doucement sur l'océan Atlantique en ce frisquet matin d'octobre. Il continuait de filer vers les terres du Nouveau monde, mais Tanya était maintenant tellement habituée à son mouvement sur l'eau qu'elle ne le sentait plus vraiment. Jacob avait pris les commandes du galion dès de départ de Marseille, et en tant que compagne du capitaine, l'ancienne favorite d'Aro logeait dans la plus grande cabine du vaisseau avec lui.

On se serait à peine cru à bord d'un navire dans cette vaste pièce qui faisait à la fois office de salon, de salle à manger et de chambre à coucher, car elle était située sous le pont et tout au centre du bateau. L'intérieur était éclairé par un puits de lumière qui donnait justement sur le pont. Cependant, aucun des membres de l'équipage ne pouvait jouer les voyeurs en regardant à travers la surface transparente, car le verre du puits était givré et avait une épaisseur de cinq centimètres.

Pourtant, ils auraient eu matière à se rincer l'œil bien souvent, depuis que le Maître de l'Univers avait franchi le détroit de Gibraltar, s'ils avaient pu voir ce qui se passait dans l'intimité des quartiers de l'ancien palefrenier devenu capitaine de galion. Car aussitôt que Jacob finissait ses quarts à la roue du gouvernail, il retournait rejoindre sa belle Russe et n'acceptait plus qu'on vienne le déranger à moins d'une urgence. Il passait des heures à lui faire l'amour et à la laisser lui faire des choses qu'il n'aurait jamais osé demander lui-même. C'est elle qui prenait l'initiative, mais il faut dire qu'elle avait beaucoup plus d'expérience que lui étant donné le contexte dans lequel elle avait vécu les douze dernières années de sa vie, sans compter qu'elle était de huit ans son aînée.

Il n'aurait pas voulu se faire déranger non plus ce matin-là lorsqu'il réintégra sa cabine. Il avait été obligé de rester éveillé toute la nuit car l'océan était agité et il voulait s'assurer que l'équipage – les anciens esclaves des Volturi plus quelques hommes ramassés dans le port de Marseille avant le départ – faisait tout en son pouvoir pour éviter les fausses manœuvres qui auraient conduit le vaisseau à sa perte. Il était épuisé, mais en voyant que Tanya était réveillée et le dévorait des yeux avec concupiscence, il sut qu'il n'allait pas pouvoir dormir tout de suite. Cela ne le dérangeait pas, car lorsque l'ancienne esclave le regardait comme en ce moment, ça signifiait qu'elle voulait lui faire sa fête, et il devenait sa proie consentante.

« Tu m'as manqué cette nuit, Jake, » dit-elle avec une moue boudeuse. « Je déteste quand tu décides de faire le quart de minuit à six heures… »

Jacob retira ses bottes et sa ceinture et vint la rejoindre dans le grand lit. Il tira l'édredon et vit que sa compagne était nue sous les couvertures. La vue de son corps aux courbes gracieuses, de ses seins généreux dont les mamelons pointaient vers lui avec arrogance, mais surtout de ses jambes écartées laissant très bien voir son sexe visiblement déjà prêt à l'accueillir, provoqua chez lui une érection presque douloureuse.

« Tu veux me faire entrer en combustion, petite démone? » Se moqua-t-il gentiment en commençant à déboutonner sa chemise.

Tanya se redressa et bondit sur lui en un geste presque félin. « Je n'ai simplement pas envie de te voir me ronfler en pleine figure. Allez, laisse-moi m'occuper de toi et… tu dormiras mieux après, » fit-elle avec un petit sourire entendu.

Elle ne lui donna pas le temps de répliquer et entreprit de le dévêtir elle-même. Elle s'éternisa sur les cordons de sa chemise et à chaque fois qu'elle en défaisait un, elle bombait la poitrine vers l'avant dans un mouvement provocateur. Lorsqu'il ne resta plus que le dernier cordon à détacher, Jacob s'empara momentanément de ses poignets pour la stopper et les plaça au dessus de sa tête, puis il se pencha pour sucer goulûment ses tétons. La jeune femme poussa une plainte de volupté.

La main de Jacob qui ne tenait pas les bras de Tanya dans les airs glissa lentement entre ses seins qu'il stimulait sans relâche avec sa bouche, et descendit le long de son estomac jusqu'à son mont de Vénus recouvert d'une toison rousse. Il y avait plus d'un mois que Tanya n'avait pu être épilée puisque c'était aux eunuques du harem de s'acquitter de cette tâche, mais Jacob se fichait éperdument de ce détail car pour lui rien ne valait le naturel chez une femme. Elle était assise sur ses talons, les cuisses écartées, et le jeune homme eut facilement accès à sa chatte complètement trempée. Il glissa deux doigts à l'intérieur et commença à pomper lentement tout en gardant le pouce appuyé sur son clitoris.

« Oui, Jake, continue comme ça, j'y suis presque, » souffla-t-elle dans son cou qu'elle prenait plaisir à mordiller.

Jacob aurait voulu l'embrasser sur la bouche, mais il savait qu'elle adorait l'effet de succion sur ses mamelons, et il aimait aussi qu'elle lui mordille la peau du cou; les ondes d'extase qu'il ressentait alors se propageaient jusqu'à son phallus qu'il avait très hâte de libérer de son pantalon. Heureusement que Tanya était sur le point de jouir, car lui-même avait du mal à se contenir en la voyant devenir toute rose sous le coup de l'excitation. Il relâcha les poignets de sa bien-aimée et elle les garda docilement dans son dos pendant qu'il se mettait à masser ses seins en même temps qu'il s'affairait sur ses mamelons. Il sentit les parois vaginales de Tanya se resserrer et accéléra son mouvement de va-et-vient dans sa chatte. Tout à coup, elle arqua le dos et envoya sa tête vers l'arrière.

« Oh ouii, oh ouiii, ooooohhhh! » Hurla-t-elle avant de retomber vers l'avant sur son amant qui avait finalement lâché sa poitrine pour pouvoir enfin prendre sa bouche et l'embrasser fougueusement, étouffant ainsi ses derniers cris de plaisir.

Au bout d'un moment, Tanya mit un terme à ce baiser enflammé et fit basculer Jacob sur la couette en poussant sur son torse velu. Elle se pencha sur lui pour finir de détacher sa chemise et la lui retira avec dextérité. Elle dégrafa la braguette du pantalon de son amant, ce qui eut pour effet de libérer son sexe engorgé, et s'apprêtait à faire glisser le vêtement vers le bas, mais Jacob l'interrompit.

« Pas le temps, Tanya, je suis sur le point d'exploser. »

Sans perdre une seconde, l'ancienne esclave des Volturi se plaça entre les jambes de son amoureux et s'empara de sa verge qu'elle réussit à mettre au complet dans sa bouche. La facilité déconcertante avec laquelle elle y parvenait ne cesserait jamais de surprendre Jacob. Aucune de ses anciennes conquêtes n'y était jamais arrivée en raison du volume et de la longueur considérables de son membre viril. Mais Tanya ne lui avait rien caché de sa formation en tant qu'esclave sexuelle, et il savait que c'était Edward qui lui avait montré comment satisfaire un homme oralement. Il était donc facile pour lui de conclure que le fiancé de Bella avait lui-même un pénis aux dimensions enviables.

Aussitôt que la jeune femme commença à faire succion sur sa verge, allant jusqu'à utiliser simultanément ses lèvres, ses dents et sa langue, il sut qu'elle n'aurait pas à fournir beaucoup d'efforts pour le mener à l'orgasme. Il sentit ses mains habiles caresser ses testicules et la zone sensible juste en dessous et il agrippa les couvertures avec force. Bon Dieu, cette fille était une magicienne du sexe, il n'y avait pas d'autres mots pour la décrire. Après seulement quatre allers retours jusqu'au fond de sa gorge, il n'en pouvait déjà plus et il entra en éruption; il sentit sa bien-aimée avaler sa semence à mesure qu'il se libérait, par saccades, dans sa bouche qui savait faire tant de merveilles. En même temps, il serra les dents pour retenir ses cris de jouissance qui auraient probablement été entendus par tous ceux qui dormaient dans les cabines adjacentes.

Jacob ouvrit les yeux et vit Tanya revenir se nicher au creux de son épaule. Elle lui chuchota à l'oreille, « Tu peux dormir maintenant. Tu l'as bien mérité. »

Juste comme elle prononçait ces mots, on frappa frénétiquement à la porte de la cabine et Jacob reconnut la voix de Garrett, « Commandant Black, nous arrivons en vue de l'île du Cap Breton! »

Tanya pouffa de rire, « C'est Kate qui va être contente. Fini le mal de mer; elle va pouvoir sortir au grand air et aller avouer à ton second qu'elle est amoureuse de lui. »

ooooo

Bella ne se sentait pas très bien depuis quelques jours. Elle avait toujours envie de dormir, et il lui arrivait d'être incommodée par de terribles crises de migraine. Mais elle n'était pas une mauviette et elle essaya de se convaincre que ses malaises étaient causés par le stress des préparatifs de son mariage qui devait avoir lieu le lendemain.

Esme l'avait envoyée dans le cellier du château pour aller chercher les bouteilles qui allaient accompagner le repas qu'elle préparait pour la noce. Il y avait seulement trois semaines que le domaine des Cullen de Morvalle avait été rouvert après que les propriétaires eurent brillé par leur absence pendant près de dix ans. Aussi, Esme n'avait pas encore eu le temps d'embaucher du personnel pour l'aider à gérer le château. Il avait d'abord fallu faire un ménage complet des lieux. Cela avait exigé beaucoup de temps et d'efforts, et tout le monde y avait contribué sauf Alice qui s'était contentée de s'asseoir dans le fauteuil le plus confortable du manoir pour donner des ordres, et Carlisle qui n'était pas encore revenu de son voyage à Versailles mais dont le retour était imminent puisqu'il serait présent pour le mariage.

Par un très heureux hasard, même si octobre tirait à sa fin, il y avait eu de nombreux jours ensoleillés dernièrement, si bien qu'il faisait encore très chaud dehors, de même qu'à l'intérieur du manoir. Par contre il faisait frais dans la cave à vin, même si Bella essayait de mettre ses étourdissements sur le compte de la chaleur ambiante. Elle avait apporté un panier afin de faciliter le transport des bouteilles jusqu'à la cuisine, mais il était clair qu'elle serait forcée de faire plusieurs allers-retours pour acheminer la trentaine de bouteilles que sa nounou avait prévu d'ouvrir durant les festivités nuptiales. Les gens de Monbazillac avaient tous été conviés au repas qui suivrait la cérémonie, et c'est pourquoi Esme tenait à ce que le vin coule à flot. Le vin était d'ailleurs la seule denrée qu'il y avait en grande quantité au château en ce moment.

Bella n'était pas contente d'être obligée de transporter sa charge toute seule. Elle aurait dû accepter d'aller en pique-nique avec Alice, Jasper, Rosalie et Emmett au lieu de rester toute seule au château avec Esme. Edward était allé chercher des provisions au village avant qu'elle ne se réveille – elle n'arrivait plus à se réveiller tôt le matin – et elle avait déjà hâte qu'il revienne. Le besoin qu'elle avait de lui était presque maladif, songea-t-elle en remplissant son panier avec des bouteilles de vin rouge.

Alors qu'elle se redressait d'un geste vif après avoir mis six bouteilles dans le panier fait de broche en métal, elle vit les murs de pierre du cellier se rapprocher d'elle à toute vitesse en même temps qu'elle sentait la terre se dérober sous ses pieds. Elle plongea bientôt dans un gouffre de ténèbres.

oo

Edward rentra au manoir en début d'après-midi. Le chariot qu'il conduisait était rempli des provisions qu'Esme lui avait demandé de lui procurer: pommes, poires, prunes, brugnons, patates douces, échalotes, oignons, fèves, panais, farine, sucre, miel, etc. Heureusement qu'en arrivant au manoir, trois semaines plus tôt, Emmett avait tout de suite fait l'acquisition de deux vaches laitières et de plusieurs poules pour subvenir aux besoins des habitants du domaine en lait et en œufs. Edward était impatient de pouvoir refaire un jardin potager, mais le mois d'avril était encore loin. Il revoyait Elizabeth, sa mère, affairée au jardin dès les premiers semis, et jusqu'aux dernières récoltes. Les radis qu'elle cueillait en mai lui étaient toujours réservés; elle les faisait cuire dans du beurre et les lui servait avec un délicieux civet de pieds de cochon.

Edward n'était pas dupe; il savait que s'il pensait à sa mère en ce moment, c'est parce qu'il aurait voulu qu'elle soit encore vivante pour pouvoir assister à son mariage avec la belle marquise de Courville, la femme de sa vie.

Il savait qu'Isabella ne se sentait pas bien dernièrement, mais il n'en avait pas fait plus de cas parce qu'elle était malgré tout assez en forme pour chercher ses caresses nuit après nuit – et parfois même pendant la journée – depuis leur arrivée en Dordogne.

« Esme, est-ce que tu as vu Bella depuis mon départ ce matin? » Demanda-t-il à la compagne de son père en déposant une partie des provisions sur l'immense îlot de travail au milieu de la cuisine.

« Eh bien, je l'ai envoyée chercher des bouteilles de vin dans le cellier, mais ça fait déjà un petit moment. Elle aurait dû revenir avec la première livraison, il me semble. »

En voyant l'inquiétude se manifester dans le visage du jeune homme, Esme se sentit coupable d'avoir chargé Bella de la corvée du vin. Après tout, elle aurait pu attendre le retour des autres et leur suggérer de s'y mettre à plusieurs pour remonter les foutues bouteilles d'alcool. Mais c'était par habitude qu'elle avait demandé à sa protégée de l'aider dans les préparatifs de la noce. Au château des Swan de Courville, Isabella passait son temps à la cuisine pour l'aider à préparer les repas, même si ce n'était pas du tout ce que ses parents attendaient d'elle.

« Elle a peut-être été distraite par quelque chose d'autre et décidé de remettre sa corvée à plus tard, » finit par dire Edward en quittant la cuisine comme s'il y avait le feu.

Esme soupira. Cher Edward, il avait beau vouloir paraître impassible en toute circonstance, ça ne marchait pas du tout dès que Bella était concernée. Elle se demanda si elle devait lui parler de ses soupçons, mais non, ce n'était pas à elle de divulguer des détails intimes à un homme. Elle n'avait aucune preuve de toute façon, que de vagues indices…

Tout de suite en sortant de la cuisine, Edward se précipita dans le long corridor au bout duquel se trouvait la porte d'accès à la cave à vin. C'était un endroit sombre, frais et humide qui rappelait étrangement les soubassements du palais des Volturi. Peut-être que Bella avait eu les mêmes pensées et que ça l'avait rebutée, mais il en doutait fort car c'était une jeune femme qui, de son propre aveu, n'avait aucune difficulté à faire table rase du passé si elle y avait vécu un événement traumatisant. Il descendit l'escalier avec un mauvais pressentiment lui enserrant la poitrine.

« Bella, est-ce que tu es là? » Demanda-t-il en essayant de garder son calme. « Esme m'a dit qu'elle t'avait envoyée quérir des bouteilles de vin, et j'ai pensé que tu aurais besoin d'un coup de main… »

Il s'arrêta net en bas des marches. Il pouvait voir les jambes de sa fiancée dans un angle de la pièce, mais il ne voyait pas le reste de son corps, caché par une rangée de tonneaux vides. Il accourut vers elle et vit qu'elle gisait inconsciente sur le sol dur et froid. Apparemment, en s'évanouissant elle avait laissé tomber sa charge; les bouteilles avaient toutes cassé en mille éclats et il y avait du verre brisé et du liquide partout, y compris sur sa robe, ses bras et ses jambes. Elle avait même des petits morceaux de verre de fichés dans le cou.

Edward passa une main sur ses joues et les tapota doucement. Bon Dieu, il ne fallait pas qu'elle bouge trop brusquement. Elle ouvrit les yeux.

« Edward, je suis désolée, j'ai eu un malaise, » dit-elle d'une voix un peu rauque.

« Bella, ma chérie, il ne faut pas que tu bouges tout de suite. Tu as échappé les bouteilles en tombant et elles se sont fracassées sur le plancher. Il y a des éclats de verre partout, y compris sur toi. Je vais essayer de tout enlever avant de te soulever d'ici, d'accord? »

Bella se contenta de hocher la tête. Elle voyait l'angoisse dans le regard de son fiancé. Peut-être qu'il lui mentait pour ne pas l'énerver davantage; pourquoi voulait-il qu'elle reste immobile? Pour ne pas voir l'étendue de ses blessures? Et si l'humidité qu'elle sentait à travers ses vêtements n'était pas seulement due au liquide qui s'était échappé des bouteilles en cassant? Si elle avait perdu du sang aussi? Edward dut se rendre compte qu'elle était en train de paniquer car il esquissa un mince sourire pour la rassurer.

« Bella, les blessures causées par les éclats de verre sont superficielles, mais si tu fais un faux mouvement, tu pourrais faire en sorte que la vitre s'enfonce dans ta chair, et c'est ce que je veux éviter à tout prix. »

Il sortit une petite pince de sa poche et commença à retirer les éclats qu'il voyait dans son cou. Il lui fallut un bon cinq minutes pour en venir à bout, après quoi il passa la main derrière sa nuque pour vérifier qu'il n'y avait pas de vitre là aussi. Ensuite il sortit un mouchoir avec lequel il entoura son cou qui saignait légèrement. Pendant tout ce temps elle demeura silencieuse.

En vérité la nervosité l'empêchait d'ouvrir la bouche, car elle était désormais convaincue qu'elle était atteinte d'une maladie très grave. Ce n'était pas normal qu'elle n'arrive pas à se réveiller le matin, qu'elle passe son temps à avoir des maux de tête, qu'elle ait perdu du poids récemment même si elle mangeait plus que d'habitude. Et la perte de connaissance qu'elle venait d'avoir était la preuve qu'elle allait très, très mal.

Edward lui prit la main droite et l'examina comme il faut. Il retira des éclats de verre là aussi et se servit d'un autre mouchoir pour la lui bander. On aurait dit que les mouchoirs apparaissaient dans ses poches au fur et à mesure qu'il en avait besoin… c'était bizarre. Il répéta la même chose avec sa main gauche. Par chance elle portait une robe à manches longues, ce qui facilita sa tâche en réduisant la surface de sa peau susceptible d'avoir été atteinte par le verre.

« Bon, je vais pouvoir te soulever et t'emmener dans un coin éloigné de tout ce verre brisé pour m'occuper de tes jambes, » dit le comte en finissant de bander sa main. « Je reviendrai plus tard nettoyer le dégât sur le plancher. »

« Merci, Edward, » répondit Bella avec un filet de voix.

Il la prit dans ses bras et alla la déposer contre le mur près de l'escalier.

« Tu es trempée, ma chérie. Je vais aller te chercher d'autres vêtements, ça ne sera pas long, » dit-il encore, mais elle le retint par le bras quand il voulut se relever.

« Non, Edward! » Cria-t-elle, désespérée. « Je t'en prie, reste ici avec moi. Il y a encore des éclats dans mes jambes, et j'ai mal… »

Ce n'était pas vrai, mais elle était prête à mentir pour qu'il ne s'éloigne pas d'elle. Elle était certaine qu'elle n'en avait plus que pour quelques heures à vivre. Et elle voulait les vivre au maximum.

« Mais, Bella, je ne veux pas que tu attrapes ta mort. Il ne fait vraiment pas chaud ici…, » répliqua-t-il en fronçant les sourcils et en la regardant droit dans les yeux pour essayer de comprendre ce qui n'allait pas chez elle.

Oh Edward, si tu savais! Songea-t-elle en fermant les yeux. Je vais mourir bientôt. S'il te plaît, fais-moi l'amour une dernière fois…

« J'ai mal! » Cette fois elle avait les larmes aux yeux en répétant ces deux mots.

« Je vais rester avec toi, mon amour, et je vais soigner tes jambes, » soupira Edward. « Mais je ne vois pas ce qui peut te causer tant de douleur. Les éclats n'ont pas pénétré ta chair en profondeur. »

Patiemment, il retira chaque petit bout de verre, et il termina en essuyant les gouttes de sang avec le dernier de ses mouchoirs. Il sentait Bella tendue à l'extrême et il n'arrivait pas à saisir pourquoi.

« À présent tu peux retirer ma robe, si ça t'embête tellement que je sois toute trempée, » fit-elle avec un espèce de sourire résigné.

« Mais non, Bella. Si tu as mal, je vais te transporter dans ta chambre et te donner quelque chose contre la douleur, » rétorqua son fiancé.

Elle était prise à son propre jeu. Elle ne voulait pas retourner dans sa chambre – Edward et Bella faisaient chambre à part jusqu'au mariage – et se faire traiter comme si elle était à l'article de la mort, même si c'était le cas. Et si elle lui avouait qu'elle était sur le point de mourir, il ne voudrait jamais lui accorder ce qu'elle voulait.

« J'ai une meilleure idée pour enlever la douleur, Edward… » Elle ne termina pas sa phrase, espérant qu'il comprendrait où elle voulait en venir.

Ma foi, réfléchit son amoureux en l'entendant lui demander implicitement de lui faire l'amour, si elle voulait qu'il la prenne ici dans le cellier alors qu'elle se remettait à peine d'une perte de conscience, c'est qu'elle n'allait pas si mal que ça après tout. Il ne lui traversa pas l'esprit qu'elle était tout bonnement en train de le manipuler. Bella remercia le ciel qu'Edward ne se soit pas encore rendu compte de la gravité de son état.

Elle l'attira plus près d'elle et pencha légèrement la tête pour qu'il l'embrasse. Edward ne se fit pas prier; il aurait passé sa vie à dévorer les lèvres exquises et la bouche gourmande de sa bien-aimée. Tout en taquinant la langue de Bella avec la sienne, il commença à dégrafer son corsage, mais décidément, il devait avouer que les robes de mousseline qu'elle portait chez les Volturi avaient eu leurs avantages lorsque venait le temps de la dénuder. Il sentit la jeune femme sourire contre ses lèvres.

« Besoin d'aide, mon amour? » Questionna-t-elle en se désengageant momentanément de son fiancé.

Il profita que son cou ne soit qu'à quelques centimètres de ses lèvres pour le couvrir de baisers. La marquise de Courville soupira d'aise.

« Donne-moi juste quelques minutes de plus, Bella, » répondit-il d'une voix rauque.

Au lieu de s'entêter avec le corsage de sa belle, Edward retira sa propre chemise et la roula en boule.

« Allonge-toi et appuie ta tête sur ma chemise, » ordonna-t-il du même ton autoritaire dont il se servait naguère dans sa salle de dressage.

Bella obéit prestement et se mit en position couchée. L'anticipation de ce qui s'en venait compensait pour l'inconfort de sa robe humide. De toute manière, très vite elle en serait débarrassée…

Edward se plaça à la hauteur de ses jambes et releva ses jupes jusqu'en haut de ses cuisses. Il se pencha sur celles-ci et commença à les goûter avec sa langue. Pas de doute, la peau de Bella était imbibée de vin.

« Hummm, je crois que pour moi, le festin de noce va débuter avant l'heure prévue, » commenta-t-il avant de replonger sa tête entre les cuisses de la marquise qui se mit à avoir du mal à demeurer immobile.

Elle savait où les manœuvres de son amant allaient la mener, et pendant qu'il la dégustait en prenant son temps, elle entreprit de détacher elle-même son corsage et de l'ôter, de sorte que quand il la regarderait à nouveau, sa poitrine serait dans son champ de vision pour le narguer.

« Oh, Bella, tu vas devoir être très patiente, car j'ai l'intention de lécher chaque centimètre de ton corps avant de te prendre, » dit-il en relevant encore la tête pour s'adresser à elle.

Elle était déjà très proche de l'extase, comment allait-elle faire pour se retenir? Comme s'il avait lu dans ses pensées, Edward poursuivit, « Je ne vais pas te laisser fermer les cuisses, et je ne vais pas te toucher tout de suite. »

Et ce disant, il arrêta son petit manège sensuel et écarta les cuisses de Bella encore davantage pour pouvoir mettre ses genoux au milieu et se pencher sur sa poitrine sans l'écraser de tout son poids. C'est là qu'il recommença à la tourmenter, faisant graviter sa langue autour de ses mamelons en érection avant d'attraper ses aréoles au complet dans sa bouche pour les sucer consciencieusement. Bella sentit ses fluides couler en abondance et ruisseler vers ses fesses. Elle cambra le bassin, mais c'est tout ce qu'elle pouvait faire comme mouvement avec Edward au dessus d'elle. Un tiraillement familier s'empara de ses entrailles.

« Pitié, Edward, je n'en peux plus, » admit-elle, pantelante.

« Je sais, trésor, » se contenta-t-il de répondre en passant d'un sein à l'autre.

Bella se mit à tourner la tête dans tous les sens en se demandant si elle avait fait quelque chose pour mériter ce singulier supplice qui la poussait vers le bord d'un précipice de volupté. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Elle allait probablement mourir encore plus vite qu'elle l'avait imaginé…

Le comte de Morvalle finit par s'en prendre à une autre cible du corps à moitié dévêtu de la marquise de Courville, en l'occurrence les creux de ses avant-bras, sur lesquels il passa sa langue comme un chat lapant son bol de crème. La jeune aristocrate émit un autre gémissement de plaisir. Visiblement, Edward venait de trouver une nouvelle zone érogène chez sa compagne. Il continua de s'affairer sur elle jusqu'à ce qu'elle se tortille d'excitation, et alors il immobilisa ses hanches avec ses mains qui auparavant étaient restées de chaque côté de ses bras.

« Est-ce que tu as encore mal, Bella? » Finit-il par demander avec un sourire en coin.

« Ah! Quelle idée de me poser cette question maintenant que ça me tire partout dans mon… dans mon intimité, » s'offusqua sa bien-aimée en bafouillant.

Elle n'avait plus les idées très claires et elle était haletante de désir, mais elle était totalement à la merci de son amant puisque c'est lui qui avait le contrôle de la partie inférieure de son corps; de son bassin jusqu'à ses orteils qui retroussaient sans cesse à cause des sensations exaltantes qui se propageaient de son centre vers ses extrémités.

« D'accord, ma chérie, j'ai assez joué avec toi, » dit-il, le regard fiévreux.

Lui-même s'était rendu malade de désir en savourant sa chair tendre et offerte qui goûtait le Bordeaux. Il ne pouvait plus se retenir plus longtemps, et il voyait bien que Bella se morfondait. Elle lui en voudrait peut-être d'exacerber ses sens de la sorte…

Elle n'eut pas l'occasion de répliquer quoi que ce soit que déjà il la retournait vivement sur le ventre et attirait ses jambes vers lui, sans se soucier qu'il ne se trouvait pas dans un lit douillet mais plutôt sur le plancher froid et hostile d'une cave à vin. Bella se retrouva en appui seulement sur ses coudes et l'entendit détacher son pantalon, puis tout à coup elle n'y vit plus rien car il avait remonté ses jupes au dessus de sa croupe, et maintenant que son tronc était plus bas que ses jambes, elles se trouvaient à retomber sur sa tête.

« Edward, je n'y vois plus rien avec mes jupons renversés sur moi comme ça! » S'insurgea Bella.

« Mais moi, par contre, j'ai une vue renversante de ta croupe, » répliqua malicieusement Edward.

Cet homme était le diable en personne, pensa-t-elle à cet instant, mais comme elle parvenait à respirer malgré le tissu qui la recouvrait, elle décida de ne pas insister et de se concentrer sur ses sensations tactiles à la place.

Même si Edward était à peu près certain que Bella était prête pour lui, il préféra s'en assurer et glissa deux doigts dans sa chatte ruisselante. Il l'entendit gémir de plus belle.

« S'il te plaît, Edward, prends-moi. Prends-moi maintenant! » Dit-elle en poussant un espèce de râle comme si elle était en train d'agoniser.

Bon sang, elle sentait son phallus en érection entre ses fesses, et elle avait l'impression qu'elle jouirait aussitôt qu'il l'aurait pénétrée.

Il se rendit compte que ce n'était plus l'heure de la taquiner et il se plia à sa requête. En une seule tentative, il glissa sa verge jusqu'au fond de son vagin et elle cria son plaisir comme une dévergondée en même temps qu'il la sentait se contracter autour de lui. Cela prit plusieurs secondes avant que les ondes de jouissance qui la traversaient ne s'estompent complètement, et il savait que s'il avait pu voir son visage à cet instant précis, elle lui sourirait de toutes ses dents.

Mais il n'avait pas le temps de lui retirer les foutus jupons car il sentait sa délivrance approcher à toute vitesse. Il se retira presque en entier avant de pousser encore une fois jusqu'au fond des entrailles de sa bien-aimée qui continuait de soupirer de bien-être. Il entreprit de caresser son clitoris pour voir s'il pourrait induire un autre orgasme chez elle et la faire venir en même temps qu'il se libérerait. Ses plaintes de volupté augmentèrent en nombre et en volume.

« Est-ce que c'est bon, ma chérie? » Demanda-t-il pour la forme.

« Edward, je vais… je vais…Aaaahhhh! »

Et au moment où elle lui laissait savoir qu'elle allait jouir encore, il sentit ses parois se contracter à nouveau et ses jus affluer. Il eut l'impression qu'il se faisait aspirer et il se déchargea en elle comme une bête frénétique.

« Bella, mon amour! » Cria-t-il à son tour au paroxysme de son orgasme.

Combien de temps s'écoula-t-il entre ces secondes d'extase et le moment où il eut retrouvé assez de cohérence, de souffle et de vigueur pour se retirer d'Isabella et l'installer dans une position plus confortable afin de l'aider à se rhabiller? Une minute? Une demi-heure? Lorsque Edward remit les jupes de la marquise en place, il s'aperçut qu'elle était profondément endormie. L'angoisse revint déformer les traits de son visage d'ange. Il y avait définitivement quelque chose qui n'allait pas chez elle. Il fit une prière silencieuse pour que Carlisle revienne au plus vite.

ooooo

Pendant qu'Edward devenait de plus en plus anxieux à propos de Bella, son frère Emmett, son ami Jasper ainsi que leurs compagnes respectives, Rosalie et Alice, finissaient de manger leur pique-nique, installés au bord d'un étang à la frontière du domaine des comtes de Morvalle. C'était réellement une journée splendide, et l'ambiance était légère comme le fond de l'air.

Depuis la veille, la comtesse de Marillac avait retrouvé l'usage normal de sa jambe gauche, et elle était toute contente de pouvoir gambader partout comme lorsqu'elle était enfant. Elle aurait facilement pu passer pour une gamine aux yeux de quelqu'un qui l'aurait observée de loin, étant donné son apparence générale.

Au bout d'un moment, Emmett invita la duchesse d'Essanges à aller se promener avec lui dans le petit bois avoisinant, et Jasper demeura seul avec Alice au bord du plan d'eau. Il remarqua la façon dont elle admirait l'étang, et il se demanda comment il réagirait si elle lui disait qu'elle avait envie de faire trempette. Il serait fichu s'il la voyait se dévêtir devant lui pour aller se baigner. Il n'était qu'un homme après tout, et il désirait ardemment ce bout de femme d'une beauté presque irréelle et d'une gaieté étourdissante. Il le lui avait répété plusieurs fois, d'ailleurs, mais elle était farouche sous cet aspect là. Elle avait beau ne plus se souvenir des moments pénibles qu'elle avait endurés à cause de son oncle pervers, son subconscient devait avoir créé des "barrières" dans sa tête.

« J'ai chaud, Jasper, » finit-elle par se plaindre en regardant dans la direction de l'ancien tourmenteur d'esclaves.

« Tu devrais faire comme moi et rester à l'ombre de cet arbre, Alice, » répondit son soupirant en pointant le cerisier sous lequel il était assis.

« Mais j'aime la sensation du soleil sur ma peau, moi. Je suis sûre qu'en enlevant ma robe, je serais plus à l'aise… »

Nue au soleil

« Alice, tu sais ce qui risque d'arriver si tu fais ça, » la gronda gentiment Jasper.

« Mais peut-être que je veux que ça arrive, » répliqua-t-elle sur un ton narquois.

Jasper releva un sourcil. « Ce n'est pas ce que tu disais la dernière fois que nous en avons discuté. »

Alice se leva – elle était assise sur la nappe où se trouvaient les restes du pique-nique – et tapa du pied en signe de contrariété. « Jasper, la dernière fois, j'étais invalide et je n'arrivais pas à me déplacer toute seule ! »

« Quel rapport? »

Il l'observait à la fois avec tendresse et curiosité, et elle se sentit fondre.

« Comment ça, quel rapport? Tu sauras que j'ai ma fierté, Jasper Whitlock! »

Et sur ce, elle se dirigea d'un pas décidé vers le petit lac. Avec un mélange de consternation et de fascination, Jasper la vit, de dos, défaire son corsage, baisser les manches de sa robe et glisser le vêtement le long de ses hanches jusque dans l'herbe. L'inévitable se produisit; il sentit son membre viril devenir dur comme du marbre dans son pantalon. Mais comment aurait-il pu empêcher ça? Alice Brandon était la plus belle femme de tout le royaume de France, se dit-il en la regardant entrer dans l'eau sans hésitation. Pourtant, l'eau de l'étang ne devait pas être chaude à cette période de l'année, été indien ou pas.

Jasper se prit à craindre qu'Alice ne fasse une crise d'hypothermie si elle ne sortait pas du lac au plus vite.

« Bon ça va, petite fée des bois! Pas besoin de jouer les sirènes pour épater la galerie. J'ai compris ton message, » lui lança-t-il en élevant le volume de sa voix pour être sûr qu'elle l'entende.

Tout à coup, il la vit arrêter de nager et se figer.

« Jasper, j'ai senti quelque chose me toucher dans l'eau… quelque chose de gros… »

Ce n'était pas le moment de lui faire remarquer que le plan d'eau dans lequel elle avait décidé de faire saucette était sans doute infesté de bêtes aquatiques.

« Ne reste pas là, alors, » lui dit-il en essayant de garder son calme.

Mais le conseil de Jasper arrivait trop tard. Alice poussa un cri et il la vit disparaître sous l'eau. Il se releva et se précipita dans le lac tout habillé pour tenter de la secourir de la menace invisible. Bordel de merde, l'eau était glaciale! Il pouvait voir des remous à l'endroit où elle avait disparu et il se dépêcha de s'immerger complètement. Il n'y voyait pratiquement rien car l'eau était très vaseuse, et il se demanda comment Alice n'avait pas été répugnée en touchant le sol gluant avec ses pieds nus. Après quelques secondes à investiguer le liquide autour de lui, il finit par avoir prise sur la comtesse qui semblait incapable de remonter à la surface et qui, dans sa panique, se débattait et continuait de se faire entendre même sous l'eau. Il eut tôt fait de réaliser que quelque chose la coinçait au fond de l'étang, mais pour savoir de quoi il s'agissait, il dut tâter chaque partie de son corps. Il était en mode sauvetage et dans un tel contexte il n'était pas question qu'il s'attarde sur ses formes de sylphide.

Finalement, il sentit une créature enroulée autour des cuisses d'Alice. C'était un énorme serpent d'eau! Il ne perdit pas une seconde et sortit un petit canif de la poche de son pantalon pour ensuite l'enfoncer à plusieurs reprises dans le corps de l'animal aquatique. À cause du milieu aqueux dans lequel il se trouvait, ses gestes étaient exécutés au ralenti, mais la bête répugnante ne fut pas longue à lâcher prise, et Jasper put enfin tirer une Alice qui ne se débattait plus autant vers la surface. Au moins, elle n'était pas restée sous l'eau assez longtemps pour vider la réserve d'air dans ses poumons, et quand elle avait senti la présence de Jasper à ses côtés elle avait arrêté de crier.

C'est ainsi qu'elle avait les yeux grands ouverts lorsque son soupirant la prit dans ses bras pour la sortir de l'eau et l'étendre sur la nappe du pique-nique.

« Ça commence à faire beaucoup, » dit-elle en toussotant pour se débarrasser du liquide qu'elle avait dans la gorge.

Jasper était retourné chercher sa robe et quand il revint se pencher sur elle, il avait l'air perplexe. « Beaucoup de quoi? » Interrogea-t-il en essayant de la recouvrir avec le vêtement.

Elle stoppa son geste, « Non Jasper, je veux que tu puisses m'admirer autant que tu le souhaites, et de toute façon je compte sur la chaleur du soleil pour me sécher. »

Jasper soupira, « Alice, je ne peux pas rester indifférent devant ton corps de déesse, et tu… et tu n'as pas répondu à ma question, » répliqua-t-il en détournant son regard parce qu'il ne voulait pas l'effrayer avec le désir qui brûlait au fond de ses yeux.

L'eau glaciale n'avait même pas eu raison de son érection et il la sentait faire pression pour s'évader de son pantalon. Peut-être qu'il n'était pas humain, après tout…

« Je disais que tu m'as sauvée à plusieurs reprises. D'abord de mon oncle, ensuite du chien qui m'avait attaquée, après il y a eu les Volturi, les deux maniaques sexuels, et pour finir cet horrible reptile marin. Je pense que tu mérites une récompense, Jasper. »

Jasper n'était pas un homme calculateur qui agissait dans l'espoir d'obtenir des faveurs en retour de ses actions. Le commentaire d'Alice ne sonna pas très bien à ses oreilles.

« Alice, je ne sais pas ce que tu t'imagines, mais tu ne me dois rien du tout. Tout ce que j'ai fait pour toi, je l'ai fait par devoir; parce que malgré les actes épouvantables que j'ai commis par le passé, et que je donnerais cher pour pouvoir effacer, j'aime à croire que je suis un gentleman. »

« Et si, justement, tu laissais tes manières chevaleresques de côté pour une fois? » Demanda Alice qui s'était remise en position assise et qui le dévisageait à présent avec ferveur. « Je n'ai pas décidé de me dénuder devant toi pour te provoquer, merde! Je ne suis pas une allumeuse, et je sais que tu n'es pas un profiteur. J'ai envie de toi, Jasper Whitlock! »

Sur le coup Jasper se demanda s'il avait bien entendu. Sa petite fée des bois venait de lui avouer qu'elle le désirait elle aussi. Sa patience avait donc porté fruit… Comme il était heureux! Il sentit son cœur se gonfler dans sa poitrine, mais soudain, une pensée vint assombrir ses traits.

« Alice, si tu es vierge, ça risque d'être douloureux pour toi… »

Le sourire d'Alice s'estompa, mais pas le feu dans ses yeux. « Je ne sais pas si je suis encore vierge, Jasper. Je n'ai aucun souvenir de ce que j'ai subi aux mains de mon oncle. »

« C'est aussi bien comme ça, si tu veux mon avis, mais ça n'enlève rien à mes inquiétudes, » admit le jeune homme.

« Il n'y a qu'un moyen de savoir, alors. S'il te plaît, Jasper, prends-moi. Par désir, par tendresse, par amour, peu importe mais je n'en peux plus d'attendre. Prends-moi sur le champ! »

Jasper se rapprocha d'elle, et dans la seconde qui suivit il l'embrassa passionnément. Leur baiser dura une éternité, et quand il se sépara enfin de ses lèvres, à bout de souffle, il lui dit d'une voix rauque, « Alice, tu sais très bien que je suis fou amoureux de toi. Mais il y a un truc qu'il faut que tu saches… »

Les yeux de biche d'Alice s'agrandirent encore plus. « Quoi donc? »

« Si j'ai déjà fait l'amour à une femme auparavant, je n'en ai aucun souvenir, à cause de mon amnésie. »

Alice le regarda sans rien dire pendant un bref instant, puis elle éclata de rire.

« Qu'est-ce qu'il y a de si drôle? » Demanda Jasper, un peu choqué.

« On fait une belle paire, tu ne trouves pas? » Et elle se mit à rire de plus belle.

« Attends ma coquine, je vais te montrer comment on est bien assortis! » Gloussa son amoureux en commençant à détacher sa chemise.

Mais Alice lui sauta littéralement dessus. « Laisse-moi t'aider, grand méchant loup! »

Il lui fallut moins d'une minute pour lui enlever sa chemise et son pantalon. Elle devait vraiment penser ce qu'elle lui avait dit car elle était frénétique. Jasper décida de la laisser prendre l'initiative afin de ne rien brusquer. Tous les deux se tenaient sur leurs genoux et se faisaient face.

En voyant le membre viril de son compagnon pointer presque à la verticale, Alice sentit son désir décupler et ses fluides s'écouler abondamment de son intimité. Elle ne put résister et voulut tout de suite s'empaler dessus. Elle se releva, se colla tout contre le torse duveteux de Jasper, mit ses bras autour de son cou et se laissa redescendre tranquillement de manière à ce que le sexe de son amant glisse parfaitement dans le sien. Les sensations qu'elle éprouva par ce contact intime la firent frissonner de bonheur, et cette joie qu'elle ressentait augmenta lorsqu'elle réalisa qu'il y avait une résistance qui empêchait la progression du phallus de Jasper jusqu'au fond de son ventre. Elle ferma les yeux et sourit de contentement.

Sa réaction avait de quoi surprendre. Jasper, qui l'observait attentivement pour détecter le moindre signe de détresse de sa part, lui demanda, « Tu n'as pas mal, ma chérie? »

« Si Jasper, j'ai mal en ce moment, mais c'est la douleur la plus merveilleuse au monde car elle est la preuve que tu m'as sauvée à temps! »

Et ce disant, elle plaqua sa bouche contre celle de son partenaire pour l'empêcher de protester, et elle se donna une poussée vigoureuse qui eut pour effet de faire déchirer son hymen par la verge de son amant. Il put continuer de l'envahir et de s'enfoncer dans ses entrailles tiraillées d'un désir qui ne demandait qu'à être soulagé.

Elle poussa un cri de triomphe et Jasper commença à bouger avec elle.

ooooo

« Est-ce que tu as entendu ce hurlement, Emmett? On aurait dit Alice en train de se faire attaquer par un loup, » commenta Rosalie en stoppant sa marche sur le petit sentier à l'orée du bois.

Emmett lui sourit de toutes ses dents. « J'crois pas que ce soit un loup, duchesse. M'est avis que Jazz et la petite comtesse ont décidé de passer à l'action. »

Sa compagne sourit à son tour. « Ah! Il est à peu près temps. Il vaut mieux qu'Alice sache tout de suite si elle pourra s'accommoder de ton ami, pas vrai? Surtout s'ils viennent s'installer dans le petit manoir annexé au domaine de mes parents. »

« Et tes parents vont être d'accord avec cet arrangement, Rose? » S'enquit Emmett, qui, pour l'heure, ignorait que sa bien-aimée avait des questions autrement sérieuses à lui poser.

« Emmett chéri, mes parents sont des personnes plutôt gentilles et je les aime bien, mais ils passent plus de la moitié de leur temps à Versailles afin de rester dans les faveurs du roi. Je suis certaine qu'ils vont encore oublier mon anniversaire – qui approche à grands pas d'ailleurs. »

« Ce que tu essayes de me dire, finalement, c'est que tes parents se fichent de toi et que tu peux faire la pluie et le beau temps au château des Hale d'Essanges? »

« Tu as tout compris, mon gros toutou. »

Rosalie reprit sa marche à l'ombre des grands ormes jusqu'à ce qu'elle rencontre un tronc en travers du chemin. Elle s'assit nonchalamment dessus et fit signe à Emmett de venir la rejoindre. Elle semblait subitement moins insouciante. Il prit place à ses côtés et elle posa sa main sur la sienne.

« J'aimerais que tu me racontes les circonstances de votre départ de ce domaine il y a dix ans, » dit-elle sur un ton qui ne laissait pas de place au badinage.

Emmett fronça les sourcils. Pourquoi la femme de sa vie voulait-elle à tout prix ressasser le passé? Que pouvait-il lui dire? Tout ce qui datait d'avant la période durant laquelle il avait été au service des Volturi se perdait dans les méandres de sa mémoire.

« Pour être honnête, Rose, je pense qu'Edward serait plus en mesure de répondre à ta question que moi. Ou alors si tu attends le retour de Carlisle, il pourra t'informer encore mieux. »

« J'ai déjà parlé à ton père, » soupira la duchesse d'Essanges, « et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai besoin d'entendre ta version des faits. »

« Qu'est-ce que tu veux dire par là? Pourquoi t'adresses-tu à moi dans ces termes? Ma parole, on se croirait au tribunal! »

Emmett se releva brusquement et enjamba le tronc mort pour poursuivre son chemin, contrarié. Rosalie fut obligée de courir après lui. Elle l'attrapa par le bras et le força à la regarder droit dans les yeux.

« Pour l'amour du ciel, Emmett Cullen de Morvalle! Qu'est-ce qui te prend de te sauver de moi? Je suis bien placée pour savoir que tu es un homme intègre et foncièrement bon. Mais il se trouve qu'il y a des gens dans la région qui pensent le contraire! Et puisque tu es de retour, ils pourraient revenir à la charge… »

Le comte de Morvalle regarda fixement la duchesse d'Essanges. Celle-ci se demanda s'il avait entendu ce qu'elle venait de lui dire. Mais justement, il avait très bien entendu et cela le laissait confus au possible.

« Je ne comprends pas, Rose. À quoi fais-tu allusion, exactement? »

« Carlisle m'a expliqué qu'il s'est vu dans l'obligation de précipiter votre départ du domaine, il y a dix ans, parce qu'on t'accusait d'avoir commis des viols… »

« Hein? Moi, commettre des viols? Mais c'est complètement absurde, ça! De ma vie je n'ai jamais eu à forcer une fille! Au contraire, elles voulaient toutes coucher avec moi, même les gamines de treize ou quatorze ans, tu imagines? »

Rosalie retrouva un semblant de sourire. Oui, elle imaginait très bien toutes les filles de la région se pâmer pour son gros nounours. Et elle commença aussi à envisager ce qui avait pu se produire pour qu'il se fasse accuser d'être un violeur.

« Emmett, juste par curiosité, combien de "fillettes" as-tu été obligé de remettre à leur place parce qu'elles étaient trop jeunes? » Questionna-t-elle.

« Je ne me souviens plus très bien, duchesse de mon coeur. Peut-être quatre ou cinq. Et le pire dans tout ça, c'est qu'elles me croyaient toutes plus vieux que je ne l'étais en réalité. Elles me donnaient vingt ou vingt-deux ans alors que j'en avais tout juste dix-sept. »

Le visage de Rosalie s'éclaira encore davantage. « Je pense que je vais avoir une bonne nouvelle à annoncer à ton père, alors. »

Son amoureux fronça les sourcils. « Tu parles par énigmes, Rose, et j'ai du mal à te suivre. »

À l'opposée d'Edward, Emmett n'était pas beaucoup porté sur la réflexion et l'introspection. Il cogitait peu et préférait qu'on s'exprime clairement lorsqu'on s'adressait à lui.

« C'est pourtant très simple, mon chéri. Je suis à peu près certaine que ces filles que tu as rejetées jadis se sont senties bafouées, et qu'elles t'ont accusé de les avoir violées pour se venger. »

« Oh putain, quelle drôle d'idée de vengeance! » S'exclama Emmett en entendant l'hypothèse de sa belle. « Ça ne les aurait pas très bien servies si j'avais été appréhendé par les forces de l'ordre et pendu pour mes soi-disant crimes, alors qu'il leur suffisait de patienter quelques années pour s'envoyer en l'air avec moi… »

Rosalie éclata de rire. « Oh, mais ça m'a très bien servie que tu sois forcé de quitter ce coin de pays, sinon je ne t'aurais sans doute jamais rencontré. »

« Et tu aurais dû te contenter d'amants minables pour le reste de tes jours, » gouailla le jeune aristocrate.

« Ha! Ha! Et pas modeste avec ça, » pouffa la duchesse en retour. « J'aurais sans doute fini par atterrir dans le lit du roi, et je me serais amusée à lui faire lécher mes bottes! »

« Pauvre souverain, il ne te mérite absolument pas, et j'ai une bien meilleure idée à te suggérer, » poursuivit Emmett.

Rosalie releva un sourcil et le défia du regard. Bon Dieu de merde! Voulait-elle qu'il éjacule dans son pantalon ou quoi? Elle savait pourtant l'effet que ça lui faisait quand elle le dévisageait de la sorte.

« Vraiment, comte? Je croyais qu'il n'y avait qu'Edward qui savait se servir de sa tête… »

Et elle se remit à courir sur le sentier car elle était sûre qu'il allait vouloir lui faire payer son commentaire sarcastique. Effectivement, il se lança joyeusement à sa poursuite.

« Si je t'attrape, ma jolie, tu vas voir qu'il y a une chose dont je sais très bien me servir, » répliqua-t-il, faisant mine d'être menaçant.

« Je n'attends que ça, mon amour, » roucoula-t-elle de sa voix la plus sensuelle.

Elle alla se cacher derrière un chêne bicentenaire. Lorsqu'il la rejoignit quelques secondes plus tard, il avait dégrafé sa chemise, défait sa braguette, et il était déjà prêt à passer à l'action.

ooooo

C'était la fin de l'après-midi et Esme s'affairait toujours à la préparation du repas de noce. Edward était revenu la prévenir que Bella se reposait dans sa chambre, et c'est lui qui s'était occupé de remonter les bouteilles de vin avant de disparaître à son tour, l'air très anxieux.

La nounou de Bella soupira. Il lui tardait que Carlisle revienne pour examiner la marquise et confirmer ses soupçons, car elle détestait qu'Edward se fasse un sang d'encre à propos de sa fiancée. Si elle avait su que sa protégée elle-même se croyait mourante, elle n'aurait pas gardé le silence, mais voilà: Esme était convaincue qu'Isabella connaissait la raison de tous ses symptômes, et qu'elle voulait simplement attendre d'être officiellement la femme d'Edward pour lui annoncer la bonne nouvelle.

Il y avait deux semaines que Bella avait commencé à éprouver certains malaises, et sa gouvernante avait profité de ses temps libres – surtout tard le soir afin de se distraire en l'absence de Carlisle – pour crocheter divers vêtements de nourrisson: deux petits hauts à manches courtes avec la culotte assortie, de minuscules chaussettes ainsi que des mitaines pour empêcher le poupon de se griffer le visage durant les premiers jours après sa naissance. Elle avait réussi à trouver de la laine dans des tons de jaune, et elle comptait offrir le tout à Bella comme cadeau de mariage.

Elle était absorbée dans ses pensées et n'entendit pas la personne qui marchait dans le corridor menant à la cuisine. Mais il était possible, aussi, que l'intrus ait fait peu de bruit dans l'intention de surprendre la cuisinière. Toujours est-il que ce n'est qu'une fois qu'elle eut senti des bras solides lui encercler la taille qu'elle réalisa qu'elle n'était plus seule dans la grande pièce. Elle sursauta et se retourna vivement. Son cri de frayeur se transforma en cri de joie en apercevant Carlisle qui lui souriait chaleureusement. Ce fut plus fort qu'elle; elle lui sauta au cou et couvrit son visage de baisers. Il répondit en faisant la même chose.

« Tudieu, chère Esme, je ne pensais jamais recevoir un tel accueil de ta part! Je croyais même que tu m'aurais oublié après ce long mois d'absence, » dit-il en reculant pour mieux la contempler.

Esme fit un petit sourire penaud. « C'est plutôt moi qui croyais que tu allais m'oublier dans le tourbillon des festivités de Versailles, cher Carlisle. »

L'expression du comte s'assombrit un peu même s'il savait que la gouvernante de Bella se moquait gentiment de lui.

« Ah, madame! Je n'étais pas là pour m'amuser, et vous le savez très bien! » La taquina-t-il à son tour. « Mais, plus sérieusement, est-ce que la réouverture du manoir s'est bien déroulée? Est-ce que la police de Bergerac s'est pointée ici? »

« Je pense que la nouvelle de votre retour ne s'est pas encore propagée jusque-là, » répondit Esme. « Pour ce qui est de la réouverture des lieux, après tout le ménage que nous avons fait, c'est comme si vous ne vous étiez jamais absentés, à part que les vignes sont à l'abandon, et le potager en jachère. »

C'est seulement à cet instant, en entendant le mot potager et en voyant la montagne de légumes sur l'îlot central, que Carlisle s'avisa du silence environnant.

« Mais dis-moi, Esme, où donc se trouvent mes fils, leurs compagnes et nos invités? Ne devraient-ils pas tous être ici pour te donner un coup de main? »

« Les parents de Bella sont attendus ce soir, sinon Emmett, Rosalie, Jasper et Alice sont allés faire un pique-nique pour profiter de cet été indien qui, je l'espère, durera encore quelques jours. »

« Edward et Bella ne sont pas allés avec eux? Je croyais que la marquise voudrait passer le plus de temps possible avec ses dames de compagnie avant qu'elles ne retournent à Vichy. »

Esme retourna s'occuper d'éplucher les panais. Après, il faudrait qu'elle aille chercher de l'eau pour laver tous les légumes. S'il y a une chose qu'elle regrettait de sa captivité à Volterra, c'était l'accès à l'eau courante dans les cuisines du palais. Ici, elle devait aller la quérir à l'extérieur à l'aide d'une pompe. Mais au fond, de quoi se plaignait-elle? C'était la même chose chez les Swan de Courville, et elle s'en était accommodée pendant plus de vingt ans…

« Vichy n'est pas un trou perdu au milieu d'une île de la Méditerranée, Carlisle. C'est à quelques jours de route d'ici. Les filles vont pouvoir se rendre visite à loisir. Mais tu as raison, j'aurais dû insister pour que Bella accompagne ses amies à l'autre bout du domaine, surtout qu'Edward était déjà parti faire des courses à Monbazillac pour moi. Mais il se trouve qu'elle est très fatiguée ces jours-ci, et aussi très susceptible. Je l'ai vue plusieurs fois se disputer avec Rosalie et Alice à propos de détails insignifiants. Ça finit toujours par la faire fondre en larmes, et alors elle a honte et elle court se réfugier dans sa chambre. »

« C'est encore arrivé aujourd'hui? » S'informa le comte en sa qualité de médecin.

« Non, mais elle s'est évanouie dans le cellier et elle s'est blessée superficiellement avec les bouteilles qu'elle avait échappées, » répondit la cuisinière. « Elle a passé la majeure partie de la journée dans son lit à cause de cet incident, parce qu'elle se lève à onze heures tous les matins depuis deux semaines. »

« J'irai l'examiner tout à l'heure si ça peut te rassurer, ma douce amie. »

Carlisle s'était tranquillement rapproché d'elle en prononçant ces mots.

« Pourquoi seulement tout à l'heure? » Interrogea-t-elle.

Elle ouvrit des yeux plus grands en constatant que Carlisle était juste derrière elle et qu'il remontait lentement tous ses jupons pour avoir accès à sa croupe. Elle émit un petit rire nerveux en sentant sa verge durcie appuyer contre son postérieur.

« Parce que j'ai un besoin plus urgent en ce moment, » murmura-t-il au creux de l'oreille de sa compagne. « Bon sang que tu m'as manqué, Esme! Dieu m'est témoin que je n'ai jamais désiré une femme comme je te désire, ma beauté. Je te jure que j'ai quitté Versailles aussi vite que je l'ai pu… »

Tout en adressant à Esme ces paroles qui firent ramollir ses jambes, il s'affaira à libérer son érection de son pantalon. Ensuite, il écarta ses cuisses chaudes et soyeuses et les frôla d'une main, tandis que l'autre se faufilait dans son corsage pour aller caresser ses seins aussi fermes que ceux d'une jouvencelle.

« Carlisle, et si quelqu'un nous surprenait? » Souffla la quadragénaire qui sentait son cœur battre la chamade dans sa poitrine.

« Il n'y a rien de honteux dans ce que nous sommes en train de faire, Esme, » se contenta de répondre le bon docteur.

Il couvrit son cou de baisers pour la faire taire, mais cela eut pour effet de la faire gémir de contentement. Elle sentit son humidité s'écouler le long de son entrejambe et sourit intérieurement. Carlisle serait satisfait de voir qu'elle était prête pour lui. Mais pour faire bonne mesure, il introduisit trois doigts en elle et entreprit de stimuler le point plus sensible à l'entrée de son vagin. Il savait par expérience que même si elle jouissait très vite de cette manière, elle parviendrait à avoir un autre orgasme quand il la pénétrerait.

Il lui fallut moins d'une minute pour réussir à faire sombrer Esme dans une mer de volupté à l'aide de son massage spécial. Elle arqua le dos et il sentit ses parois vaginales se contracter sur ses doigts. Mais elle ne cria pas au moment ultime; à la place elle émit plusieurs petits grognements.

Carlisle ne lui donna pas le temps de reprendre son souffle; il plaça ses mains de chaque côté de son bassin et s'enfonça en elle jusqu'à la garde en une seule poussée presque violente. Cette fois-ci Esme ne put s'empêcher de crier.

« Aaahhh Carlisle! »

« Si tu savais comme c'est bon quand je te possède ainsi, ma toute belle, » chuchota-t-il dans son oreille. « Est-ce que c'est pareil pour toi? »

« Oui, c'est bon, mais continue à pousser plus fort… plus loin… »

Elle appuya le haut de son corps sur le dessus de la table de travail et se concentra sur les ondes de plaisir qu'elle sentait se former à mesure que son amant augmentait le rythme et la puissance de ses coups de rein au fond de son sexe qui revivait grâce à lui. Il avait vite appris à connaître les réactions de son corps et à les exploiter pour lui procurer le plus de plaisir possible à chaque rencontre sexuelle – c'était seulement la troisième fois qu'il lui faisait l'amour, mais il ne comptait plus les orgasmes qu'il lui avait donnés.

Bientôt, Esme sentit qu'elle allait succomber à nouveau et elle guida les doigts de Carlisle sur son bouton nerveux. La toucher aussi intimement était extrêmement aphrodisiaque, et ce fut le catalyseur qui l'envoya vers son propre climax, car cela amena sa partenaire à jouir une seconde fois; ses parois se resserrant autour de son membre viril lui procurèrent la friction dont il avait besoin pour se soulager à son tour. Au moment où il éjaculait dans le ventre de son amoureuse en hurlant comme un animal, il entendit une voix angoissée derrière lui.

« Carlisle, je pense que Bella est très malade. »

C'est Edward qui avait parlé, et il était pâle comme la mort.

ooo

Dans son demi sommeil, Bella sentit qu'on lui palpait le visage et le cou. Elle ne voulait pas être dérangée; elle voulait mourir toute seule afin de ne pas voir le chagrin distordre le visage d'ange de son fiancé. Elle voulait garder ses traits parfaits intacts dans sa mémoire au moment de quitter ce monde pour s'envoler vers le Paradis.

Elle entendit la voix de Carlisle. Cela signifiait qu'il était enfin revenu de Versailles puisqu'elle savait qu'elle n'était pas en train de rêver.

« Edward, je voudrais faire un examen plus complet de ta fiancée. Il faudrait que tu quittes la chambre, » dit-il sur un ton qui n'admettait aucune réplique.

Oh non! Si c'est Edward qui avait fait venir Carlisle dans sa chambre, ça voulait dire qu'il se doutait de sa condition… Elle avait pourtant tout fait pour lui dissimuler la gravité de son état.

Edward poussa un profond soupir et sortit de la pièce, la mort dans l'âme.

« Bella, si tu es réveillée, j'aurais quelques questions à te poser. »

Le docteur avait pris l'habitude de la tutoyer après leur fuite de Volterra, mais elle ne se sentait pas assez à l'aise pour en faire autant.

Elle ouvrit les yeux, résignée. « S'il vous plaît, Carlisle, ne révélez pas à Edward à quel point je suis malade. Je ne veux pas qu'il soit triste le jour de notre mariage. »

« Bella, j'ai dit à Edward que je devais t'examiner, mais c'était seulement une excuse pour qu'on puisse se parler seul à seul avant votre mariage. »

Bella fixa son futur beau-père avec un regard plein de détresse. « Vous ne voulez pas m'examiner parce que vous savez déjà qu'il n'y a pas d'espoir, c'est bien ça? »

« Calme-toi, Bella. Je t'ai déjà auscultée pendant que tu dormais, et Esme m'a énuméré plusieurs de tes symptômes. Tu n'es pas malade, ma chouette, tu es enceinte. » Les yeux de la marquise s'agrandirent démesurément, mais lorsqu'elle ouvrit la bouche pour parler, aucun son ne voulut en sortir, si bien que Carlisle poursuivit, « Maintenant, si j'ai fait sortir Edward de la pièce, c'est parce que selon moi la décision de garder ou non le bébé ne lui revient pas, et si tu penses que tu es trop jeune et que tu préfères attendre, il serait plus sage qu'il ne soit pas mis au courant que tu attendais un bébé en premier lieu. J'ai le nécessaire pour déclencher une fausse couche, mais il faudrait faire vite… »

En entendant les dernières paroles de Carlisle, Bella sortit enfin de sa transe. Elle l'interrompit brusquement, « Je comprends mieux, à la lumière de ce que vous venez de me dire, comment les esclaves sexuelles des Volturi ne passaient pas leur temps à enfanter dans le harem, mais si vraiment je suis enceinte, c'est le bébé d'Edward que je porte, autrement dit votre petit-fils ou votre petite-fille, Carlisle. Ce n'est pas le produit d'un viol ou d'une aventure sans lendemain. Qui plus est, je pensais que j'étais sur le point de mourir et vous m'annoncez plutôt que je vais donner la vie. Pourquoi diable voudrais-je mettre un terme à cette grossesse? Il y a un être vivant qui se développe dans mon ventre. Alors même si je suis encore très jeune et que j'aurais pu attendre, comme vous dites, je vais tout faire pour rendre ce bébé à terme. Et si tout va pour le mieux, au début de l'été il y aura une nouvelle branche à ajouter à l'arbre généalogique des Cullen de Morvalle! »

Le discours emporté de Bella rassura Carlisle et lui procura aussi beaucoup de joie, mais il fallait qu'il remette les pendules à l'heure à propos de ses actes en tant que médecin des Volturi.

« Je suis content que tu prennes la nouvelle de ta grossesse aussi bien, mais je voudrais aussi que tu saches que je n'ai jamais eu besoin de provoquer de fausse couche ou d'avortement chez les esclaves des Volturi. »

« Ah non? »

« Non Bella. Je respecte beaucoup trop la vie pour y mettre un terme sans justification valable, bien que j'étais prêt à faire une exception pour toi. Durant les cinq années où j'ai été au service des Volturi, je tenais un calendrier avec tous les jours de fertilité de toutes leurs esclaves sexuelles, de sorte que je savais toujours et à tous les jours lesquelles mes fils devaient éviter d'envoyer à leurs maîtres. »

Bella se demanda s'il comptait utiliser cette méthode avec elle à l'avenir, mais elle était trop embarrassée pour se mettre à parler ouvertement de sexualité avec lui.

« Puis-je vous demander une faveur, Carlisle? » Il lui fit un sourire bienveillant. « Serait-il possible de ne rien révéler à Edward jusqu'à demain après la cérémonie? »

« Entendu Bella. Est-ce que tu te sens assez en forme pour descendre prendre le dîner avec nous dans une heure? »

« Oh que oui! J'ai déjà faim! » S'exclama la future maman.

« Dans ce cas, je vais demander à Esme qu'elle t'apporte une collation en attendant. »

Une fois que Carlisle eut quitté la chambre, une autre vague d'appréhension s'empara de Bella. Elle aurait beau sauter de joie à l'idée qu'une petite créature minuscule logeait dorénavant au creux de son ventre, qu'arriverait-il si Edward, de son côté, ne voulait pas fonder une famille tout de suite?

ooooo

La cérémonie du mariage se déroula dans un brouillard euphorique pour Bella, et tout le monde fut ravi de la voir si joyeuse et insouciante après les derniers jours où elle avait été taciturne et irascible. Elle avait seulement pleuré lors des retrouvailles avec ses parents, car Edward lui avait expliqué leurs intentions réelles et elle s'était sentie coupable et honteuse d'avoir cru qu'ils cherchaient seulement à se débarrasser d'elle comme d'un poids inutile dans leur vie. Les vœux échangés avaient été poignants, mais Bella avait discerné un fond de tristesse dans les yeux de l'homme qui était maintenant son époux. Cela l'avait un peu déconcertée, néanmoins elle finit par ne plus y penser.

Elle se sentait vraiment en pleine forme aujourd'hui, et elle croyait que Carlisle avait trouvé une excuse pour justifier ses malaises à Edward. Mais en réalité il n'en était rien, et ce dernier croyait toujours qu'elle souffrait d'un mal très grave et qu'elle se montrait agréable et souriante uniquement pour ne pas gâcher sa journée. C'était peine perdue. Le reste de sa vie était ruiné parce que son épouse ne serait plus là pour le partager avec lui malgré la promesse faite devant le curé du village venu célébrer le mariage dans la chapelle du manoir.

Les invités étaient tous attablés à une grande terrasse qui donnait sur les jardins, et Bella bavardait à bâtons rompus avec Alice et Rosalie.

« J'ai entendu un cri épouvantable alors que je me promenais dans la forêt avec Emmett, » racontait la duchesse d'Essanges, l'air de ne pas y toucher.

« Oui, et c'était moi en train de me faire dévorer par un loup! » Pouffa Alice entre deux bouchées de gâteau de noce.

« Il n'a pas dû être bien méchant avec toi; tu n'as aucune marque, » répliqua Bella en se retenant pour ne pas rire elle aussi.

« C'est ce que tu crois, hein? » fit Alice avec une moue arrogante. « Eh bien regarde plutôt… » Elle détacha deux lacets de son corsage et dénuda une partie de son sein gauche sur laquelle on pouvait voir très distinctement la marque de deux suçons.

« Tu parles! Il ne t'a pas ratée. On dirait une morsure de vampire, » gloussa Rosalie.

À cet instant, un jeune homme se présenta dans le jardin et dit qu'il avait une missive pour le comte de Morvalle père. Carlisle – qui était en grande conversation avec le marquis de Courville et sa femme – se leva pour aller à la rencontre du messager et prendre possession de la lettre cachetée que l'autre lui tendait. Il l'ouvrit devant l'assemblée, comme s'il s'apprêtait à lire le contenu de la missive à voix haute. Peut-être que le motif de l'envoi concernait tout le monde… Une fois qu'il eut prit connaissance du message, il toussa pour s'éclaircir la voix.

« Chers amis qui êtes présents aujourd'hui pour célébrer avec nous le mariage de mon fils Edward Cullen, comte de Morvalle avec Isabella Marie Swan, marquise de Courville, j'ai une heureuse nouvelle à vous annoncer. Les dragons du roi partis en mission sur les terres des Volturi afin d'appréhender les trois despotes ont réussi à leur mettre la main dessus avant-hier et ils sont à présent en route vers Paris où ils vont subir un procès en bonne et due forme. Je crois que ça mérite un toast spécial, chers amis. Levons tous notre verre à la justice de Louis le quatorzième! »

Tout le monde trinqua, et quand les cris d'allégresse des invités se furent calmés, Rosalie se leva et demanda, « Mais, Carlisle, qu'en est-il des fidèles serviteurs d'Aro? Vous savez, Jane, Alec, Felix et Demetri? Est-ce qu'ils vont être jugés et pendus eux aussi? »

« La lettre fait mention de leur arrestation, mais ne précise pas le sort qui leur sera réservé, » répondit le père du marié. « Pourquoi cette question? »

« Et bien, serait-il possible, alors, que je fasse pression pour qu'on me laisse régler le cas de Jane? Emmett et moi serions ravis de l'avoir à notre service… »

« Avec l'influence de vos parents à Versailles, j'imagine que c'est envisageable. »

Rosalie se rassit, satisfaite de la réponse fournie par Carlisle. Ce fut au tour de Bella de se lever précipitamment. Elle prit sa coupe de vin et la fit tinter avec son couteau pour avoir l'attention des invités. Edward était assis juste à côté d'elle et elle se pencha pour attraper sa main et entremêler ses doigts avec les siens, dans un geste qui se voulait rassurant. Le cœur d'Edward bondit dans sa poitrine. Il était certain qu'elle s'apprêtait à faire ses adieux aux personnes qu'elle chérissait le plus au monde. Il leva la tête vers elle et lui murmura, « Tu es sûre que c'est le bon moment pour ça? Ça risque de gâcher cette journée pour tout le monde… »

Bella fronça les sourcils. Comment l'annonce qu'elle voulait faire pourrait-elle gâcher la journée de quiconque? Qu'est-ce que Carlisle avait bien pu lui raconter?

Elle soupira, résignée à le voir se détacher d'elle aussitôt qu'il apprendrait la nouvelle. « Et bien, mon cher petit mari, peut-être que ça va gâcher ta journée, mais je connais plusieurs personnes qui vont être très contentes. »

Edward devint aussi pâle que la robe de mariée de Bella. Comment pouvait-elle s'imaginer que quelqu'un allait se réjouir de la savoir mourante?

« Pourrais-je avoir votre attention une petite minute? Ça ne sera pas long je vous le promets… »

Mais juste comme elle allait prononcer les paroles fatidiques, elle se rappela que ses parents ignoraient qu'elle avait eu des relations sexuelles avec Edward avant son mariage. Si elle leur annonçait qu'elle était enceinte, ils allaient peut-être réagir encore plus mal que son mari.

« Je voulais juste vous dire qu'aujourd'hui est le plus beau jour de ma vie, car j'ai épousé l'homme le plus merveilleux au monde. »

Les invités applaudirent et Bella se pencha vers Edward, « Viens avec moi à l'intérieur, j'ai quelque chose de très important à te dire. »

Le jeune marié la suivit à contrecoeur. Ses jambes pesaient du plomb. Lorsqu'ils furent dans la cuisine, à l'abri des oreilles indiscrètes, Bella lui demanda, « Edward, si je te dis que ta vie va changer à tout jamais bientôt, vas-tu être fâché contre moi? »

Edward la regarda d'une drôle de façon, comme si ses paroles étaient incompréhensibles. « Mais, ma chérie, ce n'est pas contre toi que je suis fâché, c'est contre le destin qui t'enlève à moi si vite. »

Il l'attira à lui et la serra très fort. Elle leva la tête et vit qu'il pleurait en silence. « Bon Dieu de merde, Edward, arrête de pleurer! Je ne sais pas ce que Carlisle est allé te raconter au juste, mais je ne m'en vais nulle part! »

« Justement, Bella, Carlisle ne m'a rien dit, et je croyais que c'était parce que tu lui avais demandé de m'épargner. »

Bella finit par comprendre que Carlisle avait oublié de trouver une excuse, et elle se mit à rire nerveusement à la pensée qu'Edward la voyait déjà morte.

« Edward, cesse de te morfondre. Je ne vais pas mourir. Je suis enceinte. »

Edward recula pour pouvoir scruter son visage plus attentivement. « Peux-tu répéter ce que tu viens de dire? »

« J'ai dit: Je. Suis. Enceinte, » articula-t-elle plus lentement, comme si son époux était un peu taré.

Il la reprit dans ses bras et la souleva de terre, tout excité.

« Je ne comprends pas, Bella. C'est une nouvelle fantastique! Pourquoi serais-je fâché contre toi? »

Bella baissa les yeux. « Parce que ce ne sera plus seulement toi et moi. Tu vas devoir me partager. »

« Qu'est-ce que je t'ai dit l'autre fois? Que j'espérais être grand-père un jour. Mais pour ça, il faut d'abord fonder une famille. »

« Et fonder une famille tout de suite, ça ne te pose pas de problème? »

Edward lui souleva le menton pour la forcer à le regarder dans les yeux.

« Bella, tu es la solution à tous mes problèmes. »

Et il l'embrassa avec une ardeur désespérée, comme s'il devait la quitter bientôt. Mais il ne la quitterait jamais.

« Ohé vous deux! Si vous ne vous dépêchez pas, il ne restera plus de gâteau! »

« En fait, c'est nous trois maintenant, Alice… »

Bella et Edward éclatèrent de rire en même temps.

O≈Fin≈O

Alors oui, c'est vraiment fini maintenant.

Désolée pour le petit retard de publication (évidemment ça n'aide pas que FF ne fonctionne pas quand j'essaye de poster le chapitre).

Et désolée pour la nuit de noce qui n'aura pas lieu, mais que voulez-vous, il était prévu dès le départ que l'histoire s'achèverait avant…

Si vous avez reconnu la chanson Nue au soleil quelque part dans ce chapitre, vous savez qu'elle n'est pas de moi. Mais je la chante mieux que Brigitte Bardot. (Depuis la parution de ce chapitre, j'ai préféré retirer les paroles des chansons que j'avais postées ici et là tout au long de l'histoire)

Je tiens également à souligner que mes personnages ont leur propre opinion sur un tas de sujets, et que je ne la partage pas nécessairement.

À une prochaine, chères amies.

Milk