Bonjour tout le monde ! Je suis enfin de retour avec la suite d'Envers et contre tout. C'est vraiment nerveuse que je vous poste ce chapitre… j'ai eu plus de 1500 reviews pour ma première fic, c'est beaucoup plus que je en espérais et je sais que vous avez toutes beaucoup d'attente… et j'espère vraiment ne pas vous décevoir ! Ce chapitre pv de Bella répondra à plusieurs de vos questions je crois et dès le prochain chapitre, vous saurez tout de la vie d'Edward ! Donc, je n'en dis pas plus et je vous laisse à votre lecture… depuis le temps que vous attendez ! lol !

PS : Dans l'épilogue il y avait une petite incohérence de temps… c'est l'an 2010 qui devrait être écrit sur la tombe d'Edward et non 2009. J'aimerais bien aller le modifier, mais j'ignore comment faire donc si une âme charitable veut m'envoyer un mp pour m'expliquer… je lui en serais éternellement reconnaissante ! lol !

PS pour ceux qui lisent Guerre de famille : Désolée du retard, mais j'ai un problème d'inspiration et présentement, je travaille sur un os pour Bloody Valentine… donc pas le temps de m'y remettre ! mais je poste dès que possible !

CHAPITRE 1 –Deuil pv Bella

« C'est une journée comme une autre Bella, juste une journée comme une autre ! » tentai-je de me persuader alors que je me garais devant les Éditions A et B.

Je devais me convaincre que c'était une journée ordinaire dans la vie ennuyeuse de Bella Swan. Je ne devais pas penser à tout ce qui avait été brisé, à tout ce que j'avais perdu en un 12 avril ensoleillé semblable à celui-ci. Je ne devais en aucun cas penser à lui, à elle, à eux…

Je sortis de ma voiture et claquai ma portière, furieuse contre moi-même. Même lorsque je ne voulais PAS penser à eux, je ne faisais que cela. Je ne pouvais les retirer de mon esprit… même après tout ce temps, ils occupaient presque toute la place dans mon cœur.

J'essayai de me recomposer un visage joyeux pour faire face à mes peu nombreux collègues qui me saluèrent lorsque je passai la porte de l'immeuble. Je plaquai un sourire factice sur mon visage et je répondis de mon mieux à leurs blagues et leurs bavardages anodins, sans jamais arrêter ma progression vers mon bureau… le seul endroit où je pourrais être enfin seule. J'y arrivai après un moment qui me parut beaucoup trop long et je poussai un soupir en me laissant tomber sur ma chaise.

Ouf ! La journée serait pénible… très pénible !

Et le mieux était encore de m'occuper l'esprit. Je me mis donc aussitôt au travail, plongeant dans le roman québécois que je devais traduire dans ma langue maternelle.

Étonnamment, après ma première année en littérature, je m'étais spécialisée en langues étrangères pour me diriger ensuite vers la traduction. Moi qui n'avais jamais été intéressée par cette matière, j'avais appris le français, l'espagnol, l'italien, l'allemand et même quelques mots de mandarin ! J'étais la seule de ma promotion qui avait débuté les cours sans aucune base en aucune langue… et pourtant, j'avais terminé dans les premières ! J'avais travaillé avec acharnement pendant deux ans, plongeant corps et âme dans les études.

Je voulais réussir… parce que d'une façon étrange, chaque mot que j'apprenais, chaque ligne que je lisais me rapprochait de lui.

Encore maintenant, je ne me sentais jamais aussi proche… d'Edward… que lorsque je traduisais un livre qu'il aurait pu lui-même lire. J'avouais que c'était totalement contradictoire : je disais vouloir passer à autre chose, mais j'avais choisi un métier qui ne me permettait pas de l'oublier, pas même l'espace d'une seconde.

Peut-être qu'à la vérité je n'avais pas envie de l'oublier parce qu'alors je le perdrais véritablement. Ou peut-être en étais-je tout simplement incapable…

Sans avoir pu m'en empêcher, je reposai le manuscrit que j'avais en main pour sortir mon portefeuille de mon sac. Avec un certain sentiment de culpabilité, je sortis le portrait d'Edward et de moi que je dissimulais derrière la photographie de Jacob. Je l'observai, mon cœur battant la chamade.

-Edward, murmurai-je, un sourire triste aux lèvres.

Je caressai son visage du bout des doigts, imaginant qu'il se tenait enfin devant moi et que c'était sa peau que je caressais.

Mais je secouai la tête pour reprendre mes esprits. Si Edward se tenait devant moi, il me fixerait d'un regard dégoûté et me crierait de ficher le camp, de disparaître de sa vue… et il aurait raison de le faire !

Sentant que je ne pourrai retenir mes larmes si je continuais dans cette voix, je remis la photo à sa place avant de lancer brusquement mon portefeuille sur mon bureau. Puis je repris aussitôt le travail, voulant oublier toutes les émotions qu'un simple portrait m'avait fait ressentir.

-Hum, hum. Qui était ce canon ? Ton amant ?

Je sursautai, puis me tournai vers ma collègue de travail et accessoirement ma seule amie, qui m'avait surprise en flagrant délit, les joues rouges.

-Anne ! Je ne t'avais pas vu !

-Et bien moi, je t'ai vu observer cette photographie avec amour et dévotion…

Je détournai le regard, mal à l'aise, ne sachant pas quoi dire.

-Alors Bella Swan, petite coquine… Tu t'envoies en l'air avec un autre mec que Jacob et tu ne me l'as pas dit ?

Je rougis d'avantage, puis secouai la tête pour démentir les conclusions de mon amie.

-Bien sûr que non !

-Alors qui était cette bombe ? insista-t-elle.

Je soupirai, vaincue. Je connaissais suffisamment Anne maintenant pour savoir qu'elle ne lâcherait pas le morceau avant que je lui ai tout déballé ! Par certain côté, elle me rappelait Alice. Peut-être était-ce pour cela que j'avais tout de suite sympathisé avec elle lorsqu'elle était entrée dans la boîte, six mois plus tôt ?

Mais malgré les liens que nous avions tissé, je ne lui avais jamais raconté la moindre bribe de mon passé… de notre passé à… Edward et moi. En fait, je n'en parlais à personne. Y penser était suffisamment douloureux, alors en parler serait… insupportable.

Et pourtant, il fallait bien que je lui réponde quelque chose.

-C'est un ex petit ami, dis-je en déglutissant difficilement. Mon petit ami du secondaire.

Je m'arrêtai un instant pour prendre une grande inspiration, me préparant à lui déballer l'un des plus énormes mensonges qui constituaient ma vie. Un mensonge qui me faisait tellement souffrir, parce qu'en quelque sorte, c'était à cause de ce mensonge si je n'avais aucun espoir de revoir un jour Edward…

-Il… hum… il est mort.

La bouche d'Anne s'ouvrit sous le choc alors qu'elle posait un regard compatissant sur moi.

-Je suis désolée Bella… je ne savais pas !

Elle déposa une main réconfortante, mais timide sur mon épaule, sachant que je n'appréciais pas les contacts physiques.

-C'est bon Anne, mentis-je sans aucun talent. Cela fait plusieurs années maintenant !

-Non, ce n'est pas bon ! Tu es triste !

Je poussai un soupir.

-C'est seulement que… aujourd'hui est un jour particulier…

Particulier n'était pas un mot adéquat. C'était un jour de tristesse et de désespoir. Un jour qui marquait la fin d'une vie, la fin d'un monde… et aussi la fin de mon monde, de MA vie.

Égoïste !

Non ! C'était injuste de dire cela ! MOI j'étais toujours vivante même si j'avais parfois cette impression d'être morte à l'intérieur. Je ressentais un vide immense là où la famille Cullen et… Edward… occupaient autrefois la place dans mon cœur. Un vide que personne d'autre ne pouvait combler.

La plupart du temps, j'arrivais à l'ignorer, à oublier son existence… mais jamais il ne disparaissait. Il faisait parti intégrante de moi maintenant. La plupart du temps, je me sentais bien. Comme si j'étais simplement une personne comme une autre. Mais certains jours comme celui-ci, le vide cherchait à prendre toute la place. Il m'envahissait, m'engloutissait sous son pouvoir, me faisait devenir à son image : je n'étais plus rien. Plus qu'une morte-vivante.

Et je savais qu'aujourd'hui cet état me menaçait. Je sentais le vide palpiter au fond de moi, je le sentais se battre pour grandir. Et peu importe à quel point je me battais contre lui, il gagnait toujours.

Je n'avais aucun moyen de lutter. Je n'avais qu'à attendre…

-C'est l'anniversaire de sa mort ? me demanda Anne en s'asseyant devant moi, son regard compatissant fixé sur moi.

Ma respiration s'accéléra difficilement alors que la douleur devenait encore plus forte. Je déposai une main sur ma poitrine qui m'élançait, ne désirant qu'une chose : que mon amie me laisse seule pour que je puisse enfin laisser la souffrance m'envahir une fois pour toute. Parce que l'attente, l'appréhension, était presque plus insupportable que la douleur en elle-même.

-Non, soufflai-je difficilement. C'est le jour où… c'est l'anniversaire de la mort de… sa mère.

Je me levai, haletante.

-Excuse-moi Anne, dis-je en repoussant mon amie et en me précipitant vers la salle de bain où je m'enfermai.

Trop tard, je pensai que j'aurais pu essayer d'appeler Jake. Il était le seul qui arrivait à me sortir de cet état… mais je n'avais plus le temps maintenant. Mon corps était déjà secoué de violents frissons et je sentais les sanglots montés dans ma poitrine. Je me laissai tomber sur le sol, me recroquevillant sur moi-même.

Esmé était morte il y avait aujourd'hui cinq ans. Elle avait été tuée dans l'explosion de sa voiture… et c'était ma faute !

Meurtrière !

Oui, c'était entièrement ma faute ! J'avais enlevé sa mère à l'homme que j'aimais… et il n'avait pas pu me le pardonner.

Alors il m'avait abandonné, pour de bon cette fois.

Il était parti pour ne plus jamais revenir, disparaissant définitivement de ma vie qui avait alors repris son cours, comme s'il n'avait jamais existé. Comme si Edward Cullen était réellement mort en février 2010.

Sauf que c'était un mensonge. Parce que la souffrance, elle, était aussi présente qu'au tout début. Et malgré toutes ces années, elle refusait de me laisser passer à autre chose, elle ne me donnait pas le droit de vivre ma vie.

Je plaçai un poing dans ma bouche et poussai un cri de désespoir alors que des larmes coulaient sur mon visage.

De toute façon, je ne voulais pas d'une vie sans lui.

Mais lui ne veut pas de toi.

Je sais… et c'est ce qui fait le plus mal…

Puis, je me relevai précipitamment pour aller vomir le peu que j'avais mangé au petit déjeuner dans les toilettes. Lorsque je me laissai tomber de nouveau sur le sol, les yeux fermés, je pensai que je ne pouvais plus continuer comme cela.

Je n'avais que deux choix : oublier… ou mourir.

Le deuxième choix était… impossible. Je ne pouvais me laisser mourir. Pour ma mère, pour Charlie, pour Jacob, je devais vivre. Mais aussi parce que je LUI avais fait une promesse il y avait bien longtemps et que même maintenant, je ne pouvais la trahir.

Alors je n'avais plus d'autre option… même si cela me paraissait impossible, je devais essayer d'oublier Edward Cullen une bonne fois pour toute. je devais passer par-dessus cette histoire, je devais faire un pas en avant, me débarrasser de mes vieux démons, de mon sentiment de culpabilité, de mon amour pour lui… je devais jeter tout cela à la poubelle afin de pouvoir… vivre tout simplement. Oui. Seulement pour vivre.

***

5 ans plus tôt…

3 avril 2013

La porte s'ouvrit et l'homme de ma vie entra dans notre petit appartement.

-Bella, mon amour ! Est-ce que tu es arrivée ? l'entendis-je demandé alors qu'il traversait la cuisine pour entrer dans le salon.

Précipitamment, j'essayai d'essuyer les larmes qui coulaient sur mon visage, mais il était trop tard : mon adonis avait vu mon désarroi et il se précipitait déjà à mes côtés.

-Hey Bella ! Qu'est-ce qui se passe ma chérie ? demanda-t-il d'une voix douce en s'agenouillant devant moi.

J'haussai les épaules pour toute réponse, évitant son regard, mais Edward n'avait pas l'intention de se contenter de si peu. Il empoigna mon menton et m'obligea à plonger mon regard dans ses yeux ambre.

-Ne fais pas comme si ce n'était rien ma belle ! Tu pleures et je veux savoir pourquoi !

Ses sourcils se froncèrent alors qu'il prenait ma main dans la sienne pour demander :

-Est-ce que j'ai fait quelque chose qui t'a déplu ?

-Oh Edward ! m'écriai-je. Tu sais bien que non !

Et je me jetai à son cou pour me serrer contre lui.

Comment pouvait-il penser cela ? Alors que je n'avais jamais été aussi heureuse que depuis notre rencontre ? Malgré tous les drames que nous avions vécus, je ne m'étais jamais sentie aussi vivante !

Chaque moment passé avec lui était simplement… parfait !

Il n'y avait qu'une chose que je regrettais : les gens que j'avais laissés derrière moi et plus particulièrement Charlie…

-C'est l'anniversaire de mon père aujourd'hui, expliquai-je au bout d'un moment passé dans ses bras. Alors je l'ai appelé tout à l'heure…

À ce souvenir, mes pleurs redoublèrent. Mon corps était secoué de sanglots incontrôlables.

Edward resta silencieux, caressant mon dos de ses mains, me berçant dans ses bras.

-Je… il… il pleurait Edward ! Charlie pleurait ! Il m'a supplié de… de revenir… juste une fois… et j'ai dû… je lui ai raccroché au nez parce que… parce que j'avais trop peur de flancher et d'accepter !

-Oh Bella ! Ma Bella ! Je suis tellement désolé ! dit Edward en me serrant plus fort contre lui.

À son ton, je pouvais deviner l'air torturé de son visage et je savais qu'il culpabilisait pour tout cela…

-Non ! Edward, je t'interdis de t'en vouloir…

-Mais c'est moi qui te sépare des gens que tu aimes !

Je poussai un soupir : cette conversation allait-elle revenir sur le tapis chaque année jusqu'à la fin de ma vie ? Ou jusqu'à ce qu'Edward en ait assez de moi ? J'espérais vraiment qu'un jour il comprendrait que c'était LUI la personne la plus importante pour moi…

-J'ai fait mes propres choix. Je savais les sacrifices que je devrais faire lorsque je suis partie avec toi…

Je me mordis la lèvre, pensant que je n'avais jamais imaginé sur l'instant à quel point cela serait difficile. Même après presque 3 ans, la douleur était toujours aussi vive.

-Sauf que tu n'es pas heureuse, dit Edward à voix basse, le visage fermé.

Je secouai la tête avec force pour démentir ses paroles, puis déposai un tendre baiser sur ses lèvres.

-Je n'ai jamais reçu autant de bonheur qu'au cours des trois dernières années…

-Mais il te manque quelque chose.

-Oui, répondis-je parce que je ne pouvais lui mentir. Tout comme il te manque quelque chose. Ta famille fait partie de toi… et ils te manquent. Tous.

Edward passa une main dans ses cheveux en soupirant.

-J'aimerais tout de même être capable de te rendre parfaitement heureuse.

Je me mordis la lèvre un peu plus fort, hésitant à prononcer les paroles qui me brûlaient les lèvres.

-Et si… et si nous allions les voir ?

Voilà, c'était dit ! Je vis Edward se tendre.

-Juste une petite visite, précisai-je avec empressement. On pourrait rester là-bas seulement une journée et partir tout de suite après…

-Bella, me coupa Edward en fermant les yeux. Je suis sensé être mort, tu te souviens ?

-Je sais, mais on sera discret ! Personne hormis mon père et ta famille ne saura que nous sommes à Forks !

Mon amour se pinça l'arrête du nez et je sus ce qu'il allait dire avant même qu'il ne prononce un mot :

-C'est trop dangereux ! Et si…

-Crois-tu vraiment que les Volturi surveillent encore Forks ? Qu'ils espionnent ta famille? l'interrompis-je, cherchant à tout prix à le convaincre. Le FBI le saurait si c'était le cas et puis… je doute qu'ils dépensent temps et argent au cas où tu ressusciterais d'entre les morts !

Edward hésitait encore, mais je sus que j'avais gagné à la lueur d'espoir dans son regard. Il avait autant envie que moi de revoir sa famille, même si ce n'était que pour quelques heures…

-Je t'en prie Edward, le suppliai-je, les larmes aux yeux.

Il me fit un sourire triste, puis caressa ma joue du bout des doigts, gonflant mon cœur d'amour et de désir.

-C'est d'accord ma Bella. On ira à Forks, laissa-t-il tomber d'un air grave, scellant ainsi notre destin.

***

Voilà. C'était le moment. Je ne pouvais plus reculer maintenant; je ne pouvais plus repousser l'inévitable. Jacob était là, près de moi. Je savais que j'avais besoin de lui pour passer cette étape difficile et surtout, je savais que je ne pourrais pas changer d'idée s'il était là. Je lui avais téléphoné lorsque j'avais quitté le travail en trombe et il était aussitôt venu me rejoindre chez moi. Et maintenant… je devais le faire. Si ce n'était pas pour moi, j'avais le devoir de le faire au moins pour Jake.

Jake qui avait été là pour moi lorsque j'étais soudain réapparue à Forks, qui m'avait pardonné ma longue absence, qui m'avait supportée, écoutée, distraite lorsque j'étais au plus mal. Sans lui, je serais encore une loque à peine humaine. Mais il m'avait obligé à me lever de mon lit, à sortir de la maison, jour après jour. Et petit à petit, la souffrance était devenue plus… supportable. Par sa seule présence auprès de moi, Jake mettait un baume sur mon cœur meurtri; il remplissait en parti ce vide à l'intérieur de moi qui se faisait moins oppressant.

-Es-tu certaine que tu veux le faire Bell's ? me demanda Jacob en posant ses mains sur mes épaules, me sortant brusquement de mes pensées.

-Oui, répondis-je en me levant de la chaise sur laquelle j'étais assise, les jambes tremblantes.

C'était faux. Mais j'avais pris une décision et je m'y tiendrai, comme toujours. Même si je ne croyais pas être prête pour cela… il le fallait !

-Je dois le faire, murmurai-je pour moi-même.

-Non. Tu as le droit de prendre le temps dont tu as besoin… tu sais que j'attendrai. Je serai toujours là pour toi.

Je lui fis un sourire triste, puis pris sa grande main si chaude dans la mienne. Jake était si parfait avec moi ! Il attendait depuis si longtemps que je me décide enfin. Il supportait sans rien dire mes sautes d'humeur, mes crises de larmes, mes coups de colère ou de déprime…

Il venait quand je l'appelais et partait quand je le fichais à la porte…

Il attendait avec une patience presque surréaliste que je me décide enfin à oublier Edward et à sauter le pas avec lui.

Mais même la patience de Jacob avait des limites. Mon état n'avait pas beaucoup évolué au cours des dernières années. Bien sûr, j'avais accepté de sortir avec lui, de devenir plus qu'une amie pour lui… mais notre relation était encore très instable et je savais que tant que je penserais à Edward, je ne pourrais m'engager avec Jake comme lui voulait que je le fasse…

Et malgré ses dires, j'étais parfaitement consciente que je le perdrais un jour ou l'autre si je ne faisais rien… je NOUS perdrais… et ça, je ne pourrais le supporter !

Mais ce n'était pas pour Jake que je voulais le faire. Pas seulement pour lui… c'était aussi pour moi.

Je repensai à ce moment, quelques heures plus tôt, où j'avais décidé de dire adieu à Edward et à la famille Cullen. Un adieu définitif. J'étais aussitôt partie du travail, décidée à mettre mon plan à exécution sans attendre. J'aurais pu laisser passer quelques jours, quelques semaines même; me laisser le temps d'assimiler cette idée… mais pourquoi attendre ? Pourquoi faire durer le supplice pour tout le monde alors que ma décision était irrévocable ?

Et puis, puisqu'il y avait cinq ans aujourd'hui qu'Esmé était morte, et qu'avec elle, ma vie et celle de la famille Cullen s'était brisée, je croyais que c'était le jour idéal pour faire cela. Pour lui demander pardon. Leur demander pardon et oublier.

Cinq ans… seulement cinq ans. J'avais l'impression que c'était il y avait si longtemps…

Le temps passait lentement, trop lentement depuis qu'il n'était plus dans ma vie.

IDIOTE !

Je secouai la tête. Non. Je ne devais plus penser à lui ! Je n'en avais plus le droit ! Je vivais dans le passé depuis trop longtemps déjà…

Je plongeai mon regard dans les yeux noirs de Jacob qui attendait ma réponse avec espoir.

-Allons-y Jake. Je suis prête.

C'était un mensonge. Jamais je ne serai prête.

Je pris malgré tout le bouquet de fleurs que j'avais acheté pour Esmé et nous sortîmes de la petite maison qui était la mienne depuis trois ans pour nous mettre en route vers le cimetière.

J'irai devant leurs tombes et j'y déposerai mes fleurs… et la bague. Après, je retournerai à la maison et j'aurai fait une croix sur cette histoire.

Oui : j'en étais capable. Je pouvais le faire. Ce n'était pas si difficile après tout !

J'avais à peine connu les Cullen… j'avais vécu près d'eux pendant moins d'un an ! Et Edward…

J'eus la soudaine impression de recevoir un coup de poing dans l'estomac en pensant son nom.

Edward n'était qu'un amour de jeunesse. J'avais 17 ans lorsque je l'avais rencontré; il était beau, intelligent, drôle… il m'avait littéralement envoûté, obsédé. Mais ce n'était que cela : un amour d'adolescence. Un amour dont on croit qu'il dura toute la vie, mais qui se termine brusquement alors qu'on s'y attend le moins… comme tous les amours de jeunesse.

Menteuse.

Oui, je savais que c'était un mensonge… et pourtant, je voulais m'en convaincre. Je voulais croire qu'il serait facile de l'oublier !

Tu essaies depuis plus de cinq ans… sans succès. Pourquoi cela fonctionnerait aujourd'hui ?

Parce qu'il le faut ! Je ne peux plus continuer ainsi… je ne peux plus !

Jacob entremêla mes doigts au sien à cet instant, se tournant vers moi pour m'offrir un sourire triste. Je m'accrochai presque désespérément à sa main, mes pas devenant de plus en plus lourds, de plus en plus pénibles.

Plus que quelques minutes et nous serions à destination.

Je m'arrêtai.

Non. Je ne pouvais pas. C'était trop difficile…

-Tout va bien aller Bella, me souffla Jake en me tirant doucement. Tu en es capable, tu es forte.

Non. Je ne suis pas forte. Plus maintenant. Ma force, c'était lui qui me la donnait et elle a disparu au moment même où il est parti…

Je suivis Jacob quelques instants, mon corps secoué de douloureux sanglots alors qu'il me tirait un peu plus près du cimetière, mais je m'arrêtai de nouveau.

-Je ne peux pas, murmurai-je en secouant la tête, sentant des larmes couler sur mes joues. Je suis désolée Jake. C'est au-dessus de mes forces !

Jacob tourna son visage et je vis ses épaules s'affaisser. Je lui faisais du mal. Encore. Et je me détestais de le faire souffrir jour après jour… mais je ne pouvais pas. Je ne pouvais tout simplement pas !

-D'accord Bella, retournons à la maison, dit-il entre ses dents, tentant de contenir sa colère.

Au moment où il dit cela, une voiture passa à côté de moi. Machinalement, je tournai la tête pour la regarder passer et je croisai un regard sorti directement de mon passé.

J'en perdis le souffle alors que ma bouche s'ouvrit sous l'effet de la stupeur. Mes jambes tremblèrent sous mon poids, mais au moment où je crus que j'allais m'écrouler, la prise de Jake se raffermit.

-Bella ? Bella, qu'est-ce qu'il y a ? me demanda-t-il d'une voix inquiète.

-Alice, fut tout ce que j'arrivai à murmurer. Alice.

J'étais en état de choc. Jake serra mon corps tremblant contre le sien, puis il m'aida à m'asseoir sur le bord du trottoir, frottant avec douceur mes bras, mon dos…

-Qu'est-ce qui se passe Bell's ? Je ne comprends plus rien !

Je relevai la tête et croisai le regard inquiet de Jacob. Devais-je lui dire la vérité ? J'avais confiance en Jake et je détestais mentir, particulièrement lorsque c'était à lui… mais il n'avait pas à connaître la vérité. Cela lui ferait mal et je ne voulais pas qu'il souffre une fois encore.

-Je suis désolée… j'ai cru un instant avoir vu Alice dans la voiture qui vient de passer, mentis-je en détournant le regard.

C'était un mensonge : je SAVAIS que c'était Alice !

Jake fronça les sourcils, surpris.

-Alice… Cullen ? À Forks ?

J'eus un petit rire sans joie.

-Je sais que c'est idiot ! Elle n'est pas revenue depuis la mort de sa mère et la voiture est passée à toute vitesse…

Jacob poussa un soupir, puis se remit sur pieds avec de me tendre la main.

-Tout cela t'affecte beaucoup trop. Retournons à la maison, on va se glisser sous la couette et écouter des films d'horreur toute la journée !

Je lui souris, sincèrement cette fois, mais je secouai la tête.

-Non. Je veux y aller. Mais je crois qu'il faut que je sois… seule.

Mon ami plongea son regard dans le mien, évaluant mon état, se demandant j'en étais certaine si c'était une façon pour moi de le repousser ou de me défiler… Pour le rassurer, je m'avançai vers lui et déposai un tendre baiser sur ses lèvres.

-C'était une erreur de te demander de venir avec moi. Je dois régler cette histoire seule… c'est MON problème.

-Bella…

-Non Jake. Retourne à la maison. Je te rejoins dans trente minutes. Prépare le pop corn.

Jacob lève les yeux au ciel avant de me faire le sourire éclatant dont il a le secret.

-D'accord, mais dans ce cas c'est MOI qui choisis le film !

Je fis une grimace de dégoût avec d'éclater de rire, puis de le pousser gentiment.

-Très bien… mais maintenant : fais de l'air !

Il rit à son tour et fais demi-tour après avoir déposé un baiser brûlant sur mes lèvres. Je restai immobile un long instant, jusqu'à ce que Jake est disparu de ma vue. Je pus alors laisser libre cours à mon excitation : Alice était ici ! Alice était à Forks ! Avait-elle l'intention de rester quelques jours, allait-elle venir me voir… ou était-elle déjà partie je ne sais où ?

Peu importe parce que croiser son regard avait allumé un feu en moi… cela m'avait redonné l'espoir.

Et peu importait où elle était maintenant, peu importe où elle se cachait à présent, je la retrouverais. Quoi qu'il m'en coûtait. Je voulais la revoir; j'en avais besoin. Elle était ma meilleure amie, même si je ne l'avais plus revue depuis mes 18 ans… elle tenait toujours ce rôle pour moi. Personne ne l'avait jamais remplacé.

Oui, j'étais déterminée : j'allais retrouver Alice. Nous allions tomber dans les bras l'une de l'autre, nous discuterions pendant des heures et des heures… et peut-être ferions-nous une virée shoping. Elle me donnerait des nouvelles de toute sa famille, de LUI tout particulièrement, et me promettrait de rester en contact cette fois. Puis je pourrais revenir à Forks et je reprendrais ma vie là ou je l'avais laissé…

Je réalisai alors que c'est ce dont j'avais besoin depuis longtemps. Je voulais parler à quelqu'un qui me comprendrait vraiment, quelqu'un qui avait vécu les mêmes choses que moi. J'avais besoin aussi de savoir ce que tous ils étaient devenus, comment ils avaient surmontés la mort d'Esmé… comment Edward avait surmonté sa mort. Ce qu'il faisait, où il vivait… je voulais tout savoir… peut-être même, oui peut-être que s'il acceptait, je pourrais le revoir.

Juste une fois. Juste un instant.

Mon cœur s'accéléra à cette pensée et c'est au pas de course que je me rendis jusqu'au cimetière. J'avançai parmi les pierres garnis de fleurs et je me laissai tomber devant une tombe où avait été déposé un magnifique bouquet de lys et d'Oiseaux du Paradis. Je souris. Sans aucun doute, Alice était passée par ici.

Je m'agenouillai devant l'épitaphe d'Esmé et je caressai les lettres qui formaient son nom.

-Esmé, murmurai-je. Je vais les retrouver. Alice. Jasper. Carlisle. Emmet. Rosalie.

J'eus une hésitation avant d'ajouter dans un souffle :

-Edward… Je vais tous les retrouver et je vais m'assurer qu'ils vont bien. Je vais essayer… de réparer l'erreur que j'ai faite.

Je ne pus retenir de nouveaux les larmes d'inonder mes yeux.

-Je suis tellement désolée. C'est moi qui devrais être sous terre… je ne peux plus rien changer maintenant, mais je peux m'assurer que ta famille est heureuse ! Tu les aimais tous tellement ! Je sais que c'est ce que tu aurais voulu !

Je déposai mon propre bouquet de fleurs, de simples marguerites, à côté de celui d'Alice, puis je fouillai dans ma poche, à la recherche de l'anneau que j'y avais caché. Je l'observai un long instant. Cet anneau, je l'avais passé au doigt d'Edward six ans plus tôt lorsque nous étions devenus… mari et femme. Cet anneau qu'il avait jeté lorsqu'il n'avait plus voulu de moi, je l'avais gardé précieusement pendant toutes ces années et j'avais aujourd'hui décidé de m'en séparer… avant de revoir Alice.

Parce que j'avais l'impression que tout était sur le point de changer.

Souriant à travers mes larmes, je remis l'anneau à sa place, au fond de ma poche.

Il n'était pas encore temps de m'en séparer. Non. Pas encore.

Voilà ! Bella est plutôt mal en point… est-ce qu'Edward est mieux ??? Réponse au prochain chapitre ! lol ! Mais n'oubliez pas qu'elle ne se sent pas TOUJOURS comme cela, mais que cette journée en est une qui ravive particulièrement sa douleur ! J'essaie de poster le prochain chapitre dans une semaine, en espérant y arriver ! : )