Bonjour tout le monde ! Désolée de cette longue absence, j'ai écrit ce chapitre au compte-goutte. Ce devait être un très long chapitre, de presque 30 pages, mais finalement j'ai coupé la dernière partie dont je n'étais pas satisfaite et je vais la retravailler. Plutôt que de vous faire attendre je ne sais combien de temps, j'ai décidé de vous poster un chapitre un peu plus court tout de suite.

Je vous avertis tout de suite que la suite pourrait mettre du temps à arriver, pour toutes mes fics d'ailleurs, parce que j'ai commencé un nouveau travail qui ne me laisse plus de temps pour écrire. Je n'ai même pas eu encore deux minutes pour corriger le prochain chapitre de La vie des gens riches qui est terminée depuis deux semaines mais que je dois relire avant de poster ! Je vais essayer fort de ne pas disparaître pendant plus d'un mois, je vous le promets, mais je ne crois pas que j'arriverai à faire mieux ! : (

Bon, sur cette note triste, je vous laisse sur un chapitre… et bien vous verrez !

Bonne lecture !

CHAPITRE 12

Mes lèvres bougeaient contre celles d'Edward et ça aurait pu être un moment magique si seulement il avait répondu à mon baiser.

Mais ce n'était pas le cas. Il restait complètement immobile, son corps tendu, et je sortis ma langue pour tracer le contour de sa bouche parfaite, tentant d'obtenir une réaction. Edward m'attrapa alors par la taille, mais pour me repousser. Je m'accrochai à son cou, tremblante alors que nos corps se séparaient.

-Bella, non. Je ne peux pas…

-Si. Tu peux.

Déterminée, je franchis l'espace entre les deux sièges pour m'asseoir à califourchon sur lui et je plongeai mon regard dans le sien, qui brûlait de désir. J'attrapai ses cheveux et je tirai fortement pour lui relever la tête. Il gémit.

-Bella, ce n'est pas…

Je le fis taire d'un baiser. Il gémit de nouveau, contre ma bouche cette fois et mon corps fut pris de violents frissons. Je me plaquai un peu plus contre lui, écrasant ma poitrine contre son torse et il flancha enfin.

Sa bouche répondit à la mienne avec ardeur, m'entraînant dans un tourbillon d'amour et de désir. Ses mains empoignèrent fermement mes fesses, collant mon bassin contre le sien et une plainte rauque s'échappa de ma bouche lorsque je sentis son érection. Je bougeai les hanches, me frottant contre lui sans pudeur.

Je ne réfléchissais plus. Je n'étais plus qu'émotion et sensation. Mes mains se glissèrent d'elle-même sous sa chemise et je caressai son torse sculptural qui était aussi doux, mais plus musclé que dans mes souvenirs. Ses mains à lui étaient sagement posées sur mes hanches et cela ne me convenait pas alors je les pris dans les miennes pour les déposer sur ma poitrine.

Edward m'attrapa les poignets, stoppant mon geste, et brisa notre baiser.

-Je ne peux pas Bella, répéta-t-il, le souffle court.

J'avais l'impression de me consumer lentement sous son regard intense qui me montrait clairement son envie de moi. Et moi aussi je le voulais. Plus que tout.

-Je t'en prie Edward, suppliai-je en parsemant sa bouche de baiser.

-Tu… Arrête ! protesta-t-il avec plus de force cette fois.

-Fais-moi l'amour, insistai-je, en suçotant son cou.

-NON !

Il m'attrapa fermement par les hanches et me rassit sur mon propre siège sans aucune douceur. Je me figeai, choquée par ce rejet brutal. Les larmes me montèrent aussitôt aux yeux.

-Tu n'es pas toi-même en ce moment et je refuse que ça se passe comme cela, expliqua Edward d'une voix dure. Je ne profiterai pas de ton état.

-Tu es ridicule ! protestai-je aussitôt. J'en ai envie…

-Je sais, répondit-il en passant une main dans ses cheveux. Mais si tu agis ainsi maintenant c'est pour repousser ta tristesse, ta peur. Tu essaies de te prouver que tout va bien.

Il prit ma main dans la sienne et y déposa un baiser, son regard me liquéfiant.

-Alors que ce n'est pas vrai, murmura-t-il. Tout ne va pas : ni pour toi, ni pour moi.

Je secouai la tête, tentant de fuir la vérité de ses paroles. Je ne voulais pas y penser… non je ne voulais pas pense aux Volturi, à notre trop longue séparation, à Jacob… surtout à Jacob…

-Si je te fais des avances maintenant, c'est parce que j'ai l'impression que je vais m'enflammer tant mon désir de toi est fort. Depuis que tu m'as embrassé… non depuis que je t'ai revu dans ton bureau ce matin que j'ai cette impression d'avoir un feu qui brûle à l'intérieur de moi. Un feu que tu es le seul à pouvoir éteindre. Alors je veux faire l'amour avec toi, ici, dans cette voiture. Parce que je ne peux plus attendre…

J'enlevai mon manteau, puis ma veste sous ses yeux pétrifiés, et je baissai lentement les bretelles de ma camisole, les joues rouges. Je vis Edward déglutir lorsque ma poitrine s'offrit à sa vue. Je pris sa main qui tenait toujours la mienne et je la déposai sur mon cou.

-Caresse-moi Edward. Aime-moi. J'en ai besoin.

Il ferma les yeux, son visage se fermant soudain et je compris que j'avais perdu. Je lâchai sa main qui retomba, inerte, le long de son corps.

-J'ai un fils Bella, lâcha-t-il à mi-voix.

Puis il sortit de la voiture, claquant la porte derrière lui, me laissant totalement sous le choc.

Un fils. Edward avait un fils. Un enfant, une partie de lui… une partie que j'avais tellement désiré lorsque nous étions ensemble, mais que je n'avais jamais eu. Un petit Edward.

Je serrai les poings, puis me recroquevillai sur mon siège comme si on venait de me frapper.

-Non. Non. Non.

Je secouai la tête dans tous les sens, les larmes coulant sur mon visage, n'arrivant plus à retenir mes sanglots.

Ça en était trop. Trop d'émotions, trop de bouleversements, trop de révélations.

Je voyais Edward tenant un petit garçon aux cheveux bronze dans ses bras. Je revoyais la douleur qui crispait les traits de Jake la dernière fois que nous nous étions parlé.

Edward, la dernière fois que je l'avais vu, lorsqu'il avait claqué la porte de la chambre où nous nous trouvions.

Jacob qui me regardait alors que je tendais une main suppliante vers lui.

Edward qui me serrait dans ses bras, disant qu'il ne m'avait jamais oublié.

Jake, lorsqu'il m'avait promis de ne jamais me faire du mal.

Toutes ces images tournaient dans ma tête, ne me laissant aucun répit, me donnant le vertige.

Mon cœur était coupé en deux parts mon amour pour Edward et celui que je portais à Jake… et ces deux parties saignaient en même temps. J'avais perdu Jacob; j'avais perdu Edward.

Définitivement.

Une longue plainte rauque s'échappa de ma bouche alors que je posais inutilement une main sur ma poitrine, là où un trou béant aurait dû se trouver.

Tout à coup, la portière s'ouvrit et deux bras m'encerclèrent de leur étreinte réconfortante.

Je m'accrochai à Edward, enfouissant mon nez dans son cou, pensant que c'était les bras de Jake qui auraient dû me consoler. Parce que c'était lui qui avait cette place, depuis des années maintenant… depuis notre rencontre en fait, le jour de mon arrivé à Forks. C'était lui, celui qui était toujours là pour moi lorsqu'il n'y avait personne d'autre. Lui qui supportait mes humeurs, qui me poussait à avancer. Lui qui trouvait toujours les mots pour me faire rire, même dans les pires moments.

Mon visage se figea dans une grimace, dans un cri silencieux, terrassée par l'éclair de douleur qui traversa ma poitrine.

Jake ne voulait plus de moi. Je l'avais trahie une fois de trop. Je me rappelai son visage lorsque je lui avait tout dit et mes sanglots devinrent presque hystériques. J'avais cru que j'arriverais à le convaincre de me donner une autre chance, mais je m'étais trompée. Et je ne pouvais lui en vouloir : il m'avait donné suffisamment de chance. Il n'avait fait que ça depuis quatre ans, sans jamais rien recevoir en retour.

Je devais être maudite parce qu'il me semblait que je ne faisais que ça : gâcher mes histoires d'amour.

Et je me savais condamnée à rester seule à présent.

-Vas-y : pleure Bella, murmura Edward d'une voix douce à mon oreille. Pleure ma belle si ça peut te soulager.

Et c'est ce que je fis, ruinant sa chemise par mes larmes.

Je pleurai sur mon père, accroché à mon bras, qui m'amenait à l'autel, là où m'attendait un Jake dont le sourire illuminait toute l'assistance.

Je pleurai sur un ventre rond sur lequel il aurait déposé un baiser tendre.

Je pleurai sur une petite maison sur la réserve, dans laquelle les cris et les rires de deux enfants aux yeux noirs auraient retenti.

Je vis cet avenir comme s'il était réel et cela me fit pleurer d'avantage. Si seulement j'avais pu voir cela avant… Jake serait peut-être encore là. Avec moi.

Puis je pleurai sur l'espoir; cet espoir que j'avais perdu. L'espoir d'être un jour heureuse. L'espoir d'arriver à m'engager vraiment avec Jacob.

Mais aussi l'espoir contradictoire de pouvoir un jour retourner auprès d'Edward, de vivre de nouveau avec lui.

Et les mêmes scènes se répétèrent, mais avec un autre homme. C'était Edward qui m'attendait devant l'autel, si beau que j'en avais le souffle coupé.

C'était lui qui parlait à l'enfant qui attendait sagement de naître, dans mon ventre.

C'était le rire de nos enfants qui raisonnaient dans une maison en ville que nous aurions choisi ensemble.

Deux avenirs. Deux âmes sœurs. C'était beaucoup plus que ce que la plupart des gens avaient dans toute leur vie.

Moi j'avais eu ce privilège… et en m'accrochant à celui que j'aimais le plus, je les avais perdu tous les deux.

Les Volturi auraient pu se présenter à cet instant, je n'en aurais eu que faire. Ils auraient pu venir me chercher que je n'aurais pas bronché. La mort ne me faisait plus peur : je n'avais plus rien à perdre.

-Je suis désolée Edward, dis-je au bout d'un moment interminable.

Celui-ci eut un rire sans joie.

-Tu t'excuses de pleurer ?

-Je m'excuse de pleurer pour lui… devant toi. Et aussi… d'avoir essayé de me servir de toi pour ne plus ressentir ce… ce vide…

Je pris une grande inspiration, puis essuyai mon visage qui ne devait plus ressembler à rien maintenant et je me sortis de l'étreinte trop douce, trop agréable, d'Edward.

-Je croyais que peut-être… il y avait encore un espoir pour nous deux. Que peut-être je ne t'avais pas perdu…

-Tu ne m'as pas perdu Bella, s'exclama Edward en se relevant à son tour. Je suis là.

-Oui, mais pour combien de temps ? demandai-je d'une voix triste.

Son visage se décomposa.

-Aussi longtemps que tu auras besoin de moi, murmura-t-il finalement en vrillant son regard au mien.

-Alors tu ne partiras jamais parce que j'aurai toujours besoin de toi.

Edward ferma les yeux, un air torturé traversant son visage. Je déposai une main sur sa joue pour le consoler.

-Je suis désolée. Je n'aurais pas dû dire ça. Tu as un fils qui t'attend… un fils qui a plus besoin de toi que moi.

Un sourire triste étira ses lèvres, puis il déposa sa main sur la mienne.

-Tu n'as pas besoin de moi Bella : tu es plus forte que tu ne le crois.

Je secouai la tête : il avait tort. Je n'étais pas forte, bien au contraire. J'étais faible et pathétique et j'avais besoin d'un homme pour me supporter, m'épauler, me consoler. J'avais besoin d'avoir une personne dans ma vie qui m'aimait inconditionnellement.

Non. C'était faux : j'avais besoin d'Edward ou de Jake pour me supporter, m'épauler, me consoler. M'aimer.

Sans eux, j'avais l'impression de n'être plus rien. Je ne pouvais pas les perdre. Pas tous les deux en même temps.

-Bella… je ne supporte pas de te voir comme ça, gémit Edward en déposant un léger baiser sur mes doigts.

-Alors reste ! m'écriai-je, consciente d'être injuste envers lui, consciente d'agir en totale égoïste. Mais j'avais si mal que je m'en fichais; je voulais juste faire cesser cette douleur. Reste avec moi et tout ira bien. Je t'en prie, ne me quitte pas encore une fois.

-Bella…

Ce fut à mon tour de fermer les yeux, attendant anxieusement un non définitif. Mais rien ne vint. J'ouvris un œil pour le regarder : il me fixait, son visage torturé et hésitant.

-S'il-te-plaît Edward, le suppliai-je.

Une larme roula sur sa joue.

-Je… je ne peux pas… j'ai promis… je dois essayer… pour Samuel…

-Ça va, l'interrompis-je alors qu'il devenait de plus en plus incompréhensible. Je comprends Edward… je n'aurais pas dû te demander ça.

Ma voix tremblait plus que je ne le voulais, mais je n'arrivais pas à l'empêcher. Pendant un instant, l'espoir était revenu… mais pour disparaître aussi rapidement qu'il était arrivé. Je devais arrêter de me raconter des mensonges et faire face à la vérité.

À ce moment, deux bras entourèrent ma taille et Edward m'attira contre lui. Je déposai ma tête sur son torse, écoutant son cœur battre, n'ayant plus de larmes pour pleurer.

-Je ne suis bon qu'à te faire du mal Bella…

-Je sais que je n'ai pas le droit, mais j'aimerais te demander une chose. Une seule.

-Tout ce que tu voudras, répondit-il précipitamment en déposant un baiser sur mes cheveux.

-Je voudrais… une nuit avec toi, dis-je dans un souffle. Une dernière nuit avant de se dire adieux une fois pour toute.

J'entendis Edward retenir son souffle un instant, puis il soupira, rendant les armes.

-D'accord Bella. Une dernière nuit… juste pour nous.

Je relevai la tête et scellai notre accord d'un baiser.

Une heure plus tard…

Nous roulions en silence depuis un moment maintenant, tous les deux plongés dans nos pensées. La seule chose qui nous reliait l'un à l'autre, c'étaient nos doigts liés. Je serrais sa main de toutes mes forces entre la mienne. Je voulais le garder près de moi, je ne voulais pas qu'il s'enfuit.

Une dernière nuit. J'allais avoir une dernière nuit avec lui avant qu'il ne retourne à sa vie et ensuite… ensuite peu m'importait ce qui allait m'arriver.

Peu m'importait parce que je serais seule. Et vide. Si vide.

Je retins un soupir pour ne pas attirer l'attention d'Edward sur moi. C'était tout de même pathétique de réaliser après tout ce temps qu'il m'aimait réellement. Nous avions vécu ensemble, nous nous étions mariés, nous avions même projeté bâtir une famille… et pourtant, jamais je n'avais cru qu'il m'aimait comme moi je l'aimais. De cet amour passionné, fort, indestructible que je lui vouais.

J'étais bien trop ordinaire pour lui. Un jour ou l'autre, il finirait par le réaliser. C'était ce que je pensais à l'époque.

Et maintenant que j'avais compris que ce n'était pas le cas, maintenant que j'avais réalisé qu'Edward me désirerait toujours peu importe le temps qui passerait…

Il était trop tard.

Je fermai les yeux, m'appuyant sur la vitre, et une larme roula sur ma joue.

J'aurais tant voulu pouvoir retourner en arrière et tout changer. Tout recommencer, tout reprendre : ensemble. Ne jamais le quitter ce soir-là, dans cette chambre d'hôtel si semblable à celle-ci. Ou faire en sorte qu'il revienne vers moi, qu'il entre de force chez Charlie et me supplie de lui donner une autre chance. Ou plutôt… ne jamais revenir à Forks pour que nous puissions vivre heureux tous les deux à Boston, comme avant, et qu'Esmé reste en vie.

Malheureusement, je devais accepter la réalité. Je n'étais pas magicienne et je n'avais aucun moyen de remonter le temps.

Dès demain, Edward et moi, ce serait du passé. Il avait quelqu'un d'autre dans sa vie à présent et moi, moi je n'aurais plus rien.

-Et merde ! s'écria soudainement Edward en relâchant ma main pour placer la sienne sur le volant.

Tout son corps était tendu, en alerte. Il se passait quelque chose, mais j'ignorais quoi.

-Edward ! Qu'est-ce qu'il y a ?

Il ne me répondit pas, mais attrapa son téléphone entre nous et composa frénétiquement un numéro.

-J'ai besoin de renfort ! Tout de suite !

Je serrai les poings, gagnée par la peur et sans pouvoir m'en empêcher, je jetai un regard derrière nous. Plusieurs voitures nous suivaient… l'une d'elle appartenait-elle au Volturi ?

-Elle me suit depuis plusieurs kilomètres… non, je ne suis pas parano ! Jane a peut-être… ok. J'essaie de le semer et je vous attends là.

Il raccrocha et lança son appareil, jurant entre ses dents.

-Qui nous suit ? demandai-je d'une voix tremblante.

-Je ne sais pas Bella, répondit-il en me faisant un sourire qu'il voulait rassurant. Peut-être que ce n'est rien…

-Oh ! Je t'en prie ! Pas de mensonges pour me protéger : je veux savoir.

Il me jeta un coup d'œil, son front plissé, visiblement plongé dans une réflexion peu agréable.

-Jane a réussi à s'enfuir tout à l'heure face à deux agents du FBI et ça me fait pensé qu'elle a peut-être un complice… ou plutôt une complice, dit-il au bout d'un moment.

-Une complice ? répétai-je, surprise. Quelqu'un que je connais ?

-Oui. Trop bien même.

Il reprit ma main entre la sienne et avoua dans un souffle :

-Victoria.

Le visage de la rouquine apparut alors dans mon esprit. Ses cheveux de feu, son regard où je pouvais lire sa folie, son sourire cruel. J'avais l'impression de ressentir encore la lame de son couteau contre ma gorge. J'étais de nouveau une adolescente sans défense et je tombais contre la route, souffrant comme je n'avais jamais souffert, persuadée que j'allais mourir sans jamais revoir Edward.

-Calme-toi Bella ! Calme-toi : elle ne peut pas te faire du mal ! Je ne la laisserai pas te faire du mal ! Je suis là aujourd'hui, je suis là pour te protéger. Et personne, personne tu m'entends ne pourra toucher à un seul cheveu de ta tête !

Mon cœur se calma peu à peu, même si je continuais à trembler. Non pas de froid, mais de peur. Pour moi, Victoria était beaucoup plus effrayante que les Volturi. Je savais que c'était complètement irrationnel, que les Volturi étaient plus puissants et sans pitié, mais… je ne pouvais m'empêcher de paniquer à la simple pensée que Victoria se trouvait derrière nous, bien trop près de moi.

Je me tournai de nouveau pour regarder derrière nous.

-Ça va mieux ? demanda Edward en déposant un baiser sur ma main.

Je hochai la tête.

-Comment sais-tu que c'est elle ? lui demandai-je soudain, incapable de distinguer les visages des conducteurs qui nous suivaient.

Edward poussa un soupir et si sa main n'avait pas tenu la mienne, il se serait sûrement pincé l'arête du nez comme il le fait toujours lorsqu'il est contrarié.

-Parce que je l'ai rencontré hier et qu'elle conduisait une voiture identique à la brune qui est derrière nous ! répondit-il plutôt sèchement.

Il l'avait rencontré la veille ? Mais comment… pourquoi était-elle là alors ? À notre poursuite ? Pourquoi n'était-elle pas sous les verrous ? Elle s'était enfuie?

-Je sais que tu as plein de questions Bella et je vais y répondre dès que tu seras en sécurité. Pour l'instant, je dois rester concentré. Je dois la semer…

Sur une dernière pression sur ma main, il me relâcha et la posa sur le volant.

-Accroche-toi mon amour, murmura-t-il avant de donner un brusque coup de volant pour changer de voie, accélérant notre vitesse.

Je m'accrochai au tableau de bord, avec l'impression que mon cœur flottait dans ma poitrine. Edward traversa complètement l'autoroute et prit la sortie qui menait à Seattle. Il jeta un œil dans le rétroviseur et poussa un soupir de soulagement.

-Elle ne nous a pas suivis… une fois dans Seattle, d'autres hommes viendront nous rejoindre et ce sera plus difficile pour elle de nous atteindre. Tu peux te détendre, nous sommes…

Une détonation assourdissante emplie alors l'air autour de nous et la voiture fit une brusque embardée.

-Qu'est-ce que… ?

Une autre détonation. Cette fois, Edward perdit le contrôle de la voiture qui sortit de la route, fit quelques embardées avant de s'arrêter, à l'envers.

-BELLA ! hurla Edward à côté de moi.

-Je vais bien, murmurai-je en portant la main à ma tête douloureuse.

J'avais l'impression que mon esprit était au ralenti et je n'arrivais pas à comprendre ce qui venait de se passer.

-Il faut sortir d'ici ! Allez Bella, détache-toi et sortons de la voiture !

Je me tournai vers lui, le regardant sans comprendre. Il s'avança alors vers moi, détacha ma ceinture et me rattrapa lorsque je tombai contre le toit. Puis il cassa d'un coup de coude violent la vitre passager et m'aide à sortir à l'extérieur.

Il me fit asseoir le dos contre la voiture et l'air frais m'aida à retrouver mes esprits. Les étourdissements s'estompèrent. Je me sentais mieux, suffisamment bien pour comprendre la situation lorsque je le vis sortir son revolver.

-On nous a tirés dessus ? demandai-je d'une voix rauque, serrée par l'angoisse.

Edward ne m'écoutait pas : concentré, il observait les alentours… mais nous semblions seuls sur cette partie de route.

-Où se cache-t-il le salopard ? marmonnait-il encore et encore.

Quelques instants passèrent sans que rien ne se passe, quelques instants pendant lesquelles la peur envahissait tout mon système, paralysant mes membres, mais faisant défiler mes pensées à toute vitesse.

Edward allait mourir. J'allais mourir. Nous mourrions tous les deux ici et maintenant.

C'était la fin.

Alors qu'un peu plus tôt, j'avais pensé que j'accueillerai la mort avec soulagement maintenant que je les avais perdus, lui et Jake, je réalisai que c'était faux.

Je ne voulais pas mourir. Mon Dieu, je voulais vivre ! Il n'était pas question que ma vie s'achève maintenant, pas alors que je n'avais rien accompli encore !

Il y avait tant de choses que j'aurais voulu faire ! Tant de choses…

J'aurais voulu dire à Charlie que je comprenais pourquoi il m'avait caché la lettre d'Edward et que je lui pardonnais…

J'aurais voulu aller en Floride, visiter ma mère que je n'avais pas vu depuis plus d'un an maintenant…

J'aurais voulu tout faire pour me faire pardonner de Jake et que nous redevenions des amis, comme avant…

J'aurais voulu m'ouvrir à Anna, lui raconter toute la vérité pour que nous puissions enfin être de véritables amis.

J'aurais voulu revoir Alice, la serrer dans mes bras une dernière fois. Et Emmet, Jasper, Carlisle… et même Rosalie aussi !

J'aurais voulu voir le fils d'Edward et rencontrer sa nouvelle compagne. M'assurer qu'elle pouvait réellement prendre soin de lui et le rendre heureux. J'aurais voulu apprendre à devenir son amie, pour pouvoir le garder dans ma vie.

Puis j'aurais aimé voyager. Faire le tour de l'Europe. Écrire un livre. Ouvrir ma propre maison d'édition.

Tous ses rêves que j'avais mis de côté, trop occupée à m'apitoyer sur mon sort.

Je ne pouvais pas mourir sans les avoir réalisés.

-Et merde ! Merde ! Merde ! s'écria soudain Edward en frappant contre la voiture.

Je sursautai puis me tournai vers lui pour voir son visage tordu par l'angoisse.

-Qu'est-ce qui se passe ? demandai-je d'une petite voix, incertaine de vouloir le savoir.

-Je le vois… il est sur le tracelle, là-bas ! La voiture arrêtée… il est beaucoup trop loin pour que je puisse l'atteindre avec mon arme !

Il poussa un grognement, puis se rapprocha doucement de moi.

-Bella, murmura-t-il en prenant mon visage entre ses mains. Est-ce que tu te sens en état de courir ?

Je le fixai, incapable de répondre. Courir ? Pourquoi voulait-il courir ? Nous étions relativement à l'abri derrière la voiture, non ? Si nous courrions, nous serions exposés… à la merci de ce tueur…

Il me pointa alors une trachée à quelques mètres de nous à peine.

-Je veux que tu cours jusqu'à cette tranchée et que tu t'y caches. Là-bas, il ne pourra pas nous atteindre d'où il est.

-Mais…

-Nous sommes en danger ici ! me coupa-t-il aussitôt d'un ton sans réplique. Il pourrait faire exploser la voiture s'il le voulait… je me demande d'ailleurs pourquoi il ne l'a pas encore fait !

Je secouai la tête dans tous les sens. Non. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas bouger de là… je me sentais en sécurité ici. Autant que l'on peut se sentir en sécurité lorsqu'un sniper vous tire dessus du moins.

-Je serai derrière toi. Je te protégerai, me promit-il en plongeant son regard dans le mien.

-Non, répondis-je, horrifiée. Je ne veux pas que tu te fasses tuer pour moi !

Il déposa un baiser rapide sur mes lèvres, mon visage toujours entre ses paumes chaudes.

-Je ferai n'importe quoi pour toi, déclara-t-il d'une voix vibrante d'émotion.

Puis il me prit la main et me tira lentement pour me relever.

-À trois : un… deux… trois… ALLONS-Y !

Il me remit sur pieds et, me poussant devant lui, se mit à courir vers le petit ravin. Je fis de mon mieux pour aller le plus vite possible, mais j'étais gauche et engourdie. Je sentais la présence d'Edward derrière moi et c'était la seule chose qui me poussait à avancer plus vite. Il était trop exposé. Il pouvait mourir en me protégeant.

J'accélérai l'allure. Nous y étions presque.

On tira alors plusieurs coups et je poussai un cri de terreur. Je sentis Edward me tirer un peu plus vers la gauche d'un geste brusque. Je trébuchai, m'étalai sur le sol et plutôt que de me relever, je roulai jusqu'à notre abri qui n'était plus qu'à quelques pas. Edward sauta et me protégea de son corps, encore une fois.

Nous y étions. Nous avions réussi… nous étions relativement en sécurité, en espérant que les secours arrivent bientôt.

-Ça va aller, me murmura Edward à l'oreille. Deux voitures sont passées depuis qu'il nous a tirés dessus. Elles ont continué leurs chemins, mais l'une d'elle va avoir contacté la police. Ou alors quelqu'un qui a entendu les coups de feu en passant sur l'autoroute. Les secours seront là bientôt…

Sa voix faiblit et je hochai la tête, même si j'étais persuadée qu'il me mentait pour me rassurer.

Au moins, nous étions en vie. Edward resserra ses bras autour de moi et malgré notre situation, je profitai de ce moment. Il fallait que je profite de chaque seconde parce que j'ignorais combien de temps il nous restait.

-Je t'aime Edward, murmurai-je. Et je suis désolée de tout ce qui s'est passé.

-Chut… nous allons nous en sortir Bella. Tu pourras me dire tout ça plus tard !

Il déposa un baiser sur mes cheveux et je sentis une larme couler sur ma joue. Je l'essuyai rapidement, mais quelque chose clochait… j'avais un liquide poisseux sur les mains et je l'avais étalé sur mon visage.

L'odeur me frappa alors de plein fouet : du sang. Étais-je blessée ? Pourtant, je ne souffrais pas…

Puis je compris. Je me tournai lentement pour faire face à Edward, mon cœur si serré que j'avais l'impression qu'il avait arrêté de battre. Edward me fit un petit sourire qui me parut forcé au milieu de son magnifique visage d'une pâleur maladive et tordue par la souffrance.

-Edward ! Tu es blessé !

Du sang imbibait sa chemise, à la hauteur de son épaule.

-Ça va. Ce n'est rien, murmura-t-il faiblement.

Sans écouter ses protestations, je déchirai son vêtement pour voir l'ampleur de sa blessure. Ce n'était qu'un minuscule trou, de quelques millimètres de diamètres, mais le sang s'en écoulait à une vitesse hallucinante.

J'y déposai mes deux mains, tentant d'arrêter l'hémorragie.

Je ne laisserais pas Edward mourir. NON ! Pas lui ! Je voulais vivre, oui, mais j'aurais préféré 1000 fois être à sa place en ce moment.

J'appuyai un peu plus fort sur sa plaie, sanglotant, et Edward grimaça.

-Oh ! Désolée ! Je ne veux… je ne veux pas…

Il leva une main tremblante pour caresser tendrement mon visage, puis il prit un air résolu et me tendit son arme.

-Prends ça Bella. Si jamais le tireur s'approche…

-Non. Je dois contenir le sang…

-Bella, gronda-t-il. Prends ça et protège ta vie. Je vais m'occuper de ma plaie. Je t'en prie.

Je secouai la tête dans tous les sens, ne relâchant pas la pression sur son épaule.

Il était plus important… plus important que tout…

-Je ne veux pas mourir en sachant que tu ne seras plus de ce monde ! protesta-t-il en me suppliant de ses yeux si beaux. En sachant que tu es morte… à cause de moi !

-Personne ne va mourir, tu m'entends ? répliquai-je en sanglotant. Tu vas vivre Edward Cullen ! Je t'interdis de mourir ! Je t'interdis de me laisser une fois encore !

Il tenta de me sourire, puis ses yeux se révulsèrent et il perdit conscience.

-Non ! NON ! Edward, reste avec moi ! Ne me laisse pas ! Reste avec moi ! sanglotai-je désespérément. Pense à ton fils. Il a besoin de toi ! Tu ne peux pas le laisser maintenant ! Tu ne peux pas nous laisser ! Qu'est-ce qu'on va faire sans toi ?

Comprimant toujours sa blessure, je me penchai vers lui pour déposer mon front contre le sien.

-Je t'aime Edward. J'ai besoin que tu vives. Je t'en prie !

J'entendis alors les sirènes d'une ambulance ou d'une voiture de police et cela me sembla le son le plus doux au monde.

Je me redressai.

-Les secours arrivent. Tu vas t'en sortir. Ça va aller.

J'étais consciente que je tentais de me convaincre moi-même, mais je devais y croire. Le contraire aurait été insupportable.

Deux voitures de police et une ambulance s'arrêtèrent juste à côté de la voiture que nous avions quittée. Je me redressai, soulagée, pour qu'ils me voient.

-ICI ! hurlai-je en leur faisant signe. VITE ! IL A RECU UNE BALLE !

Les deux ambulanciers se précipitèrent vers moi et ils prirent aussitôt Edward en charge alors qu'un policier me rejoignait. Je ne lui accordai même pas un regard, ne pouvant me détourner d'Edward.

-Mademoiselle, s'il-vous-plaît, éloignez-vous !

-Est-ce qu'il va s'en sortir ? Dîtes-moi qu'il va s'en sortir !

-Mademoiselle.

Le policier me prit doucement par le bras.

-Venez. Laissez-les faire leur travail !

Je poussai un gémissement mais suivi l'agent jusqu'à sa voiture où il me fit asseoir sur la banquette avant et déposa gentiment une couverture sur mes épaules.

-Vous êtes en état de choc, je le comprends… mais si vous pouviez nous dire ce qui est arrivé, cela pourrait nous aider.

Je relevai mon visage ruisselant de larmes vers lui.

-On nous a tirés dessus. Quelqu'un nous suivait, puis on nous a tirés dessus.

L'agent me regarda comme si j'étais folle.

-Un tireur nous attendait, sur le pont, juste là.

Je me relevai pour lui pointer l'endroit.

-Il nous a tirés dessus lorsque nous sommes sortis de l'autoroute ! C'est la vérité ! Edward est agent du FBI !

Le policier fronça les sourcils, puis il déposa une main réconfortante sur mon épaule.

-Vous êtes secoués. Je vais vous laisser récupérer. Je prendrai votre déposition un peu plus tard.

-Attendez ! Et Edward ? m'écriai-je, paniquée.

Il haussa les épaules avec un air désolé.

-Les ambulanciers font leur travail. Dès qu'ils le pourront, ils l'amèneront à l'hôpital général de Seattle.

Je me rassis, serrant la couverture autour de moi. J'avais froid, froid jusqu'à l'intérieur de mon corps, froid jusqu'à mon cœur. Je savais que je ne pourrais me départir de cette sensation tant que la vie d'Edward serait en danger…

Je restai plusieurs minutes immobile, les yeux dans le vague, jusqu'à ce que je les vois remonter Edward, toujours inconscient, couché sur un brancard. Je bondis aussitôt sur mes pieds.

-ARRÊTEZ ! Je dois aller avec lui ! criai-je en tentant de les rejoindre.

Deux policiers, dont celui qui m'avait interrogé, me bloquèrent le passage.

-Mademoiselle, calmez-vous. Nous vous amènerons nous-mêmes à l'hôpital dès que nous vous aurons interrogé.

-Non ! Je dois aller avec lui, je ne peux pas l'abandonner !

-Nous ne pouvons vous laisser partir. Pas tant que nous ne savons pas ce qui s'est passé !

-Je vous l'ai dit, m'écriai-je, à bout de patience.

-Oui, oui. Je me souviens bien, mais… nous avons vérifié les plaques de la voiture. Elle a été louée à Seattle par un certain John Heaton. Ça vous dit quelque chose ?

Je secouai la tête.

-C'est peut-être un nom d'emprunt… le FBI ne voulait pas qu'on sache qu'ils étaient à Forks.

-Hum, hum. Oui. Je comprends.

Il avait pris un ton franchement sceptique et je m'enflammai, furieuse qu'il ne me croit pas. Qu'est-ce qu'il pensait ? Que j'avais tiré sur Edward ?

-C'est la vérité !

Puis un éclair de lucidité me frappa.

-Peter… Peter Lewis ! Appeler Peter Lewis ! C'est son partenaire, j'ai son numéro dans mon portable ! Mon portable qui doit être tombé dans la voiture ! Il vous confirmera notre identité !

À ce moment-là, un troisième policier s'avança vers nous alors que l'ambulance s'éloignait à grands cris de sirène.

-Les gars m'ont donné ça, dit-il en tendant un portefeuille à celui qui m'interrogeait. Ils l'ont trouvé dans sa poche.

Le policier y jeta un œil et son visage changea. Il avait l'air presque mal à l'aise lorsqu'il ramena son regard sur moi.

-Robert Miller, ça vous dit quelque chose ?

-Bien sûr ! C'est mon ami… celui que vous venez d'amener !

-Hum… vous avez dit qu'il s'appelait Edward.

-Je… j'avais l'esprit embrouillé. Edward est mon ex petit ami. Il… il est mort.

Je baissai les yeux au sol, espérant qu'il me croirait.

-Vérifie son identité dans l'ordinateur… pendant que j'amène la petite dame à l'hôpital.

-Ok.

-Appelle-moi lorsque tu sauras la vérité.

Puis il me prit par les épaules et me poussa doucement jusqu'au siège arrière de la voiture. Lui et son partenaire prirent place à l'avant, sans un mot.

-Vous m'amenez voir E… Robert ? demandai-je, pleine d'espoir.

-Ouais.

Je poussai un soupir de soulagement et laissai tomber ma tête contre le dossier. J'allais voir Edward. Tout irait bien. Il était en route pour l'hôpital où ils le soigneraient et moi j'irai attendre son réveil là-bas.

La radio à l'avant grésilla et le policier passager tint une conversation dont la majorité m'échappa, mais à son terme, le conducteur me jeta un petit coup d'œil.

-Je suis désolé de ne pas vous avoir cru mademoiselle, mais… vous devez admettre que votre histoire était difficile à croire.

-Je sais.

Moi-même, j'avais l'impression d'être dans un cauchemar. J'allais me réveiller bientôt, très bientôt, et réaliser que j'étais toujours à Forks, dans mon lit et qu'Edward était bien en sécurité, à un endroit où j'ignorais tout. Tout cela n'était peut-être qu'un rêve, un message de mon inconscient qui cherchait à me faire comprendre qu'il valait mieux pour Edward et moi de ne pas chercher à nous revoir.

Parce que chaque fois que nous étions ensemble, il se produisait un drame.

Malheureusement, je ne me réveillai pas. Tout cela était bien réel. Edward s'était fait tiré dessus et j'ignorais tout de son état.

Était-il déjà…

Non. Non. Je ne devais pas y penser. Il allait vivre. Il retournerait auprès de sa femme et de son fils. Il vivrait heureux avec eux. Moi je referais ma vie, loin de lui. Parce qu'être ensemble ne nous apporterait rien de bon, je le comprenais maintenant.

Depuis que nous nous étions retrouvés, tout n'était que souffrance entre nous.

Et cela ne changerait pas, même si nous redevenions un couple. Il y avait eu trop de drame, trop de peur, trop d'accusations. Puis je connaissais suffisamment Edward pour savoir qu'il se sentirait coupable toute sa vie s'il rompait la promesse qu'il avait fait. Il serait avec moi… tout en étant ailleurs. Et moi je me sentirais coupable de l'avoir poussé à briser sa famille.

Notre amour, peu importe sa force, ne survivrait pas à ça.

Ça ne voulait pas dire qu'il ne pouvait plus faire partie de ma vie. Je voulais qu'il reste dans ma vie. Je ne voulais pas le perdre… malgré tout, j'avais besoin de lui, de sa présence.

Je voulais apprendre à découvrir celui qu'il était devenu. Je voulais apprendre à être une amie pour lui.

Il devait vivre.

Je fermai les yeux, épuisée, n'ayant plus de larmes pour pleurer. Et là, pour la première fois depuis très longtemps, je priai. Je demandai à Dieu d'aider Edward à s'en sortir et en retour, je promis de ne plus jamais chercher à avoir plus que ce que j'avais, de ne plus faire souffrir les gens autour de moi…

« J'entrerai chez les religieuses ou je ferai de l'aide humanitaire dans les pays pauvres… Mon Dieu, je ferai tout ce que vous voudrez. Tout ce que je demande, c'est qu'il vive.

Je veux seulement qu'il vive. »

Argh ! J'entends déjà vos cris de protestation de vous laisser dans un moment pareil… désolée, désolée, désolée ! Je fais le plus vite pour vous poster dans le mois et même plus tôt si par miracle j'y arrive ! Merci d'avoir lu et n'oubliez pas les reviews !

À bientôt !