Titre : Attraction (Aucun lien avec mes 2ères FF)

Thème : AU (Alternative Univers) Law & Order SVU (Special Unit Victims)

UA (Univers Alternatif) New York Unité Spéciale

Fanfiction en français - Femslash

Pairing : Alexandra Cabot & Olivia Benson, Alex/Olivia.

Avertissement : NC-13 (pour le moment. De toute façon, je censure dès que ça devient explicite)

Crédits : Les personnages ne m'appartiennent pas. Je ne finirai pas riche et célèbre grâce à cette histoire qui, elle, est mienne. © Dirk Wolf.

Archiver : Me donner la raison et me demander la permission, par respect.

Note : Les personnages sont empruntés à « New York, Unité Spéciale / Law & Order SVU ». Les caractéristiques physiques et les traits de caractère ainsi que leurs noms sont conservés ; ils n'ont cependant pas le même âge ni les mêmes occupations. Ils évoluent dans un monde [espace-temps] parallèle. De plus, j'ai modifié certaines de leurs informations personnelles pour plus de cohérence au récit.

Attraction

Chapitre 1 :

Perchée sur le rebord du toit de son immeuble, elle fumait paisiblement sa cigarette en regardant les lumières de la ville. Une jambe dans le vide, l'autre repliée sous son coude, elle ne pensait à rien. C'était son moment à elle, son moment loin de tout, loin du monde, loin des gens, loin de toute cette violence qui l'entourait.

Le ciel était dégagé, la lune dardait ses lueurs sur les baies vitrées des immenses hôtels de Manhattan. Elle leva la tête et scruta les étoiles, tentant de se rappeler les constellations que son voisin lui avait apprises petite.

Son téléphone sonna, elle souffla d'exaspération.

- « Benson.

- Ben ? Kyle. T'es où … »

En fond, elle reconnut la voix furieuse de son bras droit qui cria sur son interlocuteur :

- « T'es fou ! T'as pas à l'appeler, bordel !

- Euhm … Oui, Sorry … »

Elle regarda, sous ses pieds, les ruelles qui s'étendaient à l'infini comme des élastiques. Elle ne dit rien, elle attendit la suite. Elle méprisait les personnes qui s'excusaient. C'étaient des faibles.

- « Ecoute … euh … on est là quoi … à … à l'avance. » Dit-il sans conviction.

- « J'arrive. » Elle raccrocha.

Elle rangea son portable dans la poche arrière de son jeans et termina sa cigarette. D'une pichenette, elle envoya valser son mégot dans les airs. Il tourbillonna encore quelques instants à sa hauteur et virevolta dans une spirale infernale vers le parking. Elle suivit du regard le bout encore incandescent qui s'éteignit et disparut dans la nuit.

Elle se leva, lissa et dépoussiéra les pans de son pantalon. Elle réajusta sa perfecto et se dirigea vers la porte de secours.

Elle détestait ce Kyle. Elle l'avait accepté dans l'équipe parce qu'il était le cousin par alliance d'L…. Et elle ne pouvait rien refuser à L. Ils avaient grandi ensemble dans les bas quartiers. Ils avaient veillé l'un sur l'autre comme des frère et sœur. Ils ne se quittaient plus : A la vie, à la mort.

Mais pourquoi Kyle ? Il était perfide, fuyant, petit et nerveux. Il allait un jour leur jouer un sale tour si l'occasion se présentait, elle en mettrait sa main à couper. Il en faisait toujours trop, se collait à elle comme de la glu, l'envahissant dans la moindre parcelle de son espace.

Après 3 mois, il n'avait toujours pas compris qu'il ne fallait jamais l'appeler sauf s'il y avait urgence et encore moins lui montrer leur impatience. Elle n'était jamais en retard : c'étaient eux qui étaient en avance. Elle ne devait jamais les attendre ; ils devaient toujours se montrer présents et prêts. Elle commandait : ils ne devaient jamais discuter ses ordres ou ses exigences. Elle avait suffisamment prouvé sa valeur pour que personne ne se frotte à elle. Mais ce jeune chien fou avait encore beaucoup à apprendre. Et L avait du mal à le dresser. Un jour ou l'autre, elle perdra patience et il ne devra que s'en mordre les doigts.

Elle dévala les escaliers. Elle ne prenait jamais l'ascenseur sauf en milieu de nuit, lorsque tous les habitants dormaient et qu'elle était certaine qu'elle ne rencontrerait personne. Elle poussa la porte du personnel et sortit dans la rue. Elle inspira profondément et s'imprégna du parfum et des bruits familiers de la ville : ses ordures, ses pots d'échappements, ses coups de klaxon ou ses sirènes d'ambulances. Elle marcha sans détour vers le QG, les mains dans les poches. Elle palpa son couteau papillon dans sa main droite et sentit son automatique battre son flanc gauche au rythme de son pas confiant.

Arrivée sous les néons roses, bleu électrique et mauves du « Cue-Ts 's Club », elle tira à elle les portes battantes et entra.

La fumée épaisse de tabac formait un nuage lourd à hauteur des lampes au-dessus des tables de billard. Elle traversa les quelques rangées sans un regard pour les joueurs qui la saluaient respectueusement.

Au barman, elle dit :

- « Bill, un double. »

Il savait à la commande que son humeur était sombre. Il jeta un regard inquiet auprès d'un gars costaud, les bras tatoués, les manches de son T-shirt repliées au niveau des épaules. Celui-ci comprit le signal, se détacha immédiatement du groupe avec lequel il discutait et rejoignit la jeune femme brune qui s'accoudait au bar :

- « C'est un crétin.

- Oui. » Répondit-elle froidement en faisant danser ses glaçons dans son verre. Elle but une gorgée et ferma les yeux. Le liquide glissa dans sa gorge et laissa une traînée chaude qui réchauffait sa cavité et son œsophage. Elle pouvait sentir le parcours intérieur qu'empruntait sa boisson. Elle posa le verre sur son front qui la refroidit elle et ses nerfs. Elle poussa un râle, extenuée.

- « Tu peux y aller, tu sais. Il le cherche. Les gars se demandent pourquoi tu ne l'as pas encore touché.

- Pour commencer, c'est toi qui me l'as ramené, c'est à toi à l'éduquer. Ensuite… Je n'ai rien à prouver… et encore moins à lui. Je n'ai pas envie de me salir pour un petit merdeux !

- C'est mon cousin, … ouais … le beau-fils de ma tante. Si je le cogne…

- Ce sera plus crédible. Je suis pas sa mère. Toi par contre, tu en es responsable. Et les gars, comme tu dis, sauront qu'on ne me ramène pas n'importe qui, n'importe comment. Ce n'est pas à moi à me rabaisser à faire les sales besognes. »

Il se renfrogna, vexé.

Son attention fut très vite détournée par le carillon de la porte d'entrée. Il se retourna, se pencha en arrière et s'appuya sur ses coudes :

- « Hé ben, hé ben … Qu'est-ce qu'on nous amène là ? »

Olivia redressa la tête et vit, dans le reflet du miroir du fond, à l'arrière du comptoir, une jeune femme blonde, élancée, habillée d'un tailleur beige et d'une chemise noire entrer timidement.

- « Je pensais que t'étais bagué.

- Ch'uis pas un pigeon … Enfin si, la comparaison me plait : un pigeon voyageur volage. » Il lui sourit, fit un clin d'œil et s'avança vers la nouvelle venue.

Comme s'ils s'étaient tous donné le mot, les joueurs posaient leur queue de billard sur les tables et entourèrent la jeune femme blonde. Elle était impressionnée par ces hommes aux attitudes roublardes, les muscles saillants, la cigarette à l'oreille, exhibant leur tatouage comme des œuvres d'art :

- « Alors ma belle ? On s'est perdue ? Tu veux que je te montre ton chemin ?

- Non je … euhm … je cherche …

- Cherche plus, t'as trouvé ! » Et les gars s'esclaffèrent.

Elliot poussa deux trois de ses compagnons sur le côté et s'intercala en face d'elle. Il tendit la main et se présenta :

- « Elliot … 'L' pour les intimes et pour vous servir…

- Alexandra Cabot » Lui répondit-elle en lui serrant la main « Je suis …

- Pousse-toi, lourdeau ! » S'aventura un téméraire.

Sans se retourner, Elliot lui assena un coup de coude magistral sur le nez qui l'assomma dans la seconde. Il s'en suivit alors une bousculade bruyante.

Olivia regarda la scène avec détachement. Elle était blasée de leur bagarre de jeunes coqs. Et puis, l'inconnue était plutôt mignonne mais trop snobinarde à son goût. Elle ne faisait pas partie de leur classe, et encore moins du quartier.

- « Je suis venue… » Cria-t-elle au dessus de la mêlée « … pour Mademoiselle Benson ! ».

Les hommes s'arrêtèrent au milieu de leur querelle, mi-intrigués, mi-amusés.

- « MADEMOISELLE Benson ? » Dirent-ils à l'unisson. « MADEMOISELLE … Hahahaha trop fort ! » Ils se groupèrent à nouveau autour d'elle.

- « Où puis-je la trouver, s'il vous plait ?

- « Allez, allez, non pas toi ….

- Haaaa quel dommage !

- Regarde autour de toi … Y a pas quelqu'un qui te plait, ma poule. » L'augmentation du taux de testostérone dans la pièce était perceptible.

Olivia leva les yeux au plafond. Ils n'évolueraient jamais.

- « Mademoiselle Benson ! » Elle éleva la voix, impatiente. « Nous avons arrêté le violeur de votre mère ! »

Tous, d'un bloc, se figèrent sur place. Ils retinrent leur souffle abasourdis par la nouvelle. Ils se retournèrent vers la principale intéressée, silencieusement, honteux de cette découverte. Ils se regardèrent sans un mot, puis ils baissèrent les yeux, s'écartèrent les uns des autres et reprirent leur partie là où ils l'avaient laissée… l'air de rien.

Alexandra Cabot, libérée de ses chasseurs sans cervelle, s'avança vers la seule femme du Club. Olivia lui tournait toujours le dos, accoudée au bar, penchée au-dessous de son verre, vide, toujours dans ses mains. Elle prit appui sur le repose-pied doré. Elle se retourna brutalement :

- « L, fous-la à la porte !

- Mais, je …

- J'en ai entendu assez. Dehors.

- Je dois- »

Elliot l'interrompit, la saisit par l'avant bras.

- « Venez.

- Attendez, il faut que-

- Soit c'est la manière douce : vous me suivez sans discutez. Soit c'est la manière forte et croyez-moi … » Trois, quatre hommes se dirigèrent vers eux à l'entendre discuter « … Vous ne voulez pas la connaître.

- Accompagne-la jusqu'à sa voiture ou à un taxi. » Ajouta la jeune femme brune.

La tension était pesante et personne n'osa dire un mot. L'ambiance était retombée comme un soufflé raté. Olivia, d'un signe de tête, recommanda son alcool fort. Même Kyle n'osait pas s'approcher. Elliot revint contrarié. Il regarda son chef, s'approcha doucement.

- « Je ne veux pas le savoir El'.

- D'ac'. Elle est partie. »

C'était le seul de la bande à être au courant de son passé. Il n'en avait jamais rien dit, il n'avait jamais remis le sujet sur la table si Olivia n'en parlait pas d'abord. Mais elle ne l'avait jamais fait. Il savait pertinemment que c'était un lourd fardeau qu'elle portait sur ses épaules depuis son enfance… et que c'était la raison principale de son comportement négatif et fermé.

La porte d'entrée s'ouvrit brutalement.

- « Les Gars… Putain … ils nous cherchent ! » Luke s'appuya sur ses genoux pour reprendre son souffle.

- « Quoi, vieux ? Qui ? » Joe s'approcha de son frère et posa son bras sur son dos.

- « Les Dead Rabbits … ils ont franchi le pont de Williamsburgh !

- Putain, les salopards … Z'ont rien compris la dernière fois ? Ol' Qu'est-ce qu'on fait ? » Elliot se retourna vers son amie.

- « On va répondre à leur demande. » Elle sourit, satisfaite de cette distraction salutaire et de cette occasion pour évacuer sa rage trop longtemps contenue. « Bill, tu ouvres le sous-sol ? ».

Le patron de la salle de jeu ne se le fit pas répéter. Il s'abaissa derrière son comptoir, souleva le panneau et le cala avec une corde.

- « Allez les gars, servez-vous. »

La horde d'hommes balaises descendit un à un et ils s'armèrent de battes de baseball, de pieds de biche, de leviers, de crics ou encore d'autres chaînes.

- « Tu me refiles ma matraque télescopique ? »

Le jeune homme s'abaissa sous sa vieille caisse enregistreuse et extirpa d'un torchon un outil métallique scintillant. Il l'astiqua un peu, puis la lui tendit.

- « Merci, Allez on y va. » Elle vérifia que son arme était bien bouclée dans son holster. Elle savait qu'elle n'allait pas s'en servir. C'était une opération de routine, un simple passage à tabac : il fallait redéfinir les frontières du territoire.

Comme un seul homme, ils sortirent du Club. Les néons à l'accueil s'éteignirent : le bar fermait ses portes. Ils grimpèrent dans leurs vieilles voitures pourries et dévalèrent l'avenue en huant, klaxonnant et hurlant des insanités.

Après 20 minutes de crissements de pneus, de virages pris à 90 degrés, de caoutchouc brûlé sur l'asphalte, ils arrivèrent à destination. Au loin, ils perçurent les ombres menaçantes du clan ennemi. Ils étaient peu nombreux et mais en suffisance pour faire des dégâts. Ils descendirent tous de leur véhicule, rigolant, se tapant dans le dos… heureux de pouvoir expulser leur besoin d'activité. Olivia donnait ses ordres :

- « Vous les repoussez de l'autre côté du pont. Je veux pas en voir un debout, c'est compris ! Qu'ils comprennent une bonne fois pour toutes.

- Si vous entendez une sirène, vous vous repliez. Ne laissez pas un copain derrière vous ! Allez les gars que la fête commence… » Compléta L.

- « Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa » s'écrièrent-ils, tous d'une voix pour se porter mutuellement et se redonner du courage.

Quelques instants suivants, le choc des titans résonnait jusqu'au dessus du pont, amplifié par les rails du métro et les câbles électriques. Le chaos des corps, le heurt des barres de fer, des torses plaqués, des coups échangés se mêlèrent aux cris de douleur, de rage et de moqueries.

Olivia se déchaîna aux côtés d'Elliot. Dos à dos, ils répondaient à la menace extérieure grandissante et oppressante. Ils se battaient comme des sauvages, comme si leur vie en dépendait. Ils cognaient durement, au bon endroit, dans les flancs, dans la figure, sur le nez. Olivia reçut un coup de batte sur le biceps droit. Elle s'écroula sur ses genoux.

- « Liv' ! » Déconcentré, Elliot se retourna et se pencha vers son amie.

Un lâche profita de l'ouverture et le frappa au dos, l'homme de main s'écroula à son tour au sol. Blessés, ils se regardèrent tous les deux, rirent, puis se levèrent et, transportés l'un par l'autre, ils se ruèrent sur leurs agresseurs en hurlant.

Olivia mit un coup de tête à son assaillant, Elliot croqua la jambe du sien et le piétina. Leur force était décuplée par leur amitié et par leur complicité.

La jeune femme mettait du cœur à l'ouvrage, saisissant la moindre opportunité pour vaincre, par K.O., tous ceux qui se trouvaient sur son chemin. Plus elle avança, plus les autres reculèrent. Elliot derrière elle, plaquait les quelques fous qui osaient l'attaquer en traître. A cet instant, ils étaient unis par ce même lien qu'ils avaient tissé enfants ; elle, par son passé qu'elle n'arrivait pas à oublier et qui revenait la hanter et lui, par son impuissance à l'en débarrasser, à la soulager.

Un coup de poing américain s'écrasa sur la tempe d'Olivia. Sous la force du choc, elle recula. Désorientée, elle vacilla hagard. Son meilleur ami la cueillit et la portait presque. Elle saigna abondamment. Il la secoua légèrement :

- « Reprends-toi ! Liv' ! T'es encore avec nous ?

- Oui, oui … » Répondit-elle à moitié assommée. Elle tamponna sa coupure et sentit le sang chaud s'écouler le long de son visage. Elle regarda ses doigts :

- « Rho putain…

- Ca va ? »

Ses hommes l'entouraient et offraient leur corps en bouclier, jetant des regards inquiets derrière eux.

- « Oui ! Ca va… » Gênée de l'attention qu'on lui portait, elle se dégagea du bras d'Elliot. « On en est où ?

- « Pas génial. Ils nous attendaient… » Répondit Kyle. Sa bouche saignait et son œil droit était gonflé.

- « Ils se sont bien préparés ! » Poursuivit Thomas. Un petit agité qui savait bien se battre. Il avait fait partie de diverses compétitions de karaté avant de mal tourné suite au meurtre de sa sœur.

- « On a subi une deuxième vague, ils étaient cachés dans les combes, sous les piliers du pont. » Joe portait son petit frère à bout de bras et à bout de souffle. Il était groggy et tenait à peine sur ses jambes.

Elle regarda tour à tour les hommes de sa bande, ils étaient dans un piteux état. Elle se résigna et à contre cœur devant cette flagrante défaite, annonça :

- « On rentre. »

La mine défaite, ils battirent en retraite. Tentant de s'extirper de la masse sans y laisser leur peau, ils s'éloignèrent prudemment. Arrivés de l'autre côté de la rue, ils entendirent le cri de victoire des Dead Rabbits.

- « Ils paieront… Ce n'est pas fini ! » Marmonna Luke.

Et ils se séparèrent, chacun retournant chez soi.

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