Laisse entrer l'amour (Let love in)

Par Terri Botta

Traduction: Blue77

Je ne possède pas La Communauté du Sud. Les droits d'auteur appartiennent à Charlaine Harris. Je suis pauvre pas la peine de me traîner en justice.

Note de l'auteure : Ca va devenir chaud côté sexe très bientôt! Je le promets!

Chapitre Cinq

"Une table près du feu, s'il vous plaît», dit Éric à l'hôtesse. «Ma compagne n'est pas habituée au froid."

La femme à peau bleue hocha la tête et changea de chemin pour aller vers le foyer de pierre. "Bien sûr, Monsieur. Par là, s'il vous plaît, dit-elle sa voix pleine d'un accent que Sookie ne reconnut pas.

Ils furent guidés vers une table à côté de la cheminée, et Éric recula la chaise la plus proche de la chaleur. Il prit le manteau de Sookie et le drapa sur le dos de son fauteuil, puis repoussa son siège, comme un gentleman du Sud, il s'assit alors dans la chaise en face. L'hôtesse leur remit à chacun un menu, mais Sookie remarqua que celui qu'elle avait reçu était différent de celui donné à Éric. Son menu était grand et contenait trois pages, mais Éric n'avait qu'une seule page de papier crème attaché à une couverture rigide.

«Merci», dit Éric courtoisement.

"Toth sera votre serveur. Il sera là sous peu pour prendre votre commande." La femme se tourna vers elle. «Voulez-vous un cocktail?"

Sookie avala sa salive, mais la femme ne sembla pas offensée ou indisposée par son inconfort. "Euh, un gin tonic, s'il vous plaît."

L'hôtesse hocha la tête et les laissa. Éric parcouru son menu avec intérêt, mais elle avait peur de regarder le sien. Elle ne voulait pas savoir ce qu'une retraite pour démons pouvait proposer en nourriture humaine acceptable. Finalement elle se lança et fut choquée de découvrir des propositions banales telles le pain de viande et le poulet au parmesan. Pendant qu'elle prenait une décision, une serveuse du bar lui apporta sa boisson. Elle en avait bien besoin parce que la fille avait des oreilles comme celles d'animaux sur la tête et une queue comme celle d'un chat que se balançait de l'arrière de sa courte jupe. Elle plongea son visage dans le menu et fit semblant de ne pas remarquer tout ce qui sortait de l'ordinaire. D'un coup d'œil, elle constata qu'Éric lui souriait narquoisement.

Elle avait un peu peur de commander les travers de porcelet au barbecue, optant plutôt pour essayer un demi-poulet rôti au miel en espérant qu'ils sauraient le faire. Une fois qu'elle eut fait sa sélection, elle reposa son menu et jeta un coup d'œil plus approfondi à la salle, se forçant à déterminer tous les types de Sups qui étaient en train de dîner ou de converser avec leurs compagnons. La salle résonnait de plusieurs langues, dont certaines n'étaient parlées nulle part, d'où elle était originaire. De la musique classique douce jouait en fond sonore, quelque chose d'agréable avec du violon. Elle savait que l'audition des sups était accrue et sensible aux bruits intenses. Tant et si bien que souvent elle se demandait comment les vampires pouvaient supporter la musique à fortes décibels diffusée à Fangtasia. Elle n'avait en fait jamais demandé comment ils faisaient.

Mais en regardant autour d'elle, elle se rappela ce que la télépathe sans nom lui avait dit. Elle lui avait dit qu'elle devrait demander à Éric pourquoi les Sups venaient ici, et sous-entendait que le complexe avait une réputation de quelque nature - une qui rendrait les gens sceptiques, si elle en faisait le tour en disant que le Viking non mort l'avait enlevée et la retenait contre sa volonté.

'Ca arrive tout le temps. Par contre ils ne les amèneraient pas ici,' lui avait dit la voix. Alors qu'est-ce que cela signifiait? Quel genre de lieu était l'Isle Elena si personne ne croyait qu'elle était détenue en otage?

Elle haletait, les yeux exorbités. Et si ... Et si c'était l'un de ces lieux pour «couples»? Comme ceux dont elle avait toujours vu la publicité à la télévision? Pour partir en escapade romantique tout inclus, généralement sur une plage quelque part avec beaucoup de soleil et des vêtements étriqués. Et si Éric l'avait emmenée à l'équivalent d'un Sandals pour Sups? (note de la traductrice : La chaîne Sandals regroupe les hôtels les plus romantiques en bord des plus belles plage de la Caraïbe. Crée exclusivement pour les couples, en Jamaïque, à Sainte Lucie, Antigua et aux Bahamas, Sandals est également l'excellence du all inclusive. Fin de la page de pub, on en découvre des choses grâce à fanfiction !)

Elle saisit son verre et prit une bonne gorgée, en essayant de ne pas s'étouffer avec. Éric ferait-il cela? Oh, elle parierait que oui! Ca lui ressemblerait bien de l'amener dans un nid d'amour pour vampires. Elle fronça les sourcils et se tourna pour l'accuser de ça quand elle regarda son visage et s'arrêta. Il ne la regardait pas, ses yeux étaient sur le feu dans l'âtre, et il avait l'air ... loin et malgré tout triste. On aurait dit qu'il était comme la nuit, où il l'avait conduit pour rencontrer son arrière grand-père quand il avait admis qu'elle lui avait sauvé la vie et celle de Pam.

Ravalant son indignation, elle refit le tour de la pièce du regard. Si sa théorie était correcte, alors il devrait y avoir des tas de couples heureux perdus dans les yeux des uns et des autres pendant le dîner. Mais à part un autre couple qui se tenait la main sur la table, elle ne vit aucun autre signe de bonheur conjugal, ou extra-conjugal. En même temps, elle ne voyait pas d'enfants présents non plus, il ne s'agissait donc pas non plus d'un hébergement pour "famille".

Ce qu'elle voyait c'était des groupes de Sups de multiples formes et de tailles différentes (de beaucoup de formes et de tailles différentes, dont certaines étaient très différentes en effet!), tout en appréciant la compagnie de leurs compagnons dans ce qui semblait être une atmosphère détendue, de façon désinvolte. Il n'y avait rien de snob ou formelle dans l'endroit où ils étaient, en fait, l'accent semblait être mis sur le confort et la détente.

Elle abaissa ses boucliers un peu pour faire une lecture barométrique mentale, et constata que l'ambiance générale dans la salle n'était pas à l'amour ou à l'envie charnelle, mais à la paix et à la relaxation. Les invités étaient pour la plupart heureux, baignant dans le calme et le contentement qui régnait dans la salle, et il n'y avait rien de précipité ou de désordonné, pas même dans le service qui circulait dans la salle de manière efficace, mais sans hâte.

"Eric, quel est cet endroit?" l'interrogea-t-elle, percevant une autre sensation, mais c'en était une qu'elle avait du mal à identifier.

Il la regarda et, pour la première fois depuis qu'elle l'avait rencontré, il avait l'air d'avoir mille ans. Non pas physiquement, bien sûr, mais dans ses yeux. Ses yeux étaient anciens et reflétaient la vie d'un millénaire. Elle le regarda, et ses prochaines paroles furent bloquées dans sa gorge parce qu'elle n'avait aucune idée de comment réagir. Alors le sujet devint sans objet car un visage frais, ayant l'air principalement humain, d'un jeune serveur dans un uniforme simple composé d'un pantalon noir et d'une chemise à col blanc arriva à leur table.

"Bonjour. Je suis Toth. Je serai votre serveur ce soir, » les salua le garçon.

Il était maigre et nerveux, mesurait environ 1m75, avec une chevelure couleur argentée qui semblait être des dreadlocks. Ses yeux étaient d'un violet Sup perçant, Sookie nota qu'il avait cinq doigts, des oreilles humaines et pas de queue, et elle se demanda si le choix du garçon avait été délibérée. Elle commençait rapidement à comprendre que faire que les hôtes se sentent en sûreté et bien faisait partie des services du complexe hôtelier.

"Bonjour", dit-elle, ravie de s'obliger à le regarder, et encore plus heureuse de parvenir à contrôler son rictus nerveux.

"Souhaitez-vous connaître nos spécialités de ce soir?" demanda Toth.

«Bien sûr», répondit-elle en joignant ses mains devant elle.

«Ce soir nous vous proposons un veau Oscar comme viande, des gâteaux de crabe grillés façon Maryland ou un poisson blanc du lac supérieur pour nos sélections de fruits de mer, et des fettuccine aux épinards avec des cèpes et des pleurotes, des tomates cerises, des asperges, dans une sauce teintée de marsala pour notre sélection de plats végétariens », récita Toth sans hésitation et sans avoir à regarder des notes.

Elle cligna des yeux. "Wow."

Toth sourit, puis se tourna vers Eric. «Pour vous, monsieur, nous avons un stock limité de vignesang de fée et du rhésus négatif AB sous la main."

"Du AB négatif humain ou du AB négatif de vignesang?" demanda Éric.

"Les deux, monsieur." Toth les regardait. «Êtes-vous prêt à passer commande? »

"Ummm. Que diable, je vais essayer les gâteaux au crabe, » répondit-elle, en lui remettant son menu.

"Excellent choix. Et pour vous, monsieur?"

«Je vais prendre le vignesang de fée, dilué avec du O négatif", répondit Éric.

«Aimeriez-vous mélanger la dilution vous-même ou aimeriez-vous que nous la mélangions pour vous?

"Apportez-moi les gousses et je vais le faire moi-même."

Elle fronça ses sourcils. C'était comme s'il parlait une toute autre langue considérant le degré de compréhension de ce qu'il disait.

"Et pour votre O neg, voulez-vous de l'humain, du synthétique ou de la vignesang?

Elle le regarda, un sourcil levé.

"Vignesang, et apportez-moi un verre de AB négatif, en vignesang également. Par respect pour ma compagne, je ne veux pas boire du sang humain en sa présence."

Elle s'attendait presque à ce qu'il ajoute "à moins que cela ne soit le sien», ce qu'il ne fit pas. Elle n'était pas certaine si elle était impressionnée par sa retenue ou déçue.

"Entendu, monsieur."

Avec cela, Toth était parti.

"Qu'est-ce que tout cela?" demanda-t-elle.

«A quoi précisément fais-tu allusion? » répondit-il, l'air innocent. Elle le connaissait mieux que cela.

"La partie concernant le fait que tu ne bois pas de sang humain en face de moi, et ces trucs sur la vignesang de fée. Qu'est-ce que la vignesang de fée?"

"La vignesang est l'équivalent dans le monde démoniaque pour le TrueBlood. C'est une plante génétiquement créée pour imiter le sang humain. Elle se présente dans un certain nombre de variétés. Évidemment le O et le AB négatifs sont des variétés de types de sang humains, mais la fée est conçue pour imiter le sang des fées ", expliqua Éric.

"Donc, on obtient du sang de fée ou son équivalent manufacturé, déclara-t-elle doucement. Elle savait que le sang de fée était enivrant pour les vampires.

«Oui, mais il est puissant donc je vais le diluer avec de l'O négatif".

«Et le AB négatif? C'est le groupe sanguin le plus rare au monde, n'est-ce pas?"

"Le deuxième plus rare. Le plus rare est le sang Bombay. J'en ai eu et ne l'ai pas trouvé... à mon goût. Les humains avec du sang Bombay ne sont pas appétissants pour les vampires."

«Pourquoi pas?" Le sujet était macabre mais intéressant.

«Le sang Bombay est ...» Il s'arrêta pour chercher un mot. "Aigre. Il sent ... mauvais comme de la viande qui est resté trop longtemps sans cuisson».

"Il a un goût de pourriture alors. »

Il acquiesça. "Quelque chose comme ça."

Juste à ce moment-là la fille-chat lui apporta un autre gin-tonic, attrapant au passage son verre vide, sans un mot.

"Qu'est-elle?" demanda-t-elle, en essayant de ne pas fixer la queue de la fille.

Éric haussa les épaules. "Un démon chat quelconque. Mi-démon considérant son apparence."

"Comment le sais-tu? »

"Elle a l'air à demi-transformée, comme un métamorphe mordu et pas née ainsi. »

"Alors, elle a été mordue? »

«Je ne dis pas cela, mais c'est improbable parce que même les mordus ont l'air humain la plupart du temps. Pour avoir cette apparence tout le temps, je suis enclin à croire que l'un des parents était humain tandis que l'autre était un Neko-Youkai asiatique. Elle en a la structure osseuse. "

Sa réponse sur un ton naturel était tout à la fois bienvenue et troublante. Elle essayait de penser à une autre question, quand il fit un geste de la main en direction de la salle commune et la regarda comme pour lui demander son opinion.

«Alors, qu'en penses-tu? »

Elle étrécit ses yeux. "Je pense qu'il gèle et que je veux rentrer chez moi." Là, elle l'avait dit.

Il ne sembla pas surpris, mais il ne semblait pas vouloir faire quoi que ce soit. Sa bouche s'étira en un petit sourire.

«Il ne fait pas si froid que ça, » déclara-t-il.

«Ecoute, Eric, peut-être que tu as déjà été au pôle Nord, mais je n'ai jamais quitté la Louisiane ou si peu. Je suis une fille du Sud, et je ne peux pas gérer ces températures froides, » argumenta-t-elle.

Ses yeux s'ouvrirent en grand et elle sentit son amusement avant qu'elle ne l'entendit rire.

"Sookie. Sookie ...» répondit-il en secouant la tête, les épaules secouées par son petit rire.

Elle était sur le point de lui tomber dessus quand leurs regards se rencontrèrent et elle s'arrêta net.

"Sookie, ma chère. Tu as mis des fanatiques religieux à terre. On t'a tiré dessus, tu as été transpercée d'un pieu, enlevée, battue, et tu es allée au-delà de tes limites. Tu as vécu une guerre de loup-garous, de sorcières, un attentat et un coup d'état. Es-tu sérieuse, vas-tu me dire que tu crains d'être mise à mal par quelques degrés de moins?

Alors qu'elle tentait de formuler une réponse, il tendit la main et la lui prit. Le contact était électrique et une part d'elle-même en fut chamboulée. Elle ne voulait pas de lui dire que ce n'était pas le temps qu'elle craignait, mais plutôt ses sentiments. Elle ne voulait pas lui dire qu'il lui avait manqué ou qu'elle l'aimait et qu'elle voulait qu'il soit comme avant. Elle ne voulait pas admettre qu'il était le seul homme qui l'avait fait se sentir importante, le seul qui ne l'ait jamais mis en premier (même s'il ne pouvait pas se rappeler qui il était à l'époque). Elle ne voulait pas dire qu'elle donnerait tout ou presque ce qu'elle avait pour ressentir à nouveau ce qu'elle avait ressenti pendant ces quelques jours, ou d'admettre qu'elle l'avait pleuré comme on le ferait d'un être cher disparu. Elle ne voulait pas dire tout cela parce que ça l'effrayait, et c'était honnête, et engendrerait trop de douleur.

Elle essayait de trouver un moyen d'échapper à la montée de ses émotions qui pointaient dangereusement leur nez, quand soudain, il était en elle, tout autour d'elle, l'inondant de son essence même. C'était comme s'ils avaient fusionné, comme si le Lien était ouvert complètement, et ils étaient un être dans deux corps désormais réunis. Elle pensait qu'elle aurait pu s'y noyer.

Mais tout aussi rapidement que c'était arrivé, ce fut fini, et elle sentit qu'il reculait comme une marée de printemps, grattant les couches de sable de révélant les coquillages enfouis en dessous.

'Tous les masques vont tomber maintenant,' pensait-elle, mais elle n'avait aucune idée d'où cela venait.

Ils se tenaient toujours les mains quand elle émergea, et elle savait qu'elle devait être comme en état de choc, mais il semblait imperturbable. Son assurance constante fit plus pour la rassurer que tout autre chose, et elle jeta un regard nerveux dans la salle pour voir si quelqu'un avait remarqué que le monde avait cessé de tourner pendant une seconde - au moins pour elle, mais l'incident semblait être passé inaperçu.

«Je vais te faire une offre. Donne-moi un jour. Si tu souhaites toujours rentrer chez toi d'ici à demain soir, nous partirons», proposa Eric.

Elle retira sa main de la sienne et la posa sur ses genoux, pas encore remise de ses émotions. Eric s'insinua en elle à nouveau, non plus complètement cette fois, et elle sentit son influence apaisante, comme s'il l'avait pris doucement par les épaules et l'immobilisait. Il ne semblait pas du tout touché, ou surpris, par ce qui se passait.

"Eric ..."

Elle fut interrompue par Toth apportant sa salade et la boisson d'Eric. Il plaça une salade de taille décente en face d'elle, puis installa ce qui ressemblait à un petit autocuiseur à vapeur pour riz noir laqué en face d'Eric, avec un grand verre et un petit couteau à lame étroite. Eric le remercia. Le serveur hocha la tête et disparut à nouveau.

Heureuse de la distraction procurée par la nourriture, elle commença à manger sa salade pendant qu'elle regardait Eric soulever le couvercle de la machine à vapeur pour révéler ce qui semblait être un tas d'avocats souples cuisant à la vapeur. Elle vit Eric respirer et laisser échapper un soupir satisfait avant de sélectionner l'une des choses et de percer l'une des extrémités avec le couteau à lame étroite. Elle essaya de ne pas s'étouffer avec sa tomate cerise comme il pressa le liquide rouge de l'intérieur de la gousse dans le grand verre. Il fit de même avec une autre, puis souleva une troisième, mais celle-ci avait l'air différent. Elle était plus petite et avait des veines d'un rose vif sur le long de la surface.

Eric souleva la petite gousse à son visage et respira profondément. Elle sentait le plaisir gronder à travers le Lien, et elle fut surprise par sa propre excitation se réveillant à cet écho. Elle regarda quand il perça la gousse veinée de rose juste un peu et la pressa un peu dans le verre, puis il remit la petite gousse de nouveau dans le cuiseur à vapeur, ferma le couvercle pour maintenir la chaleur, remua le liquide dans le verre et le porta à ses lèvres.

Elle arrêta de manger voyant l'air d'extase qui traversa son visage, suivi d'un gémissement d'appréciation profond qui provenait du bas de sa poitrine. Elle le ressenti encore plus bas, et elle croisa ses jambes. Ca ne l'aida pas quand il ferma les yeux et se lécha les lèvres comme un chat ressortant juste d'un bol de crème.

«Tu apprécies?" demanda-t-elle.

«Oh oui, » répondit-il avec un soupir.

Sa voix luxurieuse la fit frissonner et elle retourna rapidement à sa nourriture, se refusant à le regarder et à essayer de ne pas entendre ses petits bruits de satisfaction chaque fois qu'il prenait une gorgée. Ca lui suffisait bien assez de devoir ressentir tout par le Lien. Elle avait autrefois comparé le sang de fée à du chocolat pour les vampires, mais maintenant, elle commençait à penser que l'analogie était un peu faible. Peut-être que c'était plus comme une liqueur rare ou même de l'héroïne pure. Quoi qu'il en soit, elle savait qu'il y aurait de lourdes conséquences pour elle plus tard. Curieux comme elle ne parvenait pas à s'en inquiéter. Eric était en extase. Maudit lien de sang.

Elle termina sa salade, et Toth apparu magiquement (pas littéralement, mais évidemment, comme si il les avait observé) pour enlever son assiette vide et lui servir son entrée. Les gâteaux de crabe avaient une odeur délicieuse.

«Un autre verre, mademoiselle?" demanda-t-il, voyant qu'elle avait presque fini son gin tonic.

A en juger par l'intoxication croissante d'Eric, elle opta pour la négative. «Non, je vous remercie. Avez-vous du thé glacé? » Elle n'osait pas aller jusqu'à demander du thé sucré (N/T le sweet tea est une spécialité du sud).

«Oui, mademoiselle. Nous en avons du non sucré, à la framboise et du thé sucré.

"Vous avez du thé sucré?" laissa-t-elle échapper, surprise.

«Vous êtes du Sud, n'est-ce pas, mademoiselle?" demanda Toth soudain.

Elle hocha la tête. "Oui. Je suis de la Louisiane.

Toth hocha la tête comme si elle avait confirmé ce qu'il savait déjà. «Nous savions que vous veniez et nous avons essayé d'avoir les choses que vous désireriez sous la main. M. Northman nous a donné une liste."

Un rapide coup d'œil à Eric le trouva très content de lui. Elle se remise de son choc et sourit.

"Eh bien, je vais prendre un verre de thé sucré, s'il vous plaît. Merci beaucoup."

Toth acquiesça et disparut à nouveau. Elle se tourna vers son Viking mort-vivant.

«Tu leur as donné une liste? » demanda-t-elle.

Il posa son verre et lui sourit. "Questionnaire standard pour les hôtes primo-arrivants. J'ai essayé de me souvenir de tout."

Elle baissa les yeux et se tourna vers sa nourriture. Le connaissant, il les avait dit tout de ses goûts et dégoûts, jusqu'à la marque de ketchup qu'elle préférait.

"Je te remercie. C'est très gentil de ta part.

«Je veux que tu sois à l'aise ici, Sookie. Je veux que tu t'amuses. Acceptes-tu mon offre?" demanda-t-il d'une voix douce.

Elle lui lança un regard hargneux et croqua un morceau de son gâteau de crabe. C'était délicieux.

"Un jour. Je vais te donner un jour, et si je veux encore rentrer à la maison demain, tu vas me ramener chez moi, OK?"

"D'accord."

"OK."

Ils mangeaient, ou plutôt elle mangeait et il continuait à avoir des orgasmes alimentaires vampiriques en buvant son sang récupéré des avocats pressés produits par des démons. Une de ses mains était sous la table, et il était assis un peu en arrière dans le fauteuil. Elle n'osait pas imaginer ce qu'il faisait, mais elle remarqua qu'il y allait doucement; ne mélangeant qu'un petit peu de vignesang de fée dans beaucoup de O négatif. La partie la plus dégoutante du repas fut quand il leva une autre gousse plus petite de la machine à vapeur, celle-ci était veinée de pourpre, et mordit directement dedans, suçant le sang directement à la source. Sa bouche en était revenue ensanglantée, et il se lécha les lèvres lentement, en savourant les saveurs. Elle essaya de ne pas vomir, parce que son dîner était vraiment fabuleux.

Elle venait de terminer la dernière bouchée de riz pilaf qui accompagnait les gâteaux de crabe quand Toth vint prendre son assiette sale et lui demander si elle aimerait un dessert. Elle était sur le point de dire non, mais Eric avait répondu pour elle.

"Oui. S'il vous plaît apporter le plateau des desserts."

«Comme vous voudrez, monsieur."

«Je n'ai vraiment plus faim ... » contra-t-elle.

"Le chocolat n'avait pas encore été découvert quand j'étais encore en vie. Cela me fera plaisir de te voir en manger, » répondit-il, en la couvant de ses yeux bleus.

«Je pense que tu as eu assez de plaisir pour une nuit, répliqua-t-elle, en montrant le verre presque vide en face de lui. Il avait presque fini de boire son repas.

Il ricana et porta le verre à ses lèvres, en regardant par-dessus. «Tu me connais pourtant mieux que ça."

Elle avala difficilement et fut reconnaissante à Toth d'apporter un plateau chargé de sucreries incroyablement tentantes qui lui mettaient l'eau à la bouche et faisait frémir son tour de taille. Elle choisit finalement quelque chose qu'elle pensait être le moins offensif dans le lot: un des fruits trempé dans du chocolat, même si elle pouvait voir que Eric avait voulu qu'elle prenne la mousse. Toth hocha en approbation et plaça l'assiette de fraises trempées dans du chocolat, des tranches d'orange et un mélange de framboises, de bleuets et de cerises devant elle.

"Mange-les lentement," lui dit Eric, et elle le vit glisser un peu plus bas sur sa chaise. Elle n'avait pas besoin de regarder sous la table pour savoir qu'il avait écarté ses jambes.

Prenant une respiration profonde, et n'en revenant pas de ce qu'elle s'apprêtait à faire, elle prit une fraise et la mit à sa bouche, laissant ses lèvres s'enrouler autour du fruit, pour en aspirer le chocolat. Eric lui jeta un regard intense, et elle vit que ses crocs étaient descendus un peu. Sa langue était pressée sur sa lèvre inférieure. Elle mordit dans le fruit, laissant couler le flot de jus de sa bouche. Dieu, que cela était bon. Eric gémit. Jésus, Marie, Joseph que cela l'excitait.

Les petites baies étaient dans un petit bol, nageant dans le chocolat fondu. Elle en prit une et la glissa dans sa bouche, sans jamais quitter des yeux son ancien amant. Elle savoura le goût acidulé, doux, puis avala. Les yeux d'Eric la transperçaient quand il regarda sa gorge bouger, et elle se tortilla dans son siège. Elle n'avait jamais fait quelque chose comme ça avant, mais elle fut étonnée de voir à quel point c'était excitant. Elle aurait presque souhaité que l'assiette ait inclue une banane enrobée de chocolat.

Elle était choquée de sa propre audace. Les Douces Belles du sud n'imitent pas les pratiques sexuelles orales avec des fruits au milieu d'une salle à manger bondée, mais alors elle émit l'hypothèse qu'elle n'était plus une fragile Belle du Sud depuis qu'elle avait commencé à sortir avec des gars morts. Elle mangea une autre fraise et continua avec une tranche d'orange. Elle pensa qu'Eric allait sauter sur elle tout de suite et allait la baiser sur la table. Elle l'aurait laissé faire.

Elle mangeait la dernière des petites baies du bol, et s'apprêtait à vivre une soirée « chaude » et satisfaisante, lorsque la pièce fut plongé dans un silence abrupt. Elle arrêta de manger tout en remarquant le changement dans l'air, et elle en chercha la source. Eric était attentif aussi, ses yeux perçants et alertes, toute la vague de luxure réprimée par la tension. Elle fit un balayage visuel de la pièce, suivant les regards des invités maintenant tranquilles, et constata qu'ils étaient tous concentrés sur les trois «nouveaux» dirigés par l'hôtesse à peau bleue vers une table près de leur section.

C'était les deux femmes dont elle avait touché l'esprit, ou du moins elle le supposait puisqu'ils étaient les seul autres humains qu'elle avait vus, et ils étaient accompagnés d'un petit garçon qui semblait avoir environ 6 ou 7 ans. Une des femmes était superbe avec des boucles noires brillantes qui encadraient son joli visage. Elle ressemblait à une princesse gitane, toute en grâce délicate et cachant un tempérament de feu. Elle était vêtue d'un jean noir et d'un chandail dégagé aux épaules en Jersey qui fit frissonner Sookie rien qu'à la regarder.

Il était évident que le garçon était à elle, parce qu'il avait les mêmes cheveux, mais pas aussi bouclés, et le même squelette fin. Il était également vêtu de noir avec une chemise sans manches, un pantalon en coton, et une paire de gants longs, sans doigts qui montent jusqu'aux coudes. Sookie l'entendu rire de quelque chose en trottant à côté de sa mère.

La deuxième femme était terne par rapport à sa compagne. Vêtue d'un jean bleu et d'une chemise bleu foncée à manches longues, elle avait les cheveux bruns tirés en une queue de cheval et un visage rond qui n'aurait repoussé personne mais qui n'aurait pas fait la couverture des magazines non plus. Elle était le genre de femme qui ne se ferait jamais remarquer, qui se confondait avec le décor parce qu'elle était simple et ordinaire, mais Sookie eu l'impression qu'elle était tout sauf ordinaire. La femme suivait le couple mère-fils avec un air de vigilance et de tension, en regardant chacun des convives jusqu'à ce que son regard tombe sur elle.

'Ah te voilà donc', vint la voix spirituelle qu'elle avait entendue plus tôt.

Elle avala et remonta ses boucliers. Coupant les éclats de rires mentaux.

Les yeux de la femme étaient tombés sur Eric et une expression bizarre traversa son visage. «Oh, chérie, je vois le problème, et je ne peux pas t'aider. Tu vas devoir y faire face par toi-même.' Elle avait envie de lui demander ce qu'elle voulait dire, mais la connexion s'était refermée, et elle regarda du coin de l'œil, comme les trois passèrent devant leur table pour s'asseoir à quelques pas de là, près du mur du fond de la salle, à côté d'une grande fenêtre.

Elle essayait toujours de traiter ces informations quand elle entendit Eric s'adresser à l'hôtesse.

"Excusez-moi."

Elle leva les yeux pour voir la-femme à peau bleue se tenir à côté de leur table. Eric avait dû lui faire signe pendant qu'elle n'avait pas prêté attention.

«Oui? » demanda la femme.

"Est-ce que c'est bien qui je pense?" demanda son Viking vampirique d'une voix presque respectueuse. Elle se redressa et prêta attention.

Il n'était pas nécessaire pour l'hôtesse de se demander à qui Eric faisait allusion. Le trio était toujours surveillé par la plupart des invités, même s'ils semblaient ne pas être choqués ou surpris par cette inquisition.

«Mme Piazzi. Oui, répondit l'hôtesse.

«Est-elle ici personnellement ou professionnellement? » interrogea Eric.

"Les deux en fait. Elle a été ici toute la semaine, mais son dernier spectacle est ce soir à minuit. Ils partent mardi."

"Y a-t-il encore des billets pour le spectacle?"

«Il n'y a jamais de billets, Monsieur. Mme Piazzi joue pour qui veut l'entendre, et la grande salle est assez grande pour contenir tous nos clients. Si vous souhaitez y assister, tout ce que vous devez faire est de vous y installer ».

«Merci», dit Eric et baissa les yeux.

Elle le regarda, une fois que l'hôtesse eut disparu, dans l'expectative. Il avait l'air plongé dans ses pensées, tant qu'elle avait presque peur de l'interrompre. Elle jeta un regard vers la table où les deux femmes étaient assises. Elles semblaient avoir une conversation agréable avec leur serveuse, qui était une jeune femme splendide avec de magnifiques cheveux noirs, une peau café au lait et quatre bras. Elle avala sa salive. La femme ordinaire lui lança une chiquenaude des yeux, et elle regarda son assiette à dessert immédiatement.

"Que signifie tout ceci?" demanda-t-elle.

Eric ne répondit pas tout de suite et elle leva les yeux vers lui pour le voir assis là avec une expression très sérieuse sur son visage. Toute la chaleur et l'anticipation antérieure avait disparu de la connexion, et elle se demandait ce qui pouvait bien se tramer. Il y a trois minutes, elle était certaine qu'ils étaient sur le point de partir pour avoir l'expérience sexuelle la plus intense de sa vie, mais maintenant ...

"Que se passe-t-il, Eric? Qui est cette femme?"

Il sortit de sa rêverie et la regarda avec un mélange de déception et d'indécision.

«C'est une interprète .... Une que je ne m'attendais pas à voir ici, » répondit-il avec application, comme s'il avait peur d'en dire trop.

«D'accord. Alors ... Je devine que tu veux aller au spectacle de ce soir? » Et peut-être passer une occasion de m'avoir dans ton lit? Avait-elle peur d'ajouter.

Il avait l'air vraiment déchiré, et elle pouvait sentir sa lutte intérieure par le Lien. Instinctivement, elle tendit la main.

"Eric, qu'est-ce qu'il y a?"

"Si j'étais un homme religieux, je dirais que c'est un signe d'une puissance supérieure».

Alors là c'était la dernière chose qu'elle s'attendait à voir sortir de sa bouche.

"Un signe de quoi? »

"Que j'ai pris la bonne décision, que je t'ai fait venir au bon endroit au bon moment."

"Pourquoi? Que signifie sa présence ici pour nous?" demanda-t-elle, poussant l'assiette à dessert de côté et se pencha pour prendre sa main.

"Une opportunité. Une que je ... ne pense pas que je puisse ignorer," Il avait l'air malheureux d'avoir à le dire, et elle essaya d'être la petite amie compréhensive, même si elle n'était pas sa petite amie, ou pas encore, ou ... oh! Peu importe!

«Ecoute. L'hôtesse a dit que son dernier spectacle était ce soir, non?" réagit-elle.

Il acquiesça.

"Donc, il se peut que tu n'aies pas d'autre opportunité. C'est ce que tu penses, oui?"

Il acquiesça de nouveau.

"Et tu voudrais bien entendre jouer de ce dont elle joue, non?"

"Du violon, et oui. Je voudrais bien l'entendre jouer."

Elle tapota ses mains de façon rassurante. «Alors nous allons l'entendre jouer. Je veux dire, ce n'est pas comme si elle va jouer toute la nuit, et nous allons être ici trois jours, ce n'est donc pas comme s'il n'y avait plus de temps pour nous... parler.

Soudain, elle se rendit compte qu'Eric désirait aller au spectacle et reporter l'entretien qu'elle redoutait. Oui, il reportait le sexe, mais cela lui donnait plus de temps avant qu'elle ait à faire face à ce à quoi il voulait qu'ils deviennent, quoique ce soit.

«Tu veux bien, vraiment?" demanda-t-il, et pour un moment, il ressemblait au Eric qu'elle avait aimé, elle en fut presque bouleversée.

"Vraiment."

Il ferma les yeux, puis leva ses mains à ses lèvres et l'embrassa tendrement. "Je te remercie. Une fois encore, je ne peux pas croire en ma chance."

Maintenant, elle était vraiment bouleversée, mais elle se retint. Ce n'était pas le moment pour une scène larmoyante, peu importe qu'elle veuille se jeter dans ses bras et éclater en sanglots.

"Hé, je peux voir que c'est important pour toi. Tu as dit que ce qui est important pour moi est important pour toi. Eh bien, la même remarque vaut pour moi. Si tu veux y aller, nous irons. Tu ferais la même chose pour moi."

Il hocha la tête et elle sentit sa reconnaissance à travers le Lien. Il relâcha ses mains et ils se séparèrent, chacun d'eux assis dans leurs fauteuils, afin de se donner mutuellement un peu de distance pour réfléchir.

«As-tu fini de manger?" lui demanda-t-il enfin.

Elle regarda l'assiette à dessert et piqua la dernière fraise, l'envoyant dans sa bouche. «Maintenant oui. »

Il se leva, s'approcha jusqu'à se tenir à côté d'elle, et lui offrit sa main. «Nous avons peu de temps avant la représentation. Je veux te montrer quelque chose ici dans ce bâtiment. »

Elle regarda sa montre, il était juste 10:30 du soir. Ils avaient une heure et demie avant la représentation.

"Devons-nous aller d'abord à notre cabine? Ai-je besoin de me changer?"

Il secoua la tête. "Non, tu es belle comme tu es. D'ailleurs, si nous restons ici dans le bâtiment, tu auras à braver le froid seulement une fois."

«Où sont nos bagages au fait?" demanda-t-elle, acceptant sa main et lui permettant de la hisser sur ses pieds.

«Ils ont été déposés à notre cabine pour nous."

«Sais-tu où c'est?"

«Ironiquement, oui. La cabine 16 était la cabine où la reine et André séjournaient dans quand elle nous a emmené ici il y a huit ans, » répondit-il, passant son bras autour du sien et l'orientant vers la sortir de la salle à manger.

"C'est ironique. Est-ce bien?

Il acquiesça. "C'est bien. Elle est entourée par des arbres, très isolée et retirée. La chambre est un loft au deuxième étage avec son propre balcon qui offre une vue sur le lac, et il y a une pièce sans fenêtre à l'arrière du premier étage pour moi pour passer la journée, » lui décrivit-il, repartant avec elle par le couloir qu'ils avaient emprunté lors de leur chemin initiale vers la salle à manger.

"ca semble bien."

"Oui."

Ils étaient de retour dans la grande salle avec la grande cheminée.

«C'est la grande salle. Tu la connais déjà. C'est le lieu de rassemblement principal de la station, » lui dit-il. "S'il y a quelque chose qui se passe comme une activité, elle se passera ici ou commencera ici. »

Il passa la grande salle et l'emmena par un petit couloir vers une autre grande pièce, celle-ci était arrangée comme une conciergerie d'hôtel. Une femme d'allure agréable avec des cheveux verts et des cornes sur la tête était derrière le comptoir d'enregistrement. Elle leva les yeux sur leur passage et leur fit un sourire à pleine dents. Sookie réussit à répondre au sourire, provoquant un regard heureux d'Eric. Hé oui, elle maitrisait de mieux en mieux toutes les bizarreries.

"C'est le concierge. Si tu as des problèmes ou des préoccupations, ou si tu as besoin de quelque chose pendant la journée, c'est ici qu'il faut venir. Il n'y a pas de téléphone ou de service par satellite dans les chambres, mais chaque cabine dispose d'un interphone qui se connecte au bureau principal ici. "

Elle en eut le souffle coupé. «Pas de téléphone et pas de télévision?

Il rit. "Les hôtes qui viennent ici cherchent généralement à échapper à la technologie du monde moderne, bien que j'ai appris que la station avait récemment ajouté un web café au niveau inférieur et, bien sûr, il y a la télévision par satellite au bar des sports et dans certains salons ici dans le pavillon principal. "

Ils quittèrent le concierge et il la conduisit à un grand escalier fait à partir de buches fendues. Un escalier montait, et un autre allait à un niveau inférieur. Ils prirent celui qui descendait et l'escalier les conduisit dans une grande salle de jeux mis en place avec des passe-temps tels que le billard, les fléchettes, et le hockey à main. Il y avait aussi un téléviseur grand écran équipé d'une console de jeu, et deux jeunes démons mâles avec des queues de renard jouaient au Grand Theft Auto, hurlant et criant vers l'écran. Elle secoua la tête.

Ils contournèrent la salle et traversèrent une série de doubles portes qui s'ouvraient sur un bureau accueillant avec une petite cheminée et un certain nombre de chaises confortables et de salons.

«La bibliothèque est par ici», lui dit Eric, la guidant à travers une autre série de portes. «Je sais que tu as un certain intérêt pour la lecture. Je pense que tu trouveras leur collection très complète."

Elle regarda alentour la grande salle éclairée d'une lumière douce, en passant par les tablettes et étagères de livres avec satisfaction jusqu'au moment où elle remarqua ce qui semblait être une machine à microfiches. Eric suivi la direction de son regard et ils s'en approchèrent.

«C'est un traducteur universel. Quel que soit le livre que tu places sur lui, il affiche la langue de ton choix sur l'écran. La plupart de ces livres sont dans des langues différentes. Le traducteur te permet de lire ce que tu veux, peu importe dans quelle langue il est écrit."

"Mon Dieu, Eric, c'est impressionnant. Pourquoi les Sups ne le partagent pas avec les humains?" laissa-t-elle échapper, en regardant l'appareil avec crainte.

Il lui fit un doux sourire. "Nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes de l'humanité pour eux, amante. D'ailleurs, il y a des choses que les humains ne sont pas censés savoir. »

Elle souffla et lui jeta un regard qui le fit s'arrêter et se pencher pour l'embrasser.

"Je peux sentir le chocolat sur tes lèvres», il respirait, la faisant frissonner de partout.

Bill détestait toujours l'embrasser après qu'elle ait mangé. Tant et si bien qu'elle s'était toujours lavé les dents soigneusement après chaque repas pour ne jamais sentir la nourriture quand il l'embrassait. Mais Eric ne semblait pas être gêné par le goût de certaines choses dans sa bouche tant que ce n'était pas de l'ail. Tous les vampires détestaient vraiment l'ail.

Ils se regardèrent l'un l'autre, les émotions tourbillonnant par le Lien de sang, jusqu'à ce qu'Eric bouge pour la guider de la bibliothèque vers la salle de jeux.

«Viens, amante, il y a quelque chose en particulier que je tiens à te montrer."

"Okay."

Ils passèrent par la salle de jeux et entrèrent dans un large couloir, Eric marchant lentement afin qu'elle puisse examiner toutes les peintures sur les murs. Certaines d'entre elles étaient familières et elle se demandait si c'étaient des originaux.

"De nombreux invités de l'Isle Elena ont fait don d'œuvres d'art à la station. Tu trouveras aussi que l'art s'affiche partout ici. Il y a même une galerie au troisième étage, » lui dit-il.

Ils vinrent par une série de portes fermées et Eric tendit la main pour les ouvrir en les poussant, la propulsant à travers le seuil d'une grande salle circulaire. Le centre en était presque nu, mais il y avait quelques chaises et des endroits pour s'asseoir sur le sol. Tout autour du périmètre de la salle se trouvaient des statues, chacune était rétro-éclairée avec une lumière douce et chacune représentaient une divinité.

Ils étaient dans un sanctuaire.

Elle fit le tour de la pièce du regard, prenant en compte les représentations. Il y en avait qu'elle avait reconnu: Bouddha, Isis, l'une des déesses hindous aux multiples bras, une déesse chinoise jouant du luth ... elle pensa même qu'une pourrait être la Vierge Marie, mais la plupart d'entre elles lui étaient inconnues.

Eric relâcha son bras et se dirigea vers l'une des statues. Il s'agissait d'une sculpture en bois d'une femme dans une longue robe avec une large ceinture. Elle avait l'air très vieille et Sookie resta tranquille pendant qu'Eric s'agenouilla devant la déité et baissa la tête. Elle l'entendit murmurer quelque chose, mais ce n'était pas dans une langue qu'elle comprenait. Elle resta calme et attendit qu'il ait fini sa prière.

Quand il eut fini, il se leva et la rejoignit.

«Qui est-elle? Demanda-t-elle, en hochant la tête vers la statue en bois.

"Hlin, servante de Frigga, » répondit-il, en prononçant les noms dans un Ancien Norrois pur. «Elle est la déesse de la consolation".

Il fit un geste vers certaines des autres statues dans la salle, les identifiant pour elle. "Isis, la déesse égyptienne de la Vie et de la guérison. Kwan Yin, déesse chinoise de la compassion. Tara la déesse hindoue de la paix et de la protection. Brigit la déesse celtique de la guérison. Imhotep le dieu égyptien de la guérison. Ishtar. Kwannon. Hina. Baba. Gula. La Vierge Marie. "

Il s'arrêta et se tourna vers la figure de Hlin nouveau.

"Tu m'as demandé au dîner ce que cet endroit était. L'Isle Elena est l'endroit où l'on vient quand on est fatigué. Quand on a besoin de guérison et de paix. C'est le sanctuaire de la consolation et du réconfort".

Il la regarda, ses yeux avaient à nouveau mille ans.

"Je ne pense pas que l'un de nous deux puissent prétendre que nous n'avons pas besoin d'un peu de paix en ce moment. ... Nous avons tous deux beaucoup souffert ces derniers temps. Nous avons tous deux subi une perte .... Et je ..." Il s'assit sur une des chaises. Elle s'assit à côté de lui, tout près sans le toucher. «Je suis ... fatigué. Il avait dit ce mot comme si le poids de l'univers était sur ses épaules.

Son admission lui fit peur. Elle se souvint de ce que Pam lui avait dit au Merlotte sur les vieux vampires qui voulaient rencontrer le soleil, et, bien sûr, elle se souvenait de Godric, mais elle n'aurait jamais pensé qu'elle pourrait s'inquiéter qu'Eric veuille mourir.

"Eric ..."

Il agita la main. «Je ne veux pas mourir. Rien de comparable. Je veux juste tout arrêter pendant un moment. Dans l'année écoulée, depuis que je t'ai rencontré, on m'a tiré dessus à plusieurs reprises, j'ai été gravement brûlé, ensorcelé, près d'exploser, et presque été tué par un État rival.

"Un ouragan énorme a décimé notre royaume et nous a livré pieds et poings liés pour un coup d'Etat. De nombreux vampires que je considérais comme mes collègues et amis sont morts, et ma reine a été assassinée alors qu'elle gisait sans défense, se remettant de l'attentat de Rhodes. »

«Le nouveau régime n'est pas encore sûr de ma loyauté et j'ai peur constamment pour moi et pour ceux qui me doivent fidélité. Je regarde toujours par-dessus mon épaule, en me demandant si quelqu'un espionne pour découvrir une raison pour me tuer ».

Il prit une profonde inspiration. "Tout cela est épuisant. Il me fallait trouver un endroit où rien de tout cela ne pouvait me suivre. J'avais besoin d'être là où je pouvais me reposer. Je suis donc venu ici."

Il la regarda. «Et je t'ai amené avec moi, ma très chère, car tu as besoin de réconfort aussi. Tu as tant souffert: la perte de ta grand-mère, la trahison de Bill, la trahison de Quinn, la tromperie de ton frère ... Sans parler de tes blessures fréquentes et de tes flirts avec la mort. Si je pouvais te protéger tout le temps et t'empêcher de souffrir d'une autre blessure par balle ou d'une contusion ou d'horreur qui te font pleurer, je le ferais. Je voudrais prendre un millier de balles pour toi, amante, si cela peut t'épargner de la douleur. "

Que pouvait-on répondre à cela?

«Tous les masques sont tombés », murmurait-elle, plus pour elle que pour lui.

"Oui. Tu ne peux être que ce que tu es vraiment ici. Aucun faux-semblant. C'est la Magie et c'est le cadeau de ce lieu, » dit-il.

Eh bien, maintenant elle avait compris ce que la femme voulait dire quand elle lui avait dit que personne ne la croirait qu'elle était détenue contre sa volonté. Qui emmènerait un prisonnier dans un endroit où personne ne pouvait cacher leur véritable identité? Elle avait remarqué qu'Eric était de plus en plus comme l'homme qu'il avait été quand il était avec elle, et moins comme le vampire-boss manipulateur et arrogant. Peut-être qu'elle avait eu raison sur ce personnage : c'était un Eric de façade qu'il avait adopté pour survivre.

"Merci de partager cela avec moi, dit-elle, essayant de remettre ses pensées dans l'ordre. "J'apprécie vraiment quand tu me parles comme ça. Ça me fait sentir importante et respectée."

"Je t'ai toujours respecté».

«Mais je ne l'ai pas toujours ressenti ainsi. Merci d'avoir été honnête."

"Tu es ma Liée de sang. Je sais que tu ne comprends pas vraiment ce que cela signifie, mais j'espère que tu le sauras au moment où nous partons d'ici."

«Moi aussi», répondit-elle, et elle fut surprise de constater que c'était vraiment ce qu'elle voulait dire.

Il soupira et jeta un regard autour du sanctuaire. C'était un endroit tranquille et paisible.

"Nous devrions retourner à l'étage. D'autres vont se réunir dans la grande salle à attendre pour le spectacle, dit-il.

"D'accord, accepta-t-elle, et ils se levèrent tous deux.

Eric lui prit la main et ils sortirent du sanctuaire. Il ferma la porte et s'assura qu'elle était bien fermée avant de la quitter et de se diriger à l'étage principal.

A suivre

Note de la traductrice : Plus que 22 chapitres, nous n'en sommes qu'au début de cette histoire complète et originale. Qui est aussi impressionné(e) par l'imagination fertile de Terri Botta ? De la vignesang, un sanctuaire pour Sups ? Et peut-être une Sookie décoincée…Que demander de plus ? (17/04/10) Suite au prochain épisode.

Je recherche un relecteur ou une relectrice au français impeccable pour cette histoire, les chapitres étant particulièrement longs. Pas besoin de connaître la langue anglaise, c'est juste pour la relecture finale. Merci à l'avance. Mon profil : fanfiction . net /u/1952020.