Ca commence à partir un peu dans le fantastique!


Chapitre 5 : Insomnie et petite vengeance

Agathe fulminait. Comme elle n'avait pas rapporté de bois, elle n'avait pas eu droit à son écuelle. Son ventre gargouillait, et surtout elle renâcler les événements de la soirée. Si Roland avait plus profité de la situation... Brrrr, elle n'osait même pas imaginer ce qui aurait pus lui arriver.

Elle ramassa quelques glands gelés et les mangea. C'était horriblement amer, aussi eut elle encore faim après en avoir mangé deux ou trois. Dès demain, elle trouverait quelque chose pour se défendre, une arme.
Mais la faim l'empêchait de dormir, aussi s'assura t-elle que les chevaliers mangeaient, et elle partie vers la rivière. La lune éclairait ses pas et rendait l'ombre des arbres menaçantes. Mais ce n'était pas une poltronne ! L'eau était aussi noire que le ciel, parcouru par des veines blanches de lumière. Elle attrapa un caillou qu'elle jeta dans l'eau. Tout à coup, elle vit un mouvement sur l'autre rive. Elle voyait distinctement des paires d'yeux luisants.

Des loups !

Elle entraperçut la fourrure d'un blanc de neige. C'est alors que quelque chose de mystérieux se passa. Agathe n'osait même plus respirer. Un loup s'avança au bord de l'eau, et traversa le courant avec un bâton entre les dents. Une fois de l'autre côté, il fit face à la jeune fille, s'ébroua, sa silhouette se redressa et il pris une allure presque humaine. A une vingtaine de pas d'elle, l'homme-loup planta le bâton dans le sol et repartis comme il était venu.


Lorsque Agathe se réveilla le lendemain à l'aube, elle n'avait plus aucun souvenir de l'étrange soirée. Elle allait se lever pour se soulager, quand elle sentit qu'elle tenait quelque chose entre ses mains. Elle se releva prestement, lâchant l'objet. C'était un bâton long, six à sept pieds de long environ.
Les événements de la veille se bousculèrent dans sa tête. Son agression par Roland et son écuyer, son souper qui lui passe sous le nez et surtout cette ombre mystérieuse, probablement maléfique. Il fallait qu'elle ne raconte cette histoire à personne, ou on la traiterait de sorcière ! Pour ce qui était du bâton, un chrétien ne le prendrait sûrement pas et l'abandonnerait sur place... Mais la jeune fille était d'une curiosité qui dépassait toutes religions.
Elle empoigna le bâton. Il était lourd, le bois dense. C'était probablement du chêne, mais l'odeur était si particulière... Entre le thym et la menthe... De plus, le bout se coupait en deux, et elle pouvait vaguement faire pensé à une gueule avec des crocs.
Le choix d'Agathe fut vite fait. Elle emportait le bâton avec elle, et au moindre signe suspect de sorcellerie, elle le jetterait dans un fossé.

La caravane se mit en route. Le bâton aidait grandement Agathe pour marcher.
C'était leur sixième jour de marche.

Pendant les arrêts pour faire boire les bêtes, elle sortait son couteau et gravait le bois. Une esquisse d'oreille et de museau et le tour était joué ! En voyant son ouvrage, le forgeron qui était un gros homme barbu lui proposa de ferrer son bâton. Agathe ne comprit pas tout de suite, mais le soir même, elle vit le forgeron cloué une plaque de métal sur l'extrémité haute.

-« Ainsi, c'est une arme beaucoup plus dangereuse ! » Et il lui fit un clin d'œil.

Tout le monde était au courant que Roland avait violenté la jeune fille et il fanfaronnait qu'il aurait pus profiter bien plus de la situation.

Elle fulminait intérieurement, que tôt ou tard, elle lui montrerait qu'elle savait se défendre à ce chevalier de pacotille !


L'heure de sa vengeance ne se fit pas attendre, et surtout pas de la façon dont elle l'attendait.

La plaie à l'arcade d'Adrien avait infecté, et elle risquait de faire une gangrène si on ne faisait rien.
Agathe attisait le feu et faisait bouillir de l'eau pour le bain d'Ermeline, quand elle vit Roland et son écuyer venir vers elle. Elle se releva un peu vivement, trahissant à la fois la peur et la colère qu'ils lui inspiraient, en tenant fermement son bâton à s'en faire pâlir les jointures des mains.

- Ola, calme toi fillette !

Elle ne répondit pas, fixant les deux hommes farouchement.

- Nous ne sommes pas là pour nous battre.

- Alors partez !

Roland contracta la mâchoire, mais ne se démonta pas :

- Adrien a besoin d'être soigné...

- D'un coup que je lui ai infligé, non, ne comptez pas sur moi !

- Pitié, renchéri l'écuyer, je ferais tous pour me faire pardonner !

La jeune fille parut étonné de son intervention, mais se mis à réfléchir. Après quelques minutes, elle dit :

- Très bien. Si je te soigne, je veux des excuses

- Devant Dieu, je m'excuse de ce que je t'ai fait subir et je jure de ne plus jamais recommencer...

- Et je veux que tu m'apprennes à tirer à l'arc.

- Hein ?

- Parfaitement !

- Fais ce qu'elle dit, ou t'a tête va se transformer en cailloux ! s'exclama Roland.

Adrien fit la moue, puis finit par accepter. La jeune fille parus satisfaite :

- Marché conclu. Allonge toi près du feu.

Le garçon s'exécuta. Agatha prépara un tissu propre, un bol d'eau chaude avec du thym infusait. Elle sortit aussi son matériel qu'elle appelait son ''matériel de soin''. Elle avait un petit couteau très aiguisé et une sorte de pince en métal extrêmement rare qu'elle c'était fabriqué, une aiguille et du fils. Tous en s'agenouillant à côté du garçon, elle vit que Roland avait l'air réellement inquiet. Elle n'allait pas passer une si bonne occasion :

- Tu sais, si jamais cela continue de s'infecter, la gangrène va se propager dans ta tête, elle va gonfler et devenir noir et tu seras mort en quelques jours.

Adrien déglutit.

- Mais si Dieu décide que tu survives, la plaie dégonflera et tu auras seulement une cicatrice. Serre les dents sa va faire mal.

- Elle commença par gratter la plaie avec la lame de son couteau, crevant l'apsé dont s'échapper un jus blanc. L'écuyer se retint pour ne pas crier.

- Fais attention ! Ca fait mal !

- Je t'avais prévenu, espèce de cochon que sa ferais mal, cria t-elle sans se démonter, Arrête de bouger.

Elle appuya autour de la plaie sur les coins boursouflés et extraya le pue de la plaie. Après cela, elle pris sa pince, et trifouilla la blessure qui commençait à saigner. Adrien se tordait de douleur et retenait des hurlements.

- Tenez le, lança-elle à Rolland, et qu'il morde un bâton sinon il va se briser la mâchoire !

Roland était un peu pâle. Il maintint le jeune homme par les épaules, observant l'opération que menait Agathe. Elle était trop concentrée pour remarque qu'il ne la quittait pas des yeux.

- Je l'ai !

Elle avait en effet attraper avec son étrange pince un morceau de silex très fin.

- Le plus dur n'est pas passé ! dit-elle avec un sourire sadique

Mais de toute façon, Adrien était déjà tombé dans les pommes. Elle nettoya la plaie avec le tissu et l'eau chaude, puis elle fit trois points de couture sur le front du jeune homme.

Quand elle eut finis, ses yeux rencontrèrent les yeux bleus de Roland. Elle l'ignora superbement et attrapa son ongue de thym. Elle mit une épaisse couche sur la plaie.

- Voila. Maintenant il est entre les mains de dieu.


Alors? J'avoue que j'attend vos avis! Est ce que l'histoire prend un tournant intéréssant? Dès fois je me demande si Agathe est pas un peu niaise...