Disclamer : Toujours pas n'a moi. Mais si quelqu'un veut me les offrir.

Petites notes de l'auteur sans importance (les notes, pas l'auteur, hein ! Quoique, c'est à vous de voir... ^^) :
- Jusqu'à il y a deux semaines environ, j'avais pas d'inspi et j'arrivais même pas à pondre les deux premières lignes du début. Et pis ça s'est débloqué et j'ai trimé (et me suis amusée aussi) comme une petite folle.
- Tu t'y attendais pas, à le voir aussi vite, hein Redou ? Te parler sur msn m'a filé un sérieux coup de boost pour ce chapitre ! :3
- squallyboy, t'as pas mis de review à mon dernier chapitre ! Tu passes plus sur le site ? (t_t)
- Plus sérieusement, je m'étonne encore moi-même de ce que j'ai réussi à produire ! Vu la petite taille de la scène sur le jeu, je pensais être heureuse d'arriver à 5000 mots... J'ai atteint les 9000 ! (Nied, qui ne comprend toujours pas comme elle a fait...)
- Rah, j'espère avoir pas fait Squall ou Seifer OOC... J'ai eu du mal pour certaines scènes où ils ne voulaient pas agir comme je voulais mais je les ai repris en main parce que je voulais absolument placé certaines choses... Même si parfois, ils ont quand même dérapé ! (Méchants ! )
- Je pense (il faut que encore que je mette ça au point et trouve le temps/l'envie/le courage de lutter contre la flemme) de faire des petites side-stories sur certains points que je ne pourrais pas traîter dans ma fic, sur des moments du passé de tel ou tel personnage... Parfois des choses loufoques, aussi. Donc, si vous avez des idées, n'hésitez pas. (Et oui, je préviens tout de suite, j'ai déjà prévu de faire la scène de rencontre entre Seifer, Fujin et Raijin et de faire un OS pour éclaircir le personnage de Drace...)

Acronyme, ma très chère revieweuse anonyme (inscris-toi sur le site ! On pourra parler en mp ! ^^), j'espère que ce chapitre te plaira tout autant que les autres. On voit apparaître Fujin et Raijin, à moi aussi ils manquaient trop !
Merci de tous tes compliments... Ils me touchent beaucoup !
Et pour l'enfance de Seifer... Tu vas devoir attendre encore un petit peu... Tu auras quelques réponses à Trabia... Et d'autres beaucoup plus tard dans le jeu. (Et je ne peux pas te dire plus, sinon je me spoile)


Un concert à Horizon.

Squall s'éveilla en entendant son alarme sonner. D'un geste maladroit, encore engourdi par le sommeil, il éteignit l'engin, non sans avoir d'abord failli le flanquer par terre d'une main malhabile. Il appréciait de ne pas avoir été réveillé par quelqu'un, pour une fois, mais sa nuit n'avait pas été de tout repos. Il s'était réveillé en sursaut plusieurs fois, les événements de ces derniers jours le poursuivant même dans son sommeil. L'envol de la BGU, l'arrêt forcé et brutal sur Horizon, le combat de la veille contre les Galbadiens... Ce souvenir lui laissait un goût amer dans la bouche. Il pouvait encore entendre le cri de douleur de Seifer, quand la balle l'avait fauchée. Squall savait parfaitement qu'ils pouvaient mourir pendant un combat, tué par un ennemi ou un monstre, exactement comme eux semaient la mort autour d'eux. Mais c'était la première fois que l'un d'eux était aussi gravement blessé et ça le renvoyait à sa propre faiblesse et au fait qu'il avait été strictement incapable d'empêcher Seifer d'être blessée. La seule chose qu'il avait pu faire, c'était d'ordonner à Linoa de soigner la jeune fille avant qu'elle ne meurt d'hémorragie. Et cette constatation lui donnait une vague nausée. Tout s'était bien terminé hier, mais qu'est-ce que ça donnerait à la bataille suivante ? Et à celle d'après ?

Il sortit de sa chambre avec rage. S'il ne voulait pas laisser les gens s'approcher de lui, c'était aussi pour ça. À quoi cela servait, de s'attacher à quelqu'un ici, à la BGU ? Où cette personne allait mourir pendant une mission ou elle partirait sans se retourner quand elle en aurait sa claque. Et il se retrouverait blessé au final, en plus d'être aussi seul qu'avant.

En arrivant dans le hall, Squall croisa Seifer qui lui fit un petit signe de main en guise de salut. La jeune fille n'avait pas l'air encore tout à fait réveillée et boitillait un peu d'un air maussade. Il la salua du bout des lèvres et elle esquissa un rictus qui pourrait de loin ressembler à un sourire.

« Et bien, tu as l'air de bonne humeur ce matin, quelle innovation, ironisa Seifer
- Et si tu t'occupais un peu de tes affaires, Almassy ?
- Mais c'est qu'il mordrait presque ! Des dents te sont poussées cette nuit ?
- Fiche-moi la paix, siffla Squall, agacé. Ce n'est vraiment pas le bon matin.
- Oh c'est bon, tu n'es pas le seul à avoir eu une nuit difficile. Tch, mais arrête de croire que tu es le centre du monde.
- Tu as encore mal à la jambe ? demanda brusquement le garçon en se souvenant avoir vu Seifer venir vers lui en boitant, ce qui collerait avec le fait qu'elle disait avoir passé une mauvaise nuit.
- Nan, c'est bon, t'as réussi à couper l'envie de discuter avec toi. Salut et au plus tard qu'on se revoit ! »

Et la jeune fille partit en coup de vent, le plantant seul au milieu du hall. D'accord, il n'avait pas été des plus aimables mais ce n'était pas une raison pour qu'elle le rabroue comme elle l'avait fait alors qu'il s'inquiétait seulement pour elle. Il regarda sa montre. Il avait encore du temps avant le rendez-vous que lui avait donné Cid la veille, lui demandant de passer au milieu de la matinée à son bureau. Il soupira. Peut-être pourrait-il combattre quelques monstres à la Serre de Combat, histoire de décrisper ses nerfs, que Seifer avait réussi à mettre en boule en un temps record ? Il haussa les épaules. Il n'avait rien de mieux à faire de toute façon.

Pendant ce temps, Seifer avait rejoint la cafétéria et s'était assise à la table où l'attendaient Fujin et Raijin, accompagnés d'un copieux petit-déjeuner. Elle se balança sur sa chaise et se tint à l'équilibre sur les deux pieds arrières en s'étirant et faisant craquer les os de ses épaules. Puis elle se remit en position normale et accorda un de ses rares et sincères sourires à ses deux amis en les dévisageant avec une réelle affection qu'elle pouvait s'autoriser vu qu'à part deux ou trois clampins, ils étaient seuls dans la cafète. Raijin, si solide, si fidèle, si pleinement honnête et en un seul bloc. Contrairement à ce que les gens pensaient, il était loin d'être un abruti et était aussi intelligent que la moyenne des gens. C'était juste que, comparer au génie qu'était Fujin, il n'était pas brillant. Seifer eut un petit sourire en coin. Une armoire à glace avec un coeur de bisounours en guimauve. Qu'il était différent de Fujin, qui était toujours si intelligente, si impassible, si silencieuse. De parfaits contraires et, pour couronner le tout, même leurs apparences étaient totalement différentes.

« Comment va ta jambe, Seifer ? lui demanda soudainement Raijin.
- Ça va aller. Elle est juste encore un peu engourdie, c'est assez étrange comme sensation, soupira la blonde en attrapant sa tasse de café.
- Tu es inquiète, remarqua Fujin en la couvant de son unique œil rouge.
- Beaucoup de choses sont arrivés en pas beaucoup de temps. On est quoi ? Début juin, ça fait même pas un mois depuis le test Seed et on est dans la merde jusqu'au cou. Fais chier, sérieux.
- Tu as une manière... originale de présenter les choses, tu sais ? risqua Raijin.
- Ouais, je sais. Bordel d'Hyne ! s'exclama Seifer en plongeant son visage dans ses mains. Je viens
d'apprendre que la BGU est en fait un vaisseau, on a une sorcière dingue sur les bras, qui en plus... Je me demande comment ça pourrait aller plus mal.
- Qui en plus quoi ? releva Fujin en se rendant compte que son amie s'était volontairement arrêté au beau milieu de sa phrase.
- Rien, soupira Seifer en agitant la main.
- T'es pas au courant ? demanda le seul garçon en se tournant vers l'albinos. Y a une rumeur qui dit que la sorcière, ce serait l'épouse du proviseur, tu vois ?
- Le problème, c'est que c'est pas qu'une rumeur, le proviseur nous l'a confirmé, avoua Seifer d'un ton contrarié. Enfin bon, on peut parler d'autres choses ? J'aurais probablement un débriefing plus tard sur le sujet et j'ai pas envie d'en parler maintenant. En plus Leonheart est un con.
- Comme d'habitude, répondit Fujin en haussant les épaules. Et ?
- Et rien, il m'énerve. En plus, Linoa passe son temps à s'attirer des ennuis et lui court la sauver comme le preux et courageux chevalier qu'il n'est pas... Tant de niaiseries m'écœurent ! C'est pas possible d'être aussi débile ! Quoi ? grogna-t-elle d'un ton mauvais en voyant ses deux amis s'échanger un sourire moqueur.
- Rien, lui répondit Fujin avec un parfait sérieux mais un léger sourire en coin tandis que Raijin éclatait de rire à côté.
- On va te laisser comprendre toute seule, ce sera plus drôle. » Seifer les regarda comme s'ils étaient des demeurés.

« Irrécupérables. Vous me donnez mal au crâne. Fais chier, répéta-t-elle une nouvelle fois en se pinçant l'arête du nez.
- T'en fais pas, tout finira par s'arranger, tenta maladroitement Raijin de la rassurer en lui serrant la main.
- Si tu voulais me convaincre, il aurait fallu que tu y crois toi-même, lui fit remarquer Seifer en retirant sa main de celle du géant brun.
- Ça suffit, fit Fujin d'une voix coupante, faisant se retourner les deux autres. Ça ne sert à rien de parler dans le vide. Si tu perds confiance maintenant, Seifer, tu n'arriveras à rien et tu finiras par te perdre. »

La jeune albinos ne cilla pas et regarda fixement devant elle alors que ses amis la dévisageaient, incrédules. C'était rare qu'elle parle autant d'affilée, elle qui était toujours si silencieuse.

« Tu as raison, acquiesça Seifer après un instant de réflexion. Passons à autre chose. »

Raijin eut un grand sourire et se mit à parler de tout et de rien pendant que les deux filles l'écoutaient, intervenant de temps en temps. Seifer esquissa un sourire moqueur en voyant Fujin commencer à se disputer avec le grand black. Elle hésita une fraction de seconde à se demander si elle devait leur parler de ses cauchemars de la veille avant de refouler cette pensée au fond de son esprit. Pour le moment, elle voulait juste profiter du moment présent et se laisser aller avec ses amis, à raconter des choses inutiles, comme n'importe quel jeune de son âge.

Après s'être entraîné à la Serre de Combat et avoir fait une escale dans sa chambre pour prendre une douche, Squall se présenta au bureau du proviseur. L'adulte était plongé dans une pile de papier et l'adolescent s'éclaircit la gorge pour signaler sa présence.

« Ah, Squall ! Tu es là ! Très bien ! s'exclama Cid en rangeant rapidement plusieurs papiers.
- Je vous dérange peut-être, proviseur ?
- Non, non... Je voulais régler deux-trois détails. Assieds-toi, s'il te plait. Ce que je vais te dire risque d'être assez long.
- Très bien proviseur. »

Squall tira une chaise et s'assit en face du quinquagénaire qui semblait chercher ses mots. Le plus jeune ne dit rien mais sentit ses entrailles se tordre légèrement d'appréhension. Que lui voulait le directeur ? Y avait-il d'autres problèmes ?

« Bien... Par où commencer ? s'interrogea le proviseur en appuyant son menton sur ses mains et en dévisageant son vis-à-vis. Il y a maintenant presque une semaine, tu es revenu à la BGU, affaibli, fatigué, cherchant un refuge pour toi et les autres membres de ton équipe. Tu venais avec de mauvaises nouvelles pour te retrouver une situation encore plus catastrophique. Et tu as réussi à sauver la BGU des dangers qui la menaçaient...
- Je n'aurais rien pu faire sans le reste de mon équipe, objecta Squall, gêné au fond de lui par le discours de Cid.
- Je sais mais tu t'es comporté en parfait chef d'équipe. J'ai bien réfléchi. Je ne peux pas diriger la BGU tout seul, pas en temps de crise. Je peux m'occuper de tout ce qui est administratif mais j'ai besoin de quelqu'un pour prendre en main le commandement tactique et diriger les opérations militaires contre la prêtresse. Je n'en ai plus la jeunesse ni la force. Tu es l'homme capable de diriger nos troupes, Squall... Tu as l'étoffe d'un leader.
- Moi ? Mais... Je ne suis pas le seul... » Le jeune homme était trop stupéfait pour rester calme et faire des phrases cohérentes. « Pourquoi moi ? D'autres ont les mêmes qualités que moi... Je ne suis pas doué pour les relations avec les gens... Almassy y arrive mieux...
- Je sais. Et elle est aussi une très bonne stratège. Mais Seifer est trop emportée, n'a pas ton calme. Son coeur est tourmenté, Squall. Elle qui ne sait pas encore quel chemin prendre, comment pourrai-elle guider les autres ? J'ai réfléchi ces derniers jours et ton nom comme le sien est revenu souvent. Mais je crois que tu es un meilleur choix. Tu es plus calme, plus objectif. Acceptes-tu ce poste ?
- Je... »

Squall n'arrivait pas à trouver la réponse. Que voulait-il ? Être le commandant militaire était une lourde charge. Pourquoi Cid l'avait-il choisi ? Pourquoi était-il persuadé que lui donner ce poste était le meilleur choix ? Et les autres ? Qu'en penseraient-ils ? L'accepteraient-ils comme leader ? Et Almassy ? Pourquoi Cid disait-il qu'elle était indécise ? Impulsive, c'était vrai, mais tourmentée ? Les gens l'écoutaient quand elle parlait parce qu'elle s'exprimait avec un feu qui laissait personne indifférent, même lui l'avait ressenti.

« Je sais que tu hésites. C'est tout à fait normal. J'aurais refusé si tu avais accepté sans y penser, parce que cela aurait signifié que tu ne comprenais pas l'ampleur de ce que je te demande. Si tu refuses, je proposerai le poste à Seifer. Mais je préférerai qu'il te revienne. Mais n'oublie pas que tu ne seras pas seul pour faire face à cette tache. D'autres t'aideront. Si tu acceptes, je demanderai à Seifer de t'épauler. Vos deux points de vue se complèteront et vos qualités respectives pallieront aux défauts de l'autre. »

Squall baissa la tête. C'était une décision dure à prendre. Il ne voulait pas de ce fardeau mais doutait que Seifer soit meilleure à le supporter, surtout après ce que Cid lui avait dit. C'était du délire, vraiment ! Mais comment pouvait-il refuser ? Il n'avait pas d'autre endroit où aller ! Il avait sur la langue comme un arrière-goût amer. Cid l'avait amené exactement où il voulait qu'il aille.

« J'accepte, répondit-il simplement en relevant la tête.
- Parfait. Je n'en attendais pas moins de toi. »

Kramer se saisit du micro. Sa voix, amplifiée, résonna dans tout le bâtiment.

« Ici le proviseur. J'ai une déclaration à vous faire. Écoutez tous ! J'ai des nouvelles importantes à vous communiquer. Nous avons commencé les réparations de la BGU. Nous quitterons bientôt Horizon pour une nouvelle mission. Notre mission consiste à éliminer la prêtresse. Désormais, la BGU sera notre base mobile. »

À l'infirmerie, Quistis cessa de rire avec le docteur Kadowaki et écouta les paroles sortant les haut-parleurs, redevenant sérieuse. Zell se retourna dans la file de la cafétéria et sortit de la cantine en courant.

« Rien d'autre ne changera au niveau des règles de l'université. De nombreux combats jalonneront cette expédition. Il vous faut un leader... C'est pour cela que j'ai choisi Squall pour être votre chef.»

Linoa leva les yeux et chercha les enceintes du regard avant de partir précipitamment de la bibliothèque à l'entente des derniers mots du discours.

« Dorénavant, Squall prend le commandement tactique et militaire des opérations. Obéissez-lui sans réserve. Si vous avez des objections, exprimez-les immédiatement. »

Un grand bruit sec tira Fujin et Raijin de l'étonnement dans lequel le discours du proviseur les avait plongés. Seifer s'était levée brusquement, faisant tomber bruyamment sa chaise, et avait claqué fortement sa main sur la table. Raijin pensa distraitement qu'elle avait de la chance d'avoir pensé à mettre ses gants en cuir ce matin, sinon elle se serait fait mal en frappant la table ainsi du plat de sa main. Puis il leva les yeux et déglutit péniblement. Vu la tête que son amie faisait, il y en avait qui allaient passé un très sale quart d'heure. Que Hyne ait pitié de Squall et du proviseur. Fujin retint de justesse Seifer.

« Que comptes-tu faire ?
- Le vieux a bien dit de nous exprimer immédiatement si on avait des objections, non ? Et bien, je vais le faire. »

Et elle les planta là sans un regard en arrière, se dirigeant vers les ascenseurs. Plusieurs personnes s'écartèrent sans se poser de question devant elle, tant sa colère était visible. Elle ouvrit la porte du bureau de Cid d'un grand coup de pied furieux, faisant se tourner vers elle les deux hommes. Le proviseur poussa intérieurement un profond soupir. La discussion qui s'annonçait n'allait pas être une partie de plaisir. Seifer était une vraie tête de mule et il était très dur de la raisonner.

« Oui, Seifer ? » Il pouvait toujours tenté une entrée en douceur même si ça n'allait rien arranger. Un peu d'utopie n'avait jamais fait de mal à personne, après tout.

« C'est quoi cette blague ?
- Je suis très sérieux en nommant Squall comme chef militaire. Je sais que j'ai dit aux Seeds de faire part de leurs objections mais quand même, Seifer...
- Leonheart n'est qu'un gosse, incapable de se débrouiller tout seul. Et c'est lui que vous nommez comme notre chef ? Si vous voulez qu'on perde, autant se rendre tout de suite et évitez le ridicule.
- Parce que tu crois pouvoir faire mieux, peut-être ? répliqua Squall, piqué à vif.
- Squally-boy ? Ta gueule et laisse parler les grands. Aux dernières nouvelles, moi, je sais avoir des conversations de plus d'une minute avec les gens et alignez deux phrases de suite.
- Ça suffit, siffla le jeune homme.
- Oh, pauvre chou, je t'ai blessé ? Quel dommage, vraiment...
- Seifer Almassy ! Squall Leonheart ! intervint brusquement Cid, faisant sursauter les deux jeunes gens. Arrêtez ça tout de suite ! Seifer, que ça te plaise ou non, Squall est désormais chef des opérations militaires et tu lui dois une parfaite obéissance...
- Parce que vous croyez sincèrement que je vais gentiment plier échine et lui obéir ? le coupa Seifer d'un ton cinglant. Plutôt crever.
- Non seulement tu vas lui obéir, lui indiqua Cid d'un ton qui n'admettait pour une fois pas la discussion, mais en plus tu vas le seconder. Je veux que tous les deux, vous travaillez ensemble pour élaborer un plan capable de vaincre la prêtresse.
- Je vois, vous êtes vraiment courageux, se moqua la jeune fille d'un ton dégoulinant de sarcasmes. Vous ne voulez pas affronter votre femme, pas plus que vous ne voulez porter sur vous le fardeau de l'avoir tué si nous arrivons à la vaincre, alors vous nous collez ce poids sur le dos, sans vous soucier de nos propres émotions.
- Ça suffit, Seifer ! tonna brusquement le proviseur en se levant, gagné lui aussi par la colère.
- Et si je refuse ? Et si je refuse d'obéir à votre « ça suffit » et à tous vos ordres ?
- Si tu refuses d'obéir aux ordres, tu seras radiée des Seeds. C'est ça que tu veux ? »

Squall se tourna brusquement vers Cid, les yeux ronds. C'était la première fois, malgré toutes les insolences que se permettait Seifer, que le proviseur menaçait ouvertement la jeune fille de la renvoyer. Le brun se révolta. Cid n'avait pas le droit de faire céder Seifer en utilisant un tel chantage ! Pas quand il savait qu'elle n'avait pas d'autre maison que la BGU ! Elle n'avait nulle part où aller.

« Très bien, j'accepte, cracha la jeune fille, les yeux insoumis et brûlants de colère et de mépris. Mais pas de mon plein gré et je vous hais. Maintenant, pardonnez-moi, mais je vais partir, si je peux encore le faire sans avoir besoin de votre autorisation. »

Et Seifer tourna les talons et sortit de la salle en coup de vent. Mais Squall pouvait voir ses poings serrés et les muscles de ses épaules tendus sous le trench-coat gris que la jeune fille portait. Il jeta un regard impassible au proviseur avant de sortir hors de la salle à la suite de sa rivale. Il la rejoignit juste devant l'ascenseur et l'attrapa par une de ses manches pour la retenir. Elle tourna lentement la tête vers lui, l'expression fermée et les lèvres pincées en une moue furieuse et dédaigneuse. Squall retint un soupir. Pourquoi tout lui tombait dessus ainsi ? Ce n'était pas de sa faute.

« Je... Cid n'avait pas à te dire ça. » C'était la chose la plus proche d'une excuse qu'il pouvait trouver.

« Boucle-là, Squall, grinça Seifer entre ses dents avant de froncer les sourcils en voyant le jeune homme en face d'elle hausser les sourcils. Quoi ? fit-elle sur la défensive.
- C'est peut-être idiot, mais c'est la première fois que tu m'appelles par mon prénom.
- Oui, c'est une réflexion idiote, je te l'accorde, renifla Seifer le visage un peu moins fermé. Mais je suis encore en colère contre toi... Même si ça n'a rien à voir avec ce que j'ai contre le vieux. D'ailleurs, tu ferais mieux d'aller le rejoindre, il va s'ennuyer sans toi, chef. »

Elle se dégagea et entra dans l'ascenseur. Les portes se refermèrent sur elle. Squall soupira de manière audible, cette fois-ci. Il aurait préféré que la jeune fille ne soit pas furieuse contre lui mais c'était utopique. Il ne savait pas pourquoi mais Seifer semblait toujours s'énerver dès qu'elle le voyait... Quoique, là, il comprenait la colère de sa rivale. Le chantage de Cid était vraiment écoeurant. Seifer était bien obligée de l'accepter comme chef, vu qu'elle n'avait nul autre endroit que la BGU pour vivre. Mais la façon dont elle avait prononcé le « chef » avant de partir... Le mot avait sonné comme une injure. Il pouvait faire confiance à Seifer pour sa capacité à faire sonner insultante une phrase ou un mot parfaitement normal. Il retourna dans le bureau de Cid en songeant que les prochains jours risquaient d'être longs. Le proviseur s'était rassis à son bureau et triait les quelques papiers qui s'étaient envolés lorsqu'il s'était levé brusquement.

« Ah, te revoilà.
- Je...
- Non, ce n'est pas la peine de t'excuser, Squall. Je pense que c'était une bonne chose que tu essayes d'aller parler à Seifer.
- Elle ne m'a pas écouté.
- Ne prends pas mal sa colère, d'accord ? C'est à moi qu'elle en veut. Tu étais juste sur le chemin. Je pense que c'est tout ce que j'ai à te dire. Tu devrais aller parler aux autres, je suis sûr qu'ils trouveront le moyen de t'aider.
- Très bien, proviseur. »

Squall s'apprêtait à partir lorsque la voix de Cid l'arrêta.

« Et... Quand tu croiseras Seifer une fois qu'elle se sera calmée... Dis-lui que je suis désolé, s'il te plait. Je n'aurais pas dû m'emporter comme cela contre elle, ni lui dire ce que je lui ai dit. Je sais qu'elle n'a rien d'autre. »

Et pourquoi vous n'y avez pas pensé avant de lui parler comme ça ? C'est trop facile de s'excuser après coup ! Surtout quand vous n'allez même pas lui demander pardon de vive voix.

« Très bien. »

Et Squall partit sans un regard en arrière pour le vieil homme. Il ne savait pas pourquoi mais il avait un goût amer et déçu dans la gorge. Se forçant à rester calme, il parvint jusqu'à sa chambre sans croiser personne et s'y enferma. C'était trop dur. Que devait-il faire ? Comment pourrait-il prendre le commandement des Seeds ? Il n'avait pas peur d'affronter la prêtresse mais il ne se sentait pas capable d'être chef. Et pour Seifer ? La jeune fille était vraiment en colère contre lui. Et si elle choisissait de ne plus lui parler, de l'éviter ? Squall avait de nombreuses fois voulu se débarrasser de son agaçante rivale mais, les rares occasions où elle avait cessé de lui adresser la parole, il s'était vraiment senti seul. Squall secoua la tête. Seifer avait toujours fait partie de son existence, ça n'allait pas changer comme ça. Perdu dans ses pensées, il ne s'aperçut pas du temps qui passait.

Seifer, elle, se dirigea vers la Serre de Combat. Si elle pouvait tomber sur un ou deux monstres, elle pourrait leur passer dessus sa colère. Le bout de ses doigts rougeoyait et quelques étincelles orangées parcouraient sa paume. Elle serra les poings. Quand elle était vraiment furieuse, sa colère avait tendance à se condenser en un sortilège de feu. Cid... Ses poings se serrèrent encore plus, au point de s'en briser les doigts. Puis, brusquement, elle tendit le bras droit sur le côté et lança un brasier sur un arbre innocent, le réduisant en feu de joie. Kramer, sale con. Elle avait envie de hurler de rage. Prudents, les petits monstres qui peuplaient la serre l'évitèrent. Leur instinct de survie leur dictait de ne pas s'approcher de la jeune fille en colère. Puis soudain, un T-Rex apparut devant Seifer. Elle eut un sourire féroce. Le monstre était encore jeune et petit, assez pour qu'elle puisse se battre seule contre lui, mais suffisamment fort pour que ce soit encore un véritable défi. Même jeune, un T-Rex était un adversaire redoutable et tous les profs de la fac déconseillaient d'en affronter un seul... Surtout sans avoir recours à une G-Force ou à la magie. Elle tira sa gunblade de son fourreau avant de reculer d'un bond pour éviter une attaque. La tête du monstre passa à une dizaine de centimètres d'elle et, emporté par son élan, le dinosaure ne put se relever immédiatement. Seifer en profita et le frappa à la tête, visant l'œil. Son coup ripa sur l'arcade sourcilière et la peau épaisse et écailleuse du T-Rex. La lame finit sa course contre le museau de la créature qui rugit de fureur et de douleur mêlées. Le monstre tenta une nouvelle fois de la frapper mais la jeune fille était trop rapide et esquiva sans difficulté le coup et enfonça son épée derrière le genou du dinosaure. Il se dressa sur toute sa hauteur et son cri se répercuta dans les alentours. Puis le T-Rex tenta de mordre Seifer et de lui arracher le bras. L'épéiste recula précipitamment et ne put esquiver un coup de patte du monstre, qui l'envoya au sol. Elle roula sur plusieurs mètres pour éviter une nouvelle attaque et se redressa. Elle avait une légère griffure au bras gauche et quelques écorchures, mais ce n'était rien. Le dinosaure hurla de nouveau et la jeune fille eut un sourire dangereux avant de prendre sa gunblade à deux mains. Lorsque le monstre tenta de la mordre une nouvelle fois, elle tendit sa lame devant elle et l'enfonça dans la gorge découverte du monstre. Un flot de sang jaillit et le T-Rex s'affaissa sur lui-même, mort. Seifer vérifia que le monstre avait bien trépassé avant d'éclater d'un rire euphorique. Elle avait réussi à tuer un T-Rex toute seule ! Plusieurs étudiants la regardaient d'un air admiratif et, pour certains, un peu effrayé. Elle leur adressa un rapide signe de la main avant de quitter la Serre de Combat et de se rendre dans sa chambre. Elle avait besoin d'une vraie douche.

Pendant ce temps, de l'autre côté du jardin, les autres membres du groupe s'étaient réunis, minus Seifer. Si Zell, Quistis et Linoa semblaient curieux, Selphie sautillait sur place et Irvine avait l'air très satisfait de lui-même.

« Salut à tous ! s'exclama ce dernier avant de se tourner vers Selphie. Je vous présente notre productrice, Mlle S.
- Miss T. pour être exacte, le reprit la jeune fille. Le concert aura finalement lieu. Je veux le dédier à Squall, notre chef.
- Ça va être amusant, fit Quistis en souriant.
- Qui va jouer dans ce groupe ? voulut savoir Zell.
- Nous, bien sûr ! s'enthousiasma Irvine.
- Dans tes rêves, oui, répliqua instantanément le boxeur.
- Tu plaisantes ? demanda la blonde d'un ton incrédule. Je ne peux pas jouer, je suis nulle en matière de musique.
- Vraiment ? releva Linoa, un peu moqueuse. Je veux voir ça alors !
- Faisons tous un effort, OK ? intervint Selphie. Nous avons les instruments, il faut quatre musiciens !
- On va bien s'amuser ! s'exclama la galbadienne en battant des mains.
- Désolée Linoa, mais tu ne fais pas partie du groupe, s'excusa Selphie.
- Tu ne veux pas de moi ?
- Si mais pour faire autre chose... Quelque chose de plus important.
- Que doit-on faire ? Ce n'est pas l'instrument qui fait le musicien, objecta Zell.
- On m'a chargé de ce projet après mon arrivée à la fac, expliqua l'organisatrice. J'ai donc les partitions de l'ancien responsable. Mais depuis l'envol de la BGU, j'ai huit partitions au lieu de quatre !
- Je pige pas, fit Zell en fronçant les sourcils.
- Ça veut dire que quatre autres morceaux se sont mélangés avec notre chanson, l'informa gentiment Irvine. On doit isoler les quatre partitions qui ne nous concernent pas. Pour cela, nous devons jouer les huit partitions avec chaque instrument disponible.
- Pouvez-vous, un par un, choisir un instrument et jouer un peu ? Irvine connaît le morceau, il choisira les bons instruments.
- C'est parti, Miss T. ! s'exclama Irvine.
- Non, non, sourit la jeune fille. Vous devrez vous débrouiller sans moi, il faut que j'aille chercher Seifer, je veux qu'elle participe aussi.
- Seifer, participer à quelque chose pour Squall ? releva Zell, interloqué. Te fais pas trop d'illusions, elle voudra jamais !
- Surtout que l'annonce de Cid l'a rendue folle de rage, l'informa Quistis, l'air embêté. D'un côté, je comprends que ce soit dur pour elle, surtout que le proviseur n'a rien fait pour arrondir les angles, mais...
- Justement ! la coupa Selphie. Il faut qu'elle participe ! Ce sera une bonne occasion pour elle de se mêler à nous, elle reste toujours dans son coin. Et puis, comme ça, Squall et elle pourront avoir une bonne discussion et se comprendre.
- Pour cela, il faudrait déjà qu'ils acceptent de se parler et d'être aimable, lui signala Zell. Je ne sais pas pourquoi, mais rien que la vue de Squall semble toujours énerver Seifer...
- Et Squall ne fait aucun effort non plus pour améliorer les choses, sourit Quistis. Mais je pense en effet que ça leur ferait du bien, de discuter un peu entre eux. Reste à savoir comment tu vas faire pour que Seifer t'écoute.
- T'en fais pas, j'ai parlé à Fujin et Raijin ce matin et j'ai un super plan ! Ils m'ont raconté plein de trucs sur Seifer.
- T'as parlé à ces deux-là ? s'étonna Zell.
- Oh oui, ils sont très gentils ! répondit Selphie avec un grand sourire. On devrait vraiment discuter plus souvent avec eux ! Bon, j'y vais... Et n'en profitez pas pour traîner parce que je ne suis pas là ! »

Avec un dernier geste de la main, la jeune fille partit en courant vers les dortoirs réservés à la gente féminine de la BGU. Plusieurs personnes se retournèrent en la voyant, pour lui rappeler qu'il était interdit de courir dans les couloirs, ou juste surprises de la voir sautiller avec un sourire joyeux. Arrivée devant la chambre de Seifer, elle ouvrit en grand la porte sans frapper. Elle s'arrêta sur le seuil, un peu étonnée. Connaissant le caractère de la jeune fille, elle s'attendait à ce que sa chambre soit assez désordonné... Il n'en était rien. Certes, son lit n'était pas fait et quelques revues ou livres traînaient sur le sol, près de son chevet mais l'ensemble était rangé. La fenêtre, largement ouverte, laissait entrer la lumière et les embruns marins et les rayons du soleil se reflétaient en dansant sur les rares posters collés au mur de la pièce. Une radio était posée sur le lit et émettait encore de la musique. Et, au milieu de la pièce, Seifer toisait durement l'intruse. Puis, la jeune fille s'assit sur le lit duquel elle s'était brusquement levé et éteint la radio. Elle eut un vague sourire.

« Tu viens pourquoi ?
- Ce soir, on fait un concert pour fêter la promotion de Squall. Tu veux y participer ?
- Dans tes rêves, oui, répliqua sèchement Seifer en fronçant des sourcils.
- Tu es sûre ? demanda Selphie, voyant bien que son amie était encore en colère.
- Oui, absolument.
- Bon, tant pis...
- Hey ! Tu fais quoi ? »

L'exclamation fendit l'air et Seifer se leva brusquement, surprise. Selphie avait attrapé Hypérion, qui reposait tranquillement dans son fourreau contre le bureau et se dirigeait en courant vers la porte.

« Je te rends ta gunblade si tu acceptes de m'obéir pour se soir ! » lui cria gaiment Selphie avant de fuir dans le couloir.

Avec un affreux juron, Seifer s'élança à sa suite. Selphie eut un petit rire en voyant la blonde lui courir après et accéléra l'allure, manquant de renverser plusieurs personnes en les bousculant. Ignorant la gunblade qui lui battait la jambe à chaque pas et les menaces que Seifer faisait peser sur sa tête, Selphie adressa un rapide signe de victoire à Fujin et à Raijin - qui lui fit un large sourire - en passant devant eux, dévala quatre par quatre les escaliers qui s'ouvraient devant elle et arriva jusqu'à l'endroit où elle avait laissé les autres en éclatant de rire avant de se précipiter derrière Linoa. Seifer arriva juste après et dérapa pour s'arrêter. Les poings sur les hanches, elle jeta un regard noir à Selphie, qui attrapa Irvine par le bras pour s'en faire un autre bouclier.

« Rends-moi Hypérion tout de suite !
- Non, chantonna joyeusement Selphie. Je te le rendrais demain si tu te conduis bien ce soir... Et non, tu ne peux pas récupérer ta gunblade parce que tu ne peux pas te battre contre nous tous. »

C'en fut trop pour Irvine et Zell et les deux garçons éclatèrent de rire. Seifer grinça des dents et croisa les bras.

« Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
- Très bien, je vais tous vous expliquer mon super plan, fit Selphie avec un grand sourire. Allez, venez tous, c'est très simple. »

Les heures passèrent et Squall se tournait encore dans son lit sans trouver le sommeil. Il pouvait voir le ciel étoilé par sa fenêtre. Ses réflexions avaient duré aussi longtemps ? Où étaient passés les autres et que faisaient-ils ? Et Seifer ? La jeune fille était-elle toujours en colère ? Il se leva en soupirant. Il n'avait plus qu'à aller voir dehors ce qu'il se passait. Rester dans sa chambre était juste trop ennuyeux. Il marchait tranquillement pour se rendre dans le hall, savourant la douceur de cette nuit de juin lorsqu'il aperçut vers le bout du couloir Linoa, Quistis et Zell. Il pressa le pas et se dirigea vers le petit groupe. Les deux Seeds échangèrent quelques mots avec la jolie résistante avant de partir et de la laisser là. Linoa se retourna et adressa un petit signe de la main à Squall qui la rejoignait. Le jeune homme s'arrêta et dévisagea la brune. Elle avait mis une belle robe courte de couleur crème (qu'au début Squall confondit avec celle qu'elle portait au bal) et de fines ballerines enserraient à ses pieds.

« Alors, quoi de neuf ? sourit Linoa.
- Fatigué, songea le garçon, sans répondre à haute voix..
- Tu es déprimé ? lui demanda-t-elle en mettant les mains sur les hanches et en l'observant, sa tête légèrement penché sur le côté. Allez Squall, quel âge as-tu ? Tu es encore un ado ! Alors, agis en ado au moins une fois dans ta vie !
- Je suis juste crevé...
- Et si on se faisait un concert ? insista Linoa, comme Squall ne répondait toujours pas.
- Pourquoi pas ? accepta le jeune homme de guerre lasse.
- Génial ! s'exclama la brune en tapant des mains. Allez, on y va ! »

Attrapant Squall par le poignet, Linoa tira le jeune homme au travers de la fac puis des rues d'Horizon. La cité était plongée dans le noir avec la tombée de la nuit, seule une grande lueur provenant du centre de la ville éclairait les environs en se reflétant sur les innombrables panneaux solaires de la cuvette. Près de l'escalier qui menait au centre-ville, Irvine les arrêta et entraîna Squall un peu à l'écart.

« Alors, elle t'a convaincu, hein ? s'exclama le roux en pensant que ces deux-là formaient un couple plutôt pas mal.

Squall haussa les épaules et retourna vers Linoa, qui avait entre-temps était rejointe par Selphie. Cette dernière fronça les sourcils en voyant le sourire idiot d'Irvine et attrapa le sniper par le bras avant de le tirer à sa suite et de disparaître. Linoa eut un petit gloussement de rire et s'engagea dans l'escalier tout en s'assurant que Squall la suivait bien. Le garçon maugréa en se demandant ce que les autres avaient bien imaginé. Un peu avant la fin de l'escalier, Linoa se tourna vers lui et lui mit les mains sur les yeux avec un sourire mutin, lui expliquant qu'elle faisait ça pour ne pas lui gâcher la surprise. Guider par la jeune fille, Squall avança en trébuchant sur une vingtaine de mètres avant que la brune ne le relâche. Le garçon cligna des yeux, ébloui par la lumière vive des spots. Sur une immense scène, Quistis, Selphie, Zell et Irvine s'apprêtaient tous les quatre à jouer d'un instrument de musique. Selphie lui fit un grand geste de la main.

« Squall ! lui cria-t-elle. Bourreau des coeurs ! Ce concert t'est dédié ! J'espère qu'il te plaira ! Linoa, ne le laisse pas filer. »

Zell commença à jouer des castagnettes, claquant ses talons sur le sol pour marquer le rythme, vite rejoint par Quistis à la guitare. Selphie laissa courir son archet sur le violon qu'elle tenait et Irvine fut le dernier du quatuor à entrer dans la musique en se mettant à jouer de sa flûte traversière. Des faisceaux lumineux bleus et verts éclairaient successivement chacun des musiciens et se perdaient dans le ciel noir. Squall et Linoa les écoutèrent un moment avant de se rendre sur le côté de la scène, à un endroit où le son était moins fort... Et où il y avait moins de monde, car une grande partie des habitants de la BGU était venue assister au concert. Squall se tourna vers Linoa.

« Tu voulais me parler d'un truc important ? » Il s'assit sur le rebord qui marquait la différence entre la place centrale de la ville et les champs de panneaux solaires qui débutaient en contre-bas. « Qu'est-ce qu'il y a ?
- C'est au sujet de tes nouvelles fonctions, » lui répondit la brune en s'asseyant à côté de lui. Squall baissa la tête. Croyait-elle qu'il en voulait vraiment ? « Je crois que tu vas avoir de grosses responsabilités, trop peut-être... Et tu as tendance à tout vouloir faire tout seul. Tu ne veux jamais déléguer les tâches importantes. Je te connais si bien que je peux t'imiter, tu sais ? »

En effet, lorsque Squall, à ces mots, porta une main à son front, Linoa l'imita à la perfection avant de rouler en arrière pour éviter un coup amical de la part du brun. Elle se releva en souriant.

« Tout ça pour te dire que tu n'es pas obligé de tout faire tout seul, Squall. On te soutient tous à 100%. On veut t'aider. Il faut que tu nous dises quand tu ne vas pas bien, quand tu as besoin d'aide. Si tu ne communiques pas avec les autres, comment veux-tu que les autres entendent les mots que tu ne dis pas ?
- Je suis désolé, répondit Squall en tournant la tête vers la jeune fille.
- Ce n'est pas une question d'être désolé ou pas, juste de nous parler. Il faut que tu mettes parfois ta fierté de côté et nous dire que tu as besoin de nous ! Tu n'as pas à avoir peur de t'attacher aux autres ! »

Elle se tut quelques minutes, pour laisser le temps au jeune homme de réfléchir à ce qu'elle venait de lui dire. Elle espérait que, vraiment, Squall comprenne qu'il n'était pas seul et qu'il pouvait toujours compter sur eux... Elle baissa tristement les yeux... Était-il si difficile pour lui de leur faire confiance ? Puis, avec un petit sourire, elle s'approcha du garçon silencieusement pour se retrouver dans son dos.

« Tu devrais descendre un peu de ta tour d'ivoire, Squall, et passer plus de temps avec nous... Et juste profiter du présent... Ce n'est pas très dur, tu sais ? Enfin, bon, j'ai fait ma part du travail, fit-elle plus joyeusement. C'est Selphie qui va être contente de voir que son plan marche bien ! Enfin, si vous vous débrouillez tous les deux pour ne pas tout faire rater. À demain, Squall ! »

Et, d'une forte pression dans le dos, elle poussa le jeune homme dans le vide. Il se réceptionna deux mètres plus bas sur un panneau solaire, dérapant à moitié sur la surface horriblement lisse. Il leva la tête en jurant... Quelle mouche avait piqué Linoa ? C'était tout sauf drôle. Il se frappa le front de la paume de sa main. Il n'avait plus qu'à trouver un moyen de remonter, maintenant. Il maudit intérieurement ses coéquipiers. Il ne leur avait rien demandé, alors pourquoi agissaient-ils ainsi ? Il jeta un regard morne aux alentours... Mais qu'est-ce qui avait bien pu donner l'idée à Linoa de le pousser ici ? Il allait devoir faire tout un détour pour retourner à la BGU. Il s'apprêtait à se mettre en route lorsqu'une voix blasée et bien connue retentit derrière lui.

« Tss, tss... T'es pas encore censé partir, Leonheart. »

L'interpelé se retint de lever les yeux au ciel et poussa un soupir quasi-inaudible de lassitude à la place. Linoa l'avait poussé ici pour qu'il tombe sur Seifer ? Mais qui avait eu une idée aussi stupide ?

« Ouais, je sais, ça te fait chier, pas la peine de te retenir de le montrer. Si ça peut te remonter le moral, on m'a pas franchement demandé mon avis à moi non plus... »

De guerre lasse, Squall se retourna vers l'endroit d'où provenait la voix pour apercevoir la jeune fille assise en tailleur sur le sol, le visage indistinct dans les pénombres mais il pouvait très bien imaginer son air moqueur habituel.

« Dans ce cas, que fais-tu ici si tu n'as pas envie d'y être ? lui aboya-t-il presque dessus.
- Parce que d'un, j'ai pas le choix, ces idiots m'y ont obligé et que de deux, t'es un peu notre chef, au cas où tu l'aurais oublié et même si ça m'enchante pas vraiment, et qu'on ne peut pas s'offrir le luxe d'avoir un chef qui joue les dépressifs si on veut gagner cette foutue guerre contre la prêtresse... Là, on va plutôt droit dans le mur, ajouta Seifer après un instant de réflexions. Non mais, t'es vraiment un boulet, tu sais ?
- Je t'emmerde, Almassy, grinça le concerné.
- Pour ta gouverne, moi aussi je t'emmerde. Et si Cid et les autres entendaient leur « golden boy » parler ainsi, ils feraient une attaque, » ricana-t-elle en sortant une cigarette. Puis, par réflexe, elle tendit le paquet à Squall. « T'en veux une ?
- Tu ne devrais pas fumer, la morigéna ce dernier après avoir refusé l'offre d'un geste de la tête.
- Oh, boucle-là. Franchement, c'est soûlant cette hypocrisie chez les profs. Genre, fumer c'est mauvais pour ma santé. Et se battre, sérieusement, c'est pas plus mauvais pour ma santé ? Tss... Tant que je peux leur rapporter de l'argent en me battant pour eux, ils se fichent bien que je vive ou que je crève.
- Si tu le dis.
- J'adore vraiment cet aspect-là de ta personnalité, Leonheart. C'est fou comme t'imites bien un légume.
- Et tu voudrais que je fasse quoi ? s'emportant brusquement le jeune homme en se rapprochant de la blonde pour mieux la toiser de haut. Que je t'imite, peut-être ?
- Que tu exprimes un minimum ce que tu ressens au lieu de jouer les indifférents, ce serait déjà un exploit de ta part ! » s'énerva à son tour Seifer en fronçant les sourcils. Merde, elle avait pourtant réussi jusque là à mettre de côté sa colère de cet après-midi, et voilà que ce crétin gâchait tout ! « Et je t'interdis de me regarder de haut comme tu le fais, grinça-t-elle entre ses dents en se levant pour se mettre au même niveau que Squall. Tu t'estimes supérieur aux autres et qu'ils ne méritent pas ton attention ou que tu t'approches d'eux ? Tu es toujours tout seul dans ton coin à jouer les ténébreux de service et à te plaindre que personne ne comprend ta vie, oh, juste qu'elle est trop dure ta pauvre vie, les autres, ils peuvent juste pas comprendre, fit-elle d'une voix nasillarde. Je vais t'apprendre un scoop, squally-boy, la vie, elle est dure pour tout le monde, pas seulement pour toi.
- Et en quoi ma vie te regarde ? s'exclama Squall, furieux. Les quelques années qu'on a passé à se taper dessus à la BGU n'ont pas pu t'apprendre grand-chose sur moi. Tu ne me connais pas, Seifer, alors arrête de croire que tu sais tout sur moi ! Tu es juste impossible comme fille ! »

Les derniers mots de Squall se bloquèrent dans sa gorge lorsque la jeune fille l'attrapa par le col. Il se demanda si elle allait essayer de le frapper mais elle se contenta de fermer brièvement les yeux pour se calmer et le relâcha presque immédiatement. Un éclair de douleur passa dans le regard vert et elle se détourna, boudeuse. Étonnamment, l'éclat de Seifer avait rasséréné Squall, qui se sentit beaucoup plus calme que quelques minutes auparavant. Et la jeune fille aussi semblait moins en colère.

« Tu es vraiment un imbécile, Squally-boy, tu sais ? » Mais la voix de Seifer n'était plus chargée d'animosité, plutôt emprunte d'une certaine lassitude. Tacitement, une trêve était demandée.

« Et toi, t'es vraiment lourde, lui répondit Squall sur le même ton, acceptant la trêve.
- 'Tain, fait chier quand même les idées débiles des autres, soupira la jeune fille en s'asseyant. Ils veulent qu'on discute ensemble alors qu'on finit toujours par s'engueuler. Je me demande bien pourquoi on le fait, d'ailleurs.
- Je ne sais pas, répondit son voisin en s'asseyant à son tour.
- Je ne m'attendais pas spécialement à ce que tu répondes à la question, squally-boy, » ne put s'empêcher de ricaner Seifer.

Les deux jeunes gens étaient trop épuisés par tous les événements de la journée et cette brève dispute pour pouvoir s'énerver à nouveau. Ils étaient émotionnellement vidés, pour une des premières fois de leurs existences. Et pouvaient enfin se parler en laissant leurs orgueils de côté.

« Cid m'a dit qu'il était désolé, lâcha soudain Squall.
- Rien à battre, répondit sèchement Seifer.
- Tu comptes faire la tête encore longtemps ?
- Ouais... » Un sourire tordu. « Ça me tente bien de faire la gueule au vieux pour le reste de sa vie.
- Tu pourrais...
- Quoi ? Pardonner ? » Elle tourna la tête pour dévisager le garçon à côté d'elle. « Comme si j'allais vraiment le faire. J'en ai aucune envie. Tu pardonnerais, à ma place ? » Squall évita son regard et Seifer eut un reniflement dédaigneux. « Tu vois ? C'est quoi déjà le truc dont ils nous bassinent, les croyants d'Hyne ? Si on te frappe sur la joue droite, tends la gauche ? Ouais, c'est ça, bande de crétins. Moi, je ne pardonne pas.
- Les choses seraient pourtant plus simples si les gens pardonnaient plus.
- Leonheart, ce n'est pas de pardon dont manquent les gens ! S'il y a des guerres, c'est dû à la nature même de l'homme. L'âme humaine n'est pas belle. Il y aura toujours des gens pour vouloir plus que ce qu'ils ont, qu'ils méritent, des gens dévorés par l'envie, la jalousie et la bêtise... Il y aura toujours des fous avides de pouvoir. C'est ça qui engendre la haine et la violence. Et pas toutes ces niaiseries dont on parle. L'être humain n'est pas franchement beau, Leonheart, et je doute qu'il le soit un jour. »

Squall baissa la tête et médita sur les dernières paroles de la jeune fille. Il pouvait voir sa colère mais ne comprenait pas d'où elle venait. Il sentait que s'il tentait d'insister, Seifer se fermerait et partirait. Il ne dit rien et attendit qu'elle reprenne la parole.

« Fais chier ! Bon, c'est pas que ça me chante vraiment mais on était censé parler de toi et de tes états d'âme, fit-elle en levant les yeux au ciel. Tes états d'âme, rien que ça !
- On est censé ? releva le brun.
- Ouais, ouais, les autres m'ont piqué Hypérion pour me forcer. Mais quelle idée débile ! Quistis ou Linoa auraient été bien mieux pour te psychanalyser !
- Ils t'ont pris ta gunblade et ils sont toujours en vie ? s'étonna Squall d'un ton incrédule.
- J'allais pas tous leur cogner dessus. Je suis pas une brute à ce point, merci !
- Et ils voulaient qu'on discute tous les deux ensembles ?
- Je t'ai déjà dit que c'était une idée débile, non ? lui fit remarquer Seifer. Bon, on va dire qu'on a discuté et tout et tout, histoire de pouvoir aller dormir. » La jeune fille se leva et s'étira. « Bon, je vais me pieuter et tu diras aux autres quand tu les croiseras que j'ai bien exécuté ma mission.
- Tu n'es pas censée me faire parler ?
- Je vois pas pourquoi je devrais faire comme les autres et te bassiner avec le fait que tu dois plus parler aux gens. T'as toujours été comme ça, répondit-elle en haussant les épaules. Je vois pas pourquoi ça devrait changer parce qu'une bande de crétins l'a décidé. Sur ce, salut. »

Squall regarda la jeune fille s'éloigner et se leva à son tour. Il ne savait pas pourquoi mais il voulait mettre un point au clair avec elle.

« Je n'ai jamais demandé à être nommé à ce poste !
- Je sais, répliqua la blonde sans se retourner. C'est la seule raison pour laquelle je te fais pas la gueule.
- Cid voulait que tu m'aides à ce poste.
- Là, c'est beaucoup me demander, Puberty boy. Faut pas plaisanter non plus... Enfin, je réfléchirai. »

Le brun entendit le bruit d'un briquet qu'on actionne et une légère raie de fumée apparut dans les airs. Squall regarda le dos de Seifer s'éloigner mais avant de disparaître de sa vue, la jeune fille lui fit un geste de salut, d'une main qui tenait une cigarette. Il hocha la tête. Seifer accepterait de l'aider quand il en aurait besoin.


Mouais... Je voulais absolument avoir une discussion pacifique entre ces deux-là... Ça fait quand même bizarre mais ils ne peuvent pas passer toute la fic à se disputer, il faut aussi qu'ils se parlent. (_)

Rah, j'ai un goût bizarre sur la fin mais j'arrive pas à trouver mieux.

... Oh, et, réflexion personnelle, mais ce passage avec le concert et tout et tout est un des moments du jeu que je déteste le plus au monde ! Sérieux, mais qu'est-ce que c'est chiant comme passage ! (_)

Reviews ?
(gare au parapluie vert pomme, les amis !)