Voilà une fic d'Orgueil et Préjugés croisée légèrement avec ma vie...Ma deuxième fic (la première ayant été abandonnée, je considère que c'est celle-ci la première XD) sur ce site. Je ne suis pas très douée, veuillez m'excuser et être indulgents s'il vous plaît.

Quand je dis "croisée légèrement avec ma vie" c'est parce que j'ai décidé d'écrire cette fic d'Orgueil et Préjugés quand je suis tombée amoureuse d'un garçon qui ressemble pas mal à Darcy au niveau caractère. Malheureusement ce n'est qu'une histoire et la réalité est bien différente...Voilà pourquoi j'ai voulu écrire mon histoire telle que je la voudrais =p.

L'histoire est de Jane Austen mais les personnages sont empruntés à la réalité (mais je ne dirais pas qui est qui niark niark niark). Ca se passe à notre époque (quoique j'adooooore les robes du XIXè siècle !!!)


Prologue

On m'avait souvent dit que la haine était proche de l'amour. Trop proche. Il n'y avait qu'un pas entre les deux. Mais je n'y croyais pas, ou plutôt, je faisais semblant de ne pas y croire. Pour moi, ça ne pouvait pas aller ensemble : détester quelqu'un c'était souhaiter ne plus voir cette personne alors qu'aimer c'était au contraire désirer la voir plus que tout.

Hélas je dus admettre que j'avais tort quand ce jour là il entra dans ma vie…

***

Je suis Maria. Maria Bennet, c'est moi. Deux phrases qui reviennent à dire la même chose.

Je suis assez grande, mince, plate, mes cheveux ne sont ni noirs ni bruns, mes yeux marrons chocolat. En bref, je suis banale.

Depuis mon entrée au collège, je n'ai pas eu énormément d'amis. Mais les vrais amis se comptent sur les doigts d'une main. Soit. A vrai dire je n'ai que deux vraies amies : Musa et Clarissa. La première est comme ma sœur, on partage tout, on se dit tout, et j'en passe. La seconde est en quelque sorte mon « ange gardien », qui me connaît mieux que personne. Sans elles, j'imagine que ma vie serait bien triste.

Je n'ai jamais été populaire. Certes je peux avouer, sans me vanter, que je suis une bonne élève que les autres s'amusent à critiquer et que d'autres – mais très peu – admirent. Grand bien leur fasse. Je ne suis ni une surdouée ni une « intello », c'est juste que j'aime apprendre et comprendre les choses.

Ma vie n'est pas passionnante, je vous l'accorde. Elle est même plutôt ennuyante. Que voulez-vous ? Je ne suis pas de celles qui mènent la « vida loca » et qui obtiennent ce qu'elles veulent en claquant des doigts.

Je suis normale, j'aime ma famille, mes amis et ce que je fais. Que dire de plus ?


Cette année, quelques mois après la rentrée, un élève du lycée avait organisé une fête chez lui. Autant dire que la nouvelle avait vite fait le tour de l'établissement et que tout le monde était très excité à l'idée d'y aller, d'autant plus que c'était un élève très populaire. Cédric Binglay, l'un – ou le – des plus beaux garçons du lycée.

Grand, blond, aux yeux bleus et bien sûr ressemblant à un ange tombé du ciel. Bref, le stéréotype du tombeur que toutes les filles hystériques s'arrachent. Tout le monde le connaissait et voulait faire partie de son entourage, les filles pour avoir une chance de sortir avec lui, les garçons pour avoir au moins moitié autant de succès que lui. Que d'objectifs fantaisistes.

D'accord, il était beau. D'accord, il était riche. D'ACCORD il était populaire. Mais à part ça, c'était un élève comme les autres, un humain fait de chair et d'os comme tout le monde. Inutile de baver à chacun de ses mouvements.

Musa, Clarissa et moi avions aussi été conviées, à notre grande surprise. Mes amies s'étaient empressées de faire les boutiques, de manière à porter une tenue « présentable » et à se faire remarquer au moins un minimum. Pour ma part, ça m'était égal. L'apparence était peut être importante, mais l'intérieur l'était d'avantage. Bon j'arrête de philosopher, l'apparence comptait quand même un peu dans notre monde de fous.

Le jour J je sortis une ancienne robe de soirée que m'avait offerte ma tante. Rose clair, avec des rubans sombres et une coupe très élégante. Inutile de dépenser de l'argent quand on avait juste ce qu'il fallait.

Musa et Clarissa, quant à elles, étaient resplendissantes dans leurs robes vert turquoise et bleue. Un instant – très court néanmoins – je me demandai si je n'allais pas faire tache à côté d'elles.

Lorsque nous arrivâmes chez Cédric, la fête battait déjà son plein. En premier lieu nous restâmes bouches bée devant la grandeur et la modernité de la maison. Difficile de la décrire tant elle était jolie et originale. En second lieu, nous nous étonnâmes du nombre de personnes qu'elle pouvait contenir. Plusieurs centaines évoluaient sur la gigantesque piste de danse, au milieu du salon, une petite cinquantaine nageait dans la piscine, dans le jardin, et encore une centaine se servait à la table des apéritifs.

Bien sûr, Cédric était le centre de toutes les attentions et parlait avec plusieurs personnes en même temps – sur des sujets complètement différents, à priori.

Je remarquai qu'il était en compagnie de sa sœur, Camille Binglay - tout aussi populaire, admirée, convoitée mais bien plus hautaine que son frère - et d'un autre garçon que je ne distinguai pas très bien, et pour cause : il restait tout le temps dans le noir ou derrière Cédric.

Musa nous abandonna assez vite pour aller danser. La danse, pour elle était comme une seconde vie, elle ne résistait jamais à son appel. J'échangeai un sourire narquois avec Clarissa en voyant qu'elle se faisait déjà draguer par deux jeunes hommes beaucoup plus âgés qu'elle.

Musa était très belle, mais très timide. Souvent des garçons lui proposaient des rendez-vous, mais chaque fois elle refusait. Clarissa et moi étions d'accord sur ce point : A ce rythme là, le seul garçon qu'elle accepterait serait aussi timide qu'elle, si bien qu'ils ne pourraient jamais prendre de décision concernant leur couple.

Après que la salle fut remplie et que nous ayons du mal à nous déplacer, Cédric Binglay se décida à faire un discours. Il monta sur la scène, sa sœur et son ami derrière lui. Celui-ci m'intrigua. Alors que Cédric commençait à remercier les invités d'être présents, je chuchotais à Clarissa :

- Qui est ce garçon habillé en couleurs sombres derrière Binglay ?

- C'est Will Narcy, me répondit Clarissa. Son meilleur ami, il me semble.

- Jamais entendu parler.

- Bizarre, il est assez populaire pourtant. Mais il paraît qu'il est introverti, donc j'imagine qu'il ne doit pas trop faire parler de lui.

- Il a l'air de s'ennuyer, constatai-je. Et il regarde les gens bizarrement…

Tu m'étonnes ! Ricana Clarissa.

Je me dévissai le cou pour essayer de mieux l'apercevoir.

Il était grand, ses cheveux étaient noir de jais et s'accordaient parfaitement avec la couleur de ses yeux, sombres, presque noir d'encre que son teint pâle mettait en valeur. Son visage était beau, ses traits réguliers, ses lèvres bien pleines et son nez droit, rectiligne. Il était aussi –pour ne pas dire plus – beau que Cédric Binglay et entouré du même halo de puissantes phéromones qui poussait les filles à baver à chacun de ses gestes. Pourtant, il ne semblait pas aussi amical. Son allure, sa démarche, son air assuré et le regard froid qu'il accordait aux autres me firent immédiatement comprendre que c'était quelqu'un de fier, imbu de sa personne.

Je me rendis compte, après une dizaine de minutes passées à l'observer, que Cédric Binglay avait fini de parler, et qu'il avait tourné son regard glacial vers là où je me trouvais avec Clarissa. Je m'empressai de détourner les yeux, rouge d'embarras à l'idée qu'il m'ait surprise en train de le dévisager.

Oh il devait avoir l'habitude des filles qui restaient éblouies devant son physique très avantageux.

La musique reprit, et l'on recommença à danser. Musa nous avait rejointes, les joues rosies par l'effort. Elle prit le verre de soda que je lui tendais et le bu d'un trait.

- C'est vrai qu'il est pas mal, commenta-t-elle. Cédric Binglay.

Clarissa et moi lui lançâmes un regard chargé de sous-entendus.

- Vous n'êtes pas de mon avis ?

- Si si, la rassura Clarissa, non sans cacher son sourire mi-amusé mi-agacé. Mais il y a mieux.

Musa hocha la tête et repartit.

- Elle trouve qu'il est « pas mal » , fit mon amie en soupirant. J'espère qu'elle ne va pas se mettre à lui courir après comme les autres.

- Elle n'a pas beaucoup de chances avec lui, la rassurai-je. On parle quand même de Cédric Binglay. Elle pense juste qu'il est « pas mal ». Pas de quoi s'alarmer.

Clarissa haussa les épaules en guise de réponse.

Vers le milieu de la soirée, Musa revint vers nous. Elle avait mal aux pieds à force de danser et s'assit quelques instants.

- Vous avez vu Will Narcy ? Nous demanda-t-elle. Il me fait un peu peur, à moi.

- Je trouve au contraire qu'il a l'air misérable, lui répondis-je. Le pauvre malheureux.

- Malheureux peut être, mais pauvre certainement pas. Il paraît qu'il est deux fois plus riche que Cédric Binglay, et que sa maison est encore plus grande que celle-ci.

- Alors ce doit être un véritable château.

- Il me semble que c'est le cas.

Je levai les yeux au ciel.

- Il n'a dansé qu'une fois avec Camille Binglay, et j'ai des raisons de penser qu'elle en pince pour lui.

Devrais-je dire « le » ou « la » pauvre ? Ils allaient très bien ensemble : même prétention, même froideur dans le regard, le couple parfait.

Musa se leva et s'apprêta à se fondre dans la foule.

Si elle était restée assise, ne serait-ce que dix secondes de plus, Cédric Binglay serait passé avec son verre de Portello sans problème. Si Cédric Binglay avait choisi de l'eau à la place de la limonade à la grenadine, la robe de Musa aurait été mouillée mais pas tachée. Si Musa n'avait pas paru l'air aussi fébrile, je ne me serais pas précipitée à son secours. Si je ne lui avais pas proposé d'échanger nous robes, elle aurait quitté la fête en pleurant. Si elle avait quitté la fête en pleurant, elle n'aurait pas tapé dans l'œil de Cédric. Si ma robe ne lui allait pas aussi bien, Binglay ne lui aurait pas demandé de lui pardonner. Si Cédric Binglay n'avait pas imploré son pardon, elle ne serait pas en train de danser avec lui.

Si rien de tout cela n'était arrivé, ni l'un ni l'autre n'aurait eu de coup de foudre. Il suffit parfois d'une toute petite chose pour que tout change.

Clarissa me tendit son écharpe pour que je la noue autour de ma taille, là où la robe avait été tachée.

- Ta générosité te perdra, souffla-t-elle. Par contre Musa a gagné le gros lot. Il n'arrête pas de la contempler avec un petit air attendri qui me donne envie de vomir. Elle te doit une fière chandelle !

- Elle avait l'air désespéré, je n'allais tout de même pas la laisser pleurer toutes les larmes de son corps. Elle déteste avoir honte, surtout devant un « pas mal ». Tu me comprends?

- Je comprend surtout que le prince a trouvé sa princesse…

Cédric Binglay dansa tout le reste de la soirée avec Musa. La popularité de celle-ci grimpa en flèche du côté des garçons, tandis que les filles la toisaient jalousement.

A la fin, alors que les invités s'en allaient à tour de rôle, Cédric relâcha notre amie pour rejoindre Will Narcy, qui était adossé au mur, l'air blasé. Camille Binglay s'empressa d'aller complimenter Musa sur sa robe – si elle savait qu'elle appartenait à ma grand mère ! – de lui demander où elle avait appris à danser aussi bien et tout un tas de renseignements sur ses fréquentations , comme un mère protectrice.

Sans doute Cédric Binglay ne remarqua pas que j'étais assise à quelques mètres d'eux, et que je t'entendais par conséquent tout ce qu'ils se disaient.

- Will, soupira-t-il. T'as pas bougé de la soirée, c'est le moment ! Il y a encore quelques jolies filles, profites-en !

- La seule que je peux qualifier de jolie est celle avec laquelle tu as dansé toute la soirée.

Sa voix avait des accents mélodieux, bien que son ton soit sec et agacé.

- C'est vrai qu'elle est sacrément jolie, approuva Cédric. Sa copine aussi est pas mal. Elle lui a même proposé d'échanger leurs robes. C'est sympa de sa part.

Narcy eut un rictus dédaigneux. Je tendis un peu plus l'oreille.

- Elle n'a aucune classe, trancha-t-il. Et elle n'est pas assez jolie pour m'intéresser.

Ses mots me transpercèrent comme des poignards : j'aurais mieux fait de ne pas écouter. Clarissa remarqua que j'étais tendue.

- Maria ? Ca va ?

- Oui, soufflai-je afin de la rassurer. Ca va.

Elle n'eut pas l'air convaincu. Elle se leva pour aller prévenir Musa que nous allions partir, me laissant seule, perdue dans les pensées peu amicales que Will Narcy m'inspirait.

Ce type-là était incroyable. Comment pouvait-il se permettre de juger les gens sans les connaître vraiment ? Sans compter l'air supérieur qu'il arborait en permanence.

Clarissa revint, à mon grand soulagement, en compagnie de Musa. Celle-ci nous pria de la laisser au moins dire au revoir à Cédric. Nous attendîmes encore vingt minutes qu'elle finisse sa discussion.

Notre couvre-feu expirait aux environs de minuit et demi, aussi nous dûmes marcher assez vite pour ne pas subir les foudres de mes parents. La soirée nous avait épuisées plus que nus le croyions car nous nous endormîmes à peine après avoir posé la tête sur nos oreillers. Cette nuit là, je rêvai que je renversai un bol de Portello sur la tête de Will Narcy. Et vous savez quoi ? Ca me fit beaucoup de bien.