- Emilie, il est temps de partir ! Hurla

Sarah, c'était comme l'une de mes grandes sœurs lorsque je n'étais pas en Australie. Elle était aussi mon agent, celle qui s'occupée de tous mes contrats avec des producteurs, des photographes...

Je ne sais pas si j'aurais tenu loin de ma famille aussi longtemps sans elle.

Aujourd'hui était mon premier jour à New York, j'y étais déjà venue pour un film. Ce matin, c'était tournage après un week-end libre. Le décalage horaire entre la France, j'y étais allée pour voir l'une de mes sœurs qui y avait déménagé, et l'Amérique, dépassait les huit heures. J'étais, pour ainsi dire, totalement épuisé.

- Oh, Milie ! On a du boulot aujourd'hui je te rappel !

- Tu n'es jamais fatiguée au point de vouloir dormir tranquille ? Ironisai-je.

- Allez ! Ne fait pas ta chochotte !

- Une heure ?

- Même pas en rêve !

- Trente minutes ?

- Tu as vingt minutes, Emilie.

- Ferme la porte en sortant, souri-je.

Elle me fixa, est s'en alla, rabattant la porte de ma chambre d'hôtel au passage.

Malheureusement, mal chanceuse comme je suis, dès que j'eus fermé les yeux, mon portable ce mit à sonner.

Je jurai, posai ma main sur la commode à côté de mon lit, et attrapai le petit engin.

- Hello ? Dis-je.

- Mademoiselle De Ravin ?

- En personne. Que puis-je pour vous ?

- Je suis Allen Coulter.

- Pardon, vous dites ?

Il rigola.

- Voilà, je suis réalisateur, et j'aimerai que vous passiez une audition pour mon prochain film.

- Pouvez-vous m'envoyer le script ?

- C'est déjà fait. Votre agent a dû le recevoir. Les auditions commencent demain, j'espère sincèrement vous y voir.

- Je lirais le scénario aujourd'hui dans ce cas, je vous ferais par de ma décision demain.

- Très bien. Merci de votre écoute.

- Merci à vous pour me proposer un rôle dans l'un de vos films.

Je raccrochai, me décidant enfin à me lever de mon lit. J'avançai vers la salle de bain, me plaçant devant le miroir. J'avais une tête à faire peur.

Je grimaçai, repartant dans la chambre afin de prendre quelques vêtements, et je filai sous la douche.

L'eau chaude détendit mes muscles, et déjà, je me sentais réveillée, ce qui n'était pas franchement tout le temps le cas.

Je fermais les yeux, pensant à cette journée, à la danse, le cinéma... Souvent, il m'arrivait de laisser mon esprit divaguer, le temps d'un bain.

TOC TOC TOC

- Emilie !

- Quoi ?

- Le script est sur ton lit, quand tu auras fini, rejoint moi à la réception.

Je murmurai un vague 'oui', et terminai ma douche en toute tranquillité.

Sortant en peignoir de la salle de bain, j'enfilai un jean clair, une paire de spartiates marron qui s'accordaient parfaitement avec mon tee-shirt large beige. Je mis tout ce dont j'avais besoin dans mon sac, c'est à dire portable, agenda, mouchoir, cigarette (j'y étais accro, malgré mon envie d'arrêter), scénario du film que j'étais actuellement en train de tourner plus celui que je devais lire... et le plus important ! Mon Ipod, sans lui je ne pouvais pas survivre.

Je pris la carte de la chambre, fermai la porte, passai la carte dans la bande magnétique et le mini-appartement de l'hôtel se verrouilla.

J'allai dans l'ascenseur, appuyant sur le bouton '1'.

- Attendez ! Bloquez les portes !

Je vérifiai devant moi, apercevant un homme.

Ma main enclencha directement le bouton d'arrêt de l'ascenseur.

L'homme sourit, rentra, et l'engin se remit en route.

- Merci.

Je me tournai vers lui.

- Pas de quoi.

Il voulut parler, sachant que le mini-trajet durerai au moins cinq minutes, tout au plus, vu que nous étions au dernier étage, le 150ème, mon portable ne lui laissa cependant pas le temps de le faire.

- Hello ? Fis-je.

- Emilie ?

- Oui ?

- Tu es encore dans la chambre ?

- Non. J'arrive.

- Très bien. J'aimerais te parler du script, tu sais, celui dont le réalisateur t'a parlé ?

- Comment es-tu au courant de ça ?

- Peu importe. J'ai déjà dit que tu viendrais demain au casting.

- Et je suppose que je n'ai pas mon mot à dire ? M'énervai-je. J'étais censé terminé aujourd'hui Sarah ! Je vais encore devoir retarder mon arrivée chez mes parents !

- Tu voulais être actrice, non ?

- Bien sur, quelle question !

- Alors cesse de geindre !

Elle raccrocha.

Sarah pouvait vraiment être énervante des fois ! Je n'aimais pas recevoir des autres, encore moins d'une amie.

Cela faisait maintenant deux ans que je n'avais pas revu ma famille, en dehors du week-end que je venais de passer avec ma sœur.

J'en venais toujours à leur dire que j'avais trop de travaille, ce qui les inquiétais.

Je m'adossai sur une des parois de l'ascenseur et soufflai un bon coup, levant la tête vers le plafond.

- Tout va bien ? Demanda l'homme à côté de moi.

Zut ! J'avais complètement oublié qu'il était là.

- Oui.

Il sourit.

- Le travail ? Questionna-t-il.

- J'ai l'impression que ça ne finira jamais.

- Hum, je connais ça. Quelle est votre profession ?

Mentir ? Dire la vérité ?

Et si c'était un paparazzi ?

- Je...heum...je suis danseuse..

C'était sorti comme ça, tout seul. Je lui avais avoué une passion que je croyais avoir moi-même oublié depuis que j'étais actrice.

- Professionnelle ?

- On peut dire ça comme ça...

Je n'allais tout de même pas tout lui raconter.

- Et vous ? Interrogeai-je.

Il se renfrogna, regardant ailleurs, comme si je n'avais pas posé la question.

Je rigolai à son manque de tact, à l'instant ou l'ascenseur s'arrêta.

Les portes s'ouvrirent, et je m'engouffrai dehors, respirant déjà l'air frai.

- A bientôt, fit l'homme.

- A bientôt.

- Ah ! Mademoiselle De Ravin ! Cria l'homme de la réception.

Je courrais vers lui.

- Ou est Madame Smallwood ?

- Elle m'a prié de vous donner un message. Elle a dû partir d'urgence après un appel d'un producteur, il me semble. Elle vous prit d'aller sur le lieu de votre tournage actuel, en compagnie d'un garde du corps, au cas ou.

- Très bien. A-t-elle donné une raison quant à son départ ?

- Non, Mademoiselle.

- Merci à vous John.

Je commençai à partir, mais me retourné au dernier moment.

- Oh, John ?

- Oui ?

- Pourriez-vous m'appeler Emilie. J'ai l'impression d'être terriblement impolie en vous appelant John.

Il rigola.

- Aucun problème Emilie, bonne journée.

- A vous aussi.

Je sortis de l'hôtel, demandant le voiturier.

Une fois qu'il fut venu, il m'apporta ma voiture de location, une BMW.

Je le remerciai d'un hochement de tête et partis sur le tournage de Public Ennemies.

Je garai la voiture, partant vers ma loge ou Marion m'attendait.

J'adorais cette actrice. Elle avait beaucoup de talent et un sacré courage pour arrivait à faire des films français et américains.

- Emilie ! Salua-t-elle.

- Marion, comment vas-tu ?

- Je déteste le décalage horaire. Et toi ? Comment va ta sœur ?

- Super ! Sa fille est absolument magnifique !

- Je t'imagine déjà, la trentaine, un petit garçon dans les bras..

- Oh ! La coupai-je. Tu brûles les étapes, je n'en suis même pas encore au stage du 'big love'. Je n'ai que 20 ans tout de même !

Elle rigola de bon cœur.

- Marion, Emilie, vous êtes attendus sur le plateau, on filme dans cinq minutes, annonça Christian, l'un des acteurs qui jouait avec nous.

- On arrive !

Il partit.

Marion et moi sortîmes de la loge, marchant vers le lieu du tournage.

- Alors, des nouveaux films en vue ? Demanda-t-elle.

- Je viens de recevoir une offre, mais je n'ai pas encore eu le temps de lire le scénario. J'attend de voir si il me plaît. Et puis de toute façon, je n'ai pas le choix, Sarah a déjà promis que je serais présente pour le casting demain.

- Tu ne devais pas rentrer en Australie chez tes parents ?

- Si. Mais que veux-tu, c'est le métier d'acteur !

- Tu sais ce qu'on dit, au gros problème, solution radical !

- Traduction ?

- Sabote ton audition.

J'explosai de rire devant la grimace qu'elle me fit.

- Merci.

- A ton service, jeune fille.

Nous nous mîmes au travail.

Durant les reprises, les coupures et les pauses, je prenais le script qu'Allen m'avait envoyé et je lisais.

Au fil des différentes scènes, je ne pouvais quasiment plus me décrocher de cette histoire.

Bon, j'avoue, ce n'était pas vraiment le style de film très réaliste, mais plutôt fictive.

Une histoire d'amour qui commence grâce à un conflit, une vérité sans doute terriblement horrible, une fin un peu désastreuse...

C'était décidé, je passerais ce casting.