CHAPITRE 1

J'étais assis dans la cafétéria de l'école avec mes frères et sœurs et tout ce à quoi je pouvais penser, pour la millième fois aujourd'hui était « Dieu, comme je hais le lycée ». C'était vraiment le purgatoire que d'être ici, jour après jour, écoutant interminablement des profs dégoiser des sujets sur lesquels j'étais bien plus avancé que ce qu'ils pourraient jamais croire.

Jusqu'à ce que nous déménagions ici, cela faisait deux ans, nous avions tous suivi des cours avancés. Mais quand vos parents payaient des sommes extravagantes pour vos frais de scolarité, vous seriez surpris de voir les exceptions que ce genre d'école était capable de faire. Quand ma mère décida qu'elle voulait vivre dans une petite ville et que mon père sentit que ce serait une bonne chose pour lui de dédier ses exceptionnels talents médicaux à un hôpital rustique, nous avons été entraînés ici, dans le plus misérable, nuageux et humide endroit de la Terre : Forks, Washington. Je doute que mes parents réalisent à quel point il était douloureux pour nous de vivre ici. Et pour quelqu'un comme moi, qui me liait rarement avec d'autres personnes, c'était vraiment atroce d'être environné chaque jour par les enfants ordinaires que cette petite ville abritait.

Mes frères et sœurs et moi-même étions tellement différents : si beaux, si intelligents, si sophistiqués et, plus impardonnable encore, si riches. De plus, les locaux semblaient un peu trop obsédés par le fait que mes quatre frères et sœurs adoptés étaient également en couples romantiquement engagés. S'ils avaient pris la peine de demander, j'aurais pu leur dire que Jasper et Emmett, que je considérais comme mes vrais frères, étaient des ajouts relativement récents à la famille et n'avaient pas grandi avec mes sœurs et moi-même.

Mais ils s'en foutaient de demander, et moi, j'en avais assurément rien à foutre de leur en apprendre à ce sujet. Une raison de plus pour qu'ils me foutent la paix, c'était ce qu'il y avait de mieux pour moi.

Ça avait été déjà assez chiant lorsque nous étions venus nous installer ici de subir toutes ces filles de l'école qui s'étaient littéralement jetées sur moi. Ça ne les dérangeait pas de ne rien connaître de moi ; j'aurais tout aussi bien pu être un assassin pervers, pour ce qu'elles en avaient à faire. Leur attirance était uniquement basée sur mon apparence : mes cheveux de « bronze », mes yeux perçants couleur émeraude. J'avais surpris un paquet de commentaires à mon sujet, ces jours-là, comme quoi j'étais mignon, grand et bien bâti. Je n'avais jamais considéré mon apparence comme étant exceptionnelle, parce que généralement, j'étais entouré de ma famille dont chaque membre était également très beau. Mais apparemment, nous causions une certaine agitation à Forks High. Et comme j'étais le seul Cullen « célibataire » libre, j'étais le centre d'attention de la plupart des filles. Cela m'avait pris approximativement deux semaines avant de réussir à dissuader les plus insistantes d'entre elles. Ce n'était pas facile pour moi. J'avais été élevé pour être un garçon poli, pour devenir un gentleman. Finalement, les regards froids et les réponses coupantes finirent par transmettre le message. Cependant, de temps en temps, je crois que je percevais toujours des coups d'œil inappropriés et ardents sur certains visages.

J'en déduisis que la plupart des membres du corps étudiant en conclut promptement que j'étais gay. Ils n'étaient pas les seuls ; je croyais fermement que ma famille avait conjecturé parfois que je pourrais l'être. Mais puisque je ne montrais aucun intérêt pour personne, fille ou garçon, je finis par être simplement connu pour être une sorte de solitaire effrayant ou un gosse de riche imbu de lui-même. Le fait est que, les gens de mon âge ne m'intéressait tout simplement pas, fille ou garçon.

Ils n'avaient tout simplement aucun attrait pour moi, n'étaient pas assez matures pour captiver mon attention. En revanche, je travaillais dur pour évoluer constamment et m'améliorer moi-même. J'aimais lire et apprendre des choses sur la littérature, l'art, les films, la musique, les sciences et l'histoire, à peu près tous les sujets. Je lisais beaucoup et aimais voyager. C'était juste extrêmement difficile pour moi de me lier avec un quelconque adolescent, encore moins aux adolescents de cette petite ville.

Cela dit, ce n'était pas comme si je n'avais jamais trouvé une fille attirante, ça arrivait de temps à autre. J'avais même ressenti un certain degré de... stimulation, à l'occasion. C'était juste que la première fois qu'elle ouvrait la bouche et qu'une ineptie s'en déversait, je ne pouvais pas le supporter. A cet instant précis, quelle qu'ait été l'attirance que j'aie pu éprouver initialement, elle disparaissait instantanément, et je me demandais alors qu'est-ce qui avait bien pu attirer mon attention au départ.

Ce n'est pas que je voulais réagir comme ça. J'avais pensé un nombre incalculable de fois que ça serait bien plus facile pour moi si j'étais « normal » : si je pouvais seulement sortir avec une fille et l'allonger, comme l'exprimait de façon si pittoresque Emmett. Mais je savais que si, par une quelconque circonstance, je me retrouvais soudain au lit avec une fille superbe, mais d'autre part, stupide, qui avait tous les attributs physiques communément désirés par un homme, je ne serais pas capable d'être performant. Donc, peut-être qu'il y avait un truc qui cloche chez moi, quelque chose qui manquait à ma constitution intrinsèque.

Ma sœur Alice, probablement mon amie la plus proche, choisit cet instant pour interrompre mes réflexions.

« Edward, as-tu entendu parler de la nouvelle élève, Isabella Swan ? »

Ah oui, le dernier sujet de ragots à Forks High, la fille du Chef de la Police qui venait juste d'arriver pour vivre avec lui.

« Comment aurais-je pu l'éviter ? » Répondis-je avec cynisme ; une autre fleur venant s'épanouir en rejoignant le corps estudiantin – comme c'est merveilleux.

« Elle est dans mon cours d'anglais, souligna Alice, et elle a l'air vraiment, vraiment très timide. Elle est jolie, pourtant. Elle se surnomme Bella. »

Je pouvais seulement espérer qu'elle ne serait pas une de ces filles de plus que j'aurais à décourager, mais enfin, ce n'était pas comme si nous devions avoir un cours ensemble.

« Elle est assise par là-bas » dit Alice en désignant de la tête l'autre côté de la cafétéria. « Oh, mon Dieu, elle est à la table de Jessica Stanley. Pauvre Bella ! »

Par réflexe, mes yeux se tournèrent dans la direction que m'indiquait Alice. Mais Bella était trop éloignée dans la pièce pour que je puisse vraiment bien la voir. J'étais cependant d'accord avec Alice, elle avait l'air d'être jolie. Mais la distance ne m'autorisait pas vraiment à avoir autre chose qu'une vague impression. Je comprenais l'expression de pitié d'Alice également. Jessica était de loin la tête la plus vide, la moins sympathique de tout le lycée. Si Bella Swan était contente de sa compagnie, je ne trouverai certainement aucun intérêt à cette fille. Pas que j'en ai eu, de toute manière.

Le déjeuner étant terminé, nous allâmes donc déposer nos plateaux et prîmes le chemin de nos classes respectives. Je m'installai au bureau, que, grand merci, je n'étais pas obligé de partager avec quiconque, et me préparai à affronter un nouveau round ennuyeux de biologie. Ce cours m'irritait vraiment, car mes propres études étaient beaucoup plus avancées que ce qui nous était enseigné et m'ennuyais ferme dans cette classe.

Un instant plus tard, je remarquai une silhouette féminine qui passait devant les allées à l'avant la salle. Je ricanai silencieusement quand elle se prit le pied dans quelque chose et perdit son équilibre. Mais mon amusement mourut aussitôt que mon regard se posa sur son corps. Alors qu'elle approchait du bureau du professeur et commençait à parler doucement à Mr Banner, mes yeux balayèrent ses formes. Elle portait une paire de jeans étroits et taille basse et un t-shirt ajusté qui, quelque part, la rendaient très féminine. Elle était mince, mais avait des courbes exactement aux bons endroits. Mr Banner désigna la chaise à côté de moi et la fille regarda dans ma direction. Je ressentis le besoin aigu de retenir mon souffle. C'était Bella Swan et elle était beaucoup plus que jolie. Elle était belle, exquise. Elle avait des longs cheveux bruns foncés épais et somptueux. Ses yeux étaient d'un brun profond également, si grands et si expressifs que quelqu'un pourrait facilement s'y perdre. Elle avait un visage en forme de cœur et des lèvres pleines et roses. C'était comme si quelque chose me perçait la poitrine lorsque je la regardais.

Mon esprit capta tout cela en un instant et mon corps commença instantanément à réagir, au même moment. Pour la première fois de ma vie, je fus immédiatement et totalement excité en regardant tout simplement une femme. Je n'arrivais pas à le croire. C'était intolérable, inacceptable et hautement humiliant. Je ne pouvais vraiment pas ressentir cela. Mais j'étais là, assis dans cette salle de classe, me retrouvant soudainement affublé d'une furieuse érection. J'avançai ma chaise plus près du bureau terrorisé que quelqu'un puisse remarquer ce qui m'arrivait, mes mains agrippant convulsivement le bord de la table en bois. Apparemment, je fus incapable d'adoucir l'expression stupéfaite et horrifiée qui peignait mon visage avant que Bella ne vienne s'asseoir à côté de moi, parce que, quel que soient les mots de salutation polie qu'elle s'apprêtait à me dire, ils moururent sur ses lèvres et elle regarda rapidement ailleurs. Elle balança sa chevelure par-dessus son épaule vers l'avant, afin de s'en servir pour se cacher de moi. Elle a dû penser que j'étais dérangé mentalement. Et j'avais l'impression que c'était le cas.

Le regard d'appréhension dans ses yeux lorsqu'elle s'assit ajoutèrent un peu plus de feu à mon attirance pour elle. Elle se comportait avec un extraordinaire sens de la vulnérabilité. Cela enflamma une réponse primitive quoique indéfinissable au plus profond de moi. Son délicieux parfum m'appelait aussi, elle sentait les fraises écrasées. Ça intoxiquait mes sens. Le sang pulsa dans mes reins et je me mordis la lèvre pour m'empêcher de grogner trop fort. C'était ridicule ! Comment pouvait-elle avoir, cette rien du tout, cette femme-enfant, un tel effet sur moi ?

Je voulais éloigner ma chaise du bureau, de façon à ce que je puisse lui jeter un coup d'œil subrepticement, mais j'avais peur que cela expose mon... manque de contrôle. Il n'y avait pas moyen pour moi de pouvoir la détailler de manière satisfaisante en étant juste à côté d'elle ; cela serait beaucoup trop évident. Finalement, je pris un classeur et le positionnai stratégiquement sur mes cuisses, m'autorisant ainsi à cacher mon état tout en repoussant un peu mon siège du bureau. Je pouvais au moins me délecter de certaines parties de son anatomie sans que cela se remarque.

Ses cheveux noisette étaient longs, ils lui arrivaient presque jusqu'à la taille. Ils avaient l'air épais et soyeux et je crevais d'envie de les toucher, d'en saisir une poignée pour positionner sa tête juste pour... Ses doigts étaient délicats et je ne pus me retenir de penser à ce que je ressentirais si ils s'enroulaient autour d'une certaine partie de mon anatomie devenue incontrôlable. Je me mordis à nouveau la lèvre inférieure, presque jusqu'au sang, cette fois-ci. La peau de ses bras semblait pâle et douce et tellement féminine. Depuis mon point d'observation avantageux, je pouvais voir la courbe pleine d'un de ses seins, pousser contre le tissu de son t-shirt. Je fermai les yeux et visualisai le téton rose et sensible qui en ornait la pointe, ma langue le persuadant de gonfler pleinement dans ma bouche qui le flattait et l'adorait. Mes yeux descendirent vers sa taille fine et j'imaginai mes mains l'attirant contre moi, glissant vers son derrière parfait et la pressant contre mon érection. Il fallait que je me reprenne avant que ma respiration ne devienne laborieuse. Je jetai rapidement un coup d'œil tout autour de moi pour vérifier si personne n'avait remarqué mon embarras.

Maintenant que j'avais mémorisé tout ce que je pouvais voir d'elle, mon esprit s'engagea dans une voie plus sombre. Je me demandai combien de temps ça me prendrait pour amener Isabella Swan à se retrouver seule avec moi ? Pouvais-je utiliser mon regard de braise qui avait été si souvent dédaigneux, pour l'attirer à l'extérieur ? Ce n'était pas à un viol auquel je pensais, cela ne me plaisait pas du tout, de toute façon. Mais j'avais plutôt des pensées de … séduction, oui, de séduction, c'est ça, qui remplissait mon esprit. Je ne voulais pas la prendre contre sa volonté, mais bien plutôt la plier à ma volonté. Je me visualisai, tenant ses poignets au-dessus de sa tête dans une main, tandis que mon autre main et ma bouche engendraient des gémissements et des halètements de plaisir, son corps se tortillant sans défense sous le mien, toute raison et toute intelligence perdues dans la sensation. Je la remplirais totalement et elle hurlerait mon prénom dans la libération de son extase. Mon membre pulsa et je me trémoussai inconfortablement sur ma chaise.

Je me sentis soudainement comme un monstre. J'étais un grand malade. C'était la seule explication. J'étais tout bonnement et sans aucune raison apparente, devenu fou depuis les quarante-cinq dernières minutes. J'avais sans aucun doute besoin de me faire soigner. Comment avais-je pu devenir, d'une simple créature presque asexuée, un satyre délirant en un seul après-midi ? Le cours touchait à sa fin – merci mon Dieu. Je n'avais pas entendu un seul mot de ce qui s'y était dit. Pas que cela ait une importance quelconque. Il fallait que je sorte d'ici. Il fallait que je m'éloigne d'Isabella Swan. Elle repoussa ses cheveux par-dessus son épaule et son parfum somptueux me frappa à nouveau de plein fouet. Etait-elle en train de me provoquer ? Mon érection ramollie se redressa à nouveau de toute sa masse.

Je pense que mon grognement intérieur n'avait pas été entièrement silencieux cette fois-ci, car Bella lança un regard rapide vers moi. Je me mis à étudier mon carnet de notes comme si toute la signification de la vie m'avait soudain été révélée à l'instant. Finalement, la cloche sonna et je priai silencieusement. J'attendis une minute que tout le monde soit sorti, mais je devais tout de même continuer à garder mes livres devant moi lorsque je quittai la salle. J'étais au plus profond de la mortification.

Je ne pouvais pas faire face à une heure supplémentaire d'ennui. Je savais que si je devais encore passer une heure assis dans une classe assommante, mes fantasmes réapparaîtraient plein pot. J'étais encore tout endolori de là... en bas. Je ne pensais pas pouvoir en supporter plus. J'optai pour aller m'asseoir dans ma voiture jusqu'à la fin des cours, afin d'attendre mes frères et sœurs, tout en écoutant un peu de musique douce. Je pouvais toujours embobiner Mme Cope, l'administratrice de l'école, avec une excuse bidon pour mon absence. C'était les seuls moments où j'appréciais vraiment d'utiliser mes regards enjôleurs.

Je me promis de ne pas penser à Bella Swan et je ne le fis pas. Au lieu de ça, je pensais à ma réaction face à Bella Swan, ce qui n'était pas la même chose du tout. Par l'enfer, qu'est-ce qu'il y avait en cette femme – cette fille, en fait – qui m'avait tellement troublé ? Pour dire la vérité, j'avais déjà vu d'autres femmes au moins aussi jolies qu'elle, sans jamais avoir ce genre de réaction, sans jamais avoir aucune réaction, d'ailleurs. Alors comment se faisait-il que soudainement je me transforme en maniaque sexuel rien qu'en étant assis à côté d'elle pendant une heure ? Cela détruisait toute l'opinion que je m'étais faite de moi-même, jusque-là.

J'étais... déconcerté.

Je me forçais à me relaxer en écoutant les accords joués par l'orchestre sur le CD qui résonnait dans l'habitacle. Je tentais de repérer les nuances de la mélodie interprétée individuellement par chaque instrument. Je fus capable finalement de faire retomber la pression qui s'était installée en moi.

Je fus surpris lorsque les portières de la voiture s'ouvrirent. C'étaient seulement mes frères et sœurs. Les cours étaient finis pour la journée, Dieu merci. Ils ne semblèrent pas remarquer ma tension, mais furent étonnés lorsque je pris la route de l'hôpital. Je leur demandai de rentrer à la maison sans moi, car je voulais parler à Carlisle. Ils se montrèrent perplexes, mais heureusement, ne posèrent aucune question.

Je réalisai que cela aurait pu paraître bizarre pour un adolescent moyen de vouloir discuter avec son père de ce qui s'était passé aujourd'hui. Mais Carlisle n'était pas un père normal. D'une part, il était médecin. Et, plus important, il était jeune – seulement 33 ans. Mais mes parents étaient si aimants et avaient tant de compassion, qu'ils n'avaient eu aucun mal à adopter des enfants, particulièrement des enfants âgés, qui étaient si souvent laissés de côté par d'autres parents potentiels. En un sens, Carlisle était plus pour moi un genre de grand frère plein d'expérience, compréhensif et mature. Donc, je ne ressentais pas la même hésitation à rechercher des... éclaircissements afin de soulager ma confusion, comme n'importe quel adolescent normal aurait eu. Malgré que je n'étais tout de même pas sans appréhension.

Après avoir été abandonné là par la réceptionniste, je me tenais debout dans le bureau de Carlisle, attendant que celui-ci réponde à son biper. Je me demandai soudain si c'était une si sage idée d'être là. Au juste, qu'est-ce que j'étais supposé lui dire : « j'ai vu une fille et ça m'a rendu dur, aujourd'hui ? » Il n'y avait rien d'anormal à ça. Alors qu'est-ce que je faisais là ?

Carlisle entra dans son bureau et m'étreignit rapidement, un sourire illuminant son visage.

« Je suis surpris de te voir ici, Edward. Que puis-je faire pour toi ? »

« Je... heu... je... voulais te parler » bégayai-je.

Carlisle s'assit derrière son bureau en plein « mode docteur ». Il était tout à coup sérieux.

« Très bien, que puis-je faire pour toi ? » Répéta-t-il.

« C'est très embarrassant, commençai-je, je ne suis même pas certain de savoir pourquoi je suis là, sauf qu'il s'agit d'une expérience toute nouvelle pour moi. Et que ça me... tracasse. »

« Edward, toi et moi pouvons parler de n'importe quoi, tu le sais », Carlisle était tout à fait sincère, « s'il te plait, explique ! ».

« Bien, il y avait cette nouvelle élève à l'école, aujourd'hui, et ça m'a... excité » admis-je honteusement.

« Et quel est le problème ? » M'incita Carlilsle. Il tentait de me dire qu'il n'y avait rien d'inhabituel dans cette situation.

« Ma réaction n'était pas normale. Je crains qu'elle n'est pas été... saine » reconnus-je.

« Que veux-tu dire ? » Carlisle paraissait plus inquiet, à présent.

« C'est si humiliant ». Je m'arrêtai un instant, tandis que Carlisle attendait patiemment, la compréhension gravée sur ses traits. « Je voulais l'attirer hors de la classe et... la prendre. Je ne pouvais plus penser à autre chose. Je me fichais de ce qu'elle ressentait, je voulais juste la prendre, je voulais seulement me satisfaire d'elle. Je me sentais comme une bête. »

« Bien » fut tout ce que Carlisle dit pendant un moment, « je suis toujours persuadé qu'il n'y a rien d'anormal pour un adolescent. Tu as 17 ans, maintenant, Edward, les hormones s'en donnent à cœur- joie. » Il s'arrêta et réfléchit un instant. « Tu ne parles pas de quoique ce soit de violent, là, pas vrai ? »

« Non, rien de tout ça » admis-je, « c'était plus comme si j'en avais rien à faire de ses sentiments. Je voulais seulement me la faire, mais je voulais lui donner du plaisir aussi. En tout cas, je ne voulais certainement pas lui faire du mal. » Je m'interrompis et passai une main à travers mes cheveux. « Est-ce que je deviens taré ? Je n'ai jamais rien ressenti de tel auparavant. C'est si déstabilisant. » Terminai-je maladroitement. Ma voix semblait étrange, même à mes propres oreilles.

« Tant que tu n'as pas envers elle des pensées de force et de violence, je ne vois pas où ta réaction est différente de celle de n'importe quel autre adolescent » déclara Carlisle. « Je sais que tu n'aimes pas penser à toi-même comme à un adolescent comme les autres, mais physiologiquement, c'est ce que tu es. Je comprends que mentalement et intellectuellement tu es bien plus avancé qu'un adolescent moyen de 17 ans. Il semblerait cependant que tes besoins physiques soient en train de prendre le pas sur le reste. Et honnêtement, ça me soulage. »

« Donc, c'est normal, pour moi de... penser à ces choses ? Parce que, Carlisle, il n'y avait rien de... tendre dans les fantasmes qui traversaient mon esprit » avouai-je, « mes désirs étaient... sauvages... autoritaires, même. C'est mal, non ? »

« Les sentiments que tu es en train de me décrire – le genre de fantasme dont tu me parles – sont, je le crois, relativement normaux. Je pense que si tu discutes avec cette fille et que tu en viens à l'apprécier, tes fantasmes vont changer. Tu as besoin de la voir comme une personne, pas comme un objet de désir. Alors, tu en viendras à t'intéresser à ses sentiments. Tu en seras amené à ce qu'elle veuille de toi de la même façon que toi tu la veux elle. Donc, » Carlisle continua de raisonner, « essaie de la connaître. Parle-lui, découvre qui elle est vraiment, vois si tu peux l'apprécier pour autre chose que juste son apparence. Si c'est le cas, et que c'est pareil pour elle, qu'elle t'apprécie elle aussi, alors je te souhaite beaucoup de joie. Et je serai là pour te soutenir du mieux que je le peux. Et tu pourrais bien avoir besoin d'un peu d'aide, Edward », ajouta Carlisle, « car je ne me rappelle pas que tu aies déjà tenté de gagner l'affection de quelqu'un auparavant. Tu devras te montrer patient et altruiste, des qualités dont tu n'as pas fait preuve en abondance jusqu'à maintenant. Et, évidemment, il faudra que tu agisses en gentleman. Je n'en ai rien à faire de savoir à quel siècle nous vivons. Les femmes, de tout temps, ont toujours apprécié que les hommes se comportent en gentleman. Bien, il ne va rien se passer de plus aujourd'hui. Pouvons-nous rentrer à la maison, à présent ?

J'acquiesçai pour répondre à plus qu'à sa dernière question. Carlisle avait raison, comme d'habitude. Il fallait que je fasse la connaissance de Bella Swan. Pour je ne sais quelle raison, je trouvais le concept terrifiant.