Auteur : DeydreamBeliever

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : T

Genre(s) : Romance/Humour

Bêta : Sophia...Merci Sophie!

Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à DeydreamBeliever. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.

Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!


- Chapitre 30 : Une visite aux urgences -

-PoV Edward-

Les sirènes approchaient, et je pris un instant pour réfléchir à la scène sur laquelle ils allaient arriver. Je me demandai si mes yeux étaient rouges. Avais-je bu assez du sang de Bella pour changer la couleur de mes yeux? Je ne pouvais pas laisser les humains me voir avec les yeux rouges. Je tendis la main dans la voiture et attrapai une paire de lunettes de soleil dans la portière, avant de les enfiler maladroitement. J'avais bien assez de force pour tenir Bella à un bras, mais elle était inconsciente donc je devais faire attention à la garder droite aussi. De plus, je ne voulais pas trop la faire bouger vu sa blessure à la tête. Je pensais à ce que les ambulanciers verraient: moi, la soutenant sans le moindre problème. Les humains risquaient de devenir suspicieux si je faisais preuve d'une telle force. Je déposai son corps sur la partie intacte de la camionnette tout en la gardant dans mes bras. Je voulais la placer moi-même sur la civière, je ne faisais confiance à personne.

Une minuscule, minuscule portion de mon cerveau était en train de pleurer la perte de ma précieuse Volvo. La voiture avait fait ce qu'elle avait à faire en protégeant ma chère Bella d'une blessure plus grave. Je pourrais acheter douze voitures demain si je le voulais, mais Bella était irremplaçable. Donc je dis adieu à ma Volvo.

Une autre minuscule portion de mon cerveau était prête à achever Tyler Crowley. Cet idiot avait roulé à toute vitesse sur une route verglacée, en pente. Que pensait-il qu'il allait arriver? Je décidai d'ignorer le fait que j'avais aussi roulé à toute vitesse sur une route verglacée, guidant le volant des genoux, parlant au téléphone, et tenant la main de mon âme-sœur. J'étais un vampire, bon sang. Et pourtant mes capacités vampiriques m'avaient été complètement inutiles, et le danger que ma nature présentait avait failli coûter la vie à Bella. Je ne voulais pas prendre le temps de m'attarder sur mes propres fautes pour le moment. J'aurais tout le temps de m'en vouloir plus tard, une fois que je serais sûr qu'elle allait bien. Pour le moment, je me contentai de m'imaginer en train de tabasser Tyler.

Je n'arrivai pas à croire que ma soif de sang avait complètement disparu. J'avais continué à respirer, et même si ma gorge me brûlait un peu, je n'avais aucune envie d'apaiser ma soif. La majorité de mon cerveau était consumé par des pensées de Bella. Je ne pouvais pas la laisser mourir. Je la transformerais s'il le fallait, mais je ne la laisserais pas mourir. Mon monstre était fermement enchaîné dans sa cage, bien qu'il fût plutôt satisfait pour le moment, après avoir bu le meilleur sang au monde.

Le premier véhicule à arriver sur la scène, sirènes hurlantes et gyrophare tournant, fut la voiture du Chef Swan. Il sortit de la voiture, la mine sombre, complètement concentré sur l'accident qui parlait de lui-même. J'essayai d'écouter ses pensées, mais je n'entendis rien de bien détaillé. Il avait déjà réalisé que Tyler Crowley était fautif, comprenant rapidement qu'il avait grillé le stop et qu'il avait foncé dans la voiture qui avait la priorité. Il pouvait voir, à en juger par les traces de freins et la distance que la voiture avait parcouru, qu'il avait été en excès de vitesse, bien qu'il ne savait pas de combien. Ses yeux observèrent tous les détails durant les quelques secondes qu'il lui fallut pour s'approcher. Ses yeux se posèrent ensuite sur Tyler, observant ses blessures et les dommages faits à sa voiture. Puis ses yeux se posèrent sur nous. Je vis la reconnaissance briller dans ses yeux en me voyant, et moins d'une seconde plus tard, il réalisa qui j'étais, et ses yeux se posèrent sur le corps de Bella dans mes bras. Son cerveau ne voulut pas accepter ce que ses yeux lui disaient.

"Pas mon bébé," murmura-t-il d'une voix désespérée. Je sentis la peur et l'angoisse envahir ses pensées lorsqu'il vit à quel point elle était immobile. "Bella?" Ses yeux se posèrent sur mon visage, bien qu'il ne puisse pas voir mes yeux à travers mes lunettes de soleil.

"Elle est toujours vivante, mais inconsciente. Elle s'est cogné la tête. L'ambulance devrait être là d'une seconde à l'autre." Je commençai à sangloter. Il continua à s'approcher de nous. Il avait besoin de prendre son pouls lui-même, il avait besoin d'être réconforté par sa chaleur, son souffle, sa vie. "Je suis si désolé, Charlie. Je n'ai rien pu faire. Le temps que je le vois, il était trop tard pour réagir. Je pense que l'airbag latéral l'a un peu protégé mais je n'en suis pas complètement sûr. Il s'est gonflé. Oh, Charlie, il faut qu'elle aille bien!" J'étais toujours en train de sangloter, le front pressé contre celui de Bella. "Il faut qu'on l'emmène voir Carlisle. Il peut la sauver. Je le sais. Si on arrive à l'emmener voir Carlisle, tout ira bien. Il peut tout guérir," promis-je doucement, d'une voix pleine de tristesse et de désespoir.

"S'il te plaît, Bella, accroches-toi. Ne meurs pas. J'ai besoin de toi. Je t'aime. Ne me quitte pas, Bella. S'il te plaît, ne m'abandonne pas. Reste avec moi, Bella. Réveilles-toi, chérie, s'il te plaît," la suppliai-je sans me soucier que son père m'entende. Je ferais n'importe quoi pour elle. N'importe quoi.

"Edward?" chuchota-t-elle, d'une voix faible. "Ne pleure pas, mon chéri. Qu'est-ce qui ne va pas?"

Ses paupières papillonnèrent, mais elle n'ouvrit pas les yeux.

"N'essaye pas de parler mon amour. Tu es blessée. Reste avec moi. Je vais t'emmener voir Carlisle, je te le promets."

"Edward? Ne me quitte pas. Promets-moi que tu ne me quitteras pas," exigea-t-elle, d'une voix faible mais déterminée.

"Bella, je ne te quitterais pas maintenant, pas tant que tu as besoin de moi, mais tu es bien trop en danger. Tu n'as aucune idée d'à quel point c'est dangereux pour toi d'être avec moi."

"Jure-moi que tu ne me quitteras pas, Edward," grogna-t-elle. Son rythme cardiaque était en train de s'emballer. Elle commençait à avoir peur.

"Je te le jures, Bella, je ne te quitterais pas."

Elle poussa un soupir de soulagement et reperdit connaissance. Je voulais la secouer, mais je savais à quel point ce serait désastreux donc je n'en fis rien. "Réveilles-toi, Bella! S'il te plaît, réveille-toi! Tu as une commotion cérébrale. Tu dois vraiment restée réveillée, en tout cas jusqu'à ce que Carlisle t'ait examiné." Je sentis la main de Charlie sur mon épaule alors que son autre main caressait la joue de Bella. Je levai la tête pour le regarder dans les yeux, oubliant momentanément que je portais des lunettes. Je me vis me refléter dans ses yeux sombres, l'épitomé de la douleur et de l'inquiétude. Puis de l'acceptation. La naissance d'un nouveau lien familial. Il acceptait la profondeur de mes sentiments pour sa fille, et de ceux de Bella pour moi. Il acceptait que je sois une large partie de sa vie avec elle.

Il laissa ses mains retomber le long de son corps et s'approcha du van de Tyler. Ses pensées étaient devenues dégoûtées et enragées. Il s'inquiétait pour le bien-être de Tyler, mais il était fou de rage que la conduite irresponsable de Tyler ait mis en danger la vie de sa fille unique. Tyler devrait soit payer une amende, soit aller au tribunal en plus de ses blessures.

A ce moment-là, les pompiers volontaires arrivèrent d'un côté et l'ambulance arriva de l'autre.

Je la portai rapidement jusqu'aux pompiers volontaires, impatient de l'envoyer voir Carlisle. J'avais désespérément besoin qu'il l'examine et qu'il m'assure qu'elle allait bien. Je devrais lui expliquer ce que j'avais fait et subir sa déception. Il devrait le savoir pour décider si elle avait besoin d'une transfusion ou non.

Les ambulanciers ouvrirent les portières et je n'attendis pas qu'ils sortent la civière. Je montai simplement dans l'ambulance pour la déposer sur le petit lit médicalisé. Les ambulanciers me connaissaient, donc après avoir jeté un coup d'œil à son corps inconscient, puis à mon visage défait, ils ne prononcèrent pas le moindre mot. Ils se remirent tout simplement en position, ne me refusant même pas le droit de rester avec elle. Je vis Charlie regarder l'ambulance repartir et compris qu'il me faisait confiance pour m'assurer que Bella aille bien. Si j'avais eu des larmes, mon visage en aurait été couvert. Il me faisait confiance, à moi, celui qui avait presque tué sa fille.

Carlisle nous attendait à l'entrée des urgences, comme je pensais qu'il le ferait. J'entendis ses pensées alors qu'on approchait.

Je vais prendre soin de Bella. Alice m'a appelé. Tu as bu son sang?

Un coup d'œil à mes lunettes de soleil lui donna sa réponse. Je n'avais pas besoin de parler. Si Jasper avait été là, il aurait été mis à genoux par la force de ma culpabilité et de ma honte.

Vas vite chasser, fils. Combien as-tu bu? Oublie ça, je le saurais bien assez tôt. Va chercher des lentilles de contact à la maison s'il le faut. Tu vas devoir répondre à des questions donc il faut que tu fasses vite. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour Bella.

Je hochai la tête, comprenant sa suggestion, et lui faisant confiance pour donner à Bella ce dont elle avait besoin. Dans la confusion de son arrivée aux urgences, je disparus, m'élançant dans la forêt, courant plus vite que jamais. Je courais pour rejoindre ma Bella au plus vite. Sang et lentilles de contact, sang et lentilles de contact. C'était tout ce qu'il me fallait puis je pourrais retourner à ses côtés, là où était ma place.


-PoV Carlisle-

Mes opérations de la journée avaient été annulées à cause du verglas. Personne ne voulait que nos patients aient des accidents sur le chemin de l'hôpital. Et bien que nous n'en parlions pas, nous nous attendions tous à devoir soigner des victimes d'accidents. Il ne neigeait pas très souvent à Forks, à cause de la proximité de l'océan, donc les gens ne roulaient pas aussi facilement sur la neige et le verglas que nos voisins du nord et de l'est. J'espérai que personne ne serait gravement blessé. Pour le moment, tous ceux qui étaient venus aux urgences n'avaient eu que des blessures mineures, ne requérant pas mes talents, donc j'étais en train de me tourner les pouces dans mon bureau en attendant que quelque chose arrive. Soudainement, mon téléphone vibra. Je vérifiai l'identité de l'appelant. Alice. Quand apprendrais-je jamais à arrêter de m'ennuyer? A chaque fois que je m'ennuyais, quelque chose d'horrible arrivait, me faisant souhaiter le retour de l'ennui.

"Oui?"

"Carlisle!" geignit-elle. Oh oh. Voilà qui n'était pas bon. Alice n'était presque jamais inquiète.

"Qu'y-a-t-il?" crachai-je, d'une voix si tendue que n'importe qui aurait pu l'entendre.

"Bella!" sanglota-t-elle. Oh non. Pitié, non. Edward était heureux pour la première fois depuis plus de quatre-vingt ans. Pitié, faites qu'il ne soit rien arrivé à son âme-sœur.

"Alice," insistai-je. Il me fallait des réponses, et il me les fallait maintenant. De préférence avant que je ne fasse une crise cardiaque. Je souris faiblement à ma blague mentale. Je l'entendis prendre une profonde inspiration et j'entendis Jasper lui murmurer quelque chose pour essayer de la calmer suffisamment pour qu'elle puisse me dire ce qui se passait.

"Il y a eu un accident. Tyler a foncé dans la Volvo, droit dans le côté passager, droit dans Bella." Je sentis mon estomac me tomber dans les talons et pris une profonde inspiration en attendant qu'elle continue. "Sa tête est passée à travers la vitre et elle a commencé à saigner d'une blessure à la tempe." Oh non. C'était mauvais. Je savais ce qu'elle allait dire. Edward avait un excellent contrôle, mais elle était sa chanteuse. Son sang chantait pour lui, et ça ne faisait qu'une semaine et demi qu'il la connaissait. Ils avaient été confinés dans un espace clos, là où son odeur serait extrêmement forte, même malgré la fenêtre brisée. Je fermai les yeux, mon imagination fertile me montrant ce désastre. "Edward, il...euh, il...il a perdu le contrôle. Il a été submergé par sa soif de sang et il a commencé à boire. J'ai eu une vision...*sanglot*...une vision de lui sur le point de la drainer, de la tuer. Lorsqu'il a réalisé ce qu'il avait fait... Oh, Carlisle! Mais ensuite, j'ai eu une autre vision, de lui la tenant dans ses bras, et j'ai entendu les sirènes au loin, il attendait que l'ambulance arrive, et elle respirait encore, bien qu'elle soit clairement inconsciente. Donc j'ai appelé les secours et j'ai reporté l'accident anonymement." Elle commença à sangloter.

Je pouvais facilement comprendre sa peur et son inquiétude. J'étais fou d'inquiétude moi-même. Mes enfants avaient été blessés. Edward, mon fils. Bella, ma fille. Je ne pouvais pas les perdre. Tant qu'elle vivait, il y avait de l'espoir, je m'y accrocherais de tout mon être. Je n'abandonnerais pas, et si je devais la transformer, je le ferais. Je ferais tout ce qui était nécessaire. Je ne permettrais jamais à Esme de souffrir de la perte d'un autre enfant si je pouvais l'en empêcher. Je savais qu'elle considérait déjà Bella comme sa fille, et qu'elle serait dévastée en entendant parler de l'accident. Je savais aussi que si nous perdions Bella, nous perdrions Edward aussi. Je n'avais pas besoin du don d'Alice pour savoir ça. Je parcourais la terre depuis longtemps et je ne connaissais que trop bien le pouvoir unissant deux âmes-sœurs.

"Ne t'inquiète pas, Alice," l'apaisai-je. "Je m'occupe de tout."

"Merci, Carlisle. Je te verrais bientôt." Je pris une seconde pour savourer la fierté que je ressentais en sachant que mes mots avaient réconforté ma fille. Elle avait confiance en moi. Elle pensait que je pourrais tout arranger. J'espérai juste que je pourrais. Mon cerveau commença à tourner à toute vitesse, planifiant chaque possibilité, en commençant par Edward. S'il avait bu beaucoup de sang, ses yeux seraient rouges. Il devrait porter des lentilles de contact.

Alice avait raccroché, donc j'appelai Esme pour tout lui raconter. Je lui demandai ensuite de trouver des lentilles de contact pour Edward et de se préparer à être prête à le recevoir lorsqu'il arriverait. Puis je descendis aux urgences pour attendre l'ambulance.

Lorsqu'ils arrivèrent, Edward se glissa dans les bois et Bella fut placée derrière un rideau. Je commençai tout de suite à l'examiner. L'infirmière lui fit une prise de sang pour lui faire passer quelques tests. Je fus abasourdi de découvrir que sa bosse et sa plaie à la tête étaient la seule blessure qu'elle avait, à part des bleus à cause de la ceinture et de la portière. Je savais qu'elle aurait mal à l'épaule et à la hanche, mais c'était un petit prix à payer comparé à celui qu'elle aurait payé si elle n'avait pas mis sa ceinture. Elle serait morte si elle n'avait pas été attachée.

Je laissai les infirmières lui mettre une intraveineuse et l'électrocardiogramme. Je revins quelques minutes plus tard avec un set chirurgical. Je nettoyai rapidement sa blessure et grimaçai lorsqu'elle geignit même dans son inconscience. Je la recousu rapidement, avec de minuscules points de suture pour qu'elle n'ait aucune cicatrice. J'ordonnai ensuite une radio et allai examiner Tyler. Il était lui aussi inconscient à son arrivée. Les ambulanciers m'informèrent qu'il était déjà inconscient lorsqu'ils l'avaient trouvé. Je l'examinai attentivement. Il n'avait pas d'airbag dans son vieux van, donc il s'était cogné la tête plutôt violemment sur le guidon, et il s'était fait une commotion cérébrale. Il avait été couvert de verre lorsque son pare-brise avait explosé sous l'impact, ce qui lui avait provoqué de nombreuses coupures sur le visage et les mains. Il n'avait pas besoin de suture et il guérirait en quelques jours. Il avait aussi des hématomes sur l'épaule, le torse et les hanches à cause de la ceinture. Comme Bella, il serait mort lui-aussi s'il n'avait pas été attaché. Il serait probablement passé à travers le pare-brise. La seule autre blessure qu'il avait été un poignet gonflé. J'ordonnai des radios pour son poignet et pour sa tête.

Il n'y avait rien d'autre à faire qu'attendre maintenant, le temps que les radios et les tests sanguins reviennent, pour que je puisse découvrir l'étendue des dégâts. Je me retrouvai à faire les cent pas, comme un humain, impatient et impuissant.

"Dr Cullen?" Je relevai la tête pour trouver Charlie Swan devant moi. Il était clairement inquiet et il voulait clairement des réponses. J'arrêtai de faire les cent pas et lui tendis la main.

"Chef Swan, je suis vraiment désolé pour l'accident," répondis-je immédiatement. Il me serra la main et tenta de me sourire, mais son sourire ressembla plus à une grimace qu'autre chose.

"Comment va-t-elle?" demanda-t-il directement.

"Je n'en serai pas certain tant que je ne récupérerai pas les résultats de ses examens, mais elle est stable. Ses fonctions vitales sont bonnes. Sa blessure à la tête est la seule blessure réelle qu'elle ait, tout le reste n'est que quelques bleus."

Il eut l'air soulagé. "Oh, et Tyler?" grogna-t-il. Je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir, même si je savais qu'Edward était tout aussi coupable que Tyler. Il ne faisait aucun doute pour moi qu'Edward avait roulé à toute vitesse aussi, convaincu que ses réflexes vampiriques les protégeraient. Mais la encore, ce qui m'inquiétait le plus, c'était de savoir si elle aurait besoin d'une transfusion ou non, ce qui était entièrement la faute d'Edward. Tyler n'avait absolument rien à voir avec le fait qu'Edward voulait manger sa propre petite-amie.

"Tyler semble être dans le même bateau que Bella, il a aussi le poignet foulé, ou cassé, et quelques coupures."

Charlie hocha la tête et se détendit légèrement. Il regarda autour de lui et ses yeux s'attardèrent dans la salle d'attente. Puis il se tourna à nouveau vers moi avec confusion. "Où est Edward? Vu comme il s'accrochait à elle sur le lieu de l'accident, j'étais convaincu qu'il ne la laisserait partir. Je n'ai même pas pris la peine d'essayer de la prendre dans mes bras. Quand elle s'est réveillée brièvement, ils n'avaient d'yeux que l'un pour l'autre. Franchement, je suis surpris qu'il ne soit pas collé à son lit."

Je lui fis un sourire compréhensif. "J'ai dû le forcer à partir, j'en ai bien peur. Il n'a pas été blessé dans l'accident, rien de bien sérieux en tout cas, mais il était en état de choc. J'ai insisté pour qu'il aille se chercher quelque chose à boire. Et je lui ai dit d'aller se reposer ensuite, je lui ai interdit de revenir jusqu'à ce qu'Esme m'ait dit qu'il s'était reposé. Je savais qu'il devrait se reposer au moins le temps qu'Esme vienne jusqu'ici et qu'elle le trouve. Il ne voulait pas, mais c'est un bon garçon donc il m'a obéit. Il a passé assez de temps avec moi pour savoir que j'ai toujours raison." Je rigolai et fis un clin d'œil à Charlie pour lui montrer que je plaisantais. Il me fit un large sourire.

"Papa a toujours raison, hein?"

"Eh bien, personne n'est parfait, pas même moi, mais il admit que c'était plus sage de m'obéir sans un mot."

Charlie secoua la tête. "Je vous admire vraiment, Carlisle, vous et Esme. Je ne sais pas comment vous faites. Je suis un peu perdu moi-même, à essayer d'élever mon adolescente de fille. Comment réussissez-vous à élever cinq ados? C'est incompréhensible pour moi."

"Je suppose qu'il faut juste apprendre à accepter les challenges que la vie nous envoie et à essayer de faire de son mieux avec qu'on a. Croyez-moi, parfois, j'ai envie de m'enfuir en courant et en m'arrachant les cheveux, mais l'amour que ma famille partage vaut tous les sacrifices, toutes les frustrations et toute l'irritation que nous expérimentons chaque jour. Je n'échangerais ma famille pour rien au monde."

Charlie me sourit. "Je suis ravi que vous pensiez ça, Doc, parce que j'ai le sentiment qu'on fera partie de la même famille un jour."

"Oh?" Mes sourcils se haussèrent sous l'effet de la surprise. "Qu'est-ce que vous voulez dire?"

Charlie gigota, clairement mal à l'aise. Il rougit même et ne croisa pas mon regard lorsqu'il reprit la parole.

"L'expression que j'ai vu sur les visages de nos enfants aujourd'hui - l'amour qu'ils partagent est évident. Je suis pratiquement certain que ma Bella sera comme moi, en ce qui concerne l'amour. C'est une petite chose si constante. Une fois qu'elle a pris une décision, personne ne peux la faire changer d'avis. Je n'ai aimé qu'une femme dans toute ma vie, Carlisle. Je l'aimais il y a dix-huit ans, et je l'aime encore maintenant. Il n'y a rien que je ne ferais pas pour cette femme, y compris la laisser trouver son bonheur ailleurs. Je l'ai même laissé avoir la garde de notre précieuse fille, acceptant un minuscule droit de visite, juste pour la rendre heureuse. Maintenant, ma Bella devient une jeune femme elle-même, et il n'y a rien que je ne ferais pas pour elle non plus. J'avais son âge lorsque je suis tombé amoureux de Renee, et cet amour n'a jamais faiblit ou disparu. Je n'ai jamais regardé une autre femme. Je ne peux pas regretter l'amour que j'ai donné à Renee, même si elle ne me l'a pas rendu, parce qu'elle m'a donné Bella. J'espère juste que ma fille ne souffrira pas comme j'ai souffert. J'ai vu cet amour permanent briller dans ses yeux aujourd'hui, et j'ai réalisé que c'était déjà trop tard. Elle aimera Edward pour toujours. Je ne peux qu'espérer qu'il ressente la même chose pour elle. Je n'ai pas pu voir ses yeux, mais ses mots et son langage corporel m'ont indiqué qu'il l'aimait plus que tout. Je ne sais pas vraiment quoi penser de ça. Ils sont si jeunes."

Charlie était toujours en train de rougir et il n'arrivait clairement pas à croire qu'il m'avait dit tant de chose. Je me demandai brièvement si c'était le plus long discours qu'il ait jamais fait. J'avais toujours entendu dire que c'était un homme de peu de mots, mais loyal et bon. Il adorait son travail, sa ville, et ses concitoyens. Son honnêteté et son intégrité étaient reconnues.

"Charlie, Esme et moi considérons déjà Bella comme notre fille, comme un membre de notre famille, même si ça ne fait pas longtemps que nous la connaissons. Elle a charmé chaque membre de la famille. Mes enfants, à l'exception d'Edward, la considèrent tous comme une sœur et la protégeront comme l'une des nôtres. Edward n'a jamais eu de petite amie auparavant. Il a été approché par des femelles désirant sa compagnie si souvent que j'ai perdu le compte, donc il a eu de nombreuses opportunité. Mais ça ne l'a jamais intéressé. Les hommes non plus ne l'ont jamais intéressé, n'allez pas croire. Il se satisfaisait juste de l'amour et de la compagnie de notre famille. Il n'a jamais voulu rien de plus. Depuis qu'il a rencontré Bella cependant, il a complètement changé. Il veut passer tout son temps avec elle. Il est joyeux, joueur, extatique. Il est plus heureux que je ne l'ai jamais vu. C'est comme s'il ne faisait qu'exister avant, et que maintenant il vivait. Elle est tout son monde, sa raison de vivre. Il commence chaque jour avec un sourire maintenant. Il était si solitaire avant, mais il s'ouvre de plus en plus. Il est même devenu ami avec certains jeunes de La Push, ce que je n'aurais jamais cru possible.

"Vraiment? De La Push?" Charlie semblait complètement abasourdi. Je me demandai pourquoi. Il ne pouvait pas connaître le traité.

Je hochai la tête. "Oui, apparemment, ils ont décidé d'oublier les idées reçues qu'ils avaient les uns sur les autres et ils s'entendent bien maintenant. J'en suis très heureux, mais je ne suis pas sûr que les Anciens de la Tribu soient heureux d'apprendre ça. Je l'espère cependant."

"Excellent," m'encouragea Charlie. "Je n'arrête pas de dire à Billy que s'il prenait juste la peine d'apprendre à vous connaître, il réaliserait que ses peurs et ses superstitions ne sont que des stupidités." Il me serra l'épaule et dût ensuite répondre à un appel sur sa radio.

L'infirmière s'approcha avec les radios. Excellent! Je les plaçai sur la lampe et allumai la lumière. Je sentis Edward approcher et il s'arrêta juste derrière moi pour regarder les radios par-dessus mon épaule. Je commençai par examiner celle de Bella. Bonne nouvelle. Bien que son crâne fût fendu, il n'était pas brisé, donc il n'y avait aucun dommage à son cerveau, à part un petit hématome dû à l'impact.

Je passai ensuite à la radio de Tyler. Excellente aussi. Sa commotion cérébrale n'est pas grave, étant donné que l'os frontal était l'un des os les plus résistant du corps. Son poignet était à peine foulé, même pas brisé. J'étais soulagé, leurs blessures n'étaient pas grave du tout au vu de la force de l'accident.

Une de mes infirmière me tendit les résultats sanguins de Bella. Je m'assurai qu'Edward ne puisse pas les lire par-dessus mon épaule, parce que je voulais être le premier à le savoir, avant qu'il ne puisse réagir. Je bloquai donc mes pensées, et lus la liste à vitesse vampirique. Mon cœur mort revint presque à la vie. Je relevai la tête, et gardai une expression impassible.

"Je suis si...FIER...de toi, fils," chuchotai-je. Il me regarda avec choc. Je remarquai que ses yeux étaient légèrement orange. Ils reviendraient probablement à la normale après une ou deux chasses supplémentaires. Je lui souris. "D'après les résultats, elle n'a perdu qu'une demi-pinte de sang, ce n'est absolument pas critique. La croix rouge prend plus de sang que ça à ses donneurs. Tu as fait preuve d'une retenue incroyable. Bien que c'était incroyablement risqué de goûter son sang comme ça, et elle aurait pu mourir si rapidement, tu as réussi à résister, à ta chanteuse en plus et tu ne lui as pas fait de mal. C'est absolument incroyable! Je ne sais pas si n'importe quel autre vampire aurait pu en faire autant."

Edward était abasourdi par ce que j'étais en train de lui dire. Je pouvais voir qu'il s'était attendu à ce que je sois déçu. Il s'en voulait, ne voyant que ce qu'il avait de mal et non pas ce qu'il avait fait de bien. Je ne voulais pas en parler en public, donc je décidai de laisser tomber le sujet pour le moment.

"Pourquoi ne vas-tu pas la voir maintenant, Edward, pour essayer de la convaincre de se réveiller. Je vais aller donner la bonne nouvelle à Charlie."

Son visage s'illumina à l'idée, non seulement d'être avec Bella, mais de faire quelque chose qui pourrait l'aider. Il la rejoignit rapidement alors que j'allais voir Charlie.


Prochain chapitre : Lits d'hôpital

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