Sleepers : race d'aliens qui sont sur Terre sans savoir qu'ils sont des aliens. Un signal des Cell 114, qui veulent envahir, et poum, ils deviennent méchants.

Bon, ça devient un peu mélo, mais la BO de Children of Earth est carrément horrible TT


Gwen tapotait maladroitement le dos de Jack. Elle avait été réveillée en plein milieu de la nuit par une Toshiko qui sanglotait et qui lui demandait de les rejoindre à l'hôpital central de Cardiff. Rhys l'avait conduit et était maintenant en compagnie d'Owen et de Toshiko dans la cafétéria de l'hôpital, accrochés à leurs cafés. La jeune femme ne savait pas si Jack pleurait ou non, il avait le visage entre les mains. Depuis maintenant trois heures qu'ils attendaient, il n'avait pas prononcé un mot, c'était Owen – sacrément amoché d'ailleurs – qui lui avait expliqué toute l'histoire. En résumé, ça faisait : Ianto s'est détruit physiquement pour pas trop souffrir de Jack, mais ils souffrent quand même, se sont pris de bec, et là, personne ne sait réellement ce qui est arrivé au plus jeune. Ouaaaai. Ca prévoyait une bonne ambiance. On leur avait même annoncé que le teaboy était dans un coma léger.

« Gwen…
- Hein ? Oui ! Jack ?
- Je… tout ceci, c'est de ma faute. Je l'ai abandonné. Et là, il pourrait mourir par ma faute. »

Gwen se taisait. Elle ne savait pas vraiment quoi dire. Le voir souffrir de la sorte, c'était inconcevable. Elle voyait dans ses yeux qui fixaient à présent le vide qu'il aimerait mourir, là, maintenant, tout de suite. L'amour de cet homme pour le blessé crevait les yeux. Mais ça elle ne pouvait pas le dire, sous peine de le voir s'effondrer dans ses bras. Owen et Tosh vinrent la relayer pour lui permettre de se détendre un peu. Puis ils laissèrent Jack seul, à sa prière.

Plongé dans ses réflexions. Il avait peur. Oh oui, peur que Ianto disparaisse de la surface de cette terre. Dans ce cas là, quel intérêt aurait la Terre ? Il n'aurait plus personne à qui s'accrocher, Tosh et Owen vivaient leur vie, Gwen vivait la sienne avec Rhys… Lui, il n'avait que Ianto pour vivre la sienne. Des bruissements de pas éveillèrent sa conscience et il leva les yeux vers un médecin, qui, voyant sa tête d'homme triste cernée, lui offrit un sourire rassurant.

« Vous pouvez y aller. Mr Jones s'est réveillé. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Jack contrôla tant bien que mal ses jambes qui réclamaient de courir, pour retrouver Ian. Il n'osa pas ouvrir. Puis il le fit, mais resta à l'embrasure de la porte, regardant l'homme sur le lit. Des fils un peu partout, des bandages, des perfusions, et l'électrocardioscope qui bipait paisiblement. La peine et le soulagement le submergea et il pénétra dans l'antre, fermant la porte derrière lui. Il osa même prendre la main de Ianto, qui sourit, un peu. Il voulu parler, mais Jack le fit taire d'un doigt sur la bouche.

« Tais-toi Ian. S'il te plait, laisse-moi parler cette fois-ci. Je regrette. Je… ce baiser m'a fait peur. J'ai eu des tas d'aventures, des tas de baisers à mes nombreuses morts et renaissances, j'ai brisé des cœurs. Je ne voulais pas recommencer, pas avec toi. Je t'ai embrassé parce que c'est ce qui m'est venu à l'esprit en premier. Parce que tu m'importes Ianto Jones. Je suis revenu pour toi aussi. Tu m'as manqué. Plus que les trois autres. Et là, j'ai eu peur pour toi, terriblement peur. Je ne savais pas que j'aurais pu te faire souffrir à ce point. Putain, j'aurais préféré vivre dix milles morts plutôt que de voir ces marques sur tes bras, plutôt que de savoir pour l'alcool et Ethan. Je voudrais pouvoir tout me faire pardonner, te rendre le sourire, la vie. »

Au fil de ce discours, les larmes lui étaient montées aux yeux. Syndrome du sentiment amoureux, peut-être. Il n'en savait rien, ne soupçonnait pas l'existence de ce sentiment pur et violent pour Ianto. Ce dernier avait écouté, et peu à peu, serré dans ses mains celles de Jack. L'entendre dire ça, le voir pleurer. Tout cela le faisait souffrir, le terrifiait, et paradoxalement, lui faisait exploser le cœur. Il aurait voulu le prendre, là, maintenant. L'embrasser comme jamais. Prononcer des paroles qui n'auraient guère de sens une fois le moment passé. Il libéra ses mains et les glissa dans les cheveux de Jack, articulant d'une voix peu sûre, hachée par ses grognements de douleurs.

« Pauvre idiot. Ne parts plus, au lieu de me faire ça, et de pleurer comme ça devant moi. Ces paroles je les désire depuis des mois. »

Et il approcha le visage de Jack, pour un baiser qui aurait pu durer l'éternité. Leurs cœurs bouillonnaient de concert, leurs cerveaux grappillaient ce qu'ils pouvaient de cette nouvelle drogue, jusqu'à ce que la machine bipe plus fort, sous les palpitations accélérées de Ianto, les obligeant à se séparer pour ne pas alerter les infermières. Jack déposa un simple baiser sur ses lèvres. Tout ce qu'ils voulaient dire, ils ne le feraient pas maintenant. Pas encore. Jack se promit intérieurement de ne plus partir, plus jamais, de ne plus laisser Ianto s'éloigner à plus d'un mètre de lui. Ils devaient régler le plus important.

« Que s'est-il passé ?
- Jack…
- La vérité.
- En sortant du café, je suis allé boire. Assez pour ne plus vraiment être maitre de moi. J'ai appelé Ethan. Dans la rue, j'ai explosé des vitres et il a tenté de me calmer, mais je me suis tiré dans les égouts de Cardiff. Je suis tombé nez à nez avec des Weevils. J'avais le paralyseur, j'ai pu m'en sortir. Mais il s'est passé un truc. Ethan m'a rejoint, mais son bras est devenu bizarre, et il m'a frappé. A mort. En fait, j'étais pas contre l'idée de mourir moi, tu sais… alors, je me suis pas battu. Je n'ai pas répliqué. J'espérais y passer. Puis je sais pas. Je me suis réveillé dans l'eau, puis ici. »

Jack criait au fin fond de son cœur. Il avait appelé Ethan qui manifestement était un Sleeper. Au lieu de l'appeler lui, en qui il devrait avoir confiance. Il refoula au plus profond de lui-même et reprit la main de Ian :

« Ethan est un sleeper. Ceux qui obéissent aux Cell 114. Ils l'ont passé en mode attaque. Il ne t'a pas tué parce qu'il s'est certainement souvenu de son rôle d'humain. Tu as eu de la chance Ian… Il va être facile à localiser, il a un téléphone. Plus jamais je ne te laisse seul. Plus jamais. »

Jack s'éclipsa, laissant la place à ses trois autres collègues, mais il y revint une heure plus tard, et resta toute une nuit au chevet de cet homme, sans dormir. Il le regarda, longuement.


Ianto Jones redevint le Teaboy une semaine plus tard. Peu de choses avaient changées, si ce n'est que Jack et lui se regardaient souvent, sans jamais se parler. Un jour, peut-être deux jours plus tard, Toshiko donna l'alerte, elle avait repéré Ethan. A ce moment même, Ianto lâcha la tasse qu'il tenait, et vrilla ses yeux dans ceux de Jack. Tous s'y rendirent, un sleeper n'est jamais seul. Jamais. Ils étaient plusieurs, là, à massacrer une rue entière. Dans le feu de l'action, Ianto descendit aussi de la voiture, dans laquelle le repoussa aussitôt Jack en lui prenant le bras, pour le balancer dans la voiture:

« Tu es blessé, reste ici, suit nous avec le GPS et ne sors sous aucunes raisons !
- Jack, ils sont trop nombreux…
- Ian, je te promets de revenir. Même si je meurs vingt fois, je reviendrais. Même s'ils me découpent en des millions de morceaux, je reviendrais vers toi. Ianto Jones, je ne peux pas me passer de toi. »

Un cri retentit, et Jack glissa sa main jusqu'aux doigts de Ianto, qui, en le voyant partir, lui cria, sous l'impulsion de ses sentiments :

« Tu as intérêt ! Je t'aime, Jack Harkness ! »

Ce jour là, Jack massacra à lui seul dix des sleepers et mourut plus d'une fois. L'un d'eux devint une bombe mouvante et s'accrocha à lui pour exploser.


Deux jours, puis trois. Ianto n'avait pas peur. Enfin, si, un peu. Il s'efforçait de ne pas y penser, et se concentrait sur son café pour ne pas hurler au désespoir. Il attendait le retour de Jack. Il savait qu'il avait explosé, que la recomposition prendrait plus longtemps, s'il y en avait une. Dans son appartement, il avait plusieurs bouteilles. Une déjà vide, et il avait aussi un verre à la main. Il ne pleurait pas, pas encore. Puis l'on frappa à la porte, et lorsqu'il l'ouvrit, on le plaqua contre un mur derrière lui. Sous l'effet de surprise, il lâcha son verre au sol, et glissa ses bras dans le dos de celui qui venait de le serrer à l'étouffer, et qui murmura, plus de cinq fois d'affilée :

« Moi aussi je t'aime Ian. »


The End.


Voilà. J'avais promis que ça ne durerais pas, et pour une fois, c'est une bonne fin.

Quelqu'un veut me donner un thème, pour que je réécrive ? *-*