Auteur : Mandi1

Traductrice : Moi

Spoilers : ---

Rating : M

Genre(s) : Romance/Drama

Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à Mandi1. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.


- Chapitre 1 : Je pourrais bien le nommer un objet divin (1) -

L'horloge en forme de chat balançait la queue au rythme des secondes qui s'égrénaient, et mes nerfs se tendaient de plus en plus à chaque tic-tac. J'essayais de noyer le son sous le tambourinement de mes doigts sur le comptoir, tout en me distrayant encore plus en regardant par la fenêtre du restaurant. Il pleuvait, autant que hier, et hier il ne s'était pas montré. J'étais légèrement énervée de ne pas réussir à prévoir précisemment son arrivée; je n'avais que la vision de la pluie trempant les rues derrière lui pour me guider.

Il avait l'air très beau dans mon esprit, mais je n'avais encore jamais rencontré un vampire qui ne l'était pas. Il était plutôt grand, mais là encore, la plupart des gens étaient grands comparé à mon mètre cinquante. Et même s'il était l'un des hommes les plus horribles au monde, je serais quand même assise là, à attendre anxieusement l'arrivée d'un homme qui était peut-être la clé de quelque chose de différent, quelque chose de mieux. Je ne pouvais toujours pas voir tout ce qui m'attendait après son arrivée, mais j'en avais vu assez pour savoir que l'on s'aiderait mutuellement à trouver ce qu'on recherchait...quoi que ça puisse être.

Et si il avait changé d'avis ? Cette idée s'engouffra dans mon esprit comme le vent s'engouffre dans le moindre trou. Je sentis mon souffle se couper et les odeurs du restaurant – la nourriture grasse, l'eau impure, la sang chaud des patrons – disparurent. Je ne savais pas ce qu'il recherchait, ni même ce que moi je recherchais, pour être honnête, mais j'étais sûr que l'on avait besoin l'un de l'autre pour pouvoir découvrir la prochaine étape de notre 'quête'. Devions-nous faire le même voyage ? Me donnerait-il quelques informations vitales avant de reprendre sa route ? Est-ce que son arrivée me provoquerait une nouvelle vision qui me donnerait d'autres informations ? J'avais besoin de cet homme, c'était clair et net, j'avais besoin qu'il me donne des réponses à tous les problèmes que je voulais résoudre. S'il ne venait pas...mais je secouais la tête, m'assurant à moi-même qu'il viendrait et espérant que j'aurais une autre vision de son arrivée imminente.

La clochette au-dessus de la porte tinta alors que quelqu'un entrait dans le restaurant, apportant une bouffée du vent froid qui était à peine un peu plus chaud que ma peau. Est-ce que c'était lui ? Je tournais rapidement la tête, à vitesse surnaturelle, tout en espérant que personne ne m'avait remarqué. Ce ne fut pas le cas, et je me tournais à nouveau vers la tasse de café que je n'avais pas touché, après avoir jeté un coup d'oeil au couple de personnes âgées qui venait d'entrer.

Je reposai à nouveau mon regard sur ma tasse verte sur laquelle était gravé le logo Pop's, encore emplie du liquide amer. La serveuse, une femme rondelette d'une quarantaine d'années avec quelques mèches grises dans ses cheveux bruns, remarqua que mon café était froid. Elle se pencha sur le comptoir, brandissant une cafetière de café chaud, et m'en servit une nouvelle tasse, après s'être débarassé de l'ancienne.

"Voilà, maintenant, est-ce que ça ne sent pas bon ?" me demanda-t-elle joyeusement . Je souris avec hésitation malgrès ma nervosité et mon appréhension, et me rappelai que je devais faire semblant de respirer. L'odeur du café, fraîchement servi et légèrement brûlé, empli mes narines avant d'être submergé par l'odeur plus forte de la serveuse. Elle sentait l'orange, le parfum de son mari, et le lait tourné. Ce n'était pas le meilleur des parfums que j'ai jamais senti, mais ce fut suffisant pour enflammer ma gorge et contracter mes muscles. Il ferait mieux de se dépêcher, songeai-je. Chasser était une nécessité immédiate si je devais continuer à vivre parmi les mortels de Philadelphie.

J'étais à Philadelphie depuis le 14 Octobre, ça faisait déjà une semaine. Je voyais cet homme depuis un petit moment et j'essayais continuellement de deviner le prochain endroit où il se rendrait. Ce ne fut que lorsque j'eus une vision de lui se tenant sous la pluie devant le Hall de l'Independance que je réalisais qu'il était à Philadelphie. J'avais rapidement quitté la maison abandonnée que j'habitais à Savannah et j'avais roulé jusqu'en Pennsylvanie, ne m'arrêtant qu'aux champs de courses de Philadelphie pour gagner de quoi payer mes dépenses. Bien sûr, j'en avais un peu trop fait et j'avais gagné course après course, ne perdant que lorsque j'arrêtais de voir les résultats pour avoir la vision d'un homme blond entrant dans un café.

J'avais quitté le champ de course avec assez d'argent pour me payer une chambre au Philadelphia Crown Hotel, ne m'y arrêtant que pour déposer mes affaires sur l'immense lit avant de me rendre au restaurant Pop's sur l'avenue Oregon. Je n'en partais que lorsqu'il ne pleuvait plus ou que le soleil se levait, sachant très bien qu'il n'arriverait certainement pas sous un soleil brûlant, et pour avoir l'air moins suspecte. C'était déjà bien assez bizarre que je passe mes soirées et une grande partie de mes nuits dans ce restaurant, rester là 24 heures sur 24 attirerait sur moi une attention dont je n'avais vraiment pas besoin.

Alors j'étais assise là, à lisser le bas de ma robe rouge préférée, et à faire semblant de boire une gorgée de café à chaque fois que la serveuse regardait dans ma direction. Si j'avais pu entendre ses pensées, je suis sûre qu'elle serait entrain de se demander pourquoi j'étais encore assise là après trois jours d'attente. Entendre les pensées n'étaient pas mon domaine de prédilection, mais j'avais mon propre don, et il choisit de se mettre en branle à cet instant. Mes muscles se tendirent et mes yeux se perdirent dans le vide alors qu'une vision emplissait mon cerveau.

L'homme blond de la vision d'Alice se tenait au milieu d'un groupe de personnes aussi pâles que lui. Une famille de magnifiques vampires blonds : un grand homme incroyablement beau, une femme plus petite et avec des traits plus fins, et une jeune femme d'une intense beauté. Ils se tenaient dans le salon d'une maison magnifiquement décorée, proche les uns des autres mais on aurait dit qu'il manquait toujours des personnes.

"Bienvenue, Jasper," dit l'homme, sa voix résonnant dans toute la pièce, le faisant sembler encore plus beau, cultivé et sage qu'il n'en avait déjà l'air.

L'homme de sa vision, qui elle le savait maintenant s'appellait Jasper, tendit la main pour serrer celle que l'autre homme lui tendait. "Merci, Carlisle," dit-il doucement, et sa propre voix, d'un timbre bas et riche, fit frissonner Alice avec ses accents mélodieux et chantants du Sud. Elle arrêta de respirer alors que la main de Jasper se glissait nonchalamment dans la sienne, comme si c'était naturel, et commençait à la caresser.

"Rosalie, pourquoi ne ferais-tu pas visiter la maison à Alice et Jasper ?" suggéra la plus petite des femmes. Elle rayonnait et regardait Alice avec de gentils yeux dorés, des yeux qu'Alice n'avait jamais vu chez aucun vampire - autre qu'elle. La déesse, Rosalie, acquièsçat, ses propres yeux fauves l'observant avec curiosité. Carlisle fit un geste de la main encourageant dans leur direction alors qu'une étincelle brillait dans ses yeux topazes.

Ma main s'était resserrée autour de l'anse de la tasse, et alors que je reprenais doucement mes esprits, je la brisais dans un craquement sec. Je tournais rapidement la tasse pour que la serveuse ne s'en aperçoive pas, mais c'était trop tard. Elle se précipita vers moi, m'entourant à nouveau de son parfum orangé.

"Ne vous inquiétez pas, ma chérie, ces tasses se brisent tout le temps," me souffla-t-elle en me donnant une nouvelle tasse de café.

"Je suis désolée," m'excusais-je, en lui tendant la anse brisée et en essayant de contrôler l'excès de venin qui coulait dans ma bouche en retenant à nouveau ma respiration. La serveuse sourit, révélant des dents jaunies par la nicotine, et repartit vers les autres clients.

Je fus à nouveau laissée seule avec mes pensées, mais je ne me sentais plus seule. Chaque vampire que j'avais rencontré jusqu'à maintenant, avait les yeux d'un rouge rubis à cause du sang humain dont ils gorgeaient. Je pensais être la seule à avoir choisi de m'attaquer à des animaux plutôt qu'à des humains, donnant à mes yeux une couleur miel que personne - jusqu'à maintenant - n'avait partagé avec moi. Je me demandais si l'homme que j'étais sur le point de rencontrer...Jasper...aurait les yeux de la même couleur que moi.

Jasper. Ce nom tournait en boucle dans ma tête, se glissant sur ma langue jusqu'à ce que je sois forcée de le chuchoter, suffisamment bas pour que les humains ne l'entendent pas mais suffisamment haut pour qu'il prenne toute sa signification pour moi. Cette main dans la mienne, ces yeux dans les miens...si cette vision devenait réelle (et la permanence de mes visions me l'indiquait), alors il devait y avoir quelque chose de plus, quelque chose de beaucoup plus avec ce Jasper. Je me redressai sur le tabouret sur lequel j'étais assise, touillant anxieusement mon café alors que des papillons tournoyaient dans mon estomac. Mon esprit était si distrait que l'odeur tentante de ces humains n'était plus qu'un vague souvenir.

La sans-abri qui était assise à côté de moi, et qui avait désespérement besoin d'un bain, se leva et partit, dégageant la vue de la vitrine. Si ce jeune garçon qui aurait dû être à l'école bougeait...

Ce ne fut pas nécessaire. La porte s'ouvrit, faisant tinter la petite cloche qui pendait au-dessus, laissant savoir aux serveurs qu'une nouvelle personne entrait. Ma tête tourna automatiquement vers la porte, et je m'attendais presque à ce que ce ne soit pas lui, que ce soit un autre couple, ou une mère avec sa fille ou un groupe d'hommes venant prendre leurs doses de cafféine de l'après-midi.

Il resta dans l'entrée, ses yeux sombres scannant les gens qui s'occupaient joyeusement de leurs propres affaires, ignorant que deux monstres assoiffés de sang s'étaient joints à eux. Il était aussi grand que je me l'étais imaginé et encore plus beau. La pluie avait plaqué ses cheveux blond à son visage et ses épaules, et avait rendu sa chemise très moulante, révélant chacun de ses muscles.

Je sautais de mon tabouret avant même qu'il ne puisse faire un pas de plus. Il s'arrêta alors que ses yeux croisaient les miens, il observa ma peau pâle et la grâce avec laquelle je m'approchais de lui, réalisant ce que j'étais. Je fus submergée par une étrange sensation, étrange parce que ce ne fut pas ma peur, mais la sienne. C'était bizarre de ressentir ses émotions. J'essayais de lui sourire pour le mettre à l'aise et cela sembla marcher. La peur disparut en un instant, et je sentis différentes émotions la remplacer : la nervosité, le bonheur, la satisfaction, et le plus réconfortant des sentiments d'appartenance, quelque chose que je n'avais jamais ressentit auparavant. Je le rejoignis, levai la tête - Seigneur, il est affreusement grand - et lui fis un large sourire.

"Tu m'as fait attendre."

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(1) "I might call him a thing divine", La Tempête, Acte I Scène 2, William Shakespeare



Prochain chapitre : Notre imprudence nous sert quelquefois bien.

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Vous voulez la suite ? Moi, je veux des reviews... Vous savez ce qu'il vous reste à faire !!!

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