Auteur : Mandi1

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : M

Genre(s) : Romance/Drama

Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à Mandi1. Quant à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Bêta : Lyyla...Merci Mériem!

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.

Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!


- Chapitre 24: Ces vides et froides veines (1) -

Le monde sembla différent lorsque je repris mes esprits. Les couleurs étaient plus vives, l'air était plus parfumé, et je pouvais sentir la sueur et la nervosité de Phil Crawley alors qu'il se penchait en avant pour attraper mon avant-bras.

"Mme O'Brien, vous allez bien?" Sa voix était nerveuse aussi. Je secouai la tête comme pour reprendre mes esprits et il me relâcha.

"Je-je suis désolée, Phil, j'ai eu un petit vertige," m'excusai-je. "Pardonnez-moi."

"Il n'y a rien à pardonner, ma'ame," répondit-il. "Y'a-t 'il quoi que ce soit que je puisse faire pour vous?"

Je me mordis l'intérieur de la joue. Qu'étais-je censée lui dire? Et bien, oui, Phil, s'il vous plaît, entrez pour que l'ancienne amante de mon soi-disant mari puisse boire votre humanité, figer votre corps à l'âge de vingt-quatre ans, et vous donner une vie éternelle - mais ultimement maudite.

"Non, rien du tout," lui dis-je rapidement. "Mes visiteurs me mettent dans tous mes états, je suppose."

Le rire joyeux de Phil illumina son magnifique visage. "Les invités impromptus ont tendance à avoir cet effet-là. D'où avez-vous dit qu'il venait?"

"Euh, du Texas," balbutiai-je.

"Le Texas...J'ai toujours pensé que j'aimerais voyager dans le Sud un jour, peut-être pour apprendre à utiliser le lasso ou pour me retrouver dans un duel." Le visage de Phil se fit rêveur et il se frotta l'arrière du crâne. Il soupira en sortant de sa rêverie. "Mais j'ai bien peur de ne pas avoir le temps. Coincé dans cette bonne vieille ville de Ten Sleep je suppose."

Mon esprit commença à partir dans un millier de directions différentes. S'il recevait cette vie...s'il était forcé de vivre cette vie...le temps lui serait illimité. Des duels, il ne connaîtrait certainement pas, mais sa vie tournerait autour de quelque chose de semblable. Et s'il se joignait vraiment à eux, si Maria croyait ma vision et l'ajoutait à son armée, alors ça me rendrait peut-être ma liberté, et peut-être même celle de Charlie.

Mais plus que tout, ça me rendrait Jasper. Mon amour, ma vie, dont j'ignorai la location actuelle mais je donnerais tout pour le découvrir et le sauver. Il devait être sauvé.

A n'importe quel prix.

"Phil...si vous pouviez aller au Texas..." Je m'interrompis parce que je ne savais pas comment tourner ce que je voulais dire.

"Mme O'Brien, si j'avais l'opportunité de partir de Ten Sleep, je serais dans le train ce soir," me dit Phil, d'une voix basse et rêveuse. Je pouvais presque sentir son désir de partir émaner de lui par vague.

"Détestez-vous Ten Sleep tant que ça?" lui demandai-je nonchalamment.

"Non, ma'ame, non," me dit-il rapidement. Je ne pourrais jamais détester cette ville. Le Wyoming est mon lieu de naissance, ça a toujours été ma maison, même après la mort de mes parents. Mais je sais qu'il y plus que Ten Sleep dans le monde. Et...et je veux le voir de mes propres yeux."

On y était. Je tenais l'opportunité qu'il voulait dans la paume de ma main.

"Juste un rêve stupide, je suppose," ajouta honteusement Phil.

"Les rêves ne sont jamais stupides," répliquai-je.

"Avez-vous un rêve, Mme O'Brien?" me demanda-t-il d'une voix si sincèrement intéressée que je ne pus m'empêcher de sourire un peu.

"Actuellement...mon rêve est de vous voir réaliser le vôtre," répondis-je doucement. Surtout si ton rêve inclut une vie éternelle.

"Eh beh, c'est la plus gentille chose qu'on m'ait jamais dite," s'exclama Phil avec un sourire.

"Phil," dis-je doucement. "Pourrais-je vous demander de rester ici un instant?"

"Bien sûr, ma'ame, je ne bouge pas de là." Il s'appuya docilement contre la colonne qui soutenait le toit de notre porche et je retournai à l'intérieur en prenant bien garde de fermer la porte derrière moi.

Charlie m'attendait dans l'entrée, le visage impatient.

"Alors?" me demanda-t-il.

"Je pense...que j'ai trouvé la clé," lui dis-je lentement.

Ses yeux s'illuminèrent. " Vas-y, dis-moi."

"Viens," lui dis-je en lui faisant un signe de la main. "Je vous le dirai à tous les deux."

Il me suivit dans le bureau. Maria était assise dans le fauteuil de Jasper, les mains croisées sous le menton, comme si elle savait que nous allions venir.

"Oui?" dit-elle, tout en gardant un visage impassible.

"J'ai eu ta vision," annonçai-je. Elle haussa un sourcil.

"Et?"

"Et tu as deux options," expliquai-je. "La première, tu nous gardes avec toi. Quoi que tu fasses, ou quelle que soit la bataille que tu livres, la même chose finira toujours par arriver. Charlie va s'affaiblir, mes visions vont me faire défaut, et tu nous perdras tous les deux dans une bataille. Jasper renoncera et tu le perdras aussi."

"Et la seconde option?" me demanda Maria. Je pris une profonde inspiration.

"La seconde option est l'option qui te rendra ton territoire et ton pouvoir...je te la dirais si tu promets de quitter Ten Sleep. Vous devez tous partir, me rendre Jasper, et nous laisser tranquilles." Je m'interrompis et ravalai ma nervosité tout en ignorant les coups d'œil insistants de Charlie. Je lui parlerai de ça une fois qu'elle m'aura fait sa promesse.

Maria me jaugea du regard. "Tu dis la vérité," me dit-elle, c'était une exclamation, pas une question.

Je hochai la tête avec anxiété. Je voulais tellement Jasper à cet instant, pour le calme qu'il me ferait ressentir, pour ses bras rassurants autour de moi. Même sa simple présence apaiserait mes nerfs, et je donnerais n'importe quoi pour sentir son pouce dessiner des petits cercles sur ma main.

"Pour la première fois depuis très longtemps, Alice," me dit Maria d'une voix monotone, "je vais obéir à ton ordre."

Mon estomac quitta mes talons. Elle allait m'obéir! Elle allait nous libérer! Jasper et moi redeviendrons heureux et nous serions réunis...toute pensée de Marlene, des Cullen, ou de la sécurité de Phil Crawley quitta mon esprit à ces mots. J'étais si heureuse que j'aurais pu voler.

"Si ta vision est satisfaisante, bien sûr."

La voix glaciale de Maria gâcha ma joie. Je me calmai et choisis prudemment mes mots pour lui décrire ce que j'avais vu.

"Il y a un homme sous le porche," commençai-je, ma nervosité revenant à la charge maintenant que je réalisai les ennuis que j'étais en train de créer pour ce pauvre homme. "Il s'appelle Phil Crawley...il était dans la vision que j'ai eu. Il va avoir un don, une ouïe très développée, et tu t'en serviras à ton avantage."

Ses yeux commencèrent à briller alors que je continuai.

"Il veut partir d'ici, découvrir le monde...donc tu auras son enthousiasme aussi." J'essayai de toutes mes forces de ne pas penser aux vies humaines qui tomberaient entre ses mains de nouveau-né alors que je continuai. "Et, si tu veux, je peux te le présenter tout de suite."

Maria se leva du siège de Jasper plus vite que la lumière, "Allons-y," me dit-elle rapidement, en me faisant signe de passer devant. Elle lança un regard noir à Charlie, lui faisant clairement comprendre qu'il ne devait pas bouger lorsqu'on sortit de la pièce pour retourner sous le porche où Phil m'attendait comme promis.

"Phil," appelai-je. "J'aimerais vous présenter quelqu'un. Voici ma...voici Maria."

Je fis un geste de la main vers la beauté exotique qui se tenait à mes côtés, et ne fus pas surprise de voir les yeux de Phil s'écarquiller.

"Comment allez-vous, ma'ame?" dit Phil, en s'inclinant, les joues légèrement rouges. Je pouvais presque sentir la sensualité émanant de Maria, attirant Phil à elle.

"Maria, je te présente Phil Crawley," continuai-je. "Phil rêve de voir le Texas."

"Le Texas?" répéta Maria d'une voix musicale. "Ma foi, c'est de là que je viens."

"Vraiment?" Phil sourit, une expression si sincère sur le visage que je commençai à me dire que la transition ne serait peut-être pas trop difficile pour lui. Après tout, il réaliserait l'un de ses rêves, il recevrait cette fille supposément idéale en plus, et, pour être tout à fait honnête, l'éternité n'était pas toujours si horrible que ça.

"Je vais vous laisser seuls," dis-je en les contournant pour retourner dans la maison en grimaçant. Bien qu'on dirait que tout irait bien pour Phil, qui savait le pouvoir que je venais juste de donner à Maria?

Charlie m'attendait dans l'entrée, les yeux luisant de furie.

"Tu ne lui as rien dit à mon sujet!" cria-t-il avec colère. "Je vais rester ici pour t'empêcher d'avoir des visions!"

Sa colère enfantine ne me surprit pas, mais je me sentis mal de ne pas avoir encore tenu ma promesse.

"Je suis désolée," m'excusai-je. "Je lui parlerai dès qu'elle reviendra à l'intérieur."

"Qui te dit qu'elle reviendra?" répliqua-t-il. "Elle pourrait le mordre ici et maintenant et ensuite tous nous emmener là où les autres sont cachés!"

Je secouai la tête. Non, elle ne pouvait pas faire ça. Ça voudrait dire que la localisation de Jasper resterait un mystère. Et s'il avait des problèmes? Ça faisait presque un mois qu'il n'avait pas chasser, il devait être très faible. Maria devait le libérer, elle avait promis...mais et si elle ne tenait pas sa promesse? Je passai ma tête par l'entrebâillement de la porte, surprise de voir que Maria était encore en train de parler avec Phil, avec la même expression sulfureuse sur le visage.

"Maria," appelai-je. Elle tourna la tête vers moi, apparemment énervée d'être interrompue. C'est presque comme si je l'avais arrêtée juste avant qu'elle ne le tue, et j'étais certaine que c'était ce qui venait de se passer. Je lui lançai un regard insistant, la suppliant du regard de revenir dans la maison.

"S'il vous plaît, veuillez m'excuser, Phil," roucoula-t-elle avant de lui faire un large sourire et de revenir dans la maison.

"Qu'y a-t 'il?" demanda-t-elle avec colère. "Je l'avais presque."

"J'ai une dernière demande avant que tu...l'aies," annonçai-je.

"Tu commences à abuser," marmonna-t-elle. "Je t'écoute."

"Laisse Charlie avec nous."

Je me retins de trembler avec difficulté. Je craignais que ce ne soit la goutte d'eau qui fasse déborder le vase et qu'elle ne tiendrait pas sa promesse de partir, de me libérer, et de me dire où était Jasper.

Le regard de Maria se posa sur Charlie, qui se tenait à mes côtés. "Est-ce que tu veux?"

Tremblant légèrement, Charlie acquiesça. "Oui. Je...Je ne rentre pas."

"Tu ne rentres pas?" Elle plissa les yeux et se redressa avant de se concentrer à nouveau sur moi. "L'as-tu vu dans ta vision, Alice?"

Je secouai la tête. Charlie n'avait pas été avec elle dans ma vision. Elle accepta cette vérité et hocha lentement la tête en réfléchissant à cette nouvelle information que je venais de lui donner.

"Bien...autant aller jusqu'au bout," dit-elle d'une voix si ferme que je ne lui fis presque pas confiance. "C'est décidé alors, Charlie?"

Charlie hocha solennellement la tête mais resta silencieux.

Elle soupira dramatiquement. "J'espère que tu ne le regretteras pas. Viens m'aider à transformer Phil, assures toi que je ne le tue pas...fais-moi une dernière faveur."

Charlie me regarda avec les yeux écarquillés d'un enfant nerveux. "Vas-y," lui dis-je. Il devait aller avec elle. Si nous n'obéissions pas au moindre de ses ordres maintenant, elle déciderait peut-être de ne pas tenir ses promesses. Je me retrouverais seule, sans jamais savoir où Jasper se trouvait. Il devait obéir, c'était aussi simple que ça.

Je m'assis sur le sofa alors qu'ils retournaient sous le porche et me préparait à la transformation de Phil à laquelle je ne supporterais pas d'assister. Je ne pouvais pas me rappeler de ma propre transformation, mais Jasper m'avait dit que c'était une expérience douloureusement inoubliable que j'avais malheureusement oublié.

Maria ferma la porte derrière elle et des visions de Phil se tordant de douleur au sol, du sang coulant de son cou défilèrent cruellement dans mon esprit. Je le vis se transformer au cours des trois prochains jours et je pouvais presque sentir la douleur qu'il expérimenterait. Mon esprit alla même jusqu'à me montrer la version parfaite et inhumaine de Phil, pâle comme le lait, avec des yeux rouges sang. Je priai pour que Maria ne le garde pas ici pour la transformation, nous étions bien trop près de la ville pour ça, et je ne savais pas si je pourrais supporter de voir cet homme souffrir à cause de moi.

Un rugissement de douleur résonna dehors. Alors c'était fait. Maria avait obtenu ce qu'elle voulait, et maintenant il était temps que je récupère ce que je voulais. Je me levai, me redressai de toute ma hauteur et ouvris la porte.

Maria était sous le porche, les yeux fixés sur Phil Crawley, qui se tordait de douleur au sol, un gémissement bas passant à travers ses dents serrées. Je gardai mes distances pour observer sa peau qui commençait déjà à scintiller subtilement depuis le pas de la porte. Sa douleur était dure à voir, parce qu'elle était de ma faute.

"Ne t'inquiète pas, j'ai dit à Malachi de venir le chercher," me dit Maria en voyant mon inconfort.

"Tu as envoyé Charlie seul?" lui demandai-je en regardant autour de moi. "Et s'il attaquait quelqu'un?"

"Le vois-tu en train de boire, Alice?" me demanda-t-elle en haussant un sourcil moqueur.

Je scannai mon esprit pour une vision de Charlie et ne vis...rien. "Non, je ne le vois pas," répondis-je.

"C'est parce que je ne l'ai envoyé nulle part," me dit-elle mystérieusement. Je plissai les yeux.

"Où est-il alors?" lui demandai-je. Maria me fit un large sourire vicieux et me montra un endroit juste à côté du corps à l'agonie de Phil.

Mon souffle se coupa dans ma gorge et je fis rapidement volte-face pour ne pas voir les cendres de Charlie être lentement emportées par la brise du Wyoming.

"Je lui avais dit qu'il regretterait de me quitter," dit Maria derrière moi. La pointe de rire bien audible dans sa voix me fit grimacer.

"Alors tu l'as tué," crachai-je, le dos tourné. "Tu as pris deux vies aujourd'hui...trois, si je compte Jasper."

"Charlie devait disparaître," me dit-elle froidement. Je me tournai vers elle, les yeux brûlant de rage.

"Disparaître?" répétai-je.

"Ce n'est pas l'innocent petit garçon que tu crois qu'il est."

"Était."

Elle leva les yeux au ciel. "C'est ça. Il a choisi de changer sa destinée. J'en ai fait autant."

Je me tournai à nouveau vers l'allée, reconnaissante que les restes de Charlie se soient dispersés dans l'air. Alors que ses dernières cendres voletaient autour de moi, je ressentis le plus étrange sentiment de paix s'abattre sur moi. C'était presque comme si, d'un autre monde, l'homme prisonnier d'un corps d'enfant entrait en contact avec moi pour me faire savoir que tout allait bien. Il n'aurait pas survécu avec Maria, me dit une petite voix, et il n'aurait pas été heureux avec toi, à boire du sang animal tout en supprimant son don. Je soupirai, heureuse qu'il ait au moins trouvé la paix.

Phil grogna bruyamment, ramenant mon attention sur son corps qui se tordait de douleur au sol.

"Même sans Charlie, celui-là m'aidera parfaitement," me dit nonchalamment Maria. "Cela-étant, si ta vision est vraie."

"Elle l'est," insistai-je. "Maintenant, vas-tu me rendre Jasper?"

"Oh, regarde, voilà Malachi." Je serrai les dents en l'entendant changer de sujet mais la suivis dans l'allée, passant à côté du corps de Phil pour aller rejoindre l'homme aux cheveux noirs.

"Tu as le nouveau-né?" demanda Malachi.

"Il est là-bas." Maria fit un geste brusque de la tête par-dessus son épaule. Malachi hocha la tête et passa à côté de nous pour aller soulever Phil et le mettre sur son épaule.

"Je vais le prendre alors," dit-il. "Est-ce que vous venez, vous trois?"

"Juste moi, maintenant," répondit-elle. "Je serai bientôt là."

Malachi hésita avant de hocher à nouveau la tête, positionnant Phil plus confortablement sur son épaule.

"Attends!" criai-je lorsqu'il fit volte-face pour partir. Il s'immobilisa. Je m'approchai de lui, convaincue que je devais faire mes adieux à l'homme dont j'avais changé la vie. Il se débattait dans la poigne de fer de Malachi, poussant des petits cris de douleurs toutes les quelques secondes. Je tendis la main pour effleurer son visage - qui était déjà en train de pâlir - et ses yeux s'ouvrirent, entièrement injectés de sang. Ma main recula d'elle-même. Phil était rapidement en train de devenir inhumain, et c'était de ma faute.

"Cet homme est celui qui te rendra le tien," me dit Maria alors que Malachi s'éloignait à toute vitesse, la dernière parcelle de mortalité de Phil Crawley balançant sur son épaule.

Jasper...mes poumons arrêtèrent de fonctionner à l'idée d'être réunie avec lui.

"Alors vas-tu tenir ta promesse?" lui demandai-je avec incrédulité. Ça ne lui ressemblait vraiment pas, surtout après avoir détruit Charlie sans la moindre hésitation.

Maria rigola sombrement. "Je suis peut-être un tyran vicieux, démoniaque et assoiffée de sang, mais je ne suis pas une menteuse. Je fais toujours ce que je dis. Et je t'ai dit que je vous laisserais tranquilles. Mais..."

"Mais quoi?" demandai-je rapidement. Même après son petit discours, je m'attendais encore à ce qu'elle change d'avis à la dernière seconde.

Sa voix devint dure et féroce, et je luttai de toutes mes forces pour rester forte face à sa présence écrasante.

"Je veux juste que tu te rappelles d'une chose: il était à moi avant. Partout où tu as été, partout où tu iras, je l'ai déjà conquis. Il est très protecteur avec toi mais il m'était dévoué. Il était mon esclave volontaire, comme tu l'es pour lui. Et on sait tous que l'esclave est toujours le plus faible des deux."

Je ravalai tout ce que je voulais lui dire: que Jasper n'était pas un territoire à conquérir; qu'aucun de nous ne dominait notre relation; qu'il avait peut-être été à elle avant mais qu'il était à moi maintenant et que c'était tout ce qui comptait...mais je ne dis rien et la laissai avoir sa minute de gloire. Plus vite elle serait satisfaite, plus vite je récupérerais Jasper.

"Et sur ce, Alice, je te dis au-revoir." Maria me fit un petit signe de la main et fit mine de partir.

"Seigneur, Maria, où est-il?" criai-je, mes émotions prenant finalement le dessus.

Elle éclata d'un rire horrible. "Je suis sûre que tu le trouveras dans le coin."

Je plissai les yeux. Elle me fit un sourire moqueur en réponse et enfonça sa botte dans le sol pour tracer un X dans la poussière.

"Je crois que tu as une pelle dans l'étable."


(1) "From Cold and Empty Veins," Richard III, Acte I Scène 2, William Shakespeare


Prochain chapitre : Continue à travailler pour sauver sa vie

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