Disclaimer : l'univers de la série Hogan's heroes ne m'appartient pas et je ne tire aucun bénéfice de cette publication.

Résumé : L'histoire tourne autour de Newkirk qui va passer quelques mauvais moments lorsque va débarquer au Stalag 13 une ancienne connaissance qu'il ne porte pas du tout dans son cœur.

Note personnelle : Bon, c'est visiblement la seule fic en français portant sur la série Hogan's heroes (papa schultz pour la version française) et c'est aussi ma première fic sur ce sujet. Je ne suis même pas sûre qu'il y aura des lecteurs… Mais j'envisage de la traduire en anglais par la suite, quand j'aurais un peu de temps afin de pouvoir insérer tous les petits détails importants comme l'accent de Newkirk, les quelques phrases en français de Lebeau ou encore les expressions des uns et des autres.

Mais ça demandera pas mal de travail. Si jamais quelqu'un est tenté par un travail de traduction, qu'il n'hésite pas à se faire connaître !

Wolf trap

Chapitre 1

Mauvaise rencontre ?

La nuit était fraiche et le caporal Newkirk de la RAF ne put réprimer un frisson. Ca faisait près d'une heure qu'il épiait le ciel, dissimulé derrière un talus en compagnie du sergent Carter de l'aviation américaine.

- Ils sont en retard. J'espère qu'ils ne nous ont pas obligés à sortir pour rien. Non mais tu y crois toi, nous prévenir à la dernière minute comme ça. On aurait pu avoir prévu autre chose, avoir un rendez-vous ou…

Carter qui était allongé sur la terre humide près de lui l'empêcha de continuer de se plaindre en posant sa main sur sa bouche.

- Chut.

- Comment ça chut ? Râla l'anglais en éloignant la main de l'américain. Il ne rajouta rien, le son d'un moteur attirant son attention vers les étoiles. Il pointa ses jumelles vers le ciel pour vérifier l'origine de l'appareil.

- C'est l'un des nôtres. Pas trop tôt.

Carter émis quelques flashs lumineux à l'aide de sa lampe torche et presque instantanément, deux colis furent largués de l'avion. L'anglais et l'américain se remirent sur leurs pieds et se lancèrent en direction du point de chute. A cet instant, une explosion violente retentit. Les deux hommes levèrent les yeux au ciel pour se rendre compte qu'un missile allemand avait atteint l'appareil anglais de plein fouet.

- Les enfoirés. Jura Newkirk, échangeant un regard avec son ami. Mais le temps n'était pas au recueillement. Quiconque avait été aux commandes de cet appareil, il avait accompli sa part de la mission. C'était maintenant à leur tour de la terminer.

Newkirk souleva doucement le couvercle de la petite caisse de bois pour s'assurer de son contenu. Quelques barres de plastique étaient disposées les unes auprès des autres et l'anglais se demanda un instant de quelle puissance de feu ils allaient disposer avec tout ça. Il entreprit ensuite de détacher le parachute et alors qu'il était concentré sur sa tâche, il sentit un objet froid, métallique, se presser contre sa nuque.

Il leva les mains sans effectuer le moindre geste brusque pour indiquer que, quiconque se trouvait derrière lui, il avait toute sa coopération.

- Ich bin nicht bewaffnet. Tenta t-il, persuadé d'être en présence d'un soldat allemand près à lui exploser la cervelle.

Carter choisit ce moment pour réapparaître de derrière les fourrés, une caisse similaire à celle que venait de trouver l'anglais dans les bras.

- J'ai les détonateurs. L'informa t-il, les yeux rivés sur son paquet.

- Carter. Le mis en garde son ami, espérant que l'allemand n'avait pas la gâchette facile et surtout qu'il n'était pas couvert par tout un régiment.

Au ton froid de l'anglais, le sergent américain releva la tête et stoppa net. Son compagnon était agenouillé en face de la caisse comprenant les explosifs promis par Londres, un revolver pointé sur l'arrière de son crâne. Il n'arrivait pas à distinguer l'homme derrière l'arme, la lumière de la lune étant bien trop faible, les branches des arbres accentuant la pénombre.

- Newkirk ? Demanda t-il d'une voix pressante et inquiète, ne sachant absolument pas ce qu'il était censé faire dans un cas comme celui-là.

- Newkirk ? Répéta une voix dont l'accent était bien loin de ressembler à un accent allemand. Peter Newkirk ?

Le caporal frissonna lorsqu'il crut reconnaitre la voix de l'homme qui se tenait derrière lui et pria presque pour qu'il se trompe et qu'au lieu de l'anglais qu'il était maintenant persuadé d'avoir reconnu, se trouve un allemand. Avec les allemands, au moins, il savait comment réagir.

oOo

- Un café Kinch ? Proposa le caporal français Lebeau en posant une tasse fumante près de la radio qui se trouvait sous la baraque deux. Le sergent Kinchloe retira le casque d'écoute qu'il portait pour se tourner vers le petit français qui avait visiblement eu sa dose de caféine. Il trépignait sur place, lançant des regards inquiets en direction du tunnel.

- Tu m'en as déjà apporté un il y a dix minutes, je ne l'ai même pas encore fini. Lui fit remarquer le sergent américain en lui désignant la tasse qui se trouvait déjà sur le bureau. Tu n'es pas obligé de trouver une excuse pour descendre ici et voir s'ils sont arrivés ou non. S'amusa t-il bien qu'il soit lui-aussi inquiet du retard de leurs deux acolytes.

- Je ne suis pas inquiet. Démentit un peu trop vivement Lebeau. Mais ça va faire deux heures. Rajouta t-il, moins sûr de lui.

- Ils ne vont surement pas tarder. Le rassura Kinch en croisant les doigts pour avoir raison.

- Alors ? Résonna la voix de leur colonel derrière eux. Toujours pas revenus ?

L'inquiétude se lisait sur les traits du colonel Hogan. Ils avaient l'habitude des retards mais rarement pour une simple mission de récupération qui n'impliquait pas un tour en ville et d'éventuelles agréables rencontres.

- Vous connaissez Newkirk et Carter, Monsieur. Plaisanta Kinch. Ils trouvent toujours le moyen de faire les imbéciles quand ils sont en mission tous les deux.

- Andrew a peut être trouvé un écureuil blessé sur le chemin du retour. Le temps qu'il arrive à convaincre Newkirk de le ramener à la maison, on n'est pas près de les revoir avant le matin.

Hogan sourit, d'autant que le cas de figure s'était déjà présenté, à quelques détails près.

Comme pour les démentir, des pas se firent entendre en provenance du tunnel. Les trois hommes qui se trouvaient autour de la radio se mirent immédiatement sur leurs gardes, le colonel saisissant son arme, près à toute éventualité.

L'apparition de Newkirk soulagea tout le monde.

- Non mais tu as vu l'heure qu'il est ? Lui lança Lebeau dont la pression venait de descendre d'un coup.

- Désolé maman, tout ne s'est pas passé exactement comme prévu.

Le ton agacé de l'anglais surpris Lebeau comme les autres.

- Quelque chose s'est mal passée ? Demanda Hogan en fronçant les sourcils.

- Oh non colonel. On a les paquets si c'est la question. Avec un bonus en prime.

- Comment ça ?

D'autres pas résonnèrent dans le tunnel. Newkirk se tourna dans leur direction et après avoir lancé un « demandez à Carter » et oublié tout le respect qu'il était censé avoir envers son officier supérieur, emprunta l'échelle pour remonter dans la baraque, fuyant l'origine des pas qui se rapprochaient.

Lebeau et Kinch échangèrent un regard traduisant leur pensée commune. Un écureuil ?

Répondant à leur question muette, Carter fit à son tour son apparition dans la pièce, une petite caisse dans les bras, suivi de près par un homme qui n'avait rien d'un écureuil. Un officier anglais. Et pas des moindres à en croire les quatre barres blanches et noires qui ornaient ses épaules.

- Désolé de débarquer chez vous messieurs. Je crains de ne pas pouvoir repartir par la voie qui m'a mené dans ce pays. Plaisanta l'étranger en déposant la caisse qu'il portait dans un coin, imité par Carter.

Dépassant son étonnement de voir ainsi apparaître un officier de la RAF, le chef des prisonniers du stalag 13 s'avança vers leur nouvel hôte lui tendant une main que l'anglais serra chaleureusement.

- Colonel Robert Hogan, US air force. Bienvenue au Stalag 13.

- Capitaine Cameron Lackey, Royal air force. Tout le plaisir est pour moi.

- Et vous savez quoi. Intervint Carter, excité comme une puce. Le capitaine a été l'instructeur de Newkirk, c'est dingue non ?

oOo

- Ce n'est pas ce qu'il y a de plus confortable mais c'est tout ce qu'on a. S'excusa Hogan en déposant une couverture sur la couchette qui se trouvait dans le tunnel.

- C'est parfait. Je suppose que c'est ce qu'il y a de mieux pour un anglais dans ce pays. Fit remarquer le capitaine Lackey de la RAF.

- Probablement. Sourit Hogan. Je vous aurais bien proposé un lit à l'étage mais on est sans arrêt dérangé. Ces allemands n'ont aucun sens des bonnes manières. En tous les cas, vous avez eu de la chance de tomber sur mes hommes. Ils étaient persuadés que l'explosion n'avait laissé aucun survivant.

- Je savais que des hommes de la résistance viendraient récupérer les colis au point de chute. En revanche, on ne m'avait pas informé que les opérations de sabotage se déroulaient depuis un Stalag. C'est surprenant ce que vous avez accompli. Lui avoua Lackey en s'asseyant sur la couchette préparée à son effet.

- Merci mais le mérite en revient plutôt à mes hommes.

- Deux sergents américains, un caporal français et un cockney. C'est une équipe originale. Plaisanta le capitaine.

Hogan buta sur l'expression utilisée pour désigner Newkirk et qui dans la bouche de l'officier anglais avait une connotation des plus péjoratives. Il ne fit aucun commentaire, d'autant qu'il ne connaissait pas la signification exacte du mot et se contenta de souhaiter une bonne nuit au nouvel invité du stalag.

- Bonne nuit, colonel Hogan. Lui fit écho le capitaine Lackey.

oOo

Les cartes glissaient entre ses doigts, passant gracieusement d'une paume à l'autre, claquant presque imperceptiblement les unes contre les autres. Elles dansaient, froissant l'air de leur texture vieillie. Les gestes étaient automatiques, il les maîtrisait depuis toujours et les cartes volaient, sans dévier de leur voie, de gauche à droite, de droite à gauche. Cela faisait un moment déjà qu'il n'y prêtait plus attention, continuant machinalement, espérant sans doute inconsciemment, que le doux bruit du carton apaiserait la mélodie guerrière de son cœur.

Il faisait tout son possible pour ne pas lever le regard, pour ne pas croiser celui de l'homme qui l'épiait du coin de l'œil alors qu'il contait ses aventures à un public attentif.

- Il était bien plus imposant que mon appareil et plus rapide bien que cela me coûte de l'avouer.

- Comment vous vous en êtes sorti capitaine ? S'enquit un Carter en admiration, ce qui fit frémir le jeu de cartes avec lequel jonglait encore Newkirk, qui ne perdait cependant pas une miette de l'échange.

- Eh bien mon jeune ami, la chance était avec moi ce jour là. Je crois bien que ses armes lui ont fait défaut lorsqu'il m'a eu dans sa ligne de mire. Et ce pilote n'a plus jamais eu l'occasion de faire réviser son appareil.

- Vous l'avez descendu.

- Un demi-tour était plus facile pour mon Fulmar que pour son Messerschmitt. Il nous a suffi d'une salve pour l'envoyer rejoindre le sol dans un feu d'artifice qui aurait très bien pu être un dernier hommage rendu à ma personne. J'ai retrouvé mon escadron et nous avons pu rentrer à la base sans qu'un seul de nos appareils ait été descendu.

- Du bon boulot. Commenta Olsen étendu sur la couchette qui surplombait celle sur laquelle le capitaine Lackey était assis en compagnie du sergent Carter. Juste en face de la table à laquelle s'était installé le caporal Newkirk. A croire que c'était fait exprès.

- Et Newkirk, il faisait partie de la mission ? Demanda Carter, sans se douter qu'il venait joyeusement d'ouvrir la porte aux problèmes.

- Le caporal ne faisait déjà plus partie de l'équipe.

Newkirk sentit les poils de son échine se hérisser au ton presque enthousiaste du capitaine. Evidemment, espérer que la conversation n'irait pas plus loin était sans compter sur la curiosité maladive du jeune sergent américain.

- Pourquoi ça ?

Carter tourna la tête vers Newkirk pour avoir sa réponse mais celui-ci garda le regard rivé sur le bois sombre de la table. Le jeune américain se tourna donc à nouveau vers le capitaine de la RAF, sans remarquer le tremblement des mains de son ami et la carte qui venait de s'écraser sur la table.

Intéressé par l'apparition de leur anglais attitré dans la conversation du capitaine Lackey, Lebeau posa un instant sa cuiller pour suivre la conversation. Il jeta un œil vers le principal intéressé et ne pu s'empêcher de frissonner lorsqu'il vit le regard de celui-ci. Le bleu azur auquel il était habitué avait viré au gris tempête, sombre et froid. Les mains de l'anglais avaient cessé de jouer avec ses cartes, les bouts de carton se pliant brutalement, les poings de Newkirk se refermant convulsivement alors que Lackey répondait à son jeune interlocuteur.

- Pour qu'une équipe fonctionne bien, surtout en temps de guerre, la confiance est plus qu'une nécessité…

Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Lebeau n'eut pas plus le temps de bouger pour empêcher son ami de perdre son sang froid.

La chaise se retrouva au sol dans un fracas. Debout et tremblant d'une rage que ne pouvaient comprendre ses compagnons, Newkirk frappa violemment la table de ses poings, toujours fermés sur quelques malheureuses cartes.

- La ferme ! Hurla t-il en direction de son capitaine, le sang faisant battre ses tempes et son cœur douloureusement.

Touts les prisonniers présents dans la baraque mirent un temps mort à leurs activités, se retournant vers l'anglais qui toisait, hors de lui, son supérieur. Celui-ci, bien qu'un peu surpris par l'excès soudain de colère de son subordonné, ne pu empêcher un rictus de dégoût de déformer un court instant son visage.

- Caporal ! Le rappela t-il à l'ordre.

- Newkirk. Essaya de le calmer Lebeau en saisissant doucement son bras.

En voyant la rage monter chez son ami, il avait craint que celui-ci s'en prenne physiquement au capitaine. Heureusement la raison l'avait emporté sur l'impulsivité. Mais Lebeau connaissait Newkirk trop bien pour savoir que s'il ne se calmait pas tout de suite, les conséquences pourraient être dramatiques, pour le capitaine sans doute, pour Newkirk certainement. On ne s'en prenait pas à un officier supérieur, quelles qu'en soient les raisons.

Le contact de la main du français sur son bras fit frissonner l'anglais. Il la poussa, sans violence, les cartes pliées et déchirées qu'il avait jusque là gardées au fond de sa paume tombant lamentablement au sol. Lebeau croisa son regard avant qu'il ne franchisse la porte de la baraque. La colère y était toujours, une colère teintée de peine.

Le colonel Hogan, suivit de près par le sergent Kinchloe, choisit ce moment pour émerger du tunnel. Les hommes de la baraque étaient encore sous le choc de l'excès de colère brutal et en apparence non justifié de leur compagnon.

- Qu'est-ce qui ce passe ici ? S'inquiéta le colonel. On a entendu des cris.

Il avisa la chaise étendue sur le sol, entourée de cartes en mauvais état et, comme personne ne répondait, il se tourna vers Carter qui, la bouche entrouverte, avait l'air encore plus abasourdi que le reste de la baraque.

- Carter ? Le ton était sans appel.

- C'est Newkirk, colonel. Répondit Olsen à la place du sergent Carter. Il s'est emporté après le capitaine.

- Tu veux dire qu'il a disjoncté plutôt. Ca ne change pas tellement de d'habitude. Précisa l'un des autres prisonniers, éveillant quelques rires mal à l'aise de la part de ses voisins.

- Capitaine Lackey ?

- Je racontais seulement quelques histoires à mes jeunes amis. Je suppose qu'il a un problème avec l'évocation du passé. Ca n'excuse pas son attitude et son manque de respect. Remarquez, il y a des choses qui ne changent pas, c'en est presque rassurant.

Hogan fit mine de ne pas avoir entendu la dernière phrase. Il connaissait ses hommes. Si Newkirk avait un problème avec ce capitaine anglais, il avait sûrement une bonne raison. Autre que celle qui sautait aux yeux. Aux siens en tous les cas. Ce type était un emmerdeur de première. Et le pire, c'est qu'il semblait trouver le rôle à son goût. Mais une réaction aussi violente de la part de Newkirk, c'était inquiétant. Il devait pouvoir compter sur tous les membres de son équipe, surtout que la mission que venait de leur confier Londres n'avait rien d'un long fleuve tranquille. Ce qui signifiait le plus souvent que la réussite de la mission était impossible mais qu'il allait devoir se débrouiller pour la rendre seulement improbable.

En tous les cas, il commençait à comprendre l'origine de la véhémence des sentiments de son caporal envers les officiers.

A suivre.

N'oubliez pas de laisser quelques reviews pour faire plaisir à l'auteur. Et surtout pour que je sache si quelqu'un a lu cette fic