Chapitre 14

De puis que j'avais appris que Glorfindel nous emmènerais jusqu'à la Lorien une douce impatience me tiraillait l'esprit. Glorfindel le tueur de Balrog. Je souhaitais de tout mon cœur qu'il accepte que nous échangions quelques mots et peut être même qu'il me fasse lui-même le récit d'exploits dont je n'avais pas conaissance.

Il serait tellement extatique, tellement jouissif, de rencontrer un être aussi exceptionnel que j'en trépignais d'impatience. Le Prince de la forêt noire n'en était pas moins intéressant que lui, mais résidait dans les exploits de Glorfindel, tant d'aventure et de courage, qu'il m'était impossible de laisser passer une telle chance.

Le personnage de Glorfindel me tenait à cœur, a un tel point, qu'il en devenait presque une obsession lors de mes lectures. Il était de loin mon personnage favori, et le rencontrer en vrai me mettait dans un tel état d'euphorie quand j'y songeais que j'en oubliais le reste.

Mon changement de comportement correspondit à peu près au changement d'attitude qu'adopta Legolas envers moi. Bien qu'il ne se passe pas une journée sans que je ne le croise nous ne nous entendions plus trop bien. Son ton lors de nos discutions, toujours très poli et courtois se muait en froid ou glacial, lorsque j'abordais le sujet de Glorfindel. Je devinais assez rapidement, qu'il devait exister une mésentente entre les deux individus et cela me peinait un peu, je dois l'admettre, tout en éveillant ma curiosité. Ainsi, bien vite, je me résolus à l'évincer de nos conversations. J'étais assez curieuse d'en apprendre un peu plus au sujet de leurs relations. Je ne me souvenais pas avoir lu qu'il existait une quelconque inimité entre eux.

Au bout du compte, je me résolue à passer le plus clair de mon temps avec Arwen au détriment de Legolas. Arwen refusait cependant de me révéler quoique se soit à propos d'aucun des deux elfes. Elle m'encourageait a interroger Legolas a se sujet.

Mais, comme je n'aimais pas cette froideur qu'il dégageait lorsque j'avais le malheur de faire la moindre allusion à Glorfindel, je n'osais pas l'interroger.

Vint alors le jour du départ et avec celui-ci, l'arrivée de Glorfindel. Il était plus majestueux que n'importe quelle description littéraire en plus d'être un véritable enchantement pour les yeux.

A partir de cet instant et durant la quasi-totalité que dura notre chevauchée jusqu'au royaume de la Lorien, je ne cessais de parler avec lui jusqu'à en oublier de voir les heures et les jours passer. J'avais tant de chose à lui demander et lui à raconter. Il se montrait si patient et conciliant avec moi que je profitais de sa présence autant de temps que je le pouvais.

Nous n'eûmes pas de soucis majeurs durant notre périple ni de jour ni de nuit. Glorfindel nous guidait au travers des ténèbres avec cette lumière qui lui était propre et qui dissuadait les créatures des ombres de s'approcher de sa source. Tous avait confiance en lui et en son jugement et ses directives étaient respectées et souveraines.

Ce n'est que lorsque nous pénétrâmes dans les bois de la Lorien que je m'aperçu un peu honteusement que j'avais délaissé mes amis.

Arwen ne m'en voudrait sans doute pas trop. Je lui avais laissé entrevoir la passion que j'entretenais à propos du légendaire elfe. Quand au Prince de la forêt noire, j'avais le pressentiment qu'il ne me pardonnerait pas aisément mon comportement envers eux.

Glorfindel avait pris l'habitude de chevaucher près de moi durant notre périple, ainsi je n'eus qu'à me retourner pour lui poser la question qui venait de s'imposer à mon esprit.

- « Bien que se soit assez indiscret de ma part, je souhaiterais vous poser quelques questions sur des sujets d'ordre plus privés. » avançais-je.

Alors que je prononçais ses mots un cavalier à la blonde chevelure qui chevauchait à quelques dizaines de mètres devant nous tourna la bride dans notre direction. Legolas, car il s'agissait bien de ce dernier, nous envoya un regard furieux et nous dépassa à toute vitesse pour rejoindre l'arrière du groupe.

Je le regardais faire sans pouvoir réagir, choquée par un tel comportement de sa part. Je ne comprenais pas ce qui avait bien put provoquer une telle réaction chez lui. Le regard qu'il m'avait envoyé me confortait assez dans mon idée qu'il ne me pardonnerait pas si aisément de l'avoir pour ainsi dire complètement occulté sa présence et celle d'Arwen pendant notre voyage.

- « Qu'est-ce qui lui prends ?» lâcha Glorfindel.

- « Je ne sais pas. » répondis-je toujours pensive.

Peut-être aurais-je du prendre un peu plus de temps pour faire cracher le morceau à Arwen à propos de ces deux elfes là.

La patience des elfes est légendaire mais mon obstination l'aurait certainement mise à l'épreuve.

- « Que souhaitiez-vous me demander ? » poursuivit Glorfindel.

- « Quelle relation entretenez-vous avec Legolas ? » lâchais-je prudemment.

- « Je ne connais pas bien le prince héritier de Mirkwood. Il est encore très jeune et je n'ai que rarement eut l'occasion de m'entretenir avec lui bien qu'il ait toujours été courtois et respectueux envers moi en ces occasions. »dit-il.

- « Je suis désolé si cela vous a parut étrange mais cela fait un moment que je me pose cette question. » me justifiais-je étonnée par sa réponse.

- « Pourquoi ne pas le lui avoir posée directement ? » demanda-t-il.

- « Le prince ne me semblait pas disposé à me parler de vous lorsque je vous ai évoqué auprès de lui. » exposais-je.

Je crus déceler un infime frémissement des lèvres de mon interlocuteur à cette réplique.

- « Vous devriez allez lui parler, malgré tout, aussi désagréable que cela vous paraisse. Il est certainement préférable que vous régliez cela entre vous avant d'en subir plus de désagréments qu'un simple regard de colère. » insista-t-il

- « J'espère bien qu'il n'est pas déjà trop tard. » soupirais-je.

Je me sentais un tantinet mélodramatique d'avoir dit cela.

- « Ne vous en faîtes pas, il ne pourra que vous pardonner. Personne ne pourrait en vouloir à une personne aussi charmante que vous l'êtes très longtemps. » dit-il.

Je me sentis rosir de bonheur sous le compliment et le remerciait. J'étais toujours un peu gênée par se genre d'attentions.

Nous ne tardâmes pas à être rejoins par un groupe d'éclaireur d'elfe des bois de la Lorien, aux cheveux d'un blond presque blanc et vêtus des fameuses capes grise des Bois-d'Or.

Nous campâmes ensemble dans la forêt et je ne pus m'empêcher de parler avec nos hôtes lors de notre repas du soir au lieu de courir après Legolas et Arwen pour me faire pardonner mon inconstance auprès d'eux.

Je fis la connaissance de Haldir lequel c'était déplacé spécialement en tant que Capitaine de la Garde pour accueillir la petite fille de la maîtresse des lieux.

Lui aussi mourrait dans un futur plus ou moins lointain si je n'intervenais pas sur le cours des évènements aussi je passais le reste de la soirée après qu'il ait fait les présentations à le couver du regard. Plus je le regardais et je l'écoutais plus ma détermination grandissais. Je ne pouvais pas laisser la mort d'un tel être se produire se serait tout simplement criminel. Il me faudrait tout tenter pour l'empêcher.

Les Valars m'en soit témoins, je ne le laisserais pas mourir lors de la bataille du Gouffre de Helm. Forte de cette nouvelle résolution, c'est le cœur et l'esprit léger que je m'endormis ce soir là.

Le lendemain, je passais notre dernière journée de notre voyage à chevaucher au côté d'Haldir.

Il me sembla assez rapidement que la sympathie qu'il m'inspirait était partagée. Je passais un agréable moment en sa compagnie. Je le questionnais avec enthousiasme sur la capitale fortifiée des Galadhrim, Caras Galadhon, notre destination.

- « Avez-vous quelque chose à vous reprochez, Melindil ? » demanda Haldir soudainement.

- « Pourquoi cette question ? »demandais-je intriguée.

- « Le prince de la forêt noire regarde dans notre direction depuis un bon moment déjà avec un air offensée. Ne lui ayant encore jamais adressé la parole, hormis lors de nos présentations respectives, je doute que son animosité me soit adressé. » expliqua-t-il.

- « Je ne sais pas trop qu'est-ce qui lui prends ces dernier temps. Il se comporte de manière assez inexplicable. Je ne me rappelle pas avoir fait quelque chose de particulier qui aurait put l'offenser.» l'informais-je.

- « Quand est-ce que cela a commencé d'après vous ? » poursuivit-il en fronçant ses minces sourcils blonds.

- « Il me semble que c'était hier lorsque je parlais avec Glorfidel. Il a fait demi-tour, sans raison, nous a fusillés du regard puis s'en est allé rejoindre l'arrière de la colonne. » expliquais-je.

Haldir resta silencieux, je n'aurais sus dire s'il était perplexe ou s'il comprenait quoi que se soit du comportement de Legolas.

Je me fis la promesse de parler à Legolas lorsque j'aurais un instant de libre.

Mais avant cela j'attendais avec impatience le moment ou je rencontrerais Galadrielle et Celeborn.