Cette histoire est située après "Cendrillon 3"(Le sortilège de Cendrillon) et est basée en particulier sur Lady Tremaine, la belle mère de Cendrillon, et plusieurs autres "méchants" qui apparaitront à la suite. Il y aura peut être une liaison homosexuelle, bien que ce ne soit pas raconté en détails, évidemment. Les personnages appartiennent tous à Disney.

Jail-Land ; Une nouvelle arrivée

Lady Tremaine et sa fille Javotte étaient assises sur les sièges royaux, les mains liées posées sur leurs genoux. Accusées de crime envers la royauté et envers la femme du prince, c'est-à-dire Cendrillon, elles allaient être jugées et condamnées selon la sentence qui serait décidée par le roi, accompagné de son Duc et de quelques autres personnalités du royaume. Une cinquantaine de personnes du peuple étaient venues pour assister à ce procès. Ce qui était sûr, c'est que même au cas où Lady Tremaine n'écopait que d'une petite peine, son image serait ternie à jamais.

« Accusées, levez vous ! » Ordonna le roi. Lady Tremaine et Javotte obéirent immédiatement.

« J'imagine que vous connaissez d'ores et déjà les chefs d'accusation portés contre vous ?

- Euh… Oui votre majesté ! » Répondit Javotte, exécutant une petite révérence, apeurée à l'idée d'être condamnée. Elle espérait faire un minimum bonne impression, et sauver quelques peu son image. Lady Tremaine, quant à elle, ne répondait pas. Elle regardait sa fille Javotte en coin avec un peu de dédain. Elle n'espérait pas grand-chose du verdict final de ce procès. Aller en prison lui importait peu à présent. Pour l'instant, elle avait perdu tout espoir et voulait juste être seule. Le roi hocha de la tête en direction de Javotte, l'air sévère. Celle-ci se releva, droite. Faire des petites révérences ne servirait apparemment à rien. Lady Tremaine sourit discrètement dans un rictus méprisant, regardant sa fayotte de fille en coin, amusée.

« Eleanor Tremaine ! Vous êtes celle qui a planifié cette machiavélique entreprise contre le prince et sa femme en but d'élever votre fille Anastasie au rang de princesse de notre royaume contre sa volonté, est-ce exact ? »

Lady Tremaine réprima une grimace.

« Contre sa volonté ? Au départ, je crois me souvenir qu'elle était d'accord…

- Elle l'était parce vous la manipuliez ! Mais une fois sortie de votre influence néfaste, elle a renoncé à cette entreprise diabolique !

- C'est pourtant bien elle qui nous a amené la baguette de… C'est quoi son nom déjà ? » Demanda Eleanor plus pour elle-même que pour le roi. Cendrillon répondit à sa place ;

« C'est ma marraine la bonne fée…

- Ah oui… La marraine la bonne fée… Fit elle en roulant des yeux. Vous devrez avouer votre majesté, que nous n'avons en aucun cas volé sa baguette, d'autant plus que c'est bel et bien Anastasie qui l'a transformée en gargouille…

- Vous auriez pu la retransformer…

- Nous ne savions pas faire…

- Ah oui ! Vous avez remonté le temps, ensorcelé mon fils, transformé votre fille pour qu'elle soit à l'image de Cendrillon et transformé mes gardes en animaux de ferme, et vous allez me dire que vous ne voyez pas comment faire ! » S'énerva le roi, tapant du poing sur la table. Lady Tremaine sourit, et répondit :

« Eh bien… Non !

- Mais … Mais quelle impertinence ! Vous mériteriez de rester à jamais dans nos cachots ! Non vous devriez être pendue sur le champs ! Ou alors… » Le roi continuait son monologue hystérique, s'énervant toujours plus tandis que Lady Tremaine lui souriait hautainement de façon effrontée.

Le grand Duc essayait de calmer le roi afin qu'il ne casse rien. La marraine la bonne fée sembla soudain réfléchir.

« Je crois avoir une idée…

- Laquelle marraine ? Demanda Cendrillon.

-Oh je ne sais pas si c'est vraiment une bonne idée en fait… C'est peut être un tantinet cruel… Même pour ta belle mère…

- Dîtes la madame ! » Lui dit le roi, tout rouge à présent, se retenant à grand peine de mordre le chapeau qu'il tenait dans la main. Lady Tremaine haussa un sourcil, se demandant ce que cette vieille soit disant 'bonne fée' pouvait avoir en tête.

« Et bien, votre majesté, il existe un endroit nommé Jail-Land, je ne pense pas que vous connaissiez… Les plus grands criminels de tous les pays de tous les mondes y sont envoyés…

- C'est une merveilleuse idée !

- Attendez votre majesté, Jail-Land n'est pas une simple prison, les 'prisonniers' y sont en liberté, sans aucune loi. C'est très dangereux pour quiconque d'y aller, je ne sais pas si Madame Tremaine est réellement assez cruelle pour pouvoir…

- Elle l'est ! Elle y ira !

- Disons que…

- Écoutez ! Ma décision est prise, vous l'enverrez là-bas !

- Mais… Et pour Javotte ? La pensez vous réellement assez méchante pour mériter ce châtiment ? »

La jeune fille était livide depuis qu'elle avait entendu la description de Jail-Land.

« Je… Non bien sûr, c'est surtout sa mère qui l'a enrôlée dans cette affaire, tout comme pour sa sœur. Pour elle, sachant que contrairement à Anastasie elle n'a jamais changé de côté, elle exécutera un mois ici en tant que domestique. Ensuite elle pourra vivre avec sa sœur et sa belle-sœur au château. Javotte était soulagée, elle s'écria « Oh merci votre majesté ! Je vous promets de ne plus jamais recommencer ! » et fit une petite révérence.

« Hm oui mon enfant, Fit le roi. Ce n'est pas la peine de faire tant de manières. Quand à vous, Tremaine, vous serez envoyée à Jail-Land dans l'instant ! Bonne fée ? » La bonne fée hocha de la tête en un oui, bien que se demandant encore si ce n'était pas exagéré comme sanction pour Lady Tremaine. Celle-ci se fichait à présent de ce qui pourrait arriver. Sa fille semblait n'avoir absolument rien à faire de savoir qu'elle serait envoyée dans une sorte de monde infesté de criminels, pas même une petite inquiétude,ni de regard ne serait-ce qu'un peu compatissant. Finalement, elle se dit qu'elle avait hâte d'y être à Jail-Land. Elle ne reverrait plus les têtes de tous ces crétins et certainement pas celui de ses filles. La bonne fée essayait de se souvenir des paroles encore une fois. Apparemment, aussi sénile qu'elle était, « Bibbidi Bobbidi Bou » semblait une formule trop compliquée à retenir… Voyant son incapacité à se rappeler les paroles, elle roula les yeux et décida de lui les dire elle-même…

« Madame la bonne fée de je ne sais quoi, vous savez si vous n'arrivez plus à vous rappeler comment fonctionne votre baguette, vous devriez peut être écrire la formule sur un bout de papier ? Mais sinon pour votre information, c'est Bibbidi, Bobbidi, Bou !

- Ah euh… Merci euh enfin… Bon, Bibbidi Bobbidi Bou ! » Un rayon sortit de la baguette et frappa Lady Tremaine de plein fouet… « Ah ! » Elle ne s'attendait pas à ce que le rayon ou la téléportation fasse aussi mal. Elle atterrit enfin dans un lieu qui semblait désertique, des rochers et montagnes de toute part, l'air était sec.

« Bon, et bien nous y voici… » S'exclama Lady Tremaine.

Le procès avait eu lieu, le verdict était sans appel. Anastasie restait là, debout, catastrophée. Comment cela avait-il pu arriver… Sa mère envoyée dans un monde qu'elle imaginait apocalyptique… Avec les plus grands criminels de l'univers avait dit la bonne fée ? Mais sa mère n'était pas l'une des plus grandes criminelles de l'univers ! Elle avait pu être cruelle oui, manipulatrice aussi, mais ce n'était pas une criminelle… Comment avaient-ils pu laisser une sentence aussi dure s'appliquer ? Pourquoi sa mère n'avait t'elle pas résisté ? Elle avait même rappelé la formule à la marraine… Mais pourquoi ? Avait-elle à ce point eu envie de partir ? Était-elle désespérée à ce point ? Et Javotte, elle était contente de ne pas avoir été condamnée à la même peine, mais elle n'avait pas eu ne serait-ce qu'un seul regard de compassion envers sa mère… Ni même de peur… Anastasie se demandait si elle se rendait bien compte de ce qui venait d'arriver à leur mère… Quand elle vit Javotte toute enjouée, se mettant presque à danser tellement elle était heureuse de ne pas avoir écopé d'une trop grosse peine, Anastasie eut envie de la gifler, et se sentit en colère contre sa sœur. Pour ne pas s'énerver plus et montrer sa peine, elle préféra partir seule dans sa chambre. Elle s'étendit sur le lit et se mit à pleurer.

Eleanor Tremaine marchait depuis une heure à présent. Pour un endroit très dangereux et infesté de criminels, il semblait plutôt calme se dit-elle. Elle changea rapidement d'avis lorsqu'une brute faisant une tête de plus qu'elle lui barra la passage, accompagné de trois autres hommes plus minces, une épée à la main.

« Tiens tiens… Mais qu'avons-nous là ? On se promène seule et sans défense… Vous savez que c'est dangereux ma petite dame… » Il rit, de même que ses compagnons qui semblaient se faire de plus en plus menaçants.

« Mais après tout, vous savez, ici on a pas beaucoup de distraction… Vous allez peut être pouvoir nous distraire…

- Je… Laissez moi ! » Lady Tremaine commençait à avoir peur, elle voulu reculer, mais un de ses attaquants se trouvait derrière elle. Celui-ci lui mit une dague sous la gorge.

« Soyez gentille, et on sera gentils avec vous… Ou pas ! » L'homme se mit à lui embrasser la gorge. Les autres riaient autour, une expression diabolique sur le visage.

« La… Laissez moi ! » Cria Lady Tremaine. Soudain, quelque chose sembla sortir autour d'elle et envoya les quatre hommes trois mètres plus loin, par terre.

« Eh ! Comment elle a fait ça ?

- Bah ! Les criminels de ce monde viennent de tous les mondes, c'est très certainement une sorcière… Mais moi sorcière ou pas, je m'en ferais une bavette… »

Lady Tremaine reculait, toujours aussi effrayée. Elle ne savait absolument pas comment elle avait fait ça, bien qu'elle ait bien senti que ça venait d'elle. Les quatre hommes revenaient à la charge, Lady Tremaine voulu courir, mais elle se prit les pieds dans sa robe et tomba à terre. Les quatre hommes se rapprochaient. Ils ne riaient plus, leur expression était plus dure. Soudain, de la fumée verte se forma autour d'eux, le temps si sec changea du tout au tout et devint orageux, des éclairs traversant le ciel et frappant la terre.

« Hein mais… Que se passe t'il ?

- Il se passe que vous feriez mieux de déguerpir, vils marauds ! » Dit une voix d'origine inconnue, telle une voix céleste.

« Ah ! Et tu crois que tu nous fais peur ! C'est pas deux trois éclairs qui… » Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il fut frappé par la foudre. Il tomba à terre, mort. Les trois autres prirent peur et fuirent. La brume verte s'estompa alors et laissa place à une femme toute habillée de noire, des cornes sur la tête, avec sa cape. Elle lui sourit et s'avança vers elle, lui tendant la main.

« Vous allez bien ma chère ? »

Lady Tremaine ne savait pas très bien si elle pouvait véritablement lui faire confiance. Néanmoins elle venait quand même de lui sauver la vie. Elle décida alors de répondre à son sourire.

« Et bien ma foi, j'imagine que oui, je vais bien. Grâce à vous, merci.

- Oh mais c'est tout naturel ! Dîtes moi, comment vous appelez vous ?

- Hm, je m'appelle Eleanor Tremaine.

- Eleanor Tremaine ? C'est un joli nom je trouve… On m'appelle Maléfique, ou Maléficent. C'est au choix.

- Ah et bien, je peux donc vous appelez Maléficent ?

- Évidemment ma chère ! Venez donc avec moi, je vais vous emmener dans un endroit plus sûr. »

Maléficent mit sa main sur le dos de Lady Tremaine. Elle les transporta par téléportation dans l'espèce de grotte où elle résidait pour le moment. Il n'y avait pas beaucoup de décoration, quelques crânes par ci par là, quelques torches, un corbeau vint se poser sur l'épaule de Maléficent.

« Oui Diablo, Dit-elle, caressant le bec de son oiseau. Moi aussi je t'aime beaucoup. »

Arrivées dans un endroit qui semblait faire office de salon, Maléficent lui fit signe de s'asseoir.

« Alors dîtes moi, lorsque vous avez été attaquée, à un moment vous avez usé de la magie ?

- Hm oui, néanmoins je ne l'ai pas fait exprès. Je dois vous avouer que je ne sais même pas comment j'ai fais.

- Hm intéressant… Vous faites de la magie sans le vouloir… En tout cas, c'est cette magie qui m'a permis de vous localiser. Cela ne m'étonnerait pas que vous possédiez un potentiel magique énorme…

- Excusez moi Maléficent, mais il se trouve que je ne suis pas une sorcière. Je veux dire dans mon monde d'origine, je suis une femme comme les autres.

- Avez-vous déjà touché une baguette magique avant ?

- La baguette d'une bonne fée oui.

- J'imagine que vous en avez fait un usage diabolique et c'est la raison pour laquelle vous êtes ici ?

- Et bien… En quelque sorte.

- Racontez moi ça, racontez moi votre passé.

- Cela risque d'être long.

- Mais nous avons tout le temps ! Voulez vous un thé ?

- Oui, merci. Dans ce cas autant tout vous raconter depuis le début… »

Maléficent ramena un service à thé, les tasses étaient noires avec une forme de tête de dragon verte dessinée sur le côté. Lady Tremaine lui raconta depuis le moment où Cendrillon était allée au bal au moment où elle s'était faite jugée coupable de crime contre la royauté. Elle passait outre la partie où Cendrillon était arrivée dans leur famille, et notamment la raison pour laquelle elle l'avait toujours détestée, mais elle n'avait pour l'instant pas envie d'en raconter plus. Ces raisons là étaient beaucoup plus… Personnelles… De son côté, Maléficent lui raconta un peu tout ce qui avait pu se passer avec Aurore, le Prince Philippe, les trois bonnes fées etc… La façon dont elle avait été battue. Maléficent lui raconta ensuite comment était la vie ici. Les criminels étaient partout, la loi du plus fort régnait, les plus faibles se cachaient, les combats et vols étaient un fait quotidien, personne ne pouvait faire confiance à personne à la base. Bien que sur ce point, Maléficent avait senti qu'elle pouvait lui faire confiance, et au pire, elle était pour l'instant bien moins puissante. Elle avait envie de faire d'elle son apprentie en magie, et elle le lui dit. Lady Tremaine ne savait si elle pouvait accepter, elle n'y connaissait pas grand-chose, et « Bibbidi Bobbidi Bou » n'était certainement pas la seule formule existant pour faire fonctionner les baguettes. D'ailleurs, elle n'avait même pas de baguette. Sur ce point, Maléficent lui en donna une. Aussi puissante qu'elle était, elle pouvait créer des baguettes par magie.

« Ainsi vous voulez que je vous suive, que j'apprenne auprès de vous, mais pour faire quoi ensuite ? Je veux dire, si vous êtes déjà assez puissante pour tous les battre… Quel intérêt cela a-t-il pour vous ?

- Vous ne voulez pas avoir la possibilité de vous protéger seule ? Et ainsi pouvoir arpenter par vous-même tous les sentiers de Jail-Land sans crainte ? Bien que je vous l'accorde, c'est la première fois que je prends quelqu'un sous mon aile, mais vous m'intéressez, Eleanor…

- Et bien dans ce cas… J'imagine que je n'ai pas d'autres choix que d'accepter.

- Oh mais je ne vous oblige pas ma chère ! Après vous faites comme vous le voulez !

- Bien, j'accepte votre proposition. Mais avant, connaissez vous les origines de Jail-Land ? Je veux dire, il n'est pas apparu comme ça cet endroit !

- A vrai dire… Si, en quelque sorte. Je crois que nous allons avoir besoin de plus de thé, cela risque d'être encore long pour vous expliquer. »

A la base, les personnes dites 'gentilles' n'avaient pas le droit de tuer celles dites 'méchantes', principe moral. Ainsi, aucun gentil ne gagnait jamais, le mal était toujours vainqueur, les mondes commençaient à devenir chaotiques. Alors les forces du bien ont décidé de créer Jail-Land. A présent, les gentils pouvaient tuer les 'méchants', ils étaient automatiquement envoyés là-bas. Il y avait d'autres moyens d'y être envoyé, la façon dont Lady Tremaine l'avait été le prouvait bien. A Jail-Land, il n'y avait aucun ordre, et cela reflétait le désordre qu'il y aurait dans chaque monde si ceux-ci étaient contrôlés par des 'méchants'. Néanmoins, ici, les 'méchants' n'en étaient, pour la plupart, pas plus heureux. Chacun vivait seul dans son coin, en général. A part certains, venus par plusieurs à Jail-Land. Mais de tout ceux qui avaient usé du mal pour être entendus, pour être populaire, pour avoir du pouvoir, se retrouvaient tout seul chaque matin devant leur glace, s'ils en avaient une. Lady Tremaine trouva cette situation triste, et se demanda si tous ces méchants méritaient vraiment cela.