Titre : UNE AUTRE VIE
Auteur : lexi
Disclamer : Roswell appartient à Melinda Metz, Jason Katims, UPN, etc… pas à moi. Seule cette histoire et les nouveaux personnages le sont.
Pairing : Max & Tess à 100% – même si je n'ai rien de particulier contre Liz, je suis allergique au couple qu'elle forme avec Max.
Résumé : Ma version des évènements de Roswell après l'arrivée de Tess. Que ce serait-il passé si Max s'était vraiment souvenu de Tess cette nuit-là, dans le désert ?

Cette histoire est racontée des points de vue de Tess et Max. Les pensées sont en italiques (ou en caractères normaux dans les passages en italique), les flashbacks aussi.


Chapitre 1 – Far Away

You know that I love you
I have loved you all along
And I miss you
Been far away for far too long
I keep dreaming you'll be with me
And you'll never go
Stop breathing if I don't see you anymore

-Nickelback "Far Away"


Tess

Elle les observait depuis des jours. Nasedo commençait à froncer les sourcils devant le nombre de photos qui s'accumulaient au milieu de ses cartons. Mais elle ne pouvait pas s'en empêcher… Elle voulait savoir. Elle voulait savoir qui ils étaient. Ce qu'ils étaient devenus. A quoi ils ressemblaient maintenant.

Quand Nasedo lui avait annoncé qu'ils partaient pour Roswell – enfin, après toutes ses années – seule la certitude qu'il disséquait le moindre de ses faits et gestes l'avait empêchée de sauter de joie. Elle allait enfin rencontrer les autres. Les voir autrement qu'en photo. Elle ne serait plus seule. Parce que même si elle avait Nasedo près d'elle, ce n'était pas la même chose. Il n'était pas sa famille. Alors qu'eux…

Elle n'était pas très fière de les espionner comme ça, mais elle avait besoin de savoir où elle mettait les pieds. Max, Michael et Isabel avaient grandi ensemble à Roswell, dissimulant leur vraie nature à tous pendant plus de dix ans. Aussi douloureux qu'il lui soit de l'admettre, ils avaient une histoire commune dont elle ne faisait pas partie. Et cela risquait de compliquer les choses.

Elle avait repéré Vilandra tout de suite, elle était toujours la même – très belle, un peu froide et hautaine. Cela lui laissait un goût étrange dans la bouche. Beaucoup de ses souvenirs de sa vie d'avant étaient encore fragmentaires, mais ceux impliquant Vilandra résonnaient douloureusement en elle. Elle savait en grande partie pourquoi, mais elle savait aussi que le reste allait lui revenir en temps et en heure – malheureusement.

Rath était très différent en revanche. Impulsif. Imprévisible. Parfois immature. Là où elle aurait préféré que Vilandra soit différente, que Rath le soit effectivement risquait d'être un problème. Autrefois, elle se rappelait de lui comme d'un soutien précieux pour Zan – volontaire, mais sans excès, fin stratège et d'une loyauté sans faille. Pas aujourd'hui. Aujourd'hui, il était à surveiller comme le lait sur le feu, et Dieu savait qu'ils n'avaient pas besoin de cela…

Et il y avait Zan… Max maintenant. A chaque fois qu'elle le voyait, le cœur d'Ava s'emballait et elle ne pouvait s'empêcher de le dévorer des yeux. A la place du leader puissant et sûr de lui qu'il avait un jour été, elle voyait un adolescent sombre et réservé, qui regardait le monde de loin. Mais rien à faire, elle restait attirée par lui comme par un aimant. Et elle ne pouvait s'empêcher de se demander quelle serait sa réaction lorsqu'il la verrait…

Et après tout, c'était l'alignement, comment les choses pourraient-elles mal se passer ? Les Quatre Royaux allaient enfin être réunis, il n'y aurait pas de meilleur moment.


Roswell High

Son choix s'était porté sur Isabel pour le premier contact – la seule fille du trio, elle aurait plus de facilité à engager la conversation. Tess l'avait suffisamment observée pour commencer à la cerner un peu et elle savait que la première impression qu'elle lui ferait serait décisive.

Elle inspecta son apparence une dernière fois dans le miroir des toilettes du lycée. Maquillage, ok. Coiffure, ok. Tenue, ok. Elle inspira profondément, sentant la nervosité la gagner, et se dirigea vers la cafétéria. Après avoir empilé son déjeuner sur son plateau, elle sortit dans la cour et s'approcha de la table où déjeunait la jolie blonde. Elle était en pleine conversation avec le garçon qui traînait souvent avec Liz et Maria – Alex.

Elle n'hésita pas à interrompre la conversation.

- Je peux m'installer avec vous ? demanda-t-elle simplement.

Les deux jeunes gens levèrent les yeux vers elle et Alex fronça les sourcils. Clairement, il la préférait le plus loin possible de leur table. Les paroles qui suivirent confirmèrent son sentiment.

- On était en train de… de parler de trucs importants, lui dit-il.
- Oh…

Tess leur adressa un sourire d'excuse et fit mine de tourner les talons. La voix d'Isabel l'arrêta.

- C'est toi la nouvelle ?
- Je ne voudrais pas vous déranger…, commença Tess.
- Non, au contraire, viens t'asseoir, l'encouragea Isabel avec un geste en direction du banc en face d'elle. Vas-y.
- Merci.

Elle s'assit et posa son sac à coté d'elle.

- Je m'appelle Tess, se présenta-t-elle.
- Isabel. Et Alex, dit la jeune fille avec un signe de tête en direction du jeune garçon.

Alex sembla ravaler sa déception de voir leur tête à tête interrompu et s'efforça de se montrer plus aimable.

- Alors… Sois la bienvenue à Roswell.

Tess sourit en guise de remerciement.

- Je ne suis jamais tranquille quand j'arrive et que je suis nouvelle, dit-elle, un peu gênée.
- Ça t'est arrivé souvent ? demanda Isabel.
- Oui, tous les deux ans ou presque. Chaque fois, tout le monde est… gentil.
- C'est… C'est quand même plus sympa, non ? s'étonna Alex.
- Oui. Mais le truc, c'est que les garçons sont gentils parce qu'ils veulent me mettre le grappin dessus, expliqua-t-elle en se retenant de lever les yeux au ciel. Et les filles sont gentilles parce qu'elles veulent savoir si je ne vais pas mettre le grappin sur leur petit copain. Tu connais sûrement ça, non ? ajouta-t-elle à l'attention d'Isabel.

Vu le physique de la jeune fille, il ne fallait pas être un génie pour deviner qu'elle devait subir régulièrement ce genre de situation elle aussi.

- Oui, confirma la blonde. Et puis, il y a celles qui traînent avec toi pour connaître les types qui ont de la classe…
- Ou les garçons qui disent te comprendre, qui veulent à tout prix être copain avec toi, mais en fait, tout ce qu'il veulent, c'est passer un quart d'heure avec toi dans la loge du gardien, enchaîna Tess.
- Nous, ici, c'est dans la remise.
- Merci de me prévenir !

De fait, elle n'était à Roswell High que depuis 9h00 ce matin et déjà, la moitié de la population masculine des lieux l'avait reluquée de la tête aux pieds. Elle se savait séduisante, mais elle devait admettre que c'était parfois pénible. Au moins maintenant, elle savait que la remise était LE lieu à éviter…

Alex lui adressa un sourire incertain, clairement largué par le tour que prenait la conversation. Elle ouvrit son yaourt et l'arrosa copieusement de sucre. Isabel sourit.

- Tiens, c'est marrant, tu fais exactement comme moi, commenta-t-elle.

Je sais…

- Ah, oui ? En fait, je ne comprends pas ceux qui prennent les sucrettes. Il n'y a rien de plus délicieux que le sucre, le vrai. Tu ne trouves pas ? ajouta Tess avec un clin d'œil.

Cela sembla définitivement emporter l'approbation d'Isabel, qui se pencha vers elle au dessus de la table.

- Fais voir ton emploi du temps, demanda-t-elle. On a peut-être cours ensemble…

Jackpot !

Tess fouilla dans son sac, en sortit son planning et l'étala sur la table.

- Tiens, regarde, j'ai… anglais et après…
- Tu as éducation physique ? dit Isabel, ravie. Moi aussi, c'est super !


Trois heures plus tard, non seulement elles avaient passé toute l'heure de gym à parler comme deux vieilles copines, mais Tess était également invitée en bonne et due forme chez les Evans après les cours. Tout se passait pour le mieux.

En entrant chez Max et Isabel un peu plus tard dans l'après-midi, Tess ne savait pas trop à quoi s'attendre, mais elle découvrit en franchissant la porte de la maison qu'ils vivaient une vie de famille tranquille, dans une jolie maison de banlieue. Isabel lui avait fait faire le tour des lieux et Tess n'avait réussi qu'à grand peine à ne pas laisser transparaître sa curiosité. Devant les photos étalées sur les murs surtout.

Isabel et Max étaient présents dans toutes les pièces de la maison – enfants et adolescents, en portraits ou en clichés pris sur le vif. Il était clair qu'ils étaient aimés de leurs parents… Le cœur de Tess se serra un instant et elle ne put s'empêcher de ressentir une pointe de jalousie. Que ce serait-il passé pour elle si elle avait grandi dans une maison comme celle-ci au lieu d'avec Nasedo ? Son gardien n'était pas mauvais, il était juste… trop… Elle ne savait pas exactement, mais il y avait quelque chose chez lui qui l'empêchait de se sentir tout à fait à l'aise, de baisser complètement sa garde.

Elle savait qu'il lui cachait quelque chose et, tant qu'elle ne saurait pas quoi, elle garderait ses distances. C'était mieux ainsi. Toujours se méfier de tout le monde, c'était l'une des premières choses qu'il lui avait apprise – plutôt ironique que cela se retourne contre lui, au final… Mais elle faisait confiance à son instinct et son instinct lui disait de se méfier.

Elle s'attardait devant une photo d'un Max âgé de sept ou huit ans, en train de tenir fièrement un poisson au bout d'une canne à pêche, quand la voix d'Isabel la tira de ses pensées.

- Ma chambre est en haut, viens.

Tess quitta le salon à regret. Elle voulait savoir comment il était, comment il avait grandi – désespérément. Elle ne savait pas combien de temps il faudrait à Max, Michael et Isabel pour que leurs souvenirs reviennent et, jusqu'à temps, elle resterait pour eux une étrangère. Ou une camarade de classe, au mieux. Ces photos étaient son seul lien avec la nouvelle vie de celui qui avait un jour été son mari et elle voulait les voir, les graver dans sa mémoire, ne pas en oublier une seule… en attendant mieux. En attendant que Max lui fasse partager ses souvenirs lui-même. Un jour. Peut-être.

Elle suivit Isabel au premier étage et entra dans sa chambre. Là aussi, rien d'extraordinaire. Une chambre typique d'adolescente. Elle se cala sur le lit pendant qu'Isabel fouillait dans les tiroirs de son bureau.

- J'ai les cours de français des deux derniers mois sous la main. Je te retrouverai les autres plus tard, ils sont rangés quelque part là-bas…

Elle désigna le placard d'un vague geste de la main et, de l'autre, tira un classeur du tiroir. Elle le posa sur le lit, puis récupéra un magazine sur le bureau et vint s'installer à coté de Tess.

- C'est là, l'article dont je t'ai parlé, lui dit-elle en lui montrant une page où s'étalait toute une sélection de sac à mains. Tu en penses quoi ?

Tess fronça les sourcils en étudiant les différents modèles, hésitante. Elles avaient passé la moitié de l'après-midi à parler des dernières tendances et Tess devait admettre qu'Isabel en connaissait un rayon sur la question. Mais cela ne la surprenait pas vraiment, déjà, à l'époque…

Ok, il fallait qu'elle arrête. Là, tout de suite, Isabel n'était pas Vilandra, il fallait qu'elle garde cela en tête. Qui sait, peut-être qu'elles pourraient devenir amies – si tant est qu'elle arrive à mettre ses mauvais souvenirs de coté. Elle n'avait jamais vraiment eu d'amies et Nasedo était loin d'être le compagnon idéal lorsqu'il s'agissait de… tout ce qui n'était pas sa 'mission'. Et après tout, elle avait beau être une extraterrestre, cela ne l'empêchait pas d'apprécier la mode et les choses frivoles en général… Elle n'avait que seize ans, après tout.

- Celui-là est très sympa, mais un peu trop classe pour Roswell… sans vouloir t'offenser, rajouta précipitamment Tess.
- Pas de problème, la rassura Isabel. Je vis ici depuis toujours, ce n'est pas comme si je ne m'en étais jamais rendu compte toute seule…

Elle soupira.

- Tu sais ce dont je rêve ? Passer une semaine à New York rien que pour faire les boutiques. Quitter ce trou, le désert, la chaleur…
- … et l'échanger contre les gratte-ciel, les taxis et le béton d'une grande ville ?
- Ça n'a pas l'air de t'emballer, fit remarquer Isabel.
- Mon père et moi, on a vécu à New York. Pendant deux ans. C'était cool – Broadway, Central Park… Et oui, le shopping ! admit Tess avec un sourire. Mais c'est aussi très… froid, je dirais. On se retrouve vite noyé dans la masse. Faut aimer.

Non qu'on s'en soit plaint à ce moment là, c'était pile ce qu'on recherchait – disparaître.

Isabel fit la moue.

- Peut-être, admit-elle. C'est juste… Parfois, je me dis qu'au rythme où vont les choses, je vais finir enterrée à Roswell, Nouveau-Mexique.

Tess retint un sourire.

Toujours la reine du mélodrame…

- Je sais, c'est stupide, admit Isabel. C'est juste que les choses sont un peu… compliquées dans ma vie en ce moment.
- Et bien, qui sait, ajouta Tess avec une pointe de malice, peut-être que tu rencontreras l'extraterrestre de tes rêves à Roswell et que tu ne voudras plus jamais en partir…

Le magazine que tenait Isabel lui échappa des mains et vola sur le plancher. La jeune femme se pencha pour le ramasser et Tess jura l'avoir vu rougir.

- Oui, je ne… hum… Tu sais, peu de gens ici croient vraiment aux extraterrestres… C'est surtout un truc pour les touristes.
- Vraiment ? fit mine de s'étonner Tess. Dommage. Je me suis toujours demandé quelle tête ils pourraient avoir… Peut-être des yeux énormes ? Des antennes ?
- Probablement, commenta Isabel en détournant le regard. Oh ! Je ne t'ai rien proposé, excuse-moi ! Tu veux boire quelque chose ?

En voyant son expression troublée, Tess comprit qu'elle essayait de détourner la conversation et décida de lui accorder un peu de répit. Pour le moment.

- Je veux bien, j'ai la gorge un peu sèche, répondit-elle simplement.
- Ok… Tu n'as qu'à descendre dans la cuisine, je passe à la salle de bain et je te rejoins tout de suite, lui répondit Isabel. Il y a de l'eau fraîche et du jus de fruits dans le frigo, fais comme chez toi.

Tess acquiesça et sortit de la chambre. Tout en descendant les escaliers, elle se mordit les lèvres pour ne pas éclater de rire. Isabel avait quelques progrès à faire coté self-control – encore qu'elle devait admettre que quelqu'un qui n'était pas déjà au courant de la 'vraie' nature de la jeune femme n'aurait probablement rien remarqué de particulièrement anormal… Mais quand même.

Elle en était là de ses réflexions quand elle réalisa qu'elle entendait des voix en provenance de la cuisine. Son cœur s'emballa immédiatement et elle sut avant même de passer la porte qui était dans la pièce. Pour la première fois, elle entendait SA voix. Elle ferma les yeux et, l'espace d'un instant, se prit à rêver que cette voix s'adressait à elle. Rien qu'à elle… Elle revint à la réalité à regret et essuya ses mains soudain moites sur son pantalon.

Et tu parlais du self-control d'Isabel, hein ?

Oui, mais on était pas vraiment dans le même cas de figure. Isabel n'était pas sur le point de se retrouver face à face avec son mari pour la première fois depuis presque un demi-siècle. Un mari qu'elle aimait toujours à la folie et qui n'avait clairement pas le moindre souvenir d'elle.

Elle se félicita d'avoir prêté une attention toute particulière à sa tenue ce matin. Elle se savait jolie, mais à cet instant, elle avait envie d'être belle. Elle avait envie de lui couper le souffle à la seconde où il poserait les yeux sur elle. Elle savait qu'elle était très différente d'avant, mais cela n'avait pas vraiment d'importance, n'est-ce pas ? Elle l'espérait en tout cas…

Elle écouta la conversation encore quelques secondes, dissimulée derrière le mur de la cuisine, invisible, reprenant peu à peu le contrôle de sa respiration. Elle réalisa que l'autre voix devait appartenir à Michael.

- Non, sérieusement, ça commence vraiment à être tendu, disait ce dernier. Aujourd'hui, au lieu de venir me retrouver à la remise, elle est allée au club des langues étrangères. Alors qu'elle a horreur de ça.
- Tu peux être romantique, suggéra Max. Quand tu es avec elle, fais comme si elle était la seule fille dans la pièce.
- Le plus souvent, il n'y en a pas d'autres.

Tess se mordit les lèvres pour ne pas éclater de rire.

Tu parles d'un sentimental…

- C'est déjà pas mal, murmura Max, comme faisant écho à sa pensée. Tu peux aussi l'amener dans un petit resto et… Et puis, lui faire une surprise – ça, c'est un truc qu'elles adorent. Tu lui laisses un mot ou… une fleur dans son casier.

Certaines choses ne changeraient jamais – Michael/Rath le pragmatique et Max/Zan plus… sensible. Elle se rembrunit en se rappelant que, sur cette planète, ce n'était pas pour son bénéfice que Max/Zan faisait preuve de romantisme.

Arrête ! Tu veux récupérer ton homme ? Bouge-toi et va le chercher !

Elle inspira profondément et se lança, franchissant le seuil de la cuisine.

- Toi, tu connais les filles, au moins ! lâcha-t-elle en guise d'introduction.

Les deux garçons interrompirent net leur conversation pour la regarder.

- Ne te gêne pas pour moi surtout, tu peux continuer, ajouta-t-elle avec un sourire, le regard fixé sur Max. C'est fascinant.


Max

Cette fille passa la porte et soudain, ce fut comme si la Terre vacillait sur son orbite. Max la reconnut… l'espace d'une fraction de seconde. Et puis, il fut de nouveau dans sa cuisine, en face d'une – ravissante – blonde aux yeux bleus, moulée dans un tee-shirt et un pantalon rouge qui soulignaient ses courbes à la perfection. En fait, elle était juste… parfaite.

Wow ! D'où ça vient, ça ?

- Qui es-tu ? demanda-t-il brusquement.

Comment cette… étrangère avait-elle atterrit dans sa cuisine ? Isabel entra à son tour dans la pièce et se chargea de répondre à la question.

- C'est mon amie.
- Comment ça se fait qu'on ne l'ait jamais vu avant ? demanda Michael d'un air suspicieux.
- Et bien, mets-là à la porte aussi pendant que tu y es ! rétorqua Isabel, surprise par son attitude.

Max s'en étonnait moins… Avec tout ce qu'ils avaient vécu ces derniers mois, et maintenant cette histoire avec Topolski, il ne pouvait blâmer Michael de se montrer méfiant. Il fallait qu'ils se montrent méfiants. Ils fallaient qu'ils… Si seulement elle n'était pas aussi… ravissante.

D'accord, tu te calmes… tout de suite.

Il avait beau se dire qu'il avait probablement l'air d'un idiot, il ne pouvait pas s'empêcher de la regarder. Le visage de cette fille l'attirait comme un aimant.

Ressaisis-toi !

Peine perdue. Il laissa la conversation se dérouler autour de lui sans y prendre part. Sans la lâcher des yeux.

- Non, c'est moi, j'aurai du commencer par me présenter, s'excusa à moitié la nouvelle venue. Je m'appelle Tess.
- Mon frère Max et notre copain Michael, les présenta tour à tour Isabel.
- Enchantée de vous connaître.
- Vas dans ma chambre, j'arrive tout de suite, dit sa sœur à sa nouvelle amie.
- N'oublie pas de prendre le sucre, lâcha la fille – Tess – avec un clin d'œil complice.
- Oui, d'accord, sourit Isabel.

Tess disparut et Max eut l'impression que la pièce s'assombrissait tout d'un coup. La seule chose à laquelle il pouvait penser, c'était qu'elle n'était plus là. Jusqu'à ce que l'échange entre sa sœur et son meilleur ami le ramène à la réalité.

- Elle vient d'arriver et elle est perdue, alors je m'occupe d'elle, c'est normal ! s'exclamait Isabel.
- Elle n'a pas l'air du tout perdue, fit remarquer Michael. Souviens-toi de Topolski quand elle a débarqué ici… Je me referai pas piéger.
- C'est une fille qui a changé d'établissement, dit sa sœur en levant les yeux au ciel.

Elle se dirigea vers le frigo et en tira deux petites bouteilles de jus de fruits.

- C'est une étrangère, Isabel, dit Max.

C'est une étrangère… Tu ne la connais pas.

Isabel le regarda, sourcils froncés, et il sut que ce qu'elle allait dire n'allait pas lui plaire.

- Moi, je ne vais pas tomber amoureux d'elle et compromettre notre existence sur Terre, fit-elle sèchement remarquer. On doit se comporter normalement, c'est ça ? Alors vous deux, c'est mal parti.

Elle quitta la cuisine sans leur adresser un regard ou un mot de plus.

Tu ne vas pas tomber amoureux d'elle et compromettre notre existence sur Terre. Certainement pas. Le coup de foudre, ça n'existe pas. Pas vrai ?

- On fait quoi maintenant ? lui demanda Michael.

Max l'entendit à peine, son regard songeur toujours fixé sur la porte de la cuisine, là où avait disparut Tess à peine une minute plus tôt. Là, tout de suite, il n'avait qu'une envie, la suivre à la trace et…

- Max ? Max !

La voix impatiente de son ami le tira enfin de sa rêverie et il se tourna vers Michael d'un mouvement brusque.

- Quoi ? lui demanda-t-il sèchement.
- Wow ! Du calme, mon vieux… Qu'est-ce qui te prend tout d'un coup ? dit son ami, levant les mains en un geste défensif.

Max soupira.

- Il n'y a rien. Qu'est-ce que tu veux ?
- On fait quoi pour elle ?
- Pour qui ? Tess ?

Michael leva les yeux au ciel, exaspéré.

- Non, le Pape. Bien sûr, Tess !
- Que veux-tu qu'on fasse ? répondit Max avec un froncement de sourcils. C'est juste une nouvelle élève apparemment…
- Ou bien c'est ce qu'elle veut nous faire croire, rétorqua Michael. Elle pourrait nous causer des ennuis si elle se met à traîner dans le coin trop souvent.

Max haussa les épaules, fataliste.

- Et bien, on s'en souciera au moment où ça arrivera…

Le silence retomba sur la cuisine alors que le regard de Max était à nouveau irrésistiblement attiré vers la porte.

- Ok, dit lentement Michael. Admettons qu'on laisse tomber pour le moment… Je fais quoi, moi ?
- A propos de quoi ? demanda distraitement Max.
- Hey ho ! Maria ! Ce dont on était en train de parler avant que la blondinette ne s'incruste ! précisa-t-il avec impatience.

Max leva les yeux au ciel. Michael et Maria… Suivre ce qui ce passait entre ces deux-là était encore plus compliqué que suivre une télénovela mexicaine. Pourquoi son ami ne pouvait-il pas admettre qu'il avait tout simplement envie de sortir avec la petite serveuse au lieu de se demander ce qu'elle attendait de lui ? Maria voulait un petit ami, mais ça, Michael ne voulait pas l'entendre. Max soupira.

- Pourquoi est-ce que tu ne lui demanderais pas tout simplement pourquoi elle t'évite au lieu de te torturer ? Si tu veux mon avis sur la question, elle veut simplement que vous sortiez de la remise, toi et elle, répondit-il franchement à son ami.
- Sérieusement, tu me vois devenir son petit ami ? Et après quoi ? On se baladerait main dans la main dans les couloirs ? On se ferait des soirées au resto en tête à tête ? Je ne suis pas toi.
- Dans ce cas, ne me demande pas de conseils, rétorqua sèchement Max. J'ai assez de problèmes de mon coté.

Son regard se posa à nouveau sur la porte de la cuisine.

Et mon instinct me crie que cette 'blondinette', comme tu l'appelles, va nous en créer un paquet de nouveaux…

TBC…