Voici la suite ! Excusez-moi du retard... En espérant que ça vous plaise !

(Message de la secrétaire de Naru : profitez bien de ce chapitre, parce que vous avez failli ne pas l'avoir du tout : le site l'a refusé au moins dix fois. Ah que c'est beau la technologie.)


Chapitre 4 : … la Princesse de l'Ouest vs. l'orang-outan.

Mikoto en avait assez.

Le car venait à peine de démarrer qu'il voulait déjà en sortir.

Non. Pour une fois ce n'était pas à cause d'une bande de garçons en manque qui n'arrêtaient pas de le harceler mais c'était à cause de l'ambiance qui régnait à l'arrière, là où les Princesses étaient assises. Un silence lourd pesait…

Tôru écoutait de la musique en regardant par la fenêtre. Yûjirô, assis à côté de lui, feuilletait un magazine d'un air absent.

Mais ce qui énervait le rouquin, ce n'était pas ça – pour une fois qu'ils étaient calmes tous les deux, il allait pas râler – mais les regards en coin qu'ils se faisaient mutuellement sans même le remarquer.

Tôru observait Yûjirô en cachette et dès que celui-ci levait la tête de son livre, il détournait les yeux et continuait à observer la route.

De même pour Yûjirô qui levait la tête de sa revue quand il était sûr que le brun regardait par la fenêtre.

C'était assez pénible quand on voyait tout ça de l'extérieur.

Mikoto lança un regard vers Akira qui haussa les épaules en souriant.

Il avait une très nette envie de les secouer afin qu'ils fassent, enfin, leur coming-out ! Sauf que s'il faisait ça... Yûjirô le massacrerait d'une façon ou d'une autre...

Il préféra donc se taire et entamer une conversation avec Akira.

Ils arrivèrent assez vite au zoo.

Heureusement pour le rouquin, l'ambiance redevint normale dès qu'ils posèrent le pied en dehors du bus.

Le soleil tapait haut dans le ciel et Yûjirô sortit de son sac une paire de lunettes qu'il mit sur son nez.

Oui, Yûjirô était un garçon pénible. Oui, il était très énervant quand il l'ennuyait toute la sainte journée. Et oui, ça devenait une vraie torture quand il réussissait à faire entrer Tôru dans son jeu. Mais Mikoto devait bien avouer qu'il admirait le blond malgré tous les supplices qu'il lui faisait subir.

Qui d'autre que Yûjirô Shihôdani pouvait porter avec autant d'aisance une mini-jupe ? Qui d'autre que Yûjirô Shihôdani pouvait transformer le simple geste de mettre des lunettes de soleil en une scène hollywoodienne du dernier film en vogue ? Qui d'autre que Yûjirô Shihôdani pouvait donner l'impression d'un arrêt sur image dès qu'il apparaissait dans un endroit rempli de mecs ? Et Tôru en était la parfaite copie.

Comme pour confirmer ses pensées, on aurait dit que tous les bruits dans le parking, dans la file pour aller chercher son ticket d'entrée et, même, dans le zoo s'étaient interrompu. On aurait dit que le monde s'était arrêté de tourner pour permettre aux trois Princesses de faire leur entrée. Que tout le monde avait les yeux fixés que sur eux.

C'était une chose très perturbante et très énervante pour le rouquin.

Surtout qu'il savait pertinemment que ce n'était pas lui qui causait tout ça mais bel et bien les deux autres. Lui, il n'était là que parce qu'on l'y obligeait. Il complétait. Alors que Tôru et Yûjirô avaient ça dans le sang. Mikoto ne serait pas étonné s'il apprenait que, plus tard, l'un des deux était devenu acteur professionnel ou mannequin.

Il était sûr aussi que, si ces deux là n'étaient pas avec lui, personne ne le remarquerait. C'était évident.

- Arrête de tirer la tête, Miko-chan, lui dit le blond.

- C'est vrai, rajouta Tôru. On dirait un condamné à mort se dirigeant vers sa potence.

- Si tu continues à tirer une tête pareille, tu feras fuir les animaux et on sera venus pour rien.

- Ce serait embêtant.

Rahh ! Qu'ils étaient énervants à se moquer de lui non-stop !

Il allait répliquer quand il sentit quelqu'un lui tapoter le dos. Il se retourna et vit que Sakamoto lui souriait. Ce dernier lui murmura :

- N'y fais pas attention. Ils disent ça pour te taquiner.

Ah ! Il était génial, Sakamoto-sama ! Il suffisait d'une simple phrase de lui pour qu'on se sente mieux.

Mikoto décida qu'il passerait toutes ses vacances avec lui. Peut-être qu'ils finiraient par devenir bons amis eux aussi, comme avec Tôru et Yûjirô.

Le GSM d'Akira vibra alors.

- Tiens ? Un message de Mitaka !

Tôru et Yûjirô grognèrent. Ils n'appréciaient pas trop ce garçon.

Mitaka avait été 11ème dans le classement des meilleurs élèves de l'école et n'avait donc pas pu participer au voyage. (Au grand plaisir des deux autres)

Mikoto trouvait ça dommage, c'était un garçon génial. Un vrai homme, lui !

- Et qu'est-ce qu'il dit ? demanda-t-il à Akira.

Le garçon rougit légèrement et dit :

- Ben… il demande si tout se passe bien. Si je passe de bonnes vacances. Il me dit aussi qu'il s'occupe de tout avec Arisada pour quand je serai président et que je reviendrai de vacances… pour l'année prochaine…

- Quel garçon prévenant… ironisa Yûjirô.

- Je suis sûr qu'un jour il te poignardera dans le dos pour prendre ta place en tant que nouveau président, continua Tôru.

- Mais non… voyons… murmura Akira, le regard triste.

- Bien sûr que si ! continua Yûjirô sans remarquer le regard d'Akira.

- C'est évident ! rajouta Tôru.

Mikoto craqua. Il était peut-être la Princesse la moins bien des trois mais lui, il ne manquait pas de tact comme ça, au moins. C'était évident que Mitaka comptait beaucoup pour Akira et là, ils étaient en train de l'insulter devant lui !

- Vous allez arrêter un peu, tous les deux ! Bande de jaloux !

- De quoi je me mêle… commença Yûjirô.

Mais Tôru finit par remarquer la tristesse dans le regard d'Akira et marcha sur le pied de Yûjirô pour le faire taire.

Akira, qui avait gardé les yeux fixés sur son gsm, releva la tête. Il n'avait pas remarqué le geste de Tôru. Il eut un sourire crispé et dit :

- Je vais aller aider le prof pour les tickets d'entrée. Je reviens.

Et le voilà parti, la tête basse.

Un silence gêné accompagna son départ.

- Vous êtes vraiment des crétins ! râla Mikoto.

Pour une fois, Yûjirô ne répliqua pas et baissa la tête d'un air honteux. Tôru, lui, continuait à regarder Akira de loin d'un air gêné.

- Qu'est-ce que ça peut vous faire que Sakamoto soit ami avec lui ?

- Tu as raison… marmonna Tôru. On ira s'excuser auprès d'Akira quand il reviendra…

Yûjirô acquiesça d'un signe de tête puis reprit son air habituel et attrapa Mikoto par le bras.

- Tu es un perspicace mon petit Miko-chan ! Je n'aurais jamais cru ça venant de toi.

- Tu te moques de moi, là ?

- Mais non ! Je te complimente !

- Je suis pas un idiot non plus !

Yûjirô partit en rigolant, rejoignant le groupe d'élèves. Tôru l'imita.

Ah là là… Ce Yûjirô… Mikoto ne savait définitivement pas quoi penser de lui.

La visite du zoo fut une vraie torture. Encore une de plus dans le lot d'horreurs qu'avait compté cette année.

Premièrement, tous les garçons du parc les reluquaient sans arrêt.

Deuxièmement, ils devaient s'arrêter toutes les cinq minutes afin qu'on puisse les prendre en photo devant tel ou tel animal.

Et troisièmement, Yûjirô et Tôru n'arrêtaient pas de se moquer de lui.

Le pire moment de la journée de Mikoto fut quand ils arrivèrent près de l'enclos des orangs-outans.

- Regarde Miko-chan ! Il te ressemble ! Tu trouves pas ?

Yûjirô leva la main pour montrer un des singes qui avait l'air de bouder.

- Ah oui ! Il te ressemble vraiment ! rit Tôru.

Même Akira, qui avait pardonné à Tôru et Yûjirô, rigola.

- Je ne ressemble pas à un singe !

- Princesses ! Une photo devant l'enclos ! S'il vous plaît !

- Oh oui ! Et après, on vous photographiera devant les girafes !

- Et les félins aussi !

- Oui oui ! Et les flamands roses !

Yûjirô et Tôru tirèrent Mikoto par le bras pour faire la pose devant le singe boudeur.

C'est à ce moment là que Mikoto le sentit.

Quelqu'un venait de lui pincer le postérieur !

Hurlant, il se retourna pour voir qui était le coupable de ce crime infâme et il constata avec horreur que ce n'était autre qu'un des singes qui avaient passé sa main entre les grilles.

La petite bête fit un geste obscène (c'est-à-dire un coup de reins en avant – si vous voyez où je veux en venir) et partit se cacher derrière un rocher, ne lâchant pas la Princesse rousse des yeux.

- J'ai l'impression que Mikoto a une touche, fit remarquer le blond.

Tôru éclata de rire alors que le rouquin faisait un énorme bond en arrière, hurlant de plus belle.

- Non ! Non et Non ! Je n'ai pas de touche ! Ce n'est qu'un débile de macaque !

- Bien sûr que si ! Regarde… il ne te lâche pas des yeux.

Et effectivement, le petit singe fixait Mikoto de ses petits yeux noirs.

Pour éviter d'avoir encore plus la honte, Mikoto s'éloigna de l'enclos des singes pour aller voir celui des lions.

- Faut pas le prendre comme ça Miko-chan ! Tu devrais être plutôt fier que même les singes tombent devant ta beauté, continua Yûjirô.

- Arrête ça !

Pour clôturer la conversation, Mikoto s'assit sur un banc, les bras croisés, d'un geste boudeur.

- Faut que tu arrêtes de prendre la mouche à chaque fois qu'on te taquine, dit Tôru en s'asseyant à côté de lui. Quand tu boudes comme ça, ça nous donne encore plus envie de t'embêter.

- Mais si vous savez bien que ça m'embête, pourquoi vous continuez ?

Tôru haussa les épaules et se leva.

- Parce que c'est amusant.

Il secoua sa jupe et se dirigea vers l'enclos des lions, Yûjirô le suivit.

Mikoto se leva pour le suivre mais il sentit qu'on lui pinçait les fesses une seconde fois.

Il se retourna, sans hurler cette fois, prêt à frapper l'immonde créature qui venait de commettre ce crime irréparable et vit que ce n'était, non pas un singe ni même un élève de sa classe, mais une vieille personne qui était assise à côté de lui.

Le petit vieux lui fit un petit sourire coquin et lui envoya un faux baiser.

Mikoto était outré ! Si même les petits vieux le draguaient, qu'est-ce qu'il allait devenir ?

Heureusement une jeune femme vint lui porter secours.

- Grand-Père ! Mais voyons ! Que faites-vous ?

- C'est une jolie d'moiselle !

- Vous voyez bien que vous la dérangez !

La jeune femme aida le vieil homme à se lever et l'emmena vers un autre groupe de personnes du troisième âge. Elle fit une rapide courbette vers Mikoto et dit :

- Veuillez l'excuser.

L'homme fit un petit clin d'œil à Mikoto avant de se retourner vers son groupe.

Mikoto remercia le ciel que personne n'avait remarqué ça et se promit de n'en parler à personne. Déjà qu'il allait en baver avec le singe, fallait mieux pas que les deux autres crétins apprennent pour le grand-père.

Non… franchement… une journée au Zoo habillé en fille, ce n'était pas la joie.

La journée se termina tranquillement et c'est dans la joie et la bonne humeur que Tôru et Yûjirô relataient leur journée en commentant chacun des animaux qu'ils avaient vus.

On aurait dit que ce qu'il s'était passé au matin était totalement oublié.

A la place, l'histoire de l'ouran-outang et Mikoto était devenu la préférée de toute la bande. Même le prof en riait encore.

Au final, Mikoto n'avait qu'une seule envie, c'était aller se coucher et oublier, le temps d'une nuit, le calvaire qu'il venait de subir.

Ils dînèrent joyeusement et la soirée se termina avec une veillée dans laquelle le prof avait organisé des petits jeux où ils devaient mimer les animaux qu'ils avaient vus aujourd'hui. Bien sûr, l'histoire du singe revint en force et c'est avec soulagement que Mikoto regagna son lit.

Il remarqua qu'ils n'avaient pas eu le temps de s'acheter des vêtements masculins et se demanda tristement si ça en valait vraiment la peine. Il songea aussi avec amertume qu'on n'était qu'au deuxième jour de deux longues semaines de tortures et il préféra ne pas songer à ce qui allait l'attendre le lendemain.

Mais jamais il n'imagina que quelque chose de bien plus terrible que les singes, les moqueries et le petit vieux drageur allait se produire durant ces vacances…