Chapitre 1

Appâter la proie.

Bella POV:

Le cours de sociologie avait à peine commencé et déjà je m'ennuyais. Qu'est ce que je regrettais d'avoir pris cette option! Je suivais des études de journalisme à la prestigieuse université de Berkeley, en deuxième année plus précisément.

Et en plus, le prof n'était même pas mignon. J'observais encore une fois afin sans doute de déceler du sex appeal chez Mr Smith. Un petit homme aux tempes grisonnantes, des lunettes à grosses montures et cet exécrable tic qu'il avait lorsqu'il parlait: de la salive aux commissures de ses lèvres qui formait une fine mousse blanchâtre.

J'eus presque de la nausée. Non décidément, il n'y avait rien en lui qui pouvait m'affoler, sexuellement parlant.

Arrête de penser au cul ma vieille. Concentre toi sur tes études, c'est ton UNIQUE priorité!

Je soupirais en consultant discrètement ma montre. Putain! Encore une heure et demi de Smith à tenir. La poisse...

Je regardais les autres élèves aux alentours. Il y avait deux filles sur ma droite qui étouffaient péniblement un bâillement. Une autre, devant moi, pianotait sur son portable. Sur ma gauche, un mec était en train de curer son nez et en observait le contenu extirpé.

Yuuurkkk! Dégeu! C'est pas possible! Doit y avoir une impasse génétique en ce qui concerne les hommes. Ils doivent forcément descendre du porc et non du singe.

Sur ma droite, je perçus un infime mouvement. C'était un étudiant de mon cours qui regardait dans ma direction en agitant la main, la bouche ouverte en une forme se voulant sans doute un sourire.

Merde. Lâche moi mec!...Putain, il me sourit encore. Regarde ton classeur et tes livres Swan, fais ton intello!

Je me replongeais dans mes livres, feignant une concentration extrême, tournant des pages au hasard.

Merde, pourquoi je suis si énervée?

Je fermais les yeux un instant afin de rechercher un apaisement quelconque. Au bout de quelques respirations type yoga, je rouvrais les yeux, frustrée et toujours aussi énervée.

Putain, Swan! T'es en manque ma vieille. T'as besoin d'une bonne partie de jambes en l'air. Fais chier! Et ce soir, c'est le soir du show au Box!

Je me renfrognais au dessus de mon classeur. De toute évidence, ma conscience avait raison. Je ne m'étais pas envoyée en l'air depuis presque un mois. Un record en ce qui me concerne. Selon Jessica Stanley, ma collègue au Box, la « classe » incarnée, je dirais que « ça me gratte ».

Je me refusais à toute rencontre, toute relation depuis James. Cela remontait à quelques année lorsque j'habitais encore à Phœnix en compagnie de ma mère et de son dernier mari, Phil.

Je suis sortie avec James Duncan un éternel redoublant, l'année de ma terminale, issue d'une riche et influente famille. Lui ne rêvait que de gloire et de paillettes et ne jurait que par Hollywood. Son ambition m'impressionnait. Il était impressionnant tout court, pour une pauvre et naïve fille que j'étais à l'époque.

Il avait toutes les filles à ses pieds. Au début, je n'avais pas pris ses avances au sérieux. Je suis plutôt dans la moyenne des filles. Mignonne mais pas trop. Je trouve mon physique plutôt passe partout. Je ne comprenais pas comment une petite chose aussi insignifiante que ma personne pouvait attirer chez lui, James Duncan, quatrième du nom.

Et puis, il a commencé à m'attendre à la fin des cours.

Cela a duré un mois avant que j'accepte d'aller prendre un verre avec lui. Le soir même, je connus mon premier baiser. Le mois suivant, ma première relation sexuelle.

C'était excitant et étrange à la fois. N'ayant jamais connu d'autres hommes, physiquement parlant, je fis tout ce qu'il me demandait. Il disait que tous les couples faisaient TOUS la même chose, sans exception. Et comme une conne, je l'ai cru.

Deux mois après, il commença à filmer nos ébats. Je n'étais pas l'aise la première fois. Il m'avait rassuré. Et j'avais finalement accepté par amour ( enfin au nom des sentiments que je jugeais être de l'amour, à cette époque).

Bassinée, ma vieille, il t'a carrément bassinée!

Puis, un matin, alors que j'arrivais au lycée, je fus accueillie soit froidement soit pas des ricanements. Tous les regards étaient braqués sur moi et je détestais immédiatement cela.

Mon amie de l'époque ( car vous vous doutez bien qu'elle ne fais plus partie de ma vie actuellement), Samantha, m'avait réservé un accueil glacial. Elle avait changé de place en cours d'espagnol, pour aller se retrouver auprès de celle qu'elle même avait traité de « pouf de première classe », Jenny.

A l'interclasse, je ne supportais plus les milliers de paires d'yeux me scrutant ou se moquant ouvertement de moi. Je me sentais terriblement seule. James n'étais pas là. Il ne venait presque jamais en classe et peinait à réussir ses SATS. Avec un père aussi influent que le sien, il suffisait de bien rincer le chef d'établissement, cela n'était qu'une question de nombre de zéros alignés à la droite d'un chiffre quelconque sur un chèque... Bref...

Je longeais le couloir comme une évadée, lorsqu'un groupe de mecs m'interpella: « Hé Sawn! Pas mal la vidéo! Moi aussi je veux bien te filmer, si tu gémis aussi bien ».

Ses potes s'esclaffaient tandis que je poursuivais ma route, cherchant un endroit impossible pour me cacher. J'analysais ses mots et tentait de comprendre ce qu'il avait bien voulu dire...

Ma course fut stoppée par le haut parleur du lycée qui m'annonçait que Mr Douglas, le proviseur voulait me voir dans son bureau immédiatement. Soulagée, je me rendais vers l'aile des enseignants.

Sa secrétaire, Madame Porter, me fit entrer immédiatement. Mr Douglas me regardait froidement lui aussi. Pour seule entrée en matière, il me tourna vers moi l'écran de son ordinateur portable et actionna le lien d'une vidéo de la page Facebook du lycée, envoyé par James.

L'horreur s'étalait sur un écran 17 pouces et défilait sur une vidéo de 25 minutes 3 secondes.

C'était un montage de nos ébats, à James et moi.

Enfin, beaucoup de moi et un peu de James.

Moi, en gros plan, me déshabillant langoureusement, moi suçant la bite de James, James qui se filmait en train de prendre son pied. Puis moi, encore, avalant son sperme. Moi qui écartait les cuisses et qui gémissait sous les assauts de cet enfoiré!

Je ne sus si ce fut la pitié ou le dégoût qui dicta à Mr Douglas d'arrêter la vidéo de poursuivre son odieuse intrusion à ma vie privée.

En revanche, la suite fut hors de contrôle.

JE fus TOTALEMENT hors de contrôle.

Ma gorge ne fut que hurlements et cris de rage.

Je cassais tout ce qui pouvait se trouver sur mon passage. Le bureau du proviseur en fut pour ses frais et son ordinateur dernière technologie aussi.

J'étais devenue incontrôlable, animée par une fureur et une violence que je ne me savais pas être capable de ressentir.

Je me suis réveillée, dans la nuit, dans une chambre d'hôpital. Une infirmière m'expliqua que je me trouvais dans la section pédo-psychiatrique d'un l'hôpital.

Ma fureur ressurgit, comme si elle ne s'était jamais éteinte. On m'avait pour ainsi dire violée et c'est moi qui était enfermée.

A ce jour, ma fureur et ma rage demeurent en moi, tapies et sournoises à l'intérieur de mon cœur meurtrit.

Une nouvelle crise s'abattit sur moi. On me replongea à nouveau dans les ténèbres à l'aide d'une piqûre d'un puissant sédatif...

Arrête de te faire du mal Bella. Tu ne guérira jamais... Pense à maintenant. Maintenant est plus important qu'hier. Maintenant est plus important qu'hier... Maintenant est plus important...

Je répétais intérieurement mon mantra durant quelques minutes avant de me ressaisir.

J'envoyais discrètement un message à Alice Cullen, mon amie et colocataire depuis mon arrivée à San Francisco, il y a de cela 6 mois:

Suis en manque.

Vais à la chasse après les cours;)

Te retrouve à l'appart avant d'aller au Box.

Mon téléphone mit moins d'une minute pour me donner sa réponse:

Essaie de ramener le type cette fois.

N'oublie pas que ce soir c'est l'anniversaire de mes frères.

T'as intérêt d'être à l'heure.

Tu sais à quel point Rose chipote sur les répets, surtout celle là!

Bonne chasse ma croqueuse d'hommes;)

Je souris à la lecture du message. Alice connaissait mon histoire. Toute cette putain d'histoire.

Étant d'un optimisme à toutes épreuves, elle était persuadée que le véritable amour pour moi se trouvait quelque part pas loin et qu'il allait bientôt sonner à la porte. Je me suis gardée de lui dire que je ne croyais plus en l'amour tant elle était convaincue de ce qu'elle disait. Elle sortait avec Jasper depuis le lycée et n'avait connue que lui. Il était évident pour moi qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Mais ces sentiments là, j'en était persuadée, n'étaient pas pour moi.

Je me levais dans un mouvement gracile et me dirigeais sans me retourner vers la sortie, accueillant le soleil de Frisco, éclatant, en plein visage.

« Aller à la chasse ». Définition selon Bella Swan: se libérer de toutes tensions sexuelles, surtout lorsque j'allais faire un show au Box ce soir. En détail, cela signifie qu'il fallait pécho un mec ( pas trop compliqué jusque là), baiser avec lui ( là aussi pas trop difficile) et puis disparaître le plus rapidement possible.

Ce dernier point me pose encore quelques problèmes. Parce que les mecs veulent me revoir, mon numéro de téléphone, mon adresse et c'est hors de question.

Pas après ce que j'ai vécu à cause de James. Plus jamais.

Il est presque quinze heures. Je décide d'aller prendre un café dans un Starbucks avant d'aller dans le parc voisin.

Généralement, il me suffisait de me promener ou de lire un livre, allongée sur la pelouse. J'attendais une heure ou deux. Et si je n'avais rencontré personne, j'attendrais la fermeture du Box ce soir et j'irais boire une coup dans le bar d'un palace, c'était pas ce qu'il manquait à San Francisco.

The Box, c'est là où je travaille depuis quelques mois. Trois mois pour être exacte. C'est Alice qui m'a persuadée de me présenter.

Elle fais de la danse avec moi, à la fac. Elle a la même passion que moi et c'est ce qui nous a rapprochées. Elle m'a rapidement persuadée de quitter mon minuscule logement étudiant pour partager avec elle son appartement trois fois trop grand. Je la trouvais drôle, gentille, spontanée. Je veux dire, cette fille, c'est l'anti thèse des filles que j'ai pu connaître, et en particulier Samantha, que j'ai pu côtoyer dans mon ancien lycée.

Elle est sincère et dit tout ce qu'elle pense. Ce qui provoque parfois des situations délicates, mais je m'en fous. Je l'aime trop cette fille.

Le Box est tenu par son petit ami, Jasper Hale et la sœur de celui-ci, Rosalie. C'est une boîte de nuit avec quelques salons réservés pour une clientèle select. Je fais de la pole dance et occasionnellement de la lap dance, avec Rosalie, Alice, Jessica et d'autres filles.

Rosalie m'a, d'un prime abord, accueillie avec froideur. Avec du recul, je la comprend.

Une autre fille qui aime la danse autant qu'elle et sa belle sœur, c'est de la concurrence.

Et Rosalie Hale ne s'embarrasse pas de la concurrence. Maintenant, au bout de trois mois, on en est arrivée, elle et moi, à faire nos numéros ensemble et composer de nouvelles chorégraphies.

Je souriais d'impatience à ce soir car j'aimais ce job, même si je le considérais comme provisoire et uniquement alimentaire.

J'avais hâte d'être à ce soir car Rosalie et moi allons présenter un nouveau numéro, pour l'anniversaire de son amoureux, Emmett et de son (faux) jumeau Edward, que je ne connaissais pas encore.

Le café est au coin de la rue.

J'aperçois un joli petit cul, moulé dans un jean noir brut, y entrer avant moi.

Hum... Je n'aurais peut être pas besoin d'aller au parc, me dis-je intérieurement.

L'homme devait mesure un bon mètre quatre vingt, peut être plus. Ce qui a accroché mes yeux, c'est sa folle chevelure cuivrée, désordonnée, qui me donnait envie d'y fourrer mes mains.

Je m'engouffrais dans le café et m'empressais de faire la queue.

Hum...Ne pas parler de queue. Concentre sur ta chasse Swan!

Il y avait du monde. Je pris ma commande, un cappuccino avec supplément de chantilly et jetais un coup d'œil aux alentours, cherchant les cheveux cuivrés qui avaient accroché mon regard quelques minutes auparavant... Sur ma droite, je l'aperçus enfin.

Il était accoudé à un des comptoirs, consultant son téléphone en buvant un café, sans doute. Il portait une chemise blanche qui épousait parfaitement les voluptueuses courbes de son torse que je devinais musclé sous l'étoffe de coton. Il passa furtivement sa langue sur sa lèvre inférieure, pour essuyer une goutte de café et mon cœur fit un bond dans ma poitrine.

Oh. Mon. Dieu.

C'était tout simplement sexy. Il leva la tête, regardant au loin et je pus constater à quel point il était tout simplement torride. Il avait fait une moue avec sa bouche, mon rythme cardiaque, que je croyais éteint tout à l'heure, s'était accéléré dans ma poitrine.

Je soulevais le couvercle de mon verre en carton et me dirigeais vers lui, sans le regarder, pour le moment... En le frôlant, je feignis de trébucher et renversait un peu de ma boisson sur le bas de sa chemise.

-Eh! Vous ne pouvez pas faire attention?

-Oh! Je suis désolée.

Première approche. Un peu brutale mais en même temps, je ne savais pas trop quoi faire là dans un endroit plein de monde et de milliers de paires d'yeux potentiels.

Bon, pas très original mais au moins, j'ai capté son attention.

Lorsque je relevais les yeux, je me perdis dans une lumière couleur émeraude.

Ce ne fut qu'au bout de quelques secondes qui me parurent des minutes que je compris que c'était ses yeux. Il avait des yeux magnifiques.

Éblouissants. Ses yeux sont tout simplement éblouissants.

Des lèvres roses, ourlées qui donnaient envie de les goûter, les lignes de sa mâchoire bien dessinées...

De l'indécence campée sur deux jambes.

Dangereusement sexy, ouais!

-Je... J'étais ailleurs, je ne vous avais pas vu. Attendez, j'ai des mouchoirs.

Je pris des mouchoirs dans mon sac et m'empressais d'essuyer la tache de cappuccino.

Oh merde! Il a un putain de torse de rêve. ..Hum... Prometteur, le beau gosse.

-Merci, ça va aller. Ce... Ce n'est pas grave. Je n'aimais pas cette chemise de toute façon.

Il m'avait sourit, d'un de ces putain de sourires à soulever des milliers de papillons dans le ventre.

Dieu qu'il était beau! Dieu que j'avais envie de lui! Maintenant. Non, pas maintenant, trop de monde! Focus Bella, focus sur ta proie potentielle.

Je sentais que je m'embrasais rien qu'en plongeant dans ses yeux. Il était l'être le plus parfait qu'il m'ait été donné de voir jusqu'à ce jour. Et je voulais qu'il soit mien, pour aujourd'hui, seulement aujourd'hui. Je décidais de finaliser mon approche et plongea discrètement la main dans une des poches extérieures de mon sac de cours.

-Écoutez, laissez moi vous payer ce café. Je suis désolée, je suis pressée, je dois partir.

Je me retournais en laissant un billet avec un petit papier que j'avais préparé dès ma sortie de cours et quittais le café d'un pas rapide.

Au seuil de la porte, je me retournais et le regarda une dernière fois, avec un sourire faussement innocent.

La balle est dans ton camp, bel adonis!

Edward POV:

J'étais perdu dans mes pensées lorsqu'une vive brûlure me rappela soudainement à la réalité.

Aïe! Mais quelle conne! Putain que c'est chaud! Et ma chemise est foutue!

-Eh! Vous pouvez pas faire attention?

Je levais les yeux sur la cruche qui avait renversé son breuvage sur ma chemise blanche Armani. Mon cœur eut quelques ratés en regardant mon agresseur.

Je vis d'immenses yeux, couleur chocolat. Un regard pétillant, entouré par un doux visage ovale, une peau laiteuse...Une frimousse angélique.

Elle était plutôt petite et menue; ses lèvres roses et pleines me souriaient timidement. Elle était si belle que j'en eut le souffle coupé. Elle portais une robe ample blanche qui lui arrivait à la mi-cuisse, avec une large ceinture marron et des bottes montantes en croute de cuir jusqu'aux genoux.

Diablement sexy la maladroite!

J'adorais plus particulièrement ses longs cheveux bruns, savamment désordonnés, qui descendaient jusqu'au milieu de son dos.

-Oh, je suis désolée...Je... J'étais ailleurs, je ne vous avais pas vu... Attendez, j'ai des mouchoirs, me dit-elle.

Je vous pardonne belle inconnue. Faites de moi ce que vous voulez... Heu? C'est moi qui vient de penser ça?

Je restais planté comme un con, la regardant sortir des mouchoirs de son sac pour essuyer le café sur ma chemise. A son contact, ma peau s'est électrisée. Sa main était douce et elle m'essuyait tout en me regardant de ses yeux faussement innocents. Je n'avais toujours pas prononcé un seul mot et j'eus peur qu'elle me prenne pour un mec hautain ou débile.

Dis quelque chose Cullen! Il ne faut pas qu'elle s'en aille. TU n'as pas envie qu'elle s'en aille...

-Merci, ça va aller. Ce... Ce n'est pas grave. Je n'aimais pas cette chemise de toute façon.

T'es vraiment un crétin quand tu t'y mets!

Pourquoi fallait-il que ma petite sœur, Alice, ait hérité du verbe et mon jumeau et moi de la gaucherie?

Ou alors, est ce que cette fille là devant moi me faisait perdre tous mes moyens?

Elle avait fini d'essuyer le café brûlant et posa le morceau de cellulose sur le comptoir.

-Écoutez, laissez moi vous payer ce café. Je suis désolée, je suis pressée, je dois partir, me dit-elle.

Elle m'avait coupé le sifflet une deuxième fois. J'étais encore incapable de trouver les mots pour faire durer cette conversation.

Que? Quoi? Qu'est ce qu'elle vient de me dire?

Non, non, non, t'en vas pas! Je m'en fous du café et de cette putain de chemise... J'ai envie de te prendre dans mes bras... De te prendre tout court d'ailleurs si tu n'y vois pas d'inconvénient.

Avant que j'ai pu dire ouf, elle avait rejoint la sortie. Elle me jeta un dernier coup d'œil, accompagné d'un dernier sourire de la mort et je vis ma belle robe blanche s'en aller au coin de la rue.

J'étais resté là devant le comptoir, mon café à la main. Un sourire niais arborant mon visage.

Ça y est, c'est confirmé, tu es un pauvre crétin! Garde toi bien de raconter ça à Emmett. Tu en entendrais parler jusqu'à Noël prochain!

Lorsque je posais mon verre en papier sur le comptoir, je regardais ce qu'elle avait déposé: un billet de dix dollars et un morceau de papier que j'aurais juré ne pas être là lorsque je m'étais installé. Je l'ouvris et lut:

Four Seasons.

Chambre 102.

dans une demi heure.

Je souriais comme un idiot. Limite si je ne bavais pas.

La coquine, pensais-je, souriant somme un enfant le jour de Noël...

T'es pathétique, Cullen. Une femme est prête à ouvrir ses cuisses pour toi et tu es incapable de résister. Mais tu le savais déjà, hein?

Je n'allais pas me défiler. Non. Elle était trop bandante pour ça. Et son audace m'avait cloué le bec. Je voulais la revoir. Je LA voulais entièrement.

Aucune femme, depuis que j'ai couché pour ma première fois à l'âge de 16 ans, ne m'avait fait cela auparavant.

D'habitude, je suis plus du genre à choisir et trier, sans vouloir me vanter. Au départ, j'ai trouvé ça plutôt flippant. Mais comme tous les hommes ( ou presque), je m'y suis vite fait.

Je n'ai jamais eu de relations sérieuses.

Je n'ai même jamais été amoureux.

J'étais resté, jusqu'à ce jour un éternel adolescent, en quête d'aventures, de nouveauté, de changement.

Je sais que je suis plutôt beau gosse. Et j'avoue, avec une toute petite honte, que j'en ai vraiment profité durant mes premières années de lycée, depuis la Première exactement. C'était Lauren Fillmore, une blonde fade de terminale qui avait eu l'honneur de me déflorer.

Tous mes potes de lycée, y compris mon jumeau Emmett, m'avaient chaleureusement félicités. Puis, avec le temps, ils avaient élaboré des stratégies avec la gente féminine qui me réclamait.

Ils m'invitaient à leur fêtes et sorties diverses afin d'attirer leur attention. Et lorsque certaines repartaient frustrées, elles acceptaient de se faire consoler par « le copain d'Edward ». J'étais en quelque sorte leur piège à filles. J'en était conscient et l'acceptait sans m'offenser. On s'est beaucoup amusé durant ces années d'insouciances.

Malgré ma réputation de « queutard », j'en étais pas moins pourvu de valeurs.

Je ne couchais jamais avec la petite copine de mes potes ou d'autres mecs. Je ne couchais pas avec deux filles à la fois. Sauf si elles le réclamaient, bien sûr! J'étais toujours honnêtes avec elles: pas de sentiments, juste de la baise. Soit elles acceptaient, soit elles dégageaient. Je ne les forçais jamais. Et surtout, je les respectais, quelques soient les positions dans lesquelles je pouvais les prendre. La seule exigence à la quelle j'y tenais, c'était leur consentement plein et entier.

La suite de ma vie, c'est que je m'étais rattrapé en matière de défloration. En Terminale, presque toutes les filles vierges voulaient que je sois leur « Premier ».

Glauque, hein?... Ouais, je trouve aussi!

Cela m'a plus effrayé que ravit. Franchement, ça veut dire quoi, leur truc aux filles, avec leur première fois? C'est demeuré un mystère, jusqu'à ce jour pour moi.

Mais de puis, le résultat reste le même.

Je n'avais jamais connu de difficultés à baiser avec des femmes, qu'elles soient jeunes, mûres, dans la fleur de l'âge ou vierges, des mères de familles, des célibataires, beaucoup de célibataires...

Et là, c'est la première fois que je suis « choisi » avec autant de détermination par un petit bout de femme qui n'en donne pas l'air!

C'était une situation plutôt déstabilisante mais j'en éprouvais de la joie, d'une certaine façon, une certaine fierté, appelez cela comme vous voulez!

Elle avait envie de cul et du cul, elle allait en avoir, la petite garce! Ou alors, je ne m'appelle plus Edward Cullen.

Le Four Seasons se trouvait un peu plus loin. A environ 10 minutes en voiture, si la circulation, n'était pas trop dense. C'est d'un pas décidé, toujours ce sourire de débile scotché à mes lèvres, que je m'engouffrais dans mon Aston Martin Vanquish noire.

Je revenais d'un périple d'un an en Europe, après avoir réalisé un film indépendant en collaboration avec un producteur anglais.

Contre toute attente et après de longues années de travail et de persévérance, j'avais eu l'honneur suprême de me voir être produit par un réalisateur connu sur la place... Une belle consécration pour moi. J'étais fier comme un paon.

Contre toute attente, mon travail avait été remarqué. Et avait été payé en conséquence...

Contre toute attente, mon premier vrai film avait concouru de nombreuses fois et remporté quelques prix, dont celui, et j'en suis fier, de ma meilleure bande son. Ces années d'études au Conservatoire en piano et guitare, avaient payées finalement.

J'étais fier d'avoir annoncé à mes parents, Carlisle et Esmée Cullen, que mon travail avait été récompensé.

Je ne prit même pas la peine de répondre au message d'Alice, qui me disait que je devais retrouver ma sœur, mon frère (faux) jumeau et mes amis au Box à 21h pétante.

Mon bolide s'engouffra dans la circulation dense de San Francisco, sous un soleil radieux, pour aller retrouver une petite robe blanche affriolante et excitante à souhait.