Bonjour à toutes et tous !

Je voulais tout d'abord m'excuser pour cette longue attente. Ce chapitre est très important pour moi et je ne voulais pas le bâcler. J'avoue y être allée un peu en reculant, reportant toujours l'échéance…mais il a bien fallut que je m'y plonge et quand j'y étais…c'était intense.

Je ne sais pas trop ce qui va ressortir de ce chapitre, mais il fallait qu'il « sorte » de moi. Je vous laisse juger en vous prévenant tout de même que ce chapitre est DIFFICILE !

Je voulais vous remercier pour toutes vos reviews, mises en alerte et favoris. Vous êtes fantastiques !

Pour ce chapitre, je voudrais remercier plus particulièrement Drinou et Lullaby qui m'ont épaulé, supporté et poussé à écrire. Merci beaucoup les filles ! Et un grand merci à ma Béa qui corrige mes fautes. Mille merci et courage ma Béa !

Merci à Mellli, Czarnyciemno, Gégé79, Citronade, Magicvanille, Siobhane, Sabivamp, Doudounord, Fleur50, Pounine, Caropat07, Vinou, Davida Cullen, Cathou3, Gistrel, Milk40, Amimi31, Bellaandedwardamour, Potine, Elo-didie, Lucie 62170, Eiphose, Venus Capri, Tigio, Guiness 17, félicia D, Macha 1983, SoSweetySoCrazy, Ulkan 13, Triskelle Sparrow, LolaMiSweetlove, Atchoum 16, Mrs Esmée Cullen, Colinelou, Maielle, Louise Malone, frimousse 30, ThinkingofRobcullen, Annouk, fifer, soleil 83, Clairouille 59 et Grazie ! Vous êtes fantastiques les filles. MERCI !

Vanessa : Je suis désolée de t'avoir frustrée ! Laisses-moi ton mail pour que je puisse te répondre en direct. Surtout pour ce chap…Merci Vanessa.

Emy 78 : Non ne me tapes pas Emy ! MDR ! Pareil que pour Vanessa…laisses-moi ton mail…Merci encore !

Bon bin… place au chapitre alors, je vous retrouve en bas !


Fin du Chapitre 8

Son regard dur et froid glissa lentement vers plus de douceur. Sa fureur s'estompa peu à peu pour ne laisser place qu'à nos… adieux. Nos yeux parlaient pour nous. Ils reflétaient toutes nos émotions, tout l'amour que nous avions l'un pour l'autre. Nous étions reliés par ce lien inexplicable qui nous avait uni et nous faisait vibrer. Ce sentiment que cet amour là perdurerait malgré notre séparation physique. Plus rien n'avait d'importance à ce moment là que cette fusion de nos esprits et ces milliers d'étoiles qui brillaient dans son regard et comblaient mon cœur meurtri.

Il n'y avait que nous…que nous…jusqu'à ce que nos hurlements viennent briser nos adieux.

Jacob venait de m'arracher le bras…


POV BELLA

Je n'étais plus que hurlements…

Il ne pouvait pas faire ça…

Nonnnnnnnnnnnn!

IL – NE- PEUX- PAS- FAIRE- CA!

Une explosion de rage et de fureur embrasa mon corps alors que Jacob se ruait sur Edward.

IL –NE –PEUX-PAS-FAIRE-CA!

Un déclic s'opéra en moi au moment même ou IL le toucha et le fit hurler de douleur. Chaque infime partie de mon être ne demandait qu'à se jeter sur ce monstre puant qui torturait Edward.

Je tirais de toutes mes forces sur mes bras entravés par ses chiens qui me condamnaient à l'impuissance. Portant tout le poids de mon corps vers l'avant, mes jambes bandées s'enfonçaient dans le sol. Ma puissance se décuplait alors que j'assistais à son agonie, mais ce n'était malheureusement pas suffisant pour me libérer… pour le sauver.

Et je le vis…sous mes yeux…non…

Oh seigneur non…

Allais-je assister impuissante à sa mise à mort…?

Ses cris inhumains me frappaient de toute part alors que son bras se trouvait dans sa gueule… Subissant la torsion de son bras, Edward tomba genoux à terre, tête baissée, son bras valide touchait le sol et maintenait son buste dans un équilibre précaire. Sa main se crispa et s'enfonça dans le sol dans un sursaut de douleur.

Pourquoi ne se défend-il pas ?

Il prenait un tel plaisir à le faire souffrir…enfonçant ses crocs dans ses chairs encore et encore… prolongeant la torture … s'acharnant à maintenir un niveau de souffrance insoutenable.

Il voulait jouer avec lui.

Il voulait qu'il agonise…et il aimait ça…

Défends-toi !

IL se déplaça afin d'accentuer la pression sur le membre lacéré d'Edward et je croisais son regard…noir…fou…affamé…

Puis, d'un geste rageur, ses yeux plantés dans les miens, il sectionna son bras et le projeta quelques mètres plus loin.

Le choc que je ressentis était indescriptible. Les yeux horrifiés, je n'étais plus qu'une plaie béante. Seuls mes cris déchiraient la nuit et prenaient le relais des hurlements d'Edward qui avaient cessés alors que son corps tombait inerte à quelques pas de moi.

- NOOOOOOONNNNNNNNNNNNNNNNN!

Telle une furie, je me débattais avec l'énergie du désespoir. Mes mains cherchaient avidement à saisir la gueule des loups qui m'empêchaient de lui porter secours. Leurs dents resserraient leurs prises sur mes avants bras, mais je ne ressentais pas de douleur physique. La douleur se propageait dans mon cœur et mon âme et me tordait les tripes, remontant le long de mon corps jusqu'à ma gorge en un cri inhumain.

Je sombrais peu à peu dans la folie…J'étais comme écorchée vive…

Il ne bougeait plus…

- EDWARDDDDDDDDDDDDDDDDDD!

Anéantie, ma voix se brisait dans un sanglot sans larmes.

Une part de moi le pleurait à corps et à cri. Je ne pouvais détourner le regard de ce qu'il était désormais…un corps meurtri, torturé. Son visage si doux, si beau revêtait le masque grisâtre de la mort. Détourner le regard serait comme l'abandonner, le trahir…

Edward…

Je voulais tant le rejoindre…Je voulais le toucher, caresser ses lèvres des miennes, m'imprégner de ses traits, sentir son odeur… le serrer dans mes bras, le garder contre moi…m'abandonner et mourir avec lui.

Ne me l'enlevez pas…je veux le toucher…encore…

Cette part de moi était anéantie, broyée, glacée, inerte… Comment supporter cette impuissance? Comment supporter de voir souffrir et mourir l'être aimé sous ses yeux?… Comment supporter sa mort…sans mourir un peu soi même?

Oui, cette part de moi gisait déjà à ses côtés…

Mais une part en moi brûlait comme les flammes de l'enfer et réclamait vengeance. Une force dévastatrice grandissait en moi et se nourrissait de cette souffrance. Le vampire puisait sa force dans cette vision d'horreur et ne s'avouait pas vaincu. La haine, la haine et le désir de vengeance me permettraient de ne pas sombrer. Je laissais ma part d'ombre prendre le contrôle de mon esprit et de ma peine…

Regarde bien ce qu'IL a fait de lui!

Regarde ce qu'IL lui fait encore!

Oh seigneur, IL n'en avait pas terminé.

Le noir engloutissait mon âme. J'érigeais comme un mur opaque autour de ma conscience et laissait le monstre en moi canaliser ma folie.

IL revenait à la charge, ne laissant à son corps aucun répit. Ses crocs s'enfonçaient inlassablement sur son torse, laissant de profonds sillons sur leurs passages comme s'il voulait atteindre son cœur. IL hurlait à la mort, excitant sa meute, se délectant de massacrer un adversaire qui ne pouvait se défendre, fier de jouer avec sa proie inerte.

Mon regard assassin se fixa sur celui qui fut mon ami et mes lèvres entamèrent malgré moi une litanie incessante révélant mon idée fixe.

-Je vais te tuer… je vais te tuer… je vais te tuer… je vais te tuer…

Je ressentais chaque blessure d'Edward comme si elles m'étaient portées en personne, à la différence qu'au lieu de m'affaiblir, elles me rendaient plus forte, plus féroce et démoniaque.

IL referma sa gueule sur la jambe d'Edward et d'un mouvement brusque il envoya valdinguer son corps contre les arbres alentours.

Le choc fut d'une puissance inouïe. Les arbres centenaires vacillèrent sous la force de l'impact, laissant à leur pied mon amour...lacéré...brisé…

Edward n'avait plus aucune réaction et son visage…oh…son visage et son corps… étaient striés de nervures noirâtres qui craquelaient sa peau et lui donnaient un aspect de porcelaine brisée. Une petite pluie fine commença à tomber, faisant couler sur mon visage les larmes absentes de mon cœur mort. Je me mis à espérer que la délicatesse de la pluie pouvait soulager un peu son corps meurtri et lui apporter le réconfort dérisoire qu'il m'était interdit de lui donner.

Puis la rage revint, en force, reléguant mes faiblesses et mon apitoiement dans un gouffre sans fond.

IL me regardait fixement, attentif à la moindre de mes réactions, il essayait de comprendre les mots que je répétais inlassablement…

Oui…regarde moi…regarde celle qui va te tuer…

Tant qu'il me fixait, il ne s'acharnait pas sur sa dépouille. Je ne voulais plus qu'il le touche, le souille et déchire ses chairs. Je ne savais pas s'il était encore « en vie », mais il fallait que je maintienne l'attention de son bourreau sur moi.

Viens t'occuper de moi Jacob…Tu as eu Edward si facilement, trop facilement, mais ce ne sera pas pareil avec moi…

Je ne comprenais pas pourquoi Edward ne s'était pas battu. Il m'avait semblé si résigné. Comme s'il acceptait de mourir. Je l'avais lu dans ses yeux avant qu'IL n'attaque. On dit que les yeux sont le reflet de l'âme…ça n'avait jamais été aussi vrai que lors de cet instant furtif que nous avions partagés …par ces quelques secondes magiques où nos âmes ne furent plus qu'une… où mon âme rencontra la profondeur de la sienne. Si je devais ne retenir qu'un instant de ma courte vie ce serait celui-ci. Cet instant où il m'apporta tout l'amour d'une vie dans un seul regard.

Pourquoi ne s'est-il pas battu ? POURQUOI?

Je ne le saurais sans doute jamais, mais il y avait bien une chose dont j'étais sûre… je ne me laisserais pas faire. Jamais ! J'avais déjà accepté de mourir. Vivre dans un monde où Edward n'existait plus n'était pas vivre, mais subir.

Et je ne partirais pas seule !

Tu viendras avec moi en enfer Jacob Black !

ILtourna sa tête énorme vers Edward et me regarda de nouveau. Un rictus dément semblait déformer sa mâchoire, le nuage de buée qui sortait de sa gueule témoignait de son état d'excitation extrême. Il avait mis une telle énergie à le massacrer. Je pouvais encore déceler les vibrations de son corps qui frissonnait de plaisir. IL se détourna de moi, prêt à finir ce qu'il avait commencé.

Oh Non…Tu vas rester avec moi …

- Quel loup tu fais là ! Quel courage ! Une vrai terreur hein ? Lançais-je d'un ton sarcastique.

J'avais son attention, IL me toisait, le regard empli de mépris.

- Est ce donc là tout ce que tu sais faire ? Massacrer un adversaire qui ne se défend pas ? Aurais-tu donc si peur de moi Jacob Black?

La meute se mit à grogner devant mes provocations.

- Vas-tu continuer à te cacher derrière tes chiots Jacob ou vas-tu enfin te mesurer à moi? Crachais-je d'un ton dédaigneux. Oh non…c'est vrai… tu es bien trop lâche pour ça n'est ce pas ?

Alors que j'attendais une réaction de Jacob, je perçus subitement un changement radical de comportement au sein de la meute. Les mâchoires des loups qui me retenaient prisonnière se raidirent sus mes avants bras. Tous leurs sens semblaient affutés, leurs oreilles dressées. Quelque chose se passait entre eux…un élément extérieur les perturbaient, mais quoi ?

Les loups spectateurs jusqu'à présent se regroupèrent autour de nous et scrutèrent la nuit avec appréhension. La tension monta d'un cran. Le silence…le silence nous enveloppa et contrastait désormais avec les hurlements qui avaient remplis ce lieu. Seul se détachait le bruit de la pluie frappant le sol en une oraison funèbre.

Mes yeux rivés sur la cible à abattre, j'attendais la moindre faille, la moindre brèche qui me permettrait d'assouvir ma vengeance. Je ne voyais rien d'autre que ce chien à tuer.

Totalement absorbée par mon idée fixe, je laissais mes autres sens me renseigner malgré moi sur ce qui m'entourait. Les informations me parvenaient de façon chaotique et étouffée, comme si un mur transparent et invisible entourait le peu de raison qui me restait.

Je perçus d'abord leurs doutes, leur fébrilité, puis ensuite… leur peur. Des loups, transpirait la douce odeur acre et amère de la peur. J'humais avec délectation cette douce effluve qui nourrissait ma soif morbide de vengeance.

Délicieuse odeur…

Puis c'est alors que je les ressentis…ces vibrations…comme un bourdonnement grandissant qui arrivait sur nous…vite, très vite. Je pouvais distinguer à présent six créatures qui se déplaçaient à une vitesse phénoménale. Amis ou ennemis ? Peut importe en fin de compte, tant que je parvenais à venger Edward.

Des bruits provenant du corps d'Edward attirèrent mon attention et je ne pus m'empêcher d'observer les stries qui le maculaient se refermer lentement.

Il est en vie !

Il est en vie !

Un espoir démesuré s'empara de moi mais il fut vite anéanti. Je n'étais malheureusement pas la seule à avoir remarqué qu'Edward reprenait vie.

IL l'avait vu aussi !

En deux bonds IL fut sur lui, saisissant Edward par la gorge…Non !

Ses crocs s'enfoncèrent dans son cou …

- Nooooooooooonnnnnnnnnnnnnnn !

Je me jetais désespérément vers l'avant, les poings serrés entrainant sur quelques pas les loups surpris par mon assaut. Mon corps vibrait de fureur et de rage…être si près et si loin à la fois…chaque muscle de mon corps était tendu vers lui et réclamaient leur délivrance.

Mes rugissements déchiraient ma gorge aussi facilement que les crocs de Jacob sur celle d'Edward! Mais ils furent rejoins par d'autres hurlements de rage qui ne m'appartenaient pas !

Derrière moi, le sol vibrait sous mes pieds accentuant une tension déjà à son paroxysme.

Ils sont là…

Oh seigneur…il va lui arracher la tête…

- Nooooooonnnnnnnnnnnnnnnnn !

Je projetais toute ma puissance vers l'avant afin de me libérer… avant qu'il ne soit trop tard.

Sans que ne je comprenne pourquoi, les loups qui me maintenaient jusqu'à présent cédèrent d'un seul coup.

Libre! J'étais libre!

Mon corps bandé fut propulsé tel un boulet de canon sur ma proie. Et c'est dans un rugissement diabolique que je percutais de toute ma puissance cette charogne qui, trop préoccupé par sa tâche, ne s'était même pas rendu compte que la mort venait chercher son due.

Ses os craquèrent sous l'impact, apportant un bruit délicieux à mes oreilles…

Je me positionnais devant Edward, les jambes pliées en position d'attaque, bras écartés prêts à frapper tous ceux qui oseraient s'approcher de lui. Je suivis du regard le corps de celui que j'allais tuer s'échouer lourdement sur le sol et son cri de souffrance galvanisa ma vengeance.

Tu vas souffrir…je te jure que tu vas souffrir comme il a souffert…

Je n'étais plus capable de raisonner emportée totalement par ma fureur et ma souffrance. J'étais un vampire sur un bûcher, dément, blessé, torturé et IL était la source de ma folie. Seul Edward et mon instinct de protection envers lui me poussaient à maintenir un lien avec ce qui m'entourait.

Animée par ce besoin viscéral de le protéger, je jetais un bref regard autour de moi afin de prendre connaissance des risques qu'il encourait avec les nouveaux venus. Loups ou vampires, ils ne l'approcheraient pas, ils ne l'approcheraient plus ! Jamais !

Des vampires ! C'étaient des vampires qui se battaient contre la meute !

Les coups fusaient de toute part. Les combats étaient durs, acharnés, sans pitié !

Ils sont avec moi…

Ils sont là pour défendre Edward…

C'était tout ce dont j'avais besoin de savoir pour l'instant.

L'heure était à la vengeance et j'en avais le goût impérieux dans la bouche. Le venin affluait en masse dans ma gorge. Je voulais du sang ! Je voulais SON sang aussi pestilentiel qu'il soit, il coulerait dans ma gorge.

Jacob s'était redressé et ses yeux noirs abyssaux me défiaient. Ses crocs dépassaient de ses babines retroussées, ses pattes vibraient d'excitation. Les yeux dans les yeux nous nous jaugeâmes un bref laps de temps avant de foncer l'un sur l'autre.

Mes instincts de vampires étaient à leur paroxysme. Alors qu'il bondissait tous crocs dehors, je m'élançais à mon tour et lui décochais un coup de pied magistral dans le poitrail. Il s'écrasa au sol pour aussitôt revenir à la charge.

Un sourire pernicieux prit place sur mon visage.

Alors qu'il se ruait sur moi, je l'esquivais avec une facilité déconcertante. Plongeant au dessus de lui, j'enfonçais mes doigts dans son dos et agrippais fermement sa fourrure. Emportée dans mon élan, j'entrainais sa carcasse au dessus de ma tête et projetais ce déchet aussi loin que possible.

La déflagration de ce chien percutant les arbres fut assourdissante !

- Alors Jacob, les arbres sont à ton goût ? C'est beaucoup moins facile contre quelqu'un qui se défend n'est ce pas ?

Je me sentais indestructible. J'avais la sensation que rien ne pouvait atteindre mon corps…à l'opposé de mon cœur…qui lui … était déjà détruit de toutes les façons possibles. La puissance qui déferlait en vagues brûlantes sous ma peau contrastait avec le néant qui régnait au plus profond de mon être. J'étais à la fois le feu et la glace. Ces deux éléments s'accordaient en moi dans une osmose parfaite et faisaient de moi un être sans âme dépourvu de pitié.

Du sang…je veux son sang…

Le chien s'était relevé et je repartais à l'assaut. La violence qui me possédait avait besoin d'exploser. Avec une incroyable dextérité je lui assénais une série de coups de poings qui le firent décoller du sol.

Dans ma folie, j'avais un contrôle incroyable du dosage de mes coups. Je savais ce que je voulais : qu'IL souffre. Le tuer serai trop simple, trop rapide et ce ne serai pas suffisant pour venger Edward.

Mon Edward…

De rage, un coup de pied puissant en pleine mâchoire vint ponctuer ma série assassine.

Il s'échoua comme une masse quelques mètres plus loin à moitié sonné. Il redressa la tête révélant des yeux voilés d'incompréhension qui reflétaient ses doutes et désormais sa peur.

Oui…

Tout en se redressant sur ses pattes fébriles, Il regarda autour de lui et ses yeux s'ouvrirent de stupeur, un peu comme s'il prenait conscience de se qui se déroulait autour de lui.

Il hurla au moment même où un vampire blond brisait la nuque d'un de ses chiots et laissait sa dépouille retomber mollement sur le sol trempé en un bruit sourd et glauque.

Un de moins…

Il gouttait à sa propre médecine…et je savais pertinemment ce qu'il endurait.

Je profitais de son état second et bondissais vers lui. C'était peut être ma seule chance de l'approcher de la façon que je souhaitais.

Augmentant ma vitesse, j'effectuais un saut transversal afin de prendre appuis sur le tronc d'un arbre encore intact. Sortant de son champs de vision, l'effet de surprise fut total lorsque d'un saut périlleux j'atterrissais sur son dos, ceinturant son poitrail de mes jambes et glissant l'un de mes bras sous sa gorge afin de l'étrangler.

Dans un sursaut de défense il s'envoya en arrière et m'écrasa de tout son poids…mais je ne ressentais rien ! La douleur physique me semblait bien dérisoire par rapport à la souffrance que j'avais éprouvé en voyant Edward mourir…rien ne m'arrêterai…rien.

Couchés sur le sol, je glissais mon autre bras sous sa patte afin de le maintenir immobile.

IL était à ma merci et dieu…que c'était jouissif !

Le venin inondait ma bouche. Je résistais péniblement à l'envie de lui déchirer la gorge et de l'envoyer dès à présent en enfer.

Non…c'est moi son enfer…

J'approchais ma bouche de son oreille et tout en le maintenant immobile je lui susurrais :

- Regarde ! Regarde les tiens mourir… Tout est de TA faute ! Regarde- les !

Et comme lui j'assistais aux combats qui faisaient rage autour de nous. Et c'est là que je les vis réellement pour la première fois. Une immense montagne de muscles était aux prises d'un loup gris enragé. Très vif et sournois, le loup avait réussi à planter ses crocs dans la jambe de son adversaire. Un hurlement de rage sorti de la gorge du vampire qui, sans la moindre hésitation, ceintura le loup et bascula le dos de celui-ci sur son épaule, lui rompant par la même la colonne vertébrale. Le hurlement du loup fut terrible, mais il n'eut pas le temps de s'éterniser car le colosse s'empressa d'abréger ses souffrances en lui fracassant le crâne d'un seul coup de poing.

Et de deux…

- Souffre comme j'ai souffert Jacob. Souffre… comme il a souffert…

Et d'un mouvement de jambes, je resserrais mon emprise sur lui et lui brisait les côtes

Crac

Une

crac …

à

crac

Une.

Je maintenais la strangulation sur sa gorge, suffisamment pour qu'il ne perde pas conscience, mais juste assez pour l'empêcher d'extérioriser ses cris de douleurs.

- Tu me l'as pris…

Mon corps tremblait de rage mais aussi de plaisir. Je n'avais pas pu le sauver, mais je le vengerais comme il se doit !

- Tu vas payer pour tout ce que tu lui as fait subir.

J'exultais. J'étais tellement hors de moi, hors de contrôle ! Mon corps absorbait chaque tressaillement du sien, chaque bruit de rupture, chaque gémissement du tréfonds de sa gorge. Et pourtant, sa souffrance n'apaisait que le feu extérieur qui me consumait. Au fond de moi, rien ne pouvait apaiser ma peine, ma détresse de l'avoir perdue. J'étais condamnée à demeurer glacée pour l'éternité sans lui…

Je revis son visage parfait devant mes yeux, son sourire charmeur, son regard pétillant. Je fermais les yeux et tout en resserrant ma prise sur mon ennemi, des flashs de nos ébats sauvages et fougueux défilaient dans ma tête, je pouvais presque sentir encore son odeur sur ma peau… La plaie béante qui me déchirait de part en part était à vif… Je l'ai perdu…

Un hurlement affreux me sortit brutalement de l'état de torpeur dans lequel je m'enfonçais.

J'ouvris les yeux au moment même où une femme aux cheveux cuivrés écrasait la cage thoracique du loup noir qui avait planté ses crocs dans l'épaule d'un vampire blond. C'était un hurlement de rage. Elle ne relâcha sa prise que lorsque qu'il ne resta de son ennemi qu'une masse inerte. Puis elle se jeta dans les bras du vampire blessé… Je ne l'aurai plus…

Comme un arrêt sur image, je voyais les loups de la meute se faire massacrer un a un.

Et de trois…

La mâchoire d'un quatrième loup claquait désespérément dans le vide alors qu'il s'épuisait à vouloir attraper une femelle vampire totalement insaisissable ! Ses efforts inutiles furent stoppés nets par le grand blond qui avait déjà éliminé une de ces vermines. Celui-ci n'aura pas eu le temps de souffrir, sa tête se retrouvant à quelques mètres de son corps en une fraction de seconde.

Et de quatre…

Le grand blond attrapa la petite femelle brune et la serra contre lui avec tant de douceur… Je ne l'aurai plus…

Ensemble, ils se tournèrent vers une immense blonde au regard glacial et furieux qui était en train d'étouffer le dernier loup en lice avec ses jambes. Le tout sous le regard approbateur du colosse brun. Je retrouvais un peu de moi en elle. Tant de fureur, tant de douleur… Elle ne le relâcha que lorsque la langue pendante du loup témoigna de son trépas. Le colosse fut en un instant derrière elle et il l'enlaça délicatement, plongeant son visage dans ses cheveux et se gorgeant de son odeur… Je ne l'aurai plus…

Le corps de mon ennemi tremblait dans mes bras. Puis il sembla lâcher prise. Il ne luttait plus. Voir les siens mourir l'avait tué de l'intérieur, exactement comme pour moi.

Il voulait en finir et moi aussi.

Alors que j'allais planter mes crocs dans sa gorge, son corps se mit soudain à changer, laissant apparaitre dans mes bras…Non !... Jacob sous sa forme humaine.

Sous le choc, je le lâchais comme si je m'étais brûlée. Je reculais péniblement de quelques pas en vacillant, refusant de voir ce que j'avais sous les yeux… mon ami… mon meilleur ami…

Le mur érigé autour de moi se fissurait…

-Bella…, ne…me …tue…pas… Pitié…

Des grognements sourds s'élevaient derrière moi, mais j'étais comme tétanisée. Percutée par cette image qui me renvoyait à mon humanité.

Jacob gisait nu sur le sol, les os brisés, le corps marqué par les coups que je lui avais porté. Il rampait et me regardait avec ses yeux de chien battus.

- Bella… je t'aime…

IL m'aime ? IL M'AIME ?

C'étaient les mots de trop ! La brèche se referma aussi vite qu'elle s'était crée sous la puissance de ma fureur. J'explosais en un rugissement dévastateur et me jetais sur Jacob. Le saisissant par la gorge je le soulevais du sol et enfonçais mes ongles dans son cou. Son sang coulait le long de mon bras vengeur. La mâchoire serrée, je rapprochais mon visage du sien, plongeant mon regard dément au fond de ses pupilles écarquillées.

- ON NE TUE PAS CEUX QU'ON AIME JACOB… et toi… tu m'as tué… en le tuant.

Ma vois se brisait…

Un sourire narquois pris place sur son visage… Il avait joué sa dernière carte, celle de la pitié et il avait perdu. Jamais je ne pourrai éprouver de pitié envers lui.

Un rire dément sorti de ma gorge et d'un mouvement bref je collais ma bouche à son oreille.

- Tu sais quoi Jacob ? Murmurais- je distinctement … Moi, je ne t'aime pas !

Basculant sa tête en arrière, je plantais mes crocs dans sa jugulaire et déchirais ses chairs avec une violence inouïe.

Sang pour sang !

Son fluide vital chaud et puant coulait à flot dans ma gorge. Son corps tressautait sous mes succions vengeresses et alors que sa vie le quittait lentement, je me tournais vers Edward.

Pour toi mon amour…

Le regard vide rivé sur mon amour perdu, j'arrachais brutalement la tête de son bourreau et laissais retomber ses morceaux sur le sol.

J'avais le goût immonde de son sang dans la bouche. C'était fini…

Tout était si calme autour de moi… le calme après la tempête.

C'est fini… Tout est fini…

Tel un automate, j'enjambais la dépouille inerte de ce chien et avançait vers le corps désarticulé d'Edward… Chaque pas qui me rapprochait de lui faisait tomber une brique du mur que j'avais érigé afin d'avoir la force de me battre…

Chaque pas dévoilait une partie de lui meurtrie, brisée…pas après pas… la haine me quittait laissant place à l'infinie tristesse qui m'étreignait le cœur. Le froid saisissait chaque fibre de mon corps.

Le regard perdu sur ses plaies… je cherchais le moindre signe d'espoir…

Pas après pas, j'arrivais près de lui… Non… Non… Non…

Mes jambes fébriles lâchèrent sous le poids de ma douleur et je tombais à genoux entre son bras arraché et son buste lacéré. Je ne pouvais pas voir son visage tourné sur le côté. Je distinguais juste sa mâchoire carrée souillée de boue et de sang. Ma main fébrile s'approchait lentement de son épaule. Oh seigneur…

Touche le Bella. Tourne-le vers toi. Fais- le.

Horrifiée, je ne savais même pas où poser ma main. Puis bien malgré moi, je fis basculer son corps et réduisis mes espoirs à néant.

Sa gorge était …ouverte et ravagée… C'est fini…

Je passais délicatement ma main sous sa nuque et dans un sanglot sans larmes je ramenais son visage dans mon cou. Serrant son corps contre le mien à jamais.

Plus rien n'avait d'importance, plus rien n'existait que lui dans mes bras.

Trop tard, c'est trop tard…


Avant que vous ne me tapiez dessus à coup de batte de base-ball, je tiens à préciser que cette fin sadique a été influencée par Drinou, Magicvanille et Lullaby ! Oui oui vous pouvez les remercier…

Je n'ai pas pour habitude de faire ce genre de chose, mais pour une fois je voulais remercier les personnes qui me laissent une review en leur dévoilant le début du chapitre suivant. Après tout, vous me soutenez depuis le début, vous me supportez depuis le début…alors je ne peux vous laisser ainsi…