Bonjour tout le monde (enfin s'il reste encore du monde dans le coin),

Après quelque chose comme 6 mois d'absence, je vous livre le nouveau chapitre. J'ai vraiment eu peur de ne jamais continuer cette histoire, et pour tout vous avouer, elle n'est pas encore sauvée. Mais je ferai de mon mieux pour ne pas la laisser à l'abandon et la finir, même si les nouveaux chapitres mettront du temps à arriver.

Comme quoi il faut garder espoir… En tout cas, merci à mes récents coups de blues qui ont fait que ce chapitre à vu le jour.

Je vous remercie pour vos reviews. Je ne pense pas avoir répondu à tout le monde, je m'en excuses. Je tâcherai de me rattraper au prochain chapitre, mais sachez qu'elles me font toujours extrêmement plaisir !

Trêve de blabla, place à la lecture. On se retrouve en bas.

~x~

Chapitre 8 : Face à l'éternité

- TAIS-TOI ! Hurlai-je en m'élançant vers lui. Surtout ne prononce plus jamais un seul « désolé » face à moi. Je me fous de tes regrets. Sors de ma vie ! C'est tout ce que je te demande. DISPARAIS !

Je ponctuai ce dernier mot d'une pression de mes poings sur son torse. Action qui eut pour effet de le propulser contre l'épicéa derrière lui.

- Tu m'as tout volé. Pas seulement ma vie, mais aussi ma fille. Tu te souviens de la petite fille qui tirait sur ton pantalon pour te parler ou qui t'offrait des pancakes le jour de son anniversaire ? Tu te rappelles d'elle ? Et bien grâce à toi elle est orpheline aujourd'hui. ORPHELINE ! Vociférai-je alors que tous mes efforts pour garder mon calme tombaient en lambeaux, réduit à néant par la culpabilité que je lisais dans le regard d'Edward au sol, à quelques mètres de moi.

~x~

Mon corps tremblait, incapable de contenir la rage qui le dévorait. D'un coup violent, j'écrasais mon poing dans le tronc d'un grand conifère en hurlant toute ma colère. L'arbre, pourtant imposant, se pulvérisa sous l'impact. J'en ramassai une branche et, dans ma folie haineuse, le projetai sur Edward encore au sol.

Je n'avais jamais été violente. Enfin pour autant que mes souvenirs brumeux me permettaient de l'affirmer. Pourtant j'avais envie de cogner. Tout en moi voulait lui faire mal. Aussi mal que la douleur éternelle qu'il m'avait infligée.

- DISPARAIS !

Il esquiva mon projectile sans peine. J'attrapai un autre morceau et, d'un bond, le projetai sur lui pour lui asséner un coup au torse, si fort que le bois s'effrita entre mes doigts.

- TU M'AS VOLE MA FILLE.

Cette fois, c'est mon poing qui entra en contact avec son torse musclé.

- TU M'AS TOUT PRIS. TOUT !

Encore et encore… J'enchainais les coups, me délectant des grimaces de douleur qui déformaient son visage. Néanmoins rien n'arrivait à m'apaiser. J'étais noyée, totalement obnubilée par cette colère. J'hurlai à plein poumon tout ce que j'avais sur le cœur. Mais elle était toujours là, cette douleur lancinante qui parcourait mes veines. Jamais plus elle ne me quitterait.

Cette vérité me frappa de plein fouet et je m'écroulai au sol, m'éloignant de l'origine de cette souffrance. J'attrapai ma tête entre mes mains, laissant mon corps remuer au rythme de mes sanglots invisibles. Une main timide effleura mon épaule. Je frémis, me recroquevillant un peu plus sur moi-même.

- Laisse-moi, sanglotai-je.

- Je suis fautif Bella, murmura Edward. Je suis celui qui t'a enlevé ta vie et ta fille. Je sais que tu ne me pardonneras jamais mais laisse-moi t'aider.

- Vas-t-en !

- S'il te plait, Bella.

Mon silence fut sa seule réponse. Rien ne pourrait m'aider. Rien ! Encore moins quelque chose provenant de lui.

Un profond soupir brisa le silence. Il abandonnait, au moins pour cette fois. Un courant d'air balaya mes cheveux en bataille et je fus enfin seule au milieu des bois. Seule face à ce néant qui régnait en maître au fond de moi.

Je rampai jusqu'à un rocher et m'y adossai, contemplant silencieusement le lac paisible. Un jour arriverais-je à nouveau à accéder à cette sérénité ? Cette pensée était d'une telle absurdité qu'un rire sordide s'échappa de ma gorge pour déchirer le silence. Je ris. Timidement au début puis plus fort. Je ris d'un rire sombre, glauque, loin du petit rire chantonnant d'autrefois. Celui-ci était froid, morne. Aussi mort que mon corps. Que mon âme.

Le silence avait repris possession des lieux lorsqu'au loin un léger bruissement de feuilles se fit entendre, suivi presque aussitôt d'un effluve familier.

- Emmett, lançai-je solennellement sans lever mes yeux du lac.

- Je sens si bon pour que tu me reconnaisses avant même de me voir ? Tu me flattes sœurette.

Je haussai les épaules en guise de réponse. Lui ou un autre, c'était du pareil au même. Aucun d'eux ne pourrait changer ce qui m'était arrivé. Aucun d'eux ne pourrait faire revivre mon cœur mort. Alors à quoi bon ?

- Laisse-moi, Emmett, lâchai-je d'une voix détachée alors que je repartais à ma contemplation du lac.

Il se laissa tomber au sol et s'affala à côté de moi, sans pour autant me toucher. Du coin de l'œil, je le vis s'assoir en tailleur et, tout comme moi, il contempla le paysage si paisible.

- Non, je ne te laisserai pas seule ici. Le seul moyen de te débarrasser de moi serait que tu rentres à la maison.

- La maison, ris-je. Mais quelle maison au juste ? Cette cabane ce n'est pas chez moi. C'est peut-être ton foyer du moment, mais ce ne sera jamais le mien.

De sa grande main, il attrapa un caillou plat et le fit tournoyer dans sa paume, pensif.

- Bella, je sais que tu n'as pas choisi ce qui t'est arrivé. Comme pour chacun de nous, ce fut brutal, atroce et non désiré, mais il faut faire face. Attendre ici que la fin arrive ne sert à rien parce qu'elle ne viendra pas. Jamais. Alors soit tu te bas pour reprendre le contrôle de ton existence, soit tu te dessèches ici-même, jusqu'à ce que tu attaques un malheureux randonneur en balade dans les bois parce que tu ne nous auras pas laissés t'apprendre à maîtriser ta soif.

Le caillou vola soudain au-dessus du lac, ricochant sur la surface lisse de l'eau, brisant ainsi la paisible étendue sauvage.

- A toi de choisir.

- A quoi bon ? J'ai tout perdu.

- Pas tout. Tu es toujours toi. Peut-être un peu différente mais à l'intérieur tu es toujours la même.

- Tu parles ! Même mes souvenirs s'enfuient, livrai-je. Tout est si flou… Je n'ai plus rien à quoi me raccrocher. Ils s'éloignent, se dissipent, s'estompent et ça me terrifie.

- C'est un processus normal. Les souvenirs de notre vie d'avant disparaissent pour laisser place aux nouveaux, plus lumineux, précis et sensoriel. Mais si tu t'y raccroches et que tu te forces à t'en rappeler les détails alors tu ne les oublieras jamais. Ils garderont toujours cet aspect effacé et brumeux qu'était celui de tes anciens yeux, mais ils seront à toi pour toujours.

Il se redressa et me fit face. Je quittai le lac des yeux pour me tourner vers lui.

- Si tu as besoin de te raccrocher à quelque chose pour avancer, raccroche-toi à eux.

Sa main tendue vers moi, il me sourit d'un sourire sincère et si empli d'espoir que, l'espace d'un instant, j'eue envie de le croire. Mais cette accalmie intérieure fût brève, fugace et très vite tout noircit à nouveau en moi.

- Vous alliez mourir. Vous tous étiez condamnés, pas moi.

Emmett fronça ses sourcils.

- Carlisle vous a transformés pour vous sauver la vie, pas pour vous la prendre. Toute la différence est là. Alice et Edward ont volé ma vie, Carlisle vous a offert la vôtre.

Son sourire se fana. Il se renfrogna, reprenant pour lui la main qu'il m'offrait.

Toute la différence était là et il le savait. Pour eux la transformation n'avait sans doute pas la même saveur amère que la mienne. Elle les avait extirpés d'une mort certaine. La mienne m'avait plongée avec effroi dans un enfer éternel.

- Tu as raison, c'est différent. Mais la finalité est la même. Nous n'étions pas d'accord pour qu'Alice te contacte, nous lui avions dit de ne pas t'informer de ce qui arrivait à Edward. Ceci était notre problème, pas le tien. Et nous connaissions les risques. Elle aussi d'ailleurs mais elle pensait pouvoir éviter la catastrophe en prédisant une attaque.

- Elle a eu tort, le coupai-je sèchement.

- Oui, c'est vrai. Mais qu'aurais-tu préféré ? Qu'il te laisse mourir, plutôt qu'ils essaient de te sauver tant bien que mal en te transformant ? Le mal était fait. Edward t'avait attaquée, mordue et vidée de ton sang. Tu allais rendre ton dernier souffle étendue sur le sol décharné d'Alaska, Bella. Tu allais mourir pour de bon !

- J'ai peur, avouai-je.

- Je sais.

- Je ne veux oublier ma fille.

- Ca n'arrivera jamais.

- Mais je ne pourrais plus jamais la serrer dans mes bras, la bercer contre mon cœur.

- Pas pour l'instant, mais peut-être qu'un jour…

- Ne me mens pas, Emmett. Pas toi. S'il te plait.

- Ca sera probablement difficile, extrêmement même, mais si tu le veux, tu y arriveras dans quelques années.

- Je serai morte pour elle, elle m'aura oubliée. Et ne me dis pas que je me trompe. Je le sais… Je le souhaite… Qu'elle m'oublie vite, pour ne plus avoir de peine.

La gorge serrée par les mots qui venait de la traverser, je baissai les yeux vers le sol terreux. Je remontai mes jambes contre ma poitrine, mes bras les enserrant fortement.

Je retrouvais ma bulle, mon cocon où seule ma peine était ma compagne.

- Elle doit m'oublier, sanglotai-je. Mon bébé doit m'oublier… Seigneur, Emmett, je ne vais pas y arriver…

- Viens là sœurette.

Deux bras forts m'entourèrent. Mon visage collé contre un sweet-shirt bleu marine, je laissai s'échapper mon chagrin en sanglots aussi déchirant que silencieux. Emmett, accroupi face à moi, me tenait fermement dans ses bras et me berçait en silence.

- Sssshhhhh… Laisse-moi te ramener à la cabane, rester seule ici ne t'aide pas à aller de l'avant et tout le monde s'inquiète pour toi. Allez, viens.

Il me souleva dans ses bras et épuisée, je le laissai faire sans rechigner. J'étais lasse de me battre, lasse de tout. Tout ce que je voulais c'était mourir, et ça, ce m'était devenu impossible.

- Tu veux faire la course ? La première fois je t'ai laissée gagner mais ne prends pas ça pour une habitude, cette fois je vais te laminer.

Blottie contre son torse, je ris. Emmett serait toujours Emmett. Avec lui il y avait toujours une pointe d'humour en toute circonstance.

- Une prochaine fois, peut-être.

- Zut alors !

Il me relâcha. J'enroulais mes bras autour de mon corps, le regard dans le vague.

- Avant de rentrer, as-tu une petite soif ?

- Non, je ne crois pas. Ma gorge ne me brûle pas en tout cas.

- Bon, alors allons-y.

Il prit la route à travers bois. Je lui emboitai le pas en silence, essayant l'espace d'un instant, de ne penser à rien. Juste quelques minutes de paix, dans toute ma future éternité.

Bien vite nous nous retrouvâmes à l'approche de la cabane. Je pouvais déjà discerner des voix. D'abord, de simples sons, puis quelques bribes de mots et enfin des phrases complètes. Alice avait dû les prévenir de notre retour prochain car ils nous attendaient tous impatiemment.

Mais de mon côté c'en était tout autre. J'appréhendai de les revoir. Nul ne savait comment j'allais réagir face à eux. Surtout face à Alice ou Edward. Mon calme était précaire. Une simple illusion, fragile, fébrile, qui pouvait voler en éclat plus vite qu'un battement de cil.

Je me figeai. L'orée du bois était devant nous. La petite clairière apparaissait déjà entre les arbres et, un peu plus loin, je pouvais percevoir les abords de la cabane.

- Attends ! Lançais-je à Emmett.

- On y est presque Bella. Allez, viens.

Mais malgré sa main tendue vers moi, je n'arrivais plus à avancer.

- Je ne peux pas. Pas avec eux là-bas.

- Qui… ? Edward et Alice ?

J'opinai silencieusement, le regard rivé sur les silhouettes que, grâce à ma nouvelle vision affinée, je discernais au loin. Ils étaient là, dehors et m'attendaient. Et si j'arrivais d'ici à entendre leurs paroles, alors eux aussi entendaient les miennes. Mieux encore, Alice devait voir la scène se dérouler à l'instant sous ses yeux.

- Je ne veux pas les voir. Ni maintenant, ni jamais, tranchai-je en détournant le regard.

Je m'en voulus lorsque je lus de la peine dans le regard d'Emmett. Il était triste que ça se finisse ainsi. Peut-être avait-il espéré que tout s'arrange pour le mieux et que je saute au cou de mon assassin et de sa complice ? Seulement, autant l'amour que je leur portais humaine était immense, autant à présent, c'était de la haine pure que je ressentais à la place. Une haine violente, virulente et destructrice.

La voix de Carlisle nous parvint, haute et claire, depuis l'autre côté de la clairière

- Nous devons discuter, Bella. Alice et Edward sont prêts à s'éclipser le temps que tu t'acclimates à ta nouvelle condition, mais avant cela, une grande discussion s'impose et des décisions te concernant doivent être prises.

Je jetais un regard interrogateur vers Emmett qui me le renvoya en haussant les épaules.

- Le meilleur moyen de savoir, c'est d'y aller, tu ne crois pas ? Répliqua-t-il. Jasper sera ravi de partager son flegme légendaire avec toi pour que tu puisses rester aussi calme que possible.

Cette fois, je n'ignorai pas la main qu'Emmett me tendait. Je la saisis fermement, m'y agrippant comme à une bouée de sauvetage. Il tenait vraiment à merveille son rôle de grand frère protecteur. Ensemble, nous franchîmes la frontière entre la forêt et la petite clairière, lui devant, avançant tranquillement, et moi, plus hésitante, le regard baissé alors que mes cheveux cachaient mon visage.

Même les yeux rivés au sol, je percevais leur mouvement, le froissement de leurs vêtements lorsqu'ils s'écartèrent sur notre passage.

Emmett m'entraîna vers l'entrée de la cabane, montant les marches une à une devant moi. Et je le suivis machinalement. Fut un temps, mon cœur aurait battu la chamade sous cette angoisse. Mais maintenant, seul le silence répondait à mon inquiétude. Mon corps était mort alors que moi j'étais en vie, coincée à l'intérieur, pour toujours.

Dès qu'il relâcha ma main, je partis me réfugier dans un coin de la pièce à côté de l'escalier, le plus loin possible de l'entrée. Calée contre le bois rugueux du mur, je contemplais les lattes régulières du parquet ciré, distinguant avec une aisance encore déconcertante chaque rainure, veine et nœud de ce bois.

Ils étaient tous là à présent. Je sentais leur regard sur moi. Ils m'observaient, m'étudiaient pour anticiper le moment où je craquerai. Pourtant je me sentais mieux. Un peu. Mes muscles tendus à l'extrême se relâchaient peu à peu. Mon envie primaire de détruire tout sur mon passage en hurlant s'estompait lentement. Je pouvais remercier Jasper pour ce semblant de calme, même s'il n'était qu'illusion.

- Bien, il est temps, commença Carlisle. J'aurais préféré attendre encore un peu pour avoir à te demander cela mais ça fait maintenant cinq jours que tu as disparu Bella, et il est temps que nous parlions de ce que tu veux.

- Comment ça ? Demandai-je en osant un regard vers eux.

Je remarquai alors leur posture, à la fois décontractée et sur le qui-vive. Emmett à ma gauche et Jasper à ma droite étaient prêts à bondir si je flanchais. Esmée et Rosalie, elles, entouraient Carlisle qui me faisait face depuis l'autre côté de la pièce. Seuls Edward et Alice étaient en retrait, sur le perron, encore à l'extérieur de la cabane. Ils observaient la scène depuis la porte d'entrée restée ouverte.

- Ta famille doit s'inquiéter et des recherches ont du être lancées à présent. Que veux-tu qu'ils trouvent ? Veux-tu qu'ils te croient morte ou seulement disparue ?

Ils avaient bien fait de se tenir prêts parce que je flanchais. Mes jambes cédèrent, emportant avec elles un morceau de la rambarde à laquelle je tentais de m'agripper. Je m'écroulai sur la première marche de l'escalier. J'avais beau être plus forte physiquement, je n'avais pas supporté le choc de la demande de Carlisle.

Comment choisir entre l'horreur et l'atrocité ?

- Nous pouvons maquiller ta disparition, mettre un corps sur place pour qu'une équipe de secours le retrouve et le prenne pour toi…

- Carlisle, laisse-lui un peu de temps, voyons ! S'offusqua Esmée.

- Pardonne mon empressement Bella mais nous manquons de temps et bientôt il sera trop tard pour agir. Je veux juste que tu aies une chance de choisir ce que tu penses être le mieux pour ta fille.

D'un mot il venait de m'achever.

Morte ou disparue ?

Un corps à pleurer ou un cercueil vide à enterrer ?

Disparaitre à jamais ou les laisser espérer en vain ?

- Morte, choisis-je. Qu'ils me croient morte. De toute manière c'est ce que je suis, au fond. Je ne veux pas leur laisser l'espoir qu'un jour je pourrais réapparaitre car c'est faux.

- Ma chérie, ne dis pas cela, m'interrompit Esmée. Tu apprendras à maîtriser ta soif et contrôler tes pulsions. Et, comme nous, tu pourras vivre parmi les humains et te fondre dans la masse. Ne perds pas espoir.

- Et après quoi ? M'emportai-je en me redressant vivement.

Jasper et Emmett se rapprochèrent de concert, réduisant l'espace entre eux et moi au cas où je perdrais le semblant de maîtrise que je possédais encore.

- Je reviendrais vers elle après avoir disparue pendant trois ou quatre ans, ne ressemblant plus totalement à la femme que j'étais ? Continuai-je comme si de rien n'était. Je dois la laisser espérer le retour de sa mère dans l'espoir, utopique, de pouvoir reprendre ma place ? Je ne peux pas lui infliger ça.

Je me laissai glisser le long du mur.

- Je choisis cette option Carlisle. La mort est ce qu'il y a de mieux pour elle… Pour eux.

- Bien. Alice, Esmée, venez avec moi. Nous devons arranger ça.

- Je viens avec vous, s'interposa Edward.

- Non. Toi tu dois encore reprendre des forces. Tu es encore trop faible pour t'approcher d'humains. Je ne veux pas risquer un autre accident.

La voix de Carlisle durcit sur le dernier mot. Plus amère et tranchante que je ne l'avais jamais entendue.

- Je ne suis pas le bienvenu ici, Carlisle. Laisse-moi me rendre utile en vous aidant. Je ne m'approcherai pas des humains.

- Si tu veux te rendre utile mon fils, pars chasser.

Le bois de la bâtisse craqua sous la pression de ce qui me sembla être un coup de poing, suivi par des pas martelant le sol à toute vitesse, puis le silence revint m'envelopper. Apaisant et à la fois effrayant.

L'attention loin de moi, je me retrouvais seule, assise en boule au pied de l'escalier. Jusqu'à ce qu'un raclement de gorge gêné ne me sorte de ma torpeur.

- Je vais te montrer ta chambre, m'indiqua Rosalie. Suis-moi.

Je m'exécutai, toute réaction ayant désertée mon corps. En haut de l'escalier, tout au fond du couloir, m'attendait une petite pièce aux murs lambrissés.

- Elle n'est pas très accueillante pour l'instant, mais avec un peu de décoration elle sera parfaite pour toi.

- Non, c'est parfait, dis-je en pénétrant dans la pièce vide à l'exception d'une simple chaise et d'une commode.

- Emmett va te trouver un lit, même si tu n'as plus besoin de dormir, un moment de détente est toujours le bienvenu.

- Pas la peine, ça ira.

- C'est une condition non négociable, lança ce dernier depuis le rez-de-chaussée.

- Et tu trouveras quelques tenues dans la commode en attendant que je sois de retour de la ville la plus proche. Jean et T-shirt ?

J'opinais.

- Ok. La salle de bain est juste là, au cas où.

- Merci. Je crois qu'une bonne douche me fera de bien, constatai-je en contemplant mes doigts, mes genoux terreux et mes mains sales.

Rosalie fit quelque pas dans le couloir avant de se tourner vers moi, un pâle sourire sur les lèvres.

- Je suis désolée que tu sois obligée de vivre ça, me lança-t-elle avant de rejoindre son mari en bas.

Rosalie, gentille. Encore quelque chose de nouveau autour de moi.

Appliquant une retenue constante à mes gestes, je fouillai rapidement les trois tiroirs à ma disposition dans l'espoir de trouver une tenue propre et confortable puis je rejoignis la salle de bain, tout en évitant soigneusement de rencontrer mon reflet dans le grand miroir au dessus des lavabos. Si d'extérieur cette maison pouvait passer pour une simple cabane, l'intérieur était tout autre. Simple et usuelle, cette salle de bain offrait tout de même tout le confort nécessaire et même plus.

Je me glissai sous le puissant jet d'eau et savourai l'impression immédiate de chaleur. Chaque précieuse goutte réchauffait la surface glacée de ma peau jusqu'à me donner la brève sensation de retrouver mon corps d'avant.

Une fois la réserve d'eau chaude épuisée, je dus me résoudre à contre cœur à quitter la chaleur moite de la douche et affronter mon pire cauchemar. Une serviette nouée autour de mon corps, je contemplais les contours flous de mon nouveau moi. Le reflet incertain que j'avais découvert à la surface du lac ne serait qu'une pâle illusion face à ce que me renverrait ce miroir devant lequel je me tenais. Je chassai enfin la buée masquant mon visage d'un geste de la main et me fixais. Les yeux dans les yeux je m'observais.

Rouge. Ou plutôt carmin. Deux yeux inconnus me dévisageaient avec appréhension. Des cernes prononcés surlignaient d'autant plus l'éclat sanguinolant de mon regard et contrastaient avec la blancheur cadavérique de ma peau. Et comme me l'avait démontré mon reflet sur le lac, mon visage avait changé. Juste un peu, mais tout en me rendant différente. Plus fin, plus harmonieux. C'était moi sans vraiment l'être.

Une autre. Un vampire.

Je détournai les yeux. J'en avais bien assez vu pour le moment. Alors j'enfilai rapidement mes nouveaux vêtements et sans vraiment savoir pourquoi, je rejoignis les autres en bas.

- Et maintenant ? Demandai-je.

~x~

Et bien voilà, c'est fini pour aujourd'hui.

Je vais tâcher de vous fournir un nouveau chapitre avant 2013 ! lol

Plaisanterie à part, normalement en septembre je prendrais mon bon vieux TER et du coup, j'aurai du temps pour écrire. Alors gardons la fois. J'ai bon espoir de publier un peu plus souvent.

Sinon, je vous posterai courant de l'été, un OS écrit pour le « The Vampires' Red Game Contest », le concours d'OS du forum « The Vampires' Red Room » (lien sur mon profil). Cet OS aura la particularité de voir évoluer mes propres personnages.

Et pour en revenir à Impulsions, la playlist est dispo depuis quelques mois déjà, sur deezer (lien également sur mon profil).

J'attends vos avis sur ce chapitre avec impatience.

A bientôt

Dri