Coucou tout le monde!

Parcours Fructueux étant terminée, j'ai décidé de poster une nouvelle fiction !

Cela faisait pas mal de temps que j'avais cette idée qui me trottait dans la tête et j'ai enfin eu le temps de la mettre sur papier. J'espère que cette fiction vous plaira^^

ENJOY !


Chapitre 1 : Témoin gênant

POV Edward

Confortablement assis sur mon canapé en cuir, j'attendais impatiemment.

Mon regard était fixé sur la table basse où siégeait mon téléphone qui aurait dû sonner depuis une bonne demi-heure. Ma main était appuyée sur l'accoudoir et mes doigts s'agitaient en pianotant nerveusement. J'avais un mauvais pressentiment.

Mon portable sur la table sonna soudainement et je m'empressai de le prendre et de décrocher sèchement, sans prendre la peine de vérifier le numéro.

« T'es à la bourre. » Constatai-je acerbe. « Ça fait trente minutes que j'attends ton coup de fil. »

« Désolé mec, on a eu un contre temps. Cet idiot d'indien s'est paumé en chemin et j'ai dû aller le chercher. »

« Quel imbécile… » Soupirai-je exaspéré. « Il va tout faire foirer. Mais qu'est-ce qui lui a pris à Aro de le coller avec nous ? »

« Il te l'a dit Ed. C'est pour lui apprendre les ficelles du métier. »

« Il sait même pas lire une carte ! Je te le dis Emmett, on n'est pas rendu avec cet idiot. »

« Oui bah on n'a pas le choix. » Répliqua-t-il. « Aro veut qu'on l'amène en mission avec nous, alors on fait ce qu'il dit et on la ramène pas. » Je soupirai à nouveau, excédé et me passai une main dans les cheveux avant d'en venir au sujet principal.

« Vous êtes où ? »

« Garés là bas. On n'attend plus que toi. »

« Dans combien de temps est-ce qu'il va sortir ? » Demandai-je en me levant du canapé et en allant chercher ma veste.

« D'ici quarante cinq minutes, tout au plus. » Répondit-il. « Dépêche-toi de ramener tes fesses avant que je ne décide d'assommer Black tellement il me tape sur les nerfs. »

« J'arrive. » Déclarai-je en raccrochant.

Je me dirigeai vers la table de la cuisine où était tranquillement posé l'objet de mes convoitises, n'attendant plus que moi. La seule chose auquel je tenais vraiment et pour qui j'accordais de l'importance. Mon neuf millimètres automatique, modèle de 1950. La seule personne qui ait le droit de poser la main dessus, c'est moi.

Je m'en emparai vivement et le fourrai dans la poche intérieure de ma veste avant d'attraper mes clés et de sortir de mon appartement à la hâte. Je dévalai les escaliers rapidement, puis sortis de l'immeuble pour me diriger vers ma Volvo stationnée devant. Je m'engouffrai à l'intérieur et enclenchai le moteur avant d'effectuer une marche arrière et de démarrer vers ma destination.

J'essayais de rouler le plus vite possible, dans le but d'arriver sur le lieu à l'avance, là où Emmett et Black m'attendaient. Le trafic était calme, pas d'embouteillage ni de fichu camion qui bloque le passage. Mais au fur et à mesure que je me rapprochais de l'aéroport de Midway, les voitures se faisaient de plus en plus nombreuses, la plupart d'entre elles étant des taxis. Arrivé devant l'aéroport, je le contournai pour me diriger vers une ruelle apparemment déserte, exactement comme nous l'avions prévu. Je roulais un temps avant d'apercevoir sur un stationnement, la Jeep d'Emmett garée, lui et Black dans l'habitacle.

Je fis un signe de tête à Emmett lorsqu'il me vit et trouvai une place pour me ranger juste en face de la sienne. Je coupai le moteur et attendis patiemment sur mon siège. Je savais qu'Emmett allait venir à ma rencontre et cela ne tarda pas. À peine m'étais-je garé que je le vis ouvrir la portière de ma voiture du coté passager et s'asseoir en la claquant plus fort que nécessaire.

« Tu me sauves la vie Ed. Ce sale con m'a pompé l'air durant tout le trajet et jusqu'à ce que tu arrives. »

« Et tu pouvais pas simplement lui dire de se la fermer ? » Fis-je en haussant les épaules.

« Parce que tu crois que c'est pas ce que j'ai fait peut être ? Je lui ai dit au moins cinq cents fois de se la boucler et lui, que dalle il continue de déblatérer sur son père en fauteuil roulant et sa mère décédée. Si t'étais pas arrivé maintenant, c'est lui qui se serait retrouvé en chaise roulante. »

Je réprimai un sourire tandis que j'observais Jacob Black dans la voiture d'Emmett en face de moi.

« Tel père tel fils. » Rétorquai-je. Emmett ricana.

« Quel boulet ce type… » Soupira-t-il.

Je le regardai indécis.

« Je ne dirais pas ça, moi. » Contredis-je. « C'est un bleu, je te l'accorde, mais un boulet certainement pas. » Emmett fronça les sourcils.

« Alors pourquoi tu le détestes autant ? » Me fit-il remarquer.

« Parce qu'il est dangereux. » Mon ami éclata d'un rire tonitruant, comme si ce que je venais de dire était la blague du siècle.

« Jacob dangereux ? Alors là on aura tout entendu ! » Piailla-t-il.

« Arrête de rire, c'est pas des foutaises, ce que je te raconte. » M'énervai-je, irrité de ne pas être pris au sérieux.

« Tu l'as dit toi-même Edward. Ce type ne sait même pas lire une carte. Et le pire, c'est qu'il s'agit d'un aéroport ! Il est même pas capable de trouver l'aéroport de Midway de Chicago en bagnole. Et toi tu dis qu'il est dangereux ? »

« Je viens de te le dire Emmett, c'est un bleu. Mais je ne le sens pas. Tu as vu comment il se comporte avec Aro ? On dirait un vrai toutou. »

« Et alors ? En quoi ça fait de lui quelqu'un de dangereux ? » Demanda Emmett paumé.

« Parce que pour plaire à son boss, c'est le genre de gars prêts à tout, y compris à te planter un couteau dans le dos pour arriver à ses fins. »

« Tu disjonctes Ed. Jacob n'arriverait même pas à tuer une guêpe. À part son côté baraqué et son sang froid, il ne sert à rien. »

« Ouais bah moi je te dis qu'il faut te méfier. » Rétorquai-je, piqué au vif.

Je sentis un coup de coude de la part d'Emmett.

« C'est bon, il se rapproche. » Annonça-t-il.

Je regardai dans la direction où allait son regard et vis dans le rétroviseur un petit asiatique à lunettes marcher la tête baissée vers nous avec lenteur, sur le trottoir d'en face. La ruelle était toujours aussi déserte, il n'y avait pas âme qui vive et c'était temps mieux. Il était encore trop loin pour nous remarquer, ce qui nous laissait le temps de le surprendre.

« Tu as dit à Black ce qu'il devait faire ? » Demandai-je.

« Oui, qu'il devait monter la garde et assurer nos arrière. » Je défis ma ceinture de sécurité.

« Magne-toi, on reprend du service. » Ordonnai-je en m'extirpant de la voiture avec détermination. Black sortit de la voiture d'Emmett et se dirigea vers nous. Il me salua de la tête et je l'ignorai.

« Salut Edward. Comment tu vas ? » Demanda-t-il pour la forme.

« J'irai mieux une fois qu'on l'aura descendu et que j'aurai plus ta salle tête en face de moi. » Répliquai-je cinglant en me détournant et en avançant vers l'homme qu'on suivait et qui marchait sur le trottoir d'en face. Emmett me rattrapa et se mit à ma hauteur tandis que Black nous suivait derrière.

« Le pauvre, comment tu le ménages pas. » Rit-il alors que je levais les yeux au ciel.

« Oh la ferme. » Râlais-je.

Le type fut bientôt à notre hauteur et j'accordai un signe de tête à Emmett pour lui intimer de traverser. Je marchai sur la route à pas rapide avant de me retrouver sur le même trottoir que lui et le héler.

« Eric Yorkie ? » Accostai-je. L'homme gringalet releva les yeux et me regarda curieusement avec réserve.

« C'est moi. » Répondit-il. « Qui êtes-vous ? »

« Ça on s'en fiche. Ce qui importe en revanche, ce sont les cinq milles dollars que vous devez à Aro Volturi. »

Aussitôt que j'avais prononcé son nom, Yorkie sursauta et je le vis se tendre d'une manière plutôt brusque.

« Je… Je comptais le rembourser bientôt. » Bafouilla-t-il apeuré. Un sourire se forma au coin de mes lèvres.

« Vous comptiez le rembourser ? » Répétai-je. Il hocha avidement la tête.

« Oui je… Laissez-moi le temps de trouver les sous et j… »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase car je le pris par le col et le plaquai contre un mur en prenant soin de lui cogner la tête violemment pour lui faire mal. Il poussa un cri de douleur avant de gémir et de me regarder tétanisé, tandis que je lui serrai le cou sans ménagement.

« Oh non, ça ne se passe pas comme ça. » Répondis-je menaçant. Je pouvais voir la crainte dans ses pupilles et je m'en délectais. « Écoute-moi bien Yorkie, tu as cinq minutes pour me filer le pognon que tu dois à Aro, plus les intérêts si tu ne tiens pas à finir ta vie ici, dans cette ruelle paumée. » Yorkie se pétrifia et paniqua.

« Quoi ? Mais je ne les ai pas ! »

« Ça fait deux semaines. » Menaçai-je. « Monsieur Volturi s'est montré très compréhensif, il a été assez gentil pour te laisser du temps car il connait ta situation, tes problèmes financiers et ton salaire minable que tu gagnes en bossant à l'aéroport, mais maintenant il s'impatiente. Il a envie de revoir son fric le plus rapidement possible et quand je dis le plus rapidement, ça signifie tout de suite, illico. » Susurrai-je à son oreille alors que ma main l'étranglait et le tenait fermement, ne lui laissant aucune échappatoire.

« Mais je n'ai rien sur moi… » Il avait les yeux suppliants. « Accordez-moi encore un délai. S'il vous plait… » Je le regardai impassiblement avant de claquer des doigts avec ma main libre pour appeler Emmett.

« Occupe-toi de lui quelques minutes. » Lui ordonnai-je. Emmett fut à coté de moi et son sourire apparut soudainement.

« Mais avec plaisir. »

Il prit ma place tandis que je lâchais mon emprise sur Yorkie pour me reculer et admirer le spectacle.

Puis Emmett lui asséna une droite qu'il n'est pas prêt d'oublier. Yorkie tomba au sol avant qu'Emmett ne le tire par les cheveux pour le relever. Il se mit ensuite à le bombarder de coups dans le ventre et sur la figure. Nous entendions ses gémissements et ses cris de douleur tandis qu'Emmett ne cessait de le cogner à sang. Lorsque son visage fut assez défiguré et ensanglanté, je décidai de rappeler Emmett à l'ordre.

« C'est bon Emmett, laisse-le. »

Emmett cessa et se recula, le laissant retomber au sol une nouvelle fois, tellement il était sonné. Il tentait de reprendre sa respiration qui s'était coupée et se passait une main au visage, tout en gémissant. J'avançai une nouvelle fois vers eux et regardai Yorkie sombrement.

« Cette petite correction te suffit-elle pour avoir l'argent ou as-tu besoin que l'on se montre encore plus persévérants ? » Lui demandai-je durement.

Ses yeux craintifs, limite fuyants montraient l'apeurement qu'il ressentait et nous donnaient le contrôle, l'assurance et le pouvoir de faire de lui ce que nous voulions.

« Je n'ai pas l'argent ! » S'écria-t-il, une larme au coin des yeux. « Pitié, je vous en conjure, laissez-moi encore un peu de temps… » Je soupirai de lassitude.

« Toujours la même rengaine, encore et encore. On est gentil, on vous laisse du temps et au final, tout ce qu'on récolte c'est un type qui n'a toujours pas trouvé le moyen de rembourser. Du coup on est obligé d'en finir et c'est jamais très beau à voir. Au contraire, c'est même assez moche. »

« Mais je trouverai ! » Promit-il avec entrain. « Je trouverai l'argent. Accordez-moi une semaine et vous l'aurez. »

Je le contemplais avec pitié. Parce qu'il était tout simplement pitoyable. Je savais comment ça allait se finir. Et tout ce qu'il pouvait dire ou faire ne servait strictement à rien. Les dés étaient jetés. Je me tournai vers Emmett.

« Aro a dit quoi s'il n'avait pas l'argent ? » Lui demandai-je, bien que je connaissais d'ors et déjà la réponse.

« Qu'on devait en finir. » Répondit-il en souriant. Je souris moi aussi.

« Ah oui c'est bien ça. » Murmurais-je en regardant sadiquement Eric Yorkie qui était paralysé au sol, la bouche entrouverte à mesure qu'il prenait conscience de ce qui allait lui arriver. Je l'entendis respirer bruyamment, son souffle se couper et je le voyais qui tentait de se relever sans succès.

« Non ! » Cria-t-il affolé. « Pitié, ne me tuez pas. Je trouverai l'argent, je ferai ce que vous voudrez mais je vous en supplie, ne me tuez pas. »

C'était le moment que j'aimais le moins. Lorsque la victime, qui alors qu'elle sait qu'elle va mourir quoi qu'elle fasse, se décide à supplier et à déblatérer en espérant qu'on lui laissera la vie sauve. L'Homme est si faible, si égoïste qu'il est prêt à faire n'importe quoi, à perdre sa dignité et son estime pour rester en vie. La plupart du temps, les gens sont même capables de sacrifier la vie des autres pour la leur. Bienvenue dans le monde du plus fort…

Je m'accroupis pour me mettre à sa hauteur et tapotai sa joue sans douceur, lui arrachant un faible cri.

« Emmett remonte-le. »

Celui-ci ne se fit pas prier et se baissa pour prendre Yorkie par les épaules puis le mit debout sans le relâcher, sachant qu'il n'était pas capable de tenir tout seul. Il le coinça contre le mur et je lui fis signe de me laisser m'occuper de lui. Il attendit que je le tienne avant de s'écarter pour me laisser le champ libre.

Je sortis mon revolver de ma poche intérieure avec ma main libre et le pointai sans ménagement contre sa jugulaire. Je sentis Yorkie paniquer et tenter de se débattre, presque en pleurant. Je raffermis ma prise sur lui pour l'empêcher d'émettre le moindre mouvement.

« Tu vois ça ? » Fis-je en agitant légèrement le neuf millimètres devant ses yeux avant de le pointer sur lui à nouveau. « Cette chose va déterminer le temps qu'il te reste à vivre. Tu as le choix de mourir dans même pas cinq minutes, ou dans quarante années. Maintenant à toi de choisir. Es-tu réellement certain de ne pas avoir le fric ? » J'arquai un sourcil. Il secoua la tête, les larmes coulantes et je soupirai.

« Très bien. J'en conclus que tu as choisi la première option. » Déclaras-je avant de charger mon arme puis de le coller expressément contre son cou.

« Je vous en prie, laissez-moi une chance… » Pleurnicha-t-il.

C'en fut trop.

Des types qui supplient de les épargner, j'en ai vu des tas, mais lui on pouvait lui décerner la palme d'or de celui qui pleurniche le plus. Combien de fois a-t-il supplié depuis qu'on l'a accosté ? J'ai horreur de ce genre de lâches, incapables de se comporter comme un homme.

Je le lâchai et il se laissa retomber contre le mur.

Puis je pointai mon pistolet vers sa tête et tirai. Deux coups successifs.

Le bruit assourdissant des balles partantes emplit la ruelle silencieuse et tandis que mon arme était toujours pointée sur lui, je le vis complètement allongé au sol, les yeux ouverts et inexpressifs. Il était mort. Une marre de sang se formait peu à peu à coté de lui et j'abaissai mon arme en soupirant. Encore une bonne chose de faite.

C'était ça ma vie.

Quand mon patron avait des comptes à régler avec quelqu'un, il nous envoyait pour l'abattre, à moins que celui-ci ne trouve miraculeusement du fric ou quelque chose d'autre pour payer ses dettes.

Je savais avant même de rencontrer Eric Yorkie, qu'il n'aurait pas l'argent et que nous devrions le liquider. Quand bien même il l'avait eu, nous l'aurions tué de toute façon. Il peut être réglo, mais il est strictement hors de question de le laisser s'en tirer et dévoiler des choses sur nous à qui que ce soit. Car quiconque faisait des affaires avec Aro Volturi, en savait trop.

« Edward… »

J'entendis la voix de Black me ramener à l'instant présent et relevai la tête, sans toutefois me tourner vers lui.

« Quoi ? » Fis-je acerbe.

« Euh… je crois qu'on a un problème. » Je soupirai d'exaspération et me décidai à lui faire face.

« Et je peux savoir quel genre de problème on a au j… »

Je stoppai ma phrase instantanément lorsque je vis le problème dont Jacob parlait. Mes yeux s'écarquillèrent et ma bouche s'entrouvrit.

Non loin de nous, derrière Jacob, une jeune fille nous regardait les yeux exorbités. Elle était brune, ses cheveux ondulaient sur ses frêles épaules et elle tenait un sac de voyage dans l'une de ses mains. J'étais complètement figé face à cette nouvelle complication. Ses yeux étaient rivés sur le corps d'Eric Yorkie gisant derrière moi. Au moment où elle se rendit compte que je la regardais, elle lâcha son sac brusquement. Son regard fit la navette plusieurs fois entre moi et le cadavre. La constatation vint à moi rapidement. Elle nous avait vus.

« Putain de merde ! » Jurai-je tout d'un coup, prenant conscience de la situation.

En entendant ma voix s'élever, la jeune fille sursauta et fit trois pas en arrière en titubant, les yeux apeurés. Je me rendis compte qu'elle était sur le point de prendre ses jambes à son cou et de se tirer si je ne l'en empêchais pas.

« Reste-là ! » La hélais-je en pointant mon arme, tout droit sur elle. « Ne bouge pas ou je tire ! »

J'étais sérieux. Je savais que si elle s'était mise à courir, je n'aurais pas hésité à lui tirer dessus d'un coup bref. À mon plus grand étonnement, ma menace eut l'effet escompté et elle se statufia sur place, sans me quitter du regard, apparemment bouleversée.

« Emmett, va la tenir. » Ordonnai-je remonté.

Ce dernier qui se trouvait à coté de Black ne se le fit pas répéter une deuxième fois et s'empressa d'aller rejoindre la fille puis lui prit les bras par derrière pour l'immobiliser. Contrairement à ce que j'avais imaginé, elle ne se débattit pas. Mais on pouvait entendre ses faibles gémissements, signe qu'il ne la ménageait pas et lui faisait mal.

Aussitôt qu'elle fut sous notre contrôle et sans danger, je me tournai vers Black est explosai.

« Bordel Jake mais qu'est-ce que t'as foutu ? T'étais sensé surveiller ! »

« J'en sais rien je… je ne l'ai pas vu… » Se défendit-il désolé.

« Espèce de pauvre imbécile ! On t'avait confié une tâche, une seule et toi, tu la foires ! T'es même pas capable de faire le guet correctement ! »

« Je suis désolé, je ne sais pas comment ça a pu se produire. Je surveillais et je… »

« Mon cul que tu surveillais ! » Le coupai-je en colère. « Non mais tu imagines si elle s'était barrée avant que tu ne la remarques ? »

« Ça va excuse-moi, ça arrive à tout le monde de faire des erreurs… » Râla-t-il.

« Pas ici non. » Répliquai-je acide.

« Bon les gars vous vous disputerez après. » Nous rappela Emmett à l'ordre. « Je vous rappelle qu'on a un problème plus gros sur les bras que Jacob qui a encore fait une boulette. »

Jacob leva les yeux au ciel tandis que je me tournais vers Emmett qui maintenait toujours la fille en place. Celle-ci était d'ailleurs immobile et avait les yeux embués. Je pouvais remarquer sa crainte et sa panique de là où j'étais positionné.

Étrangement, son visage apeuré et larmoyant me désarçonnait. Je reportai mon attention sur Emmett.

« Et que veux-tu qu'on fasse ? » Répliquai-je sarcastique.

« Comment ça qu'est-ce qu'on fait ? » S'emporta Jacob. « Tu t'occupes d'elle et ensuite on lève le camp d'ici, ni vu ni connu. »

« Toi, tu la fermes.» M'énervai-je.

Je replaçai alors mon regard sur notre témoin gênante et m'avançai vers elle, jusqu'à me trouver à une distance proche. Elle portait des vêtements dépareillés et était plutôt petite de taille. Ses yeux marrons chocolat continuaient de sangloter silencieusement et j'arrivais à deviner aisément les marques rouges qu'elle aurait sur ses petits bras fragiles, à l'endroit où Emmett la serrait. Elle ne me quittait pas des yeux, ni ne clignait des paupières. Ils étaient grands ouverts et à travers ses larmes, je les trouvais incroyablement expressifs.

« Comment tu t'appelles ? » Lui demandai-je posément.

Elle ne répondit pas, se contentant de me dévisager effrayée. Je perdis patience et m'emportai.

« Ton nom ! » Hurlai-je en pointant brusquement mon revolver sur son front. Ses yeux se fermèrent au contact de mon arme sur sa trempe avant de se rouvrir légèrement.

« B…Bella. » Balbutia-t-elle d'une voix chevrotante.

Je la regardai tristement tandis qu'elle avait les yeux baissés vers le sol. Contrairement à tout à l'heure où elle n'a pas arrêté de me lorgner, on aurait dit que là elle n'osait pas lever les yeux vers moi. Je trouvais ce changement plutôt étrange. Cependant ce n'était pas le moment de m'en formaliser. J'avais une chose importante à faire, et le plus tôt serait le mieux.

« Et bien Bella, je suis désolé, tu m'as l'air bien gentille mais tu ne me laisses pas le choix. Tu t'es juste retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Dis-toi que ça n'a absolument rien de personnel. »

J'entendis un léger soupir venant d'elle puis un hoquet. J'accentuai le contact entre mon revolver et sa trempe puis la regardai, m'apprêtant à tirer. Mon arme était déjà chargée, ce qui me simplifiait la tâche. J'attendais le moment où elle se mettrait à supplier de ne pas la tuer, comme ils le faisaient tous. Ensuite je tirerai.

Mais à mon plus grand désarroi, ce moment ne vint jamais.

Au lieu de se mettre à m'implorer comme je l'avais supposé, elle se contenta de fermer les yeux plus fort que nécessaire et de se préparer au coup qu'elle allait recevoir. J'étais stupéfait. Cette attitude me déstabilisait complètement. C'est comme si elle savait qu'elle allait mourir et que ça ne l'atteignait pas, qu'elle s'en fichait. Comme si au contraire, elle attendait la mort. Elle restait là, immobile, les yeux fermés, attendant patiemment le moment de mourir. C'était la première fois que je rencontrais une personne aussi peu intéressée par sa vie que je l'étais également. La mort ne lui faisait apparemment pas peur, elle n'abandonnait pas sa dignité pour sauver sa vie.

Était-ce du courage ou une envie suicidaire ?

« Tu ne me supplies pas ? » Demandai-je tout à traque, totalement pris au dépourvu. Elle rouvrit les yeux et me regarda étonnée.

« Pourquoi ? Je devrais ? » Murmura-t-elle sanglotante. Je fronçai les sourcils face à sa désinvolture.

« Bah j'en sais rien. D'habitude c'est ce que les gens font quand ils sont sur le point de se faire tirer dessus. » Rétorquai-je abasourdi.

« Je vois pas ce que ça changerait si je le faisais. Dans tous les cas je vais mourir non ? » J'étais liquéfié devant sa répartie. Au lieu de me faire des courbettes, elle m'exprimait sa façon de penser, même si elle le marmonnait tellement elle était effrayée.

Totalement fascinant.

Quand je repense à l'attitude lâche et peu distinguée de Yorkie, je me dis que cette fille est totalement à l'opposé. C'est à se demander qui est l'homme, et qui est la femme entre les deux. Le pire était qu'elle avait parfaitement raison. Elle allait mourir et donc elle ne voyait pas l'intérêt de me supplier de l'épargner. Enfin quelqu'un d'intelligent dans ce bas monde.

« C'est vrai, tu as raison. » Répondis-je en esquissant un léger sourire sans m'en rendre compte.

« Putain Edward qu'est-ce que tu fous ? » Gueula Jacob. « Grouille-toi on n'a pas toute la nuit ! »

« Toi je t'interdis de me donner des ordres si tu veux pas te prendre une balle entre les deux yeux, c'est clair ? » Assénai-je remonté. Non mais pour qui se prenait-il ce sale con ? C'est de sa faute si on en est là, faut pas qu'il l'oublie.

« Laisse-tomber Edward. » Clama Emmett, apparemment impatient. « Dépêche-toi d'en finir qu'on puisse rentrer. »

« Ça va, c'est bon. » Soupirai-je en reportant mon attention sur la dénommée Bella. Mon flingue était toujours collé à sa trempe et elle n'avait pas du tout bougé, ni sourcillé.

Je ne pus m'empêcher de trouver que son nom lui correspondait bien, car elle était vraiment jolie, bien que sa beauté soit masquée par sa négligence et son visage triste. Elle n'avait pas l'air d'être une fille enjouée, ni heureuse. C'était peut être pour ça qu'elle se fichait autant de mourir. Peut être n'était-elle pas épanouie…

D'ailleurs à bien y regarder, une chose me frappa de plein fouet auquel je n'avais jusque là pas prêté la moindre attention. Elle était extrêmement jeune. Une adolescente, sans aucun doute. Elle devait être au lycée tout au plus. Mais alors comment une lycéenne pouvait-elle être aussi désintéressée ? Aussi altruiste et logique ? Et aussi qu'est-ce qu'elle foutait seule dans une ruelle avec un sac de voyage ? J'étais à peu près à quatre vingt quinze pour cent sûr, qu'elle venait de l'aéroport. Mais où étaient ses parents ?

Plus je réfléchissais, et plus je me disais que cette adolescente n'était pas normale. Et puis y avait qu'à regarder son visage impassible, pendant que mon arme était pointée sur elle. Cette fois elle avait les yeux grands ouverts et me regardait intensément. On aurait dit qu'elle me… suppliait ? Était-elle en train de me supplier de l'épargner ou de la tuer ? Si on doit se fier à ces précédentes réactions, la deuxième option était la plus plausible. Mais dans ce cas qu'est-ce qui pouvait bien provoquer chez une jeune fille de cet âge l'envie d'en finir ?

Ses yeux chocolat avaient l'air si insistant, ils étaient si vides et si pleins en même temps. J'arrivais à déchiffrer ses émotions et pourtant, Je ne comprenais pas du tout ce qu'elle ressentait. C'était incroyablement frustrant. J'ignorais depuis combien de temps j'étais là, à la regarder et à l'analyser, ou du moins à tenter de l'analyser. J'en oubliais totalement ma mission première, à savoir lui tirer dessus. Qu'attendais-je d'ailleurs pour le faire ?

Depuis quand est-ce que je mettais autant de temps pour tuer quelqu'un ? En général je le faisais sans la moindre parcelle d'hésitation. Là en revanche, cette fille m'intriguait et quelque chose dans ses yeux m'empêchait de le faire. Et puis elle avait l'air si innocent… Sans m'en rendre compte, je sentais mon bras qui tenait l'arme descendre progressivement le long de mon corps et pour la première fois depuis des années, j'avais abaissé mon revolver avant d'avoir tiré.

« Je ne peux pas. » Murmurai-je, étonné et abasourdi moi-même de cette réaction.

« Pardon ? » S'exclama l'indien outré.

« Edward, dis-moi que tu plaisantes là ? » Fit Emmett incrédule.

« J'ai l'air de plaisanter ? » Répliquai-je sarcastique.

« Mais enfin qu'est-ce qui te prend ? » S'inquiéta-t-il, les sourcils froncés.

« Bon sang mais regardez-là ! » M'écriai-je. « Ce n'est qu'une enfant. Je suis sûr qu'elle n'est même pas majeure. Elle a quoi, seize ans ? »

« Dix sept ans. »

Sa voix avait claqué dans l'air en un murmure à peine audible, comme si elle avait eu peur de parler. Ses sanglots avaient cessé, elle ne versait plus de larme de détresse.

« Hein ? » M'étonnai-je, surpris qu'elle ait pris la parole.

« Dix sept ans. » Répéta-t-elle. « J'ai dix sept ans aujourd'hui. » Elle avait les yeux braqués sur le revolver baissé et elle parlait timidement, craignant sans doute mes réactions. J'écarquillai les yeux en réalisant ce qu'elle venait de dire.

« Aujourd'hui ? Tu veux dire que… c'est ton anniversaire ? » Demandai-je mal à l'aise. Elle hocha la tête.

« Je suis née le treize septembre. » Confirma-t-elle. En effet c'était la date d'aujourd'hui.

Merde.

« Bah… bon anniversaire alors. » Rétorquai-je hésitant.

« Euh… Merci. » Répondit-elle d'une voix faible et craintive.

La pauvre n'avait vraiment pas de chance de tomber sur des tueurs le jour de son anniversaire et d'assister à un meurtre commis de sang froid. Soit elle avait la poisse et attirait la malchance comme la peste, ou bien il s'agissait simplement d'un mauvais concours de circonstances pour qu'elle soit condamnée à se faire tuer pour la faire taire, pile ce jour là.

« Non mais c'est quoi ce délire ? » S'exclama l'indien, apparemment choqué. « Tu fais la causette maintenant ? Mais tu dérailles ma parole ! Qu'est-ce que t'attends ? Tue-là une bonne fois pour toutes ! »

« T'es sourd ou quoi ? » M'emportai-je. « Je t'ai dit de te la fermer ! » Fis-je en pointant mon arme sur lui sans m'en rendre compte.

« Pas tant que tu ne l'auras pas liquidé ! » Réfuta-t-il. « Dépêche-toi Edward, on perd du temps là ! »

« Je ne peux pas la tuer ! » Clamai-je haut et fort, sentant la panique à l'intérieur de moi.

« Mais enfin pourquoi ? » S'enquit Emmett perdu.

Je ne répondis pas.

Je ne connaissais pas la réponse et c'était justement ce qui m'angoissait. Je n'arrivais pas à comprendre d'où me venaient ces soudains états d'âme et cette incapacité à faire ce que j'avais toujours fait depuis des années. Ça m'inquiétait sérieusement. Je ne savais pas ce que cette fille avait de plus que les autres personnes pour que je veuille l'épargner et je n'aimais pas du tout cela car je n'avais pas le contrôle. Alors que d'habitude, j'ai toujours le contrôle de la situation. C'est moi qui décide d'abréger la vie des personnes qui se trouvent sur mon chemin, c'est moi que l'on supplie pour avoir la vie sauve et c'est moi qui dirige les opérations. Là je n'avais aucun contrôle sur mes réactions, ni sur ce qui allait se passer. Et je ne savais pas du tout pourquoi.

« Je n'en sais rien. » Marmonnais-je agacé.

« Mais c'est pas vrai… » Soupira Emmett. « Edward tu… Tu ne peux pas lui laisser la vie sauve ! » Protesta-t-il.

« Je suis désolé Emmett, mais je ne peux pas me résoudre à tuer cette fille. » Lâchai-je sans appel. Emmett cligna des yeux, comme pour être sûr d'avoir bien entendu.

« Edward, si c'est une blague, sache qu'elle n'est vraiment pas drôle… »

« Bordel Emmett, c'est pas une blague ! » Incendiai-je. « Je te dis que je ne peux pas la tuer, point barre ! »

« Ouais bah si toi tu ne peux pas le faire, moi je le ferai. » Déclara Jacob en s'avançant vers nous et en fouillant dans sa poche. Je pointai mon arme une nouvelle fois sur lui et le toisai durement avec menace.

« Ose sortir ton flingue et je te descends dans la seconde. » Susurrais-je entre mes dents.

« Mais je… »

« Personne ne touche à cette fille. » Le coupai-je énervé.

« Alors qu'est-ce que tu comptes faire d'elle ? » Lança Emmett sardoniquement. « La laisser filer ? Parce que laisse-moi te rappeler que si tu le fais, elle ira tout droit chez les flics pour tout raconter ! »

Je me pinçai l'arête du nez en fermant les yeux et en inspirant. Emmett avait raison. Nous ne pouvions pas la laisser partir comme si de rien n'était car elle irait nous balancer. Et puis si jamais Aro apprenait qu'une fille a malencontreusement assisté à un meurtre commis par ses hommes de mains, Non seulement cette fille serait rayée de la carte en une seconde, mais si en plus il apprend qu'on l'a laissé partir, il nous liquiderait nous aussi. Non, nous ne pouvions pas la laisser filer. Et si je ne me raisonnais pas à la tuer, alors nous avions un sacré problème car il n'y avait rien d'autre à faire.

« Quel merdier… » Murmurai-je pour moi-même.

« Edward, fais pas le con et descends-là. » Supplia Jacob. Je pris une profonde inspiration pour me contenir.

« Non. » Répondis-je fermement.

« Jacob a raison Ed. » Soutint Emmett. « Il faut que tu le fasses. Tu ne peux pas la laisser partir sinon on est tous mort. »

« J'ai dit non Emmett ! » Tonnai-je durement.

Je n'arrivais pas à croire que ce soit moi qui prenne sa défense. Je ne connaissais cette fille ni d'Êve, ni d'Adam et pourtant, je me mettais carrément un de mes meilleurs amis à dos pour la défendre.

« Faites-le. » Entendis-je subitement. Je tournai alors ma tête vers la détentrice de cette voix et me figeai sous le coup de la surprise. Venait-elle réellement de me demander de lui tirer dessus ?

« Tu peux répéter ? » Fis-je incrédule. Elle soutint mon regard impassiblement, bien que ses yeux tristes et terrorisés reflétaient son état.

« Allez-y, tuez-moi. Apparemment vous aurez des problèmes si vous ne le faites pas. » Dit-elle tremblante.

J'étais estomaqué. Alors maintenant, même elle s'y mettait pour que je la tue. Si j'étais le seul ici à vouloir lui sauver la vie, je ne pense pas qu'on aboutirait à quoi que ce soit. Cette fille était vraiment bizarre. Au lieu de s'inquiéter pour sa vie, elle s'inquiétait pour la nôtre…

« Je rêve où t'es en train de t'inquiéter des problèmes que NOUS pourrions avoir ? » M'exclamai-je abasourdi. Elle ne répondit pas, se contentant de détourner le regard avec gêne. À présent elle était embarrassée.

Mais qui était cette fille qui osait s'inquiéter pour des assassins, supplier qu'on la tue et tressaillir à peine lorsque l'on pose un flingue sur sa trempe ?

« Pourquoi ne pas vouloir me tuer si vous ne comptez pas me laisser partir ? » Osa-t-elle demander d'une toute petite voix.

Et naturellement, elle venait de me poser LA question auquel je ne pouvais pas répondre parce que bien que je sois en train d'y réfléchir depuis tout à l'heure, je ne trouvais aucune réponse. Je haussai les épaules, incapable de faire quoi que ce soit d'autre.

« Pourquoi insister pour que je t'assassine ? » Éludai-je en lui posant une question à mon tour. « Est-ce que tu as des envies suicidaires ? »

Elle refusa de répondre. Encore.

Elle n'osait même pas me regarder en face. En général, lorsqu'on a le regard fuyant, ça signifie qu'on est touché par ce que la personne vient de dire. Et si je me fiais à cette vérité générale, je pouvais donc affirmer sans hésiter que j'avais touché un point sensible. Mais cette fille était tellement étrange que je n'osais même pas me prononcer quant à ses réactions inattendues.

« Bon c'est pas bientôt fini ce cirque ? » Aboya Jacob. « Quand t'auras fini de discuter avec cette gamine, je te rappelle qu'on a un véritable problème sur les bras. » Je fulminai.

« Et la faute à qui espèce de couillon ? » Rétorquai-je excédé. « Qui c'est l'idiot qui n'a pas été fichu de bien monter la garde correctement pendant que nous on s'occupait du vrai boulot ? »

« Ok, peut être que j'aie un peu ma part de responsabilité dans ce foutoir. » Consentit-il. « Mais en attendant, c'est pas moi qui nous mets dans la merde à l'heure actuelle, c'est toi. Tout ça parce que Monsieur refuse qu'elle crève et qu'on ne sait toujours pas ce qu'on va faire d'elle. »

« Jacob ? » Appelais-je agacé.

« Quoi ? »

Aussitôt, je lui assénai un coup de poing en plein milieu du visage. J'entendis un gémissement de sa part et je le vis passer sa paume sur son nez avec rage, tandis que je me massais la main.

« Putain mais t'es malade ? » Hurla-t-il, tandis qu'il commençait à saigner du nez.

« Ça fait vraiment un bien fou… » Soupirai-je détendu.

Je vis Emmett regarder la scène avec amusement, ses bras tenant toujours notre otage qui elle, avait la bouche grande ouverte et n'avait pas perdu une miette du spectacle. Ses yeux parurent alors être encore plus terrifiés et terrorisés que tout à l'heure. Apparemment je lui avais fait peur. Je roulai des yeux intérieurement. C'était sûr qu'elle avait peur de moi. J'ai abattu un type sous ses yeux et j'ai brandi un revolver sur elle. Fallait vraiment être marteau ou cinglé pour ne pas avoir peur après ça.

« Bon, qu'est-ce qu'on fait alors ? Tu ne veux pas qu'on la tue, mais tu refuses également de la laisser partir. Alors je repose ma question une dernière fois. Qu'est-ce qu'on en fait ? » Fit Emmett avec impatience en désignant la petite.

Il était à bout de nerfs et je le comprenais. Moi aussi j'étais sur le point de craquer. Je fermai les yeux pour me concentrer et réfléchir posément. Après tout ils avaient raison, c'était de ma faute si nous étions dans cette situation. C'est moi qui les mets en mauvaise posture parce que je refuse de la descendre comme je l'aurais fait avec n'importe qui d'autre. C'était donc à moi de trouver une solution. Et pour le moment, je n'en avais aucune qui me venait à l'esprit. En tout cas aucune qui soit réellement fantastique.

Je rouvris les yeux doucement et la regardai de plus près. Elle me dévisageait toujours, attendant que je parle et que je décide de son sort, comme si elle avait à la fois peur de moi d'un coté et que de l'autre, elle me faisait confiance. C'en était vraiment déroutant. J'avais l'impression qu'elle était sûre d'elle, vue la façon dont elle n'avait pas hésité à répliquer et à me clouer le bec à sa manière. Mais en réalité, c'était tout le contraire. Je m'en rendais compte à présent. Elle était tout sauf sûre d'elle-même. Voilà pourquoi elle avait eu du mal à soutenir mon regard à plusieurs reprises et pourquoi elle s'en remettait à moi au lieu de protester. Elle refusait de s'affirmer. Dans le fond elle n'était pas suicidaire. Elle était juste trop effrayée et intimidée pour oser contester mes décisions, que ce soit de la tuer ou de l'épargner. Et c'était sans doute cette intimidation et ce manque de confiance en elle qui lui avait donné des barrières pour se protéger. Ainsi, nous pouvions penser qu'elle faisait preuve d'assurance et de sang froid.

Comment avais-je fait pour déceler tout ça avec un simple coup d'œil ? On m'avait souvent répété que j'arrivais à déchiffrer facilement le caractère des gens en les observant. Mais à ce point là… Peut être que mon raisonnement était complètement à coté de la plaque. Seulement j'en doutais.

Elle avait beau avoir des tas d'émotions contradictoires au même moment, ses yeux parlaient pour elle. Ils étaient tellement expressifs qu'ils nous montraient des tas d'émotions. Au final, je compris alors une chose : Ce n'était qu'une jeune fille paumée.

Paumée avec des allures de suicidaire. Et ce que je craignais, c'était que personne ne soit là pour l'aider.

Mais qui étais-je moi pour m'occuper de sa vie comme ça ? Ce n'était pas mon problème alors pourquoi me prenais-je autant la tête au lieu de réfléchir à une idée pour nous sortir de ce pétrin ? D'autant plus que je n'étais certainement pas le genre de personnes sur qui l'on pouvait compter.

« Edward ? » Appela Emmett.

Je clignai des yeux pour m'extirper de mes pensées ridicules sur l'identité de cette Bella et me tournai vers mon ami, le visage interrogatif.

« T'es au courant que ça fait dix minutes que t'es silencieux à réfléchir ? » Fit-il rhétorique. « J'espère que t'étais en train de chercher une solution pendant tout ce temps, parce que Jake et moi on commence à en avoir ras le bol de ton espèce de rébellion douteuse. » Je levai les yeux au ciel, et croisai par inadvertance les yeux humides de Bella. Depuis combien de temps Emmett la tenait-il en lui broyant les avants bras ? Elle devait souffrir le martyr à en juger par la force d'Emmett et sa légèreté à elle.

Soudain une idée germa dans mon esprit. Je ne savais pas du tout ce que ça allait donner, mais c'était tout ce que je voyais pour le moment.

« Emmett, assomme-là. » Ordonnais-je soudainement.

Je vis les yeux de la brune s'écarquiller brusquement et elle commença à haleter d'effroi.

« Quoi ? » Paniqua-t-elle affolée. « Non, s'il vous plait n… »

Elle ne put finir sa phrase car Emmett lui donna un grand coup dans la tête qui la fit tomber à terre et s'évanouir. Il n'avait vraiment pas ménagé sa force.

« Et maintenant on fait quoi ? » Demanda-t-il. Je lui répondis sans la quitter des yeux.

« Porte-là jusqu'à ma voiture. »

Il fronça les sourcils mais ne rétorqua rien. Il la prit dans ses bras tandis que j'allais chercher son sac de voyage et le récupérai. Puis nous retournâmes aux voitures, laissant le cadavre d'Eric Yorkie derrière nous. Jacob nous suivait avec un peu de lenteur car il passait son temps à se boucher le nez, la tête en arrière pour empêcher le sang de couler. Il avait vraiment une mine pathétique.

J'ouvris les portes automatiques de ma Volvo et Emmett déposa le corps inconscient de la fille à l'arrière de la voiture. Puis il sortit de l'habitacle et me toisa indécis.

« Et si tu nous disais à présent ce que tu as l'intention de faire ? » Finit-il par demander acerbe. J'haussai les épaules.

« C'est simple. » Répondis-je avec désinvolture. « Je l'emmène chez moi. »

Je crus que la mâchoire d'Emmett allait se décrocher sous l'effet de la surprise. Jacob n'était pas mieux.

« Chez toi ? » Répéta Emmett étonné. « Non mais t'es barge ? T'en as d'autres des comme ça ? » Fit-il énervé.

« Tu vois une meilleure solution toi ? » Ripostai-je acerbe.

« Mais merde Edward, qu'est-ce que tu vas foutre avec cette fille chez toi ? »

« L'empêcher d'aller voir la police, banane ! » Répliquai-je du tac au tac. Il soupira et tenta de contenir ses nerfs.

« Est-ce qu'il n'aurait pas été plus simple de la laisser morte ici ? » Tenta-t-il.

« C'est ce que je me tue à vous dire ! » Interrompit Jacob, faisant ainsi part de sa présence.

« Et ton nez cassé, c'est ce que t'as récolté pour avoir ouvert la bouche, pauvre idiot. » Lâchai-je avec acidité.

« Edward. » Reprit Emmett. « Tu es vraiment sûr de toi là ? »

« Non Emmett. » Répondis-je assermenté. « Non je ne suis pas sûr de moi, je rame complètement. Mais la garder sous surveillance dans mon appartement c'est tout ce que j'aie trouvé pour ne pas qu'elle aille nous balancer aux flics. Alors si l'un de vous a une meilleure idée, autre que de la buter, qu'il parle, j'attends ! » Finis-je en élevant la voix tellement cette histoire me tapait sur les nerfs.

Je vis Emmett soupirer puis secouer la tête pour me répondre qu'il n'avait pas d'autre idée. Quant à Jacob, il me toisa durement et dégouté. Quelque chose me dit qu'il n'arriverait pas à digérer le fait que je lui aie pété le nez.

« Tout ça est complètement ridicule. » Marmonna-t-il. « Tu te rends compte des risques que tu prends pour cette fille ? Si Aro découvre son existence et se rend compte que tu ne l'as pas tué, on sera tous les trois marqué sur une croix rouge. Il n'hésitera pas à nous flinguer pour ça. Tu tiens vraiment à prendre le risque ? Moi je dis qu'on aurait dû la tuer et laisser son corps à coté de celui de Yorkie, point à la ligne ! »

Je me passai une main sur le visage pour éviter de me jeter sur lui et le cogner, tellement il m'enrageait à toujours penser qu'à sa pomme et à celle du boss. Je pris une profonde inspiration pour me calmer puis m'avançai vers lui avec lenteur jusqu'à me retrouver à une distance assez proche pour avoir l'air menaçant.

« Le seul moyen pour qu'Aro découvre son existence, serait que l'un de vous parle. Je sais qu'Emmett ne le fera pas alors si jamais le patron venait à savoir tout ce qui s'est passé ici aujourd'hui, je saurai que le cafteur c'est toi et crois moi, t'auras plus la possibilité de lécher les bottes d'Aro une fois que je t'aurai démembré. »

Ma menace eut l'air d'avoir l'effet escompté puisqu'il déglutit. Il me fit un regard noir et je compris que j'allais devoir le surveiller de très près.

« Rassure-toi. » Me susurra-t-il entre ses dents haineusement. « Je ne suis pas suicidaire. Je tiens trop à ma vie pour en parler au boss. »

« T'as intérêt à rester muet Jacob Black. Parce que sinon c'est ton cadavre qu'on mettra avec celui de Yorkie. »

Son regard méprisant, semblable au mien n'était pas fuyant, bien au contraire. Nous nous affrontâmes des yeux avant qu'Emmett ne nous interrompe.

« Bon alors Edward tu rentres et tu gardes la fille chez toi. Quant à moi je vais ramener Jake chez lui. »

« Pas si vite. » Protestai-je. « Tu viens avec moi. » Il fronça les sourcils.

« Et ma voiture alors, j'en fais quoi ? » Demanda-t-il comme si c'était évident.

« File-là à Black le temps qu'il rentre. »

« Quoi ? Filer ma voiture à cet idiot ? C'est hors de question ! » Trancha-t-il.

« Eh oh ! Je sais conduire une voiture ! » Se défendit Black.

« Pas ma Jeep ! »

« Ça suffit les mecs ! » Raillais-je. « Emmett, laisse-lui ta Jeep, il te la ramènera. Tu viens avec moi. » Ordonnai-je. « Black, dépêche-toi de déguerpir, j'en peux plus de voir ton visage devant moi. Et si Aro vous demande ce qui s'est passé, on n'a eu aucun mal à tuer Yorkie et aucun problème n'est survenu. Compris ? »

Emmett et Jacob acquiescèrent et le premier partit en direction de ma Volvo puis s'engouffra dans l'habitacle avant que je ne le rejoigne. J'observais Black du coin de l'œil pour être sûr qu'il ne ferait pas de bêtise et entrai dans la voiture à mon tour en déposant le sac de Bella derrière, à coté d'elle. J'attachai ma ceinture et fis démarrer le moteur rapidement, désireux de quitter cet endroit le plus rapidement possible. Je ne savais pas du tout comment les choses allaient se dérouler. Et ça m'effrayait. C'était la première fois depuis longtemps que j'ignorais comment le lendemain serait fait, la première fois que je n'avais aucune idée sur le déroulement de ma vie. Je n'aimais pas l'inattendu. J'avais horreur de ça, de ne pas être préparé à ce qui allait survenir. Et là en l'occurrence, l'arrivée de cette fille était un évènement complètement indépendant de ma volonté et ça me perturbait.

Durant le trajet, Emmett était silencieux, regardant les paysages défiler dans l'obscurité de la nuit tombée. Il était énervé. Je pouvais le sentir rien qu'en voyant son air résigné et son attitude de faire comme si je n'existais pas.

« Tu pourrais dire quelque chose ? » Demandais-je au bout d'un long moment de silence, tellement j'en avais marre. Il soupira.

« Et que veux-tu que je te dise ? » Bougonna-t-il. « Que t'es en train de faire une véritable connerie ? Que tu pètes un plomb ? » Fit-il de façon ironique. « Bah voilà, c'est dit. »

« Je suis désolé, ça te va ? » M'excusai-je agacé. « Enfin est-ce que c'est si grave que je n'ai pas pu tuer une fillette de dix sept piges ? »

« Non bien sûr que non ! Mais la ramener chez toi… Bon sang Edward qu'est-ce que t'as dans le crâne ? »

« Ce n'est que temporaire. » Argumentais-je. « Le temps que je trouve une solution, ensuite tout sera réglé. »

« Ouais bah j'en ai une moi de solution mais tu ne veux pas l'entendre. » Ragea-t-il.

« Non tu as raison, je ne veux pas l'entendre. » Déclarai-je avec aplomb.

Un silence de mort se fit dans l'espace confiné de la voiture avant qu'Emmett ne se décide à le briser.

« Pourquoi es-tu incapable de mettre fin à ses jours ? » S'enquit-il dubitatif.

« Aucune idée. » Marmonnais-je dans ma barbe.

« Est-ce que c'est parce qu'elle te rappelle… »

« Emmett. » Coupais-je. « Je te conseille de changer de sujet vite fait si tu ne veux pas que je m'énerve sérieusement. » Coupai-je brusquement, sans détourner mon regard de la route, impassible. Il savait très bien comment ça allait se finir si on prenait cette direction là et il était assez intelligent pour ne pas courir le risque.

Il fit ce que je lui demandais de faire et changea de sujet abruptement.

« Donc si je résume la situation, tu vas garder cette fille en otage chez toi pour une durée indéterminée. C'est bien ça ? »

Je soupirai et me fis violence pour ne pas lever les yeux au ciel.

« Je préfèrerais que tu dises, jusqu'à ce que je trouve un moyen de me débarrasser d'elle en toute sécurité plutôt que pour une durée indéterminée mais oui, en gros c'est ça. » Répondis-je de mauvaise humeur. Il resta silencieux pendant quelques minutes, le temps d'analyser la situation délirante.

« T'as vraiment fait fort sur ce coup là Ed. Je sais pas comment tu vas faire pour te démerder, parce qu'il n'y a qu'un seul moyen pour se débarrasser de cette fille et c'est le seul que tu ne veux pas appliquer. »

« Je sais Em. » Consentis-je. « Mais tu vas pas me laisser tomber, pas vrai ? » Essayais-je de le convaincre. Il soupira et se résigna.

« Non rassure-toi. Je ne comptais pas te laisser tout seul dans ton pétrin. Quel genre d'ami je serai sinon ? » Je souris et le remerciai silencieusement du regard.

« Tant mieux parce que je suis complètement largué là. Je ne sais même pas ce qui m'a pris d'embarquer cette fille avec moi. » Dis-je en prenant soudain compte de la teneur de la situation.

Mince, j'avais enlevé une innocente. Qu'est-ce qui m'est passé par la tête d'avoir voulu faire une chose pareille ? J'avais pas du tout le profil qualifié pour m'occuper d'une adolescente. Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire d'elle ? Dans le genre plan foireux, celui là était sans conteste classé dans les premiers numéros.

« Et bah mon vieux… Nous voilà pas dans la merde. » S'exclama-t-il de vive voix. Enfin je retrouvais mon Emmett blagueur et je m'en foutiste.

« Là-dessus, je suis entièrement d'accord avec toi. » Esquissais-je un sourire.

Le reste du trajet se fit silencieusement, chacun méditant sur les évènements susceptibles d'arriver. Pour ma part, mon objectif premier – et je doutais fort que ce soit aussi celui d'Emmett – était de veiller à ce qu'Aro ne soit jamais au courant de l'existence de Bella. Ou en tout cas, qu'il ne sache jamais ce qu'elle a vu et ce que j'aie refusé de faire.

Je me garai promptement et coupai le moteur avant de me tourner vers mon ami.

« Merci de m'aider Emmett. » Fis-je sincèrement.

« Ouais, pas de souci pour ça. » Dit-il avec légèreté et désinvolture. « T'étais là pour m'aider quand j'en avais besoin pour Rose. Je peux bien te rendre la pareille. Et puis pour une fois que c'est pas moi qui fais une grosse connerie… Autant en profiter. » Je réprimai un rire.

« Fais attention à ne pas trop t'y habituer. » Rétorquais-je.

Il défit sa ceinture et me regarda curieusement.

« Pourquoi as-tu tenu à ce que je t'accompagne au fait ? » J'haussai les épaules.

« Parce qu'il me fallait quelqu'un pour la porter jusqu'à l'appart. » Il écarquilla les yeux.

« T'es sérieux ? » S'exclama-t-il outré. « Tout ça pour ça ? Tu ne pouvais pas t'en occuper tout seul ? » Je me renfrognai.

« Je peux pas sortir mes clés, porter son sac et l'avoir dans mes bras en même temps. » Me justifiai-je. Emmett me lança un regard noir.

« C'est hors de question ! » Réfuta-t-il catégorique. « T'as des muscles toi aussi alors tu te débrouilles. Espèce de faignant… » Râla-t-il. Je souris légèrement, sachant très bien qu'il finirait par céder.

« J'ai substitué quelques bouteilles à Jasper si ça te branche… » Fis-je l'air de rien. Je savais que Rosalie l'interdisait de boire tout ce qui contenait plus de zéro pour cent d'alcool. Et je connaissais assez bien Emmett pour savoir qu'il souffrait le martyr de ne pas pouvoir boire la moindre goutte alcoolisée. Il pencha la tête d'un coté et ses yeux s'illuminèrent soudainement.

« Vodka ? » Demanda-t-il avec entrain. Mon sourire s'élargit en sachant que j'avais gagné.

« Mieux que ça. Whisky. » Répondis-je en arquant un sourcil.

Emmett secoua la tête amusé et se rendit.

« D'accord t'as gagné. » Se résigna-t-il. « Mais t'as intérêt à me resservir autant que je le voudrais. » Je me mis à rire avant d'ouvrir la portière.

« Entendu. Une fois que t'auras porté la fille jusqu'en haut. »

Puis je claquai la portière et il fit de même en sortant. Il se dirigea à l'arrière et prit Bella dans ses bras. Je pris son sac et verrouillai la voiture avant de me diriger d'un pas pressé vers l'immeuble, Emmett me suivant derrière.

Nous montâmes jusqu'au quatrième étage en prenant l'ascenseur et je sortis mes clés une fois arrivés sur le palier. J'ouvris la porte de mon appartement et le laissai passer avant de refermer derrière moi.

« Où est-ce que je la mets ? » S'enquit-il.

« Va la mettre dans ma chambre. »

Nous nous dirigeâmes vers ma chambre et une fois à l'intérieur, il la déposa sur mon lit. Elle avait l'air complètement endormie. A y regarder de plus près, elle avait de grosses cernes sous les yeux. Peut être que le coup de l'assommer n'était pas si mauvais que ça. Si ça lui permettait de bien dormir… C'était bénéfique non ?

« Faudrait peut être la déshabiller, tu crois pas ? » Me coupa-t-il de mes réflexions. Je clignai des paupières étonné.

« La déshabiller ? » Questionnai-je. Il soupira.

« Bah oui crétin. Tu vas pas la laisser dormir dans ces vêtements quand même ! »

Je fronçai les sourcils, mal à l'aise. L'idée de lui ôter ses vêtements à son insu me donnait l'impression d'être un genre de pervers. De plus elle était encore mineure et ça m'embarrassait.

« Dis, tu veux pas le faire toi ? » Suppliais-je. Il faillit s'étouffer.

« Moi ? Désolé vieux mais je suis marié. J'ai pas le droit de toucher ni de regarder une autre femme, et encore moins de la déshabiller. » S'excusa-t-il hilare. Je grognai de mécontentement.

« C'est bon, j'ai compris. » Râlais-je. « Je vais m'en occuper. »

« Je t'attends dans ton salon. » Déclara-t-il en se retenant d'éclater de rire. Apparemment la situation l'amusait. Il sortit de la chambre en refermant derrière lui, me laissant seul avec cette pauvre fille endormie. Je soupirai.

Je n'aimais pas du tout ce que j'allais devoir faire mais Emmett avait raison, je ne pouvais pas la laisser dormir comme ça. Je m'approchai d'elle et m'assis sur le lit en la regardant. Son sommeil n'était apparemment pas si paisible que ça, elle avait une ride entre les yeux, formant une sorte de V. J'espérais que le coup porté à la tête n'allait pas la rendre amnésique, comme ça se passe souvent dans les films car je me voyais mal lui expliquer ce qui s'est passé aujourd'hui et comment elle s'est retrouvée là. Quoi que, si elle ne se souvenait de rien, ça voudrait dire qu'elle ne se rappelait plus non plus de ce qu'elle a vu et je pourrais la laisser s'en aller tranquillement. Son visage était vraiment d'un blanc assez pâle mais ça lui allait mieux. Je trouvais que ça lui donnait vrai charme. Même les yeux fermés elle était jolie, même plus que jolie. Elle était belle.

Je secouai la tête pour chasser ces nouvelles pensées affluant mon cerveau et commençai à la déshabiller avec embarras. Je fis glisser son pantalon à ses pieds pour le lui retirer et à mon grand soulagement, elle ne se réveilla pas. Puis je décollai légèrement son dos du lit pour lui ôter son haut par la tête. Elle se retrouva alors en sous vêtements devant moi et je fis mon maximum pour ne pas la regarder. Je n'aimais pas du tout la voir aussi peu vêtue et je m'empressai de passer la couette autour d'elle pour cacher son corps dénudé. Je l'entendis émettre des sons étouffés à travers son sommeil et elle se retourna en se repliant sur elle-même en une sorte de cocon, comme pour se protéger. Je décidai alors de quitter la pièce avec soulagement, heureux d'en avoir enfin fini.

Je sortis de la chambre rapidement et refermai la porte avec discrétion avant de rejoindre Emmett dans le salon. Il était assis sur un fauteuil et j'allai vers le bar.

« Tu veux quoi ? Bourbon ou scotch ? » Proposais-je.

« Bourbon. » Fit-il innocemment. Il feignait l'indifférence mais dans le fond, je savais qu'il était impatient.

« Tu sais Emmett, je ne comprends vraiment pas pourquoi tu acceptes de subir ça pour une femme. » Celui-ci s'esclaffa brièvement tandis que je lui servais un verre de bourbon.

« A t'entendre, on dirait que Rosalie est une vraie sorcière. »

« C'est le cas ! Regarde-toi. » Dis-je en lui tendant son verre qu'il prit à toute hâte. « T'es obligé de venir te cacher chez moi pour boire un coup. Ta femme est un tyran. »

« Ça c'est parce qu'elle s'inquiète pour moi. » Répondit-il sûr de lui. « Elle a vraiment peur que je fasse une rechute. »

« Je le sais ça. » Fis-je en me servant un verre de scotch. « Mais il faut qu'elle apprenne à te faire un peu confiance et à te lâcher la grappe. »

« Elle n'a pas tort dans le fond. Je ne sais pas si j'arriverais à rester clean si elle n'était pas là pour m'interdire. » La défendit-il.

« Tu le serais. » Répliquais-je formel. « Pour elle, tu le serais. » Il sourit avant de boire son verre cul sec. Je le repris et lui servis une deuxième tournée, qu'il accepta avec grand plaisir.

« Tu as peut être raison… » Murmura-t-il pour lui-même. « En parlant de ça… Comment va Jasper ? » Demanda-t-il alors que je buvais mon verre de scotch, adossé au bar.

« Toujours pareil. » Répliquai-je un peu trop durement. Ce sujet était bien trop sensible pour que je puisse rester courtois et heureusement, Emmett le savait et ne m'en tenait pas rigueur. « Et je ne vois pas pourquoi ça changerait. » Terminais-je avec cynisme.

Il soupira et finit par changer de sujet et de débattre à propos de Baseball. Il passa la soirée ici et nous commandâmes des pizzas après qu'Emmett ait appelé sa femme pour la rassurer. Après quelques heures à manger des pizzas devant un match, il décida de partir. Il avait eu le temps de dessoûler durant la soirée, sachant qu'il devrait conduire et que Rosalie n'aurait jamais laissé passer ça si elle apprenait le nombre de verres qu'il avait bus.

Au moment de le raccompagner vers la porte, je me tournai vers lui embarrassé.

« Dis Emmett… Est-ce que tu pourrais demander à Rosalie de passer demain ? Histoire qu'elle apporte quelques affaires pour Bella. »

« Bella ? » S'étonna-t-il avec un air narquois sur la figure.

« Quoi ? » Râlai-je. « C'est elle qui a dit qu'elle s'appelait comme ça. » Me justifiai-je. Emmett secoua la tête amusé et sortit de l'appartement.

« On passera demain. » Déclara-t-il. « Bonne nuit Ed. »

« Toi aussi. » Fis-je en refermant la porte.

Je fermai les yeux et soupirai contre la porte. J'étais dans une position vraiment inconfortable, totalement dépassé et tout ce que j'avais à faire pour récupérer le contrôle de la situation, c'était d'attendre qu'elle daigne se réveiller…


Et voilà pour ce premier chapitre ^_^

J'espère sincèrement que vous avez apprécié.

Dites-moi si ça vaut le coup que je la continue, ou s'il vaut mieux que je m'arrête maintenant en cliquant sur le bouton review ^^

Bon weekend à tout le monde !

Popo