Bazinga !

Allô ? Y a quelqu'un ici ? Non non ceci n'est pas une hallucination, vous venez vraiment de recevoir une alerte d'un nouveau chapitre de "Murder in Chicago" dans votre boite mail xD

J'en aurais mis du temps je vous l'accorde, espérons que vous ayez pas déserté, mais la seule raison que je peux vous donner est la même que d'habitude, c'est à dire que je manque cruellement de temps et que la fac me prend déjà tout, sans parler que j'aie eu une période où la motivation et l'inspiration n'étaient pas vraiment là... Oh et aussi parce que je suis en train de me pencher sur une nouvelle fiction que je compte poster quand j'aurais suffisamment d'avance pour pas vous faire poireauter comme avec celle ci ^^

Je vous remercie encore infiniment pour vos reviews, et m'excuse d'y avoir répondu à la dernière minute comme à ma mauvaise habitude.

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Merci aux anonymes :

wendy, izzie, lily-rose, Ines, karima, Vro, Martine16, soraya, Marie, scorpionlove09, Lisa, Elsa, charlotte, clochette, Dhoha et daliah

Hlne : Essaierais-tu de te faire discrète à cause du temps que t'as mis à venir lire ? ^^ Au sujet du guide du parfait petit ami, je ne pense pas qu'Edward soit au courant qu'un tel livre existe xD Rassure-toi, mon weekend de Pâques s'est bien passé, même si j'ai dû me mettre au régime de force juste après ^^ Merci pour ta review, peu importe qu'elle soit plus courte que d'habitude ;)

la mordue : Je vois que tu as laissé plusieurs reviews (dont une à l'instant pour me supplier la suite) et je t'en remercie :) Je suis contente de savoir que tu avais aimé Excès de Vitesse et l'avais trouvé orgasmique. En revanche pour ton adresse mail, je ne l'ai pas reçue parce que FF ne tolère pas les liens il faut que tu me la renvoies en mettant des espaces ou des parenthèses ;)

Mlle Everdream : Si tu viens tous les jours pour voir si y a la suite mon dieu ce que tu dois être désespérée en voyant le temps que je mets à poster ! Pour t'aider un peu sache que je poste toujours un samedi, donc inutile d'aller vérifier les autres jours ;) Esprits Criminels est vraiment une série géniale et si t'as pas vu l'épisode avec Jackson Rathbone je te le conseille il est top ^^ Je suis d'accord avec toi, Edwardou c'est juste horrible comme surnom mon dieu... XD Si ça te plait de les voir ensemble dans une situation normale et légère, je pense que tu vas être un peu servie avec ce chapitre puisqu'ils vont faire un truc d'affreusement ordinaire lol En tout cas je te remercie pour cette longue review c'est toujours un plaisir :)

Je rappelle à tous les anonymes qui me mettent leur adresse mail dans leur review pour que je leur réponde et leur envoie un teaser, que les adresses ne s'affichent pas, il faut que vous mettiez des espaces ou des parenthèses entre chaque mot et point.

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J'ai remarqué que les avis étaient partagés quant au fait que les parents d'Edward l'aient abandonné après avoir appris qu'il avait vengé la mort d'Alice, beaucoup ne comprennent pas un tel comportement de la part des parents quand d'autres ne savent pas quoi penser, je veux juste mettre un point d'honneur au fait que dans cette fiction rien n'est ni tout blanc ni tout noir comme vous avez pu le remarquer, et c'est difficile de déterminer qui a raison et qui a tort, il faut aussi prendre en compte les circonstances et les croyances de chacun. Quant au fameux "rencard", apparemment tout le monde a adoré le passage de la bataille de frites, j'ignorais qu'une scène aussi peu importante vous marquerait autant ^^ Bon et puis pour le manque de romantisme d'Edward, je crois qu'il a remporté la compétition catégorie poids lourd xD

Vous remarquerez que ce chapitre là est plus court que les autres, et sachez que je n'en suis pas du tout fière je le trouve même complètement raté et inutile. Mais quoi qu'il en soit je vous souhaite une bonne lecture ;)


Chapitre 19 : Vérité

Pov Edward

oO "Leave My Body" Oo – Florence + The Machine

J'arrivai avec pour la première fois depuis très longtemps, une appréhension grandissante, devant l'entrée du club. Il n'était que seize heures mais j'étais prêt à parier qu'il y avait déjà pas mal de clients à l'intérieur, tous bavant comme des porcs sur les strip-teaseuses qui se déhanchaient. La plupart de ces filles avaient tout juste l'âge de Bella, voire même moins, il m'est arrivé d'en croiser une d'à peine quinze ans qui faisait ce boulot afin de pouvoir se payer sa coke, c'était d'ailleurs comme ça qu'Aro la rémunérait. J'ai toujours trouvé ça écœurant contrairement à la majorité des hommes d'Aro qui eux ne se gênaient pas pour réclamer des shows privés. Une fois que les stripteaseuses atteignaient la majorité, Aro les mettait sur le marché de la prostitution et les formait afin qu'elles deviennent des prostitués de luxe, payées dix à quinze mille dollars la nuit par de très grands hommes d'affaire ainsi que des politiciens.

J'avais pas mis les pieds dans le club depuis des jours, en réalité depuis l'épisode du cimetière j'avais voulu retarder les choses le plus longtemps possible en prenant quelques jours de vacances pour m'éloigner loin de ce climat. Bon pour être honnête, c'était aussi parce que j'avais envie d'être avec Bella, avec qui j'ai d'ailleurs passé tout mon temps. C'était étrange de voir à quel point j'avais du mal à m'en séparer, comme si elle m'était indispensable…

Je soupirai de lassitude, laissant de coté Bella et les pensées qui m'assaillaient, et après avoir salué d'un hochement de tête les deux gardes du corps postés devant l'entrée du club, entrai à l'intérieur, prêt à affronter le monde extérieur. Comme je l'avais supposé, plusieurs mecs graisseux se trouvaient assis à des tables proches de la piste où des filles faisaient de la pole dance dévêtues. Certains de ces types avaient même une fille sur leurs genoux à califourchon en train de se déhancher pour les exciter. Je me dirigeai vers l'arrière du club, y trouvant Laurent derrière le comptoir du bar en train d'essuyer des verres. Il me salua lorsqu'il me vit.

« Le boss est là ? » demandai-je de but en blanc.

« Probablement en train de se faire sucer dans son bureau. » répondit-il. « Il t'attend. »

« Je te remercie. »

Je contournai le bar pour aller vers la supposée réserve, qui abritait en réalité le QG ainsi que le bureau du boss.

« Au fait Masen ! » appela Laurent. « C'est vrai ce qu'on raconte à ton sujet ? »

Je tournai la tête vers lui qui me regardait intrigué. Mon appréhension augmenta et je ne pus réfréner l'hostilité de ma voix.

« Et qu'est-ce qu'on raconte sur moi ? » fis-je sur la défensive.

« Que tu serais casé. » dit-il le plus simplement du monde.

Mon visage se décomposa et je dus me faire violence pour ne pas me laisser submerger par une colère monstrueuse. Ce salopard de James allait me payer ça. J'avais su dès le départ qu'il allait se charger d'en informer le patron ainsi que ses hommes de main, d'où la raison de mon appréhension de revenir ici, dans ce repère de requins afin d'affronter les questions d'Aro qui n'allaient pas tarder à fuser. Mais bordel, même le barman était au courant ? ! Cet endroit était définitivement pire que les couloirs d'un lycée où tout se savait. Ici les rumeurs allaient bon train dès qu'il s'agissait de quelque chose qui sortait de l'ordinaire. Et à présent j'allais devoir supporter d'être le centre de l'attention. Je regrettais déjà d'être venu ici.

« Oui c'est vrai. » confirmai-je contrarié. « Mais je vois pas ce que ça peut vous foutre. »

Il sourit.

« Juste de la curiosité. Quand James est venu et nous a raconté ça, personne n'y a cru, je peux même te dire que la plupart des gars sont déjà en train de faire des paris. » rigola-t-il.

Je serrai les poings. J'aurais dû me douter qu'ils commenceraient à effectuer des paris sur ma tête, à savoir combien de temps cette « nouvelle lubie » allait durer, ou encore si elle était vraie. Je n'avais jamais aimé qu'on fasse des paris sur moi, mais si en plus concernait Bella, bien qu'indirectement, j'allais pas supporter ça très longtemps sans rien faire. Si seulement je n'avais jamais croisé James dans le cimetière… Personne n'aurait jamais entendu parler d'elle et je ne serais pas nerveux à l'idée d'aller voir le patron. J'essayais de paraître normal mais à l'intérieur je flippais.

« Qu'ils parient autant qu'ils veulent, ils vont pas comprendre leur douleur le jour où je leur tomberai dessus. » rétorquai-je de manière désinvolte.

Laurent secoua la tête en souriant et retourna à sa tâche passionnante qui consistait à essuyer les verres. Je me détournai puis passai la porte du QG. J'entendais des grognements et des insultes venant du fond, là où se trouvait la table de poker. Ils devaient probablement être en train de jouer.

« Sale connard ! On voit bien que Masen est pas là pour te plumer ! » incendia la voix tonitruante de Garrett.

« Arrête tes salades. » répondit Jared en rigolant. « Je peux battre cet enfoiré quand je veux ! »

« Tu parles ! Même Paul a jamais réussi à lui prendre un seul centime, alors toi… »

« On parle de moi ? » interrompis-je en faisant mon entrée innocemment.

À la table, se trouvaient Jared, Garrett, Felix, Sam, James et Emmett. Tous tournèrent la tête vers moi d'un seul coup, l'air d'avoir vu un revenant. Du moins à l'exception d'Emmett, qui lui semblait plutôt indifférent. Pour changer…

« Je le crois pas ! Regardez-moi qui daigne enfin ramener son cul les gars ! » s'exclama Garrett presque… enthousiaste.

« Alors ça y est ? Tu t'es enfin souvenu que t'avais un boulot ? » plastronna Felix.

« Ça fait combien de temps qu'on t'a pas vu ici ? » renchérit Jared.

J'ouvrais la bouche pour répondre mais ils me bombardaient tous en même temps, ce qui fait que je ne savais plus du tout où donner de la tête.

« C'est bon les mecs lâchez-lui la grappe ! Il avait sûrement envie de passer du bon temps avec sa nana. » intervint Sam hilare.

Je fronçai les sourcils, regrettant amèrement de ne pas être resté chez moi.

C'est parti…

« Qui vous a parlé de ça ? » marmonnai-je de façon rhétorique, connaissant déjà la réponse à cette question.

« James. » répondirent-ils en cœur comme d'une même voix.

Je me tournai vers lui qui haussa les épaules avec un sourire satisfait. Connard…

« Navré Edward, je suis bon pour garder mes secrets mais pas ceux des autres. » dit-il faussement désolé.

« Le contraire m'aurait étonné. » répondis-je avec ironie.

« Vous vous rendez compte ? Masen a une gonzesse ! » fit Garrett sans cacher son amusement. « Faut croire que même les plus grands miracles arrivent ! »

« Sérieusement vieux, comment t'as fait pour en arriver là ? » ricana Felix.

Je réprimai mon énervement et mon agacement. J'avais une furieuse envie de leur coller à tous une balle dans la tête pour faire taire leurs foutues questions de merde, mais il fallait que je fasse comme si de rien n'était. Je pris donc mon air le plus détaché et agis comme si je prenais toute cette situation à la légère.

« Qu'est-ce que je peux dire ? Il faut bien que je trouve un moyen de m'amuser. » dis-je avec condescendance.

« Tu parles que t'as dû t'amuser ! » rétorqua Jared. « Elle doit vraiment être bonne pour que toi tu décides de te ranger et lui accorder l'exclusivité. »

À cet instant je luttais pour ne pas m'emporter et faire ou dire quelque chose qui n'avait pas lieu d'être. J'aimais pas qu'on parle de Bella comme ça… en fait je n'aimais tout simplement pas qu'on parle de Bella un point c'est tout. Le fait qu'ils soient au courant de son existence était déjà bien assez difficile à supporter comme ça, sans pour autant ajouter leurs commentaires de chiens galeux et leur curiosité malsaine.

« D'ailleurs si t'avais vu la tronche d'Heidi quand elle a appris la nouvelle, elle était vraiment triste, il a fallu qu'on la console la pauvre. » apprit Felix avec un regard lourd de sous-entendus.

« Oh avec vous je ne doute pas qu'elle a dû être très bien consolée. » souris-je en réfrénant mes envies de meurtre.

« Moi je serais curieux de savoir ce que tu lui as racontée à cette fille. Qu'est-ce que tu lui as dit que tu faisais comme boulot ? » interrogea Garrett avec curiosité.

« Désolé mais ça c'est pas tes affaires. » répliquai-je avec le même sourire figé.

S'ils savaient qu'elle connaissait toute la vérité à mon sujet… je ne serais probablement même plus là pour en parler.

« Tu sais que mon oncle y croit toujours pas ? Il était plus choqué que le jour où Caius a pris sa retraite ! »

J'ignorai les dires de Felix, mon regard dérivant sur Emmett qui jusqu'ici n'avait pas dit un seul mot .

Il se contentait de me regarder simplement, sans aucune émotion, comme si nous étions de parfaits étrangers. Depuis le soir où j'avais tué Black, lui et moi ne nous étions pas reparlés. Il m'avait dit de me débrouiller tout seul désormais, ce qui je supposais voulait dire que lui et moi en avions terminé. J'avais du mal à l'avouer, mais l'attitude d'Emmett était quelque peu blessante. On aurait dit que tout ce que nous avions partagé ensemble jusqu'ici ne comptait pas pour lui, que pour lui je n'étais plus personne.

Pour ma part j'avais l'impression que c'était lui qui m'abandonnait. Je ne l'avais encore jamais laissé tomber, même lorsqu'il débutait dans le métier et qu'il ne savait pas comment faire pour survivre, j'avais été là pour l'aider. Et il avait fallu que je rencontre Bella pour qu'il me lâche sans remords. J'avais été son mentor, Emmett était devenu mon ami le plus proche, aujourd'hui nous n'étions plus rien. Enfin c'était ce que son expression et son attitude me renvoyaient. Ce qui me faisait de la peine, c'était qu'il y a pas si longtemps que ça Emmett se disait me considérer comme son frère. Finalement tout ça n'aura été que des paroles en l'air…

« Justement, je vais vous laisser à votre partie de poker, faut que je m'entretienne avec le boss. » annonçai-je en coupant le contact visuel avec mon ancien « frère ».

« Tu viens faire une partie après ? » demanda Sam.

« Tu penses bien que non, cet enfoiré a mieux à faire ! » dit Garrett à ma place.

« Pour une fois tu dis pas que des conneries. » ricanai-je avant de m'en aller, me retenant de soupirer de soulagement de ne plus avoir à subir leur interrogatoire et leurs réflexions pourries.

Je n'attendis pas qu'aucun d'eux me réponde et me dirigeai vers le bureau du boss. Je frappai à sa porte, priant pour que cette entrevue soit courte et rapide. Je me sentais déjà être à nouveau anxieux à l'idée d'affronter le parrain.

« C'est qui ? » grommela une voix sèche derrière la porte que je reconnus comme étant celle d'Aro.

« Edward. »

« Ah entre ! »

Je m'exécutai et lorsque j'ouvris la porte, je le surpris sur son fauteuil, la tête plongée dans les gros seins d'une fille en sous vêtements qui se trémoussait sur lui effrontément.

« Je peux repasser plus tard si t'es occupé. » émis-je un tantinet amusé.

Il détourna la tête des nibards de sa stripteaseuse pour me regarder. Un sourire étira ses lèvres.

« Tu sais bien que je ne suis jamais occupé pour toi. » lâcha-t-il souriant.

Il reporta son attention sur la fille.

« Laisse-nous chérie. » ordonna-t-il d'un ton implacable.

La « chérie » en question ne se fit pas prier et se releva sans un mot. Elle alla ramasser ses vêtements par terre puis passa devant moi pour sortir. Mon attention était portée sur Aro qui rattachait les boutons de sa chemise, un sourire goguenard sur le visage, ce même sourire qu'il avait toujours lorsqu'il passait du bon temps avec une de ses poules aux œufs d'or.

« Assieds-toi. » me dit-il en me montrant le siège en face de son bureau.

J'obéis sans protester et une fois que je fus assis face à lui, il ouvrit un tiroir silencieusement et en sortit une boite à cigare. Il l'ouvrit et me la tendit.

« Ils viennent tout droit de Cuba, t'as pas intérêt à dire non. »

Je souris.

« Tu me crois assez fou pour refuser un habano quand on m'en propose un ? T'oublies à qui tu t'adresses. » rétorquai-je en m'emparant d'un de ces délicieux cigares.

Il se servit à son tour tandis que j'allumais le mien sans attendre.

« Ça fait un moment qu'on ne t'a pas vu ici Edward. » fit-il remarquer.

J'inhalai quelques secondes, puis répondis.

« Je t'ai dit au téléphone que j'avais besoin de prendre quelques jours. Mais je suis là maintenant. »

« Alors c'est vrai ce bruit qui coure ? » s'enquit-il. « T'as vraiment rencontré quelqu'un ? »

« Est-ce que ça pose un problème ? »

Il rit légèrement.

« Pas le moins du monde ! Je n'ai jamais interdit un seul de mes hommes à avoir une femme et des gosses, contrairement à de nombreux mafieux russes ou à certains chefs de gangs. »

Je pris une bouffée de mon cigare, faisant semblant de ne pas être mal à l'aise.

« Oui c'est vrai. » confirmai-je simplement en répondant à sa précédente question.

Il me fit un sourire qui, si je ne le connaissais pas aussi bien, aurait pu me paraître chaleureux.

« C'est bien Edward, je suis content pour toi. »

« Vraiment ? » interrogeai-je sceptique.

« Évidemment ! Tu sais bien que t'es comme un fils pour moi, et tous les pères souhaitent que leurs enfants soient heureux pas vrai ? »

Je ne répondis pas, me contentant de fumer mon cigare en affichant le visage le plus impassible que je pouvais. Dire qu'il y a une époque, je l'avais vraiment considéré comme un père… aujourd'hui cette appellation me donnait la gerbe.

Aro n'était pas mon père, il était juste un gros enfoiré.

« Et puis, comme je dis toujours, les femmes y a que ça de vrai dans la vie. » déclara-t-il avec entrain.

J'esquissai un sourire qui j'espérais avait l'air sincère.

« Comment elle s'appelle ? » demanda-t-il curieux.

Je soupirai. Si j'avais pu éviter de donner le moindre détail jusqu'ici, à présent nous étions au moment que j'avais tant redouté avant de me pointer ici. Le moment où j'allais devoir parler d'elle et divulguer des informations à la seule personne à qui j'aurais voulu ne jamais avoir à parler d'elle.

« Bella. »

Avec Aro, mieux valait toujours être honnête, il décelait automatiquement lorsque quelqu'un lui mentait. Un peu comme moi d'ailleurs. Je ne pouvais pas lui raconter n'importe quoi, cela ne gagnerait qu'à attiser ses soupçons. Il fallait que je reste le plus proche de la vérité que possible.

« Ça fait longtemps ? »

« Quelques semaines. Elle vient d'Arizona, elle était paumée et ne connaissait pas du tout la région. »

« Et toi t'en as profité ? » déduit-il.

« On peut dire ça comme ça. » dis-je avec un sourire au coin des lèvres.

Il secoua la tête avec amusement.

« Je dois t'avouer que j'ai eu du mal à le croire quand j'ai appris la nouvelle. »

« Si ça peut te rassurer, j'ai moi même du mal à saisir. »

Ce que j'avais surtout du mal à piger, c'était ce que Bella fichait avec moi, mais ça je crois que je ne le comprendrai jamais.

« Si je peux me permettre… » dit-il en prenant une grosse bouffée de cigare, « tu devrais rester prudent. Les femmes c'est une chose, l'amour c'en est une autre. »

Je fronçai les sourcils, commençant à redouter la tournure que prenait la conversation.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

Il me regarda avec un visage des plus sérieux, limite presque menaçant.

« Je veux dire que l'amour, ça change une personne. Et je suppose que ni toi ni moi n'avons envie que ce soit le cas. » lâcha-t-il sans réplique.

Je faillis inhaler la fumée de travers. Finalement j'avais eu raison, c'était bien de la menace que je décelais sous ses airs de détendus. Je compris alors qu'il s'était produit la seule et unique chose que je ne voulais pas qu'il se produise.

Aro avait des doutes sur moi.

Cette constatation me glaça le sang. Lorsqu'Aro se mettait à douter de quelqu'un, il ne le lâchait pas. Il le traquait perpétuellement, jusqu'à ce que son inquiétude soit entièrement apaisée. Et la plupart du temps, il finissait par liquider la personne en question. Aro n'avait jamais été du genre à prendre le moindre risque. Dès que quelqu'un ne lui inspirait plus confiance, il s'en débarrassait. J'allais devoir la jouer serré désormais, si je ne voulais pas que ça se finisse mal.

« Relax patron, cette fille est seulement un divertissement. » assurai-je avec désinvolture, un léger sourire traversant mes lèvres.

Il me jaugea du regard l'espace d'une minute, ce qui donna lieu à une sorte de duel silencieux tandis que je faisais tout pour paraître fiable et sûr de moi, bien qu'en vérité je ne l'étais pas du tout.

Aro finit par éclater de rire, ce qui me déconcerta.

« À la bonne heure, je n'en attendais pas moins de toi ! » s'exclama-t-il satisfait.

Je le rejoignis dans son hilarité, plus forcé qu'autre chose.

« Est-ce qu'un jour j'aurais la chance de la rencontrer ? »

« Quand tu veux. » marmonnai-je malgré moi.

Cette idée ne m'enchantait pas du tout, au contraire elle me répugnait au plus haut point. Mais qu'est-ce que j'aurais bien pu lui répondre d'autre ? Non n'était pas une réponse envisageable. J'étais pris au piège, je ne pouvais pas protéger Bella comme il le fallait sans la mettre en danger, c'était un cercle vicieux et sans fin qui avait le don de me torturer l'esprit.

Quelle merde…

« Pour parler d'autre chose, j'ai un nouveau contrat pour toi et McCarthy. » apprit-il en farfouillant à nouveau dans un tiroir avant de me tendre le dit contrat.

J'inhalai ce qui restait de mon cigare et l'écrasai dans le cendrier à coté de moi, avant de m'en emparer. Il s'agissait d'une nouvelle tête à abattre, comme si cette journée n'était pas suffisamment merdique comme ça.

« Tu mettras Emmett au parfum, je veux que ce soit fait au plus vite. » asséna-t-il durement. « Depuis que Vladimir s'en est pris à mes hommes, je suis à cran. J'ai l'impression que tout se barre en couilles et j'ai horreur de ce sentiment. À cause de ce salopard j'ai un gars qui a fini à l'hosto, j'ai failli perdre ma coke dans la fusillade, j'ai toujours cette putain de taupe qui me donne envie de buter tout le monde et pour finir, ce petit con de Jacob Black ne donne pas de nouvelles. » acheva-t-il sans cacher son énervement.

Je fis comme si de rien n'était et que je n'étais au courant de rien pour ce qui est de Jacob. Mieux valait ne pas lui dire tout de suite que c'était moi qui l'avais buté. J'étais pas encore tout à fait certain de sa réaction. Quant à Vladimir, je me souviens qu'il avait envoyé ses hommes buter ceux d'Aro durant la période de Noël et que Paul s'est retrouvé à l'hôpital après que James ait sauvé la situation. Emmett et moi n'étions pas présents à ce moment là, et dans un sens heureusement, car je ne sais pas du tout comment j'aurais agi si j'avais été là.

« Ne t'en fais pas le boulot sera fait. » promis-je alors que je n'avais aucune idée de ce que j'allais faire.

« Y a intérêt, je veux pas d'emmerdes cette fois. »

Sa voix claquait dans l'air comme une sorte de menace sans appel qui tournoyait autour de ma tête. Aro me faisait clairement comprendre que si quelque chose foirait, je devrais craindre des représailles. Sa confiance envers moi était en train de s'effriter, j'allais devoir trouver un moyen pour remédier à ça en vitesse.

« Est-ce que je peux y aller ? » demandai-je en dissimulant mon impatience d'en finir au plus vite.

« Ouais fous-moi le camp. » ordonna-t-il.

Je me levai et quittai son bureau rapidement, quelque peu soulagé et inquiet en même temps. Soulagé de pouvoir enfin partir, inquiet quant à la suite des évènements. Après avoir refermé la porte, j'entendis des voix discuter.

« Et tu veux dire qu'après ça t'as continué ? »

« Tu plaisantes ? Ce sale fils de pute m'a tiré une balle dans la jambe, mais il a fait la connerie de pas me tuer, je peux te dire que sa tête a saigné sur le billard après ça ! » se vanta la voix que je reconnus comme étant celle de Paul.

Apparemment il était revenu de l'hôpital, j'allai vers eux qui se trouvaient tous dans le coin du poker, dans l'espoir d'y trouver encore Emmett. Tous étaient debout en face de Paul qui avait une béquille pour marcher.

« Alors comme ça t'as survécu à la bouffe immonde qu'ils servent à l'hôpital ? » intervins-je en arrivant, un sourire au coin des lèvres.

Paul se tourna vers moi et me fit un sourire fier.

« Ils ont failli m'avoir à coups de bouillons et de compotes périmées, mais je suis tenace ! »

« Content de te revoir. » dis-je en tendant la main.

Il la serra fermement.

« Moi aussi vieux. Même si tu devrais avoir honte de me voler la vedette le jour de mon retour. Depuis que je suis ici j'arrête pas d'entendre parler de toi et de ta nouvelle lubie d'avoir une gonzesse. » réprimanda-t-il faussement.

Je me retins de soupirer. Moi qui espérais être enfin tranquille, il fallait que cette histoire me poursuive. Ce n'est pas que je n'aimais pas particulièrement être au centre de l'attention, mais je n'étais pas tout seul dans l'équation. Et ces gars là n'étaient pas du tout le genre de personnes avec qui j'avais la moindre envie de parler de ça.

« J'y suis pour rien si ma vie est plus intéressante que la tienne. » narguai-je ouvertement.

« Va te faire enculer Masen, cinq minutes que je suis revenu et tu me fous déjà en pétards ! » plastronna-t-il d'une voix tonitruante.

« Admets-le mec, tu te ferais chier sans moi. »

« Pourquoi tu crois que je suis revenu d'entre les morts ? Je dois toujours te botter le cul au poker ! »

« Tu risques de vivre encore très longtemps si t'attends ce moment là pour crever. »

« Je t'emmerde, un jour je te ferai la peau. »

« T'es sûr qu'ils t'ont pas bourré de médocs à l'hosto ? Parce que t'as l'air de vraiment croire à ce que tu dis. » provoquai-je.

« Si tu savais mon vieux ! J'ai dragué l'infirmière pour qu'elle accepte de me donner des petits mélanges de cocktails explosifs, grâce à ça j'ai pu planer toute la journée. » ricana-t-il.

« Et t'as pas pensé à nous en ramener ? » fit remarquer Felix.

« Finalement ça a du bon de se faire tirer dessus. » reconnut Sam « Tu te fais chouchouter par une infirmière et on te soigne en te donnant du crack. »

« Sans parler qu'avec cette béquille, toutes les nanas sont à mes pieds. » déclara-t-il avec fierté. « Pendant que j'y pense, où est-ce qu'il est le morveux ? C'est le seul que j'ai pas encore vu ! »

« T'es pas au courant ? Il a disparu depuis des jours, le boss est hyper énervé, il a pas intérêt à se pointer ici à nouveau parce que je peux te dire qu'Aro va lui exploser sa sale gueule de con. » apprit Jared.

« S'il a besoin d'aide, je serai pas contre de lui faire sa fête à celui là. La dernière fois qu'on est partis en mission avec lui et Sam, ce gosse à chialé comme un merdeux, une vraie mauviette. »

« T'exagères Paul, il avait seulement les yeux embués. » rigola Sam.

La plupart des mecs se mirent à rire, seuls Emmett et moi ne disions rien. Nous savions tous les deux ce qui était arrivé à Jacob, et il ne s'agissait pas du tout d'une histoire à mourir de rire. Je regardai Emmett qui m'observait aussi impassiblement, et lui fis un signe de tête pour lui dire qu'il fallait qu'on parle. Il hocha la tête et se leva et vint vers moi.

« Les gars il faut qu'on vous laisse, Emmett et moi on a du boulot. » lançai-je à la volée pour couper court à la conversation.

Certains nous saluèrent tandis qu'Emmett et moi quittions l'arrière du club, lui à ma suite qui ne disait toujours rien. Son silence m'insupportait, je n'avais pas l'habitude qu'il soit silencieux, d'habitude il avait toujours une connerie ou une remarque à dire. Mais il n'avait pas ouvert la bouche depuis mon arrivée, en tout cas pas lorsque j'étais là.

Nous sortîmes du club et une fois dehors à l'abri des regards, je luis tendis le contrat qu'Aro m'avait filé.

« Aro nous veut sur ce coup là. »

Il prit le contrat et l'inspecta sans un mot, puis alors que je crus qu'il ne comptait pas ouvrir la bouche du tout, il reporta son attention sur moi et m'adressa la parole pour la toute première fois depuis des jours.

« Donc maintenant tu t'affiches avec Bella ? »

Son ton était plutôt accusateur, ce qui m'agaça.

« On se baladait, James nous a surpris, je vois pas ce que j'aurais pu faire. » répondis-je simplement.

« Toi et moi on sait tous les deux que t'aurais pu agir il y a bien longtemps déjà. » susurra-t-il méchamment.

Je fronçai les sourcils. Emmett était en train d'évoquer la potentielle mort de Bella, encore une fois. S'il fut un temps où j'avais regretté de ne pas avoir été capable de la liquider, aujourd'hui j'en étais fier. Je n'arrivais plus à imaginer un monde sans Bella désormais. La garder en vie était la seule chose pour laquelle je ne culpabiliserai jamais. Ça et le fait d'avoir vengé Alice quand j'en ai eu l'occasion.

« J'ai aucun compte à te rendre. » répliquai-je glacial.

« Et pour ce contrat on fait comment ? » marmonna-t-il énervé. « Je m'occupe du boulot tout seul pendant que toi tu conduis c'est ça ? »

« Tu vois une autre solution ? »

« On a plus rien à se dire, je vois pas pourquoi je te rendrais service. »

« Dans ce cas va me dénoncer au boss, va lui dire que je suis devenu inutile, tout sera plus vite réglé comme ça. » lâchai-je cinglant.

« Joue pas les sarcastiques avec moi. »

« C'est pas du sarcasme, juste de la logique. Si tu refuses de t'occuper de ce contrat, ça équivaut à la même chose que si t'allais voir Aro et que tu lui disais toute la vérité à propos de moi. »

il ne répondit pas, sans doute parce qu'il savait que ce que je disais était vrai. Soit il me couvrait, soit il me dénonçait, y avait pas d'autre échappatoire ni aucune porte de sortie.

« Passe me prendre demain on s'occupera de lui. » céda-t-il.

« Entendu. » dis-je pour toute réponse avant de me détourner pour me diriger vers ma voiture sans un au-revoir.

« Edward ? » appela-t-il soudainement.

Je me retournai vers lui, intrigué qu'il m'ait appelé.

« Quoi ? »

Il me regarda, l'air de vouloir me dire quelque chose, puis secoua la tête et se ravisa à la dernière minute.

« Rien laisse tomber. »

Je soupirai de lassitude, puis partis sans un mot.

C'était triste de voir que lui et moi en étions arrivés là. Depuis son arrivée dans ce milieu, Emmett avait su me rendre la vie plus sympa et plus facile. Ne pouvant plus compter sur Jasper, je m'étais mis à compter sur lui. Il n'était pas seulement un coéquipier, il était mon meilleur ami. Peut être pas au même point que Jasper avec qui j'avais vécu tant de choses, mais assez pour que je devienne plus proche de lui ces dernières années que je ne l'aie été avec Jasper depuis la mort d'Alice. Aujourd'hui je ne voulais plus parler à Jasper, et Emmett ne voulait plus me parler.

J'étais donc seul.

Et ce n'était pas le sentiment le plus agréable qui soit.

Lorsque j'ouvris la porte de mon appartement, j'entendis des éclats de rire provenant du salon. Une chose pour laquelle j'étais heureux, c'est que Bella et Rosalie sont finalement réconciliées. Je n'ai jamais compris pourquoi Bella l'avait virée de mon appart la dernière fois, elle a toujours refusé de me le dire, mais je ne les avais pas revues ensemble durant un bon moment après ça… Jusqu'à ce que Jacob s'en prenne à elle. Probablement que Rosalie a eu peur pour son amie et qu'elle a décidé de mettre tous leurs différents de coté. En tout cas c'était une bonne chose pour Bella, peu importe que je la porte dans mon cœur ou non.

J'arrivai dans le salon et les trouvai en train de discuter tranquillement assises sur le canapé. Bella tourna sa tête vers moi et me fit ce fameux sourire qu'elle ne réservait qu'à moi. J'étais toujours impressionné par sa réaction à chaque fois que j'apparaissais, elle semblait si heureuse de me voir que parfois ça m'inquiétait. Parfois. Le reste du temps j'en étais horriblement satisfait.

« Je vais y aller. »

La voix de Rosalie me ramena au moment présent et je délaissai Bella pour lui accorder de l'attention.

« Rosalie est-ce que je peux te parler ? »

Elle me regarda curieuse et hocha la tête. Puis elle se tourna vers Bella.

« Je repasse demain ? »

« Oui si tu veux. » sourit-elle.

Rosalie se leva du canapé et se dirigea vers moi. Je la raccompagnai jusqu'à la porte et me tournai vers elle avec sérieux quand je fus certain que nous étions totalement seuls.

« Est-ce qu'elle sait que tu désobéis à Emmett en venant ici ? » lui demandai-je à voix basse.

Elle soupira.

« Bien sûr que non. Je veux pas qu'elle se sente coupable ni mal à l'aise. »

J'hochai la tête. Elle avait entièrement raison pour ce coup là. Si Bella apprenait qu'Emmett avait interdit à Rosalie de venir la voir, aucun doute que c'était de cette façon qu'elle réagirait.

« Je te remercie de ne pas la laisser tomber. »

« Tu sais Edward, je me fiche qu'Emmett soit pas d'accord, il sait qu'il a pas son mot à dire et que c'est pas lui qui va m'interdire de fréquenter Bella si j'ai envie de la voir. »

« Oh pour ça j'ai aucun doute. » répondis-je amusé. « Mais tu aurais très bien pu… être de son avis. »

Elle me regarda tristement.

« Écoute… je sais qu'on ne s'est pas toujours très bien entendus, je t'ai souvent reproché le fait d'avoir entrainé Emmett là dedans et d'avoir une mauvaise influence sur lui… »

« J'y suis pour rien Rosalie. Emmett s'est foutu là dedans tout seul. »

« Je sais. » murmura-t-elle. « Je sais que tu n'y es pour rien et que tout ce que t'as fait c'est de l'aider à tenir le coup… mais j'avais besoin de blâmer quelqu'un. Je pouvais pas blâmer Royce parce qu'il était mort et t'étais la seule personne de son entourage que je connaissais qui faisait partie de cet enfer. Chaque fois que je le voyais avec toi, en train de rigoler ou de s'amuser, j'avais peur que tu l'encourages à apprécier cette vie. Et puis j'ai compris que tu avais été entrainé dans cette spirale de la même façon qu'Emmett et qu'au fond toi non plus tu n'appréciais pas cette vie, bien que tu t'évertuais à prétendre le contraire. »

Je l'observai afin de déceler si elle était vraiment honnête dans ce qu'elle disait, car Rosalie ne m'avait encore jamais habitué à ce genre de discours. En temps normal elle et moi ne nous apprécions guère, on ne faisait que se supporter.

« Ce que je voulais dire c'est que… » Elle prit une inspiration avant de se lancer. « Je suis désolée du comportement pitoyable dont mon mari fait preuve, envers Bella mais surtout envers toi. T'es son meilleur ami, il a pas le droit d'agir ainsi et crois-moi il m'entend tous les soirs à la maison. »

Je souris en imaginant la scène.

« C'est inutile de te prendre la tête avec lui, Emmett fait ce qu'il veut. »

« Pas avec moi non. » fit-elle agacée. « Il faut que tu saches aussi que… même s'il ne dit rien, je sais que tu lui manques et qu'au fond il culpabilise. Emmett t'adore. Je sais qu'il va finir par revenir s'excuser. »

« C'est surtout à Bella qu'il doit des excuses. » répliquai-je avec irritation.

Je préférais ne pas parler à Rosalie de la façon dont Emmett s'était comporté aujourd'hui, comme si je n'existais pas et que nous n'avions jamais été proches, car je ne voulais pas être la cause d'une discorde entre eux. Avoir Rosalie de mon coté c'est cool, mais elle était sa femme avant tout.

« Je suis contente pour toi. Que t'aies enfin rencontré quelqu'un et que tu ne sois plus seul. » avoua-t-elle avec une étonnante sincérité.

« Mais ? » l'incitai-je à continuer.

« Mais que les choses soient claires, j'aime beaucoup Bella et je ne veux pas qu'elle souffre. » prévint-elle d'une voix implacable. « Alors t'as pas intérêt à… »

« Rosalie, j'apprécie beaucoup ton dévouement mais ce qui se passe entre elle et moi ne regarde que nous. Et j'ai aucune leçon à recevoir de toi ni de qui que ce soit. » l'interrompis-je d'un ton sec.

Elle ouvrit la bouche puis la referma. Ses yeux me lancèrent des éclairs.

« Tu sais c'est pas en me parlant comme ça que tu vas réussir à remonter dans mon estime. » avisa-t-elle énervée.

« J'ai jamais dit que je voulais remonter dans ton estime. » fis-je remarquer en haussant un sourcil.

Elle me fit un regard noir et prit sur elle pour ne pas se mettre en colère.

« Tout ce que je te demande c'est de ne pas faire l'idiot. » dit-elle finalement, l'air presque suppliant, avant de se détourner.

Je lui ouvris la porte et elle s'en alla sans me regarder. Je refermai la porte et restai immobile quelques secondes. Peut être qu'entre cette blonde et moi, les choses pourraient devenir un peu plus facile dorénavant… mais il était hors de question que je cesse à lui tenir tête. L'énerver était une des choses les plus divertissantes que je connaisse. Pas autant que d'énerver Bella cela dit.

« Edward ? »

Je reconnus la voix de Bella et un sourire prit place sur mon visage, comme un automatisme. Je me retournai et la vis appuyée contre le mur, les bras croisés sur sa poitrine. Elle avait un sourcil haussé et souriait légèrement. Je compris que pour la première fois de la journée, je me retrouvais enfin seul avec elle. Les choses allaient pouvoir devenir un peu plus intéressantes.

« Bah alors qu'est-ce que t'attends ? » demandai-je avec un sourire au coin des lèvres. « Approche. »

Elle se mordit la lèvre inférieure et j'eus à peine le temps de la voir arriver qu'elle m'avait déjà sauté au cou et m'embrassait avec empressement. Bon sang ça c'était de l'accueil… Je devais probablement avoir un sourire idiot rien que d'y penser. En même temps, il fallait reconnaître que sa présence m'avait manqué, je n'avais plus l'habitude de ne pas l'avoir auprès de moi puisque ces derniers jours je les avais tous passés avec elle. Et l'avoir enfin dans mes bras après plusieurs heures d'absence était comme une sorte de délivrance. D'ailleurs le manque devait sûrement se faire ressentir car mes mains commençaient à se déplacer toutes seules sur son corps et je devenais de plus en plus possessif en l'embrassant. Bella se laissait dominer sans mal, elle devait avoir l'habitude, elle savait que j'avais besoin d'avoir le dessus, et j'étais prêt à parier qu'au fond elle aimait ça. Cette pensée me fit sourire.

Elle était faite pour moi, y a pas de doute.

L'air autour de nous devint soudainement chargé de tension, je finis par la coller contre le mur le plus proche, mon corps contre le sien et ma main remontant le long de sa cuisse. Je l'entendis gémir et compris que les choses allaient peut être un petit peu trop loin. Rassemblant tout le courage nécessaire, je m'écartai pour la laisser respirer avant que les choses dégénèrent.

« Il faut que t'arrête de faire ça. » dit-elle à bout de souffle.

« De faire quoi ? T'embrasser ? » répondis-je en arquant un sourcil.

Elle roula des yeux.

« De m'empêcher d'avoir les idées claires. » précisa-t-elle.

Je la regardai et constatai qu'en effet, elle avait les yeux quelques peu étourdis et semblait déroutée. C'était plutôt amusant à voir. Et ce qui l'était encore plus était de savoir que c'était moi qui la mettais dans cet état là.

« J'y peux rien si je te fais autant d'effet. » ne pus-je m'empêcher de remarquer en élargissant mon sourire.

Elle me donna une tape dans l'épaule en faisant les gros yeux.

« Sale égo. » marmonna-t-elle tandis que je capturai ses lèvres à nouveau.

Elle soupira et se laissa faire, passant ses mains dans mes cheveux et arquant le dos pour se coller à moi. J'étais étonné de voir que malgré le fait que plusieurs jours s'étaient écoulés, Bella était toujours aussi réactive à mon contact. Elle exerçait d'ailleurs sur moi une sorte d'attraction magnétique. C'est simple, dès qu'elle est dans les parages je ne peux m'empêcher de la toucher. Et je ne me retenais pas pour le faire.

Malheureusement ce fut elle qui mit un terme à cet instant de plénitude pour parler de sujets fâcheux.

« Comment ça s'est passé ? » bafouilla-t-elle la voix entrecoupée d'une forte respiration, faisant référence à mon retour dans le club pour la première fois depuis le jour de la mort de Black.

« On est obligé d'en parler maintenant ? » râlai-je.

Elle hocha la tête avec sérieux.

« S'il te plait… »

Je soupirai lourdement et me détachai d'elle pour reprendre mes esprits.

« Ça s'est passé exactement de la manière que je redoutais que ça se passerait. » déclarai-je d'un ton mauvais.

« C'est à dire ? » s'enquit-elle soucieuse.

« James a pas attendu et a tout balancé à propos de notre rencontre dans le cimetière, j'ai dû supporter un interrogatoire de la part du patron. »

« Qu'est-ce que tu lui as dit ? »

J'haussai les épaules.

« Qu'est-ce que tu veux que je lui dise ? La vérité. Il sait que tu t'appelles Bella et que tu viens d'Arizona. »

Elle écarquilla les yeux d'horreur.

« Quoi ? Mais pourquoi t'as fait ça ? ! » s'exclama-t-elle atterrée.

« J'avais pas le choix Bella ! » me défendis-je. « Le truc avec Aro c'est qu'il faut jamais lui mentir, plus je lui dis la vérité et plus t'es en sécurité, crois-moi sur ce coup là. »

Elle me regarda mortifiée, probablement parce qu'elle devait s'inquiéter quant au fait qu'il connaisse un peu son identité, ce que je comprenais. Mais il fallait qu'elle comprenne que c'était dans son intérêt, et que jamais je n'aurais dévoilé quoi que ce soit sur elle de compromettant s'il y avait le moindre risque de la mettre en danger.

« Y a pas que ça. » annonçai-je en me dirigeant vers la cuisine, sachant qu'elle me suivait.

« Qu'y a-t-il ? »

« Aro a des doutes sur moi, je sais pas comment ça a pu se produire mais si je fais pas attention… ça pourrait vite dégénérer. » avouai-je en me retenant de déglutir, tout en me dirigeant vers le frigo.

« Tu entends quoi par dégénérer ? » demanda-t-elle sans masquer son inquiétude.

Je pris une inspiration, mal à l'aise.

« Je préfère pas y penser et… et puis dans tous les cas t'as pas à t'inquiéter tu risques rien. » assurai-je en ouvrant la porte du frigo à la recherche d'une bière.

« C'est pas pour moi que je suis inquiète. » l'entendis-je murmurer.

Je relevai la tête et me tournai pour lui faire face.

« Bella écoute tu n'as pas à… attends une minute. » m'interrompis-je en reportant mon attention sur le frigo et de constater avec effroi qu'il manquait quelque chose. « Y a plus de bière ? ! » m'écriai-je incrédule.

« Je te signale que je te l'ai dit pas plus tard que ce matin que tu devais aller faire des courses. » objecta-t-elle sur un ton de réprimande. « C'est à se demander si tu m'écoutes quand je parle. »

« Bien sûr que si je t'écoute. » contrai-je avec certitudes. « C'est juste que… »

« Juste que quoi ? » s'impatienta-t-elle contrariée.

Je décidai de ne rien dire, réalisant que j'étais en train de m'enfoncer.

« Peu importe, » éludai-je. « j'ai qu'à y aller maintenant comme ça le problème sera réglé. »

« Tu veux que je vienne avec toi ? » proposa-t-elle d'une voix étrangement timide.

« Inutile, je peux très bien m'en occuper tout seul. » répondis-je en haussant les épaules.

« Oh, d'accord. »

Je reportai mon attention sur elle et vis qu'elle était déçue. Pourquoi diable est-ce que Bella était déçue ? Est-ce que sa question était sa façon de me dire qu'elle voulait venir aussi ? Si ça se trouve elle se sentait encore prisonnière à toujours rester enfermée ici.

Et merde, je faisais vraiment tout de travers avec elle.

« Mais tu… tu peux venir avec moi si tu veux. » tentai-je de me rattraper maladroitement.

Elle releva la tête et je vis une lueur étincelante apparaître dans ses pupilles.

« C'est vrai ? » demanda-t-elle avec des yeux pleins d'espoir.

« Bah… ouais. »

Un sourire éblouissant apparut sur son visage comme si je venais de lui annoncer qu'on allait à Disneyworld et non parce que je l'emmenais simplement faire les courses.

« Je vais mettre des chaussures ! » s'exclama-t-elle enjouée en quittant la cuisine précipitamment, sous mes yeux effarés.

J'étais loin du compte quand je pensais qu'elle se sentait encore prisonnière.

J'aurais dû être heureux de lui avoir donné le sourire avec cette proposition. Mais en réalité je ne pouvais m'empêcher d'en être malheureux.

oO "The Crow, The Owl And The Dove" Oo – Nightwish

« Bella qu'est-ce que tu fais ? » interrogeai-je en la voyant s'emparer d'un pack de yaourts puis le mettre dans le panier.

J'arrivais pas à comprendre comment elle pouvait aimer ça. Sérieusement de nos jours qui aime les yaourts ?

« Bah je prends des yaourts. » dit-elle déroutée.

« Je sais ça, mais pourquoi tu prends ceux qui se trouvent tout en bas ? »

« Parce que c'est de la sous-marque et qu'ils sont moins chers. »

« Et alors ? La sous-marque c'est pour ceux qui ont pas d'argent, nous on en a donc prends ceux d'au-dessus. »

Elle fronça les sourcils.

« Qui a de l'argent ? Toi ou moi ? » contra-t-elle en haussant un sourcil.

Je soupirai de lassitude.

« Je vois pas où est le problème, toi ou moi c'est pareil. »

« Non c'est pas pareil justement. » répliqua-t-elle d'un ton décidé. « Je suis pas une profiteuse. »

« J'ai jamais pensé que t'étais une profiteuse. » fis-je remarquer.

« Peut être mais moi c'est l'impression que j'aie et je refuse d'être entretenue. »

« Et tu penses que prendre de la sous-marque ça va faire disparaître cette impression ? »

Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais se ravisa. Cette question semblait l'avoir désarçonnée. J'aurais peut être dû songer à me taire car je vis qu'à présent elle était contrariée.

« Non. » répondit-elle énervée. « Et puis de toute façon qu'est-ce que ça peut te faire ? Tu comptes les manger ? »

« Bien sûr que non ! »

« Alors dans ce cas laisse-moi prendre les yaourts que je veux ! » râla-t-elle en se détournant du rayon avec sa liste en main.

J'avais jamais pigé pourquoi les femmes avaient toujours besoin de faire une liste pour les courses. Moi en général quand j'y allais c'était pour improviser. Mais Bella non, elle avait besoin de savoir exactement avec précision ce qu'elle voulait avant de venir, ce qui fait que j'ai dû l'attendre au moins trente minutes pour partir, de quoi me faire regretter de lui avoir proposée de m'accompagner. D'ailleurs en réalité j'avais plutôt l'impression que c'était elle qui faisait les courses et moi qui la suivait inutilement. En fait je ne servais qu'à tenir le panier et payer, c'est aussi simple que ça. Cela dit, ça ne me dérangeait pas tant que ça, surtout quand je vois son visage illuminé depuis tout à l'heure. Elle avait l'air d'être aux anges de se trouver dans un supermarché. C'était probablement dû au fait que je l'ai maintenue enfermée pendant des mois. La séquestration ne lui avait vraiment pas fait de bien. Et quand je vois à quel point elle s'extasie pour des trucs aussi insignifiants, je ne peux m'empêcher de culpabiliser pour l'avoir privée de toute vie durant près de quatre mois.

Je la suivis tandis qu'elle se dirigeait vers les caisses, oubliant ces pensées en sachant qu'elle n'aimerait pas me voir culpabiliser.

« C'est bon y a tout ? On peut enfin rentrer ? » m'impatientai-je.

Ça faisait au moins une heure qu'on était là, d'habitude je restais pas plus de dix minutes. Elle regarda sa liste puis leva les yeux vers le monde qui faisait la queue devant les caisses, puis pris un air embarrassé.

« Euh à vrai dire il me reste une dernière chose à aller chercher. » dit-elle tandis que ses joues prenaient une teinte légèrement rouge.

« D'accord, bah alors on y va ? »

Elle me regarda avec un air presque paniqué.

« En fait je préfère y aller toute seule si ça te dérange pas. » avoua-t-elle.

Mon front se plissa.

« Pourquoi tu veux pas que je vienne avec toi ? » demandai-je sceptique.

« Parce que je préfère c'est tout, va faire la queue je te rejoins. » éluda-t-elle.

« Dis-moi d'abord ce que tu comptes aller chercher. »

« C'est rien d'important, t'as pas besoin de le savoir. »

« Si c'était pas important t'en ferais pas tout un mystère. »

« J'en fais pas un mystère ! » s'énerva-t-elle en rougissant encore un peu plus, ce qui attisa ma curiosité. « Je veux pas que tu viennes avec moi parce que c'est embarrassant, voilà tout. »

« Je vois pas ce qui peut être embarrassant. » rétorquai-je.

« Et bien moi si alors s'il te plait, commence à faire la queue sans moi. » insista-t-elle.

« Pas avant que tu m'aies dit ce que tu comptes acheter. »

« Edward… »

« Je te rappelle que c'est moi qui paye alors j'ai le droit de savoir ! »

Elle soupira d'impatience et finit par rendre les armes.

« Très bien tu veux savoir où je vais ? Chercher des tampons ! Voilà t'es content ? » s'exclama-t-elle d'une voix forte.

J'entrouvris la bouche et inspectai les alentours pour constater que beaucoup de gens nous avaient entendus et nous regardaient. Bella était désormais rouge pivoine et je me passais une main dans les cheveux avec embarras.

« Euh tu sais quoi ? T'as raison vas-y sans moi c'est mieux si je reste ici. » dis-je mal à l'aise.

« C'est ce que je me tue à te dire depuis cinq minutes. » dit-elle avant de se mordre la lèvre violemment.

Elle se détourna pour aller dans le rayon des… en fait je sais même pas dans quel rayon on peut bien trouver ça et très franchement j'ai pas envie de me poser la question. J'allai faire la queue et attendis silencieusement qu'elle revienne.

Les minutes défilèrent et je commençais à trouver le temps long. La file diminuait petit à petit et Bella n'avait toujours pas l'air de revenir. Mais qu'est-ce qu'elle fichait ? On mettait pas vingt minutes pour aller chercher ces trucs là, si ?

Je ressentis la même inquiétude que ce que j'avais ressenti le soir de Noël, lorsque je l'avais vue s'éloigner et que je l'avais accusée d'avoir profité que je sois au téléphone pour tenter de s'échapper. J'étais pas très fier de mon attitude ce soir là, je reconnais être allé trop loin. Je l'avais forcée à rentrer à la maison en la tirant de force pendant tout le trajet du retour alors qu'elle ne m'avait donné aucune raison pour douter d'elle. Aujourd'hui encore j'ignore pourquoi j'ai réagi comme ça, c'était quelque chose que je ne pouvais pas contrôler, j'ai peur qu'elle m'abandonne à tout moment parce qu'au fond je sais pas ce que je ferais sans elle. Les gens avaient tous pris l'habitude de me laisser tomber, sans doute parce que je le méritais… Mais je ne voulais pas que ce soit le cas avec Bella.

Et si elle avait profité d'être seule pour s'enfuir loin d'ici ?

Je réprimai aussitôt cette idée irrationnelle. Bella avait fait le choix de rester, elle aurait très bien pu s'en aller quand elle voulait, je ne vois pas pourquoi elle déciderait tout d'un coup de prendre la fuite alors qu'elle n'est même plus en captivité. À moins qu'elle se soit enfin rendue compte qu'elle n'avait rien à faire avec moi et qu'elle devrait partir le plus loin possible d'ici…

Mon téléphone se mit à vibrer dans ma poche et j'abandonnai provisoirement mes inquiétudes pour décrocher sans prendre la peine de regarder le nom.

« Allo ? »

« Mr Masen, c'est Jenks à l'appareil. J'espère que je ne vous dérange pas. »

Je clignai des yeux, ne m'attendant pas du tout à son appel. Jenks était un détective privé que j'avais engagé il y a quelques temps afin qu'il enquête sur le beau père de Bella, Phil Dwyer. Pour moi il ne faisait aucun doute qu'il cachait quelque chose et était à l'origine de ces meurtres. La mort de Renée Dwyer n'était qu'un dommage collatéral, c'était Phil ce jour là qui était visé. J'en mettais ma main à couper.

« Euh non, non pas du tout. » répondis-je en regardant aux alentours afin de vérifier que Bella n'était pas dans le coin. « Je présume que si vous m'appelez c'est parce que vous avez trouvé quelque chose. »

« C'est exact. »

« Je vous écoute. »

« Alors pour commencer, j'ai d'abord effectué des recherches sur les dix dernières années, à partir du moment où il s'est installé à Phoenix et je n'ai rien trouvé de particulier. Cet homme est aussi ennuyeux qu'un rat mort. Pas de casier, aucune transaction ni retrait d'argent qui sorte de l'ordinaire, ses seules arrestations sont des amendes de stationnement et des contraventions pour excès de vitesse, hormis cela rien de passionnant, il n'a jamais rien commis de frauduleux, si on ne compte pas ses délits d'adultère. En revanche je peux vous dire qu'il a eu un bon nombre de démêlés avec sa banque, ses comptes étaient quasiment toujours vides et sa situation financière était catastrophique, il devait beaucoup d'argent à l'État. »

« Et est-ce que vous avez creusé de ce coté là ? Essayé de savoir à qui exactement il devait de l'argent et s'il n'en a pas emprunté à quelqu'un pour le donner à ses créanciers ? » insistai-je.

« Le problème c'est que ça ne figure dans aucune base de données. S'il a effectivement fait un emprunt, il s'agit forcément d'une transaction non déclarée. »

Je soupirai de déception. J'aurais dû me douter que ce sale type ne rendrait pas les choses faciles. Bella était peut être triste qu'il soit mort, mais moi j'en étais bien content. Cette ordure n'était rien d'autre qu'un misérable qui a passé son temps à la dénigrer et à lever la main sur elle. Je ne comprends même pas comment elle fait pour encore avoir de l'empathie pour lui, sous prétexte qu'il ait fini par changer et qu'il ait été tué. Je n'avais jamais saisi ce concept de tout pardonner aux morts, comme si ce qu'ils avaient fait au temps de leur vivant ne comptait plus maintenant qu'ils n'étaient plus de ce monde. Pour moi un salaud reste un salaud, mort ou vivant. Et si Phil avait été encore là aujourd'hui, c'est moi qui serais allé lui faire la peau.

« Je n'ai pas fini. » déclara Jenks soudainement.

Je clignai des yeux plusieurs fois pour me reconcentrer et inspectai les alentours. Toujours aucune trace de Bella, c'était peut être mauvais signe, mais au moins je pouvais parler à Jenks librement.

« Qu'y a-t-il ? » demandai-je en commençant à mettre les articles sur le tapis roulant.

Pas évident de parler de ça dans un supermarché… pensai-je ironique.

« Et bien en me rendant compte que les recherches durant sa vie à Phoenix n'avait rien donné de concluant, je me suis interrogé quant à sa vie avant ces dix dernières années. Vous saviez qu'il n'était pas originaire d'Arizona ? »

Je fronçai les sourcils. Bella ne m'en a pas parlé... étrange.

« Non je l'ignorais, je croyais qu'il avait toujours habité à Phoenix. »

« Ce n'est pas le cas, en réalité il a emménagé à Phoenix il y a douze ans, quelques temps avant de rencontrer sa future femme. »

« Et d'où est-ce qu'il vient alors ? »

« Phil Dwyer est né et a passé la majeure partie de sa vie à Evanston, dans l'Illinois. »

Je relevai la tête subitement et m'immobilisai.

« L'Illinois vous dites ? »

Je m'étais attendu à pas mal de choses, mais certainement pas à ça. Je commençai à appréhender la suite des évènements et me mis à prier pour que ceci ne soit qu'une pure coïncidence.

« Affirmatif. Il y a passé toute son enfance et a fait ses études à l'université Northwestern. Jusqu'ici vous devez vous demander où je veux en venir avec cette information, mais là où ça devient intéressant, c'est qu'en douze ans, ce cher Phil Dwyer n'était jamais retourné une seule fois dans sa ville d'origine. Or les trois derniers mois précédant sa mort, il s'avère qu'il a effectué le déplacement jusqu'à Evanston au moins une dizaine de fois. »

Je restai indécis quant à cette nouvelle.

« Et vous avez cherché du coté de sa famille ? Il a peut être un proche malade ou… »

« J'ai déjà regardé et il n'y a rien monsieur. Ses parents ne vivent même plus dans l'Illinois aujourd'hui, ils ont déménagé il y a huit ans dans le Minnesota. Il n'a pas de grands parents et aucun décès récent le concernant. »

« Dans ce cas pourquoi retourner autant de fois à Evanston s'il n'a plus rien là bas ? »

« C'est la question que je me suis posé. J'ai cherché où il aurait pu aller. Tout ce que j'ai pu trouver c'est qu'il a loué une chambre d'hôtel à chacune de ses visites et qu'il a été vu dans plusieurs bars, casinos et clubs de la région. »

Cette fois ce n'était plus de l'appréhension qui m'envahissait, mais carrément de l'angoisse. L'angoisse de découvrir quelque chose auquel jamais je n'aurai pensé et qui était susceptible de tout bouleverser. J'avais promis à Bella que j'essaierais de découvrir qui avait tué sa mère et son beau père, mais à présent j'en redoutais la réponse. Phil avait été surpris plusieurs fois dans les bars et les casinos, ce qui ne pouvait signifier qu'une chose, qu'il était en quête de pognons. Il venait jusque dans l'Illinois uniquement pour se refaire et trouver assez d'argent pour se sortir la tête de l'eau. Et dans l'Etat de l'Illinois tout entier, je ne connaissais qu'une seule personne qui aurait pu l'y aider.

« D'accord euh… » je me passai une main sur le visage pour réfléchir. « Si je ne me trompe pas, Evanston est à environ vingt kilomètres de Chicago, c'est bien ça ? »

« Oui c'est exact. Elle est à la frontière. » confirma-t-il.

Je soupirai d'amertume. J'aurais vraiment préféré me tromper.

« Je vois. » marmonnai-je déçu. « Alors il aurait très bien pu faire le déplacement de Evanston jusqu'à Chicago sans le moindre problème. »

« Il pouvait même le faire plusieurs fois dans une seule journée. »

« Dans ce cas essayez de vous renseigner de ce coté là. Cherchez tous les endroit de Chicago où il aurait pu aller, le nom de tous les bars, de tous les clubs, ceux qui sont mal fréquentés… n'importe où où il aurait pu se créer des problèmes. »

« Je m'en occupe tout de suite. »

« Pardon… excusez-moi… Excusez-moi… »

J'entendis la voix de Bella et relevai la tête pour la voir se faufiler pour me rejoindre pendant que la caissière passait les articles devant le détecteur. Je ne pus empêcher un soupir de soulagement en la voyant arriver. C'est à ce moment là que je me rendis compte que j'avais vraiment eu peur qu'elle soit partie pour de bon.

« Jenks, rappelez-moi dès que vous avez du nouveau. » ordonnai-je afin d'éviter que Bella puisse entendre quoi que ce soit.

« Ce sera très rapide. »

« Merci. » dis-je en raccrochant.

Je rangeai mon téléphone et soufflai pour ne pas me laisser submerger par ce trop plein d'informations. Si Phil Dwyer s'était rendu dans ce comté, à seulement quelques kilomètres de cette grande ville, ce n'était pas sans raison. J'étais prêt à parier que ce que j'allais découvrir n'allait pas me plaire. Vraiment pas me plaire.

« Qui c'était ? » demanda Bella une fois à coté de moi.

Je reportai mon attention sur elle et ne pus réprimer ma colère, due à l'inquiétude qu'elle m'avait fait ressentir.

« C'est maintenant que t'arrives ? » lâchai-je d'une voix dure. « Je peux savoir ce que tu foutais ? »

Elle me regarda étonnée, puis arbora une mine déconfite.

« Je suis désolée… en fait j'étais allée chercher ce que tu sais, et au moment de revenir je suis tombée sur le rayon des bouquins et… enfin tu me connais… » s'excusa-t-elle.

« T'es tombée sur le rayon des bouquins ? » répétai-je incrédule en sortant ma carte tandis qu'elle mettait les articles dans un sac. « Non mais tu te fiches de moi ? Des livres y en a pleins à la maison ! »

« Je sais mais j'aime bien trainer dans ce rayon, y a toujours pleins de nouveaux livres et… »

« Et alors tu t'es dit que c'était une raison suffisante pour me laisser poireauter tout seul c'est ça ? » m'exclamai-je sans me soucier que tout le supermarché m'entende.

Bella entrouvrit la bouche d'incrédulité, choquée par le ton que j'employais.

« Je… pas du tout ! » balbutia-t-elle décontenancée. « C'est juste que j'ai pas vu le temps passer, mais je suis arrivée à temps alors je vois pas pourquoi t'en fais toute une montagne. »

« Parce que pendant que toi tu t'amusais à feuilleter tes foutus bouquins, moi j'ai fait la queue et attendu comme un con ! »

Elle regardait autour d'elle, mal à l'aise d'être le centre de l'attention.

« Edward, si tu tiens tant que ça à déclencher une dispute attends au moins qu'on soit dans la voiture parce que là tout le monde nous regarde. » supplia-t-elle.

« J'en ai rien à foutre qu'on nous regarde, t'avais pas le droit de me laisser attendre tout seul ! »

« Je t'ai déjà dit que j'étais désolée ! Et puis à ce qu'il me semble t'avais pas l'air de t'ennuyer tant que ça vu que t'étais au téléphone ! »

« Là n'est pas la question ! »

« Alors pourquoi tu t'énerves comme ça ? »

Je pris une profonde inspiration et m'abstins de répondre. Qu'est-ce que je pourrais bien lui dire ? Qu'en vérité j'étais énervé car j'avais cru qu'elle s'était barrée loin de moi ? Si je le lui disais elle le prendrait très mal, elle penserait sans doute que je ne lui fais pas confiance et tout le toutim. En réalité c'était pas elle le problème, c'était moi. C'est peut être cliché dit comme ça, mais c'est pourtant la vérité.

« Tu sais quoi ? » lançai-je en récupérant ma carte après avoir payé. « Pour la peine c'est toi qui portes les sacs. »

« Je te demande pardon ? » fit-elle ahurie.

« T'as très bien entendu ! » rétorquai-je en commençant à me détourner.

« C'est hors de question ! C'est toi l'hommes alors c'est à toi de les porter ! »

« Je croyais que t'étais contre les discriminations sexistes ? » provoquai-je.

« C'est le cas, mais là c'est bien trop lourd ! »

« Je m'en fiche, tu te débrouilles. »

Je l'entendis maugréer tandis que je prenais la direction de la sortie. Si elle croyait que j'allais me laisser marcher sur les pieds c'est qu'elle ne me connaissait pas du tout. Personne ne régentait ma vie, et surtout pas une petite d'un mètre soixante qui passe son temps à me taper sur les nerfs.

« Tu veux que je te dise ? » héla-t-elle derrière moi. « T'es vraiment un enfoiré de première ! »

Je soupirai et me tournai vers elle, exaspéré et en même temps étonné car elle n'avait pas pour habitude de jurer. Elle me regardait en fulminant, les mains pleines de sacs qui semblaient en effet un peu trop lourds et exagérés. J'eus alors pitié d'elle en la voyant tout se trimballer et mon énervement finit par s'évaporer. Finalement j'étais content qu'elle me soit revenue. Rendant les armes, je m'avançai vers elle.

« C'est bon donne-moi ça. » accordai-je.

Trop faible… me soufflait ma conscience. Faible, oui je l'étais face à elle.

Je tendis une main pour m'emparer des sacs mais elle secoua la tête, le visage fermé.

« Non merci, je suis capable de m'en occuper toute seule. »

Je fronçai les sourcils.

« Mais je croyais que tu trouvais ça trop lourd ! »

« Oui et bah j'ai changé d'avis. Maintenant si tu veux bien te bouger, j'ai envie de rentrer. » asséna-t-elle sèchement.

Elle me contourna et s'en alla, les sacs de course en main, le tout sous mes yeux écarquillés. Je l'avais énervée, c'était évident. Je réalisai qu'encore une fois elle retournait la situation à son avantage. C'était moi qui étais supposé être énervé et c'était moi qui allais devoir m'excuser.

Je hais cette fille.

oO "Feeling Good" Oo - Muse

Le trajet jusqu'à la maison se fit en silence, Bella avait les bras croisés et regardait par la vitre pour éviter mon regard. Elle n'avait pas décoché un mot depuis que nous étions sortis du supermarché, elle s'évertuait même à m'ignorer comme une pro. À vrai dire cette situation commençait à me peser, je détestais quand Bella m'en voulait ou lorsque je la contrariais, car ça me prouvait à chaque fois que je n'étais pas à la hauteur. Et puis c'était tellement mieux lorsqu'elle souriait ou qu'elle riait… elle a tellement souffert dans le passé, beaucoup trop pour une personne aussi jeune. J'étais content de voir qu'elle souriait de plus en plus maintenant qu'elle était avec moi, mais étrangement, si j'étais capable de lui donner le sourire, en parallèle j'étais aussi celui qui l'énervait avec probablement le plus de facilité. Ce n'était pas quelque chose de volontaire mais cela dit, quand on y réfléchit bien c'était exactement ce qu'elle représentait pour moi. S'énerver mutuellement était en quelque sorte notre lot quotidien, surtout elle, bon sang ce qu'elle peut être chiante c'est à se demander comment je fais pour la supporter. Pourtant au résultat des courses, c'était moi qui m'excusais, toujours. Bella savait que je ne supportais pas qu'elle puisse m'en vouloir et elle en jouait la plupart du temps, je devrais m'en offusquer mais au lieu de ça je plongeais à chaque fois.

Cette fois en revanche, c'était différent. Parce qu'elle n'était pas seulement énervée après moi, elle avait aussi cette lueur douloureuse dans les yeux, qui montrait qu'elle avait mal, chose que je ne m'expliquais pas. Qu'elle soit énervée je le conçois, j'y étais pas allé avec le dos de la cuillère dans le supermarché, mais qu'elle en soit aussi affectée et triste, je n'arrivais pas comprendre.

« Bella ? » appelai-je inquiet tandis que je conduisais.

Aucune réponse. Elle ne bougeait pas, les bras toujours croisés en signe de remontrances et le visage tourné vers la fenêtre. Je soupirai.

« Tu vas faire la tête encore longtemps ? » m'impatientai-je.

Elle ne répondit toujours pas. Je pris sur moi pour ne pas m'énerver à nouveau. Nous arrivâmes sur le parking de mon immeuble et je me garai, soulagé d'être revenu chez moi. Bella n'eut pas l'air d'émettre la moindre réaction lorsque la voiture s'arrêta. Je ne voulais pas laisser cet incident avoir la moindre répercussion, aussi lorsqu'elle mit une main sur la poignée de la portière pour l'ouvrir, je l'en empêchai en appuyant sur le bouton du verrou automatique.

Quand elle vit que la porte refusait de s'ouvrir, elle se tourna vers moi avec des yeux noirs de fureur.

« Qu'est ce que tu fais ? » s'énerva-t-elle.

« J'essaie d'attirer ton attention. » répondis-je franchement.

Elle ouvrit la bouche d'étonnement, avant qu'un éclat de froideur de ne passe dans ses prunelles chocolatées.

« Laisse-moi sortir. » ordonna-t-elle méchamment.

« Pas avant qu'on ait discuté. »

« J'ai rien à te dire. » se braqua-t-elle.

Je soufflai pour contenir mon irritation, sachant que si moi même je m'énervais, cela ne ferait qu'empirer les choses.

« Écoute je… je reconnais que j'y suis peut être allé un peu fort tout à l'heure, mais… »

« Un peu fort ? » coupa-t-elle incrédule. « Non mais tu délires ou quoi ? Tu m'as humilié devant tout le monde Edward ! »

« Qu'est-ce que ça peut te faire ? Tu les connais même pas ces gens là ! »

« Alors sous prétexte que je ne connais pas les gens, tu trouves ça normal de m'humilier en public ? » s'exclama-t-elle.

« Bien sûr que non, sois pas idiote. »

Elle me regarda outrée et je regrettai aussitôt mes paroles.

« Désolé je voulais pas… Bella s'il te plait… » dis-je en avançant une main vers elle qu'elle s'empressa de repousser aussitôt.

« Fiche-moi la paix ! » fit-elle en détournant le regard avec fermeté.

« Je m'excuse ! » répliquai-je avec sincérité. « J'aurais pas dû te crier dessus, je le sais mais… »

« Mais c'est plus fort que toi hein ? » termina-t-elle pour moi d'une voix ironique.

Je fronçai les sourcils.

« Quoi ? »

« Oh arrête ! Ne fais pas celui qui ne voit pas du tout de quoi je veux parler ! » réprimanda-t-elle en levant les yeux au ciel. « Tu ne peux pas t'en empêcher, tu te sens obligé de piquer une crise dès que tu me vois m'éloigner à cinq mètres de toi, et quand j'ai le malheur de mettre un peu trop de temps à revenir, mon dieu là tu pètes carrément les plombs ! »

J'entrouvris la bouche, ne sachant quoi dire. Bella avait touché un point sensible, je n'avais même pas le courage de le nier. Je refermai la bouche et détournai les yeux, une vague de culpabilité me submergeant à mesure que je prenais ses paroles en considérations.

« Tu as fait exactement la même chose le soir de Noël tu te souviens ? » continua-t-elle, l'air d'en avoir sur le cœur. « J'avais même pas disparu de ton champ de vision, j'étais simplement allée voir des vitrines pendant que tu téléphonais ! Et il a fallu que tu gâches tout ! On dirait que ça te fait plaisir de gâcher mes seuls moments de liberté. »

Je la regardai horrifié.

« Non c'est faux… »

« Alors explique-moi pourquoi tu agis comme ça ! » lâcha-t-elle en tournant la tête vers moi. Je vis qu'elle avait des larmes au coin de yeux, ce qui me désarçonna. « Tout ce que je vois moi c'est que tu n'as pas confiance en moi. Je peux comprendre que tu ne fasses confiance à personne Edward, mais tu ne penses pas une seconde à ce que moi je peux ressentir, au fait que tu doutes de moi à chaque fois que je disparais hors de ta vue dès qu'on franchit les murs de ton appartement ! »

« Tu te trompes, j'y pense ! » assurai-je honnêtement. « Je te jure que j'y pense, mais… »

« Dans ce cas qu'est-ce qu'il faut que je fasse ? » demanda-t-elle en clignant des yeux pour les empêcher de s'embuer. « Puisqu'apparemment même le fait qu'on soit ensemble n'est pas suffisant pour que t'aies confiance en moi. » murmura-t-elle tristement.

« Bella, » commençai-je en la regardant dans les yeux avec sérieux, « sache que toi et Jasper vous êtes les seules personnes à qui je fais réellement confiance, tu peux me croire. »

Elle secoua la tête.

« Jasper tu le laisserais faire ce qu'il veut, moi si je te disais que j'avais envie de me balader en ville seule, est-ce que tu accepterais ? » lança-t-elle d'un ton qui se voulait rhétorique.

Je me pinçai les lèvres, embêté qu'elle ait encore une fois marqué un point.

« Probablement pas. » avouai-je à contre cœur. « Mais ce n'est pas… »

« Je sais déjà ce que tu vas dire. » interrompit-elle sèchement. « Que ce n'est pas moi le problème et blablabla. Bah tu sais quoi ? J'en ai rien à faire parce que peu importe d'où vient le problème, le résultat reste le même. »

Je la scrutai sans rien dire. Je passais mon temps à faire attention à elle et pourtant, je n'avais même pas remarqué à quel point elle était blessée depuis tout ce temps par mon attitude. Dire que je croyais qu'elle et moi étions sur la bonne voie, en vérité je me trompais lourdement. Nous avions un véritable problème, un problème qui venait uniquement de moi et dont je n'avais pas la moindre idée de comment le résoudre. C'est vrai ça, comment empêcher mes crises de panique de se déclencher ? Si seulement je le savais !

Je savais que les choses n'étaient pas prêtes de s'arranger d'ici peu et tout ce que je pouvais faire était d'essayer de lui faire oublier. Je tentai un premier contact en posant volontairement ma main sur sa cuisse, espérant une réponse positive de sa part. Cela ne tarda pas puisque je la sentis tressaillir et son front se plissa d'une manière adorable.

« Enlève ta main. » marmonna-t-elle sans me regarder.

« Et si j'ai pas envie de l'enlever ? » rétorquai-je.

« Edward ! » fustigea-t-elle en se tournant vers moi.

« Bella ? » provoquai-je en haussant un sourcil.

Elle ouvrit la bouche avant de la refermer. Son visage se durcit et je la vis fulminer silencieusement, ce qui m'amusa. Elle m'accorda un regard furieux et se détourna en recroisant les bras à nouveau sur sa poitrine. Je refusai d'abandonner et passai à la vitesse supérieure.

« Allez Bella. » insistai-je en passant un bras autour de ses épaules.

« Non. » persévéra-t-elle tandis que je ne me laissais pas démonter et que je l'attirais à moi.

« S'il te plait… »

« Lâche-moi. » bredouilla-t-elle sans toutefois opposer une quelconque résistance.

« T'as qu'à me repousser. » émis-je en l'attirant toujours plus vers moi au point qu'elle se retrouva dans mes bras.

Je l'entendis soupirer de lassitude, ou d'exaspération je l'ignorais. Après quelques secondes de réflexions, elle répondit.

« Je ne peux pas te repousser. »

Je souris inconsciemment.

« Et moi j'ai pas l'intention de te lâcher. »

« T'es chiant. » râla-t-elle contrariée.

Je lui relevai le menton pour qu'elle puisse me regarder dans les yeux et lui fis un regard suppliant.

« Tu veux bien me pardonner pour tout à l'heure ? »

Ses sourcils se froncèrent et elle soupira une nouvelle fois, cette fois de résignation. Je la vis se perdre dans mon regard et se rapprocher de moi sans qu'elle n'en ait conscience. Puis sans prendre la peine de me répondre, elle avança la tête et effleura mes lèvres des siennes. Je ne pus retenir un sourire de satisfaction et répondis à son baiser avec soulagement. Elle m'avait pardonné et acceptait de mettre notre problème de coté… du moins pour l'instant. Car je ne doutais pas que si un nouvel incident comme celui là se reproduisait, elle me ferait la peau.

Il allait falloir que je trouve un moyen de régler ça et vite, Bella avait raison de m'en vouloir, je ne pouvais pas continuer à l'incendier en public chaque fois qu'elle s'éclipsait, elle ne le supporterait pas longtemps et déciderait de s'en aller pour de bon. Je réalisais que j'avais vraiment besoin d'elle, de sa présence et de sa lumière. Car au fond c'était ce qu'elle était, une lumière éclairant les ténèbres de ma sombre vie. Et je ne voulais pas que cette sensation disparaisse.

La sonnerie de mon téléphone nous interrompit et je me détachai d'elle à regrets tandis qu'elle soupirait de déception. Je le sortis de ma poche et quand je vis qu'il s'agissait du numéro de Jenks, je commençai à paniquer.

« Euh Bella, est-ce que tu pourrais m'attendre dehors ? » demandai-je, ne voulant absolument pas qu'elle soit là pour entendre ce que ce détective avait à me dire à propos de son beau père.

« Ou alors tu pourrais me passer les clés pour que je puisse rentrer ? » proposa-t-elle en arquant un sourcil qui signifiait clairement que je n'avais pas vraiment le droit de refuser.

Je la regardai sceptique un instant, puis compris qu'après le cirque que j'avais fait au supermarché, la laisser rentrer toute seule était le moins que je pouvais faire.

« Ouais tu… d'accord. » cédai-je sans m'empêcher d'appréhender.

Je sortis mes clés et les lui tendis, non sans effort. Elle me gratifia d'un sourire satisfait et m'embrassa la joue avant d'ouvrir la portière après que je l'aie déverrouillée. Elle sortit et claqua la porte et je m'empressai de décrocher mon téléphone.

« Jenks ? » saluai-je sans détour. « Vous avez fait ce que je vous ai demandé ? »

« Oui et j'ai de bonnes nouvelles pour vous. »

Je fronçai les sourcils, n'étant pas certain qu'il s'agisse réellement d'une bonne nouvelle et tendis l'oreille tout en observant Bella se diriger vers l'intérieur du bâtiment. Elle m'avait laissé seul avec les courses dans le coffre la garce.

« Qu'avez vous trouvé ? »

« J'ai effectué des recherches sur tous les endroits qu'il avait fréquentés dans la ville même de Chicago et vous aviez raison, il s'avère qu'à chacun de ses passages à Evanston, il a loué des taxis plusieurs fois pour se rendre dans la métropole. »

Je fermai les yeux. Savoir ça n'était réellement pas une bonne nouvelle. Pas du tout même.

« Et où est-ce qu'il se rendait une fois dans Chicago ? » me forçai-je à demander.

« Les premières fois il allait un peu partout, dans des bars différents et même des clubs de stripteases. Mais aucun établissement qui puisse avoir le moindre lien. En revanche, au fur et à mesure le nombre des adresses où il allait a diminué et il ne s'est plus rendu que dans un seul endroit. »

« Lequel ? » fis-je impatient avec un semblant de crainte dans la voix.

« D'après les traces qu'il a laissées, il a pris plusieurs fois des verres dans un certain club de stripteases. L'inferno Lounge, ça vous dit quelque chose ? »

Mon ventre se tordit en entendant ça. Je n'avais même pas envie de répondre à sa question, en vérité si j'ouvrais la bouche je n'étais pas sûr d'arriver à émettre le moindre son. Je m'étais attendu avec beaucoup d'appréhension à cette réponse, mais j'aurais tout donné pour ne pas avoir à l'entendre, pour que mon mauvais pressentiment ne soit que ça et non une prédiction. Et maintenant mes pires craintes étaient fondées.

Si je connaissais l'Inferno Lounge ?

Bien sûr, je m'y rendais quasiment tous les jours. Il s'agissait d'un des clubs de stripteases les plus huppés et luxueux de tout Chicago. Une maison fermée, que seuls les plus riches avaient le droit de se payer. Une maison qui faisait également office de prostitution et qui accueillait l'un des plus gros réseaux de trafics en tout genre, tenu par l'un des pires mafieux de tout l'État de L'Illinois.

Car le propriétaire de ce club n'était autre que Aro Volturi, mon patron.

Cette pensée me glaça le sang d'effroi. Si Phil s'était rendu pleins de fois dans ce club qui représente également le QG, je ne pense pas que ce soit uniquement pour se rincer l'œil, il aurait pu le faire ailleurs et pour beaucoup moins cher. Non il s'était rendu là bas pour une autre raison. Une raison bien plus obscure… La raison qui lui aura sans aucun doute valu sa mort ainsi que celle de sa femme Renée, la mère de Bella.

Mes doigts se resserraient sur le volant, la fureur s'emparait de moi à mesure que je prenais conscience de toute l'ironie de la situation et de ce qui était réellement en train de se produire. Si Phil avait fait plusieurs fois le déplacement dans le club de striptease d'Aro, c'était pour lui emprunter de l'argent, autrement il n'aurait jamais pu trouver les fonds nécessaires pour rembourser les dettes qu'il devait à tous ses créanciers et à sa banque. Et le malheureux n'a jamais eu le temps de trouver un moyen de le rembourser avec les intérêts. Mon patron était le commanditaire du meurtre de Renée et Phil Dwyer… et tel que je le connaissais, il n'aurait jamais accepté que la moindre personne s'en sorte alors Bella aurait vraiment dû être condamnée à mort ce jour là… putain de merde !

Comment est-ce que j'allais annoncer ça à Bella ? Je ne pouvais pas lui dire elle… elle en serait trop bouleversée et puis… et puis il fallait prendre en compte un élément important dans l'équation. C'est que si c'était effectivement Aro Volturi qui avait commandité ces meurtres, si c'était lui qui avait envoyé quelqu'un pour effectuer le sale boulot, alors la personne qu'il a envoyée aurait très bien pu être moi. Bordel, j'aurais très bien pu être l'assassin des parents de Bella, tout ça n'avait été au final qu'une question de pur hasard. Comment allais-je pouvoir la regarder dans les yeux désormais, en sachant que je connaissais le meurtrier de ses parents ? En sachant que je bossais pour lui ? En sachant que le fait que je n'ai pas été désigné pour m'en occuper n'avait tenu qu'à un fil ?

Pourquoi à chaque fois que les choses semblaient un tant soit peu aller pour le mieux entre nous il fallait que quelque chose vienne nous barrer la route et nous prouver une fois de plus qu'elle et moi c'était une relation qui n'avait pas lieu d'être ? Comme s'il n'y avait pas déjà assez de raisons pour nous séparer, il fallait à présent qu'il y en ait une supplémentaire et pas des moindres.

M'appuyant contre le siège, je rejetai la tête en arrière sur l'appuie-tête et soupirai en fermant les yeux tout en me passant une main sur le visage, répétant inlassablement cette phrase dans ma tête, qui me rappelait à l'ordre qui j'étais et ce que j'étais. Cette phrase qui me criait que toute cette mascarade, cette relation avec Bella n'était pas faite pour exister, peu importe à quel point je le voulais et à quel point j'avais besoin d'elle pour ne pas sombrer.

Ça aurait pu être moi…

Il fallait se rendre à l'évidence, si Bella était ma lumière, moi j'étais sa destruction.


Haha le mystère autour du meurtrier des parents de Bella s'éclaircit, et certains d'entre vous doivent être ravis de voir qu'ils avaient deviné depuis le début ^^

Bon que pensez-vous que va faire Edward ? Lui dire ? Garder ça pour lui ?

J'ai conscience que ce chapitre soit assez médiocre, cependant je remercie sincèrement mon petit ange Vidia27 sans qui l'inspiration et la motivation ne serait pas vraiment au rendez-vous et dont l'avis compte énormément pour moi :)

Je fais aussi une dédicace à ma Siamoise Edwardienne100 si elle passe par là, qui m'a inspirée le passage du supermarché ^^

Comme vous avez pu le voir j'ai fait un petit bond dans le temps mais sachez que le pov Bella du prochain chapitre reviendra dessus pour que vous ayez une idée de comment se sont un peu déroulées les choses. Oh, et j'ai la joie de vous annoncer que vous retrouverez ENFIN Jasper dans le prochain chapitre, je sais qu'il manque à beaucoup de personnes ^^

Quoi qu'il en soit, pour un teaser c'est par ici que ça se passe, suffit de laisser une petite review en cliquant juste en bas ;)

A bientôt !

Votre Dévouée Popolove