Je remercie toutes celles et ceux qui m'ont encouragée! Je vais mieux, je n'ai plus mal, c'est déjà ça! Mais vraiment, une otite, c'est dur!

Emmett PDV

Elle est la seule fille.

C'est d'ailleurs la toute première fois que j'enseigne à une fille.

Il faut dire que je suis prof de mécanique.

Alors forcément, j'ai l'habitude des gars.

Au début je ne savais pas comment m'y prendre avec elle.

Elle est douée, vraiment. La plus douée du groupe.

Elle est très silencieuse.

Concentrée, à l'éccart des autres.

Elle porte une combinaison de travail, bien trop grande pour elle.

Elle attache ses cheveux en une queue basse, négligée.

Elle ne se maquille pas, elle enfonce sa casquette le plus possible devant son visage.

Malgré tous ses efforts pour ne pas attirer l'attention sur elle, elle est extraordinairement belle.

Ses yeux sont d'un bleu très pur, et elle ne peut rien faire pour masquer la beauté naturelle des ses traits.

Très vite, j'ai comprit qu'elle est sur la défensive. Les gars du groupe la matent, bien sur. Comment leur en vouloir?

Ils ont essayé de la draguer, mais elle les a sèchement éconduits.

Depuis, ils la surnomment la lesbienne.

Elle est très loin de tout ça.

Bien sur, moi, je sais.

Elle n'est pas homosexuelle, même si faire croire le contraire l'arrange visiblement.

J'en suis heureux, parce qu'à moi aussi elle plait.

Au début, elle m'impressionnait.

J'avais de la pitié, de la peine pour elle, pour l'horreur de ce qu'elle a subit.

De ce qu'elle a fait, aussi.

Elle était si jeune, et vierge aussi. Un viol laisse une empreinte définitive sur une femme, et sans doute à fortiori sur une gamine de 14 ans, qui subit cette horreur de la part de son petit ami et des amis de celui-ci…

Elle sait que je sais.

Elle n'y fait jamais allusion, pas plus que moi.

Depuis plusieurs semaines, elle vient travailler,seule, le vendredi soir.

Les autres jeunes de son age sortent.

Pas elle.

Elle, elle vient trafiquer un moteur compliqué pour tacher de l'apprivoiser.

Je la laisse faire, entièrement seule, comme elle me l'a demandé.

Je lui ai juré que ça ne me dérange pas, de rester sur place le vendredi soir, je lui ai dit que j'en profite pour faire des papiers.

C'est vrai.

Pas pour la paperasse, mais pour le fait que ça ne me dérange pas.

J'aime la regarder.

L'observer pendant qu'elle travaille.

Elle ne regarde jamais dans ma direction, mais si elle le faisait elle me verrait l'observer.

Je ne me cache pas. Je ne suis pas un pervers,ni un voyeur.

J'aime juste la voir évoluer.

Elle se détend.

Elle s'assied en tailleur et elle monte et démonte patiemment les pièces du moteur.

Je l'ai même vue sourire presque, quand elle arrive à assembler deux pièces.

A coté d'elle, sans que cela ne lui soit nécessaire pour son travail, il y a un gros marteau et une énorme clé à molette.

Je sais pourquoi.

Je la comprends.

Même si ces armes me sont éventuellement destinées.

Rosalie a raison d'être prudente.

Au début, quand je ressentais encore de la rage envers ceux qui lui ont fait ça, j'avais moi-même envie de m'emparer du marteau et d'aller tuer les horribles salopards qui l'ont si atrocement violée et torturée.

Même si c'est déjà fait.

Elle est là, aujourd'hui, à cause d'eux.

Elle est la seule à ne pas être passée par la phase délinquance avant d'arriver dans ce programme .

Tous les autres jeunes à qui j'enseigne sont des toxicos plus ou moins repentis.

Pas elle.

Elle aussi a tué, pourtant.

Mais comment lui en vouloir?

D'ailleurs, même le grand jury n'a pas voulu l'inculper de meurtre.

A la place, elle est là.

Et ce soir, c'est different.

Elle se lève, lentement.

Elle laisse le marteau et la clé sur place.

A pas comptés, elle s'approche de moi.

Elle ne relève la tête que lorsqu'elle est à moins de deux pas de moi.

Elle garde le silence et je me tortille pour masquer mon trouble.

Je ne suis qu'un homme, après tout. Et un homme en train de tomber amoureux, qui plus est.

Pour la toute première fois, son regard bleu rencontre le gris du mien.

Elle ne parle pas.

Elle attend.

« tu y es arrivée, Rose? »

Un signe de la tête, un haussement d'épaules.

« oui, mais surtout… »

Elle se mord la lèvre, cherchant son courage.

J'attends, le souffle court.

« surtout.. J'ai réussit à rester seule avec vous, pourtant je sais…je sais que… »

Je détourne le regard.

Elle m'a percé à jour.

Je souffle, géné et triste.

Mais elle s'approche encore et, le regard terrifié, elle se penche sur moi.

Ses lèvres se posent sur les miennes et je la laisse initier le baiser.

Mais je ne peux pas m'empêcher d'y répondre et elle s'écarte d'un bond.

Je ne bouge pas.

Elle me regarde, la lèvre tremblante:

« je sais que je peux y arriver, je le sais! »

Elle serre les poings et s'approche à nouveau.

Elle m'embrasse encore et je la laisse mener la danse.

Même quand elle se déshabille entièrement, je ne risque pas un geste.

J'attends qu'elle prenne mes mains et les pose sur son corps, aux endroits ou elle tolère que je la caresse.

C'est elle qui déboutonne ma chemise et ouvre mon jean.

C'est elle qui vient s'empaler sur moi, lentement, avec de longues hésitations.

C'est elle qui donne le rythme, en pleurant, au début, en gémissant ensuite.

Mais c'est moi qui lui parle.

C'est moi qui lui dis à quel point elle est belle, et douce, et serrée.

C'est moi qui lui dis que je la respecte.

C'est moi qui lui dis que je la désire.

C'est moi qui lui apprends que les deux sont totalement compatibles.

C'est moi qui l'encourage à aimer ce qu'elle me fait.

C'est moi qui la regarde aimer enfin ce qu'on fait, ensemble, désormais.

Et si c'est elle qui veut que je jouisse en elle, et c'est moi qui prend ses hanches dans mes mains pour donner le rythme qui m'enverra au paradis.

Et puis, finalement, c'est moi qui sèche ses larmes de joie, moi qui la voit sourire enfin.

Et puis, surtout, c'est moi, qui lui avoue l'aimer.

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Pour info: Rosalie avait 14 ans lors du viol qu'elle a subit,mais elle en a 17 à présent. Je dirais que Bella en a 16 et Alice 15.

Rosalie a tué ses agresseurs, l'un aprés l'autre, le même jour, sans doute avec une arme à feu. Les autres élèves du cours de mécanique ne savent rien de son passé, seul Emmett a accès à son dossier.