J'arrive tout doucement avec un nouveau chapitre et je m'excuse de nouveau pour la lenteur entre deux chapitres mais j'avoue que je manque énormément de temps en ce moment. Mais quoi qu'il arrive je tiens à préciser que j'arriverai au bout de l'histoire .

Je tiens aussi a vous remercier pour vos magnifiques review, je ne sais plus si j'ai répondu à toutes en privé (je manque d'organisation là dessus c'est clair) mais sachez que j'en apprécie chaque mot et qu'elles sont le moteur qui me donne l'envie de continuer.

Voici donc le chapitre suivant et je vous laisse donc à la lecture


Chapitre 16

Edward :

-Non ! Pas ça.. Je vous en prie, ne faîtes pas ça.

-Bella réveille toi.

J'écartais les mèches de cheveux collées par la sueur de son front alors qu'elle continuait de gémir dans son sommeil. Depuis qu'elle avait pris la décision de témoigner elle faisait des cauchemars, mais après le mariage cela avait empiré crescendo au fur à mesure que le jour du procès approchait. Elle était épuisée et angoissée à l'idée de dormir et de plus elle se renfermait de plus en plus sur elle-même m'excluant totalement. Je ne savais plus quoi faire.

-Non ! Non !

-Je t'en prie mon cœur réveille toi.

Elle ouvrit soudainement les yeux et posa un regard hagard sur moi et je tentais de la rassurer.

-Tout va bien mon amour, ce n'était qu'un cauchemar lui dis-je en caressant ses cheveux.

Je savais bien que ce n'était que des mots en l'air et je me demandais même qui de nous deux je tentais de rassurer mais cela fut suffisant pour l'apaiser. Elle s'est blottie contre moi et je l'ai senti se détendre légèrement, bien que son cœur battait la chamade.

-Je suis désolée, je t'ai réveillé murmura-t-elle alors que je la serrais contre moi.

-Ne t'inquiète pas, j'ai assez dormi lui dis-je calmement. Enfin aussi calmement que je pouvais car je ne pouvais nier que l'imminence de l'intervention de Bella à ce procès m'angoissait terriblement. Celui-ci avait commencé il y a dix jours, mais il y avait tellement de chefs d'accusation que la partie nous concernant n'avait lieu qu'aujourd'hui. Je n'avais pas mis un pied dans la salle d'audience m'étant arrangé avec Jazz pour ne pas faire partie des témoins de l'accusation. Nous avions été suffisamment nombreux sur l'enquête pour que mon témoignage ne fasse pas défaut. J'avais reculé le moment où je devrais être confronté à eux... et la seule raison pour laquelle j'allais y être présent aujourd'hui était Bella.

Bella !

Bella qui se murait dans un silence et ne laissait filtrer ses sentiments.

-Tu veux en parler ? tentais-je.

Aussitôt je la sentie se raidir dans mes bras.

-Ce n'était qu'un cauchemar, je ne m'en souviens pas me dit-elle froidement.

Elle se détacha de mes bras et sortit du lit. Je restais là avachi dans le lit les yeux fermés. Je savais bien ce qu'elle faisait. Parce que je l'avais fait trop souvent, lui cacher mes peurs, ma honte lorsque nous étions plus petit, où bien la douleur il y a encore peu. Mais Bella n'avait pas à supporter ça seule. Voilà pourquoi je ne voulais pas qu'elle témoigne. Or je me sentais impuissant face au mur qu'elle avait érigé autour d'elle.

Je l'entendis farfouiller dans la pièce et ouvris les yeux sur ma belle en train d'enfiler une tenue de sport.

-Qu'est-ce que tu fais ?

-Je vais courir...

D'un bond j'étais debout, retenant une grimace de douleur sous le geste. Bien que je n'avais plus besoin de béquilles, certains mouvements étaient encore douloureux et je n'avais pas encore retrouvé toute ma motricité, courir n'était donc pas au programme pour moi.

-C'est hors de question tonnais-je.

Mais à quoi jouait-elle ?

Depuis maintenant trois semaines que le procureur avait transmis les preuves et la liste des témoins à la défense, Bella était de nouveau en danger. J'étais persuadé que ces salopards n'hésiteraient pas à faire supprimer un témoin. D'autant plus ma belle qui en savait beaucoup sur eux. Jasper avait donc mis en place une surveillance et même si je n'étais pas en fonction j'étais la première garde. Ce qu'elle ignorait c'est qu'ils avaient déjà interpellé un petit malfrat grassement payé pour « lui faire sa fête ».

-C'est bon Edward ! Je vais juste faire un footing. Tu ne vas pas m'enfermer dans une cage dorée. Et que va-t-il se passer quand je reprendrais un travail ? Parce que ça va arriver l'argent n'est pas inépuisable.

Elle avait également élevé le ton et je ne comprenais pas sa colère soudaine. Mais je ne badinais pas avec sa sécurité. J'enfilais à la hâte un jeans et un T-shirt et lui emboitait le pas dans le salon. Elle était déjà en train de mettre ses tennis bien décidée à me faire faux-bond.

-Bon sang Bella a quoi tu joues ? Et merde qu'est-ce que cette histoire de fric vient faire ici, c'est pas comme si on en manquait et tu sais très bien que tu ne dois pas être sans surveillance...

-J'ai besoin de sortir.

Son ton était plus doux, mais elle me refusait son regard. Je me demandais bien ce qui se passait dans son crâne. Et je devais l'avouer, j'étais blessé qu'elle ne me fasse pas plus confiance que ça. Elle profita de l'instant où j'étais perdu dans mes pensées pour se diriger vers la porte et j'eus juste le temps de mettre ma main sur la porte pour la refermer. Elle resta figée entre moi et la porte.

-Parle-moi Bella, lui soufflais-je à l'oreille. J'ai besoin de comprendre.

-Je vais bien...

-Non tu ne vas pas bien grognais-je, chaque nuit tu te bats contre ces cauchemars, chaque jour tu tentes de nous faire croire que tout va bien, mais tu te mures dans le silence, tu ne souris plus et tes yeux ont perdu cette lueur que j'aime tant. Je t'ai dit que je serais toujours là pour toi mais tu ne me laisse pas m'approcher. Laisse-moi t'aider...

Je l'entendais respirer difficilement et je passais une main sur son ventre pour la plaquer contre moi avant de poursuivre.

-J'aimerais pouvoir prendre pour moi ce qui te pèse et alléger ta peine pour la seule et unique raison que je t'aime.

Elle se laissa aller contre moi, sa tête contre mon épaule.

-J'ai peur...

Lentement je la fis pivoter dans mes bras, et j'eus juste le temps de voir ses larmes avant qu'elle ne cache son visage contre mon torse. Je savais qu'il était nécessaire qu'elle partage ses sentiments et ses peurs mais je me sentais comme un salopard de la faire pleurer ainsi.

-Je serais là avec toi lui murmurais-je dans les cheveux. Tu n'auras pas à les regarder, tu n'auras aucun contact avec eux. Concentre-toi sur moi. Oublie tous les autres. Je serais ton soutien.

-J'ai peur, je suis terrorisée d'être confrontée à eux, souffla-t-elle. Mais...

Elle s'interrompit la gorge nouée. Je pris son visage en coupe et laissais glisser mes pouces le long de ses cernes.

-Tu peux tout me dire lui dis-je rassurant.

-Tu vas me quitter assena-t-elle.

-Jamais.

Ma réponse avait fusé

-Quand tu sauras, tu me quitteras murmura-t-elle.

Je me demandais comment elle avait pu arriver à une telle conclusion mais ma réponse était spontanée.

-Jamais répétais-je. Quel que soit les raisons qui te font penser ça il faut que tu saches que te quitter équivaux à m'arracher le cœur. Je sais par quoi tu es passée, j'y étais lui rappelais-je. Impossible que tu te débarrasses de moi. Je suis un vrai pot de glue.

L'ombre d'un sourire apparu sur ses lèvres.

-Oh mon dieu, je t'aime tellement.

-Moi aussi bébé murmurais-je en la serrant dans mes bras.

Je sentais la tension quitter son corps et elle laissa échapper un bâillement. Elle était réellement épuisée. Alors je glissais un bras sous ses genoux pour la porter dans notre chambre ignorant le tiraillement dans ma jambe.

-Qu'est-ce que tu fais ? Tu vas te faire mal.

-Je t'emmène au lit, il est encore tôt et tu es fatiguée.

Je la déposais délicatement dans le lit et l'emmitouflait dans la couette après lui avoir retiré ses chaussures. Étonnamment elle ne protesta pas et se glissa dans mes bras alors que je la rejoignais sous les couvertures.

-Je suis désolée souffla-t-elle

-Je t'aime lui dis-je sur le même ton. Essaye de dormir nous avons encore le temps avant d'aller au tribunal.

Très vite elle rejoignit les bras de Morphée et moi je passais les heures suivantes à veiller sur son sommeil.

Bella :

-Jurez-vous solennellement de dire la vérité, toute la vérité, et rien que la vérité, puisse Dieu vous aider ?

Je plaçais ma main sur la bible que me présentait le greffier.

-Je le jure soufflais-je en pensant amèrement que si leur Dieu existait réellement je n'aurais pas besoin d'être là.

Je reposais ma main tremblante sur mes genoux, le regard baissé sur le tissu les recouvrant. Le tailleur noir que je portais, choisi par Alice, était parfaitement coupé. Il était censé montrer à ces salopard que j'étais solide et qu'il n'avait pas de pouvoir sur moi dixit ma meilleur amie. Seulement l'habit ne faisait pas le moine et j'étais totalement terrorisée. Je refusais de lever les yeux de peur de croiser ceux de mes bourreaux.

-Voulez-vous décliner votre identité ?

-Isabella Swan.

-Pourriez-vous parler plus fort ?

Ma voix restait bloquée au fond de ma gorge et je sentais la panique m'envahir, je relevais finalement les yeux en évitant le côté droit de la salle et enfin mon regard se posa sur ma seule raison de vivre. Ses prunelles étaient fixées sur moi et je sentis mon courage revenir.

-Isabella Swan répétais-je avec beaucoup plus d'assurance.

Le procureur se leva et s'approcha de moi. Je savais ce qui allait suivre, nous avions préparé cette audition mais je n'étais toujours pas prête à dévoiler tout ça devant du public et pourtant je n'avais pas d'autres options. J'avais fait un choix il fallait maintenant en assumer les conséquences.

-Mademoiselle Swan, connaissez-vous ces hommes ?

Je m'obligeais à jeter un coup d'œil sur eux et la bile me monta à la bouche en croisant leur regard. Toujours cette suffisance sur leurs visages, comme si tout ceci n'était qu'une mascarade et qu'ils en sortiraient gagnant. Je détournais mon regard d'eux et captait de nouveau les yeux verts d'Edward pour m'insuffler ma dose de courage.

-Oui

-Pouvez-vous nous raconter dans quelles circonstances vous avez rencontré les prévenus ?

Les souvenirs de cette rencontre était gravés dans ma mémoire et je doutais qu'un jour ils ne disparaissent. Ils défilaient dans ma tête alors que je racontais mon histoire, butant la plupart du temps sur les mots, mes émotions à fleur de peau.

-J'avais dix ans, commençais-je en me revoyant petite fille, timide et aillant déjà du mal à être sociable. C'était pendant la récréation je... je m'isolais régulièrement derrière un buisson dans un coin de la cours pour jouer seule, les surveillantes le savaient et me laissait sachant que j'étais toujours sage. Ce jour-là il y avait un petit chaton qui miaulait perché sur le toit du bâtiment se trouvant juste derrière ma cachette. Je voulais l'aider à descendre mais il était bien trop haut pour moi, alors je suis montée sur le mur d'enceinte de l'école mais j'étais encore trop petite. C'est là que cet homme est venu à ma rencontre.

-Quel homme ? m'interrompit le procureur.

D'une main tremblante je désignais Aro Volturi qui me fixait de ses prunelles noires, un sourire malsain aux lèvres. Très vite je détournais mon regard de lui pour accrocher celui d'Edward avant de reprendre mon récit.

-Je me souvenais l'avoir aperçu à la sortie de l'école les jours précédents mais préoccupée par le sort du chaton je n'ai pas suivi les instructions de ma mère : ne pas parler aux étrangers. Il m'a proposé son aide pour que je puisse aider le chat... J'ai hésité... Le chaton a miaulé... L'homme avait l'air gentil alors je suis passée par-dessus la grille qui surplombait le mur d'enceinte.

Je fermais un instant les yeux totalement submergée par les souvenirs qui défilaient derrière mes paupières. Une fois la protection que représentait le mur de l'école franchi, le masque de l'homme était tombé et j'avais pris peur mais il était déjà trop tard. Son bras avait ceinturé ma taille et sa main libre me bâillonnait. Tout était allé tellement vite que je n'avais même pas eu le temps de me débattre. Je me souvenais de la douleur lorsque mon dos heurta le fond du camion où je venais d'être jetée. De la corde qui avait entamé ma chair lorsqu'il m'avait ligoté. De l'odeur âcre du bâillon. Plus tard un petit garçon aux yeux verts, aussi terrorisé que moi me rejoignit à l'arrière du véhicule. Nous avons roulé durant des heures. Et puis je m'étais retrouvée dans cette chambre où chaque meuble, chaque objet semblait sortir d'un château de conte de fée. Sauf que le conte ressemblait plutôt à un cauchemar. L'homme était avec moi, ses mains partout sur mon corps. Dans mes cheveux, sur ma poitrine plate, sur mes cuisses. « Laisse-moi te montrer comment on aime » me murmurait-il..

-Voulez-vous faire une pause mademoiselle ?

L'intervention du juge me fit sortir de mes funestes pensées et j'ouvris mes yeux sur ce regard vert aussi torturé que le mien.

-Non, continuons dis-je avec bravoure.

Les heures qui suivirent furent longues, je répondais aux questions du procureur et aucun détail n'était épargné. Plusieurs fois le juge m'avait proposé des pauses mais je les avais refusées, je voulais arriver à la fin de cette épreuve avant de m'effondrer. Les questions avaient tourné autour des différents sévices que j'avais subis, la présence d'autres enfants pendant la période de séquestration... Edward n'avait pas un seul instant lâché mon regard. Comment avais-je pu croire un instant qu'il puisse me quitter. Il était ma force. Seule la jointure blanche de ses phalanges serrant la rambarde qui séparait le public du prétoire avec force montrait sa colère. A ses côté Carlisle était blême et j'étais contente que mon père ai accepté de ne pas être présent parmi le public.

-La parole est à la défense.

Mon stress monta d'un cran lorsque l'avocat grassouillet se leva. Le procureur m'avait prévenu qu'il ferait tout pour me faire passer pour une affabulatrice et qu'il serait certainement très agressif envers moi. Pendant toute la première partie son comportement avait été surprenant. Il avait donné l'impression de ne pas s'intéresser à ce que je disais et avait l'air de profondément s'ennuyer.

-C'est une histoire touchante que vous nous avez raconté commença-t-il d'une voix douce. Mais dites-moi est-il vrai que vous êtes la petite amie de l'agent Cullen ?

-Objection contra le procureur.

La panique me submergea, je ne m'attendais pas à ce que ce point de ma vie privée soit abordé.

-Je reformule repris l'avocat. Mademoiselle Swan connaissez-vous l'agent Cullen ?

Edward du percevoir mon trouble car il me fit un imperceptible signe de la tête.

-Oui

-Quel est votre relation avec lui ?

-C'est mon compagnon.

-Je n'ai pas d'autre question annonça-t-il à la cours et compte tenue de la relation entre le témoin et l'un des agents responsable de l'enquête je demande que ce témoignage soit considéré comme nul.

Un brouhaha se fit entendre parmi les jurés et le public.

-Votre honneur, ce témoignage est avéré, nous avons des preuves vous ne pouvez pas le retirer.

-Rien ne nous prouve que ce soit mes clients qui sont responsables de ce qui est arrivé à mademoiselle Swan. Elle peut très bien mentir sur ce point pour faire plaisir à son petit ami répliqua avec virulence cet avocat véreux.

J'étais complètement perdue, ainsi c'était ça leur défense ! Ils ne niaient même pas et se contentaient de rendre mon témoignage nul. Mes cauchemars devenaient réalité, ils allaient être acquittés et c'était de ma faute.

Edward se pencha vers le procureur et lui glissa quelques mots alors que je sentais cette boule dans ma gorge grossir.

-Votre honneur, intervint celui-ci, je souhaiterais appeler à la barre Edward Cullen.

Le greffier m'invita à retourner dans le publique.

-Il n'est pas sur la liste des témoins à charge intervint l'avocat des Volturi. J'estime que la cour n'a pas à l'entendre...

-Maitre Mallory vous n'avez pas à estimer à ma place s'offusqua le juge, de plus je suis curieux de savoir ce que l'agent Cullen a à nous dire. Je prendrais ensuite la décision quant à la validité du témoignage de mademoiselle Swan.

Au moment où j'arrivais près de lui, Edward se leva pour rejoindre la barre des témoins. Il me serra brièvement la main. J'aurais aimé pouvoir me blottir dans ses bras et ne pas fuir comme une idiote comme ces dernières semaines mais je devais me contenter de cette brève étreinte qui n'était pas suffisante pour atténuer mon stress. Je m'installais aux côtés de Carlisle qui m'enlaça de manière paternelle alors qu'Edward s'asseyait à la place que j'occupais précédemment et qu'il prêtait serment. Je n'arrivais pas à enrayer mon malaise, j'avais réussi à ne pas m'effondrer durant mon témoignage mais maintenant que je voyais Edward la main sur cette bible, je sentais tout mon corps trembler. J'avais échoué, non seulement Edward allait devoir témoigner mais Ils allaient être acquittés. Tout était de ma faute.

-Monsieur Cullen. Pouvez-vous nous raconter les circonstances de votre première rencontre avec les prévenus ?

Carlisle attrapa ma main et je sentais la pression de ses doigts sur les miens.

-Bella sortons me chuchota-t-il.

J'ignorais son appel, voulant absolument être là pour Edward. Je ne me souciais pas non plus de ma respiration hachée signe annonciateur de la crise de panique. Mon regard était rivé à celui de mon homme

-Edward veux que nous sortions insista celui que je considérais comme mon second père.

Délicatement il me prit le coude et m'aida à me lever. Je vis le regard déterminé de mon homme avant que Carlisle ne m'aide à me diriger vers la sortie.

-J'avais 11 ans... entendis-je juste avant que la porte ne se referme sur nous.