Note d'auteur : Une fic ou aucun personnage n'est totalement bon, ni totalement mauvais, mais tous adolescents.

Voici le résumé complet :

« Une sorcière belle et sportive, ayant confiance en elle, appréciée par ses amies qui la protègent des ragots injustes des jalouses. Une fille que tout le monde écoute et approuve, qui ose dire ce qu'elle pense et fait rire sa classe par des répliques bien placées, que tous les garçons regardent avec envie lorsqu'elle marche dans les couloirs de Poudlard...

Voilà tout ce que je ne suis pas.
Moi, Rebbeca Foist.
Le souffre douleur. »

Humiliée par ses camarades, loin de sa famille, Rebbeca « Rubbish » Foist se trouve acculée face à cette haine cruelle que les professeurs ne semblent pas remarquer. Chaque jour, elle doit à nouveau faire face, la peur au ventre, terrifiée par les gens autour d'elle et blessée des ricanements dans son dos.

Mais cette vile occupation de la part des élèves et ce manque de réaction chez la victime empêchent les jeunes sorciers de voir qu'un problème bien plus grave se trame sous leur yeux.


Chapitre 1 : La salle secrète et l'élève ignorée

Pas encore, pas tout à fait...Encore quelques secondes, quelques pas et je pourrai enfin me reposer.

Alors que je ne suis encore qu'à plusieurs mètres de mon but, je réalise un mouvement discret avec ma baguette et murmure un sort en bougeant le moins possible les lèvres, même si personne ne se trouve dans les parages. On ne sait jamais. On m'entendrait, je sais très bien ce qu'on me dirait, comme l'autre fois :

-Tiens, Rubbish, encore en train de parler toute seule ? Tu sais, Sainte-Mangouste a un très bon service pour les fous !

Tss... Ils n'avaient juste pas compris que je leur parlais à eux.

La porte visée s'ouvre et j'avance d'un pas décidé mais un peu précipité ; d'un côté, c'est normal. Enfin, une fois à l'intérieur, je referme la porte et y jette trois sorts de verrouillage puis un d'insonorisation. Ca pourrait être dangereux mais je ne risque rien en réalité...Personne ne vient ici, et même si certains voulaient encore m'embêter, voir pire, il ne devineraient jamais que j'ai trouvé refuge ici.

Cette salle petite et miteuse, comme la vraie nature de l'esprit humain. Le bois des quelques meubles est pourri et on peut facilement entendre les mites le ronger comme la haine et la peur rongent la morale des hommes. La peinture du plafond est presque inexistante et on ne sait pas si elle a un jour été colorée. Ai-je un jour été heureuse ? Oui, je crois, il y a très longtemps...Je suis calme souvent, soulagée en vacances et fière par moments avec mon grand père ou les professeurs. Mais le véritable bonheur...Je ne sais pas...Qui le connaît d'ailleurs ?

Les murs sont troués par endroits, tâchés à d'autres, mais tous sont aussi abîmés que mon coeur. Il y a autant de fenêtres laissant passer la lumière que de rayons de soleil dans ma journée : zéro. Seules les lampes magiques peuvent effacer légèrement les ténèbres de la pièce. Un bon nombre de doxys ont élu domicile dans les tapisseries en compagnies des araignées marrons et velues et de quelques povrebines, ces petites créatures qui se font passer pour des cailloux et qui suivent les gens en leur insufflant doucement un sentiment de désespoir afin de les dévorer par la suite -des sortes de petits détraqueurs, en résumé. Ils s'y amusaient avant que je ne les jette tous hors d'ici. Enfin, presque tous : j'en garde un dans une cage ensorcelée lorsque je viens, puis le relâche, afin que personne ne désire s'approcher d'ici. Drôle d'animal de compagnie. Enfin, je le considère plus comme un garde que comme un compagnon...

Même si on se ressemble d'un côté. On serait mieux autre part, lui et moi.

Je m'assois sur une chaise recouverte de moisissures, enfin, c'est le sort que je lui ai jeté qui donne cette impression, jusqu'à ce que je la touche : elle reprends alors une apparence tout ce qu'il y a de plus normal, de même pour le bureau en face de moi. Je pense qu'avant, cette salle devait être le bureau d'un professeur : elle est trop petite pour une classe, trop grande pour un placard à balais. Il n'y a aucune connexion vers des appartements privés, pas même un placard où ranger des livres ou des objets confisqués. Juste un bureau, deux trois chaises, un buffet, une cheminée et de la vermine. Peut être était-ce pour un professeur qui logeait à Pré-au-lard, donc il n'avait pas besoin d'une pièce très personnelle...Au fond, ça ne m'intéresse pas tant que ça, puisque cette pièce est désormais mienne.

Un bruissement se fait entendre sur le tapis troué et dont le motif originel est désormais condamné par la crasse.

Je jette un sortilège de tension derrière moi, forçant le corps du povrebine qui se croyait discret à devenir aussi rigide et droit qu'un balai, puis, avec un charme de lévitation, je le rentre dans sa cage dont le verre me protège de ses attaques physiques et psychiques. Il se débat quelques instant mais comprend rapidement que cela ne lui servira à rien : voilà quatre ans que ça dure.

Cette salle, c'est la mienne, à moi. C'est ridicule dit ainsi mais j'en ai besoin. C'est la seule chose dont personne ne pourra jamais me priver durant ma scolarité. Personne n'en voudrait, me dira-t-on. Peut être, mais je n'en suis pas sûre : certaines personnes volent des objets dont elles n'auraient jamais voulu juste pour le plaisir de faire souffrir leur propriétaire. Dans cette salle, je peux faire ce que je veux : parler toute seule sans crainte, rêver de mon futur et pouvoir afficher des expressions qui reflètent mes sentiments, refaire mon passé en effaçant mes erreurs, jeter des répliques imaginaires à ceux qui me critiquaient, étudier les cours d'enchantements sans qu'on ne me vole mon manuel, lire un roman de Soulein Trigg, m'entraîner pour la métamorphose, ne rien faire même...Tout ça pour me reposer.

Oui, je peux me reposer uniquement dans une salle crasseuse, à moitié détruite, avec une couche monstrueuse de poussière et des parasites qui feraient crier n'importe quelle fille.

Pourtant, je ne suis pas une goule, ni un détraqueur, je n'aime pas la saleté et les lieux vétustes n'attirent guère ma sympathie contrairement à ce que disent les gens.

-Hey ! Berka, tu veux pas te trouver un endroit un peu plus à ton image ? Qu'on n'ait pas à voir ta sale tête, sifflent certains élèves, parfois.

Ce n'est pas l'aspect sordide qui me permet de me détendre mais l'horreur qu'inspire cette salle aux autres : j'aime la solitude, et je ne peux me l'offrir qu'ici, grâce aux vermines, à la crasse et au povrebine. Ainsi, on me laisse tranquille et ça me détend tellement...J'adore ça, ça en devient presque une drogue. Mais je dois faire attention à ne pas trop y aller, on finirait par découvrir ma cachette !

Non, je ne suis pas une star fuyant les journalistes et les fans, je ne suis pas une femme fatale cultivant son mystère et s'éloignant de ses prétendants. Je ne suis pas non plus un philosophe à la recherche de son moi profond.

Pourtant, tout le monde me connaît, toute la planète me connaît car j'existe partout.

Je suis une fille normale. J'ai des cheveux mi longs et relâchés, une taille moyenne, un uniforme simple, quelques grains de beauté, je suis fille unique et mes deux parents sont vivants, j'ai mes règles tous les mois et j'ai des noeuds le matin en sortant du lit. Mes jambes et mon ventre me font complexer, ainsi que mon allure un peu trop garçonne et ma timidité.

Pourtant, ce n'est pas ça qui me rend si notoire. J'existe partout, je le sais, sous différente formes, sous différents aspect, avec différents noms, différentes familles et différents sexes.

Je suis le souffre douleur de l'école.

Si je réponds à un professeur en classe, j'entends des ricanements dans mon dos. Si je me trouve trop près d'un groupe populaire durant les repas, les remarques cinglantes fusent, les insultes aussi, surtout les insultes.

-Foist, tu peux dégager de mon chemin ? Tu encombres !

-Hey, les bêtes ne vont pas dans l'école mais dans la forêt.

-Non mais t'as vu à quoi elle ressemble ? C'est pas une fille ça, c'est un déchet !

Si par malheur, un professeur venait à les punir pour ce qu'ils m'ont dit, je peux être sûre de ne pas récupérer certaines de mes affaires avant un long moment. Quand je m'approche, ils s'éloignent.

-Quelqu'un a jeté une boule puante ? Ah non, c'est juste Rubbish qui s'approche, tirons nous d'ici...

Quand j'ai besoin de quelque chose, on m'ignore. Quand j'agis, on me juge sans que je n'aie demandé quoi que ce soit. Lorsqu'il faut former des groupes en classe, je me retrouve toujours seule, ce qui est assez douloureux : on me confronte à une solitude forcée et non pas désirée.

-Non, franchement Foist, je...J'ai promis à une amie d'aller en potion avec elle. Je ne peux pas. Trouve toi quelqu'un d'autre.

Lorsque je trébuche ou que je fais une bêtise, on me rappellera cette erreur pendant plusieurs semaines, trouvant très amusant de me rabaisser.

-Tiens ? Tu vas aux toilette Rebberka ? Fais attentions à ne pas y tremper la tête comme la dernière fois !

Lorsqu'il y a une tâche désagréable à faire, je suis le chien-chien officiel, et je ne peux qu'obéir, ou alors la situation empirera, ils me le font bien sentir donc je n'agis pas. Il arrive parfois qu'un professeur agissent à temps et cela me soulage tellement mais...C'est bien trop rare. Quoique lorsque ça arrive, je suis véritablement extatique de me faire venger.

Mon rêve : partir d'ici, suivre des cours à la maison, mais mon grand père refuse.

-Rebbeca, tu sais très bien que notre famille a besoin de rester en Angleterre, c'est là que vit toute la famille de ton père et puis, Poudlard est une bonne école malgré son ouverture un peu trop grande aux moldus. Si tu as un soucis, tu dois l'affronter afin de devenir plus forte ! C'est ainsi qu'agissent les vrais sorciers, me dit-il à chaque fois.

Mon grand père se nomme Aldric Monscure, il est né en Suisse mais désormais il vit avec nous -sa fille, mon père et moi- et il est détient une puissance extraordinaire, on le ressent autour de lui. Il n'est ni très bavard ni très jovial, c'est un homme droit et strict, qui a une très haute idée de ce qu'est un grand sorcier ou non. Il peut être très dur mais ses conseils sont toujours bons. Peut être aurais-je du lui parler de mes problèmes dès le début...mais j'avais peur de lui montrer que j'étais faible...Et ça ne fait qu'empirer, tel un cercle vicieux.

Au début d'un tel engrenage, on critique les autres puis on cherche un refuge, comme des amis ou des camarades qui critiquent avec nous, ça nous permet d'ignorer la vérité un moment, c'est apaisant. Puis, lorsque les moqueries continuent, les amis partent, ne supportant pas d'être proches de cette personne que tout le monde déteste, ce n'est pas cool d'être avec elle, les gens vont finir par les traiter de la même manière, c'est mieux de l'insulter. Alors on commence à se demander s'ils n'ont pas raison en même temps qu'on les traite de tous les noms. Ce sont des lâches de m'abandonner ainsi, de me laisser seule juste pour paraître cool, plus tard, ils verront qu'ils avaient tort. Mais la justice prend trop de temps, elle existe, je le sais ! Cependant je suis seule tandis qu'ils sont ensemble, je ne suis pas encore assez forte pour être méprisante à souhait ou ignorer la solitude et les insultes...Je suis encore trop faible.

Pourtant, je sais que ce ne sont pas de vrais amis, un jour, ils s'entretueront en se rendant compte de ça. Ils se trahiront. Grand père dit souvent que les sorciers ne savent plus choisir leurs fréquentations, rejetant ceux qui sont pourtant justes et préférant d'autres...

-De nos jours, les sorciers ne sont plus ce qu'ils étaient dans le temps. Ils fricotent avec n'importe qui uniquement pour les apparences et non plus la grandeur intérieure.

Sur ce point, je suis d'accord. Quand je parle avec lui de ce sujet, le poids sur mon coeur se réduit légèrement et j'arrive à penser à autre choses, à me sentir juste, dans mon droit...Jusqu'à mon retour à l'école. Mais parfois j'ai l'impression de ne pas saisir le véritable sens de ses propos...Comme si mon esprit refusait l'idée...C'est souvent le cas lorsque je ne sais pas si il parle de vérité générale ou de moldus, qu'il n'apprécie pas beaucoup. Moi je m'en fiche des moldus, ils sont plutôt marrant même, j'aimerais bien voir comment ils vivent sans magie.

Enfin, lorsque on comprend que rien ne changera à l'école, qu'on ne peut plus rien, on craque, on laisse tomber : peut être qu'en bougeant le moins possible, ils ne me remarqueront plus. Ils m'oublieront et me laisseront tranquille.

Voilà où j'en suis : je ne veux pas d'amis, ils sont tous superficiels, beaucoup trop m'ont trahie, me tendant la main juste pour mieux m'enfoncer par la suite, trouvant tellement génial de m'humilier devant tout le monde et tenter de me détruire, tout ça pour faire oublier à la foule qu'eux même sont remplis de défauts. Pff, ils s'enfoncent en réalité, je le sens. Ils ne sont populaires que parce qu'ils se sont moqués des autres et je ne veux pas de ça. Les gens populaire sont superficiels. Je suis bien mieux sans eux, je m'en rends compte en les regardant...Quand je pense ce genre de chose, j'ai l'impression de me mentir à moi même mais que puis-je faire d'autre ?

J'ai déjà pensé à aller dans une autre école, en France par exemple, je parle français presque couramment et je sais qu'ils acceptent des élèves étrangers pour certains cursus. Vu mes notes, je pourrais être acceptée sans problème mais mes parents refusent cette idée. Tout ce qu'il me reste c'est imaginer un futur ou je ferai payer à toute ces personnes, je leur montrerai qu'ils n'auraient pas dû rire de moi : je me trouverai un travail très haut placé grâce à papa qui a de bonnes relations et je les ruinerai, je les briserai comme ils m'ont brisée. Ou alors grand-père arrivera un jour où ils m'auront fait tellement mal que je me retrouverai à l'infirmerie -à cause d'eux ou par la faute de mon désespoir- et ceux qui m'auront martyrisée verront qu'ils s'attaquent à quelque chose de trop gros pour eux...

Mais d'un côté, comment briser plusieurs centaines de sorciers qui me considèrerons toute leur vie comme une inférieure et se riront toujours de moi...Et puis, grand père verrait à quel point je suis faible.

Un jour, je leur ferai payer...A tous !