Salut tout le monde!

Tout d'abord, merci pour tous vos messages d'encouragement ^^ Je suis vraiment contente que cette fic vous plaise autant ^^

Sans plus attendre voici la cinquième et avant dernière partie de cette fic ^^

Bonne lecture!

~ Changement de genre ~

Partie V

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Lucius était tranquillement installé dans un fauteuil près de la cheminée, profitant de la chaleur du feu et d'un bon livre pour se détendre après une dure journée de travail. Rien que dans la matinée, il avait réussi à empêcher deux explosions de chaudron qui auraient pu pulvériser une partie des cachots. Il y avait des jours comme ça où il comprenait pourquoi Severus ne cessait de se plaindre de ses élèves et de leur incapacité chronique à suivre une simple recette. C'était dans ces moments où il se demandait pourquoi il avait accepté de prendre le poste de maître des potions. Puis la réponse lui venait comme évidence. Harry.

En mettant de coté que Poudlard avait été sa seule option de travail, Harry était la raison principale qui lui avait fait accepté ce poste à Poudlard. Pendant toute une année scolaire le jeune homme aurait été en pension dans l'école alors que lui-même aurait du vivre au manoir Black. Comment aurait-il pu passer dix mois loin de son compagnon? Comment Harry aurait-il sérieusement suivit son cursus scolaire tout en quittant tous les soir Poudlard pour le rejoindre? Lucius ne connaissait que trop la démotivation du jeune homme pour les études pour savoir que ce dernier se serait vite lassé des cours.

La guerre les avait presque forcé à vivre leur histoire au jour le jour. Une fois Voldemort mort, le procès de Lucius terminé et Harry sorti du coma, ni Lucius, ni Harry n'avaient envisagé la séparation inhérente à la reprise des études du jeune homme sous les meilleures augures. L'envie de vivre enfin une vrai vie de couple, enfin libérés de cette épée de Damoclès au dessus de leur tête, était forte.

Lucius avait accepté un poste à Poudlard malgré que l'enseignement ne le tente pas plus que cela tant par désir d'indépendance financière que pour rester auprès de son jeune compagnon. Et dans l'ensemble, malgré les performances catastrophiques voire dangereuses de ses élèves, malgré sa transformation malvenue en femme, Lucius ne regrettait pas son choix

À présent définitivement réhabilité en tant que héros de guerre, Lucius allait enfin pouvoir se tourner vers une carrière professionnelle plus à sa mesure. Travailler à nouveau pour le ministère, et de ce fait pour Cornelius Fudge, ne faisait assurément pas parti de ses projets, mais enseigner les potions n'était pas non plus un choix professionnel qui l'enchantait plus que cela. Mais rien ne pressait. Lucius s'était engagé jusqu'à la fin de l'année scolaire et resterait à Poudlard jusque là. D'ici là, le blond espérait bien avoir retrouver son véritable corps et un nouveau métier.

Deux coups secs contre la porte d'entrée lui firent lever les yeux de son livre. Se demandant qui pouvait bien venir le déranger, Lucius reposa son livre sur la table basse et alla ouvrir, haussant un sourcil interrogateur à la vue de son visiteur.

- Severus? Est-ce que tu vas bien? Tu as une mine épouvantable.

- Je m'en doute, marmonna l'autre homme d'un ton fatigué. Je viens en ami. Tu me laisses entrer?

Lucius envisagea une demi seconde de planter son ami sur le pas de sa porte. Les moqueries de Severus sur ses menstruations de la semaine dernière lui étaient tout de même restées en travers de la gorge. Les mésaventures de Lucius amusaient beaucoup le brun malgré les menaces de représailles. Cependant en avisant le teint plus pâle que d'habitude de l'autre homme ainsi que ses cernes grisâtres, Lucius pris pitié et se décala légèrement pour le laisser entrer.

Severus s'avança avec lassitude et se laissa mollement retomber dans un fauteuil. Lucius le suivit des yeux en fronçant les sourcils. Finalement il referma la porte et se dirigea vers la bouteille de Whisky peu feu. Il servit deux verres et retourna s'assoir auprès de son ami.

- Tiens, bois ça, dit-il en lui tendant un verre. Tu as l'air d'en avoir besoin.

Severus attrapa le verre avec reconnaissance et but le contenu d'une traite. De plus en plus étonné, Lucius le resservit avant de lui-même siroter son Whisky.

- Alors? Demanda-t-il. Vas-tu me dire ce qui t'amènes?

- J'avais besoin d'un endroit tranquille pour décompresser un peu.

- Et tes appartements de son pas assez calmes pour toi?

- Non. Plus depuis que cette bande de morveux a appris qu'ils peuvent avoir leurs règles, ils me harcèlent jusque chez moi pour que je trouve un antidote.

- À ce point? S'amusa Lucius.

- Ils ne me laissent pas une minute de tranquillité. Une des sœurs Patil a même essayé de forcer la porte de mon laboratoire pour vérifier que je travaillait bien à l'élaboration de cette fichue potion. Et cesses de rire, Lucius, ce n'est vraiment pas drôle.

- Si ça l'est, rétorqua la blond. Tu te fous de moi depuis des semaines pour ce qu'il m'est arrivé. Sans compter que tu as été infernal la semaine passée à propos de cette histoire de règles. Il plus que temps que tu subisses les mauvais cotés de cette transformation toi aussi.

- J'apprécie le soutien, marmonna le brun entre ses dents.

- Tu m'en vois ravi, répondit Lucius toujours aussi amusé. Dis toi qu'une fois l'antidote terminé, avec quelques centaines de retenues et de points en moins tu retrouveras ton statut de terreur des cachots et tes élèves te fuiront à nouveau comme la peste.

Seul un grognement irrité lui répondit. Mais en venant voir son ami, Severus s'était attendu à cela. Le brun ne s'était pas privé de se moquer de Lucius ces dernières semaines. Il aurait été stupide de ne pas s'attendre à ce que le blond lui rende la pareille à un moment ou un autre. Severus était déjà reconnaissant que l'autre homme n'ait pas encore tenté de lui faire ingurgiter la potion de Longdubat comme il l'avait menacé de le faire quelques jours plus tôt.

- En parlant d'antidote, reprit Lucius plus sérieusement, où en es-tu?

- Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi, râla le brun exaspéré.

- Je te rappelle, au cas où cela t'aurais échappé, que je suis personnellement concerné et que j'aimerai savoir combien de temps encore je vais rester dans cet état.

- Deux ou trois semaines au minimum.

- Ce que ça peut être long, soupira Lucius avant de finir son verre.

- Que veux-tu que j'y fasse. Longdubat s'est vraiment surpassé cette fois. Dans toute sa bêtise et sa maladresse, cette fois il a réussi à créer une potion extrêmement complexe et instable. Cet antidote est un vrai casse-tête.

Lucius se resservit un verre en acquiesçant. Il s'était douté depuis le début que la préparation d'un antidote serait long mais pas que cela prendrait plusieurs mois.

- Je ne te suis pas d'une grande aide, avoua Lucius.

- J'ai entendu dire que Mme Pomfresh t'avait donné du travail.

- Oui. Après avoir appris qu'ils étaient en état de procréer, plusieurs élèves ont demandé des potions contraceptives. J'ai du refaire les stocks de l'infirmerie.

- Au moins aucun de ses idiots n'a trouvé le moyen de tomber enceint entre-temps.

- Ces gamins sont déjà assez perturbés comme ça sans en plus avoir un enfant dans ces corps.

- Sinon, Potter à l'air de prendre cette histoire plutôt bien, commenta Severus l'air de rien après quelques secondes de silence.

- Il fait avec.

- Tout va bien entre vous.

Lucius fixa son ami d'un regard impénétrable. Ces considérations sur son couple étaient plus qu'inhabituelles. Severus et Harry ne se faisaient certes plus de guerre ouverte comme par le passé et s'entendaient relativement bien, mais jamais encore Severus ne s'était inquiété de leur bien être à tout deux.

- Il voudrait que je récupère mon corps, finit-il par répondre. Harry est d'un grand soutien mais je crois que cette situation le lasse lui aussi. À part ça, tout va bien.

Les deux hommes attrapèrent leur verre et trinquèrent en souriant.

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Harry se retint de lever une énième fois les yeux aux ciel. Dire qu'il était exaspéré était un euphémisme. Ron et Hermione étaient en train de mettre sa patience à rude épreuve et l'envie d'en attraper un pour taper sur l'autre augmentait au fil des minutes. Ce cours d'enchantements commençait à devenir horriblement long pour le pauvre jeune homme.

Assis entre Ron et Hermione, le brun tentait de suivre les explications du professeur Flitwick sur le très complexe sortilège reconstituere ille detrue qui permettait de réparer un objet même si celui-ci avait été réduit en miettes voire en cendres. Le fonctionnement de ce sortilège était bien assez difficile à assimiler sans en plus être entouré de deux éléments perturbateurs.

Depuis le début du cours, les deux jeunes ne s'étaient pas adressés la parole. Ils s'étaient contentés de s'assoir de part et d'autre d'Harry, se servant de leur ami comme d'un barrage entre eux. Et depuis le début du cours, Ron et Hermione ne cessaient de se lancer des regards par-dessus la tête du brun sans en avoir l'air, se détournant en rougissant lorsque leurs yeux avaient le malheur de se rencontrer.

Harry n'en pouvait plus. Il sentait bien que ses deux meilleurs amis avaient envie de se parler mais aucun de ses énergumènes n'osait faire le premier pas en direction de l'autre. Cette situation stagnait depuis tellement longtemps qu'Harry envisageait de revenir sur ses précédentes résolutions de laisser les deux jeunes régler seuls leurs problèmes de couple. À ce rythme le brun savait que sa patience allait atteindre ses limites et il ne s'interdisait pas d'ensorceler ses deux meilleurs amis avant de les attacher sur une chaise et les enfermer dans une pièce vide jusqu'à ce qu'ils aillent au bout de leurs problèmes. Ils lui en voudraient un peu au début mais c'était un risque à prendre.

- Très bien, intervint la voix aigue du professeur Flitwick. Je vous demanderai de travailler sur ce sortilège pour la prochaine fois. Vous n'aurez qu'à déchirer un morceaux de parchemin en petits morceaux et tenter de le réparer. Si vous y parvenez, brûlez partiellement et recommencer le sort. Bien entendu une destruction totale par le feu est la plus difficile à réparer donc ne vous inquiétez pas si vous n'y arrivez pas d'ici le prochain cours. Le cours est finit, vous pouvez y aller.

- Merci Merlin! Lança Harry en se levant précipitamment.

Une série de rire répondit à son cri retentissent, ainsi que le regard réprobateur du Pr Flitwick qui n'avait pas l'air d'apprécier son enthousiasme à évacuer les lieux. Harry se sentit légèrement rougir et lança un regard désolé à son professeur avant de ranger ses affaires dans son sac. Il n'avait pas voulu attirer l'attention comme ça mais était simplement soulagé de pouvoir enfin quitter l'atmosphère pesante dans laquelle il avait passé la dernière heure.

- Harry, appela Hermione. Tu viens à la bibliothèque? Je te rappelle que nous avons un devoir de huit pages à faire sur les scorpions géant de feu.

Harry fut tenté de répondre non, puis se rappela que ce devoir, tellement passionnant, donné par leur professeur de DCFM était pour le lendemain. Étant donné que ce très cher Severus Snape était toujours aussi dur en notation dans sa nouvelle matière, et que ces derniers temps il avait tendance à passer ses nerfs mis à rude épreuve sur ses élèves, Harry jugea préférable de suivre la voix de la raison. De plus, le regard suppliant de Ron le priant de ne pas le laisser seul avec Hermione finit de le convaincre.

- D'accord, répondit-il avant de se retourner vers Draco et Pansy. Vous voulez venir?

Draco se permit de sourire face à la lueur d'espoir qu'il voyait dans les yeux du brun. Pas besoin d'être voyant pour comprendre qu'Harry cherchait à ne pas se retrouver seul avec les deux têtes de mules qui lui servaient de meilleurs amis.

- Désolé, mais Pansy et moi on va rester là pour travailler sur le sort reconstituere ille detrue.

- Tant pis. À plus tard alors.

Les trois Griffondors sortirent à la suite des autres élèves et du professeur Flitwick, laissant Draco et Pansy réviser seuls. Le trajet jusqu'à la bibliothèque fut silencieux. Les trois jeunes s'installèrent à une table un peu à l'écart et commencèrent à sortir leurs affaires de cours.

- C'est quoi déjà le sujet? Demanda Harry.

- Les Scorpions géant de feu.

- Ah oui, c'est vrai.

Avec l'enthousiasme d'un condamné à mort se présentant à la potence, Harry se décida à sortir ses affaires. Quelques secondes plus tard, une série de marmonnements énervé sortie de sa bouche.

- Harry, s'énerva un peu Hermione. Je sais que ce devoir ne t'enchante pas mais tu vas bien être obligé de le faire.

- Je sais, c'est pas ça. J'ai oublié mon livre d'enchantement en classe. Je vais aller le chercher. À tout de suite.

Sur ces mots, Harry quitta la bibliothèque, ignorant délibérément les regards presque paniqué de Ron et Hermione. Dix petites minutes seuls tout les deux n'allait pas leur faire de mal. Le hasard faisait finalement bien les choses.

Prenant plus de temps que nécessaire, Harry se dirigea tranquillement vers la classe d'enchantement, se demandant si pendant son absence Ron et Hermione allaient enfin se parler. Perdu dans ses pensées, le jeune homme arriva devant la salle de classe et entra sans plus de cérémonie avant de se figer les yeux exagérément écarquillés de surprise et de ressortir aussitôt rouge comme une tomate.

- Oh Merlin… Souffla-t-il plus embarrassé que jamais.

Encore sous le choc, il ouvrit à nouveau la porte pour découvrir Draco et Pansy, tout aussi rouge que lui, en train de se rhabiller précipitamment. Non, il n'avait pas halluciné.

- Je suis vraiment désolé, lança le brun en essayant de regarder ailleurs.

- Tu peux l'être, abrutit, réplica Draco avec hargne. Qu'est-ce que tu fous là d'abord?

- Je… Je viens juste récupérer mon livre, répondit-il en brandissant le dit manuel dans sa main.

Harry, moitié mort de rire, moitié mort de gène, se mordit les lèvres pour combattre son hilarité grandissante alors que son regard se reportait à nouveau sur les deux jeunes qui le fusillaient du regard. Sur le coup il avait totalement oublié que les deux Serpentards étaient toujours là à « réviser » et avait été plus que surpris de découvrir les deux jeunes à demi nus sur le bureau professoral. À présent plus jamais il n'allait pouvoir suivre un cours de Flitwick sans penser à cet incident.

Remarquant le sourire de plus en plus flagrant du brun, le visage de Draco se durcit. D'un pas rageur, il s'approcha d'Harry, pestant intérieurement en remarquant une nouvelle fois que sa condition féminine lui avait fait perdre quelques centimètre par rapport à l'autre homme, le forçant à lever les yeux vers le brun pour lui parler.

- Je te préviens Potter, siffla-t-il entre ses dents. Tu vas immédiatement oublier ce que tu viens de voir. Si jamais quelqu'un l'apprend, je te…

- Tu sais, l'interrompit Harry de plus en plus amusé, après ton air malade la dernière fois à l'infirmerie, je crois que pas mal de monde s'en doute déjà.

- Potter, cracha le blond qui ne partageait pas l'humour de la situation. Tu vas ne parler de ça à personne. Et surtout pas à mon père sinon…

Cette fois Draco s'interrompit tout seul en avisant l'air gêné du brun. Harry avait légèrement pâli et détournait les yeux d'un air coupable. Un doute s'insinua alors en lui.

- Potter… Siffla-t-il une légère boule d'angoisse de formant au creux de son ventre. Qu'est-ce que tu as encore fait?

- Et bien… Draco, je n'est vraiment pas fait exprès… C'est sortit tout seul et…

- Et? Demanda Draco blanc comme un linge.

- Disons qu'il est possible que j'ai… hum… laissé échapper que… enfin que toi et Pansy vous… vous ayez eut quelques… heu… problèmes…

- Des problèmes? Répéta Draco comme s'il refusait de croire ce qu'il venait d'entendre.

- C'est ça…

Un silence pesant s'abattit sur eux alors qu'Harry se disait qu'il serait peut être temps de s'enfuir en courant s'il ne voulait pas voir sa dernière heure sonner.

- Tu veux dire, intervint Pansy d'une voix blanche, que Lucius Malfoy sait que…?

- Oui…

- Tout?

- … Oui…

- …

- …

- Ne faites pas cette tête, lança Harry pour tenter de détendre l'atmosphère. Ce n'est quand même pas si grave.

Les regards presque haineux qu'il reçut en retour lui confirmèrent que si.

- Pa si grave? Demanda Draco avec une rage à peine contenue. Pas si grave! Mon père connait des détails embarrassants de ma vie sexuelle, mais ce n'est pas si grave!

- Tu dramatises un peu Draco, essaya d'apaisé Harry tout en se rapprochant l'air de rien de la porte. Je ne lui ai pas donné de détails sur votre vie sexuelle. Je lui ai juste dit qu'après votre transformation à tout les deux, Pansy avait voulu te baiser mais que t'étais pas d'accord, et que finalement vous aviez arrangé les choses.

- …

- …

Harry déglutit avec difficultés, son dos se plaquant contre le montant de bois. Les deux petits mètres de distance de sécurité qu'il venait de gagner par rapport aux deux autre ne le rassuraient pas vraiment. De sa main libre, il chercha à tâtons la poignée, près à se précipiter dehors en quatrième vitesse.

- Bon, je ne l'ai pas dit avec ces mots là non plus…

- …

- …

La poignée s'abaissa sous sa main et le montant de bois s'ouvrit à la volée. Avisant l'expression furibonde des deux autres, Harry fit la seule chose que lui dictait son instinct. Fuir. Fuir pour sa survie. Prenant courageusement ses jambes à son cou, Harry se précipita dehors poursuivit par les cris colériques des deux Serpentards enragés.

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Le silence. Tel était le maître mot de Mme Pince, la bibliothécaire de Poudlard. Le silence propice à l'étude et l'apprentissage. Le silence, synonyme de calme et de sérénité. Et en ce jour bien précis, le silence régnait en maître à la bibliothèque. De manière générale, c'était parce que peu étaient ceux qui avaient eut la volonté d'aller y étudier un vendredi après midi après les cours. Et plus particulièrement parce que deux personnes refusaient obstinément de s'adresser la parole.

Ronald Weasley et Hermione Granger, car ne s'agissait forcément que d'eux, n'avaient pas bougé d'un poil depuis le départ précipité d'Harry. Le brun les avait lâchement abandonné à la présence de l'autre, les privant au passage de leur alibi. Il fallait bien avouer que le jeune homme était l'excuse parfaite pour que Ron et Hermione soient en présence l'un de l'autre sans être forcés de se parler.

Hors, Harry étant à présent on ne sait où, Ron et Hermione n'avaient d'autre choix que de rester à leur place à attendre. Aucun d'eux ne semblait vouloir être là mais d'un autre coté, ils ne pouvaient non plus partir sans que le malaise soit trop flagrant. Et puis quelle excuse donner pour quitter les lieux alors même qu'ils étaient sensés faire leurs devoirs.

- Harry ne devrait plus tarder, amorça Hermione pour couper court à ce silence qu'elle affectionnait tant pour l'étude mais qui était cette fois bien trop pesant.

- Oui…

- On… heu, on devrait peut être commencer notre devoir…

La gorge nouée, Ron acquiesça en silence et sortit presque à contre cœur ses affaires. Intérieurement il était pétrifié. Il n'avait pas prévu de se retrouver seul à seul avec Hermione et fustigeait mentalement Harry d'être responsable de cette situation. Pour un peu il l'accuserait bien d'avoir fait exprès d'oublier son livre. Si tant est qu'il l'ai réellement oublié et non mentit pour justement les forcer dans ce tête à tête. D'un autre coté, il était heureux de cette opportunité et tentait de se donner du courage pour parler à Hermione. Levant les yeux vers la jeune femme, il la vit penchée sur son manuel de DCFM, concentrée sur sa lecture comme à l'accoutumée. Rien à faire, il n'y arrivait pas. Aucun mot ne parvenait à sortir de sa bouche. Quand bien même il aurait pu, il lui semblait que son esprit s'était complètement vidé, ne lui permettant pas de trouver quelque chose d'approprié à dire.

Pour sa part, Hermione n'en menait pas plus large. Le regard fixé sur le livre devant elle, la jeune femme se demandait quoi faire pour sortir de cette impasse. Elle savait qu'il lui fallait dire quelque chose, engager le dialogue avec Ron. C'était après tout elle qui avait créer les problèmes dans leur couple, c'était à elle de trouver la solution. Mais c'était plus facile à dire qu'à faire. En attendant, elle espérait juste que Ron ne remarquerait pas que le manuel qu'elle faisait semblant de lire depuis de longues minutes était à l'envers.

Les minutes s'égrainaient avec une lenteur torturante. Harry n'était toujours pas réapparu. Seul le grattement de la plume d'Hermione troublait le silence religieux qui entourait les deux jeunes. La jeune femme s'arrêta dans son écriture pour relire les lignes manuscrites. Rien de ce qu'elle venait d'écrire n'avait de sens. Il lui était tout simplement impossible de se concentrer. Ron était tout près d'elle et elle ne trouvait pas le courage de lui parler. Ça en devenait presque ridicule.

La plume retomba sur la table dans un bruit léger. Prenant une inspiration pour se donner du courage, Hermione sortit sa baguette magique sous le regard interrogateur du roux.

- Insonorum.

Une bulle de silence invisible se forma autour de leur table. Personne n'était en vue dans le périmètre proche des deux jeunes mais Hermione préférait être sure que personne ne puisse les entendre par mégarde.

- Qu'est-ce que tu fais? Demanda Ron plus que perplexe.

- Ron, ça ne peut plus durer, répondit Hermione la gorge nouée.

- De quoi tu parles?

- Ron… Tu le sais très bien. Toi. Moi. Nous deux… Il faut qu'on en parle sinon on ne s'en sortira jamais.

Ron baissa la tête, rougissant légèrement. Alors ça y était. La conversation qu'il attendait et redoutait tant allait enfin avoir lieux.

- Je sais que je me suis montrée en dessous de tout avec toi, commença Hermione. Je comprend que tu soit en colère contre moi. Je t'ai déçu. Je n'ai pas de mots pour te dire à quel point je m'en veux. Mon comportement envers toi… mon égoïsme… Je ne sais pas quoi faire pour me faire pardonner…

- Hermione, je…

- Non, l'interrompit la jeune femme. Laisses-moi finir. Je suis désolée, terriblement désolée de t'avoir forcée à faire l'amour alors que tu ne le voulais pas. Je suis désolée de ne pas avoir vu que tu n'y avais pris aucun plaisir. Et je suis désolée de t'avoir blessé. Ron, je…

La phrase d'Hermione s'interrompit dans un sanglot alors que la jeune femme fondait en larmes incapable d'aller plus loin. Pris de court, Ron se précipita de l'autre coté de la table et serra maladroitement la brune contre lui. Aussitôt les bras d'Hermione se refermèrent autour de lui, l'emprisonnant dans une étreinte désespérée.

Lentement, Ron commença à passer ses mains dans le dos d'Hermione pour l'apaiser. Il ne s'était pas attendu à cela. Harry avait raison depuis le début. Hermione souffrait tout autant que lui de leur séparation. Il se rendait compte à présent à quel point son entêtement et leur peur de se parler les avaient affecté.

- Shhh. Ne pleures plus, Hermione.

- Je suis tellement désolée.

- Je sais. Je sais. Je te pardonne.

Hermione releva son visage inondé de larmes vers Ron.

- Mais… Je t'ai fait tant de mal…

- C'est vrai, admit Ron. Tu m'as blessé. Mais c'est plus ton attitude qui m'a fait mal plutôt que ce rapport sexuel raté. Je peux comprendre qu'une première fois puisse ne pas se passer très bien mais que tu ne te sois pas préoccupé de ce que je pouvais ressentir, c'est ça qui a fait le plus mal.

- Je suis désolée… Répéta Hermione dans un sanglot.

- Et je t'ai dit que je te pardonnais, souffla Ron en passant une main sur le visage de la jeune femme pour y essuyer les larmes qui coulaient librement. Tu t'es rendu compte de tes erreurs et c'est pour ça que je te pardonne.

- Ron, je ne sais pas quoi dire…

- Ne dis rien. La vérité c'est que malgré tout ce qui a pu se passer, je t'aime toujours autant.

- Moi aussi je t'aime, Ron.

Un sourire timide se forma sur leurs lèvres et lentement leur bouche se rapprochèrent l'une de l'autre. Ce premier contact depuis des semaines les électrisa. Doucement leurs lèvres réapprirent à se mouvoir contre l'autre. Les deux jeunes s'embrassaient avec douceur et timidité, ne voulant pas brusquer les choses après une si longue attente. Tout aussi doucement qu'elles s'étaient retrouvées, leurs lèvres se séparèrent à nouveau laissant les deux jeunes à bout de souffle, le rouge aux joues.

- Ça m'a manqué, souffla Hermione réalisant à peine ce qu'il se passait.

- Moi aussi, répondit Ron un léger sourire plaqué sur les lèvres.

Ce sourire se figea un instant avant de retomber, le visage du roux s'assombrissant un peu. Le changement ne passa pas inaperçu d'Hermione qui s'en inquiéta.

- Ron? Qu'est-ce qui ne va pas?

- Rien.

- Non ce n'est pas rien. Quelque chose te tracasse, je le vois bien.

- Non, c'est juste que… cette histoire… ça m'a fait me rendre compte que notre couple pouvait éclater en un instant.

Hermione baissa à nouveau les yeux d'un air coupable. Ron lui releva doucement la tête, la regardant avec tristesse.

- La vérité Hermione, c'est que pendant longtemps j'ai idéalisé notre relation. Je ne pensais pas qu'une fille aussi brillante que toi pourrait voire de quelqu'un comme moi.

- Ne dit pas ça Ron, s'opposa aussitôt la jeune femme. Tu es quelqu'un de bien et de courageux.

- Peut être mais… même après que l'on se soit mis ensemble, j'ai toujours eut peur de te perdre. Si tu rencontrait quelqu'un de plus intelligent que moi, si jamais tu en avais assez de moi et ma bêtise…

- Tu es loin d'être idiot Ron, souffla Hermione réalisant un peu plus la fragilité de son petit ami. Je ne pourrai jamais me passer de toi. Quand à cette idée farfelue de rencontrer un autre homme, ça n'arrivera jamais. Tu es le seul que j'ai jamais aimé. Comment pourrais-je ressentir pour quelqu'un d'autre des sentiments aussi forts que ceux j'ai pour toi? Ça serait plutôt à moi d'avoir peur de ne pas savoir comment de garder. Je sais que tu dois me trouver terriblement ennuyeuse avec tous mes principes et mes grandes leçons. Je suis désolée si tout ça t'a fait pensé que je rabaissais ton intelligence. Ma plus grande peur c'est qu'un jour tu tombe sur une fille plus belle et moins barbante qui pourrait te rendre plus heureux.

- Tu n'es pas barbante, rétorqua Ron. Bon, c'est vrai que parfois tes explications me dépassent complètement, concéda-t-il face au regard qu'il reçut de la jeune femme, mais c'est aussi ce qui fait ton charme. Je suis tombé amoureux d'Hermione, la jeune fille brillante et avide de connaissances qui formait avec Harry et moi le trio de Griffondor. Jamais je ne voudrais que tu changes cette partie de toi. Pour rien au monde.

Un long silence s'installa suite à ces déclarations. Chacun réalisant que le cœur de leurs problèmes étaient plus profond que ce qu'ils avaient pansé au départ.

- Avant que tout ça n'arrive, dit Hermione d'une voix un peu triste, je n'avais pas conscience que l'équilibre de notre couple était si précaire.

- Oui, acquiesça Ron. Je ne m'attendait pas non plus à ce que nous puissions voler en éclats si facilement.

- On va repartir sur de nouvelles bases. Tu m'as fait le cadeau d'une nouvelle chance, et je ne la gâcherai pas. Tu peux en être certain.

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Complètement à bout de souffle, Harry déboula au détour d'un couloir plus échevelé que jamais. Les poumons en feu d'avoir trop couru, il s'adossa au mur le plus proche pour reprendre un semblant de respiration normale. Rapidement, il jeta un coup d'œil dans le couloir qu'il venait de quitter, histoire de s'assurer que les deux Serpentards en furie ne l'avaient pas suivit. La chose restait peu probable étant donné l'état suspicieux de la tenue des deux jeunes mais sait-on jamais.

Rassuré de voir le couloir désert, Harry se permit enfin de se laisser glisser par terre, dos au mur, pour récupérer. Un sourire hilare se plaqua alors sur ses lèvres en se remémorant ses deux amis. Il revit Draco à demi-nu, allongé lascivement sur le bureau de Flitwick et, entre ses jambes, Pansy en train de dégrafer sa boucle de ceinture. Il revit aussi leur tête à son arrivée, les surprenant dans cette position plus qu'équivoque. L'image lui arracha un gloussement incontrôlable. Encore heureux que personne n'était là pour le voir. Harry Potter gloussant comme une adolescente écervelée tout seul au milieu d'un couloir. Sa virilité et sa réputation en prendraient un coup.

Quelle idée avaient-ils eut de vouloir faire ça dans une classe de cours? Pas un seul sortilège de silence ou pour bloquer la porte. Pansy et Draco étaient-ils donc devenus exhibitionnistes? À en juger par leur gène, ce n'était certainement pas le cas. Surement que leur excitation leur avait fait oublier toute notion de prudence, les mettant dans cette situation.

Néanmoins, Harry reconnaissait que les deux jeunes se faisaient plutôt bien à leur transformation. Draco, qui avait semblé si scandalisé par son nouveau corps et peu désireux d'avoir des rapports sexuels, lui avait paru bien abandonné entre les bras de Pansy. S'ils en venaient à faire spontanément l'amour dans une classe vide, Pansy et Draco devaient ne pas en être à leur coup d'essai. Tout le contraire de lui et Lucius.

Harry était surpris de voir que finalement le fils s'accordait plus à ce changement que le père.

Reprenant un semblant de contenance, Harry se releva du sol et reprit tranquillement sa route vers la bibliothèque. Peu à peu le cas Pansy/Draco en pleine partie de jambes en l'air s'effaça de son esprit revenant sur ses deux meilleurs amis. Le jeune homme les avait abandonné à leur sort quelques temps plus tôt en espérant que les choses avancent un peu entre eux. Au mieux, Ron et Hermione s'étaient enfin adressé la parole. Au pire, Harry trouverait place vide à la bibliothèque, les deux têtes de mules s'étant fuit comme la peste.

Arrivé à la porte de la bibliothèque, le jeune homme se figea de surprise face au spectacle qu'il découvrit. Ce n'était pas un pas en avant que ses deux meilleurs amis semblaient avoir fait mais un véritable bond. Ron et Hermione, assis coté à cote, se tenaient tendrement les mains, parlant tout bas. Enfin ils s'étaient décidés à aller au fond des choses.

Heureux pour les deux jeunes, Harry décida de ne pas les interrompre. Prenant garde à ne pas être remarqué, il se recula doucement, décidant qu'il récupèrerait ses affaires plus tard. Harry fit quelques pas en arrière avant de sursauter brusquement en sentant quelqu'un lui tapoter doucement le dos. D'un bond, il se retourna pour se retrouver face à une personne des plus inattendue.

- Giny?

- Salut Harry, répondit la jeune femme.

- Tu m'a surpris, lança-t-il pour couper court au silence embarrassé qui s'installait entre eux.

- Désolée. Je t'ai vu agir étrangement devant la porte et je suis venue voir ce que tu avais.

- Oh. Et bien, comme tu le vois, lança-t-il en désignant l'intérieur de la bibliothèque.

- Oui, sourit la rouquine. C'est bien qu'ils se soient enfin remis ensemble. Ça me faisait mal de les voir se déchirer comme ça.

Harry regarda longuement la jeune femme, ne sachant pas vraiment comment se comporter avec elle. Depuis qu'elle avait appris sa relation avec Lucius et qu'il avait fermement repoussé ses avances, elle ne lui adressait plus la parole. C'était la première fois depuis des mois que Giny venait lui parler. Harry ne savait pas à quoi s'attendre. Mais en l'observant de plus près, il se dit que la jeune femme semblait beaucoup plus calme et engageante. Peut être avait-elle enfin accepté que tout était terminé entre eux et voulait restaurer leur amitié.

- Tu as raison, répondit-il en souriant. Il était temps qu'ils se réconcilient.

- On devrait s'éloigner un peu avant qu'ils nous voient, proposa Giny. Ce serait dommage de les interrompre maintenant. Tu ne crois pas?

- Tu as raison. C'est-ce que je faisait avant que tu n'arrives.

Les deux jeunes s'éloignèrent doucement. Harry ne savait pas trop quoi dire à son ancienne petite amie. Leurs derniers échanges des mois plus tôt s'étaient résumés à de virulentes disputes entres eux. Giny n'avait pas supporté d'être rejetée au profit de quelqu'un d'autre. Un homme qui plus est. Et par-dessus tout, Lucius Malfoy. Bien que soulagé de voir que la colère de Giny soit retombée, Harry ne savait plus quoi lui dire. Comme si un faussé trop profond s'était creusé entre eux.

- Harry?

- Oui?

- Ça ne te déranges pas que je marche un moment avec toi? Je voudrai te parler.

- Heu… Non, non. Bien sûr qu'on peut marcher ensemble. Et parler.

Mais de quoi? C'était la question que se posait Harry.

Les deux jeunes quittèrent les murs de l'école pour se retrouver dans l'un des jardins du parc. L'endroit était peu fréquenté. Quelques élèves trainaient ici et là, et personne ne faisait attention à eux.

- De quoi voulais-tu parler? Demanda Harry, jugeant l'endroit assez calme pour discuter.

- De nous.

Harry se figea instantanément à ces mots. Le « nous » le concernant lui et Giny n'existait plus depuis longtemps. Loin de lui l'envie de remettre le débat sur le tapis.

- Nous? Répéta-t-il avec une certaine inquiétude.

- Oui. Quand j'ai appris que tu… enfin que toi et Malfoy… J'ai très mal réagit. Comprends moi, j'étais en colère. Lorsque l'on s'est quitté, je t'ai juré de t'attendre jusqu'à ce que la guerre soit terminée. Et lorsque ce moment arrive enfin, tu… J'étais bouleversée…

Harry se détendit un peu malgré la culpabilité qu'il sentait croitre au creux de son ventre. Oui, Giny lui avait promis de l'attendre. Et Harry ne pouvait nier qu'au fond de lui, il avait été heureux de cette promesse à ce moment là. Puis il avait rencontré Lucius. Sa présence, son humour, son esprit. Tout l'avait séduit chez cet homme. Même son coté aristocratique coincé qu'il trouvait avant si déplaisant avait son charme. Il avait été si facile de tomber amoureux du blond. La force de cet amour lui avait ouvert les yeux et fait réalisé que Giny ne représentait finalement qu'une amourette adolescente. Il aimait beaucoup la jeune femme mais ses sentiments était devenus totalement platonique à son égard suite à leur séparation. Harry s'en voulait d'avoir laissé Giny faire cette promesse. Il s'en voulait de ne rien lui avoir dit plus tôt, la laissant dans l'espoir de le retrouver un jour.

- Je suis désolée Giny, s'excusa-t-il. J'aurai du t'avouer plus tôt ce qu'il se passait avec Lucius. Tu n'aurais jamais du l'apprendre comme ça. J'aurai du… Je ne sais même pas ce que j'aurai du faire… Tout ce que je peux te dire maintenant, c'est que je suis désolé de t'avoir blessée.

- C'est bon, répondit la jeune femme avec une pointe de tristesse. C'est arrivé à un moment très trouble. Entre la frénésie qui à suivie la victoire et ton coma. Je ne crois pas que ça aurait pu se passer autrement.

- Je vois. En tout cas, je suis heureux de voir que les choses s'arrangent. Je ne voudrait pas qu'on reste en mauvais terme.

- Moi non plus.

- Je suis content que tu ne sois plus en colère à propos de tout ça.

- Il m'a fallu du temps pour accepter ce que tu… enfin tu comprends…

- Oui je comprend très bien.

- Je ne peux pas t'en vouloir d'avoir eu une relation avec quelqu'un d'autre alors que nous étions séparés.

Harry se permit un léger sourire. Enfin Giny acceptait la relation. Bon, il n'irai pas jusqu'à dire qu'elle en était enchantée. Il suffisait de noter que la jeune femme n'arrivait pas à dire par des mots que lui et Lucius étaient en couple. Mais c'était déjà un bon départ.

Le jeune homme sortit brusquement de ses pensées en se sentant poussé contre un mur. Il relava vivement la tête, ne comprenant pas ce qu'il se passait. Avant d'avoir pu dire ou faire quoi que ce soit, des lèvres se posèrent sur les siennes. Sous le choc, Harry ne put pas bouger pendant quelques secondes. Les mains de Giny, toujours plaquées sur son torse, se mirent à glisser doucement sur ses flancs le ramenant à la réalité. Reprenant le contrôle de son cerveau et de son corps, Harry attrapa la rouquine par les poignés et la repoussa fermement.

- Giny, stop! Qu'est-ce qu'il te prends?

- Harry, souffla-t-elle en essayant de se rapprocher à nouveau de lui.

- Non! Je t'ai dit d'arrêter ça!

Harry s'écarta vivement de la jeune femme, choqué par ce baisé. Complètement dépassé par les évènements, il se dégagea du mur contre lequel il avait été poussé et s'essuyant les lèvres du revers de la main. Giny le regardait avec colère, visiblement furieuse d'avoir été repoussée.

- Tu ne peux pas nier ce qu'il se passe Harry.

- Mais de quoi tu parles à la fin?

- De nous! Cette amourette avec Malfoy ne peut plus durer. Nous sommes faits l'un pour l'autre.

- Q-quoi?

Harry n'en revenait pas. Giny n'avait pas du tout changé. Il ne pouvait ignorer la façon dont elle crachait le nom de son amant comme s'il s'agissait d'une chose particulièrement infecte. Son discours n'avait pas changé d'un iota depuis ces derniers mois.

- Tu disais que tu avais compris, lui rappela-t-il.

- Oui, j'ai compris. Je croyais qu'avec le temps tu verrais que ce… cette… relation avec Malfoy était vouer à l'échec. Mais je ne peux que constater que ce mangemort s'accroche désespérément à toi. Alors j'ai compris que si je voulais que tu ouvres enfin les yeux il allait falloir que je vienne te voir en personne.

- Un… mangemort? Cracha Harry avec colère. Lucius s'est battu avec l'Ordre du Phoenix. Il était espion. Le Pr Dumbledore a tout sa confiance en lui. Comment peux-tu le traiter de mangemort?

- Là n'est pas la question, éluda Giny. Je suis la femme de ta vie. Je l'ai toujours su. Cette chose que tu crois être de l'amour pour Malfoy n'est qu'un incident de parcours. Pourquoi ne veux-tu rien voir?

Une vague de colère sourde s'insinua en lui. Harry contrôla avec peine l'envie impérieuse de coller une paire de baffes à la jeune femme. Il fallait qu'il parte, vite, ou sinon il allait commettre un acte qu'il allait regretter plus tard.

- Ecoutes-moi bien Giny! Lança-t-il avec hargne, ignorant totalement l'attroupement de curieux qui se formait autour d'eux. J'aime Lucius! Je vais passer ma vie avec lui! Toi et moi c'est terminé! C'est fini! Depuis plus d'un an! Alors je ne saurai que te conseiller de passer à autre chose parce que si tu viens encore me trouver pour me sortir ces âneries comme quoi nous sommes destinés à être ensemble ou bien insulter l'homme que j'aime, je ne répondrai plus de moi!

Sur ces mots, Harry tourna les talons, laissant derrière lui Giny complètement choquée. Sur son passage, les quelques élèves qui s'étaient rapprochés par curiosité s'écartèrent vivement en avisant son visage déformé par la colère. Hors de lui, le sang battant furieusement à ses tempes, Harry tentait de reprendre son calme. Les propos tenus par son ex-petite-amie tournaient en boucle dans sa tête attisant sa colère. Il pouvait comprendre que Giny lui en veuille de lui avoir laissé espérer un avenir commun pendant la guerre. Mais qu'elle dénigre gratuitement Lucius et leur relation n'était pas acceptable. Harry comprenait la chance qu'il avait d'avoir rencontré Lucius et refusait que leur amour soit réduit à un simple accident de parcours par qui que ce soit. La colère de Giny ne lui autorisait pas tout.

Sans s'en rendre compte, ses pas le conduire devant la porte des appartements qu'il partageait avec son compagnon. Il entra en trombe dans la pièce et fit claquer rageusement la porte derrière lui.

Lucius et Severus, en pleine conversation, sursautèrent face à cette arrivée fracassante. Il regardèrent avec étonnement le jeune homme bouillonnant de colère qui se tenait raide comme un piquet à deux pas de la porte d'entrée.

- Harry? Tenta Lucius.

Le jeune homme ne répondit pas. Il serrait et desserrait les poings, le visage tourné vers le sol. Inquiet Lucius se releva de son fauteuil et se dirigea vers son compagnon. Il posa avec douceur une main sur l'épaule d'Harry et poussa un cri en se sentant soudain emprisonner dans une étreinte puissante.

- Harry! S'exclama-t-il. Mais qu'est-ce qu'il t'arrive?

Lucius sentit plus qu'il n'entendit son compagnon marmonner quelque chose d'incompréhensible dans son cou.

- Qu'est-ce que tu dis?

- Je t'aime, répéta Harry un peu plus fort. Je t'aime plus que tout.

Lucius resta un instant interdit devant la déclaration, se demandant ce qu'il pouvait bien se passer dans la tête du jeune homme pour le faire agir de la sorte. Sentant Harry trembler contre lui, il se reprit et passa à son tour ses bras autour du brun pour le réconforter.

De son coté Severus n'avait pas bougé d'un iota depuis l'arrivée stupéfiante d'Harry. Les yeux écarquillés, la bouche entrouverte et son verre de Whisky pur feu à trois centimètres des lèvres, il avait l'air passablement idiot. Mais pour le moment il ne s'en préoccupait pas plus que cela, plus occupé à dévisager le nouvel arrivant comme s'il venait de lui pousser une deuxième tête.

Petit à petit, Harry finit par se calmer et se détacha de son amant avec un sourire d'excuse. En avisant Severus assis un peu plus loin, une légère rougeur gagna son visage en réalisant qu'il venait de se donner en spectacle devant son professeur de DCFM. Avant d'avoir pu dire quoi que ce soit, Lucius l'entraina vers le canapé sur lequel il l'assit avant de s'installer à ses cotés.

- Tu veux bien nous laisser, Severus? Demanda Lucius.

- Oui, répondit le brun en reprenant enfin contenance. J'y vais.

Severus se leva prestement, peu désireux de rester plus que nécessaire en présence d'un Harry Potter en crise. Il reposa son verre et sortit des appartements de son ami sans demander son reste. Quoi qu'il se passe dans la tête de Potter, il le saurait bien assez tôt. Pour l'heure il avait bien trop bu pour que l'information n'affecte pas sa santé mentale.

Une fois l'homme parti, Lucius se tourna vers son amant. Harry avait les joues un peu rouge de gène et de colère, sa respiration était encore un peu saccadées mais il semblait aller bien mieux qu'à son arrivée. En tout cas maintenant il avait l'air plus en mesure de parler.

- Tu m'expliques ce qu'il vient de se passer? Non pas que je n'aime pas t'entendre me déclarer ton amour, ajouta-t-il pour détendre l'atmosphère, mais c'est bien la première fois où tu le fais dans un tel état de rage.

- Je… j'ai croisé Giny… J'ai cru qu'elle s'était calmée. On a discuté et je croyais vraiment que… Quel idiot.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé?

- Elle m'a embrassé.

Lucius sentit tout son corps se tendre de rage. La jalousie revenait au galop à la pensée des lèvres de cette petite mijaurée sur celles de son amant. S'il par malheur (ou par chance, question de point de vue) il avait eu la jeune femme sous les yeux à l'instant même, il lui aurait très certainement collé une bonne paire de baffes pour la remettre à sa place.

- Je l'ai repoussé, ajouta Harry en avisant l'expression meurtrière qu'avait pris Lucius.

- J'espère bien, marmonna le blond entre ses dents. C'est ce qui t'a mit dans cet état?

Harry soupira et entreprit de raconter la confrontation publique qu'il avait eut avec Giny. La manière dont elle avait insulté Lucius et rabaissé leur relation. Le rouge aux joues, Harry avoua aussi la déclaration d'amour publique et passionnée qu'il avait fait. Ce point de l'histoire était assez embarrassant. À l'heure actuelle tout l'école devait apprendre ce qu'il s'était passé et le fait qu'il ait hurlé que Lucius était l'homme sa vie allait très certainement faire son effet. Inutile de le cacher à Lucius qui, de toute manière, l'apprendrait tôt ou tard.

- Donc, si j'ai bien compris, reprit Lucius en combattant vainement le sourire qui lui montait au visage. Tu as à publiquement rejeté la jeune Weasley et déclaré vouloir passer le reste de ta vie avec moi.

- Hum… oui, répondit Harry un peu embarrassé, c'est à peu près ça.

La seconde d'après, Lucius écrasa ses lèvres sur celles d'Harry, l'entrainant dans un baisé fiévreux et passionné. D'abord stupéfait, Harry se reprit et répondit au baisé en passant ses bras autour de son amant.

- Si tu dois réagir comme ça, souffla Harry en se séparant légèrement du blond, j'irai crier tous les jours à quel point je t'aime dans la grande salle.

- Tu n'as pas besoin de faire ça, rétorqua doucement Lucius en se hissant sur les genoux de son amant. Commences par le dire ici et maintenant.

- Je t'aime.

- Je t'aime aussi.

Lucius commença à défaire doucement les boutons de sa chemise sous le regard surpris et gourmand de son amant. Les yeux d'Harry suivaient le mouvement de ses doigts avec attention, s'attardant sur la peau découverte. Lorsque la chemise fut entièrement entrouverte, ses yeux étaient dilatés de désir et il avait le souffle court.

- Lucius, souffla-t-il, tu es sûr?

Le blond lui prit les mains et les posa sur sa taille à même la peau. Harry sourit et se redressa légèrement jusqu'à ce que ses lèvres entrent en contact avec la base du cou de Lucius qu'il suçota avec application. Ses mains remontèrent doucement dans le dos de Lucius, collant un peu plus leurs deux corps l'un contre l'autre. D'un mouvement assuré, Harry renversa son amant sur le coté. Lucius se retrouve allongé sur le dos, Harry au dessus de lui le regardant avec amour et désir.

Le corps parcouru de frissons de plaisir, Lucius se laissa doucement aller en arrière. Au dessus de lui, Harry s'amusait à le taquiner de ses mains et de ses lèvres. Il ne savait pas ce qu'il lui avait pris. Il ne saurait dire si c'était entendre Harry avouer si ouvertement la force de ses sentiments, réaliser qu'il était la personne la plus importante pour le jeune homme ou bien les effets de l'alcool qui l'avait quelque peu désinhibé. Un peu des trois probablement. Toujours était-il que malgré ses appréhensions physiques, à l'instant présent, il ne voulait qu'une chose.

- Fais moi l'amour, souffla le blond en s'abandonnant.

À suivre…

Alors, le verdict? Cette partie vous a plu, pas plu?

En tout cas j'attend vos commentaires avec impatience ^^

La suite (et fin) est en cours de réfléchissement vu que je sais comment ça va finir mais ce simple fait ne suffit pas à un chapitre complet… ça va bouillonner dans ma cervelle dans les jours à venir ^^

A bientôt!