Bon, si vous avez lu mon profile, vous savez que j'aime beausoup les Severitus. Alors je me suis lancée. J'espère ne pas tmber dans le banal, c'est dur de faire un Severitus original... Donc bonne lecture, et n'hésitez pas à critiquer, je me ferais une JOIE de répondre.

Titre : Dans les bras de Morphée

Résumé : Après avoir vu que son père était bel et bien la brute arrogante que Snape lui a toujours décrit, Harry développe une haine incommensurable envers James Potter. Ne voulant plus entendre parler de ce dernier, il décide donc de rassembler le plus d'informations possibles sur sa mère, trop souvent reléguée au second plan. Et il s'avère que la personne la plus apte à lui parler de Lily est Severus Snape.

Disclamer : Les personnages sont ceux de JKR. Si vous ne le saviez pas, vous n'avez RIEN à faire sur Terre. Merci.

Note : Malgré le fait que je ne l'ai pas mis dans "genre", il y aura beaucoup d'humour.

Voilà! Place à l'histoire !


Lily était une femme heureuse. Assise sur le rebord confortable de son lit, passionnée par sa lecture, elle irradiait tout simplement de bonheur. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle lisait, et franchement, elle s'en fichait. Même les « tic tac » insupportables de son horloge ne la dérangeaient plus.

Elle fut cependant contrainte de s'arracher à son monde littéraire lorsqu'elle se rendit compte que ses longs cheveux auburn, tombant sur ses yeux, l'empêchaient parfois de lire. Elle marqua la page de son livre, le posa, puis se leva vers la salle de bain.

Elle fouilla dans tous les terroirs, impossible de mettre la main sur un seul élastique. Sa bonne humeur s'envola : sans ses cheveux attachés, il lui était impossible de continuer à lire.

C'est alors que le voix grave et onctueuse de son mari se fit entendre à l'étage inférieur.

-Lily ? Je vais faire quelques courses. Tu as besoin de quelque chose ?

Lily sortit de la salle de bain et accouru dans le couloir. Elle se pencha alors par dessus la vieille rampe d'escalier, histoire de se faire mieux entendre.

-Tu peux me prendre des chouchous, s'il te plaît ?

Il haussa un sourcil.

-Oui, finit-il par dire. Je pense que je suis potentiellement capable de te prendre des... « chouchous ».

La jeune femme rit à la réflexion de son mari, qui ricana à son tour.

-Ho, et, Severus ?

Il se retourna.

-Oui ?

Un air malicieux se peignit sur le visage de sa femme.

-Prend des couches pour le bébé. Tu n'as pas oublié que cette semaine, c'est toi qui t'occupe de le changer ?

Severus grimaça.

-C'est typiquement le genre de chose que mon cerveau, désireux de me sauver, aurait tendance à me faire oublier...Er...C'est tout ? Je peux y aller ?

Lily hocha le tête en souriant.

-Oui. Et si tu pouvais t'amuser, aussi...

-Tu sais très bien que je ne peux m'amuser qu'avec toi, voyons.

Ils rirent tout les deux, puis Severus partit.

Lily soupira. Sa grande maison faisait si vide sans les remarques sarcastico-amusantes de son mari...

Enfin, depuis quelques mois, elle n'était plus si seule lorsque Severus sortait...

Ravie d'avoir trouvé quelque chose à faire, elle se rendit d'un pas jovial dans la chambre de son fils.

C'était une grande pièce, la plus grande des chambres de la maison. Les murs étaient verts et rouges, chacune des couleurs rappelant les anciennes maisons de Lily et Severus.

Lily se rapprocha du petit berceau au centre de la pièce, et fut immédiatement attendrie par le spectacle qui s'offrait à elle.

Le petit bébé était adorable. Le genre de fils dont toutes les filles rêvent un jour d'avoir. C'était un enfant très calme, qui dormait pratiquement tout le temps, d'où son prénom, Morphée.

C'était Severus qui lui avait trouvé ce prénom : le jour de sa naissance, dès son premier cri poussé, l'enfant s'était tout de suite endormi. Il avait même fallu le réveiller pour le forcer à manger. Les deux parents s'en était inquiétés, mais une fois leur angoisse calmée par les sages femmes, Severus avait immédiatement pensé au Dieu du sommeil pour le prénom de l'enfant.

Lily, qui avait toujours dit qu'elle ne voulait pas donner de nom grec ou latin complètement absurde à son fils, changea d'avis. Le prénom lui plaisait, en fin de compte.

Elle caressa doucement la joue de son fils, qui entrouvrit les yeux.

Un sourire tendre se peignit sur ses lèvres.

Globalement, son fils était son portrait craché : le même petit nez, la même bouche joliment dessinée, les mêmes yeux en amande, les mêmes faussettes aux joues lorsqu'il riait.

Il semblait avoir hérité seulement deux choses de son père : ses cheveux noirs, et la couleur de ses yeux.

Noirs.

Lily en avait été un peu déçue. Elle aurait adoré que son fils ait les yeux verts. Severus, en revanche, en était très fier. La couleur de ses yeux était la seule caractéristique physique qu'il appréciait chez lui, et était ravi que Morphée ait hérité de ça et non pas de son nez crochu ou de ses lèvres trop minces.

Elle rit de nouveau à cette pensée : à ses yeux, son mari était parfait.

Elle prit Morphée dans ses bras, et le berça amoureusement.

Oui, Lily Snape était une femme on ne peut plus heureuse. Un mari pour qui elle comptait plus que tout au monde, un fils adorable, une belle maison, des amis sympathiques qui ne l'avaient pas abandonnée malgré son mariage avec un Serpentard...Rien ne pourrait porter ombrage à son monde parfait.

Sauf peut-être une attaque de Mangemort.


Tout se passa assez vite.

En premier lieu, elle entendit le bruit d'une explosion au rez-de-chaussée.

Prise de panique, elle se précipita dans le couloir pour voir ce qu'il se passait, et courut dans sa chambre prendre sa baguette lorsqu'elle comprit qu'elle était attaquée.

Une fois armée, elle regagna la chambre de Morphée, et lança sur la porte tous les sortilèges de protection qu'elle connaissait, ce qui n'était pas peu dire.

Elle serra le bébé endormit dans ses bras, en priant pour que Severus arrive. Des larmes coulaient sur ses joues. Elle était terrorisée. Pas vraiment pour sa propre vie, mais surtout pour celle de son fils.

Allaient-ils tuer Morphée s'ils le voyaient ? Ou auraient-ils pitié d'un pauvre bébé sans défense ?

Elle se dit que si Severus était là, il la traiterait « d'imbécile à l'optimisme maladif. »

Cette pensée familière la réconforta un peu.

Soudain, elle entendit des bruits de pas. Ses agresseurs se tenaient juste derrière la porte de la chambre. Elle les entendit marmonner toutes sortes de sortilèges, mais ils ne réussirent pas à déjouer les sorts de protection de Lily.

-Ouvre ! Gronda l'un des Mangemort. On ne veut que le bébé !

-Jamais ! Hurla -t-elle en larmes. Prenez moi à sa place, mais laissez Morphée en vie !

-Ouvre où on vous fait cramer tous les deux !

-Ne peux-tu pas être plus poli ? Demanda le deuxième Mangemort. S'il vous plaît, Mrs, pouvez vous nous ouvrir ?

-NON !

-Ha non, vachement efficace, la courtoisie, chapeau.

-Désolé d'essayer d'être moins bourru que les autres Mangemorts!

-La ferme et laisse moi faire.

-Et qu'est-ce que tu vas faire au juste ? Brûler la maison ?

-Ouais.

-Quelle barbarie...

-En même temps, si on s'est engagé auprès du Seigneur des Ténèbres c'est pas pour s'organiser des the-party, hein.

Lily n'écouta plus le reste de la dispute. Une seule chose la hantait : ils allaient mourir brûlés. Tous les deux. Elle ne réussirait pas à sauver son fils.

Elle s'agenouilla dans un coin de la pièce, et se recroquevilla sur Morphée, toujours endormit. Elle le couvrit de baisers. Elle ne savait pas vraiment si c'était lui ou elle qu'elle essayait de réconforter. Peut-être les deux. Ou peut-être était-ce un réflexe automatique lorsque l'on se trouvait face à la mort ? Câliner tout ce qui était à sa portée?

Elle aimerait tant que Severus soit là...Lui saurait quoi faire. Et au pire, elle pourrait le câliner aussi. Même lui apprécierait.

Elle sentit tout à coup la chaleur infiltrer la pièce. Elle ouvrit les yeux et cria lorsqu'elle vit les flammes embraser la chambre.

Cela lui fit reprendre ses esprits.

Il y avait une fenêtre dans la chambre. Peut-être qu'ils pourraient s'enfuir par là...Le plus simple aurait été de transplanner, bien sûr, mais Morphée était trop jeune, il n'aurait pas survécu au voyage.

Elle posa alors le bébé dans son berceau, à l'abri du feu, et dû faire appel à toute sa mémoire pour se souvenir de la formule qui permettait d'invoquer des objets.

Les flammes se rapprochaient dangereusement.

Elle trouva enfin. Quelques secondes plus tard, une longue échelle apparut. Sans attendre, elle rassembla toutes ses forces pour hisser l'échelle hors de la fenêtre, et la stabilisa contre le mur.

Il faisait de plus en plus sombre, et la fumée commençait à la prendre à la gorge. Non sans peine, elle récupéra Morphée, qui s'était enfin réveillé. Il ne pleurait même pas. Il regardait juste sa mère. Ses yeux noirs en amende semblaient dire « ne t'inquiète pas, on s'en sortira ».

Elle courut vers la seule issue de la pièce, agrippa solidement Morphée avec son bras droit, puis descendit l'échelle.

Une fois dans son jardin, elle enjamba sans peine la petite clôture, puis s'enfuit dans la nuit, se précipitant vers le seul endroit du voisinage qui lui paraissait sûr.


Quelques minutes plus tard, Severus revint des courses. Lorsqu'il vit la marque des ténèbres flamboyer au dessus de sa maison en flamme, il eut l'impression de mourir de l'intérieur.

Non, ça ne pouvait pas être possible. Pas alors qu'il avait enfin une vie parfaite.

Reprenant ses esprits, il laissa tomber son sac de courses et courut vers sa maison, aussi vite que ses pieds le lui permettaient.

Il ouvrit la porte avec fracas. Cette dernière, carbonisée, sortit de ses gongs et lui resta dans les mains. Il la balança par terre sans y prêter attention.

-Lily ! Cria-t-il en toussotant. La fumée avait commencé à envahir ses poumons.

Il chercha dans tout le premier étage, se fichant des flammes, et se maudissant de n'avoir installé aucun système de protection autour de sa maison.

Il tenta de monter au premier, malgré les marches réduites en cendres.

La fumée lui piquait les yeux. Il mit sa manche devant sa bouche afin de mieux respirer, mais cela n'eut presque aucun effet.

-Lily ! Répond je t'en supplie!

La panique avait laissé place aux larmes, et sa voix était étranglée.

-Je t'en supplie...

Il se trouva devant la seule porte verrouillée de la maison.

La chambre de Morphée.

Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ? Elle et son fils ne pouvaient être que là !

Il donna un grand coup de pied à la porte qui tombait déjà presque en cendre.

-Lily ? Morphée !

Mais autour de lui, il n'y avait que des flammes, et encore des flammes. Aucun corps. Et si c'était le cas, ils ne pouvaient être que...

Severus ne pouvait s'y résoudre. Ses deux seules raisons de vivre ne pouvaient pas être mortes.

Et pourtant...

Il s'écroula à terre. Il ne savait pas si c'était la fatigue, la tristesse, ou juste la fumée, mais il ne tenait plus debout.

Il s'agenouilla, comme l'avait fait Lily quelques minutes auparavant, et pleura.

Comment avait-il pu croire qu'il pouvait être heureux ? Comment avait-il pu croire que son refus d'intégrer les Mangemorts n'allait pas nuire à son entourage ? Et surtout, pourquoi diable, n'était-il pas mort avec eux ?

Ses yeux commencèrent à se fermer. Il perdait peu à eu connaissance. S'il s'endormait, il mourrait. Mais de toute manière, il ne pouvait se résoudre à vivre sans Lily et Morphée. Alors il se laissa emporter.


« toc, toc, toc ! »

-J'arrive !

La porte d'entrée de la petite - mais non moins charmante - maison s'ouvrit.

Un jeune homme aux cheveux ébouriffés et aux lunettes rectangulaires apparut alors.

-Ho, Salut, Lily ! Qu'est-ce qui t'am-

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Lily lui passa devant comme une flèche, et referma tout aussi vite la porte d'entrée, laissant un James Potter perplexe.

-...Ben...Qu'est-ce qui t'arrive ?

Lily tenta de se calmer, et reprit progressivement sa respiration.

-Morphée a les Mangemorts aux trousses.

James ouvrit de grands yeux ébahis.

-A...Allons nous asseoir, finit-il par dire.

Lily hocha la tête. Elle alla se recroqueviller dans le canapé, Morphée toujours pelotonné dans ses bras.

Après une bonne tasse de thé, elle lui raconta toute l'histoire.

James était horrifié.

-Ho Merlin. Vous avez eu de la chance de vous en tirer. Je t'avais dit que Snape ne t'attirerait que des ennuis.

-James, ne remet pas ça sur le tapis. Ce n'est pas sa faute.

-Au fait...Comment il va ? Je suppose qu'il n'a pas voulu venir ici, mais...

Lily lui fit un signe agacé de la main.

-Non, non. Severus était parti faire des courses. Quand il reviendra, les Aurors auront déjà inspecté la maison. Et lorsqu'il verra qu'aucun corps n'a été trouvé, il viendra ici. Nous nous étions mis d'accord sur ce point : si quelque chose devait nous arriver, l'endroit le plus sûr pour se réfugier serait ici.

-Ha...Bon...C'est cool que Servilus n'ait rien, alors, dit-il d'un ton hypocrite.

Lily le frappa avec l'oreiller le plus proche.

-On dirait que je suis contrainte à passer la nuit ici, dit-elle. Alors, trouve moi une chambre au lieu de dire n'importe quoi !

-Oui, chef !

James mit sa main à sa tempe et tourna les talons, sous les rires amusés de Lily.

-James ?

-Oui ?

Elle sourit.

-Tu es vraiment mon meilleur ami, James.

-...C'est sensé être un compliment ? Je veux être plus que ton ami, moi !

Il évita de justesse l'oreiller que lui lança Lily.

-Imbécile, rit-elle. Jamais je ne pourrait quitter Sev. Je l'aime vraiment, tu sais.

-Oui, répondit-il tristement. Oui, je sais.


Severus ouvrit péniblement les yeux. Une lumière blanche l'éblouit. Il se mit trop rapidement en position assise, et il sentit son sang battre contre ses tempes.

-Ail...

Il se frotta la tête en plissant les yeux de douleur, et regarda autour de lui. Le lieu lui était familier...trop familier...

L'infirmerie de Poudlard.

-Mais qu'est-ce que je fous ici ?

-Ha, Severus. Vous êtes réveillé.

Il reconnu la voix du vieux directeur de l'école, Albus Dumbledore.

-Professeur ?

-Vous avez de la chance que je vous aie retrouvé à temps, Severus. Quelques secondes de plus et vous étiez mort.

-Mort...

Tout lui revint en mémoire : la marque des ténèbres, l'incendie...Lily et Morphée.

-Ho, non, non, non, non, NON !

Il se leva d'un bond, ne prêtant plus aucune attention à son mal de tête qui s'amplifiait, et se mit à faire des allés-retours entre son lit et l'étagère de potions, sa main frottant ses tempes.

-Professeur, s'écria-t-il en se retournant brutalement, tandis que les larmes lui remontaient aux yeux, de quel droit m'avez-vous sauvé ? Je VOULAIS mourir ! C...Comment voulez-vous que je vive sans Lily et Morphée ?

-Calmez-vous, Severus, dit Albus en posant ses mains ses épaules.

Severus inspira et expira de grandes bouffées d'air, histoire de reprendre son calme. Il serra les points et ferma les yeux, les sourcils toujours plissés de douleur.

Albus força alors Severus à le regarder, et lui dit du ton le plus doux dont il était capable :

- Lily n'est pas morte.

Severus écarquilla les yeux. Ses sanglots diminuèrent, ainsi que ses larmes, tandis qu'un sourire se dessinait progressivement sur ses lèvres. Pas morte ? C'était vraiment vrai ?

-Vraiment ? Demanda-t-il, remplit d'espoir.

-Oui. Lily a réussi a réussi à s'échapper. Nous avons détecté sa présence chez son ami James Potter.

Le jeune homme porta sa main à sa poitrine, soulagé. Il s'assit sur son lit et reprit une respiration normale. La peur calmée, il allait demander une potion contre ce mal de tête qui commençait tout de même à lui faire un peu mal, lorsqu'il fut soudain envahi d'un affreux doute. Albus avait-il bien dit « elle n'est pas morte » ?

-Et Morphée ? Demanda-t-il avec une pointe d'appréhension.

Albus hésita.

-Professeur, Insista-t-il d'un ton beaucoup plus ferme, qu'en est-il de Morphée ?

Dumbledore prit les mains de Severus. Il leva ses yeux bleus électrique, remplis de tristesse, vers son ancien élève.

-Je suis navré, Severus. Vraiment navré. Nous n'avons détecté la présence de votre fils nulle part.

Albus semblait sincèrement peiné, mais ce n'était rien comparé à Severus. Une ombre venait de passer sur les yeux du jeune homme, l'écrasant aussi bien qu'un rocher lourd de plusieurs tonnes.

-Non..murmura celui-ci.

Sa voix était tremblante. Il sentit les larmes lui monter aux yeux. Son fils. Sa plus grande joie depuis son mariage avec Lily.

Mort.

Il enfouit doucement son visage dans ses mains, secoué par de terribles sanglots.

Pourquoi n'était-ce que maintenant qu'il se rendait compte de la chance qu'il avait ? Pourquoi n''était-ce que maintenant qu'il comprenait toute l'importance des petits détails de son quotidiens qui lui avaient toujours parus insignifiants? Dans le moment présent, il donnerait n'importe quoi pour entendre de nouveau les petits gazouillements de Morphée qu'il avait de nombreuses fois qualifiés d'insupportables..Pour le voir caresser tendrement sa poupée-Severus en même temps que le sommeil le gagnait...

Pour qu'il soit là, tout simplement.

Il releva lentement la tête, se rendant compte qu'il était assis sur quelque chose. Il se leva, et reconnu le sac de courses, qu'il avait pourtant laissé tombé dans la rue.

La vue du pack de couche fut de trop pour son pauvre coeur.

Les pleurs du jeune homme devinrent plus intenses. Et tandis qu'il se noyait dans ses larmes et ses souvenirs, Albus lui tapotait gentiment le dos, lui répétant inlassablement qu'il était désolé pour lui.

Et ils restèrent là, durant toute la nuit.


-Albus, j'ai prit ma décision.

C'était le matin. Ni Dumbledore, ni Severus n'avaient fermé l'oeil de la nuit, et des cernes martelaient les yeux noirs du jeune homme. Ses yeux étaient rouges, et il avait une mine encore plus affreuse que le jour où il avait failli se faire tuer par Lupin.

-Je vous écoute, Severus.

-Je vais tuer Voldemort.

Dumbledore ne parut pas surpris de cette réaction.

-C'est une bien belle pensée que vous avez là, mais nombre d'Aurors sont à sa recherche, vous avez peu de chance d'y arriv-

-J'y arriverai. Je le trouverai, et le tuerai de mes propres mains.

Les yeux de Severus irradiaient d'une haine qui n'aurait jamais dû exister dans les yeux d'un si jeune adulte, promis à une vie épanouie et heureuse avec sa femme et son fils.

Albus soupira. Il se leva de la chaise sur laquelle il avait passé la nuit, et passa la main dans sa barbe.

-J'ai une meilleure idée, fit-il après réflexion. J'ai entendu dire que Voldemort vous voulait dans ses troupes, n'est-ce pas ?

-Exact, répondit-il en fronçant les sourcils, perplexe.

-Dans ce cas, allez le voir, et acceptez la marque.

Severus eut beaucoup de peine à encaisser la dernière phrase de son aîné.

-Comment ? Après ce qu'il m'a fait, vous voulez que...

-Tout à fait. Je sais que c'est dur, Severus. Et croyez moi, je ne m'attend pas à ce que vous acceptiez tout de suite, mais la seule chose qu'il nous manque pour venir à bout de Lord Voldemort, c'est un espion. Ce sera le moyen le plus sûr pour vous de le tuer.

-Vous voulez dire que j'aiderai les Aurors à la tuer ! Albus, je veux le tuer de mes propres mains !

Le vieux sorcier lui lança un regard malicieux.

-Mhm...Vu votre caractère, le Choixpeau aurait mieux fait de vous envoyer à Gryffondor...

-Que voulez-vous dire ?

-Que le Serpentard en vous devrait privilégier une stratégie réfléchie à la force brute.

Severus sembla perdu dans ses pensées alors qu'Albus prenait un air innocent. Il réfléchit durant plusieurs minutes à la proposition de son ancien directeur, pesant le pour et le contre, analysant une par une toutes ses options. C'est avec la plus grande fatalité qu'il finit par cracher la phrase suivante :

-C'est d'accord.

-Qu'avez-vous dit ?

Severus leva les yeux au ciel.

-C'est d'accord. Je deviendrais votre espion. Et Voldemort sera anéanti.

Son ton était décidé, et ses yeux brûlaient d'intensité. Des flammes semblaient irradier de lui.

-Ha, je suis content qui vous ayez pris la bonne décision, mais vous réalisez ce que cela implique, n'est-ce pas ?

Le sorcier aux cheveux noirs pencha gravement la tête.

-Oui. Tout le monde, mis à part vous et l'Ordre du Phénix, devra croire que je suis devenu un Mangemort. Y compris Lily. Ce qui signifie que je dois faire une croix sur elle.

Albus soupira.

-C'est sûrement la plus dure décision que vous ayez eu à prendre dans votre vie, Severus. Mais c'est la meilleure.

Il hocha la tête.

-Je sais, Albus. De toute manière, je ne comptait pas revoir Lily avant d'en avoir fini avec Voldemort. Je ne veux pas risquer de la mettre une fois de plus en danger.

Il se leva de son lit, et regarda par la fenêtre. C'était la dernière fois qu'il voyait le soleil se lever en tant qu'homme libre. Demain, d'une manière ou d'une autre, il serait enchaîné à l'assassin de son fils.

Une dernière larme roula sur sa joue. La dernière car il ne se sentait plus jamais capable de pleurer. Il se sentait seulement incroyablement vide, comme si plus rien ne lui importait, mis à part tuer Voldemort.

-J'y vais, finit-il par dire d'une voix anormalement dénuée d'émotion.

Albus regarda tristement le jeune homme.

-Bonne chance, mon garçon.

Puis, sans dire un mot de plus, le futur Mangemort transplanna, laissant seul un vieux sorcier attristé. Albus Dumbledore venait d'assister à la destruction du coeur de Severus Snape.