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Le destin du Gondor

Hermione remonta les marches quatre à quatre et entra en trombe dans une pièce illuminée d'où sortaient les cris étranglés de Merry. Gandalf était à genoux par terre, tenant dans ses bras Pippin, les yeux révulsés et le corps secoué de convulsions.

« Que s'est il passé? »

-Il a voulu regarder dans le palantir! » répondit le magicien aussi énervé qu'inquiet.

-Faites quelque chose, Hermione! » la supplia Merry.

La sorcière tenta « finite incantatem » mais rien ne se produisit. Pippin gémissait de peur et se débattait. Réfléchissant à une vitesse éclaire, Hermione comprit qu'il ne restait qu'une solution mais cette dernière était très dangereuse pour elle. Elle devait elle aussi entrer dans l'esprit de Pippin et en chasser Sauron. Mais elle n'avait quasiment jamais pratiqué la légimancie et se retrouver face à l'Oeil ne la réjouissait guère. Elle se tourna vers Legolas et lui demanda de la secouer violemment si dans dix minutes elle n'avait pas bougé. Inquiet, il lui répondit d'un hochement de tête. Hermione inspira profondément. « légimens ».

Elle se sentit happer dans un énorme trou noir puis ses pensées rejoignirent celles de Pippin. « Pippin, écoutez moi! Je suis venue vous aider! Laissez vous guider par ma voix. Pippin! Essayez de repousser Sauron, fermez votre esprit! »

-Il me retient! Il me fait mal! Aidez moi! Je vous en prie!

-Y a t-il une chose dont vous ne pouvez vous passer?

-Manger.

-Alors écoutez moi attentivement: imaginez, oui, imaginez! Une grande table couverte de vos plats préférés, du gibier en sauce, des pommes de terre légèrement dorées et craquantes, des gâteaux plein de gâteaux et de la bière en tonneau rien que pour vous, allez vers cette table et remplissez vous le ventre en étant aussi dégoutant que cela vous plaira. Vous voyez cette table?

-Non, je n'y arrive pas!

-Concentrez vous, Pippin! Vous ne sentez pas l'odeur du pain chaud que l'on vient de sortir du four? Ne voyez vous pas cette légère fumée délicieusement odorante qui émane de la dinde rôtie? Ne voyez vous pas cette table qui n'attend que vous?

-Oh oui, je commence à la voir!

-Fixez vous sur elle et rapprochez vous en! Et tout sera fini! Faites encore un effort Pippin!

Il y eut un moment de silence et Hermione sentit l'esprit de Pippin se fermer à toutes choses extérieures à cette vision. Soudain ce fut à son tour de se faire mentalement brutalisée, elle vu l'Oeil apparaître dans son esprit. Grand, brillant, un véritable brasier sphérique lui faisait très mal au crâne et aux membres. Hermione se perdit à le contempler quelques instants mais une violente secousse lui rappela que son esprit était un livre ouvert. Elle se concentra sur l'origine de cette secousse: Legolas. Elle se fixa sur son visage, sur son sourire, sur ses baisers, sur ses bras entourés autour d'elle, sur sa tendresse. Une douleur lui traversa le corps dans un spasme. Sa vue se troubla puis elle commença à distinguer les murs de la chambre d'Edoras. Les visages commencèrent à reprendre forme autour d'elle. Bientôt, tout lui fut distinct.

« Est ce que ça va? » lui demandèrent ses amis.

-Oui, ça va. Et Pippin?

-Il a dit deux trois mots et s'est évanoui. Mais il va bien apparemment puisqu'il dort maintenant. » lui répondit Legolas.

-Tant mieux, je ne me sens pas très bien non plus à la réflexion.

-Viens te coucher, la soirée a été longue.

-Tu restes avec moi?

-Je te rejoindrais un peu plus tard, il faut que je sache ce que dit le ciel ce soir.

-D'accord.

Tandis que tout le monde reprenait place sous les couvertures, Hermione embrassa Legolas puis se glissa dans son lit. Très vite, elle sombra dans un profond sommeil accompagné des ronflements sonores de Gimli.

Quand Hermione se réveilla, le soleil était déjà haut dans le ciel. Elle regarda autour d'elle et aperçut Boromir assis à côté d'elle.

« Mmmmm, quelle heure est il? »

-Neuf heures et demi.

-Pourquoi ne m'avez vous pas réveillée?

-Gandalf a pensé qu'il valait mieux vous laisser dormir. Vous avez du vivre quelque chose de très éprouvant alors je suis resté pour attendre votre réveil Mais rassurez vous nous n'avons pas été très matinaux non plus.

-Où sont les autres?

-En train de déjeuner, nous vous attendions pour discuter de Pippin.

Hermione se leva rapidement et sortit de la pièce en compagnie de Boromir. Ils entrèrent dans la grande salle où leurs compagnons les attendaient. Pippin la regarda d'un air coupable.

« Bien! Si vous n'y voyez aucun inconvénient j'aimerais que nous sachions tout de suite ce qu'il s'est passé! » commença Gandalf.

Tous les regards se tournèrent vers le hobbit recroquevillé sur un siège.

« Je suis désolé! »

-Qu'avez vous vu?

-J'ai vu le grand œil et puis un arbre blanc dans une grande cour pavée. L'arbre, il était mort et en feu. J'ai entendu la voix de Sauron dans ma tête.

-Lui avez vous dit quoique ce soit sur Frodon et l'Anneau?

-Non, je n'ai rien dit du tout. C'est pour cela qu'il m'a brutalisé.

-Et ensuite?

-Hermione est venue, elle m'a parlé. Mon esprit s'est éclairci et j'ai repris connaissance.

-Et vous Hermione?

-Rien de particulier, hormis l'agressivité dont il a fait preuve tout de suite, il ne s'est rien passé pour moi.

-Bien! » Gandalf se tourna vers Théoden « Ce qu'a vu Pippin dans le palantir n'est autre que les projets de notre ennemi! La défaite de Saroumane au Gouffre de Helm lui a montré que la race des hommes n'était pas aussi fébrile qu'il le pensait. Alors il frappera fort et vite. Sauron ne peut prendre le risque de voir les hommes s'unirent sous la même bannière. Minas Tirith, la ville fortifiée du Gondor sera très bientôt attaquée et mise à feu et à sang jusqu'à ce qu'un aucun homme ne respire. Quand le feu d'alarme du Gondor s'allumeront le Rohan devra entrer en guerre.

-Nous avons déjà essuyé beaucoup de perte humaines! Combien d'hommes le Gondor nous a t'il envoyé au Gouffre de Helm?

-Moi, je suis venue et sans même que vous ne le demandiez. Vos terres sont désormais en sécurité! Pas les miennes! Et ne vous y trompez pas, si Minas Tirith tombe, le Rohan tombera peu après! » répondit Boromir, courroucé.

-Nous devons prévenir le Gondor! » intervint Aragorn.

-Oui je vais aller à Minas Tirith et Pippin m'accompagnera. Boromir?

-Dites à mon père que son fils sera bientôt de retour au côté de son plus ancien allié. Retourner là bas avant comporte trop de risques d'embrigadement.

-Vous ne savez toujours pas tenir tête à votre père? » ironisa Hermione. Elle se rendit compte de son erreur quand son ami lui jeta le regard le plus noir dont il était capable. Il souffla avec mépris puis se détourna d'elle.

Les compagnons descendirent les marches de pierre à la suite de Gandalf qui marchait d'un pas pressé tout en réprimant Pippin. Ils pénétrèrent en trombe dans les écuries. Le magicien saisit Pippin et l'installa sur Gripoil. Le hobbit, les yeux humides, regarda Merry lui tendre du tabac puis se détourner. Il supplia Hermione du regard mais elle baissa les yeux. La curiosité de Pippin était légendaire, il était grand temps qu'il apprenne à ses dépens que ce n'était pas toujours une bonne chose de vouloir tout savoir. Boromir donna une lettre à Gandalf à l'attention de son père tout en défiant la sorcière du regard de lui faire la moindre réflexion. Cette dernière s'en voulait beaucoup de s'être moquée de son ami. Comme Pippin, elle payait les conséquences d'un acte irréfléchi. L'attitude du Gondorien à son égard la blessait profondément. Elle se promit d'aller lui parler et lui présenter ses excuses dès que l'occasion se présenterait.

Gandalf salua ses amis et lança Gripoil au grand galop. Merry courut jusqu'à la porte des écuries pour les regarder partir puis gravit les marches du murs d'enceinte observant désespérément Pippin s'éloigner. Hermione alla le rejoindre et posa une main amicale sur son épaule.

« C'est la première fois que nous sommes séparés. Habituellement c'était moi qui l'entrainait dans de stupides aventures. Aujourd'hui il n'a pas eu besoin de moi! » lui dit il la voix brisée.

-Pippin s'en sortira très bien, vous verrez. Gandalf est avec lui.

-Il a toujours été si imprudent.

-Vous le lui avez bien enseigné, il me semble. Aujourd'hui qu'il est seul pour affronter le danger, ne craignez rien pour lui, il saura s'en sortir.

-Tout comme vous? C'est la première fois que vous faites vos preuves seule, n'est ce pas?

-Oui, c'est exact et je trouve que je ne m'en sors pas trop mal.

-Vous êtes bien plus intelligente que lui!

-Je pense que Pippin est bien plus intelligent et vaillant qu'il ne veut bien le laisser croire.

-Je me sens terriblement seul maintenant!

-C'est un problème auquel nous allons remédier!

-Il me semble que vous en avez un plus important à régler. Boromir passait le clair de son temps avec vous, alors le trouver seul aujourd'hui sera chose aisée, vous ne pensez pas?

Hermione lui sourit et se détourna. Elle descendit les escaliers en scrutant autour d'elle. Merry avait raison, autant régler le problème tout de suite.

La sorcière chercha son ami pendant plusieurs dizaines de minutes avant de le trouver en train de fumer devant la tombe de Théodred.

« Vous venez vous recueillir sur la tombe d'un homme que vous n'avez pas connu? Pour vous donner bonne conscience? » lui cracha t'il.

-Non, c'est vous que je venais voir.

-Vous perdez votre temps.

-Je suis venue m'excuser.

-Grand bien vous fasse! Vous croyez donc que parce que vous êtes plus puissante tout vous est autorisé?

-Si je me pensais supérieure à vous n aucun cas je ne viendrais vous demander votre pardon, je n'en aurais même rien à faire que vous m'excusiez ou pas! Je voulais plaisanter et j'ai compris ma bêtise en même temps que je la prononçais. Tout le monde peut se tromper, j'ai parlé sans savoir je le reconnais. J'ai agi comme une idiote et pire encore je vous ai blessé!

-En aucun cas vous ne m'avez blessé!

-Ou énervé ou vexé peu importe, bref j'ai instauré une situation tout à fait anormale entre nous! Nous sommes de très bons amis, ce froid entre nous de devrait même pas existé, ni même être envisagé. Je suis venue vous demander pardon mais si vous n'êtes pas disposé à m'écouter ou même à prendre en compte que je sois désolée et que cette situation est involontaire et m'affecte profondément d'autant plus que j'en suis responsable alors je vous laisse je ne peux pas vous forcer à m'écouter. Sachez cependant que quoiqu'il arrive, je combattrais à vos côtés jusqu'à la fin et ce avec le plus grand des honneurs!

-Vous parlez toujours autant pour ne rien dire Et vous êtes encore plus aveugle que je ne le pensais.

-Je vous demande pardon?

-Il n'y a rien à pardonner, Hermione! Vous m'avez énervé, c'est on ne peut plus exact mais je ne suis pas un adolescente et je ne tiens pas rigueur pour si peu de chose.

-Mais pourquoi étiez vous si froid?

-Pour vous donner une leçon et aussi parce que j'étais à cours d'idées pour vous embêter!

-Vous n'êtes qu'un crétin!

-Oui, mais qu'est ce que c'est amusant d'en être un!

Boromir s'approcha d'elle et la serra contre lui.

« Comment pourrais je vouloir à une amie aussi précieuse, à ma petite sœur? »