Auteur : DeeDeeINFJ

Traductrice : Moi

Spoilers : Tous les livres

Rating : M

Genre(s) : Romance

Disclaimers : Tout l'univers de Sookie et Eric appartient à Charlaine Harris. L'histoire que vous allez lire appartient à DeeDeeINFJ. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Bêta : GingerRin... Merci Marine!

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.

Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!


- Chapitre 12: Vide -

"Une des groupies d'Hallow veut te voir."

De derrière la porte du placard dans son bureau, Eric pencha la tête pour voir que Pam se tenait près de son bureau, les bras croisés sur la poitrine. Il portait un jean, mais il était pied nu, et la chemise qu'il avait choisie de mettre pendait désormais dans sa main. C'était le Réveillon de Nouvel An, une des soirées les plus chargées de Fangtasia, où les humains célébraient une autre année de vie et les vampires, une autre année sans. Le bar était recouvert de bannière clamant 'Commencez Votre Nouvelle Année avec une Morsure!' Il n'avait certainement pas le temps d'être emmerdé par Hallow.

Elle s'était pointée quelques nuits plus tôt, exigeant la moitié de son business, et il ne savait pas comment il pourrait s'en tirer. Avec Pam et Chow, il avait réfléchi à ses options: en résumé, il n'en avait aucune. Ses menaces de saboter le bar avec sa sorcellerie n'était pas à prendre à la légère, d'une manière ou d'une autre, il allait perdre beaucoup d'argent. Il n'avait pensé qu'à ça, dernièrement.

Il jura dans un souffle. "Fais-la entrer," dit-il. Il jeta sa chemise par terre.

La jeune sorcière entra dans son bureau, suivie par Pam et Chow. Elle regarda autour d'elle pendant un moment avant de s'asseoir. Les trois vampires s'appuyèrent contre le bureau d'Eric. Bien qu'ils devaient être impressionnants, la sorcière ne semblait pas inquiète.

"Parles," ordonna Eric. S'il allait devoir s'humilier devant une simple servante, il commencerait au moins la conversation en position de force.

"Je viens vous faire une offre de la part d'Hallow," dit-elle calmement.

Eric jeta un bref coup d'oeil à ses partenaires. Voilà qui était inattendu. "Continues."

"Ma maîtresse dit que si Mr Northman accepte de la...divertir pendant sept nuits, nous nous contenterons d'un cinquième de vos profits." Elle leur fit un sourire serein. "Je pense que vous admettrez que c'est une bonne offre, une qui recquiérera un sacrifice moindre de votre part."

"Non."

Un silence assourdissant s'abattit sur le bureau, et pendant quelques secondes, Eric ne réalisa même pas que c'était lui qui avait donné une réponse si ridicule. La mâchoire de Pam tomba sous l'effet de l'incrédulité. Non? Dans son esprit, il vit le visage de Sookie et sut qu'il avait, en effet, refusé l'offre généreuse - bien qu'un peu insultante - d'Hallow.

La sorcière était toujours aussi calme. "Non?" répéta-t-elle, comme une institutrice s'adressant à un enfant qui lui avait donné une mauvaise réponse.

"Je ne suis pas un gigolo," dit-il à voix basse. "Et surtout pas pour une sorcière."

"Eric, on n'aura pas de meilleure offre," dit Pam. Elle parla doucement, bien consciente d'être sur une pente glissante.

Chow n'eut pas le même problème. "On parle de millions de dollars!" s'exclama-t-il avec colère.

Chaque cellule sensible et pragmatique de son cerveau avait commencé à se rebeller contre la part de lui - quelle qu'elle soit - qui répétait Non comme un mantra. "Même si je fais ça," dit-il, "qu'est-ce qui me prouve que la sorcière tiendra promesse?"

"On réglera ce problème si ça arrive." Pam le regardait toujours avec ahurissement. "Maître, je ne comprends pas pourquoi tu refuses cette offre."

Moi non plus, voulut-il lui dire.

La sorcière se leva. Son sourire devint moqueur. "Je vois que vous autres vampires protégeaient votre vertu comme un bien précieux," le provoqua-t-elle. "Ma maîtresse sera terriblement déçue d'apprendre que le célèbre Eric Northman est, en fait, un prude. On a hâte de posséder la moitié de votre petit business."

Les crocs d'Eric sortirent, et il grogna, mais ce fut Chow qui se jeta sur la sorcière.


Il ne savait pas quelle force le poussait à courir dans la direction dans laquelle il courait; il ne connaissait même pas son propre nom. Il ne connaissait que le froid, la morsure du gravier sur la plante de ses pieds alors qu'il courrait, et le fait que quelqu'un chose sans nom l'agrippait de l'intérieur et l'entraînait. Le désespoir et la douleur de cette chose l'aurait paralysé si elle n'avait pas exigé qu'il court, comme un homme qui s'empalerait sur des pics parce qu'il le souhaitait, il le voulait, il le devait.

Une voiture ralentit à sa hauteur, ses phares illuminant la route devant lui. "Vous avez besoin d'aide?" demanda une voix féminine.

A l'instant où il vit son visage, la douleur dans son poitrine enfla au point de devenir presque insupportable, et ça le perturba encore plus. Il continua à courir droit devant lui. Derrière lui, une portière de voiture claqua et la voix de la femme l'appela, "Eric, c'est moi!"

Était-elle responsable de sa douleur alors? Il la tuerait, la réduirait en charpie. Je suis un vampire, réalisa-t-il lorsque ses crocs sortirent. Il fit volte-face et se mit en position d'attaque, lui montrant les crocs. Et à cet instant, tout aussi soudainement et inexplicablement que ça l'avait envahi, la compulsion - la douleur - disparurent, laissant un vide dans leur sillage. D'une manière ou d'une autre, le vide était encore pire.

Il la regarda pendant un moment alors qu'elle se tenait à quelques mètres de lui. Elle avait peur. Elle était aussi confuse. Il le savait comme si c'était ses propres émotions. Peut-être que c'était ses propres émotions.

"N'approchez pas, femme!"

Elle lui obéit. "Mais qu'est-ce que tu fais là?" demanda-t-elle.

Quel genre de créature pouvait contrôler un vampire avec un besoin agonisant avant de le noyer dans un océan de rien? Elle ne semblait pas être surnaturelle, bien qu'elle sentait vraiment bon. Il se détendit légèrement.

"Qui êtes-vous?" lui demanda-t-il.

"Comme si tu ne le savais pas!" répondit-elle. "Qu'est-ce qui te prend? Qu'est-ce que tu fiches ici en pleine nuit, à pied et torse nu? Et qu'est-ce que tu as fait de ta voiture?"

Non, il n'avait aucune idée de qui elle était. Et bien qu'il voulait terriblement avoir une réponse à cette question, il était encore plus intéressé par le fait qu'elle semblait le connaître. Elle l'avait appelé Eric avant, bien qu'il ne connaissait pas ce nom.

"Vous me connaissez? Qui suis-je?"

"Bien sûr que je sais qui tu es, Eric!" dit-elle en réutilisant ce nom. Ne le saurait-il pas si c'était son prénom? "A moins que tu n'aies un frère jumeau?"

Un frère, oui, il y a longtemps. Il ne pouvait pas s'en rappeler, mais il avait cette impression. Mais il devait être mort, à moins d'être un vampire aussi. "Je n'en sais rien," lui dit-il. Il se redressa de toute sa hauteur et sentit ses crocs se rétracter. La femme se détendit aussi; il le vit et il le sentit.

"Tu ne sais pas si tu as un frère?"

"Non. Je n'en sais rien." Il eut soudainement peur qu'elle le fuit, emmenant avec elle la connaissance de qui il était. Jusqu'à ce que le voile soit levé, elle était sa seule ancre. "Je m'appelle Eric?" demanda-t-il avec incertitude.

"Eh bien... euh... oui," dit-elle. Elle tremblait de froid. "Eric Northman. C'est du moins le nom sous lequel tu te présentes actuellement. Qu'est-ce que tu fais là?"

Il regarda la route sombre, éclairée uniquement par les phares de la voiture de la femme. Partout autour de lui, il ne voyait que des ténèbres. Tout ce qu'il connaissait se trouvait, dans cette flaque de lumière jaune. "Ça non plus, je ne le sais pas."

"Sans blague?" demanda-t-elle. "Tu ne te souviens de rien?"

"Sans blague." Les mots semblaient étranges dans sa bouche, une expression qu'il avait dû apprendre il y a bien longtemps. Il fit un pas hésitant en direction de la femme.

"Tu sais que tu es un vampire, tout de même?"

Ça, il le savait. Les dents...le fait qu'il ne respirait pas..."Oui," il hocha la tête. "Et vous non."

"Non, je suis cent pour cent humaine. Et j'ai donc besoin de m'assurer que tu n'as pas l'intention de me faire du mal." Elle le regarda pendant un moment. "Bon, c'est vrai que tu aurais déjà pu m'en faire depuis longtemps. Mais, crois-moi, même si tu ne t'en souviens pas, on est amis, toi et moi. Enfin, plus ou moins."

Même s'ils n'avaient pas été amis auparavant, elle était sa seule amie maintenant, et il avait besoin d'elle. Il croisa son regard. "Je ne vous ferai aucun mal." Il avait l'impression que même s'il le voulait, il n'en serait pas capable.

Elle enroula ses bras autour d'elle et frissonna une fois de plus. "Viens donc t'asseoir dans ma voiture avant de finir congelé."

"Je vous connais vraiment?" demanda-t-il après une courte hésitation.

Il sentit son irritation comme si elle était dans son propre sang. "Oui," dit-elle. "Et on en était même arrivés au tutoiement depuis un moment, si tu veux savoir. Bon, maintenant, monte! Je suis en train de geler, et toi aussi." Elle fit voyager ses yeux sur son corps. "Ô mon Dieu, Eric! Mais tu es pieds nus!"

Toute trace d'appréhension clairement disparue, elle le rejoignit et agrippa sa main. La chaleur de sa peau était réconfortante contre sa paume, et il la suivit jusqu'à sa voiture. Elle ouvrit la portière et lui fit signe de s'asseoir, ce qu'il fit.

"Remonte la fenêtre," dit-elle en lui montrant une poignée sur la portière avant de la refermer. Il l'étudia pendant un moment avant de faire ce qu'elle lui avait dit.

Elle ouvrit sa portière du côté opposé et le rejoignit à l'intérieur. Chaque fois qu'elle expirait, il pouvait le voir, un petit souffle d'air qui se séparait en filament, et ça le fascinait. De derrière leurs sièges, elle tira une vieille couverture qu'elle posa sur lui avant de la coincer derrière ses épaules. Puis elle tourna quelques boutons devant elle, et de l'air chaud souffla vers eux.

Ils conduisirent pendant une minute ou deux avant qu'il ne réalise avec surprise qu'elle ressentait du désir. Une seconde plus tard, elle rigola et il se tourna vers elle avec un intérêt confus.

"Tu es bien la dernière personne que je m'attendais à trouver ici, à une heure pareille!" lui expliqua-t-elle. Peut-être qu'elle n'était pas consciente qu'il avait ressenti ses pensées sexuelles. C'était du domaine du privé généralement après tout. "Tu venais voir Bill?" demanda-t-elle. "Désolée de te décevoir, mais il est parti."

Ce nom ne signifia rien pour lui. "Bill?"

"Le seul vampire qui habite ici," développa-t-elle. "Mon ex."

Il ne fut pas content d'apprendre qu'un autre vampire vivait à proximité. S'ils étaient ennemis et que ce second vampire l'attaquait alors qu'il était aussi vulnérable... Il lui répondit en secouant la tête avec méfiance.

"Tu ne sais pas comment tu es arrivé ici?" lui redemanda-t-elle.

A nouveau, il secoua la tête. Il lui avait déjà dit qu'il ne savait rien. Pourquoi ne le croyait-elle pas?

Ils restèrent silencieux alors qu'elle les conduisait jusqu'à une belle maison blanche. "Ouf! On y est," dit-elle. Elle gara sa voiture et coupa le contact. Il y avait des lumières à l'extérieur de la maison, mais malgré ça, les bois les entourant semblaient sombres et pesants. Cette femme ne devrait pas vivre seule là.

"C'est ici que tu vis?" lui demanda-t-il.

"Ben oui!" Elle dût voir ses doutes parce qu'elle ajouta impatiemment, "Oh! Allez, viens!"

Elle sortit de la voiture, et il suivit son exemple, mais il resta près de la voiture et enroula complètement la couverture autour de lui alors qu'elle montait les marches menant à son porche. Rassuré par la lumière chaleureuse qu'il vit lorsqu'elle ouvrit la porte, il la rejoignit sous le porche.

"Tu peux entrer," dit-elle en entrant, et il la suivit. Elle referma la porte derrière lui et l'étudia du regard. "Oh, Eric."

Il sentit sa pitié. Ça aurait dû l'embarrasser - qu'une humaine ressente de la pitié pour un vampire - mais ce ne fut pas le cas.

Alors qu'il l'observait attentivement, elle attrapa une grande bassine qu'elle plaça sous l'évier. Il fallut une minute, mais de la vapeur commença finalement à s'échapper de l'eau qui coulait. Lorsque la bassine fut pleine, elle coupa le robinet et posa la bassine sur la table. Elle se tourna ensuit vers lui et montra son jean du doigt.

"Enlève ça."

Il fit ce qu'elle lui dit, enlevant son jean sale avant d'enrouler rapidement la couverture autour de lui. Une fois de plus, il sentit du désir chez elle, et il réalisa qu'il devait en être la cause. Etaient-ils plus que des amis, lui et cette femme? Elle lui montra une des chaise du doigt. Il s'assit docilement et la regarda poser la bassine par terre avant d'y placer ses pieds. Ce fut plus agréable que tout ce qu'il pouvait se rappeler avoir jamais ressenti, et il poussa un grognement appréciateur. La femme alla chercher du savon et un gant de toilette avant de revenir lui laver les pieds. Ses mains étaient douces et délicates...presque aimante, même s'il n'était pas sûr de ce que ça signifiait. Il se sentit soudainement très protecteur envers elle.

"Tu étais toute seule dehors, en pleine nuit," dit-il.

"Je rentre du boulot," expliqua-t-elle en levant une de ses mains mouillées pour montrer le logo de son t-shirt du doigt, "comme tu peux le voir à mon uniforme."

"Les femmes ne devraient pas sortir seules si tard la nuit."

Elle sourit. "Oh, vraiment? Explique-moi ça."

Il y avait certainement quelqu'un dans la vie de cette femme qui tenait suffisamment à elle pour lui avoir expliqué les dangers qu'elle courait? Si ce n'était pas le cas, alors il le ferait lui-même. "Eh bien," commença-t-il, "les femmes sont plus vulnérables et plus susceptibles de se faire attaquer que les hommes. Elles devraient donc être mieux protégées..."

"Ça va, ça va, je ne parlais pas littéralement," l'interrompit-elle en lui faisant un autre sourire. "Mais tu prêches une convertie. J'aurais préféré ne pas travailler si tard, tu sais."

Il ne comprenait pas quelle convertie il prêchait, mais il était confus par bien trop d'autres choses pour lui demander."Alors, pourquoi l'as-tu fait?" insista-t-il.

"Parce que j'ai besoin d'argent, tiens!" Elle sécha une de ses mains sur le tissus blanc qu'elle avait posé sur son genou et sortit de l'argent de sa poche. Elle jeta ensuite les billets sur la table. "J'ai cette maison à entretenir, figure-toi," continua-t-elle, "ainsi que ma voiture. Et puis, j'ai des impôts et des assurances à payer. Comme tout le monde."

Ça l'enrageait que personne ne veuille prendre soin de quelqu'un d'aussi belle et gentille. Sa vie n'était qu'un vide pour lui, mais il était certain qu'une telle gentillesse n'était pas commune chez les humains...ni chez sa propre race, d'ailleurs.

"Il n'y a donc pas d'homme dans ta famille?" lui demanda-t-il.

"J'ai un frère," dit-elle. Elle tourna un de ses pied et fit lentement glisser son doigt le long d'une longue entaille profonde. "Je ne sais pas si tu as déjà rencontré Jason..."

Il ne savait pas non plus. Il la regarda ramener la bassine jusqu'à l'évier pour y ajouter de l'eau. Elle commença à nettoyer l'entaille avec le tissu et il grimaça.

"Et ton frère accepte que tu fasses ce travail?" demanda-t-il à travers ses dents serrées.

Elle le regarda en fronçant les sourcils. Qu'avait-il fait de mal? "Oh! Pour l'amour du Ciel, Eric! Jason a déjà assez de problèmes comme ça."

Et apparemment, prendre soin de sa sœur n'en faisait pas partie.

Elle lui sécha les pieds et se releva en pressant une main sur ses reins. Elle était fatiguée. Peut-être qu'il pourrait rester et prendre soin d'elle. Ils avaient besoin l'un de l'autre, après tout, et il n'avait nulle part où aller.

"Écoute, Eric, je crois que je ferais mieux d'appeler Pam," dit-elle. "Elle saura sans doute ce qui t'est arrivé."

Il essaya de se rappeler de ce nom mais ce fut sans succès. "Pam?"

"Ton bras droit," expliqua-t-elle. Etait-il quelqu'un d'important? Il était sur le point de lui le demander lorsqu'elle leva une main pour le faire taire. "Attends! Laisse-moi le temps de l'appeler pour avoir au moins une petite idée de ce qui se passe."

Dans de telles circonstances, il ne faisait confiance à rien ni personne. Personne d'autre que cette femme, dont la présence lui semblait naturelle et apaisante. Il ne connaissait aucune Pam. "Mais... et si elle s'est retournée contre moi?" insista-t-il.

"Il vaut mieux le savoir aussi. Et le plus tôt sera le mieux, crois-moi."

Il resta silencieusement assis alors qu'elle passait un coup de fil. Il pouvait entendre les deux côtés de la conversation. Elle lui avait réchauffé un TrueBlood, et il le but avec reconnaissance tout en l'écoutant parler. D'après ce qu'il entendit, son bras droit, cette Pam lui était restée loyale et elle s'inquiétait pour lui. Il voulait y croire, mais il ne lui ferait pas confiance. La femme dit qu'il était mentalement endommagé, ce qui le blessa, même s'il ne pouvait certainement pas le nier. La femme promit aussi de le garder pour la journée, et il fut submergé par le soulagement. Si elle le laissait rester, il pourrait lui parler de son plan de rester avec elle pour prendre soin d'elle.

"Oui. Soyez là à la tombée de la nuit," disait la femme. "Et je ne veux pas me retrouver embringuée dans vos maudites histoires de vampires, c'est clair?"

Voilà qui ne semblait pas prometteur. Il se demanda s'il était la cause de sa colère. Elle raccrocha le téléphone et posa ses yeux sur lui.

"Bon," dit-elle. "Voilà comment ça va se passer. Tu vas rester ici jusqu'à ce que Pam et les autres viennent te chercher demain soir. Ils te diront alors de quoi il retourne."

Il n'avait pas vraiment envie de voir 'Pam et les autres,' ni qui que ce soit d'autre d'ailleurs, jusqu'à avoir enfin découvert ce qui lui était arrivé. Au moins, il serait en sécurité ce soir. "Tu ne laisseras personne entrer, n'est-ce pas?" lui demanda-t-il.

Sa voix fut douce lorsqu'elle lui répondit. "Eric, je ferai de mon mieux pour que tu sois en sécurité." Elle se passa une main sur le visage et le regarda à nouveau, les paupières lourdes. Fatiguée, lui dit son sang, et il dut se rappeler que c'était d'elle qu'il parlait, même s'il ressentait la même chose. Elle l'attrapa par la main, comme elle l'avait fait plus tôt dans la soirée, et cette fois-ci, il la tint plus fort.

Il la suivit dans une pièce chaleureuse et confortable où son odeur était très forte. Silencieusement, il resta sur le côté et la regarda ouvrir une porte, déplacer quelques boîte, et soulever un tapis qui dissimulait une trappe. "Tu passeras la journée là," lui dit-elle. "Quand je me réveillerai, demain, je remettrai toutes ces affaires à l'intérieur pour que ça fasse plus naturel." Elle lui sourit.

Le trou semblait sombre et froid, et il découvrit qu'il ne voulait pas la quitter. Elle était tout ce qu'il avait en cet instant. C'était bien trop tôt pour renoncer à elle. "Je suis obligé d'y entrer maintenant?" demanda-t-il.

Elle hésita. "Non," dit-elle lentement. "Tu n'es pas obligé. Contente-toi de te faufiler là-dedans avant l'aube." Elle fronça les sourcils et eut l'air inquiète. "Tu ne peux pas rater l'heure, hein? Je veux dire, tu ne risques pas de t'endormir et de te réveiller en plein jour?"

Ses instincts lui dirent que non. "Non. Je sais que c'est impossible," lui dit-il. "Est-ce que je peux rester avec toi cette nuit?"

Après un petit gloussement, qui réduisit en cendre toute trace de fierté qui lui restait, elle soupira. "Bon, d'accord."

Sa chambre lui semblait familière, mais il ne savait absolument pas pourquoi. C'était peut-être à cause de la concentration de son odeur. Il s'assit et la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans la salle de bain avec des vêtements. A part de l'eau coulant, il n'entendit rien. Elle en sortit peu de temps après, dans une chemise de nuit qui semblait plus douce et plus attirante que tout ce qu'il avait jamais vu. Avant de se glisser dans le lit, elle détacha ses cheveux, et ils tombèrent sur ses épaules en superbes boucles.

Sans y être invité, il la rejoignit dans le lit. Il voulait plus que tout la toucher, se rouler en boule autour de sa chaleur réconfortante, mais il n'en fit rien. Il réalisa soudainement que malgré tous les noms étranges qu'il avait entendu au cours de la soirée, y compris le sien, il ne connaissait toujours pas celui de la femme.

"Femme?" appela-t-il doucement. Elle murmura doucement sa réponse. "Quel est ton nom?"

"Sookie," dit-elle. "Sookie Stackhouse."

Pam, Chow, Jason, Bill...ces noms ne signifiaient rien. Même 'Eric' ne signifiait pas grand chose. Son nom à elle était le seul qu'il pouvait associer à quelqu'un de réel et de tangible, et il s'y raccrochait comme à une bouée de sauvetage. "Merci, Sookie."

"De rien, Eric."

Eric. Lorsqu'elle le disait, ça devenait réel.

A sa plus grande surprise, elle chercha sa main sous les couvertures et il fit glisser ses doigts entre les siens lorsque leurs paumes entrèrent en contact.


Lorsqu'il se réveilla la nuit suivante, il entendit des voix. L'une était celle de Sookie, l'autre celle d'un mâle. Il souleva légèrement la trappe et repoussa les cartons que Sookie avait posé dessus avant d'en sortir. Baissant les yeux, il réalisa qu'il ne portait toujours que son slip rouge - guère approprié pour faire la connaissance d'un invité de Sookie. Il regarda autour de lui et trouva un peignoir marron posé sur le lit. Il était un peu court, mais ça ferait l'affaire. Il l'enfila et se dirigea ensuite silencieusement vers l'origine des voix. Ils parlaient de lui.

"Quel genre de fringues?" demanda la voix masculine.

"Du basique," répondit Sookie.

"C'est pour quelqu'un que je connais?"

Eric fit son entrée en serrant le peignoir autour de lui. "C'est pour moi."

L'homme l'observa pendant un moment avant de se tourner à nouveau vers Sookie. "C'est le nouveau, Sookie?" demanda-t-il. "Eh ben, t'as pas perdu de temps! Et c'est moi qui dois lui acheter ses fringues, en plus?"

Eric n'aima pas la façon dont cet homme s'adressait à Sookie, comme si elle était une fille facile. Mais il ne dit rien. L'homme lui ressemblait, et il se demanda si c'était le frère dont elle lui avait parlé.

"Oui," dit Sookie au visiteur. "Sa chemise a été déchirée la nuit dernière, et il y a des taches indélébiles sur son jean."

L'homme regarda à nouveau Eric. "Et tu as l'intention de me présenter?"

"Vaut mieux pas," répondit-elle.

Ça fit mal, il était peut-être endommagé mentalement, mais elle n'avait pas à avoir honte de lui. Il offrit sa main au visiteur. "Eric," dit-il simplement. Qu'aurait-il bien pu dire d'autre? C'était tout ce qu'il savait.

"Jason Stackhouse, le frère de cette impolie." Alors il avait eu raison sur la ressemblance, songea-t-il alors que Jason acceptait sa poignée de main. C'était l'homme qui ne prêtait pas assez d'attention à la sécurité et au bien-être de sa soeur. "J'imagine que vous avez une bonne raison pour ne pas sortir acheter vos fringues vous-même."

Sookie repoussa une mèche de cheveux derrière son oreille et regarda sévèrement son frère. "Une très bonne raison. Et une bonne vingtaine d'aussi bonnes pour que tu oublies que tu l'as vu."

Eric ouvrit la bouche pour protester, mais Jason le prit de vitesse. "Tu n'es pas en danger, Sookie?" lui demanda-t-il.

"Pas pour le moment," répondit-elle en jetant un coup d'oeil méfiant à Eric.

Jason fit un pas vers lui. Eric faillit reculer avant de réaliser qu'il était beaucoup plus grand et plus fort que cet humain ne le serait jamais.

"Si jamais il arrive quelque chose à ma soeur par votre faute," dit Jason, d'une voix basse, "je peux vous garantir que vous ne l'emporterez pas au paradis!"

Peut-être qu'il avait eu tort; peut-être que cet homme tenait vraiment à sa soeur. Mais pas assez. Eric hocha la tête. "Je n'en doute pas. Mais puisque vous vous montrez si franc avec moi, je vais l'être à mon tour : je pense que vous devriez vous occuper d'elle et l'accueillir chez vous pour qu'elle soit sous votre protection."

Jason le regarda avec la bouche grande ouverte comme un poisson hors de l'eau, comme s'il n'avait jamais entendu dire qu'il fallait prendre soin des femmes de sa famille. Finalement, il s'éclaircit la gorge et se tourna vers sa soeur. "Dix bouteilles de sang et une tenue de rechange?"

"C'est ça," elle hocha la tête. "Tu trouveras le sang chez l'épicier et les fringues au centre commercial." Elle jeta un rapide coup d'oeil à Eric. "Oh! Il lui faut des chaussures aussi."

Eric eut honte, debout là comme un enfant incompétent, mais il garda la tête haute. Jason s'approcha de lui à nouveau pour comparer leurs pointures. Son sifflement aigu fut surprenant.

Jason fit un large sourire à Sookie. "C'est plus des pieds, c'est des palmes! C'est vrai, ce qu'on raconte là-dessus?"

Eric essaya de se rappeler de ce qu'on racontait sur les pieds, mais rien ne lui vint.

"Tu ne vas sans doute pas me croire," dit Sookie avec un sourire, "mais je n'en sais rien."

"Un peu dur à avaler..." rigola Jason. "Sans mauvais jeu de mots. Bon, ben, j'y vais."

Eric croisa ses bras sur son torse et s'approcha de la fenêtre pour regarder la camionnette de Jason disparaître. Sookie se tenait devant le feu, une brosse à cheveux dans la main, et il la rejoignit. Elle était entrain de réfléchir à quelque chose. Le feu illuminait agréablement sa peau. Elle était adorable.

Il la regarda prudemment. "Je suis désolé d'être arrivé au mauvais moment. Tu ne voulais pas qu'il me voie, je suppose."

"Ce n'est pas que ça me gêne de t'héberger, Eric," dit-elle en lui souriant. "J'ai juste l'impression que tu t'es mis dans de sales draps, et je n'ai aucune envie de voir mon frère mêlé à une histoire qui pourrait mal tourner et dans laquelle il n'a rien à faire."

Quelque soit les problèmes qu'il avait, il n'avait aucune intention d'y impliquer qui que ce soit, et encore moins Sookie et sa famille. Surtout pas elle. "Tu n'as pas d'autre frère?" lui demanda Eric.

"Non." Elle tourna son regard vers la cheminée et étudia le feu. "Et mes parents sont morts, ainsi que ma grand-mère." Elle soupira. "Jason est toute ma famille, en dehors d'une cousine qui est tombée dans la drogue il y a des années. J'imagine qu'elle a carrément plongé, depuis."

La tristesse et la solitude de Sookie semblaient être les siennes, voyageant dans chaque parcelle de son corps. Il voulait lui dire que son frère n'était pas toute sa famille, parce qu'elle l'avait lui maintenant - Eric. Il se dévouerait à la protection et au bonheur de Sookie comme son frère ne l'avait jamais non plus. Je n'ai personne non plus, faillit-il dire. A la place, il se contenta de dire, "Ne sois pas si triste, je t'en prie."

"Oh! Je vais très bien."

Il découvrit soudainement quelque chose sur sa nature. Quelque chose qu'il découvrit soudainement au sujet de Sookie. "Mon sang coule dans tes veines." Son corps se tendit comme celui d'un animal prit au piège, et il la sentit devenir soudainement méfiante. "Je serais incapable de dire ce que tu ressens, si tu n'avais pas un peu de mon sang dans les veines. Sommes-nous..." Il s'approcha d'elle et inspira profondément. "Avons-nous été... amants?"

Peut-être que ça pourrait expliquer pourquoi sa présence le calmait, la raison pour laquelle il lui faisait confiance, le désir qu'il avait de s'accrocher à elle comme un homme perdu en pleine mer s'accrocherait à un radeau.

Elle hésita et son visage devint tout rouge. "Non," dit-elle. Il sut qu'elle lui disait la vérité.

"Ceci n'est pas un peignoir de femme... Et ce n'est pas celui de ton frère, "dit-il en baissant les yeux sur le peignoir avant de la regarder à nouveau. Elle secoua la tête. "À qui est-il?"

"À Bill."

Elle avait mentionné ce nom la nuit d'avant. Bill était le vampire qui habitait près de chez elle. "C'est ton amant?"

Elle hocha rapidement la tête. "Enfin, c'était."

La veille, elle lui avait demandé s'il était venu voir Bill. "C'est un de mes amis?"

"Eh bien... pas exactement," dit-elle lentement. "Il vit sur le territoire dont tu es le shérif." Elle étudia son visage, apparemment à la recherche du moindre signe indiquant qu'il savait de quoi elle parlait. "La cinquième zone?" insista-t-elle.

Rien de tout ça ne signifiait quoi que ce soit pour lui, donc il ne répondit pas. Sookie recommença à se coiffer, et l'électricité statique ambiante créa un halo de cheveux blonds autour d'elle. S'il pouvait la sentir, alors pouvait-elle sentir ses émotions aussi? Savait-il qu'à cet instant, il voulait être son amant? Elle sourit doucement et croisa son regard dans le miroir. Désir, chanta son sang; celui de Sookie.

Il ne savait pas vraiment comment agir. Ce ne serait pas approprié de lui faire des avances. Elle connaissait leur relation mieux que lui, et c'était une femme, donc ça devait être à elle de décider ce qu'ils feraient. "Il y a quelque chose qui ne va pas?" lui demanda-t-il.

Ses joues rosirent. Il savait qu'il avait déjà bu son sang, et maintenant, il aurait aimé plus que tout se rappeler de son goût. Elle ne pouvait pas avoir aussi bon goût qu'elle sentait bon, n'est-ce pas? Il voulait le découvrir.

"Non, non. Tout va très bien," répondit-elle.

Elle le voulait, mais elle ne se permettrait pas de l'avoir. Etait-ce toujours comme ça que ça s'était passé entre eux, ou était-elle juste prudente avec lui à cause de son état mental? Il se convainquit que c'était pour ça.

"Tes amis ne vont pas tarder à arriver," dit-elle d'une voix légère. "Ton jean est dans le sèche-linge, et Jason devrait être de retour d'une minute à l'autre avec d'autres fringues pour toi."

"Mes amis?" demanda-t-il.

"Les vampires qui travaillent pour toi, je veux dire. J'imagine que tu peux considérer Pam comme une amie." Elle haussa les épaules. "Quant à Chow, je ne sais pas..."

Pam et Chow. D'autres noms de la veille et ils avaient aussi peu de signification pour lui maintenant que que la veille." "Sookie, qu'est-ce que je fais, comme métier? Qui est Pam?" S'il était shérif, alors il devait avoir un bureau quelque part.

"Pam travaille pour toi à Fangtasia. C'est le bar que tu as à Shreveport. Chow y travaille aussi. Et comme je te l'ai déjà dit, tu es shérif. Tu contrôles toute la zone cinq. C'est l'une des raisons pour lesquelles Pam et Chow sont si inquiet pour toi."

"Tu ne sembles pas très au courant de ce que je fais."

"Eh bien, je ne vais à Fangtasia que quand Bill m'y emmène, et il ne m'y emmène que lorsque tu veux me faire faire quelque chose."

Il n'aimait pas cette idée. Dans son état habituel, traitait-il Sookie mal? La convoquait-il pour lui donner des ordres avant de s'attendre à ce qu'elle lui obéisse sans poser de questions? Voilà qui expliquerait sa réticence à accepter son désir pour lui. Là encore, elle était humaine et n'était donc pas forcée de lui obéir, quelque soit sa position.

"Comment puis-je te 'faire faire' quelque chose?" demanda-t-il. Elle avait fini de se brosser les cheveux, et il vit dans le miroir que les siens étaient complètement emmêlés. "Tu me prêtes ta brosse?"

"Bien sûr. Tiens."

Elle lui la tendit et le regarda se brosser les cheveux brièvement. Son désir pour lui était plus fort que jamais, mais elle ne dit toujours rien. Au bout de quelques minutes, elle partit abruptement. Espérant qu'elle voulait qu'il la suive dans sa chambre, c'est ce qu'il fit. Il resta à quelques pas d'elle et la regarda se tirer les cheveux en arrière avant de s'étudier dans le miroir.

"Tu es tendue," observa-t-il en s'approchant d'elle. Elle haleta de surprise et il recula rapidement. "Désolé! Désolé!"

Elle le regarda avec colère, les yeux plissés. Il ne savait pas quoi dire. Heureusement, son visage s'adoucit et elle secoua la tête. Avant que le silence ne devienne trop pesant, quelqu'un toqua à la porte.


Prochain chapitre : Le lion et l'antilope

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