GTO, the best

Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas, excepté celui d'Ai et les autres OC.

Résumé: Ai Amane, journaliste, se fait passer pour une collégienne pour enquêter sur Eikichi Onizuka

GTO,the best

Chapitre 1: La mission

Ai Amane se réveilla. Elle éteignit son joli petit réveil, un coeur rose foncé avec des ailes, puis s'étira de tout son long et se leva. Elle mit de la musique, les Bad Luck(1) et prit une tasse, qu'elle remplit de sucre, de chocolat en poudre et la mit à chauffer au micro-ondes. Elle disposa un croissant sur la table et mit à griller deux tranches de pain blanc, avant de les tartiner de beurre et de miel. Puis elle sortit la tasse du four, s'assit à la table et dégusta son petit déjeuner. Elle prenait toujours un petit déjeuner copieux. Comme elle ne grossissait pas, elle pouvait se le permettre. Cela tombait bien, car elle avait un appétit d'ogre. Elle contempla sa tasse, une tasse ronde et munie d'une paire d'oreilles de chat. Aujourd'hui, elle allait rentrer tôt. En ce moment, au Papillon noir, le journal où elle travaillait, il n'y avait pas beaucoup de travail. Elle avait juste un ou deux articles à rédiger, dont un sur Eiri Yuki, l'écrivain à succès qui publiait un roman feuilleton dans le journal(2). Elle était l'une des plus grandes fans de son roman. De plus, elle avait un petit faible pour lui. Malheureusement, il était déjà avec quelqu'un dont il était très amoureux.

Ai débarrassa la table, nettoya soigneusement sa tasse et se rendit dans la salle de bain. Elle avait le temps de prendre un bon bain. Tous les matins, bien que son lieu de travail soit tout près de chez elle, elle se levait deux heures à l'avance, pour pouvoir prendre tout son temps. Elle détestait se dépêcher. Par conséquent, elle se couchait tôt, car elle était une grosse dormeuse. Généralement, après le dîner, elle se mettait au lit avec un bon livre. En ce moment, elle lisait la saga Uglies, de Scott Westerfeld, un auteur américain. L'histoire la passionnait et le livre était très bien écrit. Tout ce qu'elle aimait, en somme. Le livre avait reçu le grand prix de l'imaginaire et elle trouvait cela bien mérité. Elle faisait également partie des nombreuses contaminées de Twilight. Au Papillon noir, cette saga était très critiquée par ses collègues, comme tous les livres à succès. Pour sa part, elle estimait que le succès d'un livre ou d'un film n'était généralement pas sans de bonnes raisons. Elle estimait que c'était bon signe que des livres aient autant de lecteurs. Contrairement à une idée reçue qui l'énervait au plus haut point, c'était les jeunes qui lisaient le plus.

Ai fit couler l'eau chaude et versa dans la baignoire un peu de bain moussant à la fraise, son parfum préféré. Elle avait des goûts de gamine. Elle aimait tout ce qui était sucré, notamment le coca et les bonbons et lisait beaucoup de mangas et de romans pour ados. Comparée à ses collègues du Papillon noir, elle détonnait. Physiquement aussi, elle ressemblait à une gamine. Elle était très mince et petite, elle mesurait un mètre cinquante trois. On la prenait souvent pour une lycéenne. Malgré cela, elle avait beaucoup de succès avec les garçons. Il fallait dire qu'elle était très jolie, elle en était consciente, avec ses longs cheveux bruns et ses grands yeux dorés. Malgré cela, elle restait célibataire. Il fallait dire qu'elle était très difficile. Pourtant, sa solitude commençait à lui peser.

Ai se glissa dans son bain et en apprécia l'odeur fruitée et sucrée. Son patron allait encore se plaindre de la forte odeur de fraise qui émanait d'elle. Au journal, elle ne pouvait pas se permettre de s'habiller comme une ado, de porter le style de vêtements qu'elle aimait. Elle attachait ses cheveux bruns en chignon, portait de courtes jupes noires et des chemisiers blancs. La seule fantaisie qu'elle s'était autorisée était un tatouage représentant une rose au niveau de son sein gauche, mais il ne se voyait que lorsqu'elle portait des décolletés.

Chez elle et en dehors du travail, c'était une autre histoire. Elle portait des mini-jupes et des vêtements aux couleurs flashy.

Au prix d'un gros effort de volonté, elle sortit du bain, enfila un peignoir rose et entreprit de brosser ses cheveux. Aujourd'hui, c'était décidé, elle les laisserait détachés. Elle se maquilla discrètement, s'aspergea de parfum à la fraise, mit sa culotte et son soutien gorge en dentelle préférés, couleur cerise. Ce n'était pas parce qu'elle était seule qu'elle ne portait pas de jolie lingerie. Elle raffolait de la dentelle et de la soie. Une bonne partie de son salaire passait dans sa lingerie. Si on comptait également ses dépenses en livres et en mangas, il ne lui restait plus beaucoup d'argent à la fin du mois. Néanmoins, elle arrivait à vivre.

Elle enfila ses chaussures à talons, des chaussures roses qu'elle s'était récemment achetée, touche d'originalité dans sa tenue monotone. Puis elle prit son sac et sortit.

Elle consulta sa montre et réalisa qu'il lui restait plus de temps qu'elle ne l'imaginait. Au lieu de prendre le bus, dont le trajet durait cinq minutes, elle décida de se rendre au Papillon noir à pied.

C'était une belle journée ensoleillée et Ai regrettait de devoir rester enfermée à travailler. Heureusement, elle finissait tôt. Elle pourrait aller prendre un verre avec son amie et collègue Nana et s'acheter quelques mangas. En passant devant Tagada Shop, sa boutique de bonbons préférée, elle fut attirée par l'odeur du sucre comme un vampire l'était par l'odeur du sang. Elle se précipita dans la boutique et fit le plein de nounours, de réglisses, de chamallows et de fraises tagada. Puis elle sortit, la bouche pleine de sucre rose.

-Gourmande! Dit une voix familière derrière elle.

Ai se retourna. C'était Nana. Son amie la dépassait d'au moins deux têtes, avait des cheveux roses et des yeux bleu foncé. Non contente d'être très belle, elle était aussi très gentille et passionnée de shôjo mangas. Elle se moquait du règlement de la boite où elles travaillait et arborait des couette et s'habillait avec des fringues d'adolescente. Si Ai avait été un homme, elle l'aurait épousée. Elle lui adressa un sourire.

-Belle journée, n'est ce pas? Dit Nana.

-Belle journée, en effet, dit Ai. Tu en veux? Dit elle en inclinant vers elle le gros sac chargé de bonbons. Elle pourrait tenir au moins trois jours avec. Quelqu'un de normal aurait tenu au moins une semaine avec un tel sac, mais elle ingurgitait par jour beaucoup plus de bonbons que la moyenne. Heureusement qu'elle restait miraculeusement mince.

Un sourire vorace se dessina sur les lèvres de Nana.

-Volontiers! Dit-elle en prenant une poignée de fraises tagada. Elle enfourna le tout dans sa bouche et mastiqua les bonbons avec une expression de délice sur le visage.

-Tu viens prendre un verre, après le boulot? Proposa Ai.

Le visage de Nana s'éclaira. Elle finit d'avaler ses bonbons avant de répondre:

-Avec plaisir!Tu veux aller au café Cat's eyes, je suppose?

Ai lui sourit.

-Tu lis dans mes pensées!

Les deux amies étaient des inconditionnelles du café Cat'eyes, notamment de leurs milkshakes et de leurs délicieuses glaces. Ai adorait les glaces. Ses préférées étaient les Haaggen Dazz, thé vert et surtout vanille noix de macadamia caramélisées. Le paradis. Mais celles du café Cat's eyes rivalisaient avec elles.

Ai et Nana firent le chemin à pied jusqu'au Papillon noir. Comme d'habitude, elle se firent draguer en cours de route. Quelqu'un leur proposa même de les déposer en voiture jusqu'à leur lieu de travail mais elles refusèrent poliment. Il ne fallait jamais accepter de monter dans la voiture d'un inconnu.

Les deux amies arrivèrent au Papillon noir. C'était un immeuble impressionnant, surmonté d'un gigantesque et sublime papillon noir. Elles rentrèrent par les portes coulissantes, sur lesquelles étaient peintes un papillon noir et prirent l'ascenseur. Ai vérifia son maquillage dans la glace. Tout était nickel. Elles s'arrêtèrent au septième étage.

Le bureau était pratiquement désert. Il n'y avait que quatre personnes, des hommes. Ryo, Ren, Yuki et Kyo. Kyo était un séduisant jeune homme, grand, mince, brun aux yeux verts et c'était le petit ami de Nana. Il s'avança vers elle et l'embrassa.

-Salut Nana-chan! Dit-il affectueusement.

-Salut beau gosse! Dit Nana en l'embrassant à son tour.

Ai les regardait avec envie. Cela faisait un an qu'ils sortaient ensemble et ils étaient toujours amoureux l'un de l'autre.

Kyo s'aperçut de la présence d'Ai.

-Salut petite tête! Dit-il en lui ébouriffant affectueusement les cheveux. Ca te va très bien, les cheveux détachés!

Ai lui sourit, flattée.

-Merci, dit-elle.

Kyo lui adressa un sourire bienveillant.

-Mignonne comme tu es, il faut absolument qu'on te trouve un mec, pas vrai, Nana?

Nana hocha la tête.

-C'est ce que je dis toujours, dit-elle.

Ai leva les yeux au ciel.

-Merci, c'est très gentil mais je préfère le trouver moi même, dit-elle. Cela prendra le temps qu'il faudra. Et je ne suis pas si mal, toute seule.

Un mensonge. Quand elle rentrait chez elle, le soir, elle déprimait.

-Comme tu voudras, dit Kyo. En tout cas, si tu changes d'avis, tu peux compter sur nous!

-C'est gentil, dit-elle.

Kyo était vraiment sympa. Avant qu'il sorte avec Nana, Ai avait un petit faible pour lui. Mais Nana était sa meilleure amie, donc elle avait fait une croix dessus. De toute façon, elle n'était pas une briseuse de couple.

-Au fait, il n'a que vous, ici? Comment cela se fait-il? Demanda Ai.

-C'est vrai qu'il n'y a pas grand monde, renchérit Nana.

-Ouais, dit Ren. C'est parce qu'il n'y a rien à faire, en ce moment.

-C'est vrai, dit Ai. Je n'ai que deux articles à rédiger et ensuite j'ai fini.

-Vraiment? S'étonna Yuki. Tu aurais pu le faire chez toi, non?

-J'aime bien mon bureau, dit Ai. Et puis, j'avais envie de voir des amis.

Ryo la serra contre lui.

-C'est gentil, Ai-chan! S'exclama-t-il.

-Hé, arrête de la peloter! Gronda Nana. Tu as déjà une copine!

-C'était juste un petit câlin fraternel! Protesta Ryo. Je considère Ai comme ma petite soeur!

Ai soupira intérieurement. Les mecs du journal étaient tous mignons et sympas mais ils étaient déjà pris. Elle n'avait décidément pas de chance.

-Au fait, vous savez que le vieux va prendre sa retraite? Reprit Ryo.

Le « vieux » désignait Arisada, le rédacteur en chef du Papillon noir.

-Ah oui? Fit Ai, intéressée. Tu tiens ça d'où?

-Il l'a annoncé, avant hier, lors d'une réunion.

Ai haussa les sourcils.

-C'est bizarre, je ne me souviens pas de cette réunion, dit-elle.

-Elle a eu lieu tard le soir, dans un restaurant. Moi non plus, je n'y étais pas. J'ai entendu un des assistants en parler, expliqua Ryo.

-Je vois, fit Ai.

Elle quittait toujours le travail en fin voire en milieu d'après midi. Elle n'aurait donc pas pu assister à cette réunion. Elle avait un emploi du temps relativement léger.

-Je me demande qui va prendre sa suite, dit Yuki.

-Sûrement Ai ou Nana, dit Ren. Ce sont nos meilleures journalistes.

Ai secoua la tête.

-Ce ne sera pas moi, dit-elle. Cela ne m'intéresse pas.

En effet, Ai ne tenait pas à avoir un poste à haute responsabilité. Elle préférait conserver son rythme tranquille, avec beaucoup de temps libre.

-Alors ce sera ma petite Nana! Dit Kyo en enlaçant sa petite amie.

Nana eut un sourire modeste.

-Ce n'est pas sûr! Je risque d'être pénalisée à cause de mon look! S'esclaffa-t-elle.

-Mais non! Rit Kyo.

Ai s'installa à son bureau. C'était un élégant bureau verni, orné de jolis papillons noirs. Elle l'avait personnalisé en y mettant un sous main en velours rose foncé. Sur la souris de son ordinateur était également dessiné un papillon noir. Elle alluma son ordinateur. Le fond d'écran représentait Misa-Misa de Death note, qui s'apprêtait à manger une fraise dans une pose très sexy. Misa était son personnage préféré de Death note. Elles partageaient le même nom de famille. De plus, elle adorait les fraises. Cela leur faisait deux points communs. Elle avait deux articles à rédiger. Un sur le Tagada Paradise, un restaurant où tous les plats étaient sucrés et à base de fraises et de bonbons. Elle considérait cet endroit comme un sanctuaire. L'autre article concernait Eiri Yuki. Deux sujets d'articles alléchants, en somme. Elle ne savait pas par quoi commencer. Elle tira au sort et tomba sur Eiri Yuki. Parfait. Elle ouvrit un nouveau document et commença à écrire.

Eiri Yuki et la Princesse écarlate. Une étoile montante.

Chers lecteurs, si vous avez l'habitude de lire le Papillon noir, vous connaissez sans doute déjà Eiri Yuki, qui publie chaque son roman feuilleton l'Ange déchu, qui raconte l'histoire d'amour entre la jeune Célia et un ange gardien. Une histoire d'amour mêlant poésie et surnaturel. Suite au succès colossal de cette histoire, l'illustre écrivain a publié d'autres romans, dont la Princesse écarlate. Ce sombre roman conte

-Amane! Aboya Arisada. Dans mon bureau immédiatement!

Ai s'interrompit en sursautant et se leva, intriguée. Arisada avait déjà regagné son bureau.

-Qu'est ce qu'il te veut? S'enquit Nana.

-Je n'en ai pas la moindre idée, répondit Ai, ce qui était vrai. Leur patron était un ours agressif. Il ne pouvait s'exprimer autrement qu'en aboyant. Ai ne l'aimait pas beaucoup mais elle faisait avec.

Elle se rendit à contrecoeur dans le bureau. C'était un bureau vaste et élégant, aux fenêtres vitrées de la taille d'une porte et aux rideaux beige clair sur lesquels étaient brodés des papillons noirs. Le tapis sur lequel trônait le bureau était également noir et en forme de papillon. Ai savait pertinemment que ce n'était pas son patron qui avait choisi la décoration. Le bureau avait toujours été ainsi, bien avant son arrivée.

Monsieur Arisada était un homme assez grand, d'un certain âge mais plutôt bel homme, avec son épaisse chevelure d'une belle couleur argentée, des sourcils noirs épais, des yeux noirs et un bouc noir. Il portait toujours des costumes noirs élégants avec de belles chemises blanches. Ai lui donnait environ la cinquantaine. Elle le trouvait trop jeune pour prendre sa retraite. D'un autre côté, il avait commencé à travailler très jeune. À l'époque, il était journaliste en free lance et il enseignait dans une faculté pour joindre les deux bouts. C'était une faculté très difficile, pleine de voyous. Bien qu'Arisada soit quelqu'un d'agressif, Ai l'admirait pour cela. Enseigner dans une fac aussi difficile avait dû lui demander beaucoup de courage. De plus, il l'augmentait régulièrement, bien qu'il ne soit pas avare de compliments. Ai aimait à croire qu'il n'était pas si méchant que ça.

De manière générale, Ai était de nature naïve et persistait à croire que l'homme était naturellement bon, bien que son métier lui prouve souvent le contraire. C'était plus fort qu'elle.

Aujourd'hui, monsieur Arisada arborait une cravate ornée de papillons noirs. Ai réprima un sourire. Il était assorti au bureau.

Il lui fit signe de s'asseoir.

-Asseyez vous, miss Amane. Désirez vous un café ou un chocolat chaud?

Ai était étonnée. D'une part parce qu'habituellement, il n'avait pas la courtoisie de proposer une boisson, d'autre part parce qu'elle était étonnée qu'il lui propose du chocolat, étant donné qu'il carburait exclusivement au café.

-Un chocolat chaud, s'il vous plait, répondit-elle sans hésiter. Contrairement à la plupart des journaliste du Papillon noir qui y étaient accro, elle détestait le café, qu'elle trouvait amer. Même avec du sucre.

Arisada lui servit une tasse de chocolat chaud et se servit une tasse de café bien noir, qu'il but d'une traite avant de s'en resservir une. Ai, quand à elle, savoura à petites doses le breuvage chaud et bien sucré.

-Prenez donc un biscuit, ordonna Arisada en lui tendant une assiette de cookies. Ai esquissa un sourire. Elle adorait les cookies. Comme presque tous les gâteaux, d'ailleurs. Elle en prit un gros et le savoura. Il était délicieux et avait un goût vanillé. Elle ne se priva pas de le dire à son patron.

-Ces cookies sont délicieux, dit-elle. C'est quelle marque?

Elle aurait bien aimé en acheter.

Arisada sourit. C'était très rare.

- C'est la marque Grignote. Je les achète à la supérette qui est juste en face du journal.

-Je vois, dit Ai.

Elle se promit d'aller y faire un tour. Arisada pencha l'assiette vers elle.

-Prenez en un autre, dit-il de son ton bourru habituel. Servez vous, il m'en reste au moins deux boites.

Ai ne se le fit pas dire deux fois. Toutefois, elle ne savait toujours pas pourquoi Arisada l'avait convoquée. C'était bizarre.

-Monsieur Arisada, pourquoi m'avez appelée? Demanda-t-elle.

Arisada se racla la gorge.

-Miss Amane, j'ai besoin de vous pour deux raisons. La première, vous êtes l'une de mes meilleurs journalistes. La seconde, vous ne faites pas votre âge. Je vous donnerais facilement quatorze ans.

Ai fronça les sourcils, un peu vexée. Elle était loin de faire ses vingt-deux ans, elle le savait. Mais de là à dire qu'il lui donnait quatorze ans, c'était un peu exagéré. En revanche, elle était flattée qu'il la considère comme l'une de ses meilleurs journalistes. Cependant, elle se demandait en quoi son allure jeune pouvait être un atout. Où voulait-il en venir?

-Je voudrais que vous enquêtiez sur Eikichi Onizuka, dit-il.

Ai haussa les sourcils. Ce nom ne lui disait rien.

-Qui est ce? Demanda-t-elle.

-Un professeur au collège Kisshô mais il n'a aucune raison d'enseigner. C'est un voyou, violent et agressif, doublé d'un obsédé sexuel, cracha Arisada haineusement.

À sa voix, Ai devina qu'il le détestait. Il lui en en voulait personnellement, c'était sûr. Pourquoi? Ai n'osait pas le demander à son patron, de peur qu'il l'envoie sur les roses.

-Je voudrais donc que vous enquêtiez sur lui, Amane, reprit Arisada. Pour cela, je vais vous confier une mission délicate. Vous allez vous faire passer pour une collégienne.

Ai en resta bouche bée. C'était pour cela que son apparence de gamine allait être un atout. Pour elle, le collège n'avait pas été une période facile. Y retourner lui faisait peur. D'un autre côté, elle adorait les défis. Et celui là avait l'air amusant.

-J'ai déjà téléphoné à la directrice, dit-il. Elle est d'accord pour que vous vous inscriviez en 3ème 4, la classe dont il est professeur principal. Je veux que vous me fassiez un portrait noir de lui.

Ai hésita. Si jamais cet Onizuka n'était pas la brute épaisse que lui avait décrit Arisada, cela l'ennuierait de le peindre en noir alors qu'il ne le méritait pas.

Arisada sembla lire dans ses pensées.

-Je vous assure que c'est un sale type, Amane. Si vous acceptez, je double votre salaire.

Cette promesse était alléchante. Avec deux fois plus d'argent, Ai pourrait s'acheter plus de mangas.

-J'accepte, dit-elle.

Arisada esquissa un sourire.

-Merci beaucoup, miss Amane. La directrice vous a donné rendez vous ce soir à dix huit heures au collège Kisshô. Vous pouvez disposer.

Ai quitta le bureau. Ainsi, son patron avait déjà tout manigancé. Heureusement, elle savait où se trouvait le collège Kisshô. Son cousin y avait fait sa scolarité. Elle acheva ses deux articles et partit, en compagnie de Nana. Elles se rendirent au café Cat's eyes, où Ai commanda une glace guimauve, composée de trois boules, une vanille, une fraise et une chamallow, dans lesquelles était plantés trois pockys à la fraise. Elle était parsemée de fraises tagada. Un délice. Quant à Nana, elle prit une glace thé vert, nappée de fromage blanc et saupoudrée de gingembre et de cannelle. Elles prirent toutes les deux un milkshake à la vanille avec.

-Alors, qu'est ce que le vieux te voulait? Demanda Nana tandis qu'Ai dégustait sa glace.

-Tu ne vas pas en croire tes oreilles! S'exclama Ai. Il veut que je me fasse passer pour une collégienne pour enquêter sur un prof!

Nana écarquilla les yeux de surprise.

-Tu n'es pas sérieuse! Glapit-elle.

-Si! Et comme il ne peut pas blairer ce type, il souhaite que je le descende dans mon article, tu y crois?

Nana grimaça.

-Ce n'est pas très élégant, fit-elle remarquer.

-C'est vrai, admit Ai. Mais je ne pouvais pas refuser et-elle baissa la voix- il m'a promis de doubler mon salaire si je le faisais.

-Waouh! S'exclama Nana, impressionnée. En effet, tu serais folle de refuser!

-En plus, il m'a vraiment assurée que c'était un sale type. Il paraît qu'il est violent. Du coup, j'ai peur de me retrouver face à lui.

Nana eut un sourire rassurant.

-Ne t'inquiète pas, dit-elle. Un professeur n'a pas le droit de lever la main sur ses élèves.

-C'est vrai, admit Ai, un peu rassurée.

-Bon, maintenant, il faut penser à te relooker! Déclara Nana.

Ai haussa les sourcils.

-Me relooker?

-Oui. Si tu dois retourner au collège, tu dois avoir l'air d'une collégienne!Affirma Nana. Elle semblait très enthousiaste à cette perspective. Ai l'était aussi. Elle espérait seulement qu'elle ne serait pas obligée de porter un appareil dentaire. Elle en avait eu un pendant deux ans, c'était un vrai calvaire.

Elles finirent leurs glaces et leurs milkshakes et quittèrent le café.

-Bien, dit Nana. Commençons par le coiffeur. Je vais t'emmener chez Sakura Style, c'est mon coiffeur favori!

Ai regarda la chevelure rose de son amie. Elle aimait beaucoup cette couleur mais ne se voyait pas se teindre les cheveux en rose. Cela dit, elle lui faisait confiance.

La vitrine du salon était alléchante. Elle était décorée de fleurs de cerisier. Ai adorait cette fleur. Nana la poussa à l'intérieur.

Un jeune homme aux cheveux courts et doté d'une longue mèche bleue qui lui frôlait ses yeux noirs les accueillit. Il avait l'air de très bien connaître Nana.

-Salut Nana! Tu vas bien?

Ai fut étonnée de constater qu'il la tutoyait. Cela le rendait plus sympathique.

-Salut Tôru! Oui, ça va, et toi?

Tôru haussa les épaules.

-Bof, je m'ennuie...tu tombes bien.

-À la bonne heure! S'exclama Nana. Aujourd'hui, je suis venue te confier ma petite Ai, dit-elle en poussant Ai vers lui.

Tôru se pencha vers Ai avec un sourire bienveillant.

-Salut Ai-chan! Qu'est ce qu'on va faire de toi?

-Tu dois la métamorphoser en collégienne, annonça Nana.

-Oui, mais je ne veux pas une coupe au bol ringarde! Dit Ai en se souvenant avec horreur de la coupe de cheveux qu'elle avait arborée en primaire et au collège.

Tôru lui adressa un clin d'oeil.

-Ne t'en fais pas! Tu vas être super mignonne! Cela ne te gêne pas que je les raccourcisse? Dit-il en prenant quelques mèches entre ses doigts. Cette coupe est triste et monotone, tes cheveux ont besoin de mouvement!

-Tu as carte blanche! Dit Ai en le tutoyant à son tour.

Tôru la fit s'asseoir et badigeonna ses mèches de cheveux avec un pinceau avant de les envelopper avec du papier aluminium.

-Ca va être long! La prévint-il. Veux tu de la lecture?

-Je veux bien, merci! Dit Ai.

Elle s'attendait à ce qu'il lui ramène des revues people mais il lui apporta une pile de mangas. Ai les regarda avec appétit puis en choisit un. Switch girl. Elle eu le temps de le lire en entier et rit plusieurs fois à voix haute. Au bout de trois mangas, Tôru revint la chercher.

-Tu viens? On va passer au shampoing, dit-il.

Ai le suivit docilement. Il lui lava les cheveux avec un shampoing à l'odeur de fraise. Tout ce qu'elle aimait. Puis il lui malaxa le cuir chevelu. Ensuite, il les rinça et l'emmena s'asseoir devant une glace. Elle lut un autre manga tandis qu'il lui coupait et séchait les cheveux. Elle ne regardait pas ce qu'il faisait, ainsi l'effet de surprise serait complet.

-J'ai terminé, miss! Annonça-t-il enfin.

Ai leva le nez de son manga. Elle en resta bouche bée. Elle était super mignonne. Elle avait les cheveux coupés au niveau de l'oreille, dégradés, ébouriffés comme ceux d'un lutin et parsemés de jolies mèches roses. Elle adorait ce nouveau style.

-Mer..merci, bégaya-t-elle, éperdument reconnaissante.

-Je n'ai fait que mon travail, dit modestement Tôru.

-C'est super! Dit Ai. Je reviendrai souvent! Promit-elle.

Tôru lui sourit.

-Génial! Dit-il.

Ai sortit son portefeuille mais Tôru l'arrêta d'un geste.

-Range ça! Ordonna-t-il. Comme tu es une amie de Nana, je te fais la première coupe gratuite!

Ai n'en revenait pas.

-Merci beaucoup! S'exclama-t-elle.

-Première étape réussie! Dit Nana, satisfaite, quand elles eurent quitté le salon de coiffure. Maintenant, il faut acheter tes affaires scolaires!

Ai et Nana parcoururent les magasins. En premier, Ai s'acheta un sac rose qui avait la forme du pokémon Rondoudou. Ensuite, elle fit l'acquisition d'une trousse en forme de bouche pulpeuse et acheta toute une série de stylos à l'encre parfumée au sucre.

Une fois les affaires scolaires achetées, elles allèrent acheter des accessoires pour customiser l'uniforme d'Ai, dont des loose socks, des chaussettes rayées multicolores et des bas résille roses avec des jarretières en velours noir.

Lorsqu'elles eurent terminé, Ai consulta la nouvelle montre rose en forme de coeur qu'elle avait achetée.

-Bon, je dois aller à mon rendez vous avec la directrice.

C'est au collège Kisshô? Je peux t'y déposer, si tu veux, proposa Nana.

-Super! Dit Ai.

Lorsqu'elles arrivèrent au lycée, Ai descendit de la voiture, intimidée. C'était un lycée très réputé. Elle pénétra à l'intérieur du bâtiment et croisa de nombreux élèves, dont certains garçons qui la regardaient d'un oeil appréciateur. Elle allait être draguée par des adolescents boutonneux. Génial.

Elle se rendit à la cafétéria, là où lui avait donné rendez vous la directrice. Une dame rondouillarde à lunettes l'y accueillit.

-Vous désirez, mon enfant? Dit-elle.

-Un lait fraise, s'il vous plaît. J'ai rendez vous avec la directrice de l'établissement.

La dame enleva son fichu.

-C'est moi.

-Je vous demande pardon? Dit Ai, abasourdie.

-Je vous prépare votre lait fraise, ensuite on ira dans mon bureau. Vous êtes bien Ai Amane?

Ai acquiesça, ahurie. Elle n'arrivait pas à y croire.

Elle prit son lait-fraise et se rendit dans le bureau de la directrice. Celle ci s'assit.

-Asseyez vous, je vous prie, dit-elle à Ai. Alors comme ça, vous voulez enquêter sur le professeur Onizuka.

-Oui, répondit Ai. C'est monsieur Arisada qui m'envoie.

-Je le sais, dit-elle. Vous intégrez donc la 3ème 4. Vos cours commencent demain matin. J'espère que vous écrirez un article élogieux sur Onizuka. C'est un professeur exceptionnel. Il a réussi à se mettre dans la poche la classe la plus difficile de tout l'établissement. Il y a encore quelques fortes têtes qui lui résistent mais je suis certaine qu'il en parviendra à bout.

Ai l'écouta, interloquée. Cela ne collait pas du tout avec ce que lui avait dit Arisada.

-Vous avez l'air de beaucoup l'apprécier, dit-elle.

La directrice sourit.

-Oh que oui. C'est l'un des professeurs les plus sympathiques de notre établissement.

Ai sortit du bureau, embêtée. Si Onizuka n'était pas le sale type qu'Arisada lui avait dépeint, sa mission serait plus compliquée que prévu.

(1) Les fans de Gravitation reconnaîtront le groupe

(2) Eiri Yuki est un des héros de Gravitation et il publie ses écrits dans le Papillon Noir dans ma fic Princess Princess