Bonjour,

Voici la suite d'ANDP. Heureuse de voir que j'ai toujours des lecteurs malgré le temps qui passe.

Je dois avouer que ce chapitre n'aurait pas été écrit sans les derniers évènements.

Comme toujours vos points de vu m'intérèsse.

Enjoy

Azniv


Cloitrés dans le couvent, sous une espèce de fausse protection, les américains vivaient un peu coupés de toutes informations. Pas de télé, pas de radio. Juste un appel par jour, à une heure précise pour Abby.

Ils ne pouvaient pas réellement se fier aux journaux officiels. Le Mossad savait parfaitement s'en servir pour manipuler leurs cibles.

Une demi-journée s'était écoulée depuis l'altercation de Gibbs et de l'infirmière. La Mère Supérieur l'avait fait sortir de la cuisine et aucunes d'elles n'étaient réapparues depuis.

Gibbs était retourné voir Juliette pour lui ordonner de se reposer un maximum. Elle n'avait pas répondu et s'était contenté de fermer les yeux. Tim et Aïda avaient repris leurs vigies à ses côtés. Ziva avait senti le besoin de refaire pour la énième fois le tour de la propriété. Pour se rassurer et rassurer ses instincts. Tony lui...était toujours en agréable compagnie avec le nourrisson qui semblait l'adorer. Elle avait un jouet grandeur nature rien que pour elle qui devançait ses moindres désirs.

Lorsque les premières sirènes lointaines se firent entendre, personne ne réagit vraiment.

Il n'était pas rare d'entendre des exercices. Et ce n'était certainement dans leur quartier. Peut être même était ce à l'autre bout de la ville, où dans sa proche banlieue. Rien à craindre.

La Sœur-portière vit passer les premières voitures militaires devant les grilles du couvent à l'heure du repas. En trombe et armées. Elle vivait depuis assez longtemps au Moyen-Orient pour reconnaitre une alerte d'une réelle situation et c'est sans trembler qu'elle appela le bureau de la Mère Supérieur.

A l'instant même les sirènes sonnèrent du minaret qui donnait juste en face de la grille, de l'autre côté du mur de béton qui démarquait Jérusalem-Est d'Abou Gosh.

La religieuse se signa et murmura une rapide prière avant de courir vers l'accueil.

Dans sa chambre, Juliette se réveilla en sursaut au bruit tonitruant. Des alertes, elle en avait connu à Gaza. Mais jamais ici. Elle se sentait en sécurité ici. Elle aperçu Aïda dans les bras de Tim, apeurée. Lui visiblement se demandait se qu'il se passait.

-Va dans le hall Tim. Ils te diront...Où se trouvent l'abri le plus proche.

-L'abri.

-Bombardement murmura Aïda.

Comment une petite fille pouvait-elle avoir se genre de vocabulaire en langue étrangère. Elle devrait savoir dire jeu, gourmandise, papa, maman en anglais. Pas abri, roquette et bombardement.

Juliette tenta de lui envoyer un regard et un sourire réconfortant malgré sa propre crainte.

Il était rare pour les sirènes de sonnées dans Jérusalem.

-Maintenant Tim.

-Et toi?

La porte s'ouvrit en grand avant qu'elle ne puisse répondre. Et au loin, la première roquette tomba. Instinctivement, l'enfant se couvrit les oreilles et se colla dans le cou de Tim alors que celui-ci la serra plus fort dans ses bras.

Au bruit des sirènes d'alerte se mêlèrent des sirènes des ambulances et services d'urgence, des cris et des avions de combats. Israël avait décidé de riposter. Ils savaient.

Gibbs et Dinozzo coururent jusqu'au lit.

-L'abri est plein. On est en train d'aider les patientes et leurs familles à y descendre. Nous ont prends la cave.

-Ok répondit McGee qui prit enfin le sens de la situation.

-Ziva demanda de sa voix cassée Juliette.

-En train d'aider les Sœurs. Dinozzo et moi on va te porter. McGee, prends des couvertures et des têtes d'oreillers.

-D'accord.

Mais les adultes comprirent automatiquement qu'Aïda n'avait pas l'attention de quitter ses bras de si tôt. Il arriva tout de même à prendre la couverture qui se trouvait au pied du lit et deux oreillers sur la chaise près de la porte. Avant de se diriger vers le hall pour aller chercher de l'aide.

-Il faut te lever Juliette. Reprit Gibbs le plus calmement possible.

-Je sais dit-elle en inspirant profondément, les sirènes toujours hurlantes au dehors de leur cocons.

-Dinozzo va t'aider d'un côté et moi de l'autre.

-Ok dit-elle en essayant de se redresser au maximum. Une grimace de douleur sur le visage.

Péniblement, alors qu'une seconde explosion se fit entendre, elle réussit à s'assoir. Gibbs fit signe à Dinozzo de se rapprocher et de la prendre avec lui.

-Un, deux, trois.

-Nom de...Jura-t-elle en français.

Mais elle était debout.

-Marche ordonna Gibbs.

Elle comprit rapidement que ce n'était pas ses jambes qui ne la porteraient pas. Mais son bassin. Elle refoula au maximum la bouffée de panique qui montait à la surface. C'était la première fois qu'elle sortait de son lit pour de bon. La première fois, qu'elle se rendait compte de l'état réelle de son corps et du chemin qui lui restait à parcourir. Son esprit logique lui cria qu'elle pouvait, pourrait remarcher. Elle avait toutes ses sensations. Malgré l'engourdissement dû aux longs jours d'alitement, elle sentait le sol sous ses pieds nus, sentait le sang descendre vers ses doigts de pieds. Mais c'était douloureux. Sacrément douloureux. Il n'y avait donc pas de paralysie. Elle le savait. Mais son bassin. Elle ne pouvait pas se tenir droit. Une ceinture de douleur lui encerclait la taille.

Serrant les dents, elle laissa les deux hommes la guider ou plutôt la trainée vers la sortie.

Aucun d'eux ne manqua la fumée pas si lointaine que cela qui montait dans le ciel et les lumières d'une explosion. Feu de haine.

Elle n'alla pas beaucoup plus loin avant de laisser sa tête tombée sur le côté. Gibbs jura entre ses dents avant de prendre le poids mort dans ses bras et la calée précieusement contre lui.

Cette Gabrielle avait raison.

Elle grimaça et murmura des excuses rauques et cassées qu'il ne retenu pas.

Quand ils arrivèrent dans la cave, l'équipe, Aïda, quelques religieuses et l'infirmière étaient là, les attendant autour d'un lit improvisé.

-Les roquettes viennent de Gaza commença doucement Ziva. La radio israélienne vient d'annoncer la mort d'un chef terroriste.

-Qui?

-Mahmoud.

Aucun d'entre eux n'ouvrit la bouche. Mais Ziva et Juliette, de son lit de fortune, échangèrent un regard. De nouveau de soldat à soldat. Mission réussie Officier Delmas.

Mais à quel prix.

Gibbs lui se concentrait sur l'autre américaine de la cave. L'infirmière qui écoutait, sans y paraître leur petit échange. Comment définir son visage rempli de sentiments contradictoires et d'une peur absolue.

Pas des roquettes ni des tirs que l'on entendaient au loin. Elle n'était pas, elle non plus, à son premier bombardement et comme Gibbs, semblait ne pas craindre le dénouement, pourtant possiblement funeste de la situation. C'était une autre peur qui peignait son visage et remplissait ses yeux verts. Une femme comme elle ne craignait pas le hasard ou l'inconnu. Encore une fois, elle s'était trouvé dans des situations qui ne le laissait plus ce luxe.

Comme eux, elle connaissait l'urgence de l'action et la nécessité de ne ressentir que le minimum. Cette peur qui vous garde et vous empêche de sombrer de l'autre côté du gouffre. Celui de la haine ou celui de la mort.

L'ancien sniper la fixa comme il s'avait si bien le faire avec ses suspects. Pour la faire avouer ses pires craintes.

Gabrielle regarda de loin sa malade qui prenait réconfort dans la présence du plus jeune d'entre eux. Ce dernier ne cessait de caresser ses cheveux et de lui sourire.

Le monde de ces deux êtres s'arrêtaient à cela.

Après tout à quoi se rattacher d'autre sous les bombes qu'au sourire et à la présence de l'être aimé.

L'infirmière comprit alors. Pourquoi ils ne semblaient pas paniqués. Pourquoi ils n'irradiaient pas de peur. Pas parce qu'ils connaissaient ce genre de situation. Pas parce que la guerre était leur quotidien et que leurs corps avaient appris à ne plus sursauter aux bruits des explosions. Mais parce qu'ils étaient ensembles.

Tout ce qui leur était important était là. Entre eux.

Cette alchimie qui se passait quand ils se retrouvaient. Voilà pourquoi ils se battaient. Voilà pourquoi les américains étaient venus recherchés Juliette à l'autre bout du monde. Sans secours officiels.

Parce qu'ils étaient eux. Tous ensembles. Sans l'un d'entre eux, une partie de chacun n'était plus.

Équilibre précaire.

Ses yeux retournèrent sur l'ex Marine. Sur le Marine. Marine un jour, Marine toujours entendit-elle dans sa tête, remontée du fond des âges. D'une autre vie.

Il semblait lui poser une question. Silencieuse mais qu'elle ne pouvait ignorer. Il n'avait pas besoin de la formuler pour qu'elle comprenne. Et cela la rendit mal à l'aise.

Le silence de la cave était entrecoupé des bruits de la radio que Ziva écoutait attentivement, des bruits étouffés des sirènes.

Et tout le monde sursauta un peu lorsqu'elle articula doucement.

-Je viendrais. Je vous aiderais à quitter le pays.