Voici ce la suite d'aveux silencieux qui prend place dès le début de la saison 7. Spoiler pour ceux qui ne l'auraient pas vu.

J'espère que vous apprécierez. Je ne sais pas jusqu'où cela va me mener mais ce ne sera pas la première fois.

Encore merci de prendre le temps de me lire et double merci pour ceux qui me laissent de si gentils messages.

Enjoy

Azniv

PS: Merci à ma béta misaya de me consacrer un peu de son temps en relecture et correction ;-)


Quelques semaines ou mois auparavant.

Ils l'avaient ramenée. Ils avaient été au-delà des portes de l'enfer pour la ramener parmi les vivants. A leur grande surprise, et à celle de toutes les personnes présentes, ils se retrouvaient une dizaine d'heures après avoir tué Saleem et liquidé le camp, au milieu de leurs bureaux respectifs.

Il se laissa tomber durement sur sa chaise de bureau et resta ainsi, à la regarder. S'extrayant des embrassades et congratulations que tout le monde trouvait de rigueur.

Eux ne l'avaient pas vu. Assise sur cette chaise, le suppliant de la laisser mourir! Comment pouvaient-ils ignorer ses yeux sans vie. Ils l'avaient ramenée de l'enfer. Mais ne l'avait pas ressuscitée.

Sa Ziva était...Morte...

Il la regardait, immobile, dans les bras d'Abby qui, sans doute, voulait lui communiquer toutes ses ondes positives. Elle restait stoïque, sans vie - il ne pouvait trouver d'autres termes - perdue dans un ailleurs où elle aurait préféré rester. C'était ses mots. « Elle ne méritait pas de vivre ».

Et lui, la seule chose qu'il voulait, viscéralement, c'était de partir d'ici, de lui faire couler un bain chaud et de la soigner.

Elle avait refusé de passer à Bethesda mais l'infirmier de l'avion sanitaire avait pu l'ausculter.

Enfin, elle s'était laisser faire entre ses mains, inerte et ne prêtant aucune assistance. Le militaire avait assuré qu'elle souffrait sans doute de déshydratation, de malnutrition mais que par miracle, elle n'avait aucune blessure physique trop sérieuse. Des traces de sévices qui dataient sans doute des premiers jours de sa captivité, des cicatrices qui avaient commencées à se guérir naturellement mais rien qui ne mettait sa vie en danger immédiat. D'un point de vue psychologique, il ne voulait pas se prononcer mais il leur fit comprendre à demi-mots qu'elle était grièvement touchée. Gibbs demanda les détails de ce qu'elle avait pu vivre selon ses observations. Il se retrancha derrière le secret professionnel et pour être franc, après le peu de temps qu'il avait passé entre les mains du chef terroriste, Tony n'était pas prêt à entendre les détails du calvaire de son amie.

Alors, le patron avait ordonné de prendre le chemin du NCIS. Espérant peut-être qu'elle accepte que Ducky prenne soin d'elle.

Lui voulait seulement rentrer à la maison. Loin d'eux tous.

Il sentit alors le regard du Bleu sur lui. Il semblait être le seul à l'avoir vu s'éloigner, à part Gibbs. Mais Gibbs voyait tout, tout le temps, il ne comptait pas.

Mais McGee ne détournait pas ses yeux de lui. Au point de le rendre mal à l'aise.

Depuis quand est-ce qu'il avait la capacité de le rendre mal à l'aise ? Ou peut être était-ce la forme que prenaient ses sourcils en le regardant?

Ou alors, le fait qu'il savait que depuis quelques temps, il lui était difficile de dissimuler quoi que ce soit à McGee ?

Ils avaient passé trop de temps ensemble durant cet été.

Il remarqua enfin qu'Abby avait relâché Ziva et que cette dernière ne semblait pas savoir où aller ni que faire. Elle posait un regard craintif sur ce qui l'entourait. Depuis quand sa super Ninja était-elle craintive, à leur côté?

Puis ses yeux se posèrent sur son ancien bureau.

Pour une fois, McProbie fut le plus rapide et s'approcha d'elle en premier. Faisant attention pour autant à ne pas rentrer dans son espace personnel et à ne pas la toucher.

De toute manière, aucun d'eux n'avait pu la toucher après la sortie du camp.

Se sentait-elle sale ? Avait-elle peur d'eux parce qu'ils étaient des hommes, comme il l'avait si souvent vu chez des victimes de viols ou de maris violents ?

Il vit McGee lui parler doucement. Et son visage, véritable masque de peur, se tourner doucement vers lui. Puis, il entendit:

« Je crois qu'il est temps de rentrer...Tu dois vouloir te reposer... »

Il se leva d'un seul mouvement, s'approchant d'eux.

-Je peux la ramener si tu veux, McGee. Tu devrais téléphoner à tes parents et les rassurer...

-Les rassurer de quoi? Ils ne savent pas que je suis parti en Somalie...Je les appellerais après le dîner. Histoire de prendre de leurs nouvelles. De plus, je crois que tu ne devrais pas conduire. Tu as eu un sérum de vérité dans le sang...

Alors qu'il allait argumenter que tout allait bien pour lui, merci, une petite voix l'interrompit.

-Je n'ai plus de maison.

Il vit le visage de McGee se durcir.

Celui de Ziva se fendre d'une émotion qui lui était étrangère jusqu'alors. Il cru qu'elle allait craquer. Mais à sa surprise, les larmes n'arrivèrent pas. C'était sans doute mieux ainsi, il ne pensait pas être prêt à recevoir ses pleurs. Il devait d'abord évacuer la rage et cet imbroglio d'émotions qui bouillonnaient en lui. Et chasser ces images d'une cellule poussiéreuse, du choc de la revoir, de Tim allongé au sol que ces types avaient pris du plaisir à cogner.

-Tu peux venir chez moi, répondit McGee. Il faut bien que ma nouvelle chambre d'amis serve de temps en temps.

Ils se tournèrent tous les deux vers lui.

-Allez, venez, répondit-il encore. J'ai vraiment envie de me changer.

Tony sortit de sa torpeur. McGee était en train de prendre les choses en mains, mais c'était lui le second de cette équipe, c'était à lui de dire ce qu'ils devaient faire ou pas.

-On devrait peut-être trouver quelque chose pour se changer.

C'est tout ce que tu peux sortir, Dinozzo!

Hochement de tête positif. Regard d'incompréhension flagrant de Ziva. Il la guida jusqu'à sa propre chaise et lui dit de l'attendre là, lançant un regard entendu au probie. « Garde un œil sur elle... » Et il partit le plus vite possible, aussi rapidement que le lui permettait son corps endolori, vers les vestiaires où il gardait de quoi se changer.

Il y trouva Gibbs en train de finir de s'habiller après une douche rapide.

-Alors Dinozzo? Qu'est-ce que vous comptez faire maintenant?

Il arrêta son geste à l'ouverture de son casier. Plantant ses yeux verts brillants dans ceux lagons et chauds de son patron.

-On rentre à la maison Gibbs...On rentre à la maison...