Enfin la suite de ce treeshome.

Merci pour vos précédentes reviews. Je pense être plus présente dans les temps qui viennent, les choses se calment pour moi après des changements radicaux.

Merci de me lire et de laisser des messages, j'en ai grandement besoin

Enjoy

Azniv


Si le sommeil commençait déjà à le fuir comment allait-il s'en sortir.

Pour ce qui lui sembla être la centième fois depuis son couché, McGee remit son oreiller et sa couette en place. Avant de se rendre compte qu'il n'en supportait pas le poids, ses bleus étaient encore sensibles.

Il avait beau essayer de se masser le mieux possible, d'appliquer de l'arnica, mais seul, ce n'était pas forcément simple.

Il crevait d'un massage.

Et son esprit embrumé, le traitre, le laissa fantasmer.

Des mains longues et fortes le feraient se tourner sur son ventre avec tendresse, une voix grave lui demanderait de tirer son t-shirt et immédiatement, il sentirait la peau douce des doigts agiles sur ses épaules. Un poids sur ses reins.

Petit à petit, ces doigts seraient rejoints par des baisers papillons, doux, sensuels.

Et ses douleurs vite oubliées. Remplacées par des préoccupations plus essentielles.

Comme comment se libérer et plaquer le corps au dessus de lui sous le sien.

Et ses mains masculines descendraient. Suivant sa colonne vertébrale et semant des picotements qui dépasseraient l'unique surface de sa peau. Créant ces sensations si douces au creux de son ventre.

Et plus.

Les doigts dépasseraient sur les côtés tout en continuant leur descente, faisant naitre des gémissements au bord de ses lèvres. Il enfouirait alors son visage dans sa taie d'oreiller et se mordrait la lèvre inférieure. Ce qui ferait rire doucement son partenaire.

Le corps au dessus de lui se déplacerait de quelques centimètres pour pouvoir travailler sa cambrure.

Et avant même que les doigts aient touché ses fesses, il écarterait les jambes.

Las, McGee balança une bonne fois pour toute sa couette, se leva pour inspirer profondément et mettre sous contrôle sa réaction aux images mentales.

Il n'avait pas vu le visage de son partenaire, il n'en avait pas besoin.

Il connaissait ces sensations, ce poids sur lui, ces doigts qui caressaient son corps.

Dans chaque rêve, chaque fantasme, c'étaient les mêmes.

Encore plus vivace que si c'était la réalité.

Parfois, quand il se l'autorisait, ce partenaire se penchait vers lui, sa voix chaude à la hauteur de son oreille, sa respiration si proche qu'ils partageaient le même air. Et cette voix le faisait gémir. Comme ça. Sans autres stimulation.

Ce soir cependant, il ne pouvait pas aller se perdre sur ce terrain là.

La colère de Tony ne le lui permettait pas.

Ce regard de trahison, de jalousie, cette peine.

Comment ? Mais comment pouvait-il passer au-delà ?

Comment le rassurer ? Lui dire qu'il n'avait rien à craindre ?

Soudainement las, il passa la main dans ses cheveux courts.

-Elle et moi quoi McGee?

Il sourit tristement.

-Vous êtes des âmes sœurs…

Des âmes sœurs. Des vraies. De celles qui se retrouvaient d'une vie à l'autre. Dont les esprits pouvaient traverser les siècles et les frontières pour vivre l'une pour l'autre.

En disant cela, il ne pensait pas qu'à l'électricité que seuls ces deux là pouvaient créer. C'était au-delà.

Une sensualité, une émotion, qui n'appartenait qu'à eux.

Ou qui ne se créait qu'en lui.

Combien de fois était-il resté à son bureau, les regarder interagir ensemble. Des blagues les plus simples aux sous-entendus les plus lourds. Les plus parlant.

De combien de sourires timides ou francs, sincères ou faux avait-il été témoins.

Sans qu'aucun d'eux ne le voit. Le petit Timothy McGee.

Qui se nourrissait de tout cela pour affronter la vie de tous les jours. Il les chérissait.

Sincèrement, de quoi Tony avait-il peur?

Lui avait vu Ziva lors de bérézina « Jeanne », les regards inquiets vers son bureau vide, quand son téléphone ne répondait pas.

Le pire peut être avait été après.

Tony n'avait rien dit. Il était resté le regarder avec les yeux d'une biche prise dans un phare. La respiration rapide.

Et lui n'avait rien répondu non plus.

C'est comme si…Comme si il avait un poids supplémentaire qui venait de lui tomber sur les épaules.

Le poids de la défaite.

Alors qu'ils n'étaient même pas ennemis.

Autant lui avouer qu'il avait des sentiments pour eux.

Parce qu'il était certain que Tony avait compris à ce moment précis que…quelque chose clochait.

Il aurait dû le lui dire autrement. Essayer d'y mettre un sourire, une phrase bien placée, un clin d'œil, une blague.

Mais ce poids sur ces épaules…

La seule chose qu'il avait réussie était de tourner les talons et de rentrer chez lui en autopilote.

Pour s'écrouler. Littéralement.

Il avait atteint son point de non retour.

Cette défaite là était de trop.

Et alors qu'il s'était promis d'être fort pour eux, il n'était rien que faiblesse.

Il se sentait comme si…Comme si…Il venait non seulement de perdre une bataille mais…Pire…Comme s'il venait de perdre Tony…

Et il ne parlait pas que de son amitié.

Le front collé contre la vitre de sa cuisine, il ferma les yeux aux lumières de la ville.

Il devrait se reprendre. Téléphoner à Tony et s'excuser. Le rassurer, lui dire qu'en effet il n'avait aucun sentiment pour Ziva et qu'il ne l'avait suivit que par pure amitié. Pour eux deux.

Il devrait s'habiller et aller lui dire que…tout irait bien. Qu'ils avaient récupéré Ziva, qu'elle allait avoir besoin d'eux pour se remettre sur pied. Et il devrait être fort car elle aurait besoin de toutes leurs forces pour se remettre de ce que Salem et les siens lui avait fait subir.

Et que lui serait là. En vigie silencieuse pour les aider à se rapprocher, à dépasser Jeanne, Shepard, Rivkin.

Qu'il se l'était promis quand il avait accepté de suivre Tony dans cette vendetta.

Il devrait prendre son courage à deux mains, et oser. Oser lui avouer qu'il avait besoin d'un peu plus qu'une pizza et une bière un vendredi soir par mois avec lui pour être heureux.

Tim sentit sa respiration s'accélérer. Oui !

S'il était un homme, il irait voir Dinozzo et lui avouerait tout.

Ses désirs, ses fantasmes. Ses rêves qui le tenaient éveillé.

Qu'il en avait marre de devoir se contenter des gouttes, des larmes, que ces deux là lui laissaient. Que lui aussi les voulaient les sourires, les regards, les inquiétudes. Que toutes ces soirées d'été passées à parler d'elle, avec lui le rendait fou et heureux à la fois.

Qu'il n'arrivait pas, plus, à être raisonnable.

Que ce n'était pas de Ziva qu'il voulait.

Mais de Tony et Ziva.

Que cela le bouffait de l'intérieur.

Tim tenta de calmer sa respiration et d'éteindre les sanglots qui menaçaient.

Quand son téléphone sonna.

Il n'étouffa pas le cri rageur mais décrocha tout de même.

-McGee…

-Eh…

-Tony ?

Quelques secondes de silence…

-Ouvre la porte le bleu. J'ai une pizza aux pepperoni qui refroidie.