Cette épisode virtuel se situe après l'épisode virtuel « Le mauvais choix ». Dans la série, elle se situe quelque part après la saison 5.

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Sur la colline qui bordait la rivière, les épis de maïs se laissaient caresser par le vent. Bientôt viendrait la récolte. L'air embaumait déjà l'odeur de feu de bois et de tabac. Au loin, grondaient les rapides d'un petit ruisseau. Plus loin, on entendait le fleuve.

De l'autre côté du ruisseau se levait une haute palissade de bois autour de laquelle courrait deux enfants. Les enfants se glissèrent dans la palissade par une ouverture et ils coururent le long d'un chemin en spirale qui entourait le village. Il débouchèrent dans le village. Tout autour d'eux, il y avait de longues maisons recouverte d'écorces.

La fille s'engouffra dans une maison longue en courant. Le garçon hésita, puis la suivit. La fillette s'empara d'un pain de maïs qui cuisait près du feu. Le garçon voulu en faire autant quand une des femmes qui entretenaient le feu l'arrêta.

- Tu n'as plus ta place dans cette maison et tu le sais.

- Mais…

- Le conseil des mères a pris sa décision. Ta place est avec Magama, la chaman.

L'enfant baissa tristement les yeux.

- J'aimerais mieux rester ici.

- Nous sommes tous très fier de toi. Tu as été élu du monde des esprits et tu seras initié à un grand savoir.

- Mais pourquoi ne puis-je plus venir ici? Les autres ont-ils peur de moi comme ils ont peur de la chaman?

La femme baissa les yeux.

- Et toi, maman, as-tu aussi peur de moi?

Elle ne répondit pas. Les larmes aux yeux, l'enfant s'enfuit en courant. Il traversa le village à perdre haleine et s'arrêta devant sa nouvelle demeure, la petite cabane où vivaient la chaman.

Tel était son destin maintenant.

Fini les courses interminables avec les amis. Fini les concours de bilboquets. Fini les joutes de crosses. Fini les leçons de chasses ou de construction d'outils.

Il ne serait jamais guerrier. Il ne serait jamais chasseur. Il ne serait jamais fabriquant d'outil. Il ne serait jamais père.

Il tourna son regard vers la petite cabane construites à l'écart des maisons longues et entouré d'un petit jardin d'herbes médicinales.

Un jour, Il deviendrait sorcier et chaman. Il serait puissant et craint. Il parlerait aux esprits, guérirait les malades, bénirait les morts. Ce jour, il serait seul.

Il fit un pas vers la cabane, puis hésita. Lui aussi craignait la chaman.

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La petite cabine bleue se matérialisa dans une ruelle étonnamment lumineuse au milieu d'une ville brillant de mille feux, l'apothéose de la technologie. Cette métropole était un hymne à la technologie. La nature avait depuis longtemps rendue les armes dans ce monde de fibres optiques, de tubes argentés et de cristaux fluorescents. Cependant, la ville était belle même privée d'arbres, de fleurs et d'oiseaux. Et pourtant, un point sombre brisait l'équilibre de cette vision idyllique. Au centre de la ville, une petite montagne conservait toujours ses parures vertes, ses arbres et même ses animaux. Elle contrastait sauvagement avec son pourtour froid et brillant.

De la ruelle, on avait une très belle vue de cet étrange association. Ce fut la première chose que le docteur remarqua quand il sortit du Tardis, rapidement suivit de Amy et Rory.

- Ça a changé, s'exclama le docteur.

- Qu'est-ce qui a changé? Cet endroit ne me dit rien, répondit Amy.

- Pourtant, nous nous sommes posés exactement ici la dernière fois que nous sommes venu. Mais, c'était un immense parc verdoyant avec un petit lac, une piste cyclable, des canards et des policières.

L'expression d'Amy se transforma.

- Montréal! Ce n'est pas possible. Bon sang! Que s'est-il passé ici?

- Juste le temps, dit le docteur en souriant. Nous voici cinq cent ans plus tard.

- Mais en cinq cent ans, une ville peut vraiment changer à ce point!

- En fait, il y a un endroit qui n'a pas changé, répondit le seigneur du temps en pointant la montagne.

- C'est vrai, s'exclama Amy, cette colline était bien là.

Le docteur mit ses lunettes et fixa le mont Royal.

- En fait, elle est absolument identique. Étrange…

- Ce n'est pas si étrange, dit Rory, content de se glisser enfin dans la conversation. Ça doit être un territoire protégé.

- Non, ce n'est pas ça. Les arbres sont exactement aux mêmes endroits, ils ont la même taille. Ils sont absolument identiques. Et ça, c'est impossible.

- Comment pouvez-vous être sur qu'ils sont identiques? Il n'y a rien de plus semblable à un arbre qu'un autre arbre.

- Pourquoi êtes-vous si dur avec eux? Les arbres sont d'une race fière, ils ont des sentiments. Ils n'apprécient pas qu'on leur fasse sentir qu'ils sont… quelconques.

Rory tenta de balbutier des excuses pendant qu'Amy se retenait pour ne pas rire.

- Docteur, je vous en prie. Revenons-en aux faits.

- Ha! D'accord! Comment suis-je si sur que rien n'a changé en cinq cents ans? Mémoire photographique. Tout simplement. Vous devriez essayer.

- Essayer quoi, s'esclaffa l'écossaise! Ce n'est pas comme si on pouvait décider d'avoir une mémoire photographique!

- Oubliez ça! Venez, allons voir cette montagne de plus près.

Il sortit son tournevis sonique et la pointa vers la montagne.

- D'ailleurs, c'est ce qui nous amène ici : une étrange forme d'énergie temporelle émane de ce mont.

- Vous n'auriez pas pu le dire plus tôt, s'exclama Amy.

- Ça aurait été trop simple. Je n'aime pas faire ça trop simple.

- J'avais remarqué, maugréa Rory.