SEATTLE BREAKDOWN

EPILOGUE

Ces chaussures me faisaient un mal de chien. Appuyée d'une main sur le coin du bureau, en équilibre précaire sur un pied, j'attrapai ma chaussure et son talon indomptable et la faisait glisser pour ainsi soulager mon pied quelques secondes : Le Bonheur !

Ajoutez à ça le temps ridiculement long que j'avais passé à me coiffer ce matin alors que déjà, une mèche me tombait devant les yeux et vous comprendrez le scepticisme que je ressentais chaque matin en me voyant habillée en « working girl ». L'accoutrement de femme d'affaire responsable d'une grande maison d'édition en pleine expansion n'était décidément pas aussi confortable que celle de l'adolescente que j'étais encore il n'y a pas si longtemps quand, mon sac à dos sur le dos, je gravissais les pentes rugueuses du Machu Pichu avec l'homme de ma vie.

Je soupirai, légèrement nostalgique, en remettant ma chaussure. Quand mon pied retrouvait le sol, je réprimai une grimace de douleur. Je reprenais ma pile de dossiers et me dirigeais vers mon bureau tout en parcourant le dernier manuscrit reçu en date. En passant devant le bureau de mon assistante, je lui souriais en guise de salut matinal.

« Cullen's Edition bonjour, Maddie à votre écoute. », lançait-elle avec enthousiasme en décrochant le téléphone.

J'allais entrer dans mon bureau quand Tom, un de nos relecteurs (dit également « découvreur de talents ») s'avançait vers moi.

- Bonjour Isabella, comment allez-vous ce matin? Me sourit-il.

- Tom combien de fois faudra-t-il que je te le répète? Souris-je à mon tour. Juste Bella.

- Pardonnez-moi, bafouilla-t-il, Bella …

Depuis quand étais-je devenue aussi impressionnante? Je regardai mes talons hauts en me disant que peut-être, ils servaient à quelques choses.

- Le rendez-vous de monsieur Cullen est arrivé. M'informa Tom, poliment.

- Un écrivain?

- Non, pas cette fois madame, j'ai bien peur que ce soit les hommes de chez Nova Publishers.

- Ils avaient rendez-vous aujourd'hui? Demandai-je, la panique s'emparant de moi.

- Oui madame, à 11h00. Ils ont un peu d'avance je vous l'accorde. Où est Monsieur Cullen?

Je serrai la mâchoire en essayant de faire comme si tout était normal.

- C'est une bonne question. Souris-je avant de m'enfermer dans mon bureau.

Une fois la porte refermée je jetais mes dossiers sur le bureau et récupérais mon portable en composant son numéro. Alors que les premières sonneries retentissaient dans mon oreille, je faisais les cents pas. Évidemment, au bout de cinq sonneries, je tombais sur la messagerie. Classique.

- Si tu crois que je vais sauver tes magnifiques petites fesses une fois de plus, tu te fourre le doigt dans l'œil Cullen ! Lançais-je tout en faisant claquer mes talons sur le parquet ciré.

Je raccrochais et soupirais en me pinçant l'arrête du nez pour me calmer. « Cullen », bizarrement je ne l'appelai ainsi que quand j'étais énervée et ça, il le savait très bien. Au bout de quelques secondes, je retrouvais une contenance et allait récupérer un dossier rouge, posé en évidence sur mon bureau. Au passage j'arrachais le post-it jaune sur lequel était écrit « Juste au cas où ... ». Et cette écriture je ne la connaissais que trop bien. Il avait tout prévu. Je secouais la tête en essayant d'afficher mon sourire marketing et sortais du bureau.

- Messieurs bonjour. Souris-je en tendant la main vers ces requins de Nova Publishers. Je suis navrée, monsieur Cullen ayant eu un empêchement, j'assurai la réunion sans lui ce matin.

- Quel dommage. Me lançait l'homme en costume devant moi.

Évidemment, sa remarque était aussi fausse que mon sourire.

- Si vous voulez bien me suivre, nous allons nous installer dans la salle de réunion.

Ils me suivirent au fond du couloir.

- Maddie?

Je faisais entrer les grattes-papiers dans notre salle de réunion.

- Café s'il-te-plait.

- Tout de suite.

Une fois tous rentrés, je faisais une grimace à mon assistance qui me répondit par un sourire entendu. Je détestai ce genre de meeting forcés et hypocrites. C'était définitivement la partie la moins drôle du travail.

Après deux heures de réunion, j'enfilai mon trench-coat beige et tout en ajustant la ceinture autour de ma taille, je donnais mes dernières directives à mon équipe.

- Je prends mon après-midi, vous pouvez me joindre sur mon portable. A demain tout le monde.

En sortant du bâtiment, le vent frais du mois d'avril me balaya le visage et je m'engouffrai sans hésitation dans la bouche du métro sur le trottoir opposé. En entrant dans la rame je préparais mentalement mon discours et mes répliques implacables. Cette fois il allait m'entendre ! Je ne me laisserais pas attendrir ! Il allait m'écouter et en prendre de la graine !

Le pire dans tout ça, c'était que je savais exactement où le trouver, pensai-je en soupirant.

Arrivée sur le quai de Spadina, je le repérai immédiatement lui et sa guitare, assit par terre contre le mur, toujours à la même place. Bien des choses avaient changé en 7 ans, mais pas ça. Cette idée me fit sourire malgré moi mais dès que je m'en rendais compte, je me forçais à retrouver ma détermination précédente ! J'étais censée être en colère !

Je me plantais alors devant lui, les poings sur les hanches, le fixant d'un air mauvais, le plus mauvais que j'avais en stock en tout cas. Lui ne leva même pas la tête, il n'arrêta pas de jouer non plus, mais je vis un petit sourire en coin se dessiner sur son visage.

- ça te fait rire? Lançais-je agacée.

- Un peu je dois l'avouer. Répondait-il calmement.

- Edward en tant qu'employeur et associé, je suis dans l'obligation de te dire que ton comportement frise l'insubordination ! Dis-je fermement.

Et évidemment c'est le moment qu'il choisit pour lever la tête vers moi et planter son regard dans le mien.

- Et en tant qu'épouse, tu dis quoi ? Sourit-il fièrement.

Même après presque dix ans de relation, ses yeux et son sourire me faisaient toujours le même effet. Ils faisaient fondre toutes mes résolutions et lui jouait toujours autant avec ça. Il m'agaçait ! Dieu, que cet homme m'agaçait !

Finalement je me laissais glisser sur le sol en lissant ma jupe et soupirais lourdement. Encore une fois, il gagnait.

- T'es pas sérieux. Boudais-je.

- Tu es très belle aujourd'hui. Minaudait-il.

- Non, non, non. N'essaies même pas de m'attendrir avec des compliments préfabriqués !

- C'est pourtant la vérité. Sourit-il en m'embrassant sur la joue.

- Tu imagines au moins l'horreur que c'était cette réunion? Lançais-je en le fixant.

- Hey, c'est bien pour ça que je ne suis pas venu !

Après ça, il se remit à jouer en riant et je lui frappais mollement l'épaule.

- Comment ça s'est passé?

- Parce que maintenant ça t'intéresse? Plaquai-je.

Edward me fit son plus beau sourire.

- Ne t'inquiète pas, ils n'auront pas le plaisir de s'associer avec nous. Soupirai-je.

- Ça je le savais déjà. Tu vois, ma présence était inutile.

Je soufflai d'agacement en croisant les bras sur ma poitrine, regardant les passants devant nous.

- Arrête de bouder. Ria-t-il en embrassant ma tempe. T'es trop mignonne quand tu fais ça. Viens avec moi à Tacoma cet après-midi, je dois rencontrer un jeune auteur.

- Je ne peux pas, il faut que j'aille chercher ton neveu à la sortie de l'école je te signale. Il est bon?

- Très prometteur. J'ai dévoré son manuscrit la nuit dernière. J'aimerai signer avec lui mais il est encore mineur et je dois rencontrer ses parents pour prouver que contrairement aux autres, je ne suis pas un requin.

- Tu vas y arriver. Dis-je en fixant la rame repartir bondée.

Je posais mon regard sur lui avant de continuer.

- Tu y arrives toujours. Ton honnêteté transparait toujours. C'est pour ça que les gens travaillent avec nous.

Il se contentait de sourire et j'ajoutais :

- Et c'est pour ça que je t'aime et que je ne te vire pas à chaque fois que tu me laisses en plan au bureau !

Je me relevai en réajustant mon sac sur mon épaule.

- Je te vois à la maison.

J'allais partir mais il attrapait ma main.

- Attend une seconde toi.

Edward m'attirait à lui et déposait un baiser sur mes lèvres, sa main passant de la mienne à mes cheveux, qu'il détachait au passage pour y passer les doigts comme il aimait toujours le faire. Je l'embrassais également, tout le stresse de la matinée s'évaporant comme par magie de mon organisme et posais mon front contre le sien une seconde.

- On se voit ce soir. Souffla-t-il sur mes lèvres. Je t'aime.

- Moi aussi. Soufflais-je avant de reprendre mes esprits.

Je me détachais de lui et me retournais pour prendre le prochain métro.

- Au fait, toi aussi tu as de magnifiques petites fesses ma chérie. Je m'en occuperais ce soir pour me faire pardonner. Cria-t-il, un sourire dans la voix, alors que j'étais entourée de gens en plein milieu du quai.

Une petite mamie à côté de moi me regarda l'air outrée, comme si j'étais la dernière des trainées et bien sûr, je devenais rouge comme une pivoine.

- Pervers ! Lui lançais-je en montant à bord, les portes se refermant devant mes yeux.

Il me fit un clin d'œil avant que je ne m'engouffre dans les tunnels sombres du métro de Seattle.

A 15h00 pile, j'étais devant les grilles de la prestigieuse école privée hors de prix dans laquelle Ethan mon neveu de 7 ans était scolarisé. Même la sonnerie faisait bourgeoise, c'était une cloche qui me rappelait étrangement celle d'une église. Mais Alice avait des principes et elle était bloquée sur le fait que les établissements privés étaient de loin les meilleurs pour éduquer un enfant. Après tout, même si je trouvais ça ridicule de mettre 5000 dollars par an dans une école catholique alors qu'elle était athée, c'était son enfant. C'était Alice, mère de famille et femme d'affaire avisée, mais toujours aussi excentrique et bornée.

Ethan sortait enfin, au milieu d'une foule d'enfants surexcités de retrouver la liberté. Il me sautait immédiatement au cou et je l'accueillais en souriant.

- Tante Bella !

- Salut bonhomme. La journée s'est bien passée? Dis-je en lui prenant la main alors que nous prenions le chemin de la maison.

- Ouais. On a fait des problèmes. J'aime pas les problèmes. Grimaça-t-il.

- T'inquiète pas, ça ne change pas en grandissant.

- On va chez maman et papa?

- Pas tout de suite. Ta maman viendra te récupérer en fermant le magasin. Tu restes chez tonton et moi en attendant.

- Génial ! On pourra faire du pop-corn avec de la sauce au chocolat? S'écria le petit garçon. S'il-te-plait dis oui tata !

- Seulement si tu ne le dis pas à ta mère. Répondis-je en vérifiant l'heure. Nom de Dieu ! M'exclamai-je.

- Le professeur a dit que c'était un blasphème ! Me fit sévèrement remarquer Ethan.

- Oh toi et ton école de catho, laisse-moi tranquille ! On est en retard pour récupérer ta cousine Célia.

Alors nous accélérions le pas et reprenions le métro pour passer à l'école suivante. L'école maternelle de Célia Cullen, ma nièce de 5 ans. J'arrivai juste à temps pour la récupérer. Cette petite avait tout d'un ange quand on la voyait avec ses boucles d'or et son sourire charmeur, comme sa maman. Mais elle pouvait s'avérer être un véritable démon quand elle le voulait … Comme sa maman !

- Rose, c'est moi. Dis-je au téléphone pendant que je portais Célia sur le côté, vérifiant qu'Ethan me suivait toujours. J'ai récupéré Célia comme convenu, ne te presse pas. On serra chez moi. Biz.

Il y avait quelques temps de ça déjà, Alice, Rosalie et moi avions mis au point un roulement qui nous permettrait d'aller chercher les enfants à l'école malgré nos carrières respectives chargée. Rosalie toujours aussi surchargée au bureau, Alice avec sa boutique de vêtements (ses propres créations) et moi avec mes manuscrits et mon associé de mari qui n'en faisait qu'à sa tête. Ainsi, et ce même si je n'avais pas d'enfant, je me retrouvais à faire la sortie des écoles les mercredi et vendredi. Un bon entrainement pour le futur me répétaient sans cesse mes deux belles-sœurs.

Je le faisais de bon cœur, j'adorai mon neveu et ma nièce. Je me rappelais avoir sauté de joie quand Rosalie et Emmett nous avait annoncé qu'ils allaient avoir une petite fille. Ils attendaient ça depuis si longtemps. Rosalie avait malheureusement perdu un enfant au bout de quatre mois de grossesse, un an avant Célia. Cela avait été tragique pour tout le monde. Surtout qu'Edward et moi n'étions rentrés qu'un mois après de notre voyage, pour apprendre la nouvelle.

Edward s'en était toujours voulu de ne pas avoir été là pour son frère au moment où lui et Rose en avait eu le plus besoin. Mais ils ne nous en tinrent pas rigueur. Cela dit, la pente fut dure à remonter. Nous étions tous là pour les soutenir et c'est comme ça, qu'un an et demi plus tard, Célia était en route, pour notre plus grand bonheur à tous, mais surtout celui de ses futurs parents. Depuis Edward était le tonton gaga de ces deux petits monstres, il les aimait comme ses propres enfants. C'était beau à voir mais je culpabilisais également.

Malgré tous ses efforts, Edward n'arrivait toujours pas à me convaincre d'avoir un enfant et cette conversation devenait de plus en plus tabou entre nous.

Enlevez vos chaussures dans l'entrée les enfants ! J'eus juste le temps de dire cela avant qu'ils me passent tous les deux sous le bras quand j'ouvrai la porte de notre duplex, un sac de courses dans les bras.

Déjà Ethan et Célia envahissaient le salon, lui entrain de sauter sur le canapé tout en allumant la télé et elle farfouillant dans ma pochette de maquillage que j'avais oublié de ranger ce matin. En les voyant arriver, Gribouille, le chat de la maison s'était réfugié sous le lit en vitesse. Peut-être que le fait que Célia ait voulu s'assoir sur son dos en arrivant y était pour quelque chose.

Je posais les clés sur le meuble dans l'entrée, fermant la porte avec mon pied et allait poser les courses dans le réfrigérateur. A peine avais-je ouvert la porte du frigo que deux petites frimousses me fixaient un grand sourire aux lèvres.

- Je suis cuite. Soufflai-je à moi-même.

J'osai tourner la tête vers eux et lançais la machine à supplications :

« Bella, Bella, on veut les pop-corn au chocolat ! » Chantèrent-ils en cœur.

Même si j'avais des dizaines de choses à faire à la maison, je ne pouvais pas résister bien longtemps à ces deux frimousses. Aussi quand ils virent que je sortais la bouteille de sauce au chocolat, ils hurlaient et sautèrent de joie. Ethan se servi tout seul dans le placard où je cachais les paquets le pop-corn et Célia enclencha par la suite le minuteur du micro-onde, regardant le paquet tourner avec envie, le nez au bord de la vitre.

Je mettais notre goûter dans un grand saladier et quand j'y ajoutai le chocolat les enfants m'en demandaient toujours plus. Je les installais dans le canapé devant « Hook, la revanche du Capitaine Crochet » avec Robin William, film que j'adorai étant petite, avant d'en profiter pour aller mettre quelque chose de plus confortable. J'enfilai un pantalon en coton et le t-shirt d'Edward dans lequel je dormais avant de m'installer avec eux, Célia à ma gauche, Ethan à ma droite, pour regarder le film.

Vers 18h00 j'entendais des clés dans la serrure. Je n'avais pas besoin de tourner la tête pour savoir qui c'était. Quand Edward nous trouvait tous les trois sur le canapé, je surprenais son sourire du coin de l'œil. Je savais qu'il chérissait cette image de sa femme assise avec ses deux enfants alors que lui rentrait d'une longue journée de travail. Ma gorge se serrait. Je n'étais pas prête pour ça. Lui oui. Là était le problème.

« - TONTON ! »

Quand les enfants le virent, ils se levèrent d'un bon pour aller l'accueillir. Edward faisait voler Célia dans ses bras pendant qu'Ethan s'accrochait à sa jambe pour essayer de le faire tomber. Edward fit semblant de tomber et bientôt, il était allongé sur le sol avec les deux enfants sur son ventre. Il les chatouillait et se débattait avec son neveu et sa nièce. Je ne pu m'empêcher de sourire. Il fallait avouer que ce rôle lui allait plutôt bien.

- Qu'est-ce que c'est que ce foutoir ? Lança Alice en voyant son fils barbouillé de chocolat entrain de tirer les cheveux de son oncle.

- Maman ! Cria le petit garçon en se jetant sur elle.

Elle embrassa son fils avant d'ajouter :

- Vous avez 2 minutes pour passer à la salle de bain et mettre vos chaussures jeune homme. Maman est en double file !

- Bien ma commandante ! Lui répondit Ethan en imitant une marche militaire jusqu'à la salle de bain.

- C'est ça fait le malin, tu vas voir quand papa va rentrer ! Menaça Alice sans trop y croire elle-même.

Alice en profita pour s'affaler sur le canapé près de moi et étaler ses jambes.

- Dure journée? Demandai-je.

- Tu n'as pas idée.

- Je t'offre quelque chose à boire? Demanda Edward, tenant Célia sur son épaule. La petite riait toute seule la tête en bas.

- Non merci. Faut vraiment que j'y aille. Edward, Célia à la tête toute rouge ! Le sang lui monte à la tête enfin !

- Mais nan ! Elle adore ça. Hein que t'adore ça? Lançait-il par dessus son épaule.

- Ouais ! Répondait-elle alors qu'Edward allait dans la cuisine, la petite toujours sur son épaule.

Alice et moi pouffions de rire.

- Tu lui as donné ton foutu chocolat? Finit par me reprocher Alice.

- Coupable. Grimaçai-je.

- Est-ce que tu sais au moins à quel point ça l'excite ! Je ne vais pas réussir à le coucher. Il est infernal depuis que Jasper est partit.

- Il revient quand?

- Dimanche. Ils ont un dernier concert à Atlanta samedi soir. Je vais surement emmener Ethan le voir.

- Ayé ! Lançait Ethan en revenant chaussé et débarbouillé.

- Très bien ! On est partit. Célia viens ! Maman finit tard, c'est moi qui te ramène ce soir.

La petite sortit de la cuisine sans broncher en replaçant sa jupette.

- Clôture des comptes. M'informa Alice alors que je faisais mine de vomir.

- Tonton m'apprenait à faire la boulognaise.

- Bolognaise ma puce. Corrigeait Alice en lui mettant ses chaussures. Allez les enfants on dit au revoir à Edward et Bella !

Ils nous embrassèrent tour à tour.

« Au revoir ! »

- A vendredi ma belle. Me disait Alice en m'embrassant.

- Bye.

- Salut frérot ! Chantonna-t-elle alors que celui-ci lui faisait un signe de la main.

Le calme qui régnait ensuite dans l'appartement était presque assourdissant. Edward retourna dans la cuisine où je devinai qu'il préparait le diner et j'allais mettre un peu de musique avant de le rejoindre. Le voir ainsi affairé à faire revenir les tomates dans la poêle avec la viande hachée avait quelque chose d'érotique. J'aimais qu'il fasse la cuisine pour moi. Nous avions peu de règle dans notre mariage mais il y en avait une sur laquelle nous ne transigions jamais : Je faisais la vaisselle, il faisait la cuisine !

J'avançai jusqu'à lui et passait doucement mes bras autour de lui en passant sous son tee-shirt. Je senti la peau de son ventre frémir quand mes doigts se posèrent dessus.

- Comment ça s'est passé cet après-midi? Demandai-je en calant mon menton dans son dos, sur la pointe des pieds.

- C'est en de bonnes voies. Les parents ont vu que j'étais quelqu'un de sérieux. Le jeune à l'air de me faire confiance. Ils doivent nous rappeler au bureau dès lundi.

-Je savais que tu y arriverais.

- Rien n'est encore fait.

- Je suis sûr qu'il sera ton prochain poulain.

- Goûte-ça ! Dit-il en me présentant une spatule en bois par dessus son épaule.

- Hum, fis-je en allant m'assoir à côté sur le plan de travail à côté de lui. Ça manque un peu de sel.

- Bien ma commandante !

- Tu passes beaucoup trop de temps avec Ethan. Riais-je.

- J'aime ce gamin. Me répondit-il, nostalgique.

- Je sais bien.

Il se passait une minute de silence durant laquelle je grignotai un morceau de pain avant qu'Edward ne me balance son éternelle rengaine en pleine face.

- Il me tarde d'avoir un fils.

- Edward, grognai-je, on passe une bonne soirée. Pourquoi tu veux tout gâcher.

- Je ne veux rien gâcher, c'est un secret pour personne.

- Et le fait que je ne veux pas d'enfant maintenant n'en est pas un non plus.

- Quand? Me lançait-il en relevant les yeux de notre diner pour me fixer.

- Je vais regarder mon agenda ! Lançais-je, comme un défi à la fois en colère et honteuse.

Je sautais sur mes pieds pour partir en ajoutant, de façon puérile je vous l'accorde :

- T'avais qu'à pas m'épouser ! Boudais-je en voulant quitter la cuisine.

- Ça a 29 ans et ça sort toujours des répliques dans ce genre. Soupira Edward dans mon dos. Reviens par là toi !

Il me rattrapait juste avant que je ne sorte de la pièce et me trainait à nouveau vers le plan de travail pour me soulever du sol sans difficulté et me rassoir à ma place initiale. Alors il se calait entre mes jambes et posait son front contre ma poitrine. Je ne pus m'empêcher de passer mes mains dans ses cheveux.

- De toute façon j'ai le temps. J'ai bien réussi à te convaincre de m'épouser, je parviendrai à te mettre enceinte. Quitte à planquer ta saleté de pilule.

- Très romantique ! Merci !

- Ce que tu peux être têtue.

- Ça c'est pas nouveau. Me défendis-je.

Sa main trouva ma joue, puis ma nuque et il soupirait en posant son front contre le mien.

- T'as de la chance que je sois fou de toi.

- T'as de la chance je le sois aussi. Soufflai-je en perdant toute animosité.

Ses lèvres trouvèrent les miennes et ce baiser qui se voulait chaste au départ devenait vite plus intense. J'agrippais ses cheveux et ouvrais un peu plus les jambes pour retrouver son corps contre le mien. Je le sentais sourire sur mes lèvres. Edward n'était pas dupe. C'était en général la technique que j'utilisais pour lui faire penser à autre chose qu'au facteur « bébé ». C'était la meilleure et la plus agréable technique du monde.

- Tu te souviens de ce jour-là? Me demandait-il subitement mettant fin à mon plan diabolique.

- Lequel ? Demandai-je un peu frustrée.

- Quand je t'ai demandé de m'épouser.

- Comment l'oublier ! Lançais-je en repensant à ce moment si particulier.

Et quand je dis particulier, je ne pense pas au romantisme de ce genre d'évènement, bien au contraire. Moi et mon foutu caractère avions fait en sorte de tuer tout le romantisme du moment. Une fois de plus.

6 ans plus tôt...

Nous étions en mai et le printemps commençait à peine. En levant les yeux au ciel, pas un nuage ne venait troubler mon paysage. Je souriais dans le soleil vint caresser ma peau, m'obligeant par la même à me protéger les yeux de cette lumière éblouissante. Pourtant il venait de pleuvoir, c'était surréaliste. Je fermais les yeux profitant à pleins poumons de cette odeur de terre mouillée. J'avais réussi. Enfin, mes efforts avaient payé. Voilà deux ans que j'avais repris mes études et c'est non sans difficulté que j'avais obtenu mon diplôme de fin d'étude, le petit cylindre en papier que je tenais fièrement dans ma main en étant la preuve.

Délaissant mes amis et leur proposition d'aller fêter l'évènement avec eux toute la nuit, je m'avançai vers la sortie du campus. J'avais insisté pour que personne, même pas Edward, ne vienne assister à ma remise de diplôme. Je n'aimais pas être mise sur un piédestal et c'était littéralement ce en quoi l'évènement consistait. A ma grande surprise et malgré leurs réticences, ils avaient tous respecté mon choix (Alice y compris).

Je coupais par l'herbe fraiche pour me rendre sur le parking quand je remarquai, garée à côté de la mienne, la Volvo argentée. Je me stoppai net en secouant la tête, ne pouvant m'empêcher de sourire malgré tout. Dès qu'il me vit, Edward sortit de sa voiture et s'avança jusqu'à moi, sachant très bien ce que je pensais alors. Il souriait, sans oser me regarder dans les yeux, comme un enfant ayant fait une bêtise, avec cette pointe de désinvolture que j'aimais détester. Arrivé à mon niveau, et sans un mot, il entourait ma taille et m'embrassait doucement. Même si j'allais lui passer un savon, je fondais dans ses bras, comme à chaque fois.

- Depuis combien de temps tu es là? Soufflai-je en me détachant de ses lèvres, restant dans l'étau protecteur de ses bras.

- Presque aussi longtemps que toi. Félicitations.

Il déposait un nouveau baiser sur mes lèvres. Sa fierté se lisant dans ses yeux. Ce n'était pourtant qu'un bout de papier.

- Je t'avais dit de ne pas venir.

- Techniquement, je n'étais pas là. Je suis resté dans la voiture. J'ai simplement écouté. J'ai entendu ton nom et les applaudissements.

- Un rituel complètement exagéré, on est d'accord.

- Quelle rabat-joie tu fais! Ria-t-il. Je suis fière de toi.

- Merci. Finis-je par dire, abandonnant l'idée de lui faire voir les choses de mon point de vue. Et ton rendez-vous? Me souvenais-je. Tu as signé? Ils vont publier ton livre? Lui demandai-je, pleine d'espoir.

- Pas cette fois. Me sourit-il.

- Qu'est-ce qui n'allait pas cette fois? Lançais-je en fronçant les sourcils, reculant un peu pour le regarder.

- Ils ne me plaisaient pas. Répondait-il simplement en haussant les épaules.

- Edward, soupirai-je alors que nous nous dirigions vers la voiture, c'est la troisième proposition que tu déclines ! Tu joues avec ta chance !

- Ils ne me plaisaient pas Bella, ce sont des requins !

- Mais ils sont tous comme ça ! Ils veulent te faire signer un contrat, bien sûr que ce sont des requins !

- Écoute, soupirait Edward en m'obligeant à lui faire face, si un jour je décide de signer avec quelques maison d'édition qui soit, ce sera avec des gens en qui j'ai vraiment confiance et que je respecte autant qu'ils me respectent. Ce livre, avec toi, c'est ce que j'ai de plus cher dans ma vie. Je ne laisserai personne le salir sous prétexte qu'ils savent aligner des zéros sur un chèque. L'argent ne m'intéresse pas, j'en ai.

- Je comprends, admis-je, mais ce genre d'éditeur n'existe peut-être que dans ton imagination.

- Et bien dans ce cas, je créerais ma propre maison d'édition. Lança-t-il comme une évidence.

- T'es sérieux là?

- Pourquoi pas. Et puis ainsi je pourrais continuer à écrire et aider les jeunes écrivains qui sont dans la même impasse que moi à l'heure actuelle. J'y pense sérieusement, et depuis un moment pour tout te dire.

Je pouvais dire qu'il était très sérieux sur le sujet. Je le sentais. Alors mon cerveau pragmatique se mettait en marche, évaluant déjà les risques et les possibilités d'un tel projet. Comme Edward savait déchiffrer mon silence, il passait sa main fraiche sur ma joue, interrompant mes calculs et me ramenant à lui.

- On en reparlera plus tard, éluda-t-il, aujourd'hui c'est ton jour.

- Si tu le dit, soupirai-je, viens les autres doivent nous attendre.

Je passais devant, le tenant par la main mais il n'avança pas. Surprise, je lui lançais un regard interrogateur. Edward lâcha ma main comme perdu dans ses pensées.

- Il y a un problème?

- Viens, finit-il par dire, on va marcher un peu.

Il rebroussait chemin vers le parc et je le suivais après une seconde d'hésitation.

- Depuis combien de temps on se connait Bella?

- Et bien, à peu près 8 huit ans. Calculai-je rapidement.

- Et depuis combien de temps sommes-nous ensemble?

- Trois ans mais … Edward, qu'est-ce que tu mijotes à la fin? Souris-je.

Nous nous arrêtions et il reprit en prenant mes mains dans les siennes.

- Aujourd'hui, tu as fini tes études, j'ai une bonne situation financière, on vit ensemble, on a même fait le tour du monde ensemble. Ça fait beaucoup de chose en si peu de temps et je …

Il reprit sa respiration, visiblement nerveux, ce qui eut le même effet sur moi. En un quart de seconde tout un tas de scénarios passèrent dans ma tête et aucun n'était très joyeux. Ma respiration s'accéléra et mon cœur s'emballa immédiatement.

- T'es entrain de rompre avec moi? Soufflai-je la boule au ventre. Je suis désolée si je te pousse sans arrêt ! Prend ton temps, si tu veux attendre pour le livre, ça me va ! M'empressai-je d'ajouter dans la panique.

- Que ... Quoi? T'es sérieuse là? Me demanda-t-il en me fixant comme si j'étais demeurée.

Je me mis à rougir furieusement et bafouilla une explication incompréhensible (même pour moi) alors qu'Edward explosait de rire.

- Tu crois vraiment que je pourrai rompre avec toi pour cette raison, ou quelque raison que ce soit?

- Mais j'en sais rien moi ! M'énervai-je, mal à l'aise. C'est toi qui fais le bilan de notre vie tout d'un coup !

- Bella, souffla-t-il en rapprochant son corps du mien, sa main maintenant ma joue pour que je le regarde. Après tout ce temps et tout ce qu'on a vécu toi et moi, et je ne parle pas seulement de ces trois dernières années, tu ne comprends toujours rien à ce que j'éprouve pour toi, c'est lamentable. Sourit-il.

- Merci ! Lançais-je la mâchoire serrée, le frappant à l'épaule.

- Je voulais juste passer à l'étape supérieure.

- Tu veux qu'on achète un chat? Grimaçai-je, ne voyant pas du tout de quelle étape il pouvait bien parler.

- Un chat? T'es vraiment irrécupérable, tu le sais ça !

J'allais partir vexée mais il me retenait par la taille et me serrait contre son torse.

- J'ai un cadeau pour toi. Pour ton diplôme.

- Edward …

- Laisse-moi finir, s'il-te-plait. C'est déjà assez dur comme ça. J'avais préparé tout un discours mais comme d'habitude tu n'en fais qu'à ta tête alors …

Il avait soudainement l'air très sérieux donc je n'ajoutais rien. Nous étions quasiment collé l'un à l'autre et je devais lever les yeux pour le voir mais, malgré l'espace réduit entre nous, il parvenait à sortir un petit écrin noir de la poche de son jean et l'ouvrit entre nous deux. Quand je découvrais cette petite bague en argent avec son diamant minuscule mais étincelant, ma respiration se coupait.

- Épouse-moi. Dit-il penaud, comme si toute sa vie dépendait de ma réponse.

Malheureusement, je pense que ma réaction ne fut pas celle qu'il attendait car j'explosais de rire. Je riais tellement fort que les étudiants se retournaient tous sur nous. Le visage d'Edward restait figé. Je reculais de quelques pas, la main sur la bouche pour retenir mon hilarité.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de si drôle. Lançait-il l'air sombre.

- T'es malade ! Riais-je. Tu m'as bien eu !

- J'étais très sérieux. Ajoutait-il agacé en refermant bruyamment l'écrin.

Au bout de quelques secondes je comprenais enfin que ça n'était pas une blague et perdais immédiatement mon sourire.

- T'es malade ! Répétai-je, affolée cette fois.

- Pourquoi pas? Dit-il en haussant les épaules l'air de rien. Épouse-moi !

Je restais sans voix et faisais ce que je maitrisais le mieux : Je prenais la fuite.

- Bella … dit-il dans mon dos, l'air impatient. Reviens ici.

- Va te faire voir ! Grondai-je.

- Ne fais pas l'enfant ! Ne m'oblige pas à te courir après devant tout le monde, je sais que tu aurais horreur de ça et je le ferai ! Reviens ici ! S'énerva-t-il.

J'accélérais le pas vers ma voiture, les poings serré.

- Cours toujours Cullen ! Lançai-je en lui faisant un doigt d'honneur.

- Bella, ne m'oblige pas à te poursuivre ! Menaça-t-il.

Mais j'avançai toujours comme une effrontée vers le parking.

- Isabella Swan que tu le veuilles ou non, tu vas devenir ma femme parce que je suis fou de toi et ce malgré ton putain de caractère !

- Dans tes rêves ! Criais-je en lui faisant face, reculant toujours.

Lui restait prostré sur la pelouse, là où je l'avais laissé. Son visage était crispé et sa mâchoire serrée. Je pouvais dire qu'à cet instant, il me maudissait vraiment. Tant mieux, moi aussi !

Une troupe d'étudiants s'était arrêté autour de nous pour admirer le spectacle. De rage, je leur jetais des cailloux mais ça ne fit qu'amplifier leur voyeurisme. La plupart des visages que je connaissais savaient qu'Edward et moi étions inséparables et c'était comme si tout était joué d'avance pour eux ! J'avais quand même mon mot à dire BON SANG !

- Le mariage ? T'es cinglé ! On est trop jeune !

- Je m'en contre fou de tes convenances ma belle ! Je t'aime moi !

- Mais moi aussi je t'aime abruti ! Hurlai-je.

- Alors il est où le problème?

- Je … Mais … Bafouillai-je, le sang battant dans mes tempes.

Il en profitait pour courir vers moi et me serrer contre lui pour ne plus que j'essaie de m'échapper.

-Il est où le problème? Répéta-t-il, calmement cette fois.

- Ya pas de problème ! Répondis-je toujours aussi hors de moi. Ça me fout la trouille, c'est tout !

- T'as toujours la trouille mon amour. Sourit-il.

- Arrête, tu sais très bien que quand tu me parles comme ça, je n'ai plus de répondant ! Grondai-je.

- Pourquoi tu crois que je te parle JUSTEMENT comme ça? Ria-t-il.

- Je …

- Bella, épouse-moi. Me coupait-il. Et je te promets que tu n'auras jamais plus peur de rien.

- Menteur. Boudais-je.

- Je sais, sur le coup je m'avance un peu, mais je commence à être à court d'arguments. Tu as le don de me rendre dingue, tu le sais ça?

- Je te retourne le compliment !

- Alors?

- Oui... Chuchotai-je, sans le regarder. Vaincue.

- Quoi?

- OUI ! Criai-je en le fixant méchamment.

- Bien ! Me répondait-il sur le même ton.

- Parfait ! Enchainai-je.

- On va se marier. Souffla-t-il alors que moi aussi je réalisais la même chose, au même moment.

- Je sais.

Nous nous fixions une seconde, perdus, affolés et exaltés à la fois puis, n'y tenant plus, nous fondions l'un sur l'autre échangeant un baiser rageur et désordonné. La seconde suivant, Edward me soulevait du sol et j'entourai mes jambes autour de ses hanches, m'accrochant à ses cheveux comme une damnée. Nos langues dansèrent ensemble sans retenue si bien qu'il était presque douloureux pour nous de s'en tenir à ça. Réalisant que tous les yeux étaient braqués sur nous, Edward me reposa lentement, légèrement confus.

- On fait quoi maintenant? Chuchotai-je.

- Maintenant?

Il prit le temps d'observer autour de lui, l'air de rien.

- Je propose qu'on rentre à la maison et que je te fasse l'amour sauvagement toute la nuit !

- Ça me semble correct.

Et sans un regard pour nos spectateurs, nous courrions jusqu'à nos voitures.

De nos jours...

Gribouille notre chat entra dans la cuisine en miaulant pour qu'on lui donne à manger, nous sortant tous les deux de notre rêverie.

- Finalement on a fini par l'avoir cette saleté de chat. Remarqua Edward.

- Hey ! Grondai-je en lui tapant sur l'épaule. Tu parles pas de mon bébé comme ça !

- Puisqu'on parle de bébé … Sourit-il.

Alors je descendais du plan de travail en me bouchant les oreilles, chantonnant un « lalalalala », puéril, en distinguant très nettement le rire d'Edward dans mon dos.

- Cela-dit, minaudai-je en passant la tête dans l'encadrement de la porte. Ça ne me dérange pas de m'entrainer un peu.

La seconde suivante, Edward coupait le gaz et retirait son tee-shirt qui tomba sur le sol de la cuisine, avant de me poursuivre jusqu'à la chambre.

POV EDWARD

Ce matin-là, je me réveillais avant elle toujours blottie dans les draps, le sourire aux lèvres. Lentement j'entrai dans la salle de bain et m'observai dans le miroir. Une petite tâche violacée avait prit place au creux de mon cou ainsi que trois fines lignes rouges sur mon épaule. Bella était peut-être minuscule, mais dans certaines conditions, elle savait être vorace. Un instant en revivant cette nuit, j'hésitai à la rejoindre dans notre lit pour prolonger ce moment. Non, aujourd'hui était une journée chargée et Bella me tuerait si elle apprenait que pour la deuxième fois consécutive, j'esquivais le bureau.

Je me douchais donc rapidement, enfilais un jean et un t-shirt (hors de question de porter une chemise !) et allait lancer la cafetière dans la cuisine. Mon petit bout de femme adorait sentir l'odeur de la caféine à son réveil. En voyant la sauce tomate complétement déshydratée dans la poêle au milieu de ce que je savais être (pour l'avoir vu hier soir) de la viande hachée, desséchée maintenant, je me promettais de mieux contrôler mes envies soudaines, ou tout du moins, de mettre la nourriture au frais avant la prochaine fois. Avec dégout je nettoyai les dégâts et me servais un café que je buvais debout contre le réfrigérateur.

Quelques minutes plus tard, Bella se levait. Pendant un instant, c'était comme si je n'étais pas là. Elle portait un de mes tee-shirts dans lequel elle flottait, ses cheveux tombaient devant son visage qu'elle frottait comme si ça allait l'aider à sortir de son sommeil, son équilibre semblait encore plus précaire que d'habitude et en plus, elle bougonnait. En somme, c'était ma Bella au réveil, de mauvais poil et complètement éméchée. Je ne bougeais pas, n'émettant aucun son, tel un animal apeuré devant une tigresse. Car oui, avant sa première gorgée de café, il valait mieux ne pas jouer avec le feu !

Aussi, quand je la vis humer la pièce à travers ses cheveux bruns, titubant jusqu'à moi, je savais que j'étais repéré. Adieu jolie tasse fumante. Bella se colla contre moi, ses mains remontant sur mes flancs, et si je n'avais pas su que c'était un piège, j'aurai trouvé ça délicieux. Habilement et sans un mot elle s'emparait de ma tasse de café pour la porter à ses lèvres...

- Hey ! M'insurgeai-je.

...comme chaque matin.

- Hum, soufflait-elle alors qu'enfin elle ouvrait les yeux, ton café est toujours meilleur que le mien, j'y peux rien moi !

Et là seulement, elle retrouvait le sourire. Ce sourire que j'aimais, comme tout le reste d'ailleurs. Même après 5 ans de mariage et le nombre incalculable de fois où elle m'avait volé mon café, je trouvais ce moment toujours aussi magique et je dirai même que j'en avais besoin avant de commencer la journée.

- C'est pas grave, soupirai-je vaincu, je m'arrêterai au Starbuck en allant au bureau.

Bella vint se caler contre moi et je l'accueillais automatiquement.

- Bien dormi?

- J'ai passé une excellente nuit. Souffla-t-elle, l'air coquin, sur mes lèvres avant de m'embrasser doucement.

- Oui mon cou s'en souvient encore. T'es obligée de me laisser des marques? Ça fait homme battu !

- Oses dire que tu n'aimes pas ça? Provoqua-t-elle.

Bien sûr je ne su pas quoi répondre et son sourire n'en fus que plus triomphant.

- Tu viens sous la douche avec moi? Je vais me faire pardonner.

- Désolé, je l'ai déjà prise et en plus j'ai rendez-vous avec Emmett avant d'aller bosser.

Elle se mettait à bouder en jouant avec mon t-shirt. Manipulatrice ! Je lui soulevai légèrement la tête pour l'embrasser et immédiatement, Bella enroulait ses bras autour de ma nuque pour ne plus me lâcher. Ses ongles griffaient habilement ma nuque, provoquant en moi une vague de frissons, sa langue captura la mienne et déjà ses petites mains cherchaient à déboutonné mon jean.

- Bien essayer ! Lançai-je en riant, lui attrapant doucement les poignets. Mais je dois toujours y aller.

- Mais … Protesta-elle.

Elle détestait perdre à ce petit jeu.

- Ne t'inquiète pas, je m'occuperai de toi ce soir? Riais-je. Je n'ai pas été assez généreux avec toi cette nuit ou quoi?

- Les hormones ! Répondit-elle en haussant les épaules.

- Hum, hum …

J'allais récupérer mes clés de voiture et une veste.

- Un jour toi et moi, il faudra qu'on essaie d'être synchro sur cette histoire d'hormones. Dis-je en ouvrant la porte d'entrée. Des fois, j'ai du mal à te suivre !

- C'est la différence entre les hommes et les femmes mon amour. Vous c'est tout le temps, nous c'est à la fin de la plaquette !

Bella avançait lentement jusqu'à moi en se dandinant dans mon tee-shirt et soudainement j'oubliais mon frère.

- La quoi? Soufflai-je, focalisé sur ses jambes parfaites.

- On se voit au boulot. Lança-t-elle avant de me claquer la porte au nez en riant.

J'arrivais devant chez eux un quart d'heure plus tard, j'aurai pu retrouver cette maison les yeux fermés. Malgré les années et leur nouvelle situation de parents, Emmett et Rose n'avaient jamais souhaité déménager. En passant le portique en fer forgé, je croisai Rosalie déjà lancée dans une course contre la montre à 7h00 du matin. Perchée sur ses bottes en cuir, un thermos brulant à la main, elle prit une microseconde pour me saluer entre chez elle et sa voiture.

- Toujours en train de courir. Souris-je alors qu'elle posait sa main sur ma joue pour embrasser l'autre.

-L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ! Emmett est presque prêt il arrive.

- Le gros est prêt aussi.

- Edward Cullen la prochaine fois que tu traites mon chien de « gros », je lui ordonne de te bouffer les grelots ! Attend, tu parlais bien du chien? Rassure-moi.

- Tu ne veux donc pas être tante?

- Pour ça il faudrait déjà que tu réussisses à convaincre ta femme. Pouffa-t-elle dans son café.

- Ça c'est bas ! Grondai-je.

- Mais tellement vrai ! Ajoutait-elle fièrement.

- Sorcière. Lançais-je alors que Rosalie ouvrait déjà sa portière de voiture.

- Je t'aime.

- Moi aussi ! Répondis-je simplement avant d'entrer chez elle.

Zooka se jetait sur moi et je l'interceptai juste à temps pour lui mettre sa laisse avant qu'il ne se ru dehors.

- Em' bouge tes fesses ! Ton chien va exploser si on ne le sort pas maintenant.

- C'est pas mon chien ! J'arrive ! Hurla mon frère en descendant les escaliers, un ballon de basket sous le bras.

Il ferma la maison et me rejoint dans la rue. Nous nous dirigions lentement vers le terrain tout en promenant le chien.

- Dieu bénisse les nounous ! Soupira-t-il. Ça fait une éternité qu'on a pas pu jouer avant le boulot.

- Rose s'est enfin décidée à faire garder Célia?

- Oui, après 35 candidates écartées et non sans patience, on en a enfin trouvé une qui semble lui plaire. Elle est venue la chercher ce matin pour l'emmener à l'école.

- Elle a versé sa larme?

- Célia? Nan !

- Je parlais de Rosalie. Ça doit être dur de confier son bébé à quelqu'un pour la première fois.

- Nan, nan … Tu connais Rose … C'est une guerrière ! Elle n'a pas versée une larme elle !

- Elle? Me moquai-je. Le grand Emmett Cullen aurait-il eu un gros chagrin?

- C'est ça, fais le malin ! On verra quand ça t'arrivera !

- Mais qu'est-ce que vous avez tous avec ça aujourd'hui? M'emportai-je, sans trop comprendre d'où cette colère soudaine me venait.

- Pardon Ed', je ne voulais pas dire que …

- Que quoi? Que ça ne m'arrivera jamais? Parfois je commence à le croire. Soupirai-je.

- Ne dis pas n'importe quoi. Vous en avez reparlé depuis?

Nous arrivions sur notre terrain de basket préféré, même s'il était loin d'être entretenu. Il était au bord de l'eau et la pelouse permettait à Bazooka de courir un peu pendant qu'Emmett et moi jouions. Vu l'état des paniers et de la surface de jeu, il était rarement occupé et nous pouvions passer un moment tranquille là-bas sans être dérangé, surtout à cette heure si matinale.

- En parler? On ne fait que ça !

Je lançais rageusement mon premier ballon qui manquait le panier.

- Justement, tu devrais arrêter. Me conseillait Emmett en faisant quelques dribbles avant de marquer son premier panier, aussi facilement que ça.

- Qu'est-ce que tu veux dire? Demandai-je en récupérant la balle. Je dois abandonner à ton avis?

- J'ai pas dit ça ! Répondit mon frère tout en essayant de me reprendre la balle. Mais lâche-là un peu avec ça. Plus tu lui mettras la pression et moins tu arriveras à tes fins.

- Tu crois? Soufflai-je en voyant un second panier à trois points entrer droit dans le cercle rouillé.

- C'est évident ! Les femmes veulent être au contrôle de leur utérus !

- Comment tu sais tout ça toi?

Je courrai jusqu'à lui pour bloquer sa passe et marquer mon premier panier. Emmett rattrapait la balle quand elle retombait et revenait jusqu'à moi en dribblant lentement.

- Que tu l'admettes ou pas, je suis ton grand frère et j'ai quand même un peu plus d'expérience que toi sur le sujet.

- Rosalie?

- Qui d'autre?

Il me repassait le ballon sans même jouer et soupirait. Un moment je gardais la balle pour observer mon frère. Il était rare que lui et moi soyons aussi sérieux mais quand ça arrivait, Emmett imposait le respect.

- Tu sais quand on a perdu le bébé, ça a été difficile pour elle d'admettre qu'elle pourrait de nouveau tomber enceinte et mettre au monde un enfant, un autre enfant, sans culpabiliser.

Je détournai les yeux. Comment avais-je pu mettre en doute son expérience?

- J'essayai tous les jours de lui faire comprendre qu'il fallait aller de l'avant mais elle n'était pas prête et le fait que je sois toujours sur son dos n'aidait en rien. Finalement, quand j'ai réussi à canaliser mes propres envies, à lui laisser le temps qu'il fallait, Célia était en route.

Il me reprenait violemment le ballon, profitant que je digère ses paroles et gagnait le premier match.

- C'est aussi simple que ça petit frère. Bella sera prête quand tu arrêteras d'en faire une affaire d'état. Elle est aussi têtue que Rose !

- Voir pire !

- Ça se voit que tu n'as jamais vu Rodsila !

- Rodsila? Riais-je.

- L'horreur ! Souffla simplement Emmett. Une autre partie?

- Nan pas cette fois. J'ai du boulot. Merci Emm'.

-De rien p'tit frère ! Me lança-t-il sans un regard en marquant un dernier panier.

- On se voit ce soir chez nous?

- 20h00 pétante. Acquiesça-t-il pendant que je caressais une dernière fois Zooka.

Pour une fois j'arrivai au travail en avance. Bien sûr Bella était déjà surmenée, jonglant avec plusieurs téléphones en même temps. Je la regardais s'agiter dans son bureau négociant je ne sais quel contrat avec je ne sais quel client. A vrai dire, cette partie du boulot ne m'intéressait pas. J'étais là pour aider d'autres futurs écrivains et essayer d'écrire mon second roman qui était au point mort depuis quelques semaines.

Maddie me transmettait mes messages et quelques nouveaux manuscrits que nous avions reçu et j'allais les déposer dans mon bureau, à côté de celui de Bella. Une porte communicante nous permettant de passer facilement d'un bureau à l'autre. Posé sur celui-ci, je trouvais un café encore fumant de chez Starbuck avec un post-it dessus disant « Pour ce matin ». Je sourirai en jetant le post-it avant de me délecter du breuvage brulant.

Même si nous étions mariés et que tout le monde le savait, Bella et moi avions toujours évité de ramener nos affaires personnelles au bureau et inversement, mais aujourd'hui j'avais besoin de faire une petite entorse à la règle. Aussi quand je l'entendis raccrocher, je traversai la porte pour entrer dans son espace.

- Déjà là? S'étonna Bella en regardant sa montre.

- Je suis obligé de montrer de la bonne volonté, la patronne m'a à l'œil. Plaisantai-je en fermant la porte principale pour que nous ayons un peu d'intimité.

- Un problème?

- Je voulais juste te parler d'hier soir. Dis-je en enfonçant les mains dans les poches de mon jean.

- Ici? S'étonna-t-elle avec un petit sourire.

- Pas cette partie-là. Précisai-je avec le même sourire.

Alors son visage reprit un air sérieux et elle fit le tour du bureau pour se placer en face de moi, les fesses en appui contre le meuble, laissant un espace de sécurité entre nous.

- Edward, soupira-t-elle, je sais que c'est très important pour toi en ce moment, mais j'ai trop de travail pour avoir une énième conversation sur le sujet « bébé ». Dit-elle en mimant les guillemets.

- Justement, je sais.

- Je te suis pas? Dit-elle après une seconde de réflexion.

- Je suis désolé.

- Désolé?

- Je sais que nous n'en sommes pas au même niveau sur le sujet et je m'en veux de te mettre autant la pression.

Bella baissait les yeux visiblement surprise d'entendre de tels mots sortir de ma bouche après des mois de disputes.

- Alors, j'ai décidé de te laisser tranquille avec ça et de te laisser le temps qu'il te faut.

- Merci. Me répondit-elle simplement en me regardant enfin.

J'avançai lentement jusqu'à elle et elle posait ses mains sur mon torse pendant que les miennes trouvaient ses hanches.

- Je ne veux pas te forcer à faire quoique se soit. Quand tu seras prête, je le serais aussi.

- Pourquoi j'ai l'impression d'être la pire des égoïstes? Souffla-t-elle sans oser me regarder.

- Hey, soufflai-je en lui remontant le menton, tu en fais déjà beaucoup pour moi. Plus que tu ne le pense. Je n'aurai jamais réussi à monter ce projet sans toi et aujourd'hui, regarde où nous en sommes?

Elle essayait de détourner les yeux encore une fois mais je l'en empêchai à nouveau.

- Tu es la meilleure chose qui ne me soit jamais arrivé Bella, n'en doute jamais.

- Mais je ne te donne pas ce que tu veux. Pas entièrement.

Je détestais quand elle faisait ça. Je détestais quand elle faisait comme si elle ne me méritait pas. C'était le contraire, ça avait toujours été le contraire. Ce genre de réflexions me ramenait toujours à l'époque où je l'avais abandonné, à l'époque où elle m'avait donné son cœur et que je l'avais piétiné. Elle avait trouvé la force de me pardonner et rien que pour ça, je lui devais tout.

Aussi, pour oublier le goût amer que les souvenirs de cette époque laissait dans la bouche, j'attrapai ses lèvres sucrées et chaudes entre les miennes, lui faisant émettre un petit gémissement surpris. J'oubliais le travail que nous avions, l'heure qui tournait, j'oubliais même l'endroit où nous nous trouvions pour profiter au maximum de sa bouche, de sa langue, de son souffle chaud et de son corps se pressant automatiquement au mien. Elle voulut reculer mais je lui maintenais la tête, d'une main dans ses cheveux, que je détachais par habitude. Je les préférai ainsi. Libre. Comme elle.

- Qu'est-ce que tu fais? Chuchotait Bella contre ma bouche, sans pour autant se résoudre à ouvrir les yeux.

Sans même lui répondre j'allais fermer la porte du bureau à clé et revenait vers ma femme pour la soulever et l'assoir sur le bord du bureau. Bella voulu protester mais je ne lui en laissais pas l'occasion, me calant entre ses cuisses, plongeant dans son cou avec ferveur. J'avais terriblement envie d'elle. Comment de simples excuses s'étaient transformées en … Désir? Un désir mélangé à la peur. La peur de la perdre. J'aurai toujours peur de la perdre. Encore une fois.

- Tu es fou. Souffla-t-elle alors que sa main serra mes cheveux, maintenant mon visage dans son cou. On n'a pas le temps pour ça.

- C'est bien ce que tu voulais ce matin non? Finis-je par dire, ne tenant pas compte de ses excuses.

Son corps parlait de lui-même. Quand mes mains entourèrent sa taille, ma bouche retrouvant la sienne, Bella se penchait un peu plus sur le bureau. Ses chaussures tombèrent sur le parquet et ses petites mains passèrent sous mon tee-shirt. J'attrapai ses fesses et la ramenait encore plus contre mon bassin, ses jambes entourant ma taille. J'avais atteint le point de non-retour et, loin d'être romantique et sensuel, ce moment allait être intense.

Je m'écartai d'elle pour la fixer, ses joues déjà rougies par l'excitation. J'entrepris de déboutonner son chemisier, découvrant son soutien-gorge pour fondre immédiatement dessus, retenant ma force pour que mes caresses sur sa peau reste douces malgré mon envie de la faire mienne immédiatement.

J'englobais ses seins dans mes paumes, les pressants doucement en embrassant la peau qui m'étais offerte. Elle fit voler mon t-shirt au-dessus de ma tête avant de m'embrasser à nouveau. J'aimais cette bouche et toutes les tortures qu'elle pouvait m'administrer. Lentement mes mains remontèrent en dessous de sa jupe et agrippèrent sa culotte pour la faire glisser le long de ses jambes fines. Bella souleva un peu les fesses pour m'aider et je suivis le tissu jusqu'à ses pieds, m'agenouillant par terre entre ses cuisses.

Remontant encore d'avantage sa jupe, je fondais sur son sexe, l'embrassant, malmenant sa peau fine du bout de ma langue. Ses cuisses s'étaient immédiatement resserrées contre mes joues sous le choc et la surprise, mais je n'arrêtais pas pour autant. Je la goûtai sans retenu. Bella faisait ce qu'elle pouvait pour rester le plus discrète possible mais sa respiration et les mouvements de son bassin contre mon visage, sa poigne enfermant mes cheveux, ne laissaient aucun doute sur son trouble, égal au mien.

Ce n'est que quand elle fut au bord du gouffre que j'arrêtai pour me placer debout entre ses cuisses offertes et impatientes. Rapidement, le regard sombre et les joues en feux, elle détachait la boucle de ma ceinture et descendait le zip de ma braguette, allant chercher directement le fruit de son désir. Quand sa main trouva mon sexe presque douloureux maintenant, tous mes muscles se contractèrent. Elle me plaçait devant son entrée et c'est sans mal que je la pénétrais, nous arrachant à tous les deux un râle de plaisir. Alors lentement, et dans le même rythme, nos bassins s'animèrent. Rapidement mon front retrouvait le sien, nos souffles saccadés se mélangèrent, mais jamais nous ne nous quittions des yeux.

Je savais que je n'allais pas tenir la distance et le fait que nous pouvions être dérangés à tout moment ne m'encourageait pas d'avantage. Je me laissais aller complétement à mes envies, serrant Bella contre moi. Je souriais, la tête perdu dans ses cheveux quand elle enfonçait ses ongles dans mon dos. Ses habitudes reprenaient le dessus malgré mes réflexions. A vrai dire, j'aimais qu'elle laisse des marques visibles sur moi, comme elle en laissait dans mon esprit. Jamais je ne lui aurais avoué cependant.

Je savais les efforts qu'elle faisait pour rester discrète et ne pas se faire remarquer. A vrai dire, je m'en amusais. Je la poussais au-delà de ses limites, amplifiant mes coups de reins en elle, atteignant mes propres limites. Quand nous atteignons tous les deux la jouissance, je l'embrassais étouffant notre soulagement dans sa bouche. Je sentais son cœur battre à tout rompre sur mon torse. Doucement je m'écartai pour la voir. Ses cheveux étaient collés sur son front que je dégageais délicatement du revers de la main en souriant. Pendant que nous reprenions notre souffle, j'embrassai chaque centimètre de son visage et elle gloussait contre mes mains.

- Je veux bien qu'on ait d'autres discutions dans ce genre. M'avoua-t-elle.

- Désolé, c'était pas prévu.

- Je ne m'en plains pas.

Je reculai pour la laisser se rhabiller et j'en faisais de même.

- Au bureau? Je ne connaissais pas ce fantasme. Me dit-elle en remettant ses talons.

- Moi non plus à vrai dire. Souris-je un peu mal à l'aise. Mais c'était plutôt pas mal.

- Plutôt pas mal oui. Dit-elle dans un clin d'œil.

Bella entourait une dernière fois ma nuque pour m'embrasser avant que le téléphone ne se remette à sonner.

- Les affaires reprennent. Soupira-t-elle en posant son front contre le mien. Tu vas écrire?

- Oui mais pas ici. Au café.

- Tu as un bureau avec plus de 5000 dollars de fournitures et tu vas quand même écrire dans un dîner miteux? Je comprendrais jamais.

- Caprice d'écrivain sûrement. Je n'arrive pas à me concentrer avec une si belle femme à mes côtés. Soufflai-je sur ses lèvres.

- Hum, tu sais trouver les arguments pour convaincre ton patron. Roucoulait-elle en décrochant le téléphone. Un instant s'il vous plaît, je vous fais patienter une seconde monsieur.

- Ah tu croyais que je parlais de toi? Lançai-je en reculant.

Le visage de Bella se déforma de colère et j'explosais de rire.

- Maddie est super Hot ! Ajoutais-je en exagérant sur le « H ».

Elle me balançait une de ses chaussures avant que je ne passe la porte du bureau, la chaussure rebondissant sur le bois brun. Quand je sortais, les employés dont Maddie me regardaient avec des yeux ronds.

- Mauvaise période du mois. Lançai-je simplement en haussant les épaules. Je vous conseille de faire attention.

Ils se remirent tous au boulot sans demander leur reste et je m'esquivai fier de mon effet.

Je m'activai aux fourneaux pendant que les autres prenaient l'apéritif dans le salon.

Les poêles crépitaient devant moi dégageant des odeurs alléchantes. Finalement cuisiner n'était pas si compliqué. Plus jeune, je n'aurai pas été capable de me faire cuire un œuf. C'est ce qu'Esmée me répétait sans arrêt quand il arrivait à mes parents de venir dîner à la maison. Après avoir baissé les feux, le torchon sur l'épaule, je rejoignais nos invités, prenant place sur l'accoudoir du canapé, prêt de Bella.

- Alors maestro, c'est bientôt prêt ? Je meurs de faim.

- Une vingtaine de minutes. Informai-je mon frère alors qu'il boudait dans son whisky.

Bella me tendit un verre de vin en souriant. Ethan quittait alors les genoux d'Alice pour venir sur les siens. Bella le fit monter sur ses genoux sans même se rendre compte avec qu'elle simplicité ces gestes maternelle lui venaient. Je chassais rapidement cette idée de ma tête, sachant très bien là où elle m'emmènerait. J'avais promis de ne pas remettre ça sur le tapis avant qu'elle ne soit prête.

- Comment ça va l'écriture? Me demandait Rosalie.

- Lentement. Soupirai-je. Je suis un peu bloqué ces derniers temps.

- Le syndrome de la page blanche ?

- Je n'irai pas jusque-là. Je dirai plutôt le syndrome de l'inutilité.

- Tu disais ça aussi pour le premier, fit remarquer Alice avant de prendre une gorgée de champagne. Tout ira bien.

- Elle n'a pas tort. Souffla Bella. Et puis de toute façon tu n'as pas trop le choix.

- Ah oui et pourquoi ça ? Souris-je.

- Sinon je te vire.

- Ta sollicitude me touche ma chérie.

Elle me souriait et je me penchais pour l'embrasser rapidement avant qu'un « Beeurk » ne se fasse entendre. J'ouvrai les yeux pour découvrir le visage dégoutté de mon neveu.

- Crois-moi bonhomme, tu ne diras plus ça dans quelques années. Lançai-je en lui ébouriffant les cheveux.

- Hey ! Ne donne pas des idées comme ça à mon fils toi ! Gronda Alice en bouchant les oreilles d'Ethan.

Célia arrivait de la chambre du fond, la tête baissée.

- Où tu étais toi ? Demandait Rosalie, méfiante.

- C'est vrai ça, ça fait au moins une demi-heure qu'on ne t'entend plus. Remarquait son père.

- Rien. Soufflait la petite.

- Célia ?

Mais sa fille faisait déjà demi-tour vers la chambre.

- Célia, viens ici ! Lançait Rose en élevant un peu la voix.

Alors elle relevait la tête vers ses parents dont les mâchoires tombèrent simultanément.

- C'est pas possible ! Grondait Rose en se levant pour l'attraper. Où est-ce que t'as eu ça?

Célia avait le visage barbouillé de maquillage. Plusieurs couleurs de maquillage, pas forcément cordonnées qui plus est.

- Dans la chambre de Bella.

- D'où tu sors toutes ses couleurs, tu n'en porte jamais ?

- Je … J'ai... Balbutia Bella qui se retenait de ne pas rire.

- Allez viens, soupirait Rosalie, on va t'enlever tout ça.

- Sois sympa ma puce. Elle tient ça de toi. Lançait Emmett en riant.

- Je te demande pardon ?

- Ben oui. Un vrai pot de peinture. Comme sa maman au lycée.

Nous éclations tous de rire et Rose balançait un coussin dans la tête de son mari.

- Je vous jure. En fait c'est toi qui a raison Bell's. Ne fais jamais d'enfants ! Un mari suffit.

Alors que les autres riaient toujours, Rosalie entraînant sa fille dans la salle de bain, je vis le sourire de Bella s'estomper peu à peu. Elle baissait les yeux sur ses chaussures une seconde avant de vérifier si je la regardais. Immédiatement, je détournais les yeux. Cette remarque sur les enfants semblait l'avoir suffisamment atteinte, pas besoin qu'elle culpabilise encore plus. On frappait à la porte et je me levais rapidement pour dissiper le malaise.

- Bonsoir. Me lançait Julia souriante, devant ma porte.

Immédiatement je la serrai dans mes bras.

- Hey, pas touche ! Grondait Jacob en arrivant derrière elle.

Je serrai la main de Jake en riant.

- Tu m'as déjà volé une femme, ça suffit ! Sourit-il.

- Toujours les mêmes blagues. Soupirai-je. Ça devient lassant.

- Elle marche à chaque fois, j'aime bien te foutre mal à l'aise vieux. Dit-il en me mettant une bourrade dans le dos qui me fit presque décoller.

- Jul' ! Vous tombez bien, on vous attendait pour passer à table ! Lança Bella en saluant le couple.

- Vous êtes en retard. Fit remarquer Alice quand nous passions au salon.

- Je sais ma belle. Souffla Jake en la serrant contre lui. Mais on a eu un petit imprévu.

- Quel genre ? Demandait Bella.

- Et je pense qu'il te plaira. Continuait Jacob avec un clin d'œil pour Alice.

- De quoi tu parles ? Répondit Alice méfiante avant que la voix de son fils ne se fasse entendre.

- Papa !

Le petit courait déjà vers l'entrée quand nous tournions tous simultanément la tête.

- Bonsoir tout le monde ! Lançait Jasper en attrapant son fils dans ses bras. J'ai rien raté ?

- Jazz' mais … Balbutia Alice en allant à sa rencontre.

- Salut toi. Sourit-il en se penchant sur ses lèvres, non sans avoir caché la vue d'Ethan avant.

- Tu n'étais pas censé rentrer avant la fin de la semaine ! Lançait-elle ravie.

- Je sais mais vous me manquiez trop. Je me suis fait remplacer.

- J't'adore. Sourit-elle en se pendant à son cou.

- On était en route quand Jasper a appelé. Expliquait Julia à qui je servais un verre.

- Il était à la gare alors on l'a récupéré. Continuait Jake qui s'installait à côté de sa fiancée.

- Surprise ! Finit Jasper.

Rosalie revenait à ce moment-là, Célia sur ses talons.

- J'ai entendu des voix que je connaissais par ici ! Sourit-elle.

- Comment ça va ma belle ? Souffla Jasper en la prenant dans ses bras.

- Aussi bien que toi, tu as bonne mine.

- Merci.

- Ça veut dire qu'on pourra pas aller voir papa en concert? Bouda Ethan.

- La prochaine fois promis ! Lui assurait sa mère.

- La prochaine fois, je te fais rater l'école et tu viens en tournée avec moi.

- Ouais ! S'enthousiasma le petit garçon pendant que son père recevait une correction par sa mère.

- Ça c'est l'une des raisons pour lesquelles, en cas de séparation, j'aurai la garde exclusive.

- Viens par là au lieu de dire des bêtises.

Jazz' enfermait ma sœur dans ses bras et malgré sa pseudo résistance, je pouvais dire qu'elle était heureuse. Chez elle. Je ne sais pas comment j'avais pu, un jour, douter de leur relation et la voir d'un si mauvais œil.

- Où en sont les préparatifs du mariage ? Demandait Bella à Julia qui l'aidait à dresser la table.

- Ça avance. Il y a tellement de choses à faire.

- Toujours prévu pour octobre ?

- Oui.

- Octobre à Forks ! Pas la meilleure idée du monde tu sais. Fit remarquer Bella.

- Je sais, mais Jake insiste pour se marier à La Push donc...

- Dans ma réserve. Ajoutait Jake en allant vers elles.

- Tout ce que tu veux mon amour. Répondit Julia en l'embrassant.

- Mon dieu, trouvez-vous une chambre ! Lança Bella en riant avant d'aller dans la cuisine, où je la suivais.

- T'es un peu dur avec eux. Lui fis-je remarquer alors que je l'aidais à dresser l'entrée.

- Mais non, je les taquine. Ils ont de la chance d'en être encore là. Je suis jalouse.

- Jalouse ?

- Ben oui, tu sais, ils en sont encore au stade où ils leur est impossible de se détacher l'un de l'autre.

- Parce que nous non ? Demandai-je surpris.

- Je sais pas, dit-elle en haussant les épaules concentrée sur son assiette, avec les années ça serait normal je pense.

Je la retournais précipitamment vers moi et l'embrassais rageusement, ses fesses buttant sur le plan de travail. Je mettais toute la passion qu'elle m'inspirait dans ce baiser, lui coupant volontairement tous ses moyens. Ma langue jouait habilement avec la sienne, mes mains caressaient sa nuque et ses cheveux. Je lui laissais même l'occasion de me mordre la lèvre inférieure alors qu'elle se perdait dans l'instant. A bout de souffle, je reculai, la tenant par les épaules. Je constatai satisfait que Bella mit un moment à ouvrir les yeux, comme étourdie.

- Rassurée ? Demandai-je moqueur.

- Oui. Frustrée aussi.

- Dis-toi que ça m'étonnerai que Julia et Jake aient fait l'amour au bureau ce matin. Chuchotai-je dans son oreille alors qu'elle rougissait honteusement.

- Tu as raison.

- Tu n'as rien à craindre. Ajoutais-je en l'embrassant sur le front avant d'apporter les premières assiettes à table.

En revenant dans la cuisine je prenais deux autres assiettes mais au moment où j'allais quitter la pièce, Bella m'interpellait.

- Tu sais, j'ai repensé à notre conversation de ce matin.

D'abord surpris, je ne bougeai pas, coincé avec mes entrées entre la cuisine et le salon. Prudemment je lui faisais face, posant les assiettes où je pouvais avant de faire quelques pas vers elle.

- Je me rends compte que je suis injuste.

- Bella on en a déjà parlé... Tentai-je avant qu'elle ne me coupe.

- Attend, écoute-moi une seconde.

Elle finissait la dernière assiette et s'essuyait les mains avant d'avancer vers moi.

- J'aime les enfants.

- Je le sais ça.

- Tout le monde a l'air de croire que je les déteste, c'est faux. J'ai juste peur de ne pas être à la hauteur.

- Ça s'apprend et puis, tu ne seras pas toute seule. Dis-je en souriant.

- Je sais.

Elle posait ses mains sur mon torse et j'en profitai pour la remmener doucement contre moi.

- J'aime Célia et Ethan comme si c'étaient les miens.

- Je pense que ça ne fait aucun doute pour personne Bella. Je t'ai dit tout à l'heure que tu n'avais plus à t'inquiéter pour ça. J'attendrai le temps qu'il faudra.

- Je te remercie d'avoir dit ça parce que ça … ça m'a fait voir les choses sous un autre angle. Dit-elle en plongeant ses yeux chocolats dans les miens.

- C'est à dire?

- Je me suis rendue compte que je refusais d'aborder le sujet jusque là parce que j'avais l'impression de ne pas avoir mon libre arbitre. J'avais l'impression que si j'acceptais de te donner un enfant, c'était pour toi et pas pour moi.

- Toi et ton indépendance. Souris-je en passant ma main dans ses cheveux. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un aussi attaché à sa liberté.

- Tu étais comme ça à une époque pas si lointaine, tu l'es encore sur certains sujets. L'écriture et la musique par exemple. Monsieur « je joue par terre mais je ne prends pas l'argent que l'on me tend ».

- Ok mais les tiens, tes deux principales « bêtes noires » n'ont pas changé : le mariage et les enfants.

- Je t'ai épousé.

- J'ai négocié beaucoup de chose pour ça.

- Tu ne crois pas non plus que j'allais te rendre la tâche facile!

- Avec toi, jamais mon ange.

- Et puis … Hésita-t-elle en jouant nerveusement avec mon t-shirt.

- Et puis?

Elle soupira en fermant les yeux comme pour trouver les mots justes, puis releva lentement les yeux vers moi.

- Et puis le second point est sur le point de changer. Souffla-t-elle doucement, presque embarrassée.

- Bella … Soufflai-je sans trop y croire. Tu …

- Toute ma vie j'ai fui toute sorte d'engagement. D'abord par peur de souffrir, ensuite parce que je n'étais pas avec la bonne personne et maintenant parce que j'essaie de me convaincre que je ne serai pas douée pour ça. Mais la vérité c'est qu'aujourd'hui je suis différente et surtout aujourd'hui … Tu es là. Je suis enfin à ma place. Et je sais que je vais passer le reste de mes jours à évoluer et vieillir à tes côtés. Alors …

J'arrêtai littéralement de respirer.

- Je veux bien essayer.

- T'es sérieuse? Demandai-je sans y croire.

- Oui, sourit-elle n'en revenant pas elle-même, Edward je veux essayer d'avoir un enfant avec toi.

- Je … Je … Balbutiai-je.

Mais comme aucun mot ne voulait sortir de ma bouche, je me contentai de la soulever du sol pour la faire tourner avec moi dans les airs, en riant. C'était l'un des moments les plus beaux de ma vie, ex-æquo avec celui où elle avait accepté (non sans mal) de m'épouser. Une fois que je l'avais reposé, je ramenai ses lèvres contre les miennes, tenant son visage entre mes mains, pour l'embrasser passionnément. J'avais encore du mal à croire ce qu'il venait de se passer. C'était pourtant vrai, je serai peut-être bientôt père.

« - Hey ! Vous faites quoi là-dedans? On a faim nous ! » Hurlait Emmett de l'autre pièce.

Bella et moi, ayant presque oublié la présence de nos invités dans le salon, nous mettions à rire.

- On arrive ! Cria-t-elle en réponse à mon frère.

- On arrive? Répétai-je plus doucement.

- Il faut qu'on y aille.

- Tu m'annonces ça et tu veux continuer le repas comme si de rien n'était? Demandai-je encore surexcité.

- Tu as une autre solution?

- Je propose qu'on les foutent tous dehors et qu'on commence à essayer, encore et encore, toute la nuit. Répondis-je en plongeant déjà dans son cou de soie.

- Patience mon chéri. On a toute la nuit pour ça. Dit-elle en s'accrochant à mes cheveux.

- Hum, gémis-je en remontant vers le lobe de son oreille, si tu le dis.

- Mais d'abord...

Bella me repoussait doucement et reprenant deux assiettes en main.

- Tu dois prendre des forces parce que je ne vais pas te laisser une seule seconde de repos.

- Je ne demande que ça. Répondis-je taquin en lui donnant une claque sur les fesses.

- Aller viens ! On nous attend. Rit-elle en s'avançant vers le salon.

Je prenais à mon tour deux assiettes et la suivait en essayant de faire abstraction de la nouvelle pendant au moins quelques heures. Je voulais que cela reste entre nous deux pour le moment. Ça n'appartenait qu'à nous.

- Le dîner est servi !

- On a failli attendre !

- La ferme Emmett, où tu seras privé de dessert. Grondai-je en m'asseyant.

- Ouais et bien vu le suçon énorme que tu as dans le cou, y'en a un qui ne va pas s'en priver en tout cas ! Fit remarquer Jasper alors que Bella pouffait dans son verre.

Tout le monde éclatait de rire pendant que j'essayais de cacher mon suçon d'adolescent boutonneux comme je pouvais et lançant un regard noir à Bella. Elle m'embrassait gentiment sur la joue et tout le monde commençait à manger en parlant de choses et d'autres.

En voyant tout ce petit monde autour de moi, je me disais que tout irait pour le mieux et que rien ne pourrait jamais nous séparer. Nous étions une grande famille à présent.

Une famille qui allait bientôt s'agrandir !


Voilà cette fois … C'est VRAIMENT la fin !

Que dire, déjà MERCI ! Merci à toutes !

Merci Wam, ma fidèle relectrice qui n'a jamais chaumé ! (au plaisir de peut-être retravailler un jour avec toi ).

Merci pour toutes vos reviews, votre fidélité, vos avis, Merci d'être une dernière fois au rendez-vous. Je voulais vraiment que le dernier chapitre (le précèdent) marque la fin de l'histoire d'où ces longs mois d'attente avant l'épilogue. Voyez-le comme un bonus nostalgique. J'espère qu'il vous aura fait passer un bon moment.

Je n'ai pas d'autre projet sur le feu à l'heure actuelle mais qui sait ? Je disais pareil à la fin de Beautiful Disaster !

Alors à très bientôt.

Ginie