L'accusation

Traductrice : Hermi-kô

Auteur : Mystic Rains

Note de l'Auteur : Pas à moi, sauf l'intrigue farfelue. J'oublie toujours de le dire.

Mise à jour : Tentative de parcourir l'histoire et d'en corriger les erreurs flagrantes que j'ai posté dans ma hâte de publier cette histoire. Je vous prie de me pardonner. Plus loin dans l'histoire j'aurai un bêta.

L'air dans le studio crépita.Le public était assis, figé et stupéfait, fixant le magnifique gentleman aux longues jambes et habillé de bon goût comme s'il le voyait pour la première fois. Des caméras de direct se mirent à bouger pour encadrer les deux seules personnes sur le plateau. Le faible son des criquets brisa l'atmosphère des plus lourdes et rappela à l'homme de prendre la parole.

« Je suis navré. Pourriez-vous répéter ? » Sa voix était légèrement glaciale, mais l'animatrice blonde ne se départit pas de son sourire. Elle hocha la tête et continua comme si de rien n'était.

« Tsuruga-san, vous êtes monté pour la première fois sur scène il y a trois ans. Depuis lors, vous avez été le Lauréat Numéro Un Japonais trois fois de suite, l'Homme le Mieux Habillé de l'Année, le Plus Beau Sourire, le Meilleur Parti pour les Adolescentes, » dit-elle en cochant tous ses titres un à un avec ses doigts bien manucurés, « et bien plus encore, cependant nous n'avons jamais entendu la moindre broutille sur votre vie sentimentale. Vous vous rendez seul aux remises de prix, vous n'êtes jamais repéré dans les galas de célébrités, et je pense parler au nom de toutes vos fans qui s'interrogent à travers l'archipel… seriez-vous gay ? »

Son invité ouvrit la bouche pour répondre, mais le jingle de l'émission le coupa, signalant qu'ils n'avaient plus le temps.

« Bien, c'est tout pour aujourd'hui, mesdames ! Je souhaite remercier Ren Tsuruga pour avoir accepté de nous parler ce soir. » Elle fit une pause pour s'incliner poliment vers lui. Ce à quoi il répondit par un signe de tête réticent. « Regardez-nous la prochaine fois, lorsque Sho Fuwa viendra parler de son nouveau single, Confrontation ! Passez tous une excellente soirée ! »

Le caméraman signala le début des crédits et le régisseur leur annonça que tout était bon. Les lumières se relevèrent, le public du studio se mit sur ses pieds en silence et s'égaya. Ils sortirent en échangeant des murmures dépressifs dans un quasi silence.

C'était un fait étrange pour Ren Tsuruga de les regarder partir. Habituellement après chaque émission comportant un public, les femmes se ruaient sur le plateau et la sécurité devait les contenir du mieux qu'elle pouvait. Il souriait alors et se dirigeait vers la sortie tout en étant harceler pour signer des autographes sur ce bout de papier-ci, cette partie du corps-là... S'attendant à la même chose que lui, les agents de sécurité se jetèrent des regards confus de part et d'autre du garde-fou et en direction des rangées de sièges vides.

« Avez-vous quelque chose de prévu ensuite, Tsuruga-san ? » La jolie animatrice déplia ses longues jambes et passa de la simple chaise à la petite causeuse où il était toujours assis. « Je sors ce soir et j'aimerai énormément que vous soyez de la partie. » Elle lança ses boucles blondes par-dessus son épaule, sourit à son invité comme une aguicheuse et se rapprocha de lui.

Tsuruga se leva, lui offrant un sourire bouche fermée.

« J'ai peur que tout soit déjà organisé dans mon emploi du temps. Je dois toujours faire une séance-photo tardive. »

Elle produit un tss-tss de désapprobation et le regarda. Elle faisait la moue mais dans ses yeux résidait encore une étincelle de défi. « Pour une promo peut-être ? Un film sur les cow-boys, même ? »

« Tout simplement des prises pour une ligne de vêtements, » répondit Ren d'une voix mielleuse. Il avait toujours son sourire de gentleman, mais quelques lignes se craquelèrent. « Madame, je ne suis pas homosexuel, au cas où vous vous le demanderiez encore. »

« Oh non … je n'ai pas de doutes à ce propos, Tsuruga-san. C'est seulement ce que mon public voulait savoir, c'est la seule raison pour laquelle j'ai posé la question. » Ses lèvres maquillées d'un rose brillant s'étirèrent sur un sourire. Elle joignit ses mains comme si elle venait d'avoir une idée. « Je sais que nous n'avons pas pu obtenir votre réponse. Pourquoi ne pas revenir une autre fois pour clarifier tout ça ? Vous êtes invité sur mon plateau à toute heure. »

Tsuruga-san fit un signe de tête hâtif, ne souhaitant pas dire quoi que ce soit qu'il pourrait regretter, et quitta le plateau. Il pouvait entendre les chuchotements des membres de l'équipe qui nettoyaient pour la prise du lendemain soir. Il ne prit pas la peine de s'arrêter pour Yashiro-san qui se mordait le poing et trainait des pieds pour être en même temps que Ren à la voiture. Le visage de l'acteur était rayonnant mais il était dans une humeur noire et paraissait prêt à s'enfuir à toutes jambes du studio avec ou sans son manager.

Fermant les portières, s'attachant, puis enfin de retour dans les sombres rues de Tokyo, Yashiro se tenait le ventre depuis qu'il était assis. Essayant de penser à autre chose qu'à l'entretien, son regard virevolta dans l'habitacle avant qu'il ne ferme tout bonnement les yeux. Il savait que ses joues étaient mouillées de larmes, mais il resta silencieux, se mordant la lèvre et retenant son souffle. Tsuruga garda son attention rivée à la route, mais alors qu'ils approchaient d'un feu rouge, il jeta un coup d'œil à son manager au teint bleuté. Il poussa un long soupir.

« Tu peux rire, Yashiro-san. »

La petite voiture de sports argent fut emplie de rires lorsque son manager laissa libre court à la cascade de gloussements qu'il retenait depuis un moment.

« Je n'arrive pas à croire qu'ils s'imaginent que vous, Ren Tsuruga, le fantasme idéalisé des Japonaises, soyez gay ! »

Comme si le dire à haute voix le lui rappelait, Yashiro éclata de rire à nouveau, se tenant la poitrine et frappant le tableau de bord de son poing. Il oscilla d'avant en arrière sur le siège passager. « Hilarant, n'est-il pas ? » Ren prétendit rire légèrement de même tandis que son manager riait dans sa barbe.

« Qui crois-tu que la presse à scandales va désigner comme étant « mon amoureux secret », Yashiro-san ? » S'amusa Ren, alors que le feu passait au vert et que la voiture redémarrait.

« Oh, je ne sais pas vraiment. » Le fou rire de Yashiro se changea en gloussements. « N'importe quel pauvre gars qui vous tourne autour. »

« Et qui sera-t-il ? »

Il y eut une longue pause dans la voiture. Les rires s'interrompirent immédiatement.

« C'est exact, Yukihito Yashiro. » Déclara simplement Ren.

« Je vous dis que rien de bon ne va ressortir si nous prenons en considération ce cancan sur une émission pareille. » Yashiro fourragea dans sa poche et commença à enfiler un gant chirurgical sur sa main gauche. « Je vais appeler LME. Vous n'avez pas eu la moindre chance de répondre, et leurs allégations vont enfler comme si c'était leur premier vrai repas. »

« Vous savez, » Commença Yashiro en réfléchissant, « si une source anonyme parlait à l'un de ces magazines et que vous invitiez Kyoko-chan à … »

Tsuruga plaqua son pied sur la pédale de frein, stoppant au beau milieu de la chaussée. Plusieurs klaxons hargneux couvrirent les insultes que laissa échapper Yashiro lorsque le téléphone portable lui tomba des mains pour atterrir sur ses genoux. Il le rattrapa prestement de sa main gantée. L'ouvrant pour vérifier s'il marchait toujours, il soupira de soulagement.

Il se tourna vers Ren, qui gardait la voiture immobile. « Qu'est-ce que c'était ? Nous aurions pu causer un carambolage ! »

« Elle doit rester aussi éloignée de moi que possible pour les semaines à venir. » Tsuruga formula ses pensées rapidement. « J'ai besoin que toutes les fois où nous pourrions nous croiser soient décalées et que tous les repas que tu peux lui avoir conseillé de me préparer annulés. »

« Mais… pourquoi ? » Yashiro avait l'air franchement perdu. « Elle pourrait se tenir sous les projecteurs à vos côtés. Vous pourriez l'utiliser pour effacer toutes ces indécisions sur votre orientation sexuelle. Peut-être même pourriez-vous sauter le pas. Chacun y gagne ! » Ren regarda avec colère son manager qui se tût sur-le-champ.

« Kyoko-chan est une lycéenne. Pour certaines choses, elle est mineure et toujours à l'école. J'ai vu ce que les autres filles font à celles qui sont impliquées avec des célébrités. Ça mène à de méchants affrontements. Elle a probablement dû endurer tout ça sa vie durant. » Son regard se durcit à l'évocation de Sho Fuwa. « De plus, tu veux l'exposer au véritable monde du spectacle alors qu'elle n'a pas encore fait ses débuts officiels ? Elle est à LoveMe pour une raison. Est-ce que tu penses qu'elle acceptera ce travail ? Est-ce que tu penses qu'elle pourra même faire comme si elle appréciait mes caresses et mes baisers devant des centaines de caméras ? »

Yashiro baissa les yeux sur son téléphone, honteux désormais à l'idée d'utiliser Kyoko pour régler le problème. La première fois, ça semblait pourtant bien afin d'obliger Tsuruga à faire face à ses sentiments, mais il avait raison à propos des requins du monde à scandales. N'était-il pas un peu sorti de son champ d'action ? Ils la détruiront pour avoir le moindre ragot alors que l'innocence de Kyoko-chan a déjà été détruite une fois. Il bougea ses lèvres pour s'excuser, mais Ren leva la main pour le contraindre au silence.

« Yashiro-san… toi plus que quiconque me connais et ainsi que ce que je ressens pour elle. Je ne vais pas l'entrainer dans quelque chose où elle n'est pas prête. »

Son manager acquiesça puis ouvrit son portable. Kyoko ou pas, Yashiro devait faire avancer le schmilblick au plus vite. Un vrai manager n'était pas seulement quelqu'un qui prenait des rendez-vous, mais aussi s'occupait de la presse. Il était le manager du meilleur acteur de tout le Japon, et il avait le temps de se prouver qu'il était également le meilleur manager.

« Allo, c'est Yukihito Yashiro à l'appareil, le manager de Ren Tsuruga. Je voudrais parler d'une affaire qu'il serait possible de conclure ce soir … »

N/A : Cette idée m'est venue et j'en ai ris longtemps. J'en ai presque fini avec ma première histoire complétée et j'aimerai travailler sur une romance plus burlesque.

Je vais probablement décider de continuer cette histoire s'il y a assez de reviewers qui accrochent et qui pensent que c'est une assez bonne fiction pour la commenter. Au minimum je pense que le fil-conducteur est drôlement amusant.