Que le spectacle continue ! Partie 1 sur 2

Traductrice : Hermi-kô

Auteur : Mystic Rains

Note aux lecteurs : Dans ce chapitre, les paroles des chansons sont en gras et les dialogues dont on se souvient en italique. Bonne lecture !


« Entrez ! » La voix féminine se fit entendre de l'autre côté de la porte. Shoko attrapa le bouton de la poignée de ses doigts manucurés puis le tourna, pénétrant dans l'immense bureau.

« Aki-san ! J'adore lorsque vous venez me voir directement. Vous en avez trouvé un autre alors ? »

Sa chef sortit la candidature proposée et l'étala sur son bureau. Elle considéra les diverses photos de la même manière que Shoko la première fois qu'elle les avait eu sous le nez. Il avait fallu un bon bout de temps pour que Shoko gagne la confiance de son kaichou*, mais chaque personne dont elle s'était porté garante jusque-là avait remporté un franc succès dans le monde du modélisme et sur la scène.

« Pas mal, Aki, pas mal. Très beaux traits. Joli visage. Des photos professionnelles, en plus. Il doit avoir de l'argent de côté pour se payer des tirages en studio. C'est ça ou il a des relations bourrées de talent. »

Se dressant de toute sa hauteur, Shoko hocha la tête et tira à elle son formulaire manuscrit. « Son nom complet est Shoutaro Fuwa. Il veut être connu en tant que Sho. »

« Bien. Mon grand-père s'appelait Shoutaro, et je suis quasi sûre qu'il était né durant la période Edo. »

Sa chef ricana franchement, se retirant plus encore dans les ténèbres. Elle ne savait presque rien de sa chef : Juste qu'il s'agissait d'une femme et qu'elle portait des lunettes. Sa chef ne sortait jamais de son bureau lorsqu'il y avait du monde alentours et tout ce que vous pouviez voir de la salle c'était ses lunettes et le fait que les rais de lumière ne l'atteignaient pas. Au début Shoko trouvait cela étrange, et puis elle avait entendu ses collègues raconter des histoires sur l'excentrique président de LME. Apparemment, il y avait quelque chose qui attirait les détraqués dans le show-business.

« J'ai fait quelques recherches et il se trouve qu'il est l'héritier de la chaîne Fuwa Ryokan*. Peut-être que voilà. »

« Oh génial ! Un mignon garçon riche qui pense qu'il peut jouer. Comme si nous n'avions pas entendu ça auparavant. »

« En fait, c'est un chanteur. »

« Franchement… Un chanteur, Aki-san ? Et vous l'avez amené dans mon bureau ? » Elle se pencha en arrière et la lumière dévia encore de sa trajectoire. « Il doit avoir du talent donc. D'habitude vous êtes plutôt du côté des acteurs. Et je suppose que vous voulez être sa manager ? »

« C'est ça. »

« Bon, écoutons ce gars d'Edo. Je suppose qu'il a envoyé une démo. »

Après quelques mouvements hésitants et de boutons pressés, le grondement profond d'une grosse caisse et le clavier électronique d'un synthétiseur se firent entendre à travers le système audio. On aurait dit un atterrissage lunaire musical, étrangement obsédant voir addictif. Bien que l'enregistrement fût amateur, la qualité était plutôt bonne.

Les grattements de guitare prirent la chef par surprise. Son ton léthargique allait parfaitement bien avec le doux piano et la batterie, ce qui n'était pas habituel dans des groupes amateurs. Habituellement il y avait comme un affrontement. Le bassiste jouerait trop vite ou le batteur taperait trop fort. Quelqu'un savait exactement ce qu'ils faisaient.

Et puis, il y eut sa voix.

Regarde le lever de soleil

C'est sans pareil

Nous partons…

De la conversation

Pas de contemplation

Prenons la route…

« Faites-le signer. »


Otant ses lunettes de soleil, Shoko reconnu son nouveau protégé nonchalamment assis à la terrasse d'un café, sa chevelure blonde caractéristique pointant hors de son capuchon rouge. Elle se fit une remarque élogieuse en s'approchant. Pour un garçon japonais de pure souche venant de Kyoto, il portait la couleur surnaturelle de ses cheveux comme s'il était né avec. Quiconque avait pu le styliser avait fait du bon boulot. Le gamin savait comment se démarquer de la population tokyoïte. Même dans son modeste sweat et ses jeans dépenaillés, il ressemblait plus à une idole ancrée dans le paysage qu'à un citoyen lambda.

« Comment tu t'appelles ? »

« Tu es du coin ? »

« C'est de la poésie ? »

Plusieurs filles entouraient la table, sans doute prenant leur heure de déjeuner à en juger par leurs chemises d'uniformes et leurs jupettes. Elles étaient toutes penchées vers lui d'une façon ou d'une autre. Une ou deux étaient plutôt mignonnes, et pourtant le musicien n'avait pas levé les yeux de son stylo et de son bloc-notes.

« Sho. Non. Ce sont des paroles de chanson. » Susurra-t-il entre ses dents, gribouillant quelques mots de plus sur la page.

Bon, c'était bien. Il n'avait pas trop l'air de jouer les play-boys. Elles avaient plus l'air intéressées par lui que lui par elles.

« Oh ! Tu es musicien ! J'adore les musiciens ! »

« J'adore chanter. Est-ce que tu chantes ? Tu fais des duos ? Il y a un Karaoké à côté. »

« Je parie que tu as besoin de quelqu'un pour te faire visiter Tokyo. Nous pourrions y aller après l'école. »

« Moi je pourrais y aller maintenant. »

« C'est pas vrai, il voudra y aller avec moi ! »

S'approchant du groupe de lycéennes aussi silencieusement que ses talons pouvaient le lui permettre, elle s'éclaircit la gorge et sourit alors qu'elles se tournaient pour l'accueillir. Etre belle venait avec certains avantages, comme en imposer aux autres femmes, si elle voulait. Aki Shoko leur servit son sourire le plus assuré tandis que ceux des jeunes filles se fanèrent. Il n'y avait pas photo entre leur attirance modérée et la beauté éblouissante d'une femme mûre.

« Je suis désolée les filles, je dois m'entretenir avec mon client. Croyez-moi, vous entendrez beaucoup parler de lui très bientôt. »

« Oh… » La foule de filles se dissipèrent rapidement, disant au revoir avec des clins d'œil aguicheurs et des gloussements aigus. Il ne retourna aucune de leurs invitations, mais Sho fit un signe de tête sommaire pour être poli. Sho garda un œil sur Shoko toutefois, ce qui ne la surprit pas.

Baissant sa capuche, le sérieux adolescent l'étudia attentivement de haut en bas. Plus de gens les regardèrent tandis que le soleil s'accrochait à ses cheveux. La rencontre de deux personnes magnifiques se passant dans un environnement si banal en faisait plus un tournage de film qu'une scène de la vie quotidienne. Une serveuse assez nerveuse vint prendre leur commande avant de disparaitre aussi vivement qu'elle était venue.

« Vous êtes sensée être ma manager ? »

Il n'était pas en train de parler à sa poitrine. Il y avait définitivement une amélioration sur la plupart des hommes qu'elle avait rencontrés. Elle acquiesça.

« Je m'appelle Aki Shoko de l'Agence Akatoki. Si tu es d'accord, je te représenterai en tant que ta manager. »

Il se mit alors à la scruter, son regard allant du galbe de ses mollets à la courbe de ses hanches, passant sur son ventre ferme et ses larges seins avant de s'arrêter sur son visage. Elle garda son sourire professionnel tout du long mais ses yeux se plissèrent légèrement.

« Vous êtes définitivement mon genre, Shoko-chan. » Son ronronnement adolescent dégoulinant de confiance en soi était tout ce dont elle avait besoin. « Je suis d'accord. »

De toute façon, elle ne pouvait pas espérer qu'il soit parfait.

« Ecoute, Shotar... »

« Sho. Appelez-moi Sho. » Comme d'habitude, il se pencha en avant avec ce qu'elle déduisit être son plus beau sourire. Il était vraiment magnifique, et même son cœur d'acier vibra un instant. « Après tout vous êtes m… »

« Fuwa, » Shotaro se redressa, les yeux agrandis de surprise. « Je ne suis rien pour toi, sauf ta manager. Je t'ai sélectionné parce que ta démo était talentueuse, mais sans moi, tes chances de percer sont relativement basses. Je suis rentrée dans ce monde à ton âge et tu n'es qu'une autre star errante à Tokyo pour la plupart des agences. »

« Je… Ouais je comprends… » Laissa échapper Sho, ayant la décence de paraitre un brin embarrassé.

Aki Shoko était une très bonne juge de caractère. Elle ne prenait jamais quelqu'un dont elle n'était pas sûre à 100% qu'il puisse suivre, et elle ne prenait jamais un mauvais protégé. Il y avait plein de jeunes vachement pompeux avec peu de talent et encore moins de manière.

Si vous vous fiez à son apparence, vous penserez que Shoutaro Fuwa était un beau/joli garçon sans talents trop gâté. Mais en fait, c'était un garçon qui avait eu la chance de naitre dans une famille riche qui avait du succès et de bonnes gênes. Ce genre de circonstances ruinait habituellement les gosses mais Shoutaro avait été entrainés par des parents sérieux et avec un but à l'esprit. Il agissait comme il fallait en face des gens, étant quand même un bon garçon. Du moins c'est ce qu'il semblait.

« Alors, est-ce que Kyoko Mogami est mature pour son âge ? » Shoko leva le verre à ses lèvres, prenant une gorgée tandis que Sho postillonnait vivement.

« Quoi ? » Le choc sur sa figure était presque comique. Sa mâchoire tomba. « Comment la connaissez-vous ? Elle n'a rien à voir avec ma carrière ou moi ! »

« Je suis ta manager. » Répliqua Aki, reposant délicatement le verre sur la table. « J'ai déjà fouillé. Kyoko Mogami est le nom sur le bail de l'appartement très luxueux que tu occupes à Tokyo. Tu ne travailles pas, mais elle si. Vous êtes tous les deux partis de la maison. Vos parents n'approuvent pas, mais ils ont acceptés de signer à la seule condition que nous garantissions une scolarité. »

« Vous avez parlés à mes parents ? » Fuwa frappa la table, se mettant brusquement sur ses pieds. Des yeux et des oreilles se tendirent dans leur direction, alors qu'ils observaient l'accès de fureur du beau gosse. Les glaçons s'entrechoquèrent dans le verre. « Ils ont donnés leur consentement sur papier ? »

« S'ils ne l'avaient pas donné, je ne serais pas là à l'heure qu'il est. » Répondit simplement Shoko. « Maintenant assis-toi Sho. Nous devons prévoir un début de carrière. »

Il se rassit docilement. Alors qu'ils étaient baignés par le soleil d'après-midi, Sho et Shoko délibérèrent tranquillement pour déterminer son image. Ses chansons pour commencer, sa situation scolaire, et comment l'industrie du show-business l'accueilleraient sachant qu'une grande agence l'emploierait désormais étaient grosso modo le contenu de leur discussion.

Shoko était juste en train de penser que s'occuper d'un adolescent n'était pas si mal après tout, alors qu'elle payait l'addition et regagnait sa voiture. Il y avait beaucoup de rendez-vous à prendre une fois rentrée au bureau. Quelque chose devrait être fait concernant sa « colocataire », ses paroles et …

« Shoko ! Je peux venir avec vous ? »

« Sho. » Soupira Shoko, tandis que la liste qu'elle établissait de tête était vite oubliée. « Je te l'ai dit, je suis ta manager. Je ne suis pas ton jouet. »

« Mais vous êtes toujours mon genre. » Bouda Sho comme l'enfant gâté qu'il était. Il ouvrit la portière de sa voiture de sports, avec toute la manière d'un majordome. Même Shoko en fut charmée. « J'aime les femmes intelligentes et décidées. Je ne m'intéresse pas aux gamines. »

« Et bien tu ne peux pas m'avoir. » La manager toute en jambes éclata de rires, mit ses lunettes Kamuro avant de se glisser à l'intérieur du véhicule. Sho ferma la portière mais resta accoudée à la vitre ouverte. « Si jamais tu trouves la femme de tes rêves, je t'aiderai à l'avoir. »


Les lumières rouges, un signal en coulisse pour confirmer le compte-à-rebours final avant le programme, étaient allumés. Les deux hommes se dirigeaient d'un bon pas vers la scène, de l'inquiétude pointant dans leur voix.

« Je croyais que j'allais débuter l'émission sur scène. » Déclara Ren en faisant de grands pas en marchant.

« Moi aussi. Je ne sais pas pourquoi le compte-à-rebours a été lancé maintenant. » Pépia Yashiro en courant pour être à hauteur de son protégé. « Ils n'ont rien de prévu avant votre interview. Cette émission est sensée tourner exclusivement autour de vous. Pensez-vous que le Président pourrait y être mêlé ? »

« Rien ne pourra … » Commença Ren avant de s'interrompre au milieu de sa phrase.

Les deux hommes s'arrêtèrent à quelques pas du barrage humain qu'était Aki Shoko les bras tendus en avant. Ren et Yashiro se firent silencieux un instant, à quelques mètres de la scène, regardant la manager comme si ce n'était qu'un fantôme.

« Vous ? Que faites-vous là, Aki-san ? » Demanda Yashiro, incrédule.

« Je tiens mes promesses, Yashiro-san. » Shoko sourit tristement, alors qu'elle regardait les deux hommes avec un soupçon de culpabilité. « J'essaye de réparer les dommages que mon protégé a causé. Comme vous, je suppose. »

Les lumières autour d'eux commencèrent à diminuer, le Rock Show décisif étant prêt à démarrer.

« L'uniforme vous va bien, au fait. »

Yashiro piqua un fard et regarda ailleurs, essayant de paraitre innocent.

Point troublé, Ren fit un pas en avant vers la scène, désormais noire et vide.

« Je suis navré, Aki-san. Je n'ai pas le temps pour ça. »

« Attendez ! » Shoko fit rapidement un pas vers Ren et mit ses mains sur son torse pour le retenir. Il baissa les yeux sur elle, surpris, alors qu'elle le repoussait avec le peu de force qu'elle avait. Ce n'était pas suffisant pour le faire reculer, mais ce fut suffisant pour qu'il s'immobilise de nouveau. « Il voulait que je vous dise… que vous avez gagné le pari. C'est sa défaite. Laissez-le agir avec dignité. »


Les lumières du studio s'élevèrent de manière théâtrale, jetant une lueur rouge diffuse sur le bassiste dans le coin de la scène. Il effleura les cordes de sa guitare dans un lent mouvement mélancolique, gardant la tête baissée et le visage caché.

Le son des basses s'éleva de l'autre côté de la scène, attirant l'attention de la foule. Perplexe et mécontent, ils se pressèrent en avant pour essayer de comprendre ce qui se passait.

Un rai de lumière doré tomba sur la scène directement du plafond, englobant le banc, le micro et le chanteur blond dans une aura éclatante. Les dernières remarques de mécontentement se turent tandis que la riche voix du ténor s'élevait, captant la radiance de sa chevelure :

Je suis plein de regrets

Pour tout ce que je t'ai dit et fait

« Si j'étais resté à la maison plus longtemps, j'aurais fini avec une paysanne à la con. »

Et je ne sais pas si ça ira

De montrer ma figure par là

« Pour qu'une fille fasse ce genre de boulots : Elle doit être vraiment moche. »

Parfois je me demande si disparaitre

Te fera tourner la tête et apparaitre ?

Il se tenait là, enlaçant le micro comme pour se raccrocher à cette bouée de sauvetage. Les lumières se mirent à pulser en un rouge sourd et un jaune sale. Des couleurs lugubres, le douchant comme la crasse pour un bâtard triste ou la culpabilité pour un condamné.

Apparaitre pour me voir partir

Et frémir

Car je n'ai plus rien à dire

« Tu dis mettre tout ton cœur à jouer ? Je n'y ai vu aucun effort. »

A te dire

Que tu veuilles entendre

Que tu veuilles comprendre

La foule remua, jetant au sol mouchoirs et pleurs pour faire un tapis blanc mouillé.

Je pense que je dois détaler

Ce que j'ai fait est meurtrier

« LLLLLLAAAA FFFFFEEEEERRRRMMMMEEE ! » L'écho de la gifle résonna autour d'eux, tandis que la petite coupure faisait apparaitre une minuscule goutte de sang.

Tu n'es qu'une innocente

Victime impuissante d'une toile d'araignée

« Vu que tu n'as pas l'habitude qu'un garçon te complimente, tu as sans douté dû penser qu' « érotique » voulait dire « tu es sexy », hein ? »

Et je suis un insecte

M'en prenant à tout ce que je peux

« Je vais la renvoyer à Kyoto. Tu t'occuperas de moi, hein Shoko ? »

Tu devrais t'en aller

Sans même me regarder

« Kyoko ? Je… je ne voulais pas dire ça… j'étais juste en colère… ce pari, c'était juste une blague… »

Car je ne peux que frémir

N'ayant plus rien à dire

« Tu n'as laissé personne t'embrasser, n'est-ce pas ? »

A te dire

Que tu veuilles entendre

« C'est moi ton prince ! »

Que tu veuilles comprendre

Je pense que je dois détaler

« Alors je t'offre ça, comme pour compenser. »

J'ai honte de tout ce que je t'ai fait

« Même ta mère ne te voulait pas ! Pourquoi quelqu'un comme lui te traiterait-il de la sorte sans avoir une bonne raison, hein ? »

Et je t'ai fait tellement de mal

Traité si mal

« Parce qu'elle est mienne. »

« Parce qu'elle est tienne … » Répéta Aki, légèrement dédaigneuse. « Dis-moi, Fuwa-kun, pourquoi est-elle à toi ? »

« Parce que … je l'ai embrassé le premier. »

Mené en bateau

« Je ne voulais pas la revoir comme ça ! Je ne veux pas qu'elle se préoccupe de quelqu'un d'autre comme ça ! »

Oh, honte sur moi

« Je sais que ce ne sera pas assez ! Mais je dois essayer ! Je veux qu'elle me pardonne ! »

Qui ai fini par m'embrouiller dans ces sentiments qui sont les miens

« Je l'aime, bon sang ! »

La foule applaudit à tout rompre, comme ayant oubliée pourquoi elle s'était rassemblée pour pleurer au début.

Laissant les instruments sur la scène, et lâchant le micro, Sho sortit des feux de la rampe. Il ne répondit pas aux cris des filles et aux crépitements des flashs. Il laissa les souvenirs de ses péchés se déverser en lui alors que les derniers accords étaient plaqués.

Le poids de ses excuses lui pesait comme un damné pécheur. Aki Shoko se tenait sur le côté de la scène, comme toujours, lui desservant un sourire discret mais fier.

Yashiro et Tsuruga se tenaient tous deux à ses côtés, leur attention fixée sur lui. Neutre. Aigüe.

« Tu as gagné, Tsuruga. » Prononça Sho à mi-voix alors qu'il passait à côté de son rival. « Je m'excuse. C'est terminé. »

Dans un signe de pardon elle aussi, Aki inclina la tête avant de passer devant les deux hommes de LME rejoindre son protégé. Ses yeux parlaient pour elle. « Allons-y, » et Sho était bien trop éreinté pour y redire quoi que ce soit. Sa voix était fatiguée. Son cœur était lourd. La nuit qui s'annonçait allait être longue.

« Tu n'as rien saisi, Fuwa. »

Le jeune artiste et sa manager s'immobilisèrent et firent volte-face vers l'homme qui venait de parler. Ren ne se tourna pas pour parler à Fuwa, il gardait son regard rivé sur la scène où les animateurs de Bridge Rock jaillissaient pour mater la foule.

« Cette semaine est allée bien au-delà de tes espérances. »

Alors que l'effet du concert improvisé perdait peu à peu de son éclat, la foule commença à bourdonner. Lentement, le public se rappela pourquoi il était venu. La pression monta progressivement dans les studios de TBM.

« Tu crois vraiment qu'une chanson va suffire… pour effacer tout ce que nous lui avons fait ? »

« Il n'y a pas de r… »

« Nous l'avons blessé. »

« La ferme… »

« Cette rivalité idiote. Je lui ai couru après. »

« La ferme Tsuruga ! Ce n'est pas pour elle. C'était pour le pari. »

« Bien sûr que c'est pour elle. Tu m'importes peu, Fuwa. Autant maintenant qu'auparavant. Ça a toujours était pour elle. »

Sho secoua sa tête comme pour essayer de chasser de son esprit une telle pensée. « De toute façon, je lui ai couru après. Je l'ai blessé. Je me suis excusé. »

Finalement, Ren fixa l'adolescent. Le regard sombre et orageux de l'acteur rencontra celui bleu électrique du chanteur.

« Est-ce que tu l'aimes ? » La question était aiguisée. Directe. Personne n'existait dans cet échange à part les deux hommes.

« Oui. » La bouche de Yashiro forma un petit o. Non pas pour la réponse en elle-même, mais pour la franchise du chanteur lorsqu'il avait répondu. Il lui avait volé un baiser. Il avait jeté comme une moins-que-rien. Il avait cherché à lui faire mal en lui exposant le plan. (Yashiro réalisa ça tout seul) L'amour immature adolescent de Fuwa avait laissé ses empreintes partout, mais Yashiro n'aurait jamais imaginé qu'il y aurait un tel changement en Fuwa Sho pour qu'il soit prêt à avouer son amour. Un jour. Encore moins du jour au lendemain.

« Lui as-tu déjà dit ? »

« Elle le sait. » Fuwa détourna la tête, les joues en feu, sa voix quelque peu enraillée. « Elle doit savoir. »

« Je l'aime. » Yashiro et Shoko en eurent tous les deux le souffle coupé tandis que Sho recula tituba en arrière comme si on venait de le frapper. « Et c'est mon tour de le lui montrer. »

Il n'y eut pas une seule hésitation alors que Ren faisait ses premiers pas sur scène. Les caméras se mirent en action. Le public l'acclama. Le raffut éclata.


Note de la beta anglophone (Runa): Désolée pour l'attente en plus, mais je suis sûre que Momochan va toutes et tous nous satisfaire pour le grand finale. Merci d'être patient, parce que la perfection ça prend du temps.


Note de l'auteur : *La chanson, c'est Tangled de Maroon 5 Si j'ai écrit cette fanfic Skibi !, c'est d'abord et avant tout pour cette chanson

***Il y a décidément deux chapitres de plus à cette fic. Un chapitre à moitié fait posté ici est bien mieux qu'un chapitre à moitié fait sur mon ordi oublié pendant encore 6 mois

Runa a accepté d'être encore beta heureusement. Après si longtemps, je n'aurais jamais espéré qu'elle me reparle, encore moins soit ma beta de nouveau. *Renifle*

Et merci à tout le monde pour être revenu, ou avoir débuté et TOUT lu jusqu'à ce chapitre. Je suis toujours là. Avançant à petits pas, mais je finirai-

A moins que je ne reçoive pas de reviews…

*Sifflote* Je n'ai jamais craché sur les menaces peu convaincantes


Notes de la traductrice : ENFIN est le mot sur toutes les lèvres, me semble-t-il. Je vous avais promis ce chapitre pour Noël, et comment dire… la Saint-Valentin était là la semaine dernière _ Je m'excuse, j'ai préféré me concentrer sur les fêtes de fin d'année en famille et ces premiers mois sont dur dur à l'université. Trêve d'excuses, voilà votre beau chapitre que vous attendiez tous ! J'ai dû traduire les paroles de Sho à mon grand dam, essayant autant que possible de garder les rimes. Je ne sais pas si vous aimerez ou pas, en tout cas c'est ce qui m'a pris le plus de temps. Concernant ses excuses sur le plateau télé, la traduction de la chanson des MAROON 5 est de moi intégralement. Voici les paroles originales telles qu'elles apparaissent dans le chapitre de Mystic-Rains :

I'm full of regret
For all things that I've done and said

And I don't know if it'll ever be ok to show
My face, 'round here

Sometimes I wonder if I disappear
Would you ever turn your head and look?

See if I'm gone
Cause I fear
There is nothing left to say

To you
That you wanna hear
That you wanna know

I think I should go
The things I've done are way too shameful

You're just an innocent
A helpless victim of a spider's web

And I'm an insect
Goin' after anything that I can get

So you better turn your head and run
And don't look back

Cause I fear
There is nothing left to say

To you
That you wanna hear

That you wanna know
I think I should go

The things I've done are way too shameful

And I've done you so wrong
Treated you bad

Strung you along

Oh, Shame on myself

I don't know how I got so tangled...up…

***J'ai pris quelque liberté de traduction, et je m'en excuse, mais c'était pour le bien-fondé du message de Sho. Et les répliques qui s'entrelacent avec les paroles sont des traductions non-officielles, c'est-à-dire de moi, certaines appartenant aux chapitres 7, 13 et 14 de cette fanfic. Etant donné que je n'ai pas sous la main mes tomes, c'est le mieux que je puisse faire.

*KaichouDirectrice ou Président. Par exemple le titre complet du manga « Maid-sama » de Hiro Fujiwara est "Kaichou wa Maid-sama!" = "La Présidente (du conseil des élèves) est une Maid !"

***RyokanAuberge traditionnelle japonaise, en général comportant un onsen (bain chaud).

*Vivement l'intervention de Ren, j'ai trop hâte de l'avoir sous les yeux pour vous apporter au plus vite la conclusion de ce chef d'œuvre. En attendant, portez-vous bien et merci de me lire. N'oubliez pas de supporter l'auteur en lui envoyant des reviews de support. Un simple : « I love your story. Please, post the next chap as soon as possible ! Thank you », c'est déjà bien, non ? A la prochaine !

*Hermi-kô***