Salut les gens.

Voici le premier bonus ou comment je voyais le début de la relation d'Emmett et de Rosalie.

La scène se déroule deux mois avant le départ de Bella pour les Etats-Unis.

Enjoy

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BONUS N°1

Emmett & Rosalie / La rencontre

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Afghanistan – Octobre 2008

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« Aïe ! »

Je me frottai derrière ma tête juste après qu'un projectile non identifié m'eut frappé et regardai immédiatement autour de moi pour essayer de repérer le fautif. Je remarquai un ballon de football qui continuait sa course comme si de rien n'était tandis que derrière moi une voix s'éleva en vociférant des excuses alarmées.

« Mais t'es malade ! » Criai-je à l'intention du gars qui m'avait rejoint dans un sprint rapide.

« Désolé. » S'excusa Musclor en examinant ma tête d'un air inquiet. « J'étais pris dans le jeu et ce con de Blondeau n'a pas rattrapé ma passe. »

« Ouais. » Grommelai-je. « Faites gaffe la prochaine fois. »

« McCarty. » Se présenta-t-il en me tendant sa main.

Je la lui serrai. « Swan. Quelle idée de jouer au football quand on sait pas jouer ! »(Note de l'auteur : Bella parle du football américain et non du football qu'on joue chez nous (soccer).)

« Blondeau est français. Il croit qu'il joue au rugby. » (N/B : même ballon pour les deux sports, lol et on prononce ''ruby''/ Note de l'auteure : Football américain et rugby, bien qu'ayant beaucoup de similitudes, ne se joue pas de la même manière. Ta da da... C'était la minute culturelle lol.)

« Français ? Depuis quand on recrute des gars des autres pays ? » M'étonnai-je.

« Notre groupe accueille des unités tactiques de France, Belgique et d'Espagne. C'est le bordel. On ne comprend rien à ce qu'ils racontent. Quand ils parlent, on dirait qu'ils ont bouffé leur accent et qu'ils l'ont mâché avant de le recracher en petite bouchée. »

Je ris franchement. Ça faisait un bien fou.

« Ils vont rester avec nous ? » Demandai-je, curieuse.

« Ils repartent demain. »

« Quel dommage ! » Ironisai-je.

« Je te les laisserai avec plaisir. Une fois la barrière de la langue franchie, ils sont plutôt cool. Et puis contrairement à ce que l'on pense, le français se lave tous les jours *(1), le Belge ne mange pas que des frites et l'espagnol ne se balade pas avec une cape de torero sous le bras en criant 'Olé'.»

« Les préjugés ont la vie dure. Surtout en ce qui concerne les français et leur hygiène douteuse. » Pouffai-je.

« Bella ? Ça va ? Je t'ai entendu crier. » Demanda Rosalie en sortant des toilettes.

« Saluuuuuuuut. » Siffla Emmett d'une voix enjôleuse en passant devant moi comme si je n'existais pas. Il prit la main de Rose et lui fit un baise-mains sous son regard outré. « Emmett McCarty. Je propose Julian et Émilie. »

Rosalie retira sa main vivement et fronça les sourcils. « De qui tu parles ? »

« C'est le prénom de nos futurs enfants voyons ! »

Rose me regarda, ahurie puis reprit contenance rapidement. « Et ma main dans ta gueule, elle a un prénom aussi ? »

Je la reconnaissais mieux là.

« Pas grave. » Dit-il en haussant les épaules. « Tu pourras choisir les prénoms... Du moment qu'ils ont tes yeux. »

« C'est une blague ? » S'étrangla Rose.

Emmett, impassible, éclata d'un grand rire franc.

« Tu me trouves drôle ? C'est un bon point pour moi. Les femmes aiment les hommes qui les font rire. »

« Les femmes aiment aussi les hommes qui savent la fermer. » Renchérit-elle en fronçant les sourcils. Je pouvais même commencer à voir de la fumée sortir de son nez et de ses oreilles.

« Qu'est ce que tu préfères ? » Demanda Emmett l'air sérieux.

« Quoi ? »

« Tu préfères que je me taise ou que je te fasse rire ? »

« Putain. Je vais me le faire... » Grogna Rose qui n'avait jamais perdu son self-control aussi vite.

« Je préférais t'offrir des fleurs avant mais si tu veux qu'on attaque les choses sérieuses en premier, ma foi... » Ponctua-t-il d'un clin d'œil coquin.

Je le dévisageais, médusée mais impressionnée par le flegme dont il faisait preuve. De toute évidence, Rosalie ne lui faisait pas peur.

Je maintins Rosalie d'une main sur sa poitrine tandis qu'elle s'élançait vers ce pauvre Emmett qui ne se doutait pas que j'étais en train de lui sauver la vie et je priai pour qu'il la ferme enfin. Cependant, le regard que me lança cette dernière avant de poser ses yeux sur ma main avec un air qui disait ''Ôte-la de là tout de suite ou tu deviendras manchot'' me glaça le sang et je n'allais sûrement pas risquer de perdre mon bras gauche pour un gars que je connaissais depuis 10 minutes – aussi sympa fut-il.

Je retirai ma main, croisai les bras devant ma poitrine en haussant les épaules avec désinvolture et regrettai de ne pas avoir un peu de pop-corn pour agrémenter le spectacle qui allait se dérouler devant moi. La main de Rosalie se leva et atterrit sur la joue d'Emmett dans un claquement sonore.

Il porta la main à sa joue mais au lieu d'afficher un visage choqué, celui-ci souriait de toutes ses dents.

« Si tu pouvais recommencer, mais sur mon cul cette fois... » Dit-il en se retournant et en frémissant de plaisir. « Je te jure que ça m'excite. »

Les bras m'en tombaient presque. Ce mec était-il suicidaire ou fou ?

Le visage de Rose devint rouge et son pied s'élança vers le postérieur d'Emmett mais celui-ci esquiva habilement. Rosalie manqua de se vautrer dans son élan et se retourna vers moi en me lançant un regard noir parce que je m'étais mise à rire à gorge déployée. Je redevins sérieuse et déglutis. Il ne manquerait plus que Rose ne m'arrache les yeux...

Tandis que je regardais mon amie courir après Emmett – sûrement pour lui arracher la tête – un frisson me parcourut, remontant jusque dans ma nuque et je me retournai instinctivement. Au moment où je croisais les yeux verts de mon supérieur – et accessoirement mon amant – mon cœur eut un raté et la morsure du désir planta ses crocs dans mon ventre. Je détournai le regard, le cœur dans les chaussettes tant mon éblouissement fut intense mais je continuai de ressentir son regard posé sur moi.

Et, lorsque j'aperçus sa silhouette à mon côté, je ne fus même pas surprise.

« Tu ne devrais pas être là. » Dis-je sans le regarder.

« Je ne fais rien de mal. Officiellement, je veille à ce que ce qui se passe là-bas... » Il désigna Rosalie et Emmett du doigt. « ... ne dégénère pas. »

« Et... Officieusement ? »

« Je viens m'enivrer du parfum de la plus sexy et éblouissante femme de cette base. »

« Edward... » Reprochai-je en serrant les poings.

Afin de détourner mon esprit du trouble qui m'avait envahi, je me concentrai sur Rosalie qui se tenait près des caisses de ravitaillement et qui n'avait trouvé rien d'autre comme projectile à lancer sur Emmett que les conserves de thon du déjeuner de demain.

« Pourquoi tu es avec moi ? » Demanda soudainement Edward.

Décontenancée, je faillis presque me retourner vers lui et me départir de mon visage neutre.

« Tu veux vraiment avoir cette discussion maintenant ? »

Je le vis brièvement hausser les épaules avec nonchalance. « Quand je suis seul avec toi, je ne pense qu'à te retourner et à fourrer ma queue là où elle ne devrait pas aller. Puisque je pourrais difficilement faire ça là tout de suite, ça me semble l'instant idéal pour parler de ça. »

« Dis le fond de ta pensée. » L'encourageai-je en maintenant mon regard droit devant moi.

« Tu pourrais utiliser ce qui ce passe entre nous à ton avantage... »

Je souris paresseusement. « Soit tranquille. Je ne suis pas une opportuniste, ni même une manipulatrice. Je n'ai pas d'ambition, juste celle de faire mon boulot. Crois-moi Edward, j'ai plus à perdre qu'à gagner. Et c'est toi qui est le plus susceptible de nous deux de m'utiliser. »

Un long silence s'installa comme s'il prenait le temps d'assimiler ce que je venais de lui dire. Un long silence durant lequel le sérieux de notre conversation - alors que trente secondes auparavant le ton était beaucoup plus léger – m'emplit de crainte.

« Ce jour-là... » Commença Edward en murmurant presque. « … le jour où je t'ai vue t'effondrer dans mes bras après avoir désamorcer la mine, il n'y a pas un seul instant où j'ai pu te chasser de ma tête. Pas un seul moment où ton odeur ne m'ait manqué. Pas une seule nuit où ton visage n'est venu me persécuter, pas un seul jour où ta proximité n'ait réveillée en moi l'envie de te goûter, de me fondre en toi. Tu me donnes tant Bella. Mais je ne pourrais jamais t'apporter plus. »

Dans sa voix, je pouvais entendre les regrets sincères. Si nous étions dans une autre situation, les choses auraient été différentes. L'entendre me dire ce que je savais déjà était cruel. Il ne me repoussait pas mais mettait les points sur les I.

« Je sais. » Soupirai-je. « Tu voulais savoir pourquoi j'étais avec toi ? Parce que tu m'apportes une sérénité qui m'avait, depuis bien trop longtemps, désertée. Tous ces morts, tous mes doutes, toutes mes peurs... quand je suis avec toi, il n'y a plus rien. Juste la paix. » En m'entendant parler, j'eus un sourire désabusé. « Peut-être que je t'utilise finalement. »

Je fronçais les sourcils et tournai la tête vers lui mais sans toutefois le regarder. « Quoiqu'il en soit, jamais je ne ferai quelque chose qui puisse te nuire. Je préférai me couper la main et perdre ma langue. »

Il se rapprocha un peu plus de moi sans toutefois envahir mon espace intime.

« Je m'en voudrais de te priver d'une ou l'autre partie de ton corps que tu utilises si bien sur moi. » Murmura-t-il d'une voix rauque.

Et là, à cet instant, l'atmosphère changea du tout au tout en l'espace d'un claquement de doigt. Nous étions comme ça. Conscients que chaque minute passée dans le déchirement était une minute de perdu.

Je fermai les yeux, assaillie par des images de ma main caressant son sexe, de ma langue le dégustant et de son visage trahissant le plaisir qui attaquait son corps.

Je le sentis se rapprocher un peu plus et il me sembla que son corps envoyait des ondes sexuelles en rafale vers le mien. Même un aveugle pouvait voir à quel point le son de sa voix m'excitait.

« Tu crois que je pourrais te faire jouir rien qu'en parlant Isabella ? » Chuchota-t-il.

Je ne luttai même pas pour retenir le gémissement qui montait dans ma gorge et ouvris les yeux en le fixant, les paupières à demi closes.

J'inspirai profondément. « Je crois que tu peux me faire faire tout ce que tu veux. »

Edward fixa mes lèvres, esquissa un geste à peine perceptible de rapprochement mais se ressaisit presque aussitôt.

« Humm ! Ne me tente pas. Si tu avais la moindre idée de ce que je veux, tu t'enfuirais en courant. »

« Ou... Peut-être que j'en demanderai plus. »

« Au contraire. Je pense que tu demanderais grâce. »

« Je le ferai. » Confirmai-je en souriant, taquine. « Je sais à quel point tu aimes ça quand je te supplie. »

«HEY ! QU'EST CE QUE VOUS FOUTEZ VOUS DEUX ! » Hurla une voix masculine à notre gauche.

Je sursautai brusquement sous l'éclatement de la bulle dans laquelle nous étions plongés et me retournai vers le propriétaire de la voix. Le cuisinier en chef de la base, rouge de colère, se tenait droit comme un piquet en fixant Rose et Emmett au loin.

« La bouffe n'est pas là pour votre amusement personnel. Regardez-moi ce chantier. »

Edward soupira et se dirigea vers les deux fautifs d'un pas décidé. J'en profitai pour mater son cul qui était aussi sexy dans un treillis que sans rien du tout.

Il s'arrêta à peine à quelques mètres de moi et fit signe aux deux autres de s'approcher d'un geste du doigt. Emmett et Rosalie se précipitèrent, essoufflés et rougis.

« Hale et... » Commença Edward en regardant Emmett.

Ce dernier, toujours au garde à vous, déclina son identité d'une voix franche et forte. « Deuxième classe McCarty, mon Lieutenant-colonel. »

« Vous vous faites remarquer dès le premier jour. Bravo. » Commenta Edward. Puis il se tourna vers Rose en croisant ses bras sur son torse. « Et vous Hale ? Pourquoi lui jetiez-vous ces boîtes de conserves ? »

Rosalie tenta de justifier maladroitement la situation. « Chef, je... »

« Je ne veux pas le savoir. » L'interrompit-il. « Vous me rangez tout ça et puis vous irez en cuisine aider le chef et la brigade à préparer le repas du soir. »

« Oui, Chef. » Répondirent en chœur Rose et Emmett.

« Vous avez de la chance. Y'a 250 kg de pommes de terre à éplucher et à couper. »

« Oui, Chef. »

« Et je veux entendre les mouches voler entre vous deux, est-ce que c'est clair ? »

« Oui, Chef. »

« Et arrêtez avec vos 'oui chef'. »

« Oui, Chef. »

« Put... Rompez avant que je ne vous fasse aussi râper les carottes. »

Rose fusilla Emmett du regard et se détourna en levant le menton d'un geste dédaigneux. Je sautai de la caisse en bois sur laquelle j'étais assise et me dirigeai vers notre tente non sans avoir jeté un regard vers Edward au passage. Notre échange, aussi bref fut-il, me donna un frisson tandis que je le regardai s'éloigner vers le chef-cuistot.

Quand je pénétrai dans nos quartiers, Rose fulminait encore et pestait contre ''cet abruti de troufion'' qui était la cause de son malheur.

Je ris devant son énervement. Pour une fois que je pouvais me moquer...

« Alors ? On dirait que ça roule entre toi et le petit nouveau, hein ? » Dis-je en soulevant les sourcils d'un air suggestif.

« Quel imbécile ! » Pesta Rose entre ses dents. « Attends que je mette la main dessus.»

« Il ne te laisse pas indifférente. »

« Ce cloporte ? Ce misérable rat ? Ce sale fennec ? T'as raison, je le déteste. »

« Vraiment ? » Dis-je un sourire amusé sur les lèvres.

« Quoi d'autre ? Ne me dis pas que... Je connais ce regard Swan ! Va pas t'imaginer des trucs ! »

« Je n'imagine rien. Je ne crois que ce que je vois. »

« Va consulter un ophtalmo alors ! »

« Ouais, Ouais. Tu lui as balancé des conserves à la tête... Et dans le dictionnaire de Rosalie Hale, ça signifie qu'il marque des points.»

« Ça voulait juste dire que je vise mal et que j'ai perdu la main. »

Je plissai les yeux et pris un ton mystérieux. « Tu as remarqué que la première chose que tu as faite, c'était de le gifler ? »

« Et alors ? » S'étonna-t-elle.

« D'habitude, ton premier réflexe c'est d'émasculer les gars, pas de les gifler. Je ne te connaissais pas aussi douce. » Pouffai-je.

« Tu dis n'importe quoi. » Grogna Rosalie en tordant le débardeur qu'elle tenait dans sa main. « Il a eu juste de la chance que le chef ait débarqué avant que je ne lui pète le tibia. »

« Si tu le dis. »

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Le même jour – Quelques heures plus tard...

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Le brouhaha qui s'élevait sous la tente du mess avait quelque chose de rassurant. Les conversations étaient toujours légères, l'atmosphère respirait l'insouciance. C'était un vrai moment de détente pour tous.

Pour tout le monde, sauf pour Rosalie Hale.

Le regard noir, les doigts crispés sur le manche de sa fourchette, elle semblait sur le point de dégainer sa mitrailleuse et tirer sur tout ce qui bouge à tout instant.

« T'avais raison Swan. » Grogna Rose en fixant la table devant elle. « On dirait que Stanley est en chaleur. »

Je me retournais discrètement et aperçus Jessica gloussant comme une dinde devant un Emmett hilare.

Je fixai Rose de nouveau dans un sourire.

« Non mais regarde-la ! » Insista-t-elle. « Elle m'énerve. Et lui, tu crois qu'il serait intelligent deux minutes ? Elle ne pense qu'à se glisser dans son caleçon. »

La pointe de jalousie féroce que je notai dans le commentaire de mon amie ne passa pas inaperçue. Je m'en étonnai. Je n'avais jamais vu Rosalie dans cet état.

« J'ai l'impression que ce n'est pas la seule poule dans la basse-cour qui aimerait faire autre chose qu'écouter le chant du coq. » Rigolai-je, incapable de me retenir.

« Tu parles, ça m'arrange bien qu'il la saute. Elle a sûrement des morpions et j'espère qu'elle les lui refilera. »

Mes yeux s'agrandirent dans l'incrédulité. « C'est pas un peu… »

« …Et puis, j'espère aussi qu'elle a des champignons, j'espère qu'il chope un truc qui rend sa bite toute bleue et après, qu'elle tombe. »

« Et bin, tu... »

« ...Et puis, j'espère qu'il va choper un herpès et qu'il lui poussera des boutons purulents partout sur les lèvres et que sa bouche se désintègre comme un lépreux. »

Je visualisais, malgré moi, les paroles de Rosalie et repoussai mon assiette d'un air dégoûté. « Bon, j'ai plus faim. »

« T'as tort. » Dit Rose, enragée, en croquant dans une frite d'un geste furieux – pauvre frite – et en mâchant, les lèvres pincées dans un rictus froid. « Elles sont délicieuses et en plus, je me suis fait chier à les couper, alors mange. »

« Tiens d'ailleurs... » M'étonnai-je. « ...tu ne m'as pas dit comment s'était passée la cohabitation dans les cuisines. Je vois qu'il est toujours en vie donc... »

« J'ai pas envie d'en parler. » Me coupa-t-elle.

J'allais laisser tomber mais la seconde d'après, elle amena son ongle à ses lèvres en le rongeant d'un air inquiet et maladroit ce qui attira fortement mon attention. Je n'avais jamais vu Rose se ronger les ongles sauf lorsqu'elle avait fait quelque chose qui risquait vraiment de lui attirer des ennuis et sur lesquels elle n'avait aucun contrôle. De plus, le fait qu'elle ne voulait pas dire quoi que ce soit sur ce qu'il s'était passé, en disait long sur l'élaboration des scénarios qui se déroulait dans ma tête. Mais l'air coupable et gêné de Rosalie fit chanceler mes doutes et je compris alors avec une clarté étonnante.

« Oh mon Dieu ! » Chuchotai-je, la voix cassée tant elle était basse. « T'as couché avec lui ! »

Rosalie ferma les yeux en soupirant et il ne me fallut pas davantage pour confirmer mes tergiversations.

« Et au milieu des patates ? » Je regardai mes frites dans mon assiette et grimaçai. « Mon Dieu, je vais vomir. »

« Arrête. » Dit Rose en roulant des yeux. « C'était pas au milieu des patates. »

Si je n'avais pas été assise, j'en serrai tomber sur le cul. « Alors, c'est vrai, t'as couché avec lui ! » M'étranglai-je.

Elle planta sa fourchette dans le bois de la table d'un coup sec, me faisant sursauter et en même temps, me faisant sortir de mon hystérie. Je crus qu'elle allait sauter par-dessus la table et envoyer son plateau sur la tête du premier venu mais elle lâcha le manche de sa fourchette et soupira fortement.

« De toute façon, tu l'aurais su tôt ou tard. » Dit-elle en reposant son menton sur sa main. « Je suppose qu'il est en train de se vanter. Stanley va glisser l'info à Mallory et demain matin, la nouvelle aura traversé l'océan atlantique. »

« Ça tu n'en sais rien s'il va parler de ce qu'il s'est passé. »

Elle pencha la tête sur le côté, un éclat d'amusement dans le regard et me fixa d'un air attendri, comme si elle se moquait affectueusement de la naïveté qui transpirait dans mes propos.

« Je connais les hommes Bella. Tout ce qui les intéressent, c'est leur tableau de chasse. » Rose fit voler d'une main sa chevelure blonde avec sensualité. « Et sans me vanter, je suis un trophée de choix. En tout cas, il n'a aucun risque à l'avouer et il n'a aucune raison de se taire. »

Afin d'éviter de faire des phrases bateau du genre ''Tous les hommes ne sont pas comme ça.'' ou ''ça n'a as l'air d'être son style'', je me tus et fixai mes frites.

« Je ne sais pas ce qu'il m'est passé par la tête Bella. » Reprit Rose. « Sur le moment, je voulais lui planter mon éplucheur dans l'oeil, la seconde d'après, j'étais sur le plan de travail en train de pousser des hurlements. J'étais comme... possédée. Le désert doit commencer sérieusement à me griller la cervelle. »

Je me sentais presque en phase avec ce que disait Rosalie. Sauf que dans mon cas, je rassemblais plus à une droguée. Edward était comme le pot Haagen Daas maxi giant aux noix de pécan et caramel où vous jurez de ne prendre qu'une seule bouchée mais que vous retrouvez vide quinze minutes plus tard. C'est incroyablement bon mais aussi très mauvais pour vous et si vous en abusiez, vous aviez du mal à y renoncer.

« Ils doivent mettre des phéromones aphrodisiaques dans le sable. » Poursuivit Rosalie. « Ou alors, c'est le chef-cuistot qui met des trucs en douce dans la tambouille. »

Je regardai mon assiette d'un œil circonspect.

« Ouais tout ça, c'est de la faute du chef. » Approuva Rose.

Je tapai doucement la table d'une main ferme et déterminée. « Ouais, viens, on va lui foutre une raclée. »

Rosalie sembla se radoucir et pouffa. « Si je n'avais pas aussi peur de mourir de faim, je le ferai crois-moi. »

« Portons un toast. »

« Swan, on ne porte pas un toast avec de la flotte, ça porte malheur. »

« M'en fous. » Je levai mon verre avec un sourire. « A mort le cuistot. »

Rose hocha la tête avec approbation. « Qu'il attrape du psoriasis là où il faut pas. » Renchérit-elle.

« Puisse nos ovaires nous foutrent la paix et que notre cerveau reprenne la place qu'il avait avant de migrer dans notre vagin. »

« Ça c'est du toast. » Acquiesça Rose. « Ça sent le vécu. »

Une petite pointe d'appréhension me saisit et je bus d'une traite mon verre afin de me donner une contenance. Un silence agréable s'installa entre nous avant que Rosalie ne le brise en gémissant avec lassitude.

« Heureusement que toi, tu sais te tenir. » Dit-elle en fixant son verre, le visage fermé.

« Heu, ouais. » Dis-je, gênée.

« Tu ne te laisserais pas entraîner dans ce genre de choses...»

Je regardai tout autour de moi pour trouver une échappatoire à cette conversation qui prenait une tournure qui ne me plaisait pas du tout et je lui répondis sur le ton le plus vague et impassible que je pus former. « Ça peut arriver à tout le monde. »

« Non. » Insista-t-elle. « Toi tu réfléchis, t'es posée – enfin la plupart du temps – mais t'iras jamais faire un truc aussi débile que de coucher avec un mec avec lequel il ne faut pas coucher, non ? »

Et là, une pensée traversa mon esprit aussi furtivement qu'une étoile filante : Elle savait. Mais je balayait cette idée aussi rapidement qu'elle était apparue mettant ma frayeur passagère sur le compte de la paranoïa liée aux risques inhérents à la liaison aussi passionnée qu'interdite que j'entretenais avec Edward.

« Bref... » J'inspirai profondément. « On dit que le sport fait aussi bien digérer que défouler les hormones donc, si on allait faire quelques abdos, une centaine de pompes et cinq ou six kilomètres de footing ? »

Rosalie fixa l'entrée de la tente du mess et lorsqu'elle croisa enfin mon regard, elle me rendit mon sourire.

« Tu sais parler aux femmes. » Dit-elle en se levant du banc avec son plateau.

Je la suivis en approuvant d'un hochement de tête.

« Je devais être lesbienne dans une vie antérieure. »

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*(1) Aux Etats-Unis, le français moyen est caricaturé sous la forme d'un personnage coiffé de son béret, une baguette de pain sous le bras, écoutant du Piaf à longueur de temps. Outre cette image très touristique, nous français, avons la réputation d'être sale : on pue des pieds et on ne se lave pas tous les jours. Mais j'en profite pour rectifier les choses (au cas où) : Nous sommes un peuple très propre.

Voilà, c'est dit lol.


Note de l'auteur 1 : J'espère que ce petit bonus vous a plu et en fait je l'ai écrit pour deux raisons : J'adore le couple Rosalie/Emmett. Je l'ai toujours vu comme une relation explosive. La deuxième raison était pour insinuer (même si certaines d'entre vous s'en doutaient) que Rosalie était au courant de la liaison d'Edward et de Bella et qu'elle attendait que ce soit son amie qui lui en parle librement tout en lui lançant des perches.

N/A 2 : Le second et dernier Bonus arrivera sous peu et sera très interdit aux -18 ans.