Assis tranquillement sur le canapé, House attendait que Cuddy revienne dans le salon, espérant cette fois-ci que Rachel s'endorme tout de suite. Doucement bercé par la musique du living-room, il observait attentivement l'intérieur de Cuddy. Une femme raffinée, qui avait une maison sobre, spacieuse et surtout sophistiquée. Quelques touches personnelles sur les meubles, des photos d'elle avec son père, avec sa fille, parfois même de sa sœur. Une vie de famille modèle, comme on les croiserait dans les films de noël, presque idéalisée, voire même a la limite de l'irréelle. Un idéal atteint grâce aux buts qu'elle s'était fixés toute sa vie. Un métier accompli, une vie sentimentale houleuse, mais une récompense a tous ses efforts : sa fille qu'elle aimait par-dessus tout, sa petite Rachel. Dans cet intérieur délicat, demeurait aussi des tableaux, comblant agréablement la pièce au couleur d'ocre, et a la lumière tamisée. Beaucoup de nature morte, mettant en avant les grandes bibliothèques en bois regorgeant de livres anciens, certains médicaux, d'autres d'auteurs célèbres côtoyant parfois même des classiques de l'histoire.

Toujours assis sur le canapé, House entendu Cuddy refermer la porte de la chambre de sa fille, et s'avancer lentement vers le salon. Passant un bras derrière le canapé et allongeant ses jambes de tout son long, il fit comme si cette attente ne lui avait pas paru une éternité. Comme si le fait qu'elle ait quitté ses bras pour aller coucher sa fille ne l'avait pas dérangé. Attentif a la marche délicate qu'elle s'affairait de conserver jusqu'à lui, il comprit de suite la fin magistrale que cette soirée aller prendre.

Cuddy : J'espère que je n'ai pas été trop longue…

House : Incroyablement.

Cuddy : Et si je me faisais pardonner maintenant ?

House : Tu crois pouvoir faire ca ? Tu vas devoir être très, très gentille. Cette attente fut abominable !

Souriant allégrement face a leur petit jeu qui se mettait en route, Cuddy s'avança un peu plus près, fixant House toujours allongé sur le divan.

Cuddy : …Et si on allait se coucher ?

House : C'est bien la meilleure chose que tu ais dites ce soir !

S'approchant alors complètement du canapé, elle lui tendit sa main et l'aida a se relever. Il resta quelques secondes a la fixer dans les yeux, affichant un léger sourire du coin des lèvres, a la fois subjugué et perdu dans ses pensées. Ignorant l'envie fulgurante qu'il avait de lui faire l'amour, là, a même le tapis qui chatouillait ses pieds, House se rendit compte de l'importance que Cuddy lui accordait dans sa vie. Il avait accès a son corps, certes, mais aussi a sa maison, et bien plus significatif, a sa fille. Elle lui laissait réellement une place dans son monde. Preuve de l'amour qu'elle lui portait. Un bonheur a la fois immense, gratifiant mais aussi affolant.

Cuddy : Qu'est-ce qu'il y a ?

House : Rien.

Cuddy : Je te sens, lointain.

House : …Je me dis que j'ai de la chance de t'avoir.

Cuddy : Tu es sur que ca va ? dit-elle en souriant.

House : Oui, je crois.

Cuddy : D'accord, donc tu souries, mais tu restes perplexe. Est-ce que tu es en train de prendre peur House ?

House : Non. Je t'assure. C'est juste que, tu es…Je suis content d'être la, et d'avoir cette vie avec toi.

Face a la mine hésitante que Cuddy affichait, il enchaina.

House : Voila, et maintenant c'est toi qui a peur.

Cuddy : Ce n'est pas de la peur, c'est plutôt de l'incertitude. Mais pas par rapport a « nous ». Plutôt a toi. Si tu commences à avoir peur de ce qu'on construit, tu risques de vouloir tout saboter, tout annuler.

House : Je ne ferais pas ca.

Cuddy : Mais c'est pourtant toi. Tu es comme ca, je le sais. Tu paniques à l'idée même d'être heureux. Et pourtant j'espère que tu l'es.

House : Bien sur.

Cuddy : Finalement je ne suis pas sure que ca me rassure d'avantage !

House : Je te dis que je suis heureux, et tu me dis que si je le suis, je vais m'enfuir en courant. C'est une bonne théorie que tu avances, mais pourtant tu as oublié un élément fondamental.

Cuddy : Lequel ?

House : Si le bonheur me fait peur, je suis aussi réconforté grâce a lui. Parce que c'est toi qui me l'apporte.

Elle sourit légèrement, amusée par le fait qu'il reconnaisse qu'il ait peur, tout en avouant qu'il était heureux. Elle lui prit la main et l'entraina dans la chambre, jetant un regard rapide vers la chambre de Rachel au bout de couloir, et écoutant rapidement si sa fille ne s'était pas réveillée. Une fois rassurée, elle referma la porte derrière elle, tout en embrassant House sauvagement. Une fois seuls, on entendit seulement le lit grincer une première fois, puis quelques gémissements parvinrent de la chambre. Quelques paroles se firent entendre :

House : Oh mais c'est nouveau ca ? Du satin…j'adore.

Un rire éclata, et la nuit s'annonça plus longue que prévue.

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

Débarquant a peine a l'hôpital, House fut de suite accosté par sa patronne, comme a l'accoutumée.

Cuddy : J'ai un nouveau cas pour toi.

House : Et moi une demande, en fait c'est plus une sorte de…

Cuddy : Enfant âgée de 3ans, atteintes d'un rash sur son dos. Présente des troubles psychologiques, concomitants au…

House : Heh !

Cuddy s'arrêta dans le hall, déjà tracassée par la tête de House.

House : Ca ne t'intéresses pas ce que je vais dire ?

Cuddy : Je sais ce que tu vas dire. Et c'est non.

House : M'enfin, pourquoi ? Avec ce que je te fais hier tu pourrais être plus gentille…

Cuddy : Je te remercie pour hier, mais c'est toujours non.

House : Je veux ce cas.

Cuddy : Et moi je veux que tu t'occupes de cette enfant de trois ans, qui va sans doute mourir dans les deux mois qui viennes si tu ne prends pas son cas avec ton équipe !

House : C'est bon, il me reste deux mois ! J'ai le temps de faire l'autre avant !

Cuddy : House. Ce n'est pas un jeu, ni pour toi, ni pour moi.

House : Pourquoi pour toi ? En quoi ca te concerne ?

Cuddy : A ce que je vois tu n'as pas pris la peine de lire entièrement le dossier que tu as volé dans mon tiroir.

House : J'aurais pu, si t'avais pas débarqué dans ton bureau comme une furie.

Cuddy : … Si tu es sur ce cas, et que tu y vas, je dois venir avec toi, parce que je suis ta supérieure directe. Et que je dois assurer toute la paperasse de tes interventions. Ce qui implique, pour moi, un boulot monstre !

House : Allez, de toute façon tu n'as rien de mieux a faire cette semaine !

Cuddy : Tu as vérifié mon planning ?

House : Faut bien que je m'assure de ton état physique pour te satisfaire la nuit !

Cuddy le prit par le bras, l'incitant ainsi a baisser le ton.

Cuddy : Déjà, je voudrais que tu arrêtes de fouiller dans mon agenda…

House : C'est une métaphore pour que j'arrête de te faire des gâteries ?

Cuddy : House ! Et deuxièmement, si je suis libre au bureau, je ne suis pas libre a la maison. Je ne peux pas quitter Rachel comme ca. Je t'assure c'est trop compliqué.

House : Je veux ce cas.

Cuddy : Peu importe, je ne céderais pas a ton caprice.

Elle lui caresse légèrement la joue en guise d'excuse face a son refus, et se retira en direction de son bureau. Au moment, d'ouvrir la porte, House l'interpella.

House : C'est seulement a 40mn de chez toi, tu pourrais rentrer tous les soirs pour voir Rachel. On…on pourrait rentrer, tous les deux, pour voir Rachel.

La main sur la porte, et l'autre sur la hanche, Lisa reprit en considération les dernières paroles du diagnosticien. Tout en se mordillant la lèvre, elle glissa un sourire malicieux sur ses lèvres rosées.

Cuddy : D'accord. Mais je veux que tu fasses tes consultations. Si je devais compter toutes celles que tu me dois, tu resterais pour les 3 prochaines années cloitré en salle n°2 !

House : 2h ?

Cuddy : 3.

House : Va pour 3.

Elle lui sourit gentiment, et le regarda clopiner jusqu'à l'ascenseur, ragaillardi d'une fierté immense face a sa réussite. Cette semaine allait décidemment être très intéressante…

TBC...