Titre : La force d'une fillette en deuil
Base & disclaimer :
Bloody Monday (le manga) ; La seule chose qui m'appartienne dans tout ça sont les deux premiers tomes. L'histoire, le coup de crayon et la commercialisation n'est pas de mon fait mais de Megumi Kôji et de Ryûmon Ryô, Shonen Magazine (pour la prépublication), Kodansha (pour l'éditeur VO), Pika et l'éditeur américain.
Notes :
Courte fic de 400 mots sur Haruka Takagi, jeune sœur de Fujimaru.
J'espère que vous apprécierez la lecture :-) !

La force d'une fillette en deuil

Depuis la mort de leur mère, Haruka s'était faite la promesse de ne plus être un fardeau pour la famille Takagi. Elle avait pleuré la disparition de leur mère mais elle l'avait fait dans sa chambre, pour éviter d'inquiéter son père et son grand frère et surtout pour ne pas plomber l'ambiance, déjà bien lourde et triste lorsqu'ils étaient réunis tous les deux ou trois (plus rarement).

Jusqu'à ce que sa tristesse qu'elle gardait pour elle eut des répercussions sur sa maladie : celle-ci s'aggrava et résulta d'un séjour de deux semaines à l'hôpital. Haruka s'était fustigée de s'être laissée aller à ce point, d'avoir inquiété d'avantage sa famille (même son père était resté la première semaine de son hospitalisation, ce qui avait entrainé un débat houleux entre lui et Fujimaru).

Son médecin traitant, le docteur Tomiyama, l'aida à aller mieux, l'encourageant à lui parler si quelque chose n'allait pas.

"Ce n'est pas de ta faute, Haruka-chan, l'avait rassuré le docteur Tomiyama durant sa convalescence. Vous traversez une épreuve horrible. Ce n'est pas quelque chose dont on se remet facilement."

Le docteur Tomiyama avait remis machinalement quelques feuilles d'analyses (les siennes) en place.

"Après tout, maintenant, tu n'as que des hommes à la maison. Et les hommes s'y prennent comme des endives en ce qui concerne le cœur des jeunes filles, l'avait-elle réconforté avec un sourire chaleureux."

Ce constat frappa mentalement Haruka. Il n'y avait que des hommes à la maison. Enfin, un de sûr, se corrigea-t-elle.

Haruka avait longuement regardé la photo de famille, un regard songeur sur sa défunte mère souriante et qui la tenait entre ses bras. Elle avait chassé d'un doigt une larme qui coulait sur sa joue et, résolue, elle se promit de prendre la place de leur mère – ou tout du moins, essayer.

Depuis, elle s'occupait des tâches ménagères (à condition qu'elles ne soient pas trop fatigantes pour elle) et des repas. Elle tâchait de bien travailler à l'école. Elle allait hebdomadairement faire ses analyses à l'hôpital et se confiait à son médecin si quelque chose la tracassait. Après tout, Haruka savait au fond d'elle qu'elle ne pourrait jamais remplacer leur mère et elle-même avait besoin d'un réconfort maternel.

Tant qu'elle allait bien et qu'elle n'inquiétait personne, ce train de vie lui convenait. Elle sentait que son père et son frère gardaient de lourds secrets mais s'ils ne lui en parlaient pas, c'est qu'ils avaient une bonne raison, non ?