Note de la traductrice: j'ai vu le film "When Harry met Sally" il y a 20 ans de cela, et en plus je l'ai vu en anglais. Alors, amies lectrices, ne vous attendez pas à retrouver exactement les répliques du film dans la bouche des personnages créés par Stephenie Meyer et revisités par Amethyst Jackson, car je ne les connais pas en français. Après tout, il s'agit ici d'une version modifiée de l'histoire originale.

La saga Twilight et le film "Quand Harry rencontre Sally" ne m'appartiennent pas, en passant. Et cette fiction sort tout droit de la tête de la très prolifique auteure de Bonne Foi.

J'espère que ma traduction vous plaira.

Quand Edward rencontre Bella

Chapitre 1: prélude

« Au début on se détestait- »

« Non, tu me détestais. Moi je n'avais rien contre toi. »

« Et ensuite nous nous sommes liés d'amitié. »

« Nous sommes restés amis longtemps- »

« - avant de ne plus l'être. »

« Après on est devenus plus que des amis. »

« Ça semble tout simple, mais… ça ne l'est pas. »

BPOV

J'étais plantée debout sur la véranda d'Angela Weber, entourée d'une multitude de valises, et j'attendais. Il me semblait que cela faisait une éternité que je poireautais là.

Angela avait été une de mes premières amies à Forks et elle était la personne la plus aimable de mon entourage, alors je me sentais incapable de refuser quelque gentillesse que ce soit de sa part. De toute façon j'aurais passé pour une idiote si j'avais refusé celle-là, même si je n'étais pas du tout chaude à l'idée. Vous vous demandez sans doute de quoi je parle. J'y arrive, justement.

Angela Weber était la petite amie d'Edward Cullen depuis aussi longtemps que je la connaissais. Je n'avais entrevu Edward qu'une ou deux fois en passant car il était de deux ans notre aîné et fréquentait déjà l'université lorsque j'étais arrivée à Forks au milieu de mon avant dernière année à l'école secondaire. Quand Angela passait du temps avec son amoureux, elle préférait les activités intimes, loin de ses autres copines. Bien entendu Edward l'avait amenée au bal de fin d'année – à deux reprises – mais moi je ne m'y étais pas pointée, la danse représentant un trop grand risque pour ma santé.

Angela et moi avions toutes les deux été diplômées en juin et j'avais été acceptée à l'université de Northwestern où je planifiais étudier en littérature anglaise. Par un bizarre concours de circonstances, Edward Cullen avait décidé de poursuivre ses études préparatoires à cette même université. Apparemment il voulait devenir médecin comme son père, et il allait tout faire pour y parvenir. Angela avait pensé que ce serait génial que je fasse le trajet de la Péninsule Olympique jusqu'à l'Illinois avec lui, qui préférait conduire plutôt que de prendre l'avion. Conduire jusque là toute seule n'était pas envisageable pour moi; mon vieux camion pick up rendrait l'âme avant même d'avoir franchi la frontière de l'état de Washington.

J'avais accepté l'idée d'Angela parce que si je prenais l'avion, je serais limitée dans la quantité de bagages que je pourrais transporter avec moi. En outre j'avais des tonnes de bouquins, et les frais pour me les faire livrer dans l'Illinois m'auraient ruinée. Mon père ne voyait pas d'objection à ce que je voyage avec Edward parce qu'il connaissait bien les Cullens. Le père d'Edward était le meilleur docteur dans un rayon de deux cent kilomètres, aux dires de Charlie. Je lui avais fait mes au revoirs quand il m'avait déposée chez Angela, il y avait déjà un petit moment de cela.

À présent, j'attendais sur la véranda pendant qu'Angela et Edward s'échangeaient assez de salive pour durer jusqu'à leurs prochaines retrouvailles. Dégoûtant.

« Tu m'appelles quand tu arrives? » entendis-je la voix d'Angela demander juste de l'autre côté de la porte moustiquaire.

« Je vais t'appeler durant le trajet, » promit la voix profonde d'Edward.

Il y eut une autre pause, sans doute pour échanger plus de baisers. Je soupirai bruyamment et commençai à taper du pied en signe d'impatience et de frustration.

« Tu vas me manquer, » dit Angela.

« Tu vas me manquer encore plus, mais on va se revoir très vite. Juste quelques mois, et je serai de retour pour la Thanksgiving. »

« Tu as raison, » soupira mon amie. « Eh bien, conduis prudemment. Et prends soin de Bella, d'accord? »

« Sûr, pas de problème, » répondit son amoureux.

Et soudainement, la porte de la maison s'ouvrit avec un énorme grincement. Edward, grand et élancé, émergea de l'intérieur, suivi par Angela qui avait de toute évidence pleuré. Je me sentis instantanément coupable d'avoir fait preuve d'impatience.

« Bella, je ne pense pas que vous ayez été présentés tous les deux. Bella Swan, Edward Cullen, » dit-elle en gesticulant entre nous comme une hôtesse de jeux télévisés.

« Salut, ravi de te rencontrer, » commenta Edward en tendant poliment la main.

Je serrai cette main, non sans noter combien la mienne semblait menue en comparaison.

« Angela m'a beaucoup parlé de toi, » poursuivit-il.

« Et réciproquement, » répliquai-je en réponse à ses deux commentaires, reprenant ma main lorsqu'il desserra sa poigne.

« Je pense qu'il serait temps de faire un bout de chemin, » dit-il encore. « Nous avons une longue route devant nous. »

« C'est vrai, » approuvai-je en faisant un signe de tête.

Sans prévenir, Edward s'avança vers moi et je faillis trébucher par en arrière dans un réflexe involontaire. Il gloussa et j'entendis Angela rire derrière lui.

« Je voulais juste prendre quelques unes de tes valises si tu n'y vois pas d'inconvénient? »

Je rougis de confusion. « Oh! Ça va alors, ne te gêne pas… »

Edward souleva deux de mes valises, mais la seconde lui glissa immédiatement des doigts. « Bon Dieu, qu'est-ce que tu as mis dans celle-là? » demanda-t-il en la soulevant à nouveau dans les airs.

De manière plutôt impressionnante, il réussit à la trimballer jusqu'à la voiture sans avoir à la redéposer au sol une seule fois.

« Hum, des livres, » répondis-je en marchant derrière lui avec deux sacs plus légers.

« Des livres? » Il fronça les sourcils, l'air complètement dérouté. « Eh bien, au moins ce ne sont pas des chaussures. »

Je plaçai mes bagages dans le coffre de la voiture avec ceux qu'Edward venait d'y mettre. « J'ai besoin de mes livres. Sans eux je me sens toute nue. »

Edward retroussa les lèvres mais se retint de passer une remarque, ce pour quoi je lui fus très reconnaissante. Je n'avais en effet pas du tout voulu faire de référence à la nudité, mais ma spontanéité venait encore de me jouer un tour. Je me retournai, mais seulement pour me retrouver face à face avec une Angela en pleurs. Je jetai un coup d'œil interrogateur à Edward et m'avançai vers elle pour la serrer brièvement en guise d'au revoir.

« Je vais attendre dans la voiture, » marmonnai-je.

Ni Edward ni Angela ne portèrent attention à moi alors que je m'installais dans le confortable siège en cuir rembourré de la Volvo. C'était un véhicule neuf et l'odeur caractéristique persistait dans l'espace restreint. Pour me distraire et éviter de regarder les deux tourtereaux à l'extérieur, je commençai à passer en revue la collection de CD d'Edward dissimulée dans la boîte à gants. Les Beatles, les Sex Pistols, Jeff Buckley… Beethoven? Aléatoire.

« Je vais te voir à la Thanksgiving, » entendis-je, et subitement, la portière côté conducteur s'ouvrit en grand et la longue silhouette d'Edward se glissa dans le siège avec une grâce féline. Il introduisit la clé dans l'ignition tout en baissant sa vitre.

« Au revoir, » fit Angela en soupirant. Elle se pencha à la fenêtre de la portière d'Edward pour nous observer tous les deux. « Prenez soin l'un de l'autre. »

« Bien entendu, » dis-je avec un sourire un peu forcé.

Cependant, je pris la résolution de faire un effort pour être amicale avec Edward. Après tout, si ma copine voyait quelque chose d'intéressant en lui, ce devait être parce qu'il était réellement sympathique.

« Bonne chance, » ajouta-t-elle, reculant de quelques pas pour laisser la voiture sortir de l'entrée de garage.

La main d'Edward se posa sur la manette de transmission et il mit le véhicule en marche arrière. La Volvo recula dans l'allée avant de s'engager sur la route. Je demeurai silencieuse et regardai défiler les maisons dont l'une était celle de mon père et avait aussi été la mienne durant les deux dernières années. Bientôt nous nous retrouvâmes sur l'autoroute.

« On ferait bien de se trouver un sujet de conversation, qu'en penses-tu? » finit par dire Edward.

« Je suppose, » répondis-je.

Nous avions un bon trente-six heures de route devant nous. Ça représentait un voyage de trois jours. Toutefois, la vitesse folle à laquelle conduisait Edward risquait de faire en sorte qu'on arrive à destination beaucoup plus vite que prévu. Si on ne se tuait pas en chemin, évidemment…

« Alors, tu vas étudier en littérature? » commença-t-il, quittant la route des yeux pour me lancer un bref coup d'œil.

« C'est exact. Et tu es en pré-med, n'est-ce pas? »

« Exact. »

Une autre minute d'inconfort s'écoula.

« Et… euh… c'est quoi cette collection improbable de CD? »

Cette fois-ci Edward daigna me regarder plus attentivement. « Tu as déjà fouiné dans mes CD? »

« Qu'est-ce que j'étais supposée faire en t'attendant? Te regarder essayer d'avaler la langue d'Angela pendant votre ultime au revoir? » me défendis-je. « Et vraiment, qui ose placer les Sex Pistols juste à côté de Beethoven? C'est pas un peu sacrilège? »

Edward haussa les épaules. « Non puisque moi je le fais. »

Et voilà comment ma première rencontre avec Edward Cullen débuta…