Résumé : Fiction basée sur Mozart l'Opéra Rock. Les dérives de deux cœurs de deux musiciens tourmentés : l'un par ses remords, et l'autre par la misère… /!\ Slash Mozart/Salieri, Lime.

Et bien… Voilà je n'ai pas résisté… J'ai de nouveau porté ma plume sur Mozart l'Opera Rock, et cette fois-ci je suis allée beaucoup plus loin… Vous l'avez deviné, j'ai ENFIN osé le slash ! (qui avouons le, nous pendait au nez :P) J'ai craqué je le confesse, mais je suis maintenant sûre d'une chose : ce couple est définitivement mon couple Yaoi préféré ^^ J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire cette fiction… Mais il y a des fois où je me déteste vraimant pour faire souffrir autant les personnages T_T. Bon faire souffrir Salieri c'est une chose, mais ce pauvre Wolfi… Snif, je m'en veux. Vous l'aurez devinez, il y a du angst… Et comme annoncé dans le résumé, du lime ! =D Mon tout premier (désolée, je n'avais pas envie de tenter le lemon, je voulais plus me concentrer sur la suggestion et les sentiments en fait… C'est tout moi ça ! :P). Vous êtes don prévenus, homophobes, passez votre chemin !

J'attends vos reviews ^^ (et pardonnez-moi pour la fin, je suis désolée… L'angst et le drama ne me lâcheront jamais T_T)

Disclaimer : bah…. Etant donné qu'à la base ce sont des personnages historiques… Bah au pire, les personnages appartiennent aux écrivains du livret de MOR, j'ai nommé Dove Attia et François Chouquet ^^

Je Ne Vous Hais Pas

Chapitre 1 : Remords

- Mieux vaut être victime de sa victoire que souverain d'un rêve illusoire !

Le comte Rosenberg, encadré par deux belles créatures usant largement de leurs charmes, un verre à la main, se tenait au centre de la réception : des hommes et des femmes, habitués aux modes de la Cour de Vienne et à ses mondanités, jouant, riant, dansant, vomissant leur oisiveté après chaque gorgée de vin. Le salon baignait dans une joie outrancière et hypocrite. Les nobles dames se perdaient en piaillements et ricanements, et ne cessaient de battre des paupières et de lancer des regards suggestifs aux deux personnes célébrées ce soir-là.
Deux hommes. Le comte Rosenberg et le compositeur Antonio Salieri, aujourd'hui consacrés aux yeux de la noblesse après la profusion de nombreux complots et autres manigances. Le premier homme avait enfin vu son influence néfaste venir à bout d'une victime sur laquelle il s'acharnait secrètement depuis des mois dans la capitale autrichienne. Le second avait désormais la possibilité de se réjouir d'avoir évincé le génie d'un autre compositeur autrefois admiré de toute la capitale autrichienne, mais aujourd'hui renié, abandonné dans la misère et privé de l'affection des Viennois. Il avait été reconnu comme le meilleur compositeur dont la Cour Viennoise disposait sous le règne de l'empereur Joseph II. Il avait battu son rival.
Antonio Salieri aurait dû se féliciter, savourer son triomphe si durement acquis, se laisser griser par le succès obtenu auprès des hommes et des femmes, celles-ci se battant d'ailleurs pour se tenir en sa compagnie. Il aurait dû se complaire dans cette ambiance festive, à la manière de l'exécrable Rosenberg, qui avait tenté de le convaincre plus tôt de la saveur de leur victoire. Pour le comte, cela devait être un réel délice. Pour Salieri, tout cela avait plutôt un affreux goût amer...
Il se tenait assis à l'écart, essayant tant bien que mal de n'accorder aucune attention à la femme en robe jaune qui se trémoussait à ses côtés depuis au moins une demi-heure.
Il ne demandait qu'une chose. Suivre les conseils de Rosenberg et savourer sa victoire. Seulement voilà, une seule pensée occupait son esprit troublé. Malgré le défilement constant de visages inconnus, un seul s'imposait à sa vue. Celui du génie. Celui de Wolfgang Amadeus Mozart.

- Bravo Rosenberg ! S'exclama un des nobles de l'assistance. Mozart est au tapis !

L'intendant leva son verre et sourit à son locuteur.

- Son talent n'est plus du tout ce qu'il était, ajouta une femme à l'allure pompeuse, vêtue d'une robe rouge bouffante. Avez-vous entendu son dernier opéra ? Il est d'un ennui et d'une absurdité !
- Oui, un conte sur le bonheur, une fable sans forme écrite par ce comédien ambulant, Schikaneder, renchérit un autre. Comme cela se nomme-t-il déjà ?
- Le Pipot Bavard ! S'égosilla la femme en rouge.

Tous éclatèrent de rire, sauf l'Italien, qui fut obligé de se diriger vers l'autre bout de la pièce pour échapper à la harpie qui ne cessait de le harceler. Tout cela pour tomber entre les griffes d'une autre...
Rosenberg, après avoir avalé une nouvelle gorgée de vin, réclama le silence pour que chacun puisse profiter de ses acerbes paroles :

- Non, non ! La Flûte... Bouchée !

Les rires se firent plus forts et plus méprisants.
Antonio Salieri se sentit fulminer. Rival de Mozart certes... Mais il était surtout son plus grand admirateur. Beaucoup ici l'ignoraient. Leurs jacassements, leurs jeux humiliants et leurs moqueries incessantes se firent de plus en plus insupportables. Ils entonnèrent bientôt l'air de Papageno, l'Oiseleur de Mozart, ne manquant pas de l'écorcher et de le parodier au passage.
Salieri serra les poings. Une autre femme, à la coiffure exubérante, lui susurrait des mots suggestifs à l'oreille. Il l'ignora, son attention trop accaparée par les quolibets méprisants que l'on échangeait au sujet du compositeur salzbourgeois. Il ne saurait dire pourquoi, mais entendre tous ces gens dire un tel mal du génie autrichien le mettait dans une rage folle.
La reprise du Papageno montait en crescendo. Une cantatrice, au talent tout relatif, usa de son organe vocal pour imiter la réponse de Papagena. La cacophonie produite par l'assemblée mélangeait les sons les plus odieux. Les rires se firent plus aigus et plus forts. La femme sulfureuse posa sa main sur son torse.
Salieri s'emporta. Il repoussa soudainement sa prétendante, qui poussa un petit cri outré.

- Assez !

Tous les convives s'immobilisèrent, à la fois surpris et fâchés qu'on les empêche de prolonger leur petit jeu.
Il s'avança d'un pas rapide au milieu du salon et s'écria :

- "La Flûte Bouchée" ? Mais c'est Mozart qu'on assassine !

Il s'adressait à tous, mais il fixait Rosenberg du plus noir des regards. Et sans un mot de plus, il sortit du salon d'un claquement de talon.


Le compositeur italien errait dans les rues enneigées de la capitale, encore furieux d'avoir été obligé d'assister à cette mascarade. Le froid mordait sa peau, mais il n'y prêtait aucune attention. D'un pas rageur, les dents serrées, il s'enfonçait dans l'obscurité hivernale de la ville.

Bande d'idiots ! Si seulement vous aviez la moindre idée de ce dont vous parliez !

On atteignait des sommets de médiocrité.
Salieri était dominé par la colère et le dégout. Cette société hypocrite et cruelle le dégoutait. Rosenberg le dégoutait. Mais surtout, il se dégoûtait lui-même. Il avait beau se voiler la face des centaines de fois en une seule journée, l'ignominie de ses actes le poursuivait. Il lui était de plus en plus difficile de trouver le sommeil. Sa conscience le tourmentait sans cesse, et il devait reconnaitre qu'il n'obtenait que ce qu'il méritait.

Mozart... Amadeus. Aimé des dieux. Après tout ce que j'ai fait...

Salieri poussa un soupir rendu rauque à cause de l'air glacé qui lui brulait les bronches.
Par quelle folie avait-il pu croire ne serait-ce qu'une seconde que toutes les bassesses dont il était coupable lui permettraient d'acquérir l'estime et le repos de son âme ? La musique de Mozart avait troublé son esprit. À un point inimaginable. Il aurait aimé pouvoir dire qu'elle était la cause de sa déchéance. Ce serait mentir, cependant. C'était ses propres tromperies qui l'avaient détruit. Il s'était tué lui-même.
Antonio Salieri stoppa soudain sa marche sans but. Elle l'avait conduit droit devant l'opéra. Par delà ces murs, une fine mélopée parvenait à troubler le silence glacial des rues viennoises. Salieri la reconnut aussitôt.

L'aria de la Reine de la Nuit. La Flute Enchantée.

Le brun tourmenté avait du mal à croire que ses pas l'avaient inconsciemment mené devant le théâtre de Schikaneder. Il en vint même à se demander si son parcourt avait vraiment été "inconscient". Après tout, il s'était secrètement promis d'assister à chaque représentation depuis la première. Quelle idiotie de s'être laissé traîner par Rosenberg à cette fête minable, au lieu de se délecter de sa musique !
Salieri hésita. Étais-ce vraiment une bonne idée d'entrer et d'éventuellement croiser le regard de Mozart ? Le vent se leva soudain, ce qui précipita la décision de l'Italien. Il en avait assez de lutter contre le froid.


Il n'était pas là.
Pourquoi n'était-il pas là ?

Cette question, il n'avait pu la retenir. Lorsque son regard s'était posé sur la salle, il n'avait instinctivement cherché qu'une seule chose. Qu'une seule personne. Inconsciemment, il avait conservé l'espoir de l'apercevoir ce soir.
Mais il n'était pas là. Il ne viendrait pas.
Fatigué, Wolgang Amadeus Mozart se dissimula derrière le rideau de l'opéra.